IMITER
^^ifiio h», et îl est népratif dans ces d3-Jx mots composés (6, page 4),
7 lii différence de forme du préfixe entraîne une différence de séné
1^ frès-facile à saisir. Inlisible se dit de récriture, des caractères qu'on ne
".-peut lire, que Ton ne peut déchiffrer; et illisible, des ouvrages qui
r. sont si mauvais qu'on ne peut en supporter la lecture : a Sa main ne
'.,. forme que des caractères inlisibles », (Voltaire.) Pourquoi ces hommes
j; a'ont-iis écrit que dï//m6/M ouvrages »? (La Harpe.)
/ ILLUSION, CHIMÈRE. L'illusion est une exaltation, une fascination
des facultés du corps ou de Tâme, qui fait voir ou apercevoir les objets
'->■■ autrement qu'ils ne sont. La chimère est un objet formé par Timagi-
^ nation, et qui nous occupe agréablement par l'espoir trompeur des
,' avantages que nous pouvons en retirer, ou qui nous effraie par les
vaines terreurs qu'il nous inspire. — Villusion est un état pendant
' lequel on est trompé. La chimère est un état fantastique par lequel on
s'en impose à soi-même. On est dans Y illusion, on n'est pas dans la
,' chimère. — Il y a les illusions des sens, les illusions de l'esprit, les
. illusions du cœur. La chimère appartient à la seule imagination. —
Les illusions sont produites par de f^iusses apparences qui souvent
séduisent par leurs attraits ; les chimères sont formées par de fausses
opinions qui entraînent dans de fausses conséquences. (L.)
ILLUSTRE, y. Fameux.
IMAGINATIVE, IMAGINATION. Faculté d'imaginer. « Vimaginative, dit l'Académie, est la faculté, la puissance par laquelle on imagine : V imagination est la faculté d'imaginer », c'est-à-dire la facuHé qui imagine. Dans le premier cas, on a en vue le pouvoir de la faculté, ce qu'elle p^^ut; dans le second cas, c'est l'action de la faculté, ce qu'elle fait (27, page 9). Ainsi, en littérature et dans les beaux-arts, imagination se dit particulièrement de la faculté d'inventer, de concevoir, jointe au talent de rendre vivement ses conceptions. (Acad.) IMBÉCILE. V. Animal (au figuré) et Fou.
IMITATEUR, IMITATIF. /wiite^ewr ( féminin tmiïa/nce), substantif et adjectif, signifie qui imite, qui s'attache à imiter, et ne se dit que des êtres animés et de Tesprit : « Un esprit imitateur ». (Acad.) L'adjectif imitatif ne se dit que des choses-
L'imitateur imite effectivement : ce qui est imitatif n'a que la propriété de paraître imiter (42, page 12) : « Sons imitatif s, harmonie irnitative ».
IMITER, COPIER, CONTREFAIRE. Termes qui désignent en général l'action de faire ressembler. — On imite par estime; on copie par stérilité; on contrefait par amusement. On imite les écrits; on copie les tableaux, on contrefait les personnes. On imite en embeUissant; on copie servilement; on contrefait en chargeant. [Enc.)
Celui qui imite se propose un modèle et tdche de faire aussi bien ^ mieux, ou avec autant d'art et d'agrément. Celui qui copie se propose un original et en rend exactement les beautés et 1ns défauts. On
contrefait les personnes pour les tourner en ridicule ou exagérer leurs défauts. (L.)
IMITER LES EXEMPLES. V. Suivre les exemples.
