GIBET
quelquefois tos gens. GocsidéFos à part, sans liaison sociale, sans dépendances, sans rapport d'état^ ce sont des personnes, (R.)
GENTIL. V. Mignon.
GENTILS, païens. Le mot de gentils ne désigne que des gens qui ne croient pas la religion révélée; et celui de païens distingue ceux qui sont attachés à une religion mythologique ou au culte des faaz dieux. Les paUns sont gentils^ mais les gentils ne sont pas tous païens. Gonfucius et Socrate, qui rejetaient la pluralité des dieux, étaient gentils et n'étaient point païens, — Celui qui ne croit point en. Jésus -Christ, mais qui n'honore pas de faux dieux, est gentil : celui qui honore les faux dieux, et par conséquent a des sentiments tout opposes à la foi, est païen, — Dans Tusage commun de ces mots, le nom de gentils ne s'applique guère qu'aux nations anciennes, considérées dans leur opposition avec le judaïsme ou le christianisme naissant. La qualification de païens, nous la répandons généralement sur tous les peuples qui, dans tous les temps^ ont adoré de fausses divinités. (R.)
GÉOMÉTRIQUE, GÉOMÉTRAL. Ce qui est géométrique appartient essentiellement à la géométrie : « Méthode géométrique, démonstration géométrique, esprit géométrique ». (Acad.) Ce qui est géométral n*a qu'un certain rapport avec la géométrie : aussi ce mot ne se dit que d'un dessin d'architecture qui donne la position, la dimension et la forme exacte des différentes parties d'un objet, d'un ouvrage, abstraction faite des illusions de la perspective : « Plan géométral, élévation géométrale, conpe géométrale», (id.)
GERER, RÉGIR. Gérer ne suppose qu'une autorité subalterne et dépendante, et régir une autorité entière et absolue. On gère les affaires des autres On ne dit pas que Dieu gère l'univers, mais qu'il le régit. Le prince régit l'État, un évéque régit son diocèse. — Gérer ne se dit que des affaires et des emplois ; régir se dit des biens, des domaines, de toutes les choses qui rapportent du profit ou des intérêts. On régit des terres , des domaines , des entreprises, soit que ces choses nous appartiennent, soit qu'on ait reçu du propriétaire une autorité entière pour les soigner et les faire valoir dans les plus petits détails. — Celui qui gère est responsable de sa gestion, de la manière dont il a fait les affaires; celui qui régit pour un autre est responsable de sa recette, des produits de la chose qu'il régit, (L.)
GIBET^ POTENCE. La potence est un gibet de bois et d'une forme aeterminée : gibet est donc une sorte de genre ou un mot plus vague : aussi nous appelons également gibet et la potence où l'on étrangle les coupables, et les fourches patibulaires où on les expose; et nous disons même que notre Sauveur est mort sur un gibet, et ce gibet est une croix. — Gibet, plus usité autrefois, est le mot propre, puisqu'il n'a point d'autre acception dans notre langue; au Ueu que potence sert, <ians une foule d'arts, à dénommer différentes pièces analogues quant
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à la forme. Mais ce dernier est devenu le terme Tulgaite; par là même, le premier est devenu plus noble. — Cependant cet mage est bien fondé. Le gibet est plutôt le genre de supplice; la jotence est l'instrument particulier du supplice. On dit proverbialemetif qne le gibet ne perd Jamais ses droits : le gibet n*est là que le s giie de la peine; la potence, ainsi que la corde ou la hart^ sont les moy ws d*exécution de cette peine. C'est la potence qu*on dresse : la potence est, dans toutes les applications du mot> im instrument, un engin, une pièce travaillée. (R.)
GIRON. V. Sein.
GLISSER. V. Couler.
GLOBE, SPHÈRE, BOULE. Le globe et la boule sont dfs corps ronds en tout sens; mais boule, terme général et usuel, Ke dit des objets de cette forme qui sont faits de la main de Ibomme pour des usages communs ou vîilgaires. Globe est surtout un terme de science et annonce quelque chose de spécial : le globe de la terre, le globe céleste, le globe de rœil. Globe se dit aussi de certaines boules creuses en verre, en papier, en métal, qui ont un emploi particulier, comme par exemple le globe d'une lampe.
Sphère est un terme de géométrie et d'astronomie. Voici ce qui distinp;ue ce mot de celui de globe : c.lul-ci fait entendre que l'on considère seulement et matériellement la surface et l'ensemble du corps rond; sphère fait considérer le corps au point de vue des conceptions de l'esprit : c'est-à-dire des lignes et des cercles que Ton j conçoit, et des propriétés scientifiques qui résultent des rapports établis entre ces lignes et ces cercles.
GLOIRE, HONNEUR. La gloire dit quelque chose de plus éclatant que V honneur. Celle-là fait qu'on entreprend , de son propre mouvement et sans y être obligé, les choses les plus difficiles. Celui-ci fait qu'on exécute, sans répugnance et de bonne grâce, tout ce que le devoir le plus rigoureux peut exiger. Le désir d'acquérir de la gloire pousse quelquefois le courage du soldat jusqu'à la témérité; et les sentiments d'honneur le retiennent souvent dans le devoir, malgré les mouvements de la crainte. (6.)
GLORIEUX, FIER, AVANTAGEUX, ORGUEILLEUX. Le glorieux n'est pas tout à fait le fier, ni Vavantageux, ni Vorgueilleux. Le fier tient de l'arrogant et du dédaigneux, et se communique peu. L'avantageux abuse de la moindre déférence qu'on a pour lui. L'orgueilleux étale l'excès de la bonne opinion qu'il a de lui-même. Le glorieux est plus rempli de vanité; il cherche plus à s'établir dans l'opinion des hommes; il veut réparer par les dehors ce qui lui manque en eflët. — Le glorieux veut paraître quelque chose. L'orgueilleux croit être quelque chose. L'avantageux agit comme s'il était quelque chose. Le fiffr croit que lui seul est quelque chose et que les autres ue sont rien. (B.)