IMPORTUN
Au figuré, on dit la jeunesse impétueuse, un zèle impétueux, une colère impétueuse, un caractère impétueux; et toutes ces expressions supposent des sentiments, des désirs, des passions, des fantaisies qui se poussent avec violence les unes les autres, jusqu'à ce qu'ils se soient manifestés au dehors. Un style impétueux est un style dont les idées ée pressent avec force les unes sur les autres : un discours impétueux est un discours qui est dans ce style. — On dit des passions véliùmentes, une colère véhémente, une action véhémente, pour dire des passions, une colère, une action, qui transportent Tâme hors d'ellemême, et l'exaltent d'une manière extraordinaire. — Violent, au figuré, se prend toujours en mauvaise part, et marque un excès ou un ahus dans quelque genre que ce soit. — Des passions fougueuses sont des passions dont les accents violents et momentanés houleversent la raison et en empêchent l'usage. (L.)
IMPIE, IRKELIGIEUX, INCRÉDULE. Les véritables impies sont ceux qui, croyant à un Dieu, sont assez insensés pour l'outrager. Mais le juif, qui ne croit qu'à un seul Dieu sans division de personnes; le calriniste, qui n'admet pas la présence réelle dans TEucharistie; le mahométan, qui ne croit rien de ce qu'enseigne la religion chrétienne, ne sont ni impies, ni incrédules, ni irréligieux. Us ne passent pour tels que dans les autres religions dont ils n'admettent ni le culie ni les croyances. — Dans chaque religion on appelle impie, celui «jui méprise et brave l'objet du culte public; incrédule, celui qui ne veut pas croire ce 'qu'elle donne pour des vérités; irréligieux, celui qui ne se soumet point au culte reçu. (L.)
IMPITOYABLE. V. Inexorable.
IMPLACABLE. V. Inexorable.
IMPOLI, GROSSIER, RUSTIQUE. C'est un plus grand défaut d'être grossier que d'être simplement impoli; et c'en est encore un plus grand d'être rustique. — L'impoli manque de belles manières; il ne plaît i>as. I^ grossier en a de désagréables; il déplaît. Le rustique en a de choquantes; il rebute. — L'impolitesse est le défaut des gens d'une médiocre éducation; la grossièreté l'est de ceux qui en ont eu une mauvaise, la rusticité l'est de ceux qui n'en ont point eu. (G.)
IMPORTANT. V. Suffisant.
IMPORTUN, FACHEUX. Un fâcheux et un importun sont des hommes dont la présence chagrine et embarrasse. Mais on appelle fâcheux celui qui trouble par sa présence des affaires importantes, des occupations agréables; et on donne le nom d'importun à celui qui par caractère ou par sottise répèle souvent cette sorte d'indiscrétion. — Le fâcheux n'est souvent tel que parce qu'il ignore les circonstances qui le rendent fâcheux, ou qu'il ne sait pas les discerner : Vimportun est tel par caractère : il vous embarrasse, vous ennuie, vous fatigue, vous dépite par sa présence, par ses discours et ses actions hors de saison. (L.)
IMPOSITION. V. /mp<$^
IMPOSSIBILITÉ, IMPUISSANCE. V impossibilité est le défaut d« possibiUlé dans la chose, c'est la qualité qu'à la chose de ne pas être possible. Vimpumance est le manque de pouvoir, de moyens pour faire quelque chose. Vous mettez quelqu'un dans 1 impassibilité d^ faire une chose, c'est-à-dire que vous rendez cette chose telle, qu eUe devient impossible, inexécutable : vous le mettez dans Yimpuissunce d'agir, c'est-à-dire que vous lui en enlevez le pouvoir ou les moyeriS. IMPOSTEUR. V. Fallacieux.
IMPOT, IMPOSITION, CONTRIBUTION. Impôt est le terme getd^- Tique; il se dit de tout droit, de toute taxe imposée : « Impôt sur ie vin, sur les fers » (Acad.); impôt sur les chiens. Ce mot se pi^enu aussi dans un sens collectif et absolu; quand on dit V impôt puDhc, cela signifie l'ensemble des revenus de l'État, qui proviennent de tous les droits, de toutes les taxes qui ont été établies.
Imposition signifie proprement Taction d'imposer ou d'asseoir m impôt, et l'acte par lequel le gouvernement l'impose (20, page 7) : «Faire Vimposition de la contribution foncière ». (Acad.) On a employé ensuite ce mot au pluriel pour désigner d'une manière va^e €t indéterminée, les divers impôts particuliers dont se compose l'iiw/wgénéral. Mais alors cette propriété de pouvoir être dit dans nn sens indéterminé suffit pour établir, entre le mot impositions et celui d i»/%pôt sur telle ou telle chose, une différence bien marquée : amsi lou dit, comme nous l'avons yvl, l'impôt sur les vins, sur les fers; on ae dirait pas les impositions sur les vins, sur les fers, et encore moins l'imposition sur les vins, etc.
Cet emploi du mot impositions dans un sens indéterminé a faiî ensuite qu'on s'en est servi, assez abusivement, pour désigner, re2ativement aux contribuables, la quote-part de Y impôt public, qce chacun d'eux est tenu de payer ; ainsi l'on a dit : « Payer ses impositions; Receveur des impositions ». On dit beaucoup mieux aujourd'hui : a Payer ses contributions; Receveur des contributions » .' !<; mot imposition éveille toujours l'idée de l'acte du gouvernement gn» Hopose, qui établit Vimpôt; le moi contribution éveille ceUe du paiement fait par le contribuable, qui contribue à remplir Vimpôt.
11 laut observer que contribution se dit aussi de ce que sont îo£(5és ■ae payer ou de donner les habitants d'un pays occupé par l'ennemi,
?M^D,^^''*"'^'' du pillage. (Acad.) àla lett p ^^^* MALÉDICTION, EXÉCRATION. L'imprécation^ et in c ^^^^^-ion de prier contre : du latin precatio, action de pfte-\» action d^^!r' ^^ ^f^lédiction est l'action de maudire : du latin dtcHo, latin «ecr r^' ^^ "^^^' ™^^' L'exécration est Taction d'exécrer, î^^^ exécration ^' ^^^^^^^^^^' action de sacrer ou consacrer, et ex, dehonî. ^ sac9^ et ^^"^1°^^ ^^^^ actions différentes, celle de perdre la quiiU^é ' celle d'attirer ou provoquer contre quelqu'un la veû-