‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 89 sur 163 · INEFFABLE · texte numérisé non relu

INEFFABLE

la nécessité, la ressource de Vindustrie est plus prompte; celle du savoir-faire est plus s^^e. — On nomme chevaliers à* industrie ceux qui^ sans biens, sans emplois^ sans métier^ vivent néanmoins dans le monde d'une façon honnête, quoiqu'aux dépens d'autrui. Il y a dans tous les états un savoir-faire qui augmente les profits et les honneurs, et qui s'acquiert plus par pénétration que par maximes. (G.)

INDUSTRIEL, INDUSTRIEUX. Industriel signifie qui appartient à l'industrie ou qui provient de l'industrie (45, page 14) : « Les arts industriels, les professions industrielles». (Acad.) Industrieux signifie qui est plein d'industrie ou d'adresse ( 44, page 13 ) : « Un homme trèsindustrieux; un ouvrier industrieux». (Id.)

Industriel s'emploie aussi comme substantif pour désigner une personne qui se livre à l'industrie. Les manufacturiers et les fabricants •sont des industriels.

INDUSTRIEUX, ADROIT. V. Adroit.

INÉBRANLABLE. V. Constant.

INEFFABLE, INÉNARRABLE, INDICIBLE, INEXPRIMABLE. Ineffable de fari, effari^ parler, proférer. Inénarrable^ de narrare, narrer, raconter. Indicible, de dicere, dire, mettre au jour. Inexprimable, "i'exprimere, exprimer, représenter fidèlement par la parole. — Ainsi donc on ne peut proférer le mot, parler de la chose qui est ineffable; en se tait. On ne peut raconter les faits, rapporter dans toutes leurs ^circonstances les choses qui sont inénarrables; on les indique à peine. On ne peut dire, mettre dans tout son jour ce qui est indicible ;' on le fait entendre. On ne peut exprimer, peindre au naturel ce qui est inexprimable; on ne fait que l'affaiblir. — A l'égard des choses ineffables, il nous manque l'intelligence des choses ou la liberté d'en parler. A l'égard des choses inénarrables, il nous manque la faculté de les concevoir ou bien de les expliquer et de les développer entièrement. A regard des choses indicibles, il nous manque des idées nettes et des {paroles convenables. A l'égard des choses inexprimables, il nous manque la force des couleurs ou la suffisance du discours. — Les attributs <le Dieu, les mystères de la religion, les grâces divines, les secrets de la Providence, etc., sont ineffables: nous ne les comprenons pas, nous ne les pénétrons pas, nous en parlons mal. — Les grandeurs et la gloire de la Divinité, les merveilles de la nature, les prodiges de la création, les ravissements de la béatitude, tous ces objets élevés au-dessus de l'esprit et du langage humain, sont inénarrables. Saint Paul, ravi au troisième ciel y voit des choses inénarrables, — Les sentiments et les sensations, leur douceur et leur charme, les délices et les voluptés, l'attrait et la suavité de la grâce, le je ne sais quoi que l'on sent si bien sans pouvoir en démêler la vertu et en donner une idée, c'est ce qu'on qualifie d'indicible : on dit un plaisir, une satisfaction, une joie indicible; on sent tout cela, mais on ne peut pas dire, définir, expliquer ce que c*est. — Tout ce qui est au-dessus de Texpressioa, tout ce

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qui est si fort^ si extraordioaire que la langue ou le discours ne peut le rendre Fans Taffaiblir, tout cela est inexprimable, ( R.)

