‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 165 sur 639 · SAGE · texte numérisé non relu

SAGE

il est posé, il n'est point turbulent. On dit proverb. et pop., dans le même sens. Il est

SAGE COMME LNE IMAGE. — Mo.NTREZ-VOUS LE

PLUS s.^GE, se dit à un homme qui a une querelle, pour l'engager à être modéré, ou à cesser le premier la dispute. — Soyez sage, SOYEZ PLUS SAGE A LAVEMR, Se dit, par manière d'avertissement, à une personne qui a commis quelque faute. C'est pouk vous apprendre a ÊTBE SAGE, se dit à une personne à qui l'on vient d'intliger une correction. — .'^e dit aussi des animaux, Ce cheval est sage, il est doux, il n'a pas trop d'ardeur. Ce chien est sage, il est obéissant, i! ne s'emporte point à la chasse. — Se dit quelquefois par opposition à fou, extravagant; et alors il signifie, qui a sa raison, qui a de la raison : il secroil sage. et il est fou. — Quand on parle d'une tille ou d'une femme, signifie ordinairement, modeste, chaste, pudique : cette fille, rette femme a toujours été sage. — Il est sage comme une fille, se dit d'un jeune homme timide, modeste et d'une bonne conduite. — Se dit encore des actions, des paroles, etc., où la prudence, la sagesse se lait remarquer : une conduite sage.

— Sages, m. Homme sage :

r.e sage, gr.ind comme les dieux,

E!^t maître dé ses destinées.

Et de la fortune et des cieui,

Tient les puissances enchaînées; 11 rè^iic absolument sur l.i terre et sur l'onde; U commande aux tyrans, il commande au trépas;

Et s'il voyait périr le monde.

Le monde, en périssant, ne l'étonnei ait pas. Imité d'HoBicB.

— Nom qu'on donne à ceux qui se sont distingués autrefois par une profonde connaissance de la morale ou des sciences : le< sages de la Grèce. — Le s.\ge, titre donné à certains souverains renommés pour leur savoir :

Charles V de France fut surnommé le Siige.

Certain roi qui régnait sur les rives du Tage Et que Ton surnomma le Sage, \on parce qu'il était prudent, Mais parce qu'il était s;ivant.

Florian.

— Absol. Le Sage, se dit de Salomou, pour exprimer qu'il a mérité le nom de sage par excellence : le Sage dit. dans ses Proverbes.:.

• SAGE-FEMME s. f. Celle dontla profession est d'accoucher les femmes : habile sagefemm;; des sages-femmes. — Législ. << Aucune sage-femme ne peut exercer sa professio.i avant d'avoir fait enregistrer son diplôme au greffe du tribunal et au secrétariat de la sous-préfecture de l'arrondissement dans lequel elle s'établit. Les diplômes de sagefemme sont délivrés par les facultés ou les écoles de médecine, après que les candidates ont suivi des cours d'accouchements dans des hôpitaux renfermant une maternité. (Voy. ce mot.) Les sages-femmes de 1" classe sont exclusivement formées par la Maternité de Paris; et elles ont le droit d'exercer dans toute la France. Les autres sont de 2« classe, et ne peuvent s'établir en dehors du département pour lequel elles ont été reçues. Dans les accouchements laborieux, les sages femmes ne peuvent employer lesinstruments sans appeler un docteur en médecine (L. !9 ventôse an XI, art. 30 et s.). Les saues-femmes sont tenues au secret professionnel. Lorsqu'elles ont opéré un accouchement, elles doivent, a défaut du père de l'enfant, faire la déclaration de naissance à l'ofticier de l'état civil. (Voy. Naiss.ance.) » (Ch. Y.)

• SAGEMENT adv. D'une manière sage, prudente, avisée, correcte : vous avez fait sayernent.

• SAGESSE s. f. (lai. sapienlia). Prudence, circonspection, bonne conduite dans le cours de la vie : il a une grande réputation de sagesse. — .Modération, retenue : il faut beaucoup de sagesse pour ne pas s'emporter en pareille occasion. — Cet enf.\nt a de la sagesse, il est posé, docile, studieux. Le prix de sagesse, le prix qu'on doune, dans les écoles,

