‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 71 sur 163 · P£UM · texte numérisé non relu

P£UM

circonstances ne 8*y opposent pas. Un esprit serait donc fertile en. pensées^ et fécond en grandes pensées. — a Cette métliode, ce principe, « ce sajet, dit Voltaire, est d'une grande fécondité^ et non d'une grande c( fertilité : la raison est qu*un principe, un sujet, une méthode, pro- <c duisent des idées qui naissent les unes des autres, comme des êtres « saccessivement enfantés. » (R.)

Fécondant^ adjectif verbal venant du verbe féconder, emporte avec lui ridée de Taction exj^imée par ce verbe (40, page li). Fécond employé dans un sens analogue à celui de fécondant, n'indique que la propriété de favoriser la fécondité. « Une pluie douce et féconde ». ( Acad.) Fécondant exprime la qualité qu'a le sujet de faire lui-même l'action de féconder, c'est-à-dire de communiquer à un germe le principe, la cause de son développement : « Le pollen est la poussière fécon' dante renfermée dans la partie de Tétamine des fleurs qui est appelée anthère ». (Id.)

FEINDRE. V. CacJier.

FÉLIGITATION, CONGRATULATION. Félicitation et féliciter étaient tenus pour barbares à la cour, du temps de Vaugelas : on disait alors congratulation, congratuler, du latin congratulari. Aujourd'hui ces deux derniers mots ne se disent guère qu'en plaisantant. Roubaud croit cependant qu'il serait bon de les remettre en honneur, parce qn'ils ont leur signification propre, différente de celle des mots félicitation^ féliciter,

« Les félicitations, dit-il, ne sont que des compliments ou des discours obligeants faits à quelqu'un sur un événement heureux : les co»gratulations sont des témoignages particuliers du plaisir qu'on ressent avec lui , et d'une satisfaction commune qu'on éprouve. Féliciter ne peut, par la constitution du mot, désigner que l'action de dire ou d'appeler quelqu'un heureux, au lieu de l'action de le faire ou de le rendre tel. Mais congratuler, par la valeur de ses éléments, signifie exactement se conjouir ou se réjouir avec, ensemble (4, page S), d'un événement agréable à la personne, et lui en témoigner la joie que l'on partage avec elle; il faut convenir que les compliments de congratulation s'aceordent bien avec ceux de condoléance, — Ces mots diffèrent entre eux comme démonstration et témoignage d'amitié (V. Démonstration). Les félicitations ne sont donc que des paroles obligeantes : les congratulations sont des marques d'intérêt. La politesse félicite, l'amitié congratule. Les compliments de félicitation supposent ce que les compliments de congratulation expriment. » (R.)

FÉLICITÉ. V. Bonheur,

FERME. V. Constant,

FERME, FERMEMENT. D'une manière ferme, avec force, avec vigueur. — Ferme a rapport à l'objet ou aux circonstances de l'action; il est propre à marquer l'état ou l'effet produit, ce qui n'empêche pas qu'il puisse accompagner des verbes d'action : fermement a rapport à

OICT DBS STNONTUCS. 18

l'action même. « Tenir quelque chose bien ferme i» (Acad.), c'est la tenir de manière qu'elle soit dans cet état, bien ferme. «Attacher fer^ mement une chose» (Id.)^ exprime la force et la Yolonté du sujet qui fait Tact ion d'attacher. «Gela tient ferme dans la muraille» (Id.)> c'est l'état de la chose. «Frapper ferme ^ parler ferme» (W.), c'est frapper un coup ferme, parler d'un ton /<?rme (60^ page 18); le moi ferme est ici relatif aux circonstances de Taction. Il en est de même dans cette phrase : « Soutenir une chose fort et ferment (Id. ), c'est-àdire ftun ton fort et ferme.

On dit : « Il tint ferme contre l'ennemi » (Id), parce qu'on veut peindre l'état^ la contenance ferme de l'homme qui résiste. On a dit de là par extension : « Il tient ferme pour telle opinion». (Id.) Mais avec un verbe qui exprime une opération de l'esprit ou un sentiment, on se sert de l'adverbe fermement : « Persister fermement dans sa résolution, dans son opinion». (Id.)

