‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 82 sur 163 · HATIF · texte numérisé non relu

HATIF

d'événement, de mauvais succès. Ainsi on hasarde son argent , on risque de ie perdre, et même, par Corrélation, d'en gagner. — Hasarder suppose toujours une action libre r vous hasardez avec connaissance de cause, et parce qué'vous le voulez. Mais risquer n'exige pas toujours un choix de votre part; vous risquez quelquefois sans le savoir et sans le vouloiir. Hasarder, c'est îuettre au hasard : risquer, c'est ou mettre en risque ou y être. (R.)

HATER, PRESSER, DÉPÊCHER, ACCÉLÉRER. iW/cf marque uno diligence plus bu moins grande et soutenue : presser, une impulsior. forte et de la vivacité saris relâche : dépécher, une activité inquiète 4^ ompressée même jusqu'à la précipitation : accélérer, un accroissement de vitesse ou un ledoublement d'activité. — On hdte la chose, quamf elle serait trop lenle ou trop tardive : on la presse, lorsqu'elle presser ou qu'on est pressé: on la dépêche, quand il ne s'agit que de la finir eit de s'en débarrasser : on Vaccélère lorsqu'elle va trop doucement on qu'elle se ralentit.. — Le moyen le plus sûr de faire à propos et bieiSj est de se hâter lentement. A se presser, il y a le risque de ne faire vi bien ni bientôt. Pour avoir vite fait la besogne tellement quellemeni. il n'est que de se dépécher. Faites ce que vous faites, et vous en accé^ lérerez la conclusion. — L'homme actif et diligent hâte, L'homto» ;jrdent et impétueux presse. L'homme expéditif et impatient dépêche. L'homme prévoyant et soigneux accélère. (R.)

HATIF, PRÉCOCE, PRÉMATURÉ. Ces épithètes servent à désigner une maturité avancée. — Hâtif, qui se hdte, qui fait diligence, qui vient de bonne heure. Précoce, qui prévient la saison, qui mûrit avant le temps, qui arrive avant les autres : mot formé de prœ, pré, avant, et de coc, coctus, cuit, digéré, mûri : la maturité est l'effet d'une vraie coction. Prématuré, dont la maturité accélérée prévient la saison, ou dont on prévient la maturité : mot formé deprcp, pré, et de maturus, mûr ou mûri, bon à manger. — Hâtif indique seulement une chose avancée; et par la force de la préposition pr^, précoce et pr^maft/r^ marquent la circonstance de devancer ou prévenir la saison, le temps propre, les productions du même genre : précoce n'exprime point d'autre idée. Prématuré désigne une maturité forcée ou une fausse maturité^ quelque chose qui est contre nature : c*est le sens ordinaire que nous lui donnons au figuré. Ainsi, la chose précoce arrive avant la saison ; et la chose prématurée arrive avant la saison propre et hors de saison ; telle est Ventreprise prématurée. Ce qui est précoce est hors de l'ordre commun : ce qui est prématuré est contre l'ordre naturel. — La diligence et la vitesse distinguent le hâtif; la célérité et l'antériorité, le précoce : la précipitation et l'anticipation, le prématuré. — Les mots s'appliquent figurément à l'esprit^ à la raison, aux qualités et aux objets qui, par la succession de leurs développements et de leurs accroissements, ou par des périodes et des révolutions marquées, ont de ranalot,ie avec le cours ordinaire de la végétation ; et les mômaf

DICT. DBS tTNOIIYIIEt. 47

Mrs SYKONYSIES FRANÇAIS.

zmaDces les distinguent encore. Ainsi , la yalear qui n'attend pas le xwmbre des années^ est hdtive : la raison qui étonne dans Tenfance est pj^écoce : la crainte qui prévoit un danger si éloigné, qu'il n'est, pour ainsi dire^ que possible, est prématurée. (R.)

HAUSSER. V. Élever.