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à l'élève le plus sage. — Modestie, pudeur, chasteté; et, en ce sens, se dit plus ordinairement des filles et des femmes : elle a un air de sagesse dans tout ce qu'elle dit, dans tout ce qu'elle fait. — Se dit quelquefois en parlart des ouvrages d'esprit ou des ouvrages d'iirt; et alors signifie, le soin que l'on met à éviter ce qui est outré, extravagant, à se renfermer dans les bornes prescrites par la raison et par le goût : ce style, cette composition manque de sagesse. — Connaissance naturelle ou acquise des choses, lumières de l'esprit : les règles de la sagesse humaine. — Connaissance inspirée des choses divines et humaines : le don de sagesse est un des sept ions du Saint-Esprit. — Le livre de la Sagesse, DU simpl. La Sagesse, un des livres de l'Ecriture sainte. — La Sagesse éternelle, la Sagesse INCRÉÉE, le Verbe, ou la seconde personne de la Trinité: et. La Sagesse incarnée, le Verbe revêtu de notre humanité.

^ • SAGETTE ou Saette s. f. (lat. sagilta). Flèche. Vieux et peu us.)

SAGHALIEN, Saghalin ou Kabapto, ile de Russie, sur la côte orientale d'Asie, entre 45° bti' et 04° 2b' lat. i\., et coupée par les OQoet 141° méridiens E. Longueur : 900 kiJ. environ; largeur : de 30 à 130 kil. ; 60,000 kil. carr. ; 16,000 hab. environ. Elle est séparée de la terre ferme par le détroit de Maimo Rinzo et d'Yezo par celui de La Pérouse. La côte ne présente auiun mouillage silr. Les deux principaux cours d'eau sont le Baronai et le Tymi. Le climat est froid, humide et brumeux. La population se compose de Russes, de Japonais, de Chinois et d'Aînos. Outre la houille et le pétrole, les richesses naturelles de l'île sont les bois, les fourrures et les pêcheries. On envoie au Japon de grandes quantités de saumons et de harengs séchés et salés. Une grande partie des fourrures vont a la Russie, d'autres au Japon, et un peu aux Etats-Unis. Les postes commerciaux les plus importants sont à la baie d'Aniva, et à l'extrémité méridionale de l'île. Jusqu'en 1875, Saghalien était occupée conjointement par les Russes et les Japonais; mais à cette époque le Japon céda sa part à la Russie. En 1873, cette puissance y a établi un pénitencier.

SAGIEN, lENNE s. et adj. De Séez; qui appartient à cette ville ou à ses habitants.

SAGII, Saii ou Essui, peuple de la Gaule, qui habitait dans la Lyonnaise 11° et dont le territoire forme aujourd'hui une grande partie du dép. de l'Orne. Cap. Seez.

SAGINAW, ou Saginaw City [sè'-ghi-nâ], ville du Michigau ^Liats-UinsJ, sur la rive occidentale du Saginaw, à 30 kil. au-dessus de la baie de Saginaw. et presque en face de East Sai-'inaw, a 17 0 kil. .N.-O. de Détroit; 52,000 hab.

SAGINAW EastK Voy. East Saginaw.

SAGINAW Bai3j. Voy. Huron (lacj.

• SAGITTAIRE s. m. (rad. lat. sagilta.

flèche . ArchL-r. ~ Astron. Le neuvième de; douze signes du zodiaque, représente ordinairement sous la ligure d'un centaure qui tient un arc prêt à tirer : le soleil était dam le signe du sayiltairc.

* SAGITTAIRE s. f. Bot. Plante à fleurs blanches, appelée aussi Flèche d'eau, qui croît au bord des rivières, dans les étan;.-s, etc., et dont les feuilles flottantes sont taillées en fer de flèche ; d'où lui est venu son double nom.

* SAGITTALE adj. f. Anat. Se dit d'une des sutures du crâne, celle qui sépare les deux pariétaux : la suture sagittale.

• SAGITTÉ. ÉE adj. Bot. Se dit des feuilles, des stipules qui ont la forme d'un fer de flèche; feuilles sagiltées.

SAGU

SAGONTE ,lat. Saguntum. ou Saquntus), ancienne ville d'E-pagne, dont on voit en'îore les ruines à Murviedro (du lat. mûri veteres, anciens murs), dans la province do Valence. Elle fut fondée, d'après la tradition, par une colonie grecque venue de Zacynthus iZante). .4nnibal la détruisit en 219 av. J.-C.. et amena ainsi la seconde guerre punique. Elle fut rebâtie par les Romains qui en firent une colonie militaire.

SAGOSKIN. Voy. Zagoskin.

