GÉNIE
appartient à tout le genre. Un terme génériqut est celui qui nomme le genre tout entier, d'une manière précise : Y humanité, nom du genre humain, est un terme ^^^içt^. Un XAvmQgénéral désigne un individu^ nu objets d'une manière vague, ou plusieurs individus^ plusieurs objeUr en général, sans s'appliquer spécialement à celui-ci plutôt qu'à celui-là : le mot homme est un terme général dans ces phrases : « Vhomme est mortel; les hommes sont mortels ». Des caractères génériques appartiennent essentiellement à tout le genre et le constitaent en quelque sorte: des caractères généraux conviennent généralement aux indi« vidus du genre, au plus grand nombre, sans être constitutifs du genre. GÉNÉRAL, UNIVERSEL. Ce qui est général regarde le plus grand nombre des paiticuliers, ou tout le monde en gros. Ce qui est uni'if^sel regarde tous les particuliers, ou tout le monde en détail. — Le gonvemement des princes n'a pour objet que le bien gênerai; mais la providence de Dieu est universelle. Un orateur parle en général, lors- <iu11 ne fait point d'application particulière : un savant est universel,. lorsqu'il sait de tout. (G.)
Le général comprend la totalité en gros; Yuniversel, en détail. Le premier n'est point incompatible avec des exceptions particulières; le second les exclut absolument. Aussi dit-on qu'il n'y a point de règle si générale qui ne souffre quelque exception ; et Ton regarde comme nn prmcipe universel une maxime dont tous les esprits sans exception reconnaissent la vérité, dès qu'elle leur est présentée en termes clairs et précis. — C'est une opinion générale que les femmes ne sont pa9 Propres aux sciences et aux lettres : M"» Deshoulières, M«« Dacier, M«»« de Graflgny, chacune dans leur genre, font une exception d'autant plus honorable pour le sexe, qu'elle prouve la possibilité de bien d'autres. C'est un principe universel que les enfants doivent honorer leurs P^nts : l'intention du Créateur se manifeste sur cela en tant de tnanières, qu'il ne peut y avoir aucun cas de dispense. — Dans les sciences le général est opposé au particulier ; Yuniversel, à l'individu. Ainsi la grammaire générale envisage les principes qui sont on peuvent être communs à toutes les langues, et ne considère les procédés particuliers des unes ou des autres que comme des faits qui établissent les ^es générales : mais l'idée d'une grammaire universelle est une idée cbiméiique : nul homme ne peut savoir les principes particuliers de ^^ les idiomes; et quand on les saurait, comment les réunirait-on «û un corps? (B.) GÉNÉROSITÉ. V. Grandeur dame, GÉNIE, ESPRIT. V. Esprit
GÉNIE, TALENT. Avec du talent^ on peut être, par exemple, un *H)n militaire ; avec du génie, un bon militaire devient un bon général. "^ C'est quelquefois l'assemblage des talents, c'est toujours la perfection de celui que la nature nous a donné , qui décèle le génie, — On ^^die, on cherche son talent; souvent on le manque : le génie se
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4ÔTelûppe de lai-méme. — Le talent peut être enfoui, parce qu'il n pas des occasions pour éclater; le génie perce malgré tons les obstacles «^est loi seul qoi produit, le talent ne fait guère q;iie mettre en œuvre (TurpindeCnssé.)
GENS, PERSONNES. Le mot gens est collectif et indéfini; il du •quelque chose de général et de vague; le mot personne est en loimème particulier et individuel; il a quelque chose de déterminé'. Ainsi , la phrase il y a des gens qui pensent ainsi, annonce vaguement que c'est une pensée commune à plusieurs; et la phrase il y a des -personnes qui pensent ainsi , marque distinctement que divers parti- •culiers ont la même pensée. Vous direz plutôt gens, lorsque vous parlerez d*une foule ou d'un nombre confus, sans connaître, sans pouvoir spécifier qui : vous direz plutôt personnes, lorsque vous pourrez parler de tels et tels, sans vouloir les nommer : un bruit vague, ce «ont des gens qui le répaodent : un rapport particulier , ce sont des personnes qui le font. — Le mot gens a donc la propriété distinctive de désigner la foule ou la quantité indéfinie, et Tespèce ou les qualité» spécifiques des personnes collectivement considérées sous ce rappoif commun; et le mot de personnes, des individus différents et leurs qu» lités propres, ou sous des rapports particuliers à chacun, ou sous ut rapport commun de circonstance, abstraction faite de tout autre. — En disant les ^en^ du monde, vous spécifiez la sorte de gens : si vous dites des gens, sans addition, vous désignez une sorte de gens, ou des ^ens d'une sorte particulière, mais sans la spécifier. Vous dites que vous avez vu plusieurs personnes, et par là vous n'indiquez entre elles aucun rapport; vous direz que vous les avez vues se promener, et par là vous ne marquez entre elles d'autre rapport que celui d'une action semblable. — Vous direz qu'il y avait à une telle fcle toute sorte de gens, ou des gens de toute espèce, pour marquer la foule et le mélange des états. Vous direz que vous ne connaissez pas les personnes qui passent, saus attacher à ce mot d'autre idée que celle d'individus ou de particuliers qui vous sont inconnus. — On demande quel était sous les rois de la première et de la seconde race, Vétat des personnes? Vétat des gens aurait supposé une condition commune, et ce mot n'aurait été ni clair ni noble. — Il y a gens et gens, c'est-à-dire différentes sortes ou espèces de gens : il y a aussi f>€rsonnes et personnes, c'est-à-dire des personnes d'un mérite ou d'un caractère particulier ou différent. — Vos soldats, vos domestiques, votre suite, votre société, vous les appelez
1. Cent, getii, signifie proprement race, lignée ; c*est donc nn mot collectif par sa nature. Anssi chei les Latins signifle-t-il peuple, nation : le droit des gtns est le droit des nations. On disait antrefois la genl; Malherbe dit la gent qui porté U turban , et La Fontaine la gent troltemenu. Quant au mot personne, l'homme le moins instruit sait ou sent qu'il indique ce qui est propre, particulier à l'objet, ca qu'il a de personnel ou exclusif, ce qui le caractérise et le distingue : une telle pêf eonne est un tel individu ; votre personne est vous, etc. (R.)