INEFFAÇABLE, INDÉLÉBILE. Ineffaçable est un mot purement français formé duveibe effacer. Indélébile est un mot purement latin, du verbe deiere, renverser de fond en comble, détruire entièrement. Les théologiens, qui parient si souvent latin en fiançais, ont dit im caractère indélébile. Par une extension ironique, on a ^t que le pédanti&me est un caractère indélébile, comme on disait le caractère indélébile de chrétien. Ce terme est dogmatique : hors de là ineffaçable est le mot naturel et propre : le caractère de ministre du roi est ineffaçable, il ne se perd point par la cessation de toute fonction ministérielle. Cependant il est des cas où indélébile mériterait la préférence, suivant la différence que nous allons remarquer. — Effacer est synonyme de rayer, raturer, biffer; il suffit qu'une empreinte ne soit pas nette et entière pour être effacée. Le latin deiere est synonme de détruire, il faut, pour l'appliquer à un objet, que cet objet ne laisse plus de trace ou de vestige qui le fasse reconnaître. Une chose est indélébile lorsqu'il est impossible de l'effacer, de Tôter, de l'enlever entièrement. — Ineffaçable désigne donc proprement l'apparence de la chose empreinte sur une autre : lorsque cette apparence doit doit toujours être sensible, la chose est ineffaçable. Indélébile désigne proprement la ténacité d'une chose adhérente à une autre : lorsque cette adhérence est indestructible, la chose est indélébile, — Ainsi la forme est vraiment ineffaçable^ et la matière indélébile. Rien ne fera disparaître aux yeux la marque, l'empreinte ineffaçable; rien n'enk'*vera de dessus un corps l'enduit, la matière indélébile qui le couvre : l'écriture sera ineffaçable; et Tencre indélébile. (R.)

INÉGALITÉ. V. Différence.

INÉNARRABLE. V. Ineffable.

INESPÉRÉ. V. Imprévu.

INEXORABLE, INFLEXIBLE, IMPITOYABLE, IMPLACABLE. Inexorable, qu'on ne gagne point, qu'on ne peut fléchir par des prières. Inflexible, qui ne fléchit point, qu'on ne peut ployer: il ne s'agit ici que d'une acception morale de dureté. Impitoyable, qui est sans pitié, qu'on ne touche point. Implacable, qu'on ne peut apaiser, qu'on ne ramène point. — La sévérité de la justice et la jalouse obstination du pouvoir, rendent inexorable. La rigidité des principes et la raideur du caractère, rendent inflexible. La férocité de l'humeur et rinsensibîlitô du cœur, rendent impitoyable. La violence de la colère et la profondeur du ressentiment rendent implacable. — Il faudrait inspirer de la clémence à celui qui est inexorable, de la bénignité à celui qui est inflexible, de la pitié à celui qui est impitoyable, de la modération i celui qui est implacable. ( R.)

INEXPRIMABLE. V. Ineffable.

INFAILLIBLE. V. Immanquable.

IRFATUER. 313

INFAMANT. V. Diffamant

INFAMIE, IGNOMINIE, OPPROBRE. Infamie, formé de m, non ou sans, et de fama, réputation, autrefois famé, d'où famé, diffamé,, infâme, etc. Ignominie, formé de la môme négation et de nomen, nom. Opprobre, formé de oô, devant, en face, et deproôrwm, bl&me^ reproche, affront, grande honte. — Selon la force des termes, Vinfamie 6te la réputation, flétrit l'honneur; Y ignominie souille le nom, donne un vilain renom; l'opprobre assujettit aux reproches, soumet aux outrages. — Vinfamie est une peine infligée par la loi ; mais il y auss^ une infamie de fait. C'est l'opinion d'une profonde humiliation attachéeaux supplices ou aux peines des crimes bas, qui fait l'ignominie. C'est rabondance Ae Vinfamie ou de l'ignominie, versée, pour ainsi dire, à pleines mains, qui consomme Vojjprobre, — Les idées de honte et de blâme sont communes à ces termes : Yinfamte aggrave ces idées par celles de décri, de flétrissure, de déshonneur; l'ignominie par celles d'humiliation, d'avilissement, de turpitude; Vopprobre, par celles de rebut, de scandale, d'anathème. — Une action infâme ou qui mérite Vinfamie, nous l'appelons aussi infamie : l'avare fait des infamies i^jir acquérir de l'urgent. Mais une action ignominieuse ne s'appelle point une ignominie, ce mot exprime uniquement une grande humiliation publique. Une action ne s'appellera pas non plus un opprobre; mais on dit d'une personne abandonnée aux plus horribles excès, qu'elle est la honte elVopprobre de sa famille, de sa nation, du genre humain. (R.)

