HARDIESSE
c'est le souffte, ■— Le souffle, pressé et contraint, devient pins fort et pins sensible qne la simple haleine libre et épandne. Produits d'nne manière diflërente, ils produisent des effets différents : ayec Vhaleine TOUS écbanffez; vous refroidissez avec \^ souffle: votre haleine fera vaciller la lumière d'une bougie; votre souffle l'é teindra. — V haleine et le soiuffle appartiennent aussi anx vents : mais leur souffle est de même plus fort et plus sensible que leur haleine. Vous direz le souffle des aquilons, et \* haleine des zéphyrs. » ( R.)
La respiration est l'action de respirer : l'haleine est Pair chassé dans cette action. v
HANTER. V. Fréquenter.
HAPPER, PRENDRE, ATTRAPER. «Prendre, c*esten général s'emparer de quelque chose : happer, c'est saisir brusquement une chose. Un chien à qui l'on présente un morceau de viande le prend, lorsque son action n*est accompagnée d'aucun mouvement brusque ou violent : il le happe lorsqu'il se jette avidement dessus, et qu'il Tarrache, pour ainsi dire, à celui qui le présente. On prend un homme quand on l'arrête sans surprise; on le happe, quand on Tépiait et qu'on le saisit brusquement au moment où il s'y attendait le moins ». ( L. )
Attraper signifie se saisir de quelque personne ou de quelque animal que l'on pourauivait ou que l'on guettait; mais il n'exprime pas une action brusque et soudaine comme happer : le chien fait lever un lièvre, le poursuit et Yattrape.
HARANGUE. V. Discours.
HARASSÉ, y. Las.
HARCELER, AGACER, PROVOQUER. Harceler, c'est exciter vivement jusqu'à importuner, jusqu'à tourmenter. Agacer, c'est exciter par des paroles ou par des gestes , et le plus souvent dans l'intention manifeste de plaisanter : il dit moins que harceler. Provoquer, au contraire, dit beaucoup plus : c^est attaquer sérieusement quelqu*un et le mettre dans la nécessité de se défendre.
Pour faire agir un homme naturellement paresseux et indolent , il faut souvent le harceler. On agace quelqu'un par des railleries. Vous TOUS retenez pour ne pas battre un homme qui vous provoque par des injures.
HARDES. V. Nippes.
HARDIESSE, AUDACE, EFFRONTERIE. Il y a dans la hardiesse quelque chose de mâle; dans Vaudace, quelque chose d'emporté; et dans l'effronterie, quelque chose d'incivil. — La hardiesse marque du courage et de l'assurance. Vaudace marque de la hauteur et de la témérité. L'effronterie marque de l'impudence. — Une personne hardie parle avec fermeté ; ni la qualité, ni le rang, ni la fierté de ceux à qui /9lle adresse le discours, ne la démontent point. Une personne audanieuse parle d'un ton élevé; son humeur hautaine lui fait oublier ce qu'elle doit à ses supérieurs. Une personne effronté parle d'un air
insoleat; son peu d'éÙLUcation fait qu'elle n'observe ni les usages de ia politesse, ui les devoirs de rhoonèteté, ni les règles de la bienséance. (G.)
L'homme effronté est sans pudenr; Thomme nudacieux^ sans respect on sans réflexion; Thomme tiardi, sans crainte. — La hardiesse avec laquelle on doit toujours dire la vérité ne- doit jamais dégénérer en audace^ et encore moins en effronterie. (Enc.)
HARGNEUX, QUERELLEUR. « Hargneux, du vieux mot hargner, qui signifie exciter à gronder, h, disputer. Querelleur qui cherche querelle à propos de rien. L'homme hargneux a Thumeur aigre et difficile : tout roifusque, il s'ofi<Bnse de tout ; quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse, il est toujours prêt à gronder, à s'emporter, à murmurer. Le querelleur ne saurait vivre en paix avec les autres ; quand il n'a de querelle avec personne, il en cherche, il en excite » (L.)
L'honmie hargneux est mécontent de tout le monde et de lui-même : anssi est-il toujours un peu triste. Le querelleur n*est mécontent que des autres ; et il peut avoir Thumeur gaie, lorsqu*il ne trouve aucun prétexte de quereller quelqu'un.
HASARD, FORTUNE, SORT, DESTIN. Le Aawrdneformeniordjc ni dessein : on ne lui attribue ni connaissance ni volonté ; et'sés événements sont toujours très-incertains. La fortune forme des plans et des desseins, mais sans choix : on lui attribue une volonté sans discernement, et Ton dit qu'elle agit en aveugle. Le sort suppose des différences et un ordre de partage : on ne lui attribue qu'une détermination cachée, qui laisse dans le doute jusqu'au moment qu'elle se manifeste. Le destin forme des desseins, des ordres, et des enchaînements de causes: on lui attribue la connaissance, la volonté et le pouvoir; ses vues sont fixes et déterminées. — Le hasard fait : la fortune veut : le sort décide : le destin ordonne. (G.)
Le destin a un caractère bien plus imposant que le sort. On résiste au sort, on peut échapper au sort; mais on se soumet au destin, on n'échappe pas au destin. — On dit les coups du sort et les arrêts du destin. Le sort parait tellement subordonné au destin, qu'on pourrait, je crois, hasarder de dire que les événements du sort sont écrits dans le livre du destin. (Enc.)
HASARDER, RISQUER. Le premier de ces mots n'indique que rincertitude du succès : le second menace d*une mauvaise issue. — A chances égales, on hasarde; avec du désavantage, on risque. Voos hasardez en jouant contre votre égal : vous risquez contre un joueur plus habile. — LlioiAme froid et prudent hasarde peu; l'homme ardent et intrépide risque beaucoup. Dans le cours ordinaire des choses, qui ne hasarde rien n'a rien, dit le proverbe : dans les cas extrêmes, selon uns autre façon de parler proverbiale, on risque le tout pour le tout. — Le mot hasarder n*indique pas un succès, un événement plutêt que Vautre; tandis que risquer sert à indiquer dans la phrase tel geors