IMMANQUABLE, INFAILLIBLE. Immanquable ce qui ne peut manquer^ ce qui arrivera certainement. Infaillible, qui ne peut être en défaut, errer ^ se tromper ou être trompé. Immanquable ne se dit que des choses : un événement est immanquable; le succès d'une entreprise bien combinée est immanquable. Infaillible se dit proprement des personnes^ de la science^ de l'opinion : un oracle est infaillible , la conséquence de deux prémisses évidentes est infaillible. — Infaillible appliqué secondairement aux choses , diffère ^^immanquable par son idée propre, par un rapport particulier à la science, au jugement porté sur les choses. Immanquable désigne la certitude objective ^ ou que l'objet est en lui-même certain; et infaillible, la certitude idéale qu'on a^ une science certaine de l'objet. Suivant la disposition et le cours des choses^ il y a une sorte de nécessité qu'un événement immanquable arrive; suivant les connaissances et les preuves qu^on a des choses, il est constant et indubitable que l'événement infaillible arrivera. — Lorsque vous me dites qu'un effet est infaillible^ c'est votre jugement que vous m'apprenez^ sur le rapport des moyens avec la fin. Si vous me dites qu'il est immanquable, c'est la réalité de ce rapport nécessaire que vous me présentez sans l'appuyer de votre croyance. Vous trouviez que le gain d'un procès était infaillible, et révénement vous apprend qu'il n'était pas immanquable. Aussi, dans le cas où ces mots peuvent être assez indifféremment employés, immanquable, portant sur la nature ou Tordre naturel des choses, dit-il quelque chose de plus fort et de plus affirmatif qu'infaillible, dans lequel il entre toujours de l'opinion^ et par là quelque incertitude, lorsque l'un et Tautre terme ne sont pas pris à toute rigueur. (R.)
IMMINENT. V. Instant, pressant,
IMMODÉRÉ, DÉMESURÉ, EXCESSIF, OUTRÉ, DÉRÉGLÉ, DÉS- ORDONNÉ. Immodéré, ce qui n'est pas modéré, ce qui est sans modération. Démesuré, qui n'est rien moins que mesuré, qui est sans mesure. Démesuré dit plus qu'immodéré : ce dernier mot est purement négatif, il n'indique qu'un défaut de modération, et l'autre marque l'action positive de passer la mesure et d'aller beaucoup plus loin. — Excessif y qui excède ou sort des bornes, qui va trop loin. Excessif renferme aussi l'idée d'une chose nuisible, comme excéder, — Outré, qui passe outre, outre-passe, qui va par delà. Outre, jadis oultre, est le latiu ulirà, au delà, par delà , loiu de là. — Ce qui passe le juste , milieu et tend à Textrême, est immodéré. Ce qui passe la mesure et ne garde plus de proportion, est démesuré. Ce qui passe par-dessus les bornes et se répand au dehois, hors de là, est excessif. Ce qui passe de beaucoup le but et va loin par delà, est ow/r^. — La chose immodérée pèche par trop de force et d'action. La chose démesurée pèche beau-
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coup par trop d'étendue et de grandeur. La chose excessive pèche par surabondance et abus. La chose outrée pèche par violence et exagération. — L'idée de passer un terme et d'aller trop loin distingue ces épitbètes de quelques autres semblables , telles, par exemple, que déréglé et désordonné. 11 suffit qu'une chose soit hors de la règle ou de l'ordre, qu'elle viole la règle ou blesse Tordre, pour qu'elle soit déréglée ou désordonnée. Il n'est pas nécessaire quelle soit poussée plus loin : il suffit qu'elle n'aille point par la bonne voie ; le dérègle^ ment et le désordre n'annoncent proprement que des écarts , avec la difTcrence que les écarts du dérèglement ne sont relatifs qu*à tel ou tel devoir, et que ceux du desordre tombent sur un système, un ensemble, une ordonnance régulière de choses et avec plus d'excès on plus d'effet. (R.)
IMMOLER. V. Sacrifier.
IMMORTEL. V. Perpétuel.
IMMUNITÉ, EXEMPTION. Vimmunité est la dispense d'une charge onéreuse : l'exemption est une exception à une obligation commune. L'exemption vous met hors du rang : Vimmunité vous met à l'abri d'une servitude. — Immunité ne se dit proprement qu'en matière de jurisprudence et de finance : c'est une exemption de charges civiles ou de droits fiscaux. L'exemption s'étend à tous les genres de charges, de droits, de devoirs, d'obligations, dont on peut être afl'ranchi; ainsi on dit exemption de soins, de vices, d'infirmités, etc., dans l'ordre moral ou physique. — L'immunité est plutôt une sorte de droit établi et fondé sur la nature ou la qualité des choses : l'exemption est plutôt une sorte de privilège accordé par faveur ou par des considérations particulières. — Immunité s'applique principalement aux exemptions dont des corps, des communautés, des villes, un ordre de citoyens jouissent. On dira plutôt exemption, lorsqu'il s'agira de privilèges particuliers, personnels, on attachés à des offices qui ne tiennent point à i'ordre naturel de la société. — Immunité maxqne d'une manière générale, la décharge ou V exemption de charge, sans spécifier de laquelle ; c'est au o^ot exemption que cette fonction grammaticale est réservée. On dit ^'exemption et non {'immunité de tailles, de tutèle, d'hommage, etc. On ^iVimmunité plutôt que Vexemption des personnes, des lieux, d'un genre de commerce, d'une communauté. Vimmunité tombe donc proprement sur les objets qui en jouissent; et Vexemption détermine de quels avantages particuliers ils jouissent. La prérogative de Vimmunité attachée à certains lieux, procure à ceux qui les habitent Vexemption de certains droits, de certaines sujétions. (R.)