HAUT, HAUTAIN, ALTIER. Haut est un mot simple, générique et variable, qui au figuré marque l'élévation en pouvoir, en dignité, aônsi que la grandeur, l'excellence, la supériorité en tout genre, et dans le sens de hautain, la fierté et Torgueil. Hautain signifie ce qui vient d'un cœur, d'un esprit, d'un naturel haut; ce qui marque, respire, affecte, affiche la hauteur. Altier veut proprement dire trèshaut, fort haut, qui a une hauteur décidée, prédominante. — Haut, exprimant la hauteur morale de l'honmie, se prend en bonne ou en mauvaise part, suivant ses applications; car il y a une hauteur, eomme une fierté, un orgueil convenable. Hautain se prend ordinairement en mauvaise part. Altier peut être pris en bonne part, surtout quand la grande hauteur, la sublime élévation est propre au sujet La hauteur dans l'homme haut, est pure et simple, mais susceptible de tontes sortes de modifications. Dans l'homme hautain, elle est vani* teuse, boursouflée, dédaigneuse, arrogante, superbe. Dans l'homme altier^ elle est dure, ferme, imposante, absolue, opiniâtre, inflexible, intraitable. L'homme haut souffre impatiemment l'humiliation; le Aau* ttiùf^ la contradiction; Y altier^ la résistance.— On a le cœur haut, l'àme haute^ des sentiments hauts ou plutôt élevés; il sied de les avoir, et il est des occasions où Ton peut être haut avec bienséance. On a aussi l'air haut, le ton haut, l'humeur haute^ les manières hautes, etc.; et il est bien à craindre que ces symptômes, ces signes, ces apparences n'annoncent dee imperfections, des défauts, des vices; ils ne plaisent pas. On a l'humeur, l'air, la mine, le ton, la contenance, la parole, les manières hautaines : cette espèce de hauteur est toujours extérieure, apparente, affectée, odieuse, choquante. On a l'air, le ton, le commandement^ mais surtout l'humeur, l'esprit, le caractère altier. A proprement parler, on est haut par air et par sentiment, hautain par air, altier par caractère. { R.)

HAUT, HAUTEMENT. Haut signifie à haute voix, d'un ton fort, intelligible : « Parlez plus haut ». (Acad.) On le joint aussi à l'adverbe olair pour signifier franchement, nettement : « Il a dit son sentiment haut et daim. (Id.) Enfin il signifie quelquefois arrogamment : ifTous le pfènez bien haut ». (Id.)

Hautement signifie hardiment, résolument, librement: « Il ne le dissimula point, il le dit hautement ». (Acad.) On dit parler haut et non parler hautemeut; on dit au contraire : «Je vous le déclare hautement; je lui dis hautement ses vérités ». (Acad.) Pour pouvoir faire entrer le mot haut dans ces phrases, il faudrait le faire précéder de tout ou de bien^ ce qui lui donnerait alors la force de l'adverbe hautement. V. page 20, à la fin du n» GO.

HÉRÉTIQUE. 29i

HAUTEUR, ÉLÉVATION. Hauteur, distance de la position d'un objet on d'im point relativement à la surface du sol ou à une surface, ligne ou point (pielconque. Élévation, action d'élever^ de hausser quelque •chose.

L'élévation augmente la hauteur : éleyez davantage un objet, il sera plus haut.

Élévation s'emploie aussi pour désigner non plus Taction d'élever, mais la dimension verticale et le point supérieur de cette dimension : « Quand on est parvenu à cette élévation, le baromètre marque tant xLe degrés ». (Acad.)

Dans ce sens, élévation et hauteur sont tellement synonymes, qu'ils «^emploient assez fréquemment Tun pour Tautre. Ainsi les deux mots se disent d'une colline, d'une éminence : mais l'ennemi s'établit sur une hauteur qui commande la place assiégée; on parcourt les hauteurs, on fait des travaux sur les flancs des hauteurs. Dans aucun de ces exemples, le mot élévation ne serait bien placé : on dira au contraire, monter sur une élévation, parce que le verbe monter n'exprime qu'un mouvement, une direction linéaire.

Au figuré, élévation se dit de l'àme, des sentiments, de la nature de l'esprit, du style, etc., et se prend toujours en bonne part. Hauteur se dit des conceptions de l'esprit ou pour marquer une sorte de fierté, d'arrogance : dans ce dernier sens^ hauteur se prend en mauvaise part.

HAVE. V. Pâle.