FERMER, CLORE. L'idée propre de clore est de joindre et de serrer ensemble les choses ou leurs parties, de manière à ne laisser entre elles aucun vide, aucun interstice, pour bien cacher, couvrir, envelopper. Celle de fermer est de former une barrière, une défense, une garde à un passage, à une ouverture, de manière que la chose soit fortifiée et assurée, pour préserver des atteintes qu'on pourrait craindre, ou leur opposer une résistance. — En général la clôture est plus vaste, plus rigoureuse, plus stable que la fermeture. — La clôture est en général plus vaste. Une ville est close de murailles; un jardin est clos de murs; un champs Test de haies. Un passage est fermé, des portes sont fermées, une trappe Test aussi. Un clos est un grand espace de terre fermé axas son circuit. — La clôture est plus rigoureuse. Une fenêtre est fermée, et pourtant elle peut n'être pas bien close. Il n'y a point de jour, d'issue, de passage dans ce qui est clos; s'il s'y trouve des passages, des issues, des ouvertures, on les ferme. Un livre est fermé, il n'est pas clos. Quand on ferme la bouche à quelqu'un, il ne dit plus rien; quand on la lui clôt, il n'a plus rien à dire, il ne peut plus rien dire. Les différentes manières d'employer les deux termes soit au propre, *?\ ^^ ^f^ré, prouvent assez que clore dit quelque chose de plQS sévère et de plus strict que fermer. — Enfin clôture est plus stable. Ce qui est clos est fermé à demeure : ce qui se ferme s'ouvre. On ouvre et on ferme les portes, les fenêtres, un coffre, etc. ; mais les tmII h 1 ®^ ^^* ^^* employées pour la clôture, les murs, les Bas Nt ' ^^^^^' ^®8 cloisons, etc., ne s'ouvrent point ou ne sont Totre lett ^^^^' ^'^^^^ ®* w fif^'*^»^ alternativement. Vous fermes c'est le tir /^^ ^^^^ ^^^ ouverte; mais ce qui ne doit pas être su, en est de^mè * ^ "^°> ^ ^ /'^'^^ ®* s'ouvre, ne se clôt pas; il Opendant vn ^^^^' T®'»» des oreilles, dans le discours ordinaire. mais vous ne r ^^^•'* «'ai pa5 fermé ou clos Pœil de toute la nuit, *v®2 pas fermé, s'il est toujours resté ouvert; vous »•

rÉROGITi. 255

r&vBz pas clos, si vous ne l'avez pas tenu fermé un certain temps : la première manière de parler annonce une plus grjomde insomnie. (R.) FERMER, ENFERMER. On dit : « Fet^er une ville, un parc, un jardin. la grajide muraille qui ferme la Chine au nord». (Âcad.) Mais alo'S fermer n'éveille aucune idée d'intériorité ni d'enceinte; il signifie simplement empêcher l'entrée, le passage, l'accès, comme Findique parfaitement le dernier exemple de TAcadémie. Enfermer, c'est eatourer d'une enceinte qui met en sûreté ce qui est en dedans (6, page 4), qui le protiige contre toute attaque. Ainsi, fermer une ville, c'est proprement la couvrir de fortifications, d'un ou de plusieurs côtés seulement; enfermer une ville, c'est la fortifier d'une enceinte continue.

FERMETÉ, CONSTANCE. Fermeté est pris ici dans le sens particulier de qualité de l'homme qui persiste dans ses résolutions.

« La fermeté est le courage de suivre ses desseins et sa raison; et la constance une persévérance dans ses goûts. L'homme ferme résiste à la séduction, aux forces étrangères, à lui-môme : ITiomme constant n'est point ému par de nouveaux objets^ et il suit le même penchant qxd l'entraîne toujours également. On peut être constant en condamnant soi-même sa constance ; celui-là seul est ferme, que la crainte des disgrâces, de la douleur,* de la mort même, l'espérance de la gloire, de la fortune, ou des plaisirs, ne peuvent écarter du parti qu'il a jugé le plus raisonnable et le plus honnête. — Dans les difficultés et les obstacles, l'homme ferme est soutenu par son courage et conduit par sa raison : Thomme constant est conduit par son cœur». {Enc.)

