LICITE
sarrient^ qui m'cmpécbc d'aller avec vous : je ne suis plus libre dans mon action; et je ne le suis plus^ parce qu'il s'est trouré que mes actions étaient subordonnées à une affaire, à des événements, qu'elles en dépendaient, en un mot parce que je n'étais pas indépendant de toute influence qui pouvait modifier ma première détermination.
Remarquez néanmoins que, malgré cette dépendance, je ne laisse pas d'être moralement libre de toujours dire oui, de négliger L'affisûre en question et d'aller à la campagne comme je l'avais d'abord résolu. La liberté morale de l'homme est donc un fait permanent et absolu; Vindépendance morale est un fait changeant et relatif : pour être absolument indépendant, il faudrait ne jamais être soumis aux influences extérieures, qui, étant pour nous des motifs que nous pesons, peuvent donner une direction différente à notre volonté, et modifier nos actes ou nos actions. Il n*y a de réellement indépendant que Dieu.
On dit, par extension, esprit ind^i}en(kint, caractère indépendant, âme indépendante, c'est-à-dire qui aime k ne dépendre de personne, qui ne se laisse pas dominer par la volonté d'autrui. Une âme libre est celle qui n*est asservie par aucune passion; et avoir l'esprit libre, c'est avoir l'esprit dégagé de tout soin, de toute inquiétude qui force à s'occuper de certaines idées plutôt que d'autres.
Ck>nsidérons maintenant la liberté et Vindépendance au point de vue de la politique. Un peuple libre est celui qui est régi par des lois librement consenties et acceptées, en vertu desquelles chacun peut faire tout ce qui n'étant pas contraire aux droits de tous et de chacun, n est pas défendu par ces lois. Ainsi, sous l'empire de ces lois, le citoyen est libre, mais il n'est pas indépendant, car puisqu'il est tenu d'observer ces lois, il est sous leur dépendance,
Vindépendance d'un peuple consiste en ce qu'il forme un corps politique ayant sa nationalité, son gouvernement propre, un gouvernement non soumis au pouvoir de l'étranger, et disposant librement des forces, des ressources, des richesses du pays, uniquement pour le pays même.
UGITE, LÉGAL. V. Légal.
LICITE, PERMIS. On peut faire l'un et l'autre : ce qui est licite, parce qu'aucune loi ne Ta déclaré mauvais; ce qui est permis, parce qu'une loi expresse l'a autorisé. — Ce qui est licite, tant que la loi n'a rien prononcé de contraire, est indifférent en soi : ce qui est permis, avant que la loi s'expliquât, était mauvais en vertu d'une autre loi antérieure. — Ce qui cesse d'être licite devient illicite; et ces deux termes ont un rapport plus marqué à l'usage que l'on doit faire de sa liberté; ils caractérisent les objets de nos devoirs. Ce qui cesse d'être permis devient défendu; et ces termes ont un rapport plus marqué à l'empire de la loi; ils caractérisent notre dépendance. L'usage de la viande est licite en soi; mais l'Église l'ayant défendu pour certains Jours de l'année, il n'est permis alors qu'à ceux qui, sur do justes
3èO STNONYUES FRANÇAIS.
motifs^ sont dispensés de Tabstinence par l'autorité de l'Église mèrae; il est illtciie pour tous les autres. (B.)
UEN, LIAISON. Le lien est l'objet quel qnll soit, au moyen duiijnel on £ait la liaison : la liaison est l'action de lier ou l'effet produit. Le lien est distinct des choses liées; la liaison fait partie de ces choses et forme un seul tout avec elles. « En maçonnerie, dit Condillac, la liaison se fait par la manière de poser les pierres les unes sur les autres et par l'emploi du plâtre et du mortier; ainsi elle fait partie du mur. Dans les bâtiments on fait quelquefois usage de liens de fer» afin de mieux assujettir les pierres. »
Cette observation suffit pour faire remarquer que le mot lien a un sens absolu et que liaison a un sens relatif : le lien est, existe par lui-même ; la liaison est entre des objets, et elle n^est que parce qu'on l'a faite. Ù en est de même au figuré. Entre des frères, des soeurs, des ondes, des neveux, il existe naturellement un lien de parenté : un mariage établit une liaison de parenté entre des personnes qui n^étaient point parentes.