HÉRÉDITÉ, HÉRITAGE. La terminaison aye désigne la chose; et la terminaison ité, la qualité. Héritage indique proprement les biens dont on hérite; hérédité la qualité ou la destination des biens, en vertu de laquelle on en hérite. Vhérédité, à proprement parler, est la succession aux droits du défunt; et Vhéritage, la succession à ses biens. La propriété ou le domaine * que le testament ou la loi vous défère, forme Vhérédité: le bien ou le fonds que l'ancien possesseur vous laisse^ constitue l'héritage. En vous portant pour héritier, vous entrez dans Vhérédité, et vous prenez ensuite possession de Vhéritage. Sans toucher à Vhéritage^ vous vous immiscez dans Vhérédité par un acte simple à*héritier. — Hérédité désigne si bien une qualité distinciive ou un droit particulier à la chose, qu'on dit Vhérédité d'une charge ou d'un office, pour annoncer que l'office ou la charge est héréditaire par concession du prince. Héritage désigne si particulièrement les biens mêmes, qu'on appelle héritage, un domaine, un fiinds de terre, et qu'on dit en conséquence, rendre, acquérir^ mettre en valeur, améliorer un A^nïa^e. (R.)

HÉRÉTIQUE, HÉTÉRODOXE. L'hérésie est une opinion. paiticulière, une erreur à laquelle on s'attache fortement, et par laquelle on

I. C'est-à-dire la facaltô, le droit de posséder la chose, d*eii être le propriétaire légitime.

se sépare de la coimnuiiion. Vhétérodoxie est dans ropinion qui s'écarte de ropinion reçue — Hérétique désigne la scission^ ce qui fait secte on appartient à une secte. Hétérodoxe n'indique que la discordance, sau3 aucune idée de parti ou de relation avec un parti. — Il y a dans Y hérétique un caractère d'opiniâtreté, de révolte, d'indépendance ; il n'y a danS' Vhétérodoxe que l'écart de Terreur, d'une fausse croyance, d'un dérèglement d'^prit. — Nous (rualiflons proprement A' hérétiques ceux qui frappés d'anathème par TÉglise, en restent opiniâtrement séparés. La qualification à' hétérodoxe n'emportera que le reproche ou l'accusation d'erreur. Ce mot ne s'emploie pas substantivement. (R.)

HÉRITAGE. V. Hérédité.

HÉSITER. V. Balancer,

HÉTÉRODOXE. V. Hérétique.

HEUREUX. V. Fortuné.

HEURTER. V. Choquer.

HISTOIRE, FASTES, CHRONIQUES, ANNALES, MÉMOIRES, COMMENTAIRES, RELATIONS. L7«>/oire est l'exposition ou la narration, tempérée quant à la forme, et savante quant au fond, liée et suivie, des faits et des événements mémorables, les plus propres à nous faire connaître les hommes, les nations, les empires, etc. Il y a des histoires universelles, des histoires générales d'une contrée, des histoires particulières, etc. — Les fastes sont des espèces de tablettes ou des notes, des inscriptions, des nomenclatures, en un mot des souvenirs de changements authentiques dans l'ordre public, d'actes solennels, d'institutions nouvelles, d'origines importantes, de personnages iUustres, les plus dignes d'être transmis à la postérité. Cneius Flavius compila le premier, à Rome, des fastes pour annoncer au peuple les jours de plaidoirie ou de palais. On eut ensuite des fastes sacrés, des faste» consulaires, etc. Nos modernes abrégés chronologiques peuvent servir à donner une idée du genre et de la manière des fastes. — La chronique est l'histoire des temps, ou Vhistoire chronologique divisée selon l'ordre des temps. La chronologie çst son objet princii)al ^. — Les annales sont des chroniques ou des histoires chronologiques divisées par année», comme les journaux proprement dits le sont par jours. Les annales se bornent à exposer les faits sans ornements: a;t;ieepar année; au lieu que Vhistoire raisonne sur ces mêmes faits, dont elle recherche les causes, les piotifs, les ressorts, etc. — Les mémoires sont, comme le dit fort bien Bacon, les matériaux de l'histoire : aussi plusieurs de ces ouvrages sont-ils intitulés Mémoires pour servir à rhistoire. Le style de ce genre est libre; on peut y discuter les faits; on y développe les

1. Chronique ne "st dit guère que de certaines histoires écrites dans Id moyen âge : Les chronique» de Saint-Denis, les chroniques de Joinyille, do Froissart, etc.; etnoas appelons chroniqueurs lesautenrs de chronique».