La fermeté est plutôt une qualité de l'esprit, et la constance une qualité de l'àme. On est ferme dans ses desseins, dans ses opinions, dans sa manière de voir et de juger : on est constant dans ses affections, dans sa foi , dans tout ce qui naît du sentiment plutôt que de l'intelligence. V. Constant, ferme.

FERMETÉ , ENTÊTEMENT, OPINIÂTRETÉ. Il ne faut pas confondre la fermeté ayec Ventétement. L'homme ferme soutient et exécute avec vigueur ce qu'il croit vrai et conforme à son devoir, après avoir niùrement pesé les raisons pour et contre t V entêté n'examine rien; wn opinion fait sa loi. — V opiniâtreté xlq diffère de Ventétement que dn plus au moins. On peut réduire un entêté en flattant son amourpropre; jamais un opiniâtre^ il est inflexible et arrêté dans ses sentiimenls. D'où il suit que Ventétement comme Vopiniàtreté sont des vices du cœur ou de l'esprit, quelquefois aussi d'une mauvaise méthode de raisonner. (Enc.)

On est ferme dans ses résolutions, c'est le fruit de la sagesse, entêté de ses prétentions, c'est un effet de la vanité; opiniâtre dans ses sentiîûents, c'est une suite de l'amour -propre qui fait que Ton s'identifie avec ses propres pensées. (B.) PÉROCITE. V. Barbarie.

256 sthoutmes frahçais.

FERS. V. Chabici

FERTILE. V. Fécond.

FESTIN. Y. Banquet.

FÊTER , FÉTOYER. Fêter quelgaHm, cTest l'accueillir arec empre»fement. Fétoyer renchérit sur fêter : fêtoyer une personne, c'est nonsenlement raccoeillir avec empressement, mais ayec joie; c'est la bien traiter, loi faire bonne chère.

FEU, DÉFUNT. Tons deux expriment cette idée : qui est mort. Mais feu annonce nn certain respect pour la mémoire dn mort : feu mon père, ma feue mère, sont des locations plus oonYâ[iables que défunt mon père, ma défunte mère.

Il faut remarquer en entre que quand on dit le feu pape, le feu roi, la feue reine, on désigne toujours par là le pape dernier mort, le roi dernier mort, la reine dernière morte; ce que ne ferait pas entendn le mot défunt.

L'adjectif feu n'a pas de pluriel.

FEUILLÉE, FEUILLAGE. La feuillée est nn couvert formé de branches d'arbres garnies de feuilles : « Danser sous la feuillée ». I Acad.) Feuillage est un nom collectif désignant la réunion, l'ensemble des feuilles attachées aux branches d'un ou de plusieurs arbres (24, page 8 ) : a Le feuillage de cet arbre est très-beau ». (Id.) Il se dit aussi de petites branches garnies de feuilles et détachées de l'arbre ou d'un amas de feuilles cueillies : « Un arc de triomphe fait de feuH" loge; un lit de feuillage n. (Acad.)

FIDÉLITÉ. V. Constance.

FIER. y. Glorieux et Rogue.

FIER (SE), SE CONFIER. Mettre sa confiance en quelqu'un. Se fier marque une confiance réservée, restreinte à une seule afiaire et sans abandon. Se confier témoigne une confiance pleine, entière, complète, sans restriction (Corn, 4, 2o, page 8). Dans ce sens, on dit également bien se confier en ou dans, et se confier à ; « U ]^est confié en ses amis. Se confier au hasard ». (Acad.) On dit aussi quelquefois se confier à quelqu'un, pour signifier lui fisdre une confidence; mais alors se confier n'est pas synonyme de se fier.

FIERTÉ, DÉDAIN. Le premier de ces mofs se dit également en bien ft en mal; je ne le prends néanmoins ici qu'en mauvaise part, parce que c'est dans ce seul sens qu'il est synonyme avec l'autre. Ils dénotent alors tous les deux un sentiment qui nous empêche de nous familiariser, et qui nous éloigne des personnes que nous croyons au-dessous de nous, soit par la naissance, les biens ou les talents : avec cette différence, que la fierté est fondée sur l'estime qu'on a de soi-même; et le dédain sur le peu de cas que Ton fait des autres, ce qui rend celui-ci plus odieux et plus insupportable. — U faut éviter de parler et encore plus de badiner avec les personnes fières : pour les dédaigneuses, il làut les fuiir. (G.)

nCÉ. V. Caillé.