' SAGOU s. m. (nom indigène du sagoutier'. Fécule qu'on retire de plusieurs espèces de palmiers des Indes orientales : le sagou est bon pour la poitrine. — Encycl. Le sagou des épiciers est surtout produit par le sagus lecis, ou sagoutier lisse et par le saifus Rumphii, ou sagoutier épineux; l'un et l'autre originaires de l'archipel Indien et des autre? îles de cette même partie du monde. Le sagoutier lisse atteint de Sa 1b m. de hauleur; l'autre arrive rarement à 10 m. Le sagou se vend ordinairement sous forme granulée ou perlée. La farine de sagou qui n'a pas subi de préparation, c'est-à-dire la fécule à l'état nalurel, présente au microscope une grande quantité de granules alongés, arrondis à un bout et tronqués à l'autre; les granules de sagou perlé sont plus gros et moins réguliers. Le sagou a les propriétés générales des autres aliments amylacés; on en fait des gâteaux et des potai'es. On rencontre quelquefois une imitation de sagou.

• SAGOUIN s. m. Sorte de petit singe. — Fig. et fam. Homme malpropre : c'est un vrai sagouin. Dans ce sens, il peut se dire au féminin : r' est une sagouine .

SAGOUTIER ou Sagouier s. m. Bot. Genre do p.:ilnners, tribu des calamées. comprenant plusieurs espèces d'arbres de moyenne grandeur, qui présentent un stipe .-is^pz épais,

Sagoutier épineux (Sagus Rumpbii).

terminé par un bouquet de feuilles pennées. Les espèces principales sont : le sagoutier lisse {sagus levis) et le sagoutier épineux (sagus Rumphii). (Voy. Sagou.)

SAGUENAY [sé'-gue-nè], rivière de la province de Quénec (Canada). Elle sort du lac Saint -Jean par deux bras qui se réunissent à 1-5 kii. 'ù. du lac; elle se jette dans le Saint-Laurent à Tadousac, à 170 kil. audessous du Québec, après an cours de 160 kil. environ dans une direction S.-E. Elle est navigable jusqu'à Chicoulimi. à IIU kil. de son confluent. Elle est remarquable par sa profondeur et par la beauté de ses sites.

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*SAGDM s. m. ou Saie s. f. [sa-pomml (mot lai. venu du celt. sag, habit). Vêlement court, qui ne passai! pas les genoux, et que les Perses, les Romains et les Gaulois portaient en temps de guerre. On n'emploie le molSA- GUM qu'en parlant des Romain*, par opposition a ToGB. liabiilement long qu'ils portaient en temps de paix.

SAHAPTINS ou Saptins, famille d'Indiens de lAmiiique du Mord, vivant à l'O. des montagnes Rocheuses ets'étendanl des Dalles de la Colombie jusqu'aux monts Bilter Root. Celte famille comprend les Nez Percés ou Sahaptins proprement dits, les Palus, les Tairtla, les Wallawallas, les "Yakamas, les Klikilats, et, suivant quelques-uns, les "Wailatpus ou Cayuses.

SAHARA (racine arabe Çahhara, être vaste), nom donné par les Arabes à toute plaine vaste, nue et dénerle. N'est usité, dans les langues européennes, que pour désignerle grand désert de l'Afrique septentrionale. — Le Sahara ou Grand Désert a pour limites : au N., du cap Noun au f.'olfe de Gabès, l'Atlas et les cbolths tunisiens; plus à l'E., ses sables inondant la Tnpolilaine, la Cyrénaïque et le désert Libyque, vont se perdre dans la Méditerranée; au S., il s'étend jusqu'aux rives du Sénégal et du Moyen Niger, et jusqu'aux contrées soudaniennes connues sous les noms de Hhaoussa, Bornou, Ouad-Aï, Darfour et Kordofan; de l'O. à l'E., il est compris entre l'océan Atlantique et la mer Rouge. Sa partie orientale est traversée par le Nil qu'on lui assigne généralement pour limite de ce côté. Celte immense surface est comprise, en moyenne, entre 16° et 32° de lai. N., et 4';° ,30' de long. 0. et 32» 15' de long, orientale. Sa longueur, mesurée sur le "io" degré de lai. N., est de S, 025 kii., et sa largeur moyenne de 1,750 kil. — Aspect GÉ.NÉRAL. Le Sahara est loin d'être complètement exploré ; néanmoins, les renseignements que nous possédons nous permettent déjà d'en déterminer l'aspect général. Si un homme pouvait s'élever assez haut dans les airs pour en embrasser la surface entière, il verrait se dérouler d'immenses plaines fauves s'étendant en pentes plus ou moins sensibles autour de massifs montagneux ou nœuds de soulèvements, d'altitudes, d'étendues et d'aspects variables, et montrant de loin en loin, audessus des plaines qu'ils dominent, leurs pics granitiques, noircis, déchiquetés par les météores. L'homme verrait, partant decessqueleltes où elles prennent naissance, de larges et profondes vallées d'érosion, rayonnant vers tous les points de l'horizon comme les tentacules de pieuvres gigantesques. En suivant des yeux les nombreux méandres qu'elles décrivent dans les plaines dénudées, il verrait que quelques-unes de ces vallées débouchent directement dans la mer, tandis que d'autres disparaissent, comblées par les sables, a des distances variables de leurs points d'origine. De loin en loin, sur les bords des vallées profondes, des points verdoyants indiqueraient cependant au spectateur que la vie ne s'est pas encore entièrenienl retirée de cette terre de désolation. — Ohoghaphie. Sans parler de la chaîne Atlantique, gigantesque muraille qui protège les riches contrées telliennes contre le souffle dévorant des vents du S. et oppose un obstacle infranchissable aux sables qu'Us transportent, les principaux massifs montagneux du Sahara sont les suivants : en premier lieu, et directement au S. de l'Algérie, s'élève le djebel Ilhoggar ou Ahhaggar, sur lequel M. Henri Diiveyrier nous a fourni les premiers renseignements et que la mission Flatters a également visité; sa partie centrale est compribC entre 23° et 'Àl" de lai. N. et 2° et 5° de long. E.; il projette en tous sens de nombreuses ramilications. A l'O., s'élève, en face du cap Blanc, le massif