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affaires; on y entre dans les détails. L'historien puise surtout dans les mémoires des gens employés aux affaires^ acteurs ou témoins dignes de foi, tels que domines, Sully, etc. — Les commentaires sont des «anevas d'histoire ou des mémotres sommaires. Plularque appelle les commentaires de César, des éphémérides qui fournissent le fond ou la matière de Vhistoire. — La relation est le récit ou le rapport circonstancié d'un événement, d'une entreprise, d'une conjuration, d*un traité, d'une fête, d'un voyage, etc. Le mérite de ce genre consiste surtout dans Texactitude, le choix, l'utilité des détails et la vérité des couleurs. (R.)

HISTORIOGRAPHE, HISTORIEN. Historiographe, titre fort différent de celui d'historien. On appelle communément en France historiographe Thomme de lettres, pensionné, et conmie on disa't autrefois, appointé pour écrire l'histoire. Alain Chartier fut historiographe de Charles VII : depuis ce temps, il y eut souvent des historiographes de France, en titre. — Peut-être le propre d'un historiographe est de rassembler les matériaux, et on est historien quand on les met en œuvre. I^ premier peut amasser; le second, choîsir et arranger. Vhistorio^ graphe tient plus de l'annaliste simple, et Vhistorien semble avoir un <^mp plus vaste pour Téloquence. (Voltaire.)

HOMICIDE. V. Assassin,

HOMME (L'), LES HOMMES. «11 est constant, dit Beauzée, qu'un écrivain attentif ne dira pas indifféremment. L'homme est raisonnable, on Les hommes sont raisonnables. » En effet le substantif commun employé au singulier, avec l'article le ou la, sans déterminatif, est le nom même de l'espèce. Comme nom d'espèce, sa signification s'étend à Tuniversalité des individus qui composent l'espèce : mais il ne présente pas ces individus comme réunis et formant une pluralité ; tout au contraire, il les résume, pour ainsi dire, en un seul individu idéal, qui est le type de l espèce entière. Quand on dit : « L'homme est raisonnable » on entend signifier que l'homme type, que l'homme considéré comme créatnie sortie des mains de Dieu^ a pour attribut essentiel et constitutif de sa nature, la faculté qu'on appelle raison.

Le pluriel , par cela même qu'il exprime une idée de pluralité, met <n scène l'universalité des individus; mais cette universalité n'est pas si entière, qu'il ne puisse y avoir des exceptions. Si je dis par exemple: « Oh! que les hommes sont injustes! » j'entends signifier qu'ils le «ont généralement; mais je ne prétends point que l'injustice soit un attribut essentiel et constitutif de la nature de l'homme. Ainsi donc, veut-on seulement exprimer^cette pensée que les hommes font en géiléral un bon usage de la raison, on dira : « Les hommes sont raisonnables» : l'attribut n'étant plus affirmé de l'espèce entière, mais seule* nient de la pluralité des individus, la proposition donnera à entendre qu'il y a ou qu'il peut y avoir des exceptions.

« Par la même raison, il y a de la différence entre ces deux phrases s

L'95| SrWONYBIES FRANÇAIS.

'* homme esX mortel. Les hommes sont mortels. La première annonce la certitude infaillible de la mort; et c'est une vérité qae l'on peut prendre comme principe dans un sermon ou dans un traité de morale. La seconde annonce rineertitnde du moment et de la manière de la mort, les uns mourant plus tôt, les autres plus tard ; ceux-ci subitement, cenx-là par une maladie longue : c'est une vérité d'où l'on peut partir dans les traités, pour s'autoriser à prendre dans le moment même les précautions convenables. » (B. )

HOMME DE BIEN, HOMME D'HONNEUR, HONNÊTE HOMME. « Il me semble que r homme de bien est celui qui satisfait exactement aux préceptes de la religion : l'homme dhonneur, celui qui suit rigoareusement les lois et les usages de la société; Vhonnéte homme , celni qui ne perd de vue, dans aucune de ses actions, les principes de l'équité naturelle. — V homme de bien fait des aumônes ; V homme ctfionneur ne manque point à sa promesse; Vhonnéte fy)mme rend la justice même à son ennemi. » (Enc.)

