‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 111 sur 639 · RIRE · texte numérisé non relu

RIRE

Toulouse le 1°' octobre 16S.1. II conçut le projet d'unir l'Océan à la Méditerranée, Ht adopter ses plans par Colbert et exécuta' en grande partie le canal du Midi, qui fut achevé par ses deux fils. — Les Riquet français descendaient des .^rrii'hetti, gibelins chassés de Florence; une des branches de cette famille donna naissance à Mirabeau.

RIQUIER Saint], Richarius, abbé de Centule en Ponlhieu, mort vers 645. Fête le 26 avril.

RIQUIQUI s. m. [ri-ki-ki]. Liqueur alcoolique quelconque : un verre de riquiqui.

' RIRE V. n.(lat. ridere). Jeris, tu ris, ilril; nous rions, etc. Je riais; nous inions, vous riiez. Je ris. J'ai ri. Je rirai. Je rirais. Ris ou Ri, riez. Que je rie. Que je risse. Riant. Ri. Faire un certain mouvement de la bouche, souvent accompagné d'éclat, et causé par l'impression qn'excite en nous quelque chose de gai. de plaisant : éclater de rire.

Mieux est de ris que de larmes escrire. Pour ce que rire est le propre de l'homme.

RiBBLAis. Gargantua. Aux lecteurs.

— Il n'y a PAS LE MOT POUR RIRE, ON NE TROUVE PAS LE MOT POUR RIRE DAiNS CET OUVRAGE, Se dit

d un ouvrage qui a été fait pour réjouir, et OÙ il n'y a rien de plaisant. — Et de rire, se dit quelquefois en terminant un récit, et signifie, alors on se mit à rire. — Pincer sans RIRE, dire quelque chose de piquant contre quelqu'un, sans paraître en avoir l'intention. On dit, substantiv., d'un homme que sou caractère porte à plaisanter ainsi, C'est un

PlNCE-S.^NS-RlRE. — II n'ï A PAS A RIRE POUIl

TOUT LE MONDE, se dit en parlant d'une chose qui donne de la joie à quelques personnes, mais qui fait de la peine à d'autres. On dit, dans un sens anal. : Il n'y a pas trop a

RIRE pour vous, DE QUOI RIRE POUR VOUS : il

n'y a pas tant à rire. On dit aussi, en parlant d'une chose affligeante, Nous n'avons pas

SUJET DE RIRE, IL n'y A PAS LA DE QUOI RIRE. —

Rire du bout des dents, ne rire que du bout des dents, que dd bout des lèvres ; rire jaune, rire sans en avoir envie, à contre-cœur. —

RiRKSOUS CAPE, RIRE DANS SA BARBE, éprOUVCr

une satisfaction maligne, qu'on cherche à dissimuler -.j'étais dans l'embairas, et je vis fort bien qu'il en riait s^nis cape. — Il rit aux ANGES, se dit de celui dont le visage marque l'épanouissement de la joie, de celui qui est tellement transporté de joie, qu'il parait comme extasié. Se dit aussi de celui qui rit seul, niaisement, et sans sujet connu. ■-- Se dit, au fig., en parlant de ce qui est agréable, de ce qui plaît : tout rit dans cette maison de campagne.

Quand tout rit de bonheur, d'espérance et d'amour. Dblillb. Les Jardins, Ch. V'.

— Fig. La fortune LUI bit, tout lui rit, tout rit a ses désirs, se dit d'un homme heureux, à qui tout réussit. — Se divertir, se réjouir : nous serons en joyeuse compagnie, nous rirons bien. — Rire aux dépens d'autrui, se divertir à relever les défauts, les ridicules de quelqu'un. — Rire de quelqu'un, se moquer de quelqu'un.

Qui rit d'autrui

Doit craindre qu'en revanche on rie aussi de lui. Molière.

— Rire au nez de quelqu'un, se moquer de quelqu'un en face. — Apprêter a rirk, se dit d'une personne qui donne sujet de se moquer d'elle. — Vous me faites rire, se dit à une personne qui lient des discours ou qui fait des propo.silions déraisonnables ou ridicules. — Se CHATOUILLER POUR SE FAIRE Rl.'IE,

s'exciter à la gaieté, à la joie, pour un faible sujet, ou même sans sujet — Rira bien qui RIRA LE DERNIER, Se dit en parlant de quelqu'un qui se flatte de succès, dans unealfaire où l'on compte l'emporter sur lui. — Tel qui

RIT VENDREDI, DIMANCHE PLEURERA, SOUvent la

tristesse succède en peu de temps à la joie.

