LORSQUE. SUS
ainsi que des troupes qu'on loge chez des particuliers : c>st qu'en elTet dans ces deux cas le sens est relatif aux personnes, la destination est parfaitement marquée^ ainsi que raction.
LOGIS, MAISON. V. Maison.
LOI , DÉCRET. La loi est l'expression de la volonté sourerame. C'est snr ses bases que repose le bonheur public. Le décret n'est qu'un acte particulier, qui peut en certains cas déroger à la loi générale. — La loi n'acquiert son caractère que par le consentement exprimé du souverain. L'Assemblée nationale rendait des décrets; c'est par l'acceptation qu'ils acquéraient force de loi. Les autres législatures ont fait des lois, il n'y avait plus de sanction, d'acceptation. Le conseil des Cinq-Cents ne rendait que des décrets : c'était le conseil des Anciens qui leur donnait le caractère de loi. — Le décret, en matière de justice distributive, diffère de la loi comme l'effet diffère de la cause : il n'est que l'application d'un principe manifesté par la loi. (Anonyme.)
Décrets, au pluriel, se dit, par extension, de la volonté de Dieu, des arrêts du sort, etc. : « Les décrets du ciel; les décrets de la Providence; les décrets du destin; les décrets éternels ». (Acad.)
LOINTAIN. V. Éloigné.
LOISIR, OISIVETÉ. Tous deux sont relatifs au temps et à la faculté d'agir. Le loisir est un temps de liberté; on peut en disposer pour agir ou pour ne pas agir, pour un genre d'action ou pour un autre : Voisiveté est un temps d'inaction ; la liberté pouvait en disposer autrement, mais elle a fait son choix. Voisiveté est Tabus du loisir. — Le loisir d'un homme de bien occasionne souvent beaucoup de bonnes actions : Voisiveté ne peut occasionner que des mavjc. Les troubles de la république romaine nous ont valu les œuvres philosophiques de Gicéron : quelles leçons nous aurions perdues, si ce grand homme s'était livré à Voisiveté, au lieu de consacrer son loisir à l'étude de la saf^esse! (B.)
LONGTEMPS, LONGUEMENT. Longtemps ne veut pas dire longuement; et je doute que longuement ait jamais été employé dans le sens pur et simple de longtemps : il y ajoute l'idée d'un augmentatif, bien, très, fort, plus longtemps qu'à l'ordinaire, que les autres, que la chose ne l'exige. — Longtemps désigne seulement une certaine mesure, une durée de temps, d*existence, d'action : longuement exprime, à la lettre, une action faite d'une manière plus ou moins longue, lente, paresseuse, languissante, etc.; tel est le discours difitis, prolixe, traînant, prolongé an delà des justes limites. — On mange longuement quand on est plus longtemps à manger ou à table que les autres. Tant qu'on intéresse on qu'on amuse, on ne parle pas longuement, quoiqu'on parle longtemps. Avec une abondance d'idées, on parle longtemps : avec une abondance de paroles, on parle longuement. (R.)
LORSQUE, QUAND. Selon l'abbé Girard, quand parait plus propre pour marquer la circonstance du temps, et lorsque semble mieux con«
Skti SmONYMES FRANÇAIS.
venir pour marquer celle de l'occasion ; ainsi il dit : « Il faut trayaiUer quand on est jeune. 11 faut être docile, lorsqu*on nous reprend à propos. Le chanoine va à l'église, quand la cloche l'avertit d*y aller; i) fait son devoir, lorsqu'il assiste aux offices ». — Roubaud dit qne Girard a fait ici la plus grande des méprises : il prétend que la propriété de marquer la circonstance du temps appartient à lorsque^ et que toute autre circonstance peut être aussi indiquée par le mot quand. — 11 me semble qu'ici Girard et Roubaud ont raison tous deux. Quand indique toujours le temps, comme le dit le premier^ et lorsque indique toujours le temps> comme le dit le second. Mais ni l'un ni l'autre n'a saisi la vraie différence de ces mots : ils sont différents parce qu'ils désignent le temps d'une manière différente. Quand désigne le temps comme mie époque^ comme un point indivisible pris dans la durée ; et lorsque, de hora, certaine durée de temps, indique toujours le temps avec Tidée de durée* — Appliquons ce principe aux exemples que donne Girard, et nous verrons s'il est juste. Si je dis : « Il faut travailler quand on est jeune»^ je m'exprime mal^ parce que la circonstance du temps indiqae ici une durée^ c'est*à-dire il faut travailler pendant le temps qu'on est jeune^ pendant le temps que dure la jeunesse. Or, l'idée de cette durée doit être indiquée par lorsque, à l'heure que, pendant le temps que. I) faut travailler quand on est jeune, semblerait indiquer que le temps de la jeunesse n'est pas une durée, mais un point, une époque, un moment dans la durée de la vie. Si je dis : « II faut être docile lorsqu'on nous reprend à propos », j'entends par là que la réprimande a une durée, qu'elle continue pendant un certain temps, et que par conséquent la docilité doit continuer aussi; c'est ce qu'on marque par lorsque; mais on peut dire aussi : « 11 faut être docile quand ou nous reprend à propos», et Ton indiquera par là une seule répfimande, une seule correction faite et exécutée sur-le-champ, au moment même. — «Le chanoine va à l'église, quand la cloche Taveitit d'y aller ». L'avertissement de la cloche dure quelque temps, c'est une durée, ce n'est pas un point dans une durée; il fallait dire lorsque la cloche l'avertit. « Il fait son devoir lorsqt/il assiste aux offices », est bien , parce que Tassistance à l'office est une durée. — - « Quand viendrez-vous? » ne signifie pas dans quelle durée de temps viendrez-vous? mais à quelle époque, à quel point de la durée du temps viendrez-vous? — L'usage ne confond pas la valeur de ces mots, comme le dit Roubaud; ils ne sont pas généralement employés, même par les meilleurs écrivains, tantôt dans un sens tantôt dans uu autre. Examinons l'exemple de Racine que Roubaud donne pour preuve de ce qu'il avance, et nous verrons que, loin de confirmer .son opinion, il est entièrement conforme à la nôtre :
Si tu m*aimais, Phédime, il fallait me pleurer. Quand d'un titre funeste on me vint honorer; Et lorsque m*arrachant du doux sein de la Grèce, Sans un climat barbare on traîna ta maiti-essa.