GAI?I
lités : celui qni parie calcole les chances, les probabilités, Les hasards de perte ou de gain. Si l'on vous conteste un fait, vous gagerez impatiemment qu'il est vrai : si les avis sont partagés sur un événement incertain, vous parierez par amusement pour ou contre. L*amourpropre est ordinairement plus intéressé dans la gageure que la cupidité ; on veut avoir raison; la cupidité l'est bi^ davantage dans les paris; on veut gagner de l'argont. (R.)
GAGES, APPOINTEMENTS, HONORAIRES. « Ga^rM n'est d'usage qu'à regard des domestiques et des gens qui se louent pendant quelque temps au service d'autrui pour des occupations sen'iles. Appointements se dit pour tout ce qui est place, ou qu^on regarde comme tel, depuis la plus petite commission * jusqu'aux plus grands emplois et aux premières dignités de l'État. Honoraires a lieu pour les maîtres qui enseignent quelque science ou quelques-uns des arts libéraux, et pour ceux ^ qui on a recours dans Toccasion pour en obtenir quelque conseil salutaire ou quelque autre service que leur doctrine ou leur fonction met à portée de rendre ». (G.)
Ainsi l'on dit les honoraires d'un avocat, d'un médecin, d'un professeur. Quant au mot appointements, il n'est plus guère usité que daus le commerce : hors de là il a été à peu près entièrement remplacé par le mot de traitement^ surtout lorsqu'il s'agit de hauts emplois ou de dignités : a Traitement d'un ministre, d'un maréchal de France, d'un préfet ».
GAI, ENJOUÉ, RÉJOUISSANT. C'est par l'humeur qu'on est gai, par le caractère d'esprit qu'on est enjoué, et par les façons d'agir ^'on est réjouissant. Le triste, le sérieux et l'ennuyeux sont précisément leurs opposés. — Notre gaité tourne presque entièrement à notre profit : notre enjouement satisfait autant ceux avec qui nous nous trouvons que nous-mêmes : mais nous sommes imiquement réjouissants pour les autres. — Un homme gai veut rire : un homme enjoué est de bonne compagnie : un homme réjouissant fait rire. (G.)
GAIN, PROFIT, BÉNÉFICE, ÉMOLUMENT, LUCRE. L'idée commune est celle d'un avantage pécuniaire éventuel. — Gain se dit aussi de la rémunération d'un travail non réglé : le commissionnaire du coin de rue, qui fait des courses, scie du bois, porte des fardeaux, etc., seulement quand on a recours à lui, compte le soir le gain de sa journée. Dans ce sens,^am n'est pas synonyme des autres mots : c'est faute d'avoir fait cette distinction que Laveaux reproche à tort à l'abbé Girard la définition que celui ci a donnée du mot gain, et que voici : . * Le gain est quelque chose de très-casuel , qui suppose du risque et du hasard : voilà pourquoi ce mot est d'un grand usage pour les joueurs ». De nos jours ce mot n'est môme guère usité que pour indiquer ^ que Ton a gagné au jeu.
}' Commiition est pris ici dans le sens d'emploi, de charge commis» ^ c*esi-l- ^ confiée pu un supérieur.
272 8TN0NYAIES FRANÇAIS.
« lA profit est ce qne l'on tire d'utile d'une chose, outre la valeur de la chose même. On tire du profit d'un verger par la vente des Traits : on tire du profit d*un cheval^ d'une voiture^ en les louant. » (L.) Mais profit se dit aussi de tout ce que l'on retire en sus du revenu fixe : c'est pourquoi les domestiques appellent profits les petites gratifications qu'ils reçoivent outre leurs gages. L'abbé Girard fait remarquer que Ton dit les profits d*une terre, pour exprimer ce qu'on en retire outre les revenus fixés par les baux.
Le bénéfice est le résultat avantageux d*une opération de commerce ou de banque. Je vends 100 fr. ce que j'ai acbeté 90 fr. ; j'ai 10 fr. de bénéfice. Dans les sociétés de commerce, on partage ordinairement le bénéfice au prorata des mises.
« Uémolument, dit l'abbé Girard, est affecté aux charges et aux emplois; marquant non-seulement la finance réglée des appointements, mais encore tous les autres revenants-bons. » Ce mot emporte donc ridée non-seulement d'un traitement fixe, mais aussi de tous les prcyfits attachés à l'emploi. Il se dit en outre, du profit que l'on retire accidentellement d'une affaire à laqueUe on a pris part*
« L'idée de lucre a quelque chose de plus abstrait et de plus général que celle des autres mots, son caractère consiste dans un simple rapport à la passion de l'intérêt, de quelque manière qu'elle soit satisfaite : voilà pourquoi l'on dit très-bien d'un homme qu'il aime le fuere, » (G)
GAITÉ. V. Joie.
GALIMATIAS, PHÉBUS. Ce sont des façons de parler, qui, à force d'affectation, répandent de l'embarras et de l'obscurité dans le discours. Quelle différence y a-t-il entre l'un et l'autre ? — « Le galimatias, dit Bouhours, renferme une obscurité profonde, et n'a de soi-même nul sens raisonnable : le phébus n'est pas si obscur , et a un brillant qui signifie ou semble signifier quelque chose ». — Tous ceux qui veulent parler de ce qu'ils n'entendent point, ne peuvent pas manquer de donner dans le galimatias; parce qu'on ne peut rendre d'une manière nette, claire et distincte, que des idées nettes, précises, et conçues distinctement. — Ceux qui, sans avoir étudié les grands maîtres de l'art ni approfondi le goût de la nature, prétendent se distinguer par une élocution brillante, sont en grand danger de ne se distinguer Q^^ par le phébus; parce qu'il est naturel qu'ils jugent du mérite de l^^^ expression par ce qu'elle leur a coûté, et qu'elle leur coûte d'autant plus qu*elle s'éloigne plus de la nature. (B.)
GARANT , CAUTION. V. Caution.
GARANT, GARANTIE. Garant se dit des personnes; il signifie alors répondant, qui se porte caution. {V. Caution.) Mais il se dit aussi des choses, dans le sens de sûreté, et alors il est synonyme de garanti^' La différence essentielle qui distingue ces deux mots, c'est que garont désigne une chose que Ton présume avoir la vertu de garantir, et 9^ peut l'avoir ou non : tandis aue la garantie est une sûreté que l'on