RIRH

— Railler, badiner, ne (lailer pas tout de bon, n'a;;ir pas séiieuscmenl : est-ce que vous riez, ou si c'est tout de bon'? — Fain. Vous vouLKZ niuE, se dil à quelqu'un qui fait une proposilion peu convenable, ou qui dil des choses peu croyables. —Ne se point soucier de quelque chose ; témoigner qu'on n'en tient point de compte, qu'on ne s'en soucie pas; s'en moquer : il rit de toutes les remontrances qu'on lui fait. — Se rire v. pr. Il se rit de vous.

A. voire nc7., mon frcrc, elle se rit de vous.

MoiiàiiB. Tartufe, acte I", se. ti.

Msis si je vais parler, vous vous rirez de moi.

DB5T0UCIIRS. Le Glorieux, ACie If, se. ti.

* RIRE ?. m. Action de rire : cette femme a le rire agréable, charmant. — Un rire inex- TiNGuiBi.K, un rire qui ne peut être arrêté. — Un gros rirk, un rire bruyant el prolongé : ilnail d'un gros rire. — Un hire s.\rdonique ou s.\RD0MEN, cspèce de rire convulsil' causé par une contraction dans les muscles du visage. — Il A UN rire sardonique, se dit d'un homme qui rit à contre-cœur ou d'un homme dont le rire amer annonce beaucoup de malignité.

RIRH ou Righ (Oued-), nom arabe d'un ancien tlcuve du Sahara septentrional formé par les cau.x réunies de l'Igharghar et de l'oued Miya, et l'un des trois principaux cours d'eau qui se déversaient dans le lae Triton. (Voy. Melrhir.) L'oued Rirh est aujourd'hui desséché à ciel ouvert, c'est-à-dire que les eaux d'infiltration des plateaux du Sahara central (Hhoggar et Tidikelt) se sont frayé des voies souterraines par lesquelles elles ali- .•nentent encore l'ancien lac sous la croûte salsugineuse d'épaisseur variable qui recouvre sa surface. — Large vallée d'érosion dans laquelle coulait autrefois le fleuve du même nom. Elle commence au confluent des aouad Igharghar et Miya, près de la ville de Temaclne, par 33° de lat. N. el 3» 24' de long, orient. Infléchissant légèrement au N.-E., elle débouche dans le chotth Melrhir (partie occidentale de l'ancien lac Triton), près de l'oasis d'El-Mrhayer, à 104 kil. S. de Biskra, c'est-à-dire par 34° de lat. N. et 3° 37' de long, orient. — Partie septentrionale de l'ancien pays de Hirha et ancienne principauté du Sahara algérien ayant Touggourt pour capitale et comprenant toutes les oasis situées, dans lavallée, entre cette ville et le cboith Melrhir. Si l'on en croit la tradition, rOued-Rirh aurait d'abord été habité par des peuples de petite taille comme on en rencontre encore dans l'intérieur de l'Afrique ; leur existence, dans le Sahara septentrional, à une époque très reculée, parait confirmée par certains récits d'Hérodote. Au dire des Arabes, des restes de ces pygmées auraient été découverts dans des cavernes creusées dans les bords de la vallée. Nous avons, pour notre part, traversé six fois l'Oued-Rirh sans pouvoir vérifier cette assertion ; mais nous avons trouvé, sur des tertres qui furent jadis des îlots entourés par les bras multiples d'un fleuve , de nombreux fragments de silex taillés, des débris de poteries grossières, qui prouvent bien le passage, dans ces lieux, d'un licuple préhistorique. Quoi qu'il en soit, une race supérieure, celle des Nègres sahariens, les Mélano-Gélulcs des Romains, les modernes Rouarha , émigrés probablement des oasis de l'ancienne Egypte, s'élablirent dans le pays à une époque indéterminée. Ils furent, à leur tour, assujettis par des Berbères Zenata, descendus de l'Atlas. Une tribu de celle race, celle des Beni-Badinn, était maîtresse du pays lorsque les Arabes nomades y firent irruption vers le milieu duxi" siècle de notre ère (v« siècle de l'hégire). Ces barbares, qu'aucun frein ne retenait, déva.stèreiit cruellement celte florissante contrée. Sous