FIGURE. V. Face et Façon,

FILETS. V. Lacs, rets.

FILOU. V. Larron.

FIN, BOUT. V. Bout.

FIN, DÉLICAT. Il suffit d'avoir assez d'esprit pour concevoir ce qui est fin; mais il faut encore du goût pour ce qui est délicat. Le premier est au-dessus de la portée de bien des gens ; et le second trouve peu de personnes qui soient 4 la sienne. — Un discours fin est quelquefois utilement répété à qui ne Ta pas d'abord entendu; mais qui ne sent pas le délicat du premier coup, ne le sentira jamais. On peut chercher l'un, et il faut saisir l'autre. — Fin est d'un usage plus étendu; on s'en sert également pour les traits de malignité comm*' pour ceux de bonté. Délicat est d'un service comme d'un mérite plu^ rare; il ne sied pas aux traits malins, et il figure avec grâce en fait de choses flatteuses. Ainsi, l'on dit une satire fine, une louange déli" cùte. (G.) V. Finesse, délicatesse.

FIN, SUBTIL, DÉLIÉ. Un homme fin marche avec précaution par des chemins couverts. Un homme subtil avance adroitement par des voies courtes. Un homme délié va d'un air libre et aisé par des routes sûres. — La défiance rend fin. L'envie de réussir, jointe à la présence <Vesprit, rend subtil. L'usage du monde et des affaires rend délié. — l^s Normands ont la réputation d'être fins. Les Gascons passent pour être subtils. La cour fournit les gens les plus déliés. (G.)

FIN (A LA) et FINALEMENT. V. Enfin.

FINESSE, ADRESSE. V. Adresse, souplesse.

FINESSE, DÉLICATESSE. La finesse dans les ouvrages d'esprit, toomie dans la conversation, consiste dans l'art de ne pas exprimer directement sa pensée, mais de la laisser aisément apercevoir : c'est une énigme dont les gens d'esprit devinent tout d'un coup le mot. — La délicatesse exprime des sentiments doux et agréables, des louanges fines. — Un chancelier ofirant un jour sa protection au parlement, le premier président se tourna vers sa compagnie : a Messieurs, dit-il, remercions M. le chancelier; il nous donne plus que nous ne lui demandons ». C'est là une répartie très-fine. — Quand Iphigénie, dans Uacine, a reçu l'ordre de son père de ne plus revoir Achille, eU£ «'écrie r

Dieoz plus doux, voiu n'aviez demandé que ma vie!

Le véritable caractère de ce vers est plut6t la délicatesse que la finesêt (Voltaire.) V. Fin, délicat.

PINESSE, FINASSERIE. Ruse, artifice, adresse d'esprit. Finasserie est un terme familier signifiant petite ou mauvaise finesse, qui se devine ou s'aperçoit facilement, et dont Tefl'et ne doit avoir que (ici d'importance (37, page il).

FINI. V. Accompli.

FINIR, ACHEVER, V. Achever.

' FINIR, CESSER, DISCONTINUER. On finit en achevant l'entreprise : on cesse en l'abandonnant : on discontinue en l'interrompant — Pour finir son discours à propos, il faut le faire un moment avant qae d'ennuyer. On doit cesser ses poursuites, dès qu'on s^aperçoit qu'elles sont inatiles. Il ne faut discontinuer le travail, que pour se délasser et pour le reprendre ensuite avec plus de goût et plus d'arieur. (G.)

FLAGELLER. V. Fouetter.

FLAGORNER. V. Caresser.

FLAIRER , FLEURER, SENTIR. Flairer ne se dit que du sujet qui perçoit l'odeur : fleurer ne se dit que de l'objet qui Textialc : sentir se dit du sujet et de l'objet.