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granitique de Tiris et celui connu sous

le nom d'Adrar, dont le centre est traversé par les 21° dearé de lat. N. et le 14° degré de long. 0. Panel en 1850 et Vincent on 18611 oui visité ces contrées, renommées pour leurs mines de sel gemme. AuS.-E. de l'Adrar, se trouvent aussi les pays montagneux de Tagannt et de Birou où les maisons sont, diton. construites avec des blocs de sel. Au ÎN'.-O. du Hhoggar et également au S. de l'Algérie, l'aride Tidikelt montre ses roches érodées; tandis qu'au S.-E., par 18° de latitude N. et 6» 30' de long. E., les montagnes d'Aïr ou d'Asbenn, décrites par Barth et Richardson, cachent, entre des pics dénudés de 1,200 à 1,300 mètres, des vallées abondamment arrosées et riches en pâturages. Ces montagnes, se prolongeant vers le S., forment le pays monlueux du Daraerghou, qui conline au Soudan, et sur lequel nous n'avons que de vagues renseignements. Plus à l'E.,. directement au S. de la Grande Syrie et au S.-E. du Fezzann, s'élève, dans l'angle N.-O. formé par les 20° degré de lat. N. et 15° degré de long, orientale, le massif tourmenté du Tibesti, que le D' Nachligal nous a fai l connaître ; ses ramifications se projettent au N.-O. jusqu'à Rhât et au S.-E. jusqu'aux confins de l'Ouad-A'i. Au S. également de la Grande Syrte et au N. du Fezzann, se montre le djebel es Soda ou montagne Noire, bord de plateau dont les pointes calcinées et déchiquetées paraissent se prolonger en demicercle du 12° au 18« degrés de long. E., et dont les contre-forts les plus septentrionaux s'appuient sur le 29° degré de latitude N. Denhani, Richardson, Glaperton, Beurmann et Rohlfs ont successivement etsur dili'éreiils points gravi les pentes abruptes du plateau Noir. Le djebel Douirat, dans le Sahara tunisien, au S. du golfe de Gabès, qui se prolonge dans la Tripolitaine sous le nom de djebel ed Dhaliar, le djebel Nel'ouza olses ramifications, au N. de la Tripolitaine, et enfin le djebel Djerfeh, entre le Nil et la mer Rouge, par 22° 3U' de lat N., peuvent encore être classés au nombre des massifs sahariens proprement dits. — Hydrogbaphie. Les eaux qui descendent du versant méridional de l'Atlas et des divers massifs sahariens que nous venons de citer peuvent être classées en plusieurs bassins, dont cinq, parmi les principaux, sont déjà suffisamment déterminés; ce sont ceux du Triton, du Niger, de l'oued Noun et de l'oued Drâa, du Tchad et du Nil. Le bassin du Triton, situé directement au S. de l'Algérie et aussi le mieux connu, a pour ceinture : au N., l'Atlas oriental a partir du djebel Amour; a l'O., une chaîne de hauteurs laquelle descendant de l'Amour a l'O. de Laghouat, va, par El Goléa, se confondre avec le djebel Samani , à l'E. du Gourara; au S.-O. le Tidikelt; au S. le Hhoggar et ses ramifications; a l'E. enfin le bord du plateau appelé Hamadat el Hbùmra, le djebel Nefùuza, le djebel cd Hhahar et le djebel Douirat. Dans ce bassin principal, on remarque, convergeant vers un même point, les cours d'eau suivants : 1° l'oued Djeddi (ancien Nigrisjqui, après avoir drainé les eaux de l'Atlas depuis le djebel Amour, au N.-O. de Laghouat, jusque près de Biskra, disparaît dans les sables un peu au-dessous de celle ville; 2° l'oued Rirb, foimé par la réunion, entre Temacine et Touggourl, de deux cours d'eau importants ; l'oued Miya, le fleuve aux cent af'Ituents, par lequel s'écoulent les eaux du djebel Tidikelt et des plateaux situés plus au N.,ct l'oued Igharghar, qui reçoit les eaux de tout le versant septeiilnoiiul du Hhoggar; 3° plus à l'E., l'oued Souf (ancien Ueuve Triton) dont le lit principal, aujourd'hui comble par les sables, reçoit néanmoins souterrainemenl les eaux des hauteurs situées à l'E. el au S. de Rhadamès, ainsi que le débit des sources qui s'échappent des lianes