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ils anéantiront un grand nombre de villages et décimèrent la population (l204-'33 de J.-C; 601 -'31 de l'hégire). Après la mort du terrible Mayorqui, l'émir Bou-Zékéria rallacha rOucd-liirh au gouvernement du Zab (1i3(i- '37 de J.-C. ;-634 de l'hégire), et ce malheureux pays put jouir, pendant quelques années, d'une p.iix relative. Mais les Dnuaouida, fraclion des Uhillal, chassés de l'Ifrikia (Tunisie), l'envahirent de nouveau en 1267 (066 de l'hégire). Irrité de leurs brigandages, FJ-Mostancer, premier successeur de Bou-Zékéria, les en expulsa; mais ils y retournèrent et s'y fixèrent de nouveau vers 1281 (680 de l'hégire). Cependant les émirs de Tunis ne se résignèrent pas volontiers à laisser les nomades jouir en paix de leur conquêle. En 1338 (739 de I hégire), llin el Hhakim, général de Bou-Yaliia le Hliai'side, pénétra dans l'Oued-Rirh el s'empara de Touggourt, sa capitale, dont il pilla le trésor et les magasins. Le pays resta ensuite plongé dans le trouble et l'anarchie jusqu'à ruvèneraent des Benou-Djellab, sur lesquels nous devons à M. Cherbonneau, notre vénéré maître, de précieux renseignements historiques. La dynastie des Benou-Djellab fut indépendante tout en payant un faible tribut aux gouverneurs turcs de Constantine; les habitants du Souf, archipel d'oasis situé à rO. de Touggourt, furent assujettis à leur domination. Le premier de cette famille qui régna sur l'Oued-Rirh fut le cheikh Slimann, issu de l'illustre dynastie berbère des Boni- Mérinn, laquelle régna sur le Maghreb du xiii° au xv° siècle de notre ère. Ce prince se lixa à Touggourt et son autorilé ne tarda pas à s'étendre sur toutes les oasis de li contrée (1679 de J.-G. ; 1092 de l'hégire). Il pacifia le pays et gouverna en s'appuyant sur la djemâa (assemblée de notables) dont il se réserva de choisir les membres. Une déira (garde du corps) de 500 cavaliers, sortes de janissaires fournis par la tribu arabe des Oulad-Moulat, forma le noyau de ses armées. Il fui assassiné par sa fiancée. Son successeur, Mohliaminod bèn Slimann, foinba sous les coups des Oulad-Moulat dont il voulait détruire les privilèges. Mohhammed el Akbal, qui régna après, se vautra dans la débauche et tomba, également assassiné, dans la chambre d'une de ses favorites. 'Vinrent ensuite : El .\khal, frère du précédent, qui eut le privilège de

