LIBÉRALITÉ
c Élever indique, par sa valeur propre, le lieu, la place d'où l'objet part poiar aller en haut ; c'est lever de (sens du préfixe e, 9, page 4). Élever suppose aussi différents degrés de hauteur que l'objet parcourt par une augmentation progressive et qu'il laisse au-dessous de lui. Vous élevez une pyramide par différents lits de pierres posées les unes sur les autres it»^. (R.)
Soulever signifie lever par dessous ou lever peu (14, page 5). G'est^ dit TAcadémie, élever quelque chose de lourd et ne le lever qu'à ud& petite hauteur : « Soulever un malade dans son lit». Ce mot indique donc de la résistance et suppose on certain effort til signifie aussi faire perdre terre et porter en l'air : « Ce fardeau est si pesant, qu'on a peine à le soulever, La marée soulève les navires qui sont sur la vase,, c'est-à-dire elle les détache de la vase et les met à flot ». ( Acad. )
Lever s'emploie aussi dans le sens de déplacer et même de placer à un point plus haut. « On lève un corps, dit Condillac, en Tôtant d'où il est, et alors on le considère en lui-même et sans aucun rapport aux autres; on Vélève en le portant ou en le faisant monter phis haut, et dans ce cas on le considère par rapport aux autres corps qu'il laisse en dessous. » Dans le sens de placer à un point plus haut, lever ne suppose pas de peine, pas d'efforts, élever en suppose : a Levez la main et dites la vérité ». (Acad. ) Élever signifie aussi placer ou faire monter plus haut : « Ce tableau est trop bas, il faudrait V élever ». (Id.) V. Élever, Hausser,
LEVER, ENLEVER. !• Hausser, porter en haut; a» ôterune chose de dessus une autre. Dans le premier sens, enlever diffère de lever par une idée accessoire de force, de violence ou de rapidité, comme en'traîner diffère de traîner (6, page 4), ou bien parce qu'il signifie emporter avec soi en haut ou en levant : « L'aigle enlè*)e sa proie ».
Dans le second sens, enlever se dit de la chose qui tient, qui adhère à une autre, ou de ce que Ton prend pour emporter : a Enlever l'écorce d'un arbre; enlevez cela de dessus la table ». (Acad.) On dira au contraire : « Lever le couvercle d^une marmite. Le chirurgien a levé le premier appareil ». (Id.)
LEXIQUE. V. Dictionnaire.
LIAISON. V. Lien.
LIBÉRALITÉ, LARGESSE. La libéralité est la vertu qui donne librement, gratuitement, généreusement, celle d'un homme libre, puissant. Le don ou la chose donnée est une libéralité, et c'est ce dont il s^agit ici. Au figuré, on a dit largesse pour expiimer les dons faits d'une main large {larga manu, disent les Latins), ou la grande étendue de ces dons. -^ La libéralité est un don généreux; la largesse une ample libéralité. Ce qu'on donne libéralement n'est pas dû; ce qu*on donne largement n'est pas compté ou mesuré. S'il y a dans les libéralités de Tabondunce, il y aura dans les largesses de la profusion. Mais de plus, la libéralité est toujours un don, tandis que la largesse
338 SYNONYMES PRAKÇAIS.
ircst souvent que profusion dans la dépense. On pent payer largement sans avoir le mérite de la libéralité. — L'économie peut suffire pour des libéralités; pour des largesses ^ il faut de Topulence. Dans les occasions d'exercer la charité, la bienfaisance, la bienveillance, envers les pauvres, envers nn client, envers un ami , on fait des libéralités. Dans los occisions d'apparat, des fêtes, des réjouissances, envers la tombe, ia populace, on fait des largesses. ( R.)
LIBÉRER (SE). V. Acquitter {^).
LIBERTÉ, FRANCHISE. La liberté est le pouvoir de réduire en acte ses facultés, ou d'exercer sa volonté. La franchise est une exemption de charges ou de conditions onéreuses sur Texercice de ses facultés et de sa volonté. La liberté exige la faculté et la possibilité présente de faire la chose; la franchise lui facilite l'exécution entière de la chose par la levée de quelque obstacle ou de quelque difficulté. La liberté peut être gênée, restreinte, traversée, arrêtée; la frmichise la délivre de géae et d'embarras. — La liberté a d'ailleurs un domaine infiniment plus étendu que la franchise; je veux dire que Tusage du mot franchise est restreint à tel et tel ordre de choses; au lieu que partout où il s'agit de pouvoir faire ou ne pas faire, il y a liberté. — La liberté sera plutôt dans la règle générale; la franchise, dans l'exceptiDu particulière. La liberté sxipjiose plutôt un droit; la franchise, un privilège. C'est pour une province une liberté que de s'imposer elle-même; c'est pour un ordre de citoyens une franchise que de n'être pas imposé. — Le mot franchise s'applique principalement aux exemptions de droits pécur niaires, et c'est là surtout que la franchise est bien distinguée de la liberté. Un commerce est libre dans tous les ports; il n'est fiasu que dans les ports privilégiés : là j'ai la liberté de passer avec une marchandise, en payant; un autre qui a la franchise passe sans payer. — Au moral, la franchise est une liberté de parler exempte de toute dissimulation. La franchise fait dire ce qu'on pense; la libellé fait oser dire ce qu'on dit. C'est la vérité, c'est la droiture qui inspire la franchise: c'est la hardiesse, c'est le courage qui inspire la liberté. (R.)
LIBERTÉ, INDÉPENDANCE; LIBRE, INDÉPENDANT. U liberté morale est le pouvoir que l'homme a de vouloir ou de ne pas Toubir. Tous les hommes qui n'ont pas perdu la raison, sont parfaitement libres dans ce sens; mais tous ne sont pas parfaitement libres d'agir suivant leur volonté; leurs actes et leurs actions peuvent être modifiés par l'influence des motifs ^. Vous me proposez de vous accompagner demain à la campagne : je suis libre de vouloir ou de ne pas vouloir, de dire oui ou non. Je dis oui; mais le lendemain une affaire imprévue
1. L'action peat même être rendue impossible par des obstacles invincibles: un paralytique vent marcher, et ses jambes s'y refusent. Mais ce fait n'est pas d« domaine de la lib^rlé morale, ^oi ne s'exerce que sur les motifs.