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du djebel ed Dhahar el du djebel Douirat. Le»

eaux de ces différents fleuves, réunies dans la vaste dépression située au S. de l'Atlas entre 3" i5' de long. E. et le golfe de Gabès, formaient le lac Triton, lequel se déversait dans la Méditerranée par un canal aujourd'hui comblé par les sables. (Pour le projet de mer intérieure, voy. Melhhih.) Le bassin saharien du Niger a pour cadre : au N., l'Atlas central depuis le djebel Amour jusqu'aux rameaux qui descendent de la chaîne principale vers 6° 30' de long. 0. pour former la limite orientale du bassin de l'oued Drâa ; à l'O. le massif de l'Adrar et les rameaux qu'il projette vers le N. ; au S.-O. les hauteurs de Tagannt et du Birou; au N.-E., il est limité par les hauteurs qui encadrent, à l'O., le bassin de l'oued Miya; à l'E. par le Tidikelt, le Hhoggar, les montagnes d'Aïr elles hauteurs du Damerghou. Le grand collecteur de cet immense bassin est l'oued Saoura ou Messaoud qui reçoit, dans son parcours de r,\tlas au Niger, à ciel ouvert ou souterrainement, les eaux des hauteurs que nous venons de citer. L'oued Saoura est formé par la réunion, un peu au-dessus d'Igli, dans le Sahara marocain (par 30° 44' de lat. N. el 4° 29' de long. 0 ), de deux rivières importantes : l'oued Zousfana, qui descend du djebel Dough, au S.-E. du chotth Tigri, et l'oued Ghir qui descend des montagnes des Aït Ayach. Ces deux rivièresreçoiventelles-mêmes de nombreux affluents, la dernière entre autres l'oued Qenadsa, qui descend du djebel Bou Grouz. A partir d'Igli, l'oued Saoura coule d'abord directement au S. jusqu'à l'oasis des Béni Abbés; il se dirige ensuite vers le S.-E. jusque vers l'exlrémilé méridionale du Toiiâl. Dans ce trajet, il reçoit souterrainement les eaux d'un bassin secondaire également considérable : celui du Gourara, formé par les aouad Namous, Seggueur, Zergoun el autres qui descendent de lAtlas depuis le djebel Amour, au N.-O. de Laghouat, jusqu'aux frontières du Maroc. Ces eaux se réunissent dans le chotth (improprement appelé sebkha ) du Gourara, vaste réservoir dont les communications avec l'oued Saoura n'ont plus lieu, de nos jours, qu'à travers l'épaisse couche de sable qui le sépare de cette rivière. Au S. du Touâl l'oued Saoura, qui a pris le nom d'oued Messaoud, reçoit encore, a gauche, l'oued Âkaraba, qui lui amène les eaux du versant méridional du Tidikelt et celles du djebel Mouydir. A partir de ce point, nous sommes obligé de nous en rapporter exclusivement aux renseignements qui nous ont été fournis par les voyageurs arabes. D'après eux, l'oued Messaoud, se dirigeant vers le S.-O., se dilate vers 2o° de lat. N. et 2° 30' de long. 0., pour former les marais d'Ez Ziza où se trouvent, au dire des indigènes, 1 1 0 lacs d'eau douce; ceux-ci sont, en outre, alimentés par les eaux de l'oued Tirhejirt, venues du versant méridional du djebel Mouydir, et par des sources abondantes qui jaillissent d'une montagne voisine appelée JBî Ziza (la Mamelle). Les caravanes d Ain Çalahh à Tombouktou, marchant S.-S.-O., suivent ensuite presque constamment le lit de l'oued Messaoud jusqu'à seize journées de marche plus au S., au lieu appelé TakanUat; il s'y montre sous la forme d'uue large vallée d'érosion qui nourrit beaucoup de plantes ; au fond on trouve de l'eau douce en abondance à un mètre sous le sable. L'oued Messaoud se confond, croyons-nous, avec le Niger, au coude formé par ce fleuve vers 1° de long. 0., à peu près sous la lat. de Tombouktou. H reçoit encore, à gauche, à partir d'Ez Ziza, les eaux des versants 0. et S. du Hhoggar par les aouad Tarhil, El Inikam, Talassasset el autres. Quant à ses affluents d«^ droite, le principal est assurément l'oued Ziz, qui descend des montagnes des Aït Isdeg, dans l'Atlas maroeain, et qui arrose les fertiles oasis du Taillait,