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au bout de sept mois. Omar bèn Djellab, deuxième du nom, régna ensuite pendant cinq mois à partir de châhann 1179; il mourut de la fièvre à Sidi-Khaled, près des Oulad-Diellal , au cours d'une expédition. Ahhmed bèn Djellab, fils aine du précédent, se fit remarquer par la sa.s-esse de son gouvernement et par l'énergie avec laquelle il réprima les rapines des grands; il mourut après dix ans de règne, à la Mecque, au coursd'un pèlerinage. Son second filsAbd-el- Qader, fut salué cheikh des oasis en 1776(1 190 de rhégire);il mourut sanspostérilé verslaftn de 1782(1197 de l'hégire). Son frère Ferhhal lui succéda; jusqu'à son avènement, l'Oued- Rirh n'avait payé aux beys de Constantine qu'un tribut dérisoire ; le nouveau cheikh ayant refusé de souscrire aux arrangements que lui proposait le bey Salahh, gouverneur delà province, celui-ci se mit en marche en octobre 1788(1204 de l'hégire) pour châtier le vassal récalcitrant. Une neige épaisse, phénomène excessivement rare dans le Sahara, faillit i'engloulir avec son armée. Il arriva néanmoins sous les murs de Touggourt, qui se rendit après plusieurs semaines d'un siège meurtrier. Il fut stipulé que l'Oued-Rirh paierait les frais delà guerre et, en outre, un impôt annuel de 300,000 réaux bécétas (environ 750,000 fr.). Les gens du Souf, auxquels on réclama une forte partie de l'impôt, se révoltèrent contre le malheureux Ferhhal qui, ayant marché contre eux, mourut à El Oued après un règne de dix ans, en 1792 (1207 de l'hégire). Son filsEIKhazenn ayant d'abord été évincé du trône, le cheikh Ibrahim s'empara du gouvernement; mais il fut obligé de prendre la fuite après une année de règne. La djemâa élut à sa place Ibrahim el Hliadj bèn Gana, musulman fanatique, qui obligea les Juifs établis à Touggourt a embrasser l'islam. Leurs descendants existent encore de nos jours : on les appelle Mehudjeria, c'est-àdire séparés (de leurs coreligionnaires). Vers la fin de l'année 1794 (1209 de l'hégire), le cheikh Ibrahim partit en pèlerinage à la Mecque; son neveu, Ali bèn Khaidoun. profita de son absence pour s'emparer du pouvoir; mais, peu sympathique à la population, il s'empressa de prendre la fuite au retour de son oncle. Celui-ci se trouva bientôt en préence d'un compétileurautrementredoutable

régner el de mourir en paix; Ibrahim bèn vers la lin de 180o (1220 de l'hégire), El Kha

Djellab, qui fut détrôné; Khaled, qui mourut zenn, fils de Ferhhat, s'empara de Touggourt

à Ouargla, au cours d'un voyage ; Abdel- et y fil reconnaître son autorité; mais il fut

Qader, lils d'Ibrahim bèn Djellab qui, en1724 mis à mort, l'année suivante, par l'aîné des

(1137 de l'hégire), rentra en possession delà fils du feu cheikh Ahhmed bèn Djellab, Moh-

uccession de son père; Ahhmed bèn Ibrahim hammed, qui, grâce à l'appui des grands et

bèn Djellab, frère du précédent, qui régna neuf annéesàpartirde 1731 (1 144 de l'hégire). Les relations d'amitié que ce prince entretenait avec les beys de Constantine ne l'empêchèrent pas d'être détrôné par son cousin, Omar bèn Djellab. Il se réfugia dans le Zab tunisien, auprès de Bon Aziz, chef des Hhanènchas, lequel, après lui avoir promis son appui, le trahit en faveur de l'usurpateur qui lui ollrit une somme plus forte. Omar régna de 1740 à 1736 (11.^3-70 de l'hégire). Ses deux frères s'étanl révoltés contre lui, il les fit traîtreusement assassiner après leur avoir promis le pardon. Mohhammed bèn Djellab, son successeur, partit en pèlerinage en l7o6 (H 70 de l'hégire); Amrann, son fils, qui gouvernait pendant son absence, marcha contre le Souf dont les habitants soulevés interceptaient le commerce; il mourut de la lièvre à El Oued, au cours de l'expédition. L'armée, privée de son chef, commençait à se démoraliser lorsque le cheikh Mohhammed revint de la Mecque. Ayant rétabli la paix dans le désert, il consacra les dernières années de son règne à améliorer le sort de ses sujets en affermissant la justice et en allégeant les impôts. Il mourulen 1768(1 1 79 du l'hégire).— Son

la conduite d'ibn Ghania, émir de Mayorque, | autre fils et successeur le suivit dans la tombe