Puisque Vhomme de bien satisfait exactement aux préceptes de la religion, il fait tout ce que la religion commande : ainsi non -seulement il fait des aumônes aux nécessiteux et du bien à son prochain; mais encore il est juste, loyal, fidèle : il est donc aussi homme d honneur et honnête homme.

HOMME DE SENS, HOMME DE BON SENS. H y a bien de la différence, dans notre langue, entre un homme de sens et un homme de bon sens. Vhomme de sens a de la protondeur dans les connaissances, et beaucoup d'exactitude dans le jugement; c'est un titre dont tout homme peut être flatté. L'homme ae bon sens^ au contraire, passe pour un homme si ordinaire , qu'on croit pouvoir se donner pour tel sans vanité : c'est celui qui a assez de jugement et d'intelligence pour se tirer à son avantage des affaires ordinaires de la société. (Enc,)

HOMME SAVANT. V. Savant homme.

HONNÊTE, CIVIL, POLI, GRACIEUX, AFFABLE. Nous sommes honnêtes par l'observation des bienséances et des usages de la société. Nous sommes civils par les honneurs que nous rendons à ceux qui se trouvent à notre rencontre. Nous sommes polis par les façons flatteuses que nous avons, dans la conversation et dans la conduite, pour les personnes avec qui nous vivons. Noos sommes gracieux par des aii'S prévenants pour ceux qui s'adressent à nous. Nous sommes affables par un abord doux et facile à nos inférieurs qui ont à nous parier. — Il faut être honnête sans cérémonie, civil sans importunlté, poli sans fadeur, gracieux sans minauderie, et affable sans familiarité. (6.)

HONNÊTE HOMME. V. Homme de bien.

HONNÊTETÉ. V. Probité.

HONNEUR. V. Gloire.

HONNIR, BAFOUEU, VILTPEÎJDER. Honn signifie, en allemand» déshonorer^ et c'est dans ce sens qu'on a dit lionnir. Mais est-ce l'idée

DORS. ïygg-

pure et entière de déshonorer que ce mot présente? Je ne le Cit)is pns. Son idée propre est de faire honte à quelqu'un, de s'élever et de se récrier contre lui, delà poursuivre de traitements humiliants et flétrissants. Réservé au style comique ou familier, il indique les manières valgaires de traiter honteusement, surtout par des cris injurieux. — Bafouer, c'est proprement huer quelqu'un à pleine bouche, s'en jouer sans ménagement, s'en moquer d'une manière outrageante, l'accabler d'affronts et d'injures. — Vilipender, mot latin formé de vilis, vil, et de pendercj estimer. C'est traiter quelqu'un de vil ou comme vil, d'une maiûère avilissante, avec un grand mépris; le décrier, le dénigrer, détruire sa réputation. — Honnir est le cri du soulèvement et de l'indignation ; bafouer est l'action de la dérision et de l'avanie; vilipender , terme familier, est l'expression du mépris et du décri. Vous honnissez celui que vous voulez perdre d'honneur et couvrir de honte. Vous ôafouez celui que vous voulez immoler à la risée et couvrir de confusion. Vous vilipendez celui que vous voulez ravaler et fouler aux pieds. (R.)

HONORAIRE ou D'HONNEUR (CONSEILLER ou PRÉSIDENT). Ces qualifications conviennent à des personnes qui ont le titre et ks prérogatives.honoriflques de conseiller ou de président, sans en exercer les fonctions.

Un conseiller honoraire est un conseiller qui, après avoir rempli quelque temps cette cbarge, s'en est démis et n'en conserve plus que le titre. Conseillers dhonneur se disait autrefois des conseillers privilégiés qui avaient séance et voix délibérative dans certaines compagnies^ quoiqu'ils n'eussent point de charge. Ce droit leur était accordé pour leur faire honneur, ou parce que leur personne faisait honneur à k ^mpagnie. Nous disons encore dans ce dernier sens président dhonneur, et nous disons président honoraire dans le même sens que con^ teiller honoraire.