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visitées parCaillié et Rohlfs. L'oned Ziz reçoit i même de végétaux arborescents dont on re lui-même, à droite, l'oued el Malahh grossi trouve aujourd'hui les troncs pétrifiés sur le

de l'oued Rhis; puis, se dirigeant vers le S ses eauî s'étendent dans un bas-fond pour former le ctiotth ( improprement appelé sebkha) de Daoura; il va ensuite se confondre avec l'oued Messaoud probablement dans les environs d'Ez Ziza. — Les bassins de l'oued Dràa et de l'oued Noun, situés au S. du Maroc, sont de longues et étroites vallées parallèles resserrées entre le djebel Saghern, ramification de l'Atlas qui les sépare de l'oued Sous et une chaîne rocheuse peu élevée dont les rameaux se perdent, au S., dans l'immensité déserte. L'oued Dràa prend sa source non loin et à 10. de celles de l'oued Ziz, dans les montagnes des Ait Kibatiressann, par environ 6» 40' de long. 0. et 32° 25' de lat. iN. 11 coule d'abord dans une direction S.-O. jusque vers 31° 10' de lat. N., puis directement vers le S. jusqu'à 27° 13' ; il se dirige ensuite à l'O. pour aller se jeter dans l'Océan à 70 kil. au S. du cap Noun. L'oued Noun, dont le cours est beaucoup moins étendu, naît par environ 10° 30' de long. 0., coule d'abord du N.-E. au S.-O., puis à rO.. jusqu'à son embouchure qui s'ouvre un peu au S. du cap auquel il a donné son nom. — Le bassin saharien du Tchad, bien moms connu que les précédents, comprend les eaux qui descendent du versant méridional de ïassili (prolongement oriental du Hhoggar), du versant oriental des montagnes d'Aïr, du Damerghou, des versants méridionaux des monts du Tibesti 'et du pays de Borgou, prolongement de ces derniers. Ces eaux sont recueillies, chemin taisant, par trois grands collecteurs : l'un venant du Tassili et coulant entre les monts d'Aîr et les hauteurs du Tebbou occidental; un autre descendant du Tibesti; le troisième enfin venant du Borghou vers le S-O., dont la partie inférieure est connue sous le nom de Babhar el GhazaI (la mer des Gazelles). — Quant au bassin du iSil, auquel un article spécial est consacré, nous ne le citons ici que pour mémoire. Ce grand fleuve africain sert de déversoir aux grands lacs équatoriaus; il conduit aussi vers le N., à travers le Grand-Désert, les eaux du pays des iSiam-ÏS'iam, celles des monts de l'Abyssinie et du Choa, du Darfouret du Kordofan, et celles moins abondantes des montagnes de Nubie. La vallée dans laquelle ii coule et qu'il fertilise par des inondations périodiques, et le delta formé par ses allusions, constituent l'Egypte. (Voy. ce mot.) — 11 existe encore, dans le Sahara , quelques bassins d'une moindre étendue, notamment celui de l'oued Segra el Hhâmra, qui se déverse dans l'océan Atlantique, au cap Youbi, etplusieurs autres qui débouchent dans la Méditerranée, comme l'oued Bardai, qui descend du Tibesti septentrional; mais les renseignements que nous possédons en ce qui les concerne sont trop vagues pour que nous en parlions ici. — DÉBoistMENTS. Formation des sables et des dunes. — Comblement des vallées. Dans les temps anciens, les massifs, ou nœuds de soulèvements du Grand-Désert africain, étaient couverts d'épaisses forêts; des pluies périodiques y entretenaient, en outre, une végétation herbacée à travers laquelle les eaux pénétraient lentement dans les profondeurs du sol pour aller jaillir, dans les vallées, en sources abondantes. Ces sources réunies formaient des masses d'eau considérables qui rayonnaient en tous sens autour des massifs où elles prenaient naissance. Il faut bien qu'il en ail été ainsi, car comment expliquer autrement la formation de ces vallées d'érosion, larges de six kil., aux parois taillées à pic et hautes de 100 m., que les voyageurs étonnes rencontrent aujourd'hui dans limmense désert? D'autre part, les plateaux à travers lesquels ces masses d'eau se frayaient passage étaient eux-mêmes couverts de broussailles et