des Oulad-Moulat, établit son autorité sur toutes les oasis de l'Oued-Rirh. Après dix-sept années d'un règne paisible, Mohhammed faillitlui-même être détrôné par un membre de la puissante famille des Bou-Akkaz, Ferhhat bèn Sâïd, auquel Ahhmed el Mamelouk, bey de Constantine, avait promis son appui moyennant •'50,000 bécétas payables seulement après réussite; mais l'argent comptant du cheikh Mohhammed fut plus apprécié par le bey que les promesses de son compétiteur. Le siège de Touggourt fut levé moyennant 100,000 bécétas (230,000 fr.), les Turcs se relirèrenl, et Ferhhat, abandonné à lui-même, disparut de la scène. Le cheikh Mûhhainmed mourut en 1822 (1237 de l'hégire). Après lui son lils Omar régna en paix pendant onze ans. 11 eut pour successeur son frère Ibrahim bèn Djellab (1832, — 1248 de l'hégire i, qui lit bâtir la grande mosquée(Djamâ Kebir) de Touggourt, et partit ensuite pour le Hedjaz. Le clieikh Ali, qui lui succéda, lut proclamé le 20 du mois de redjeb 1249 (3 déc. 1833). Sous sou règne, un aventurier italien se présenta à Touggourt pour y fabriquer des canons; après des essais infructueux, le cheilih lui fit trancher la tête. La fille de ce malheureux devintla femme d'un courlisan. Lecheikfa

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Ali fut détrôné vers la fin de 1 îi9 (I 83i) par 1 Ahhmed bèn Djellab, fils du feu chc'ikh Ibratiini, auquel succéda Abd-er-Rabhmann, qui eut lui-même pour successeur Si Selniaiin, le dernier cheikh de Tougiiourt. Ahd-cr- Hahhmann avait accepté, eu 1847, le burnous d'inveslilure, signede soumission àla France; mais son successeur crut pouvoir, aidé des gens du Souf, se soustraire au joug- des nouveaux maîtres. Les Franjais marchèrent sur ïoupgourt et s'emparèrent de la ville, le 1*' déc. 18o4, après le combat du choKh Mgarinn. Malheureusetnentils ne s'établirent pas dans leur nouvelle conquête ; ils en abandonnèrent l'administration à l'aristocratie locale, et l'on vit se continuer, sous un régime arbitraire, tous les abus, toutes les exactions qui avaient épuisé le pays sous la domination tvrannique des Benou-Djellab.

Ali-Bey qui, en 1871, au moment de nos désastres, exploitait le pays à son profit, fut chassé par les Rouarha, et Touggourt ouvrit ses portes au faux chérif Bou-Choucha, déjà maître d'Ouargla; une petite garnison de tirailleurs algériens, qui occupait la qasba, fut massacrée. L'usurpateur fut chassé la même année, par le général de Lacroix-Vaubois. A partir de cette époque, l'administration de rOued-Rirh fut confiée, sous l'autorité du commandant supérieur du cercle de Biskra, à des officiers indigènes étrangers au pays, auxquels on donna le titre d'agha. Si les choix ne furent pas toujours excellents, le système inauguré eut du moins pour elfet de détacher les Rouarha de leur ancienne aristocratieetdelaleurlaireoublier. LOued-Rirh se compose, outre Touggourt, sa capitale, de 28 décberas ouvillages enlourésde délicieuses oasis échelonnées sur les deux rives de la vallée. La population sédentaire et agricole, coraposéeà peu presexclusivemeutde .Nègres sahariens aborigènes, peut être évaluée à 30,000 âmes; ces nègres sont sobres, laborieux, pacifiques et intelligents. Plusieurs tribus d'Arabes nomades, au nombre desquels se trouvent les fameux Oulad-.Moulat, campent avec leurs troupeaux dans les steppes environnantes. Le sol des oasis de l'Oued- Rirh est d'une fertilité prodigieuse; on y compte plus de 600,000 palmiers et quantité d'autres arbres fruitiers. Ou y cultive aussi l'orge, la luzerne, le béchena, le tabac, etc. Le coton y pousse spontanément. Ici comme dans toutes les oasis du Sahara, les sources naturelles (behhour, cheriâal, a'iouii), sans aménagement, du reste, sont insuffisantes. Les Rouarha, à l'instar des anciens habitants des oasis égyptiennes, dont ils descendent, il y a lieu de le croire, ont longtemps paré à cette insuffisance en creusant des puits jaillissants. Les eaux de l'ancien tleuve, absorbées en amont par le sol spongieux, coulent, dans la vallée, en nappes souterraines superposées; mais avec leur outillage rudimcntaire (une petite pioche appelée fâss) ils ne pouvaient atteindre que la première nappe qui est d'un faible débit; les roches des plateaux circonvoisins étant venues à se désagréger par suite de la dénudation, les sables, de plus en plus abondants et transportés par les vents, depuis longtemps déjà envahissaient les jardins et obstruaient les puits. Vainement les Nègresessaya[ent-ils de lutter; la plupart de leurs oasis étaient condamnées à disparaître dans un temps donné. Ce que voyant, un officier français dont les Rouarha apprendront un jour à, vénérer la mémoire, le général Desvaux, eut l'idée de faire, dans la vallée, des essais de sondage au moyen de nos appareils perfectionnés. Le premier coup de sonde fut donné, le 1'' mai 1856, dans l'oasis de Tamerna-Djedida, par M. le maréchal des logis Lehaut. Le succès dépassa toutes les prévisions; le 19 juin suivant, l'eau jaillit tout à coup a raison de 4,0 10 litres par minute. Les malheureux