IMPÉRATIF. V. Impérieux.
IMPERFECTION. V. Faute, défaut.
IMPERIEUX, ABSOLU. V. Absolu.
lAlPÉRIEUX, IMPÉRATIF. Ces mots servent, l'un et l'autre, à <iualifier le ton , Tair, les gestes de quelqu'un qui commande a\ ec hau-
tetir. — Impérieux, par la valeur de sa termiuaison, signifie plein d*einpire (44, page 13 ]; ce mot exprime donc la force du commandement, quelque chose de plus absolu , de plus hautain : c'est pourquoi il convient mieux en parlant de l'air, du ton d'un supérieur, d'un maître, /mpera/i/ qualifie simplement: en effet, par sa terminaison il fait entendre seulement que l'air ou le ton a la faculté d'exprimer le commandement (42, page 12). Aussi ce mot s'emploie-t-il bien quand on veut faire entendre que le ton ou Tair de commandement ne convient pas à celui qui le prend; de là vient même qu'il est familier, tandis qn* impérieux est même du style élevé.
L'adjectif impérieux ne se dit pas seulement de l'air, du ton, des gestes; il se dit aussi : 1» des personnes, de Tesprit, de Tbumeur ; a Homme impérieux; c'est-à-dire, altier, hautain, qui commande avec orgueil»; 2» des choses pressantes, auxquelles on ne peut résister: « Nécessité impérieuse; besoin impérieux ». (Acad.)
IMPÉRITIE. V. Inaptitude,
IMPERTINE*îT. V. Sot.
IMPÉTUOSITÉ, VÉHÉMENCE, VIOLENCE, FOUGUE. Vimpétuositt, en latin impetus, désigne la force ou la violence d'un mouvement causé par Timpulsion de plusieurs choses qui se précipitent les unes sur les autres. On dira du vol d'un oiseau, qu'il est rapide; on ne dira pas qu'il est imjy^tueux. Un torrent est impétueux, parce que son mouvement est causé par ses eaux, qui se précipitent les unes sur les autres. Les vents impélueuxy dit BufTon, se précipitent avec fureur. On dit qu'un homme a un parler impétueux, lorsqu'il parle vite, et que les paroles sortent précipitamment de sa bouche, comme si elles étaient poussées les unes psr les autres. — La véhémence, du latin vehere, eveliere, porter en haut, élever, se dit d'un mouvement violent qui soulève, qui agit de bas en haut. On dit la véhémence des vagues, parce ^ue la nature des vagues est de s'élever avec violence. Ce n'est pas l'impétuosité, c'est la véhémence des vents qui soulève les flots. — Violence vient de vis, force. Il marque la force du mouvement, abstraction faite de toute cause' et de toute manière. — Fougue, du latin fuga , ne se dit que des honunes et des animaux. Il signifie un mouvement subit et désordonné causé par la crainte, par l'effroi ou par l'exccs ex nord inaire d'une passion violente et qui rend incapaLlf d'aucun > réflexion , d'aucune retenue. — Ainsi, les flots, les vents, sont impétueux, lorsqu'ils opèrent un mouvement violent en se i)ortant les uns sur les autres. Les vents sont véfiéments, lorsqu'ils soulèvent les flots ou quUls emportent les objets qu'ils rencontrent sur la terre ; ils sont violents toutes les fois que leur mouvement a beaucoup dr force. Les hommes et les animaux sont fougueux, les uns lorsqu'ils sont poussés violemment par l'excès d'une passion qui les aveugle ; les autres lorsque quelque crainte ou quelque douleur subite les trouble tellement qu'ils ne sont plus retenus par aucune espèce de frein.