sol dénudé. Entin les bords des vallées, les plaines basses et même certains points relativement élevés où les eaux d'irrigation pouvaient être dirigées, étaient couverts de forêts alternant avec de florissantes cultures dont nous avons partout retrouvé des restes dans nos ditiérents voyages, jusque dans les contrées actuellement les plus arides et les plus désertes. S'il y avait, dans ces temps reculés, des déserts dans le Sahara, le Sahara, dans son ensemble, n'était pas un désert. Mais c'est dans cette contrée, de toutes celles habitées parles Noirs la plus à proximité des peuples civilisés de l'antiquité, que furent inaugurées les premières chasses à l'homme. Les colons de la côte, ancêtres des Berbères, et les habitants de l'antique Egypte, y recrutèrent leurs légions d'esclaves. Evidemment, il se passa là ce qui a lieu de nos jours dans certaines parties du Soudan : enlèvement ou massacre des habitants et incendie des forêts; le résultat fut le dépeuplement

généralement en couches unies et régulières; tandis que dans les régions accidentées et boisées, ils se sont amassés en dunes dont la forme, la couleur, la hauteur et la disposition actuelles varient suivant l'abondance et la nature des matériaux apportés et les reliefs du sol primitif. Dans les plaines ondulées, ces dunes alTectent la forme de longs sillons parallèles, se dirigeant généralement du N.-E. au S.-O.; dans ce cas, elles sont appelées eurg, c'est-à-dire veines. Lorsque les sillons sont très élevés (10 à 20 m.) et que leur sommet est aminci par le vent en forme de crête, ils prennent le nom de siouf (sabres). La région du Souf est couverte de dunes de ce genre. Dans les environs du puits de Botthinn (rive droite de l'igharghar), nous avons marché pendant plusieurs jours dan? des vallées généralement unies, de 1,000 à 1,.tO(i m. de largeur, bordées de pics de sable de forme le plus souvent triangulaire, hauts de 150 à 300 m. et reliés entre eux par des siouf, lesquels sont le prolongement des arrêtes descendues du sommet.

et le déboisement. Peu accidenté, le Sahara j Plus loin, vers le S.-E., dans la direction de

n'a jamais cessé d être, en outre, comme certaines contrées de l'Asie, le champ de prédilection des nomades; or, les peuples pasteurs sont les ennemis nés de toute végétation arborescente; il leur faut des pâturages aux vastes horizons au lieu de forêts qui, tout en réduisant leurs champs de parcours, servent de refuge aux animaux féroces. Les troupeaux, du reste, ne sont pas moins grands destructeurs que les hommes : l'écorce des troncs, les jeunes tiges sont, en général, la nourriture préférée des chèvres, des moutons et des chameaux. Les etîets observés chez nous à la suite du déboisement de nos montagnes et de nos plateaux se produisirent donc là-bas dés les temps anciens : déboisés, les massifs sahariens ne tardèrent pas à être dépouilles par les eaux de la couche végétale qui recouvrait leur ossature de granit; les terres furent entraînées dans les vallées dont le comblement commença dès lors; les plaines élevées (bamad) se dépouillèrent à leur tour; là, l'humus entraîné laissa directement exposée aux rayons solaires une carapace de grès tendre ou molasse jaune, formée de sables fins agglomérés et soudés par du sulfate de chaux. Ceite dénudation eut pour résultat une grande sécheresse de l'air et un rayonnement excessif; les hamad (plaines pierreuses) furent en été transformées en fournaises, tandis que par les nuits d'hiver, sur les mêmes plaines, la température descendit jusqu'à la congélation. Ces températures extrêmes amenèrent la désagrégation des roches; le sable ainsi produit, soulevé ensuite par le vent du S.-E., (simoum), ou entraîné par les eaux pluviales, fut transporté dans les vallées, dans les bas-fonds et dans toutes les parties encore boisées du Sahara où il s'arrêta, ici fixé par l'humidité, là arrêté par les reliefs du sol et par les végétaux. On rencontre actuellement, dans le Désert, des vastes étendues de hamad en voie de désagrégation; dans d'autres le grès, en