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Rouarha se sentirent sauvés. Depuis cette époque et jusqu'à ce jour, les opérations de sondage n'ont pas discontinué dans l'oued- Rirh. D'immenses étendues désertes ont été transformées en jardins; c'est au tour du désert à reculer devant les cultures. Nous avons pu constater par nous-méme, dans nos différents voyages à travers l'Oued-Rirh, les progrès journellement réalisés. Déjà, en 1877, 86 puits artésiens fiançais ou puits indigènes curés au moyen de nos appareils, donnaient un débit total de 9.5,028 litres par minute, à une profondeur moyenne de 66 m. Y compris les puits indigènes en activité, le débit total des eaux employées à l'irrigation des oasis, pouvait être évalué à 190, dot) litres par minute. Dans un avenir peu éloigné, le pays présentera, d'ElMrhayer, près du chotth Meirhir, à Touggourt, une forêt continue de palmi.'rs de plusde 30 lieues. Tandis que les eaux des sources naturelles (aïoun), relativement douces, ne présentent qu'une température moyenne de 19° à 2l''centigr., celles des puits artésiens, très amères, n'ont pas moins de îi" centigr. en moyenne. Quantité de petits poissons, des crabes mêmes sortent, avec les eaux jaillissantes, des voies souterraines traversées par la sonde. M. Lehaut, devenu lieutenant, ne cessa de diriger les sondages de l'Oued-Rirh jusqu'en 1860; il mourut à l'hôpital de Batna, victime de son dévouement, empoisonné par les miasmes délétères des bas-fonds sahariens. Un petit monument, érigé dans l'oasis d'Ourhlana, près d'un puits creusé par ses soins, consacre sa mémoire. Le capitaine Zickel lui succéda et continua son œuvre jusqu'en 1864. Après eux se sont distingués, dans la direction des sondages, MM. les lieutenants de Lillo et Bourote, que nous avons vus a l'œuvre dans différentes oasis et qui nous ont rendu plus d'une fois service en nous ravitaillant au retour de nos voyages d'exploration. M. Bourote, auquel nous étions attaché par les liens d'une étroite amitié, est, lui aussi, mort à la peine en 1880, après plusieurs années d'un travail opiniâtre. — La température de l'Oued-Rirh, est ordinairement tempérée en hiver, mais avec des écarts considérables entre le jour et la nuit. Cependant, les habitants gardent le souvenir d'hivers exceptionnellement rigoureux; nous avons vu qu'il y tomba de la neige en 1788; les pluies y sont rares mais violentes; on parle d'inondations subites qui ont dévasté des oasis et emporté des maisons. L'été, la chaleur y est excessive ; le thermomètre monte souvent, à l'ombre, jusqu'à 50 ' centigr. Une fièvre pernicieuse, le tehan, due surtout à l'incurie des habitants et engendrée par la stagnation dos eaux dans les bas-fonds, sévit alors sur les individus de race blanche qui s'attardent dans la vallée; les Nègres y sont réfractaires. Les sites élevés sont à l'abri du fléau. — L'Oued-Rirh, actuellenunten pleine voie de prospérité, est, croyons-nous, appelé à un brillant avenir : sol fertile, eaux abondantes, population sédentaire paisible, laborieuse et relativement nombreuse, il y a là tous les éléments d'une grande richesse agricole. Au point de vue commercial, son importance n'est pas moins grande. La large vallée débouche, en elîet, à l'extrémité occidentale de la mer intérieure projetée par le regretté colonel Rûudaire, et à une faible distance au S. de Biskra, lune des trois grandes portes du dési;rt au S. de l'Algérie, et qu'un chemin de fer, actuellement en construction, reliera bientôt à Constantine et au port de Philippeville. La vallée se bifurque en amont, près de Touggourt et de Temacine : directement au S., l'Igharghar conduit au djebel Hhoggar, pays des Touaregs blaucs et, en raison de son altitude et de sa salubrité, futur centre de colonisation au cœur même du grand désert; au S.-O., loued .Miya con-

