‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 63 sur 163 · ENNEMI · texte numérisé non relu

ENNEMI

même, d'or^'ueil, de vanité, de tout ce qui est, comme l'on dit, du vent, est e.nfl>i^ gonflé^ bouffi. L'homme ^o^/Zé et Thomme houffidUovgneil ou de vanité, sont irh^-euflés d'eux-mêmes : mais dans le premier, la vanité est révoltante, extravagante ; dans le second, elle est sotte, puérile, pitoyable. —Un style est enflé^ bouffi, boursotflë; mais il n'est pas gonflé. Le défaut du style enflé, dit Boileau, est de vouloir aller au delà du grand : c'est plutfA d'excéder la mesure naturelle du sujet. Le style est bouffi, lorsqu'il sort tout à fait du sujet, et qu'en affectant beaucoup de grandeur et de force, il décèle beaucoup de faiblesse et de lâcheté. Il est boursouflé, lorsqu'il n'est rempli que de mots, de grands mots vides de sens et d'idées. (R

EN FREIN DRE. V. <:onh^V€nir.

ENFUIR (S'). V. Échapper {^).

ENGAGER. V. Obliger,

ENGAGER (S*). V. Promettre.

ENGLOUTIR. V. Absorber.

ENGRENAGE, ENGRENURE. Terme de mécanique désignant l'état des roues, des pignons qui engrènent. — « Engrenage, dit l'Académie, disposition de plusieurs roues qui engrènent les unes dans les autres. Sngrenure, position respective de deux roues dont l'une engrène dans Vautre. » Le mot engrenage exprime donc, plus qvL'e7igrenure, une idée d'ensemble, de combinaison (24, page 8).

EN HUMEUR (ÊTRE). V. Être (f humeur.

ENJOLIVEMENT, ENJOLIVURE. Ornement, ajustement, qui rend une chose plus jolie, qui l'embellit. — Enjolivement exprime un embellissement plus grand, plus important qvCenjolivure : d Ce dernier mot se dit des enjolivements que l^on fait & de certains petits ouvrages de peu de valeur ». ( Acad.) De plus, enjolivure suppose toujours une opération manuelle (23, page 8); enjolivement a un solj plus général, et se dit très-bien des ornements de style, des traits d'esprit semés dans un ouvraçe.

ENJOUÉ. V. Gai.

ENLEVER. V. Lever.

ENNEMI, ADVERSAIRE, ANTAGONISTE. Les ennemis cherchent à se nuire ; ordinairement ils se hatsseiH, et le cœur est de la partie. Les adversaires font valoir leurs prétentions Tun contre l'autre ; ils se poursuivent souvent avec animosité, mais l'intérêt a plus de part à lem* conduite que leur cœur. Les antagonistes embrassent des partis opposés; ils se traitent quelquefois avec aigreur, mais leur éloignement ne vient que de leurs différentes façons de penser. — Les premiers font la guerre, veulent détruire, et portent leurs coups jusque sur U personne. Les seconds contestent, veulent s'approprier quelqiu) chose et en priver le compétiteur; la cupidité est le motif le plus fréquent de leur désunion. Les troisièmes s'opposent réciproquement à leurs pmgrès, et veulent chacun avoir raison dans leurs di^utcs; le goût

ei les opinions sont presque toujours l'objet de leurs débats. (G.)

ENNOBLIR. V. Anoblir,

ENNUYEUX, ENNUYANT, FASTIDIEUX. « Ennuyant, dit Laveaux, doit être appliqué à une action; la terminaison active ant indique eette action (40, page 12). Ennuyeux indique, par la terminaison et£i-, une qualité inhérente au sujet » (4i, page 13). Condillac dit la même ehose en ces termes : « Il me semble qu'on dit ennuyant en parlant d'une chose ou d une personne au moment qu'elle ennuie, et qu'on dit ennuyeux quand on parle du caractère qui la rend propre à donner de Pennui. Il est ennuyant signifie il ennuie actuellement; il est ennuyeux signifie il est fait pour donner de l'ennui ».

Laveaux dit encore : « Une antre preuve qu*ennuyeux se dit d'uue qualité particulière au sujet auquel on l'applique, c'est qu*on fait ennuyeux substantif, et qu'ennuyant ne l'est jamais ».

Fastidieux est aussi toujours adjectif; il diffère des deux antres mots en ce qu'il ajoute à Tidéc d'ennui celle de fatigue et de dégoût.

ÉNONCÉ. V. Énonciation.

ÉNONCER, EXPRIMER. Enoncer, du latin enuntiare, faire coanaitre» produire au dehors. Exprimer, di'exprimere , tirer le suc en pressant, rendre les traits de b chose, faire Tempreinte, représenter au naturel. 11 est clair que ce dernier désigne, en matière de discours, de paroles, une image plus marquée, plus parfaite de l'idée que le premier, qui ne sert qu'à la déclarer et à la faire connaître. — Vous énoncez votre pensée en la rendant d*une manière intelligible : vous l'exprimez en la rendant d'une manière sensible. — L'énonciation suit ridée : Vexpression naît de l'idée clairement et fortement conçue. On %' énonce avec facilité, avec netteté, avec pureté, avec régularité, en bons termes, en termes choisis. On s'exprime de touUis ces manières, mais surtout avec force, chaleur, énergie, de façon à impiimer la chose dans l'esprit de l'auditeur. — Les écrivains vulgaires ne font qvLéno)icer leurs idées ; leur style n'a point de caractère. Les vrais auteurs expriment leurs pensées; ils ont un style, et c'est le leur. (R)

ÉNONCIATION, ÉNONCÉ, dénonciation est l'action d'énoncer (20, page 7) : ce mot se dit aussi des termes qa*on emploie pour énoncer quelque chose, et c'est dans ce sens seulement qu'il est synonyme d'énoncé. Mais énonciation se dit relativement à la personne qui énonce, à la, forme qu'elle donne ou à. donnée à l'expression de sa pensée; en un mot, énonciation a rapport à toutes les circonstances qui se rattachent à l'action. Énoncé est un terme absolu désignant purement et simplement la chose énoncée, la chose considérée en elle-même : aussi ce substantif ne se qualité que par rapport à la chose : Un simple énoncé,, un faux énoncé,

ÉNORME. V. Grand.

EN PERSONNE. V. Personnellement.

EN PUBLIC, PUBLIQUEMENT. V. Secrètement.

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