INFATUER, FASCINER, ENTÊTER. Infatuer, latin infatuare, signifie, à la lettre, rendre fou, faire perdre le sens, renverser Tes-^ prit. Fasciner, latin fascinare, signifie littéralement, soumettre par des regards, par des charmes, vaincre par l'œil, éblouir par des prestiges qui font voir les choses autrement qu'elles ne sont. Entêter, c'est, littéralement , porter à la tête , troubler la tète : c*cst l*ef!et produit figurément sur la tète prise pour l'esprit. — Vinfatuation vous remplit si fort Tesprit d'une idée ou d'un objet qui vous plaît ou vous flatte , qu'il n'est guère possible de vous en détacher. La fascination vousaveugle ou vous éblouit si fort, que vous ne pouvez plus voir les objets tels qu'ils sont, et que vous les voyez tels que vous les imaginez, sans vouloir même qu'on vous dessille les yeux, et qu'on en ôte le bandeau Ventétement vous tourne l'esprit et vous possède si fort, qu'on ne sait comment vous faire entendre raison , et que vous ne voulez rien entendre. — Il y a une sorte d'engouement dans celui qui est infatué; et l'engouement empêche que la vérité ne passe jusqu'à son esprit. Il y a ae l'aveuglement dans celui qui est fasciné; et l'aveuglement fait qu'on ne croit plus qu'à ses visions. Il y a de la résolution dans celui qui est entêté; et sa résolution ne lui permet pas de se départir de son idée. — On infatué les gens vains, les tètes qui fermentent , qui s'exaltent. On fascine les esprits faibles et superficiels, les gens qu'on subjugue par leur crédulité opiniâtre. On entête les gens décidés, ceux qui se per-^

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•31/i SYNONYMES FRANÇAIS.

suadeut Yolontiers ce qui leur convient. — On nous infatué et nous nous infatuons. Ou nous fascine, bien plus que nous ne nous fascinons. Nous nous entêtons j bien plus qu'on ne nous entête. (R. )

INFECTION , PUANTEUR. Infection vient du latin inficere , teindre , imprégner, souiller, corrompre : c'est la communication d'une mauvaise odeur ou la contagion d'une odeur qui répand la corruption d'un corps sur les autres. L'idée de la mauvaise odeur est propre à la puanteur. — Ainsi Y infection répand une puanteur contagieuse; et la puanteur est l'odeur forte et désagréable exhalée des corps sales» pourris, ou de tout autre corps qui, à cet égards s*assimile à ceux-là. La puanteur offense le nez et le cerveau; Vinfection porte la corruptioii et attaque la santé. Vous direz la puanteur d'un morceau de viande gâtée, et Vinfection des cadavres. La puanteur d'une personne sale vous fait reculer : de grands marais répandent Vinfection et la maladie dans un village, dans un canton. (R.) ,

INFÉRER, INDUIRE, CONCLURE. Ces termes indiquent l'action -de tirer des conséquences de quelques propositions qu'on a établies. — Inférer marque raction déporter, de transporter, pour ainsi dire, l'esprit sur un autre objet : vous pouvez donc inférer d'un principe , d'un raisonnement , quelque chose de très-éloigné qui n'est ni annoncé ni prévu, et dont ensuite il faudra développer et démontrer les rapports avec la thèse ou la vérité posée : par exemple, de ce qu'un homme est libre de droit, \' infère, par des raisonnements suivis et d'une conséquence à l'autre, qu'il faut laisser l'ouvrier convenir du salaire avec celui qui veut l'euiployer. Induire marque Taction de conduire à un but par la voie qui doit y mener : vous induisez donc par une suite de propositions, de conséquences, qui naturellement et progressivement, rapprochent l'esprit de la vérité à laquelle il s'agit de le faire parvenir : par exemple, la nécessité de renouveler tous les ans les dépenses de la cultivation , vous induit à celle de prélever ces avances sur les produits de la culture pour la maintenir dans le même état; la nécessité de prélever ces avances vous induit à celle- de les laisser intactes et exemptes de toute autre charge; la nécessité de les laisser intactes, à celle de rejeter ou d'imposer toute autre charge sur la portion des fruits appartenant au propriétaire , sous peine de dégrader la culture par la soustraction des avances; et c'est où vous en voulez venir. Conclure marque le dernier terme du raisonnement ou ie l'argument qui prouve la proposition : vous concluez donc par la conséquence que vous tirez de l'argument , comme une vérité pïouvée qui met fin au raisonnement; par exemple vous dites : Un être essentiellement bon est essentiellement juste; Dieu est l'être essentiellement bon; donc il est essentiellement juste; ou bien Dieu est bon , donc il est juste. Cette dernière proposition est la conclusion qui, par uDd conséquence, clôt, pour ainsi dire, le discours. (R.)

INFERTILE. V. Stérile.

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