UER, ATTACHER. On lie pour empêcher que les membres n'agissent ou que les parties d'une chose ne se séparent. On attache pour arrêter une chose ou pour empêcher qu'elle ne s'éloigne. — On lie les pieds et les mains d^un criminel , et on Vattaehe à un poteau. On lie un faisceau de verges avec une corde : on attache une planche avec un clou. — Dans le sens figuré , un homme est lié, lorsqu'il n'a pas la liberté d'agir ; et il est attaché, quand il n'est pas en état de changer de parti ou de le quitter. L'autorité et le pouvoir lient : Tintérèt et l'amour attachent, (G.)
LIEU, ENDROIT, PLACE. Lieu marque un total d'espace. i?/id>oiY n'indique proprement que la partie d'un espace plus étendu. Place insinue uoe idée d'ordre et d'arrangement. Ainsi l'on dit , le lieu de l'habitation; Vendroit d'un livre cité; la place d'un convive on de quelqu'un qui a séance dans une assemblée. — On est dans le lieu. On cherche Vendroit, On occupe la place, — Paris est le lieu du monde le plus agréable. Les espions vont dans tous les endroits de la ville. Les premières places ne sont pas toujours les pins conmiodes. (G.)
LIGNÉE, LIGNAGE. V. Bace.
UGUE. V. Alliance.
UMER, POLIR. Le sens propre de limer est d'enlever avec la lime les parties superficielles et saillantes d'un corps dur : celui de polir est de rendre, par le frottement, un corps uni, luisant, agréable à roeil. -^ Lime, au figuré, désigne fort bien la critique qui retranche, réforme, corrige, efface ce qu'il y aurait d'inégal, d'inexact, de dur, de rude dans un ouvrage d'esprit : poli désigne bien la dernière façon, la dernière main, la perfection, l'agrément et le brillant qu'il s'agit d'y mettre. Polir fait que le travail de limer disparait. L'exactitude, la correction, la précision, l'égalité, font un style limé: le style poli a de
LIVRER. dât
pins beaucoup d'élégance, une grande pureté^ une douce harmonie,, quelque chose de hrillant ou de lumineux. Bossuet et Corneille u& s*occupent point à limer leur style; Fénelon et Racine j^o/m^nf le leur avec beaucoup de soin. — Bouhours dit : « Il faut pi^ndre garde derien ôter de la substance et de l'agrément du discours, à force de lelimer et de \q polir ». Voilà l'écrivain qui sent la force des termes et les met à leur place. « Il faut polir et limer un ouvrage, dit Saint- Éyremont, afin d'en ôter la première rudesse qui sent le travail de la composition. » Voilà un écrivain qui intervertit les termes et négligeson style : il est clair que polir dit plus que limer; qu'il ne s'agit pas de limer après qu'on a poli y et qu'on ôte la première rudesse de la: composition en limant, au lieu qu'on polit pour 6ter toute trace derudesse. (R.)
LIMITES. V. Terme,
LIQUIDE > FLUIDE. Liquide se dit de toute liqueur, comme l'eau ^ le vin, l'huile, etc. Fluide (de fluere, couler) a un sens plus étendu; il se dit, d'après sa signification étymologique, non-seulement desliquides, mais des gaz, comme Tair, et des corps impondérables : ainsi l'on dit le fluide électrique, le fluide nerveui, le fluide magnétique.
Fluide est donc le nom du genre et comprend le liquide comme espèce : de sorte que tout ce qui est liquide est fluide, sans que la réciproque soit vraie.
LITTÉRALEMENT, A LA LETTRE. L'adverbe littéralement a. rapport au sujet et à la manière dont il rend, traduit, interprète un écrit, selon la force naturelle des termes et la signification gramma» ticale des expressions (61, page 20). La locution adverbiale à la lettre a rapport à l'esprit , à l'intention du discours : elle signifie que le dis* cours est pris dans son sens strict et rigoureux.