Relativement au sujet, il y a cette différence entre flairer et sentir, que le premier suppose toujours le dessein de percevoir l'odeur, à cause du plaisir qu'on y prend; tandis que setitir exprime simplement le fait. Vous flairez avec délices une rose dont l'odeur vous est tièsagréable ; vous sentez une fleur qui flatte peu votre odorat, ou même pour savoir si elle est odorante et si son odeur est agréable. On flaire toujours volontairement, on sent lien des fois sans le vouloir.

Relativement à l'objet, fleurer ne se dit' que de ce qui exhale une odeur agréable : sentir se dit d*une bonne comme d'une mauvaise odeur : « Cela sent la fleur d'orange. Cela sent le brûlé ». (Acad.) D'ailleurs fleurer n'est guère usité que dans ces locutions : Fleurer t>on. Cela fleure comme baume, soit au propre, soit an figuré.

FLAMBER, FLAMBOYER. Jeter de la flamme. Flamber exprime simplement cette idée. Flamboyer dit davantage : il signifie jeter une flamme brillante, vive, agitée, ou bien briller comme une flamme très-vive. 11 se dit surtout, dans ce dernire sens, de l'éclat des armes ou des pierreries.

FLATTER. V. Caresser.

FLATTEUR, ADULATEUR. F/a//er, c'est dire des choses agréables: la musique flatte l'oreille dans le sens propre. Le mot aduler veut dire, littéralement, être doux (dulcis) à quelqu'un : c'est Yadulari^n latin. Ce mot n'a donc pas par lui-même nu sens défavorable. Mais comme le mot flatter se prend en bonne et en mauvaise part, nous n'avons pas pu emprunter un nouveau mot, portant une idée semblable, sans le distinguer par une idée particulière ; et nous avons employé aduler en mauvaise part, et comme pour désigner quelqu chose de doucereux, de fade, de fastidieux, telle qu'une louange piatA Ce verbe ne se dit guère que dans la conversation, et en badinant; c'est tout le contraire d*adulateur, beau mot fort cher aux orateurs et aux poètes, et qui désigne un flatteur bas, vil, lâche, servile, imi»' dent et grossier, un louangeur à outrance et sans fln. R.)

FLÉTRI V. Fané.

FOLATRE» 259

. FLEUR (LA). \. Élite (r),

FIGURER. V. Flairer.

FLEXIBLE, SOUPLE, DOCILE. Flexible, ce qui fléchit, ce (ju'oo

peut fléchir. Souple, ce qui se plie et replie en tout sens. Docile, qui

reçoit rinstmction. Ce dernier mot ne peut se dire proprement que des

personnes : il se dit du corps et de l'esprit; on l'applique aussi aux

animaux :

Les coiiTsien da soleil à sa Tcix sont ioeilet. (Doileaa.)

L'osier, le Jonc^ sont flexibles : des étoffes , des gants, sont souples; un enfant, un élëye sont dociles, — Le corps, la voix, les fibres sont flexibles ou capables de ployer par une grande flexibilité, ou naturelle, ou acquise. Par une grande facilité à exécuter divers mouvements, ils sont souples. Par leur /lexiôiVt/^ naturelle, ils sont dociles au travail, à l'exercice, au manège, et deviennent souples. — Au figuré, la différence de ces termes est la même. La flexibilité est nne facilité de caractère qui ne permet pas d^opposer une longue et forte résistance, et qui se tourne avec aisance d'un sens dans un autre. La souplesse est une versatilité de caractère qui fait qu'on prend avec une dextérité ou une adresse singulière, la manière d'être et d'agir que l'on juge la plus convenable aux circonstances et pour soi, ou qui fuit qu'on se montre habilement tel qu'on veut paraître plutôt que tel qu'on est. la docilité est une douceur de caractère qui nous rend propres à recevoir et à suivre les leçons, les conseils, les avis, les instructions, les répriniandes, les corrections, les volontés, les ordres d'autrui, et par là même à nous laisser guider ou conduire. — L'homme flexible se prête; l'homme souple se plie et se replie; Thomme docile se rend. (R.)

FLOTS. V. Ondes.

FLUET. V. Grêle.

FLUIDE. V. Liquide.

FOL Y. Croyance.