HONORAIRES. V. Gages.

HONORER. V. Adorer.

HONTE, PUDEUR. Les reprochés de la conscience causent la honte. Us sentiments de modestie produisent la pudeur. Elles font quelque* fois, l'une et l'autre, monter le rouge au visage; mais alors on rougit de honte, et l'on devient rouge par pudeur. — 11 ne convient poiiR de se glorifier, ni d'avoir honte de sa naissance, ce sont des traits d'orgueil; mais il convient également au noble et au roturier d'avoir honte de leurs fautes. Quoique la pudeur soit une vertu, il y a néanmoins des occasions où elle passe pour faiblesse et timidité. (6.)

HONTE (AVOIR), AVOIR DE LA HONTE. Y. Avoir peine.

HORMIS. V. Hors.

HORREUR ( AVOIR), AVOIR DE L'HORREUR. V. Avoir peine.

HORRIBLE. V. Affreux.

HORS, HORMIS, EXCEPTÉ. Hors, autrefois fors, du latin foras^

opposé à dans, désigne seclemeot ce qui n'est pas dans le cas prèseut, ce qui est dans un autre cas; la séparation est bien mavqaée jpar le mot, mais sans ancon signe d'exclusion. Hormis, autrefois hors-mis, c'est-à-dire nds hors, exprime formellement cette dernière idée^ celle dTun cas on d'un objet particulier qui est ou doit être mis hors de la classe dont il s^agit. Excepté^ du latin exctptum, tiré ou distrait de^ indique bien qu'il faut distinguer tel objet des autres^ et ^ pas les confondre ensemble. — Hors annonce donc la séparation qui existe entre XA objet et les objets collectivement énoncés : hormis, l'exclusion qu'il faut donner à un objet particulier, naturellement compris dans la proposition collective : excepté, la distraction particulière qu'il faut faire de la proposition générale. — Le citoyen libre a le pouvoir civil de tout flaire pour ses intérêts, hors l'injustice : l'injustice est évidemment et par elle-même hors du pouvoir civil de l'homme; il ne s'agit point là d'exclure positivement ce qui ne peut être inclus ou renfermé dans la généralité. ■— Le mahométisme permet toutes sortes d'aliments^ hormis le vin, et non pas hors le vin, comme le dit l'abbé Girard; car la loi de Mahomet met le vin hors de cette permission, le défend expressément sans quoi il aurait été permis comme tout le reste. — A la venue du Messie, tout était dieu, excepté Dieu même. Il faut là distraire Dieu de la proposition générale qui le renfermait. — Hors explique la proposition générale ou collective, et détermine les objets qa'elle n'embrasse lias, quelquefois jusqu'à la réduire à une proposition particnlière. Ainsi dans ce vers si connu : NtU n'aura de f esprit, hors nous et nSs amis, Molière explique par le dernier membre de sa phrase, à qui eflectivemeot ses personnages refuseront de l'esprit, à qui ils en accorderont; il s'agit de deux partis séparés, qui se balancent et se combattent l'un l'autre. — Hormis restreint la proposition, et la corrige par des soustractions expresses. Ainsi dans cette phrase, le testateur appelle ses proches à sa succession, hormis tels et tels qui rCont pas besoin de ses bienfaits ou qui en étaient indignes^ la proposition, vague d'abord, est resserrée dans des bornes fixes par l'exclusion exprimée à la fin, detels ou tels parents qu'elle aurait compris sans cette addition. — Excepté suppose toujours une règle ou une proposition générale qu elle rend en quelque sorte conditionnelle. Ainsi vous dites que, dans une vièle où il y a toutes sortes de ressources pour ceux qui ne travaillent pas, tout le monde est à son aise, excepté ceux qui, travail lent: l'exception signifie, ceuxHii étant exceptés, ou si vous excepter ceux<i. La proposition reste générale malgré l'exception; et la règle est vraie par l'exception même ou avec cette condition. (R.)

HOTEL, HOTELLERIE. V. Auberge.

HUMAIN. V. Bénin.

HUMANITÉ. V. Bénin et Bonté.

HUMEUR, FANTAISIE, CAPRICE. Ces trois mots désignent en général un sentiment vif et passager dont nous sommes affectés sans

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