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duit au Touât et au Tidikelt, vastes archipels d'oasis des plus peuplés. Du plateau central, d'autres voies d'eau souterraines, non moins abondantes que celles du N., se dirigent vers le Niger. Le fleuve Noir est déjà sillonné par nos canonnières, et sur ses rives flotte triomphalement, planté par de hardis pionniers, l'étendard aux trois couleurs. C'est par l'Oued- Rirh, parOuarglaetpar l'une des deux antres routes naturelles que nous venons d'indiquer que passera, nous l'espérons du moins, le chemin de fer destiné à relier un jour et à rapprocher, à travers le Saharsl, les deux portions de la France africaine qu'actuellement d'immenses déserts séparent : le Sénégal el l'.VIgérie. (V. Largeau.)

RIRHA ou Righa, État berbère du Sahara septentrional qui comprenait l'Oued-Rirh, la principauté de Temacine et le pays d'Ouargla. (Voy. ces mots.) (V. L.)

' RIS s. m. [ri] {lat. risus; de ridere, rire). Synon. de Rirk : ris agréable. — Les Grâces et LES Ris. Les Amours, les Ris et les Jeux. Dans ces phrases, les ris sont personnifiés.

* RIS s. m. Corps glanduleux qui est placé sous la gorge du veau, et qui est un manger assez délicat : un ris de veau.

' RIS s. m. pi. Mar. Œillets qui sont à une voile, au-dessous de la vergue, et dans lesquels on passe de petites cordes qu'on nomme Garcettes, pour raccourcir la voile quand le vent est trop fort ; ce qui s'appelle Prendre des ris. Se dit également, au singulier, de chaque bande ou rangée de ris : prendre le premier ris, le second ris, le Iroisiéme ris.

* RISBAN s. m. Fortifie. Terre-plein garni de canons pour la défense d'un fort : le risban (le Dunkerque.

RISBERME s. f. Constr. Intervalle entre les pieux jointifs et le batardeau. — Fortifie. Retraite garnie de fascinage, que l'on ménage au pied d'un mur de terre.

* RISDALE s. f. Voy. Rixdale.

'RISEE s. f. [ri-zé|. Grand éclat de rire que font plusieurs personnes ensemble, en se moquant de quelqu'un ou de quelque chose : il s'éleva une grande risée, une risée universelle de toute l'assemblée. — Moquerie : volts vous êtes exposé à la risée du public. — Objet de la risée, de la moquerie : il est devenu la risée de tout le monde. — »* Mar. Augmentation subite et momentanée de la force du vent.

RISER V. a. Mar. Amener, pour éviter l'effet d'uni' risée.

•RISETTE s. f. Petit ris enfantin et gracieux.

BISIA s. m. Dixième sous-genre des antilopes, d'après Chenu. Cornes plus ou moins bifurquées, implantées à l'angle postérieur des orbites. (Voy. Antilope.)

' RISIBILITÉ s. f. Didact. Faculté de rire : dans l ancienne philosophie scolustique, on regardait la risibiiiU comme la faculté distinelivc de l'homme.

* RISIBLE adj. Didact. Qui a la faculté de rire. — N'est usité qu'en parlant de l'homme: les philosophes scotastiques disaient que l'homme est un animal risible. — Qui est propre à faire rire : ceJte /arcs est une des plus visibles qu'on ait encore vues. — Digne de moquerie ; et alors il se dit aussi bien des personnes que des choses : c'est un homme risible.

' RISIBLEMENT adv. D'une manière qui excite le rire.

RISORIUS adj. Anat. Se dit d'un petit muscle pi-aucier des lèvres,

* RISQUABLE adj. Où il y a du risque :

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