LEVANT
nature^ constituent nue manière particulière d^étre véta on d'être armé. Des soldats armés légèrement ont des armes et des vêtements qui ne les chargent point : des troupes armées à la légère ont une espèce particulière d'armement qui les distingue des autres troupes.
Au figuré, il en est à peu près de ces mots comme des expressions étourdiment, à l'étourdie. Légèrement fait entendre que le sujet est léger de caractère ou d'esprit : à la légère signifie, d'une manière légère 9 à la manière de ceux qui sont légers. « L'adverbe attribue à raction ou à la personne un défaut, un vice de légèreté : la phrase adverbiale désigne, dans la personne, l'air, le costume, les manières de la légèreté. L'homme qui ne réfléchit pas agit légèrement : l'homme frivole agit à la légère. » (Roubaud.)
Légèrement s'emploie aussi dans le sens de rapidement, superficieliement, délicatement; et il peut se prendre alors en bonne part. Vous n'avez parlé que légèrement d'une chose que vous ne deviez toucher qu'en passant; et, ce faisant, vous n'avez pas agi à la légère : tout au contraire, vous avez bien fait.
LÉGISLATEUR, LÉGISLATIF. Législateur, substantif et quelquefois adjectif, signifie qui donne ou a donné réellement des lois à un peuple (40, page 12). Législatif signifie qui a le pouvoir de fah*e des lois ou qui porte le caractère des lois (42, page 12). Ce mot est toujours adjectif et ne se joint qu'à un substantif qui n'est point un nom de per« sonne : « Corps législatif; Acte législatif», ( Acad.)
LÉGITIME. V. Légal.
LENT, LAMBIN. Le lambin agit lentement par légèreté, par distractio , par paresse : l'homme lent agit lentement par faiblesse, par intliSjjosition, faute d'énergie. — Le lambin est léger, distrait; il interrompt son travail à chaque instant pour s'occuper d'objets qui n'y ont yoint rapport. La vieillesse rend un homme lent : la légèreté rend les jeunes gens lambins. — On obtient rarement d'un lambin un ouvrage suivi et bien fait : un homme letit travaille souvent avec attention. — Lrnribin est familier; lent est de tous les styles. (L.)
Lt'SlN^, LÉSINERIE. Épargne sordide et raffinée jusque dans les moindres choses. — La lésine est ce vice lui-même; la lésinerie est îin trait, un acte de lésine : « Il est d'une lésine qui passe toute croyance; Faire des lésineries». (Acad.)
Lcsinerie se dit aussi quelquefois dans un sens approchant de celui de / sine : « Cet homme est d'une lésinerie incroyable » (Acad.); mais alors il exprime l'exercice du vice, l'habitude de lésiner, plutôt que le -vice lui-même (22, page 7 ).
I^TTRE (A LA). V. Littéralement,
LEURRE. V. Appât,
LEURRER. V. Surprendre*
LEVANT, ORIENT, EST; COUCHANT, OCCIDENT, OUEST; SUD, WlDl; NORD, SEPTENTRION. Vest, Youest, le sud et le nord, sont les
quatre points dits cardinaux, ou points mathématiques du cercle appelé horizon, déteiminôs pour Yest et i'oti^^^ par Tintersection de ce cercle avec celui de l'équateur, et pour le nord et le sud par une perpendiculaire à la droite qui joint Yest et Youest. Vest est donc propremeût le point également distant du point nord et du point sud^ et où le soleil se lève à l'équinoxe de printemps et à Téquinoxe d'autonme. Le point
opposé est YoueH,
Est et ouest i nord et sud^ sont des termes d'astronomie, de géographie et de navigation.
Levant et orient désignent proprement le lieu, la partie, la région du ciel où le soleil par^t se lever par rapport à un pays et quelle que soit la saison: : ainsi il y a le levant ou Yorient d'été, et le levant ou l'orient d'hiver (Acad.) ; et ces lieux sont bien diCférents de Yest proprement dit. Levant est Tabréviation de soleil levant : orient a la même sigoiflcation; mais c'est le mot noble, le mot savant, le mot latin oriens {&*oriri qui signifie se lever, quand on parle des astres). Ils ont pour corrélatifs couchant et occident.
Comme l'un et Vautre indiquent non pas un point fixe, mais un côté du ciel offrant une certaine étendue qui embrasse tous les points des différents levers du soleil dans le cours de Tannée, ces mois s'emploient très-bien pour désigner des régions, des pays situés relativement à d'autres du côté où le soleil se lève.
Mais levant, terme usuel, est de la langue du commerce et de la conversation. 11 se dit particulièrement de la Turquie, de l'Asie-Mineure, de la Perse, de la Syrie et de l'Egypte : « Les marchandises du Levant ^ trafiquer dans le Levant; les échelles du Levant», (Acad.) Le mot orient, terme plus relevé, est du style de l'histoire, de l'éloquence, de la poésie; et il se dit particulièrement de toute l'Asie méridionale et centrale : « Les régions de Y Orient; Y Orient est le berceau des fables ». (Acad.)
On ne dirait pas de même , le commerce de Y Est, les régions de YEst; parce que Yest n'est qu'un point, et ne peut par conséquent désigner une étendue. Mais on pourra dire, avec un régime, les régions à l'e*^ de telle autre; car c'est alors l'idée de direction et non d'étendue.
Par la même raison, on dit mieux : les pays, le commerce, les marchandises du midi, que les pays, le commerce, les marchandises du sud. Mais quoique le nord ne soit proprement de même que le sud, Yest et Y ouest, qu'un point mathématique, Tusage, ayant proscrit en quelque sorte le mot septentrion comme trop savant ou trop poétique, force a été de dire les pays du nord; le commerce, les marchandises du nord.
LEVER, ÉLEVER, SOULEVER. Faire aller de bas en haut. Lever exprime ordinairement l'idée simple de dresser sans faire quitter le point d*appui , sans transporter à un point supérieur : on lève le couvercle ou le dessus d'un coffre ; une échelle est renversée à terre, vous la levez pour la dresser et Tappuyer contre un mur.