FOIS (A IJl). V. Ensemble.

FOISON (A). V. Beaucoup.

FOLATRE, BADIN. Folâtre (diminutif de fol) qui fait de petites folies, qui se livre à une folie amusante, à la manière des enfants. Badin (du vieux français bade, jeu), qui aime 4 jouer, qui cherche à lire, en jouant comme un enfant. — Ou a l'humeur folâtre et l'esprit badin. L'humeur folâtre fait qu'on agit sans raison, mais avec assez ^'agrément pour se passer de raison : l'esprit badin fait qu'on joue £w les choses, quelquefois avec de la raison, mais en l'égayant. -^ La ^vacité du sang, la gaieté, la pétulance, rendent folâtre. La légèreté ^ l*esprit, lenjouement, la frivolité, rendent badin. Le folâtre est plus ^sant, plus remuant, plus sémillant, plus volage : le badin est plus plaisant, plus rieur, plus varié ou plus facile en amusements ou amusettes. ^ Une personne posée n'est pas folâtre : une personne sérieuse >^'ttt pas badine. On ne folâtt^e pas sans des manières folâtt^s : on

!260 SYNOIfYUES FRANÇAIS.

badine quelquefois sans avoir l'air badin, et souvent on n*en bàdineq^ mieux. (R.)

FOLIE. V. Démence.

FOMENTER. V. Entretenir.

FONCTION. V. Office.

FONDATION, FONDEMENT. Travaux relatif s à la base d'un édifice, d'un bâtiment; cette base elle-même.

« Fondement se dit de la partie d'un mur renfermée dans la terre jusqu'au rez-de-cbaussée; fondation est l'action de poser ces fondements. » ( L.)

Il faut ajouter à cela que la fondation comprend tous les trayanx» tels que le fossé, la tranchée, etc., que l'on fait pour asseoir les fondements. On dit faire les fondations et poser les fondements : ce qni prouve que fondation a rapport à l'action, et que /on«fem«if estlenom de l'objet (20, page 7).

FONDER, INSTITUER, ÉTABLIR. Fonder signifie, au propre, jeter les fondements ; et, au figuré, créer le premier quelque chose qui doit avoir de l'accroissement, du développement : « Fonder un empire, tw royaume, une colonie, un ordre religieux, une manufacture, une religion, une doctrine philosophique, un système, etc. » ( Acad.) II signifie particulièrement donner un fonds suffisant pour l'établissement et Tentretion de quelque chose de louable, d'utile : « Fonder une église, un hôpital, im collège, une messe, un service; Fonder des prix dans une Académie». (Id.)

Instituer, c'est établir quelque chose de nouveau, mais qui est complètement achevé dès le moment de l'institution : « Jésus-Christ a institué \^ sacrement de l'Eucharistie; Henri III institua Tonlre du Saint-Esprit. Instituer dits tribunaux». (Id.) On m^^ïue aussi des pe> sonnes : « Ces magistrats furent institués pour rendre la justice ». (W-^

Établir, c'est, proprement, asseoir et fixer une chose en quelqnf endroit et l'y rendre stable : « Ce mur est bien établi sur le roc »• (Acad.) Au figuré, il a une signification très-rapprochée de celle d'iflêHtuer : il en diffère en ce que instituer se dit des choses tout à fai* nouvelles, inconnues jusqu'alors; tandis qn' établir se dit des choses qui étaient déjà connues, qui existaient ailleurs. Ainsi instituer des tribunaux, fait entendre que ces tribunaux sont d'un nouveau gew*; et quand on dit : « Établir un tribunal dans une ville » ( Acad), cela Signifie doter cette ville d'un tribunal tel qu'il y en a ailleurs.

a Établir se dit encore, figurément, au sens moral, des lois, de» opinions, des doctrines et autres choses semblables, dont on est l'auteur, ou que Ton fait adopter, auxquelles on commence à donflf^ cours. » (Acad.) Dans ce sens il est fort synonyme de fonder: m»* fonder une religion, une doctrine, annonce quelque chose de pins seneux, de plus solide qu'établir une religion, une doctrine. On ne /««^ que ce qm repose sur des fondements : le wprice, le goût, les heioio»

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