« Le mot littéralement annonce la fidélité grammaticale la plusexacte; et la phrase^ /a lettre, la fidélité morale la plus scrupuleuse. 11 ne faut pas prendre littéralement ce qui ne se dit que par métaphore : il ne faut pas prendre à la lettre ce qui ne se dit qu'en plaisantant. On rend littéralement le texte d'un auteur, lorsque les expressions et les phrases correspondantes dans les deux langues ont les mêmes propriétés et font le même effet dans l'une et dans l'autre. On ne prend pas les compliments à la lettre; mais on tâche, tant qu'on peut, d'en croire quelque chose. » (R.) LIVIDE. V. Pâle,
LIVRER, DÉLIVRER. Mettre en main; melUe une chose au pou- Toir, en la possession de quelqu'un.
« Livrer n'exprime que la simple tradition d'ime main à l'autre.
Délivrer exprime l'action de livrer dans les formes ou dans les règles^
en vertu d'une charge ou d'une obligation dont on s'acquitte. Celui qui
délivre une chose se libère, s'acquitte en la livrant. » (R.)
On voit pourquoi délivrer est fort usité au palais; c'est un ternï#
3A3 SYïiONYiies français.
de rigueur, employé aussi en administration pour des actes soumis à des règles, à des formalités : « Délivrer des permis, des passe-ports, etc. »
LOCOMOTEUR, LOCOMOTIF. Ce qui est locomoteur opère réellement la locomotion (40, page 12) : « Muscles locomoteurt». L'adjectif loœmotif signfle qui a la propriété de produire la locomotion (kî, page 12), et n'est guère usité que dans cette locution: faculté locomotive.
On appelle locomotive la Toiture à vapeur qui traîne les conyois sur les chemins de fer; mais ce mot est alors substantif.
LOGEMENT. V. Logis,
LOGER. V. Demeurer.
LOGIQUE , DIALECTIQUE. La logique est la science qui a pour objet la recherche de la yérité et qui établit les règles du raisonnement: la dialectique est Tart d'appliquer ces règles, de les employer de la manière la plus avantageuse au but qu'on se propose. Le logicien s'attache à distinguer le vrai du faux : un bon dialecticien peut soutenir habilement et de bonne foi une chose fausse ; il est dans ce cas mauvais logicien, sans cesser d'être fort en dialectique.
LOGIS, LOGEMENT. Logis signifie d'une manière absolue 1» le lieu •où on loge, le chez soi considéré en lui-môme, avec tout ce qui le constitue, tout ce qui forme l'ensemble d'une habitation ; 2» la maison même tout entière avec ses dépendances. Le mot logement est relatif à la personne et à l'action (19, page 6). « Ce mot, dit Beauzée, renferme ridée accessoire d'une destination personnelle et s'adapte avec tout ce qui caractérise la destination : mon logement, votre logement, le logement du concierge ». C'est-à-dire, le logement qui m'appartient, qui ^t le vôtre, le logement destiné au concierge. On dit : ic Penser à son logement, pourvoir à son logement » ; c'est-à-dire, penser à se loger, chercher le moyen de se loger : on ne dirait pas pourvoir à son logis; et, penser à son logis ne signifierait rien autre que penser à sou chez soi.
Les définitions de l'Académie confirment cette distinction. « Logis, habitation, maison. Corps de logis, masse ou partie principale d'un bâtiment. Logis désigne quelquefois la maison de celui qui parle : On m'attend au logis » ; c*est-à-dire, chez moi, à la maison ; On m'attend au logement, serait une locution impropre, o Logis se dit aussi d'one hôtellerie : Le Cheval-Blanc est un bon logis j> (Acad.) ; c'est qu'ici on caractérise l'établissement même, la nature, le genre de maison. « Logement signifie en général le lieu où on loge et plus particulièrement le domicile habituel, le lieu où on habite ordinairement: Je voudrais trouver un logement pour cette nuit »; c'estrà-dire, je voudrais trouver à me loger. Son logement est sur le jardin b ; c'estpà-di>^ le logement qu'il occupe, etc. Le logis, dit Gondillac, est une maison où on loge, le logement est la partie qu'on occnpe dans cette maison.
L'Académie fait encore observer que logement se dit des logis désignés pour le roi et pour les personnes de sa suite, dans un voyage i