Rhadamès, nous avons traversé la région la plus sauvage et la plus tourmentée qui se puisse rencontrer, croyons-nous, dans le Grand-Désert. Ce sont des masses arénacées, sans forme déterminée, hautes de oOO m. en moyenne et se touchant par la base. Parfois, du sommet de ces masses, la vue plonge dans des précipices aux bord-^ réguliers et arrondis comme des entonnoirs, au fond desquels se montre à nu le sol primitif. Plus loin encore, en approchant de la hamada qui entoure Rhadamès, ce sont des masses allongées, hautes de 100 à 'JOO m., aux sommets plats, laissant entre elles des passages assez spacieux, mais souvent barrés par des siouf de hauteur variable. Ces grandes dunes, appelées oughroud, sont fixes et traversées de la base au sommet par des végétaux. H n'existe point de dunes mobiles dans le Sahara. 11 résulte, en résumé, du travail météorologique que nous venons de décrire après l'avoir longuement observé sur place, que les hamad, c'e>t-à-dire les plaines élevées et pierreuses du Grand-Désert, s'usent, se creusent, pour exhausser les plaines basses et combler les vallées au moyen des matériaux dont elles se dépouillent. Ce phénomène se continuera, sans doute, tant qu'il restera, dans le Sahara, des roches sédimentaires exposées à l'influence des agents atmosphériques. Cependant, il n'est pas rare de rencontrer de grandes étendues pierreuses encore intactes : c'est que, dans ces plaines, le grès saharien se trouve protégé par une carapace de pierres dures, le plus communément siliceuses, qui l'empêche de se désagréger; mais cette carapace, peu épaisse du reste, ne résiste pas elie-inèiue complètement à l'action des agents destructeurs ; presque partout elle est brisée, Iragmentée en morceaux irréguliers ; là ce sont des rognons de silex rongés et taillés au point de présenter en tous sens des pointes et des tranchants acérés sur lesquels la marche est un sup-

tièrement disparu, a laissé à découvert des plice; plus loin, ce sont des blocs de grès couches de gypse ou de calcaire grossier, les- lustré, vert ou lie de vin, ou des pierres

quelles s'etîritent plus ou moins rapidement, suivant leur nature, pour disparaître à leur tour. Dans la plaine usée qui s'étend au N., à l'E. et au S. -E. de Rhadamès, ces deux couches supérieures, emportées successivement et dont il ne reste çà et là que quelques débris, ont laissé à nu des marnes argileuses vertes et jaunes, dans lesquelles il suffit de creuser à 2 ou 3 m. pour trouver de l'eau fraîche et douce en abondance. Dans les plaines basses et unies, dans les vallées et surtout dans les chotths et les sebkhas (voy. ces mots), partout enfin où les eaux ont ete le principal véhicule, le-- sables et les poussières provenant des hamad se sont étendus

noires scorifiées comme si elles venaient d'être vomies par la bouche d'un volcan, que l'on trouve épaises sur le sol toui mente. C'est surtout à ces plaines que s'applique le nom caractéristique de hamad (sing. hamada, voy. ce mot), c'est-à-dire lieux brûlés et stériles. On aperçoit aussi, isolées au milieu des plaines usées, des masses sombres plus ou moins considérables, affectant tantôt la forme de cônes tronqués, tantôt celle de longues murailles de roches érodées. Ces reliefs, appelés gour (sing. gara), sont des parties de hamad demeurées intactes; protégés également par les bancs de silex ou de grès siliceux, qui recouvrent encore leurs

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sommets, ils indiquent l'ancien niveau des plaines au milieu desquelles ils se dressent. — Flore. Véoétation des montar/nes, des liamad, des dunes et des valléeK. Ainsi que nous l'avons déjà fait pressentir, le Grand-Désert esl loin d'être dépourvu de véj;élation : entre les pics dénudés des montagnes du centre se rencontrent encore des vallées fertiles, arrosées par des sources vives et délicieusement ombracées; on y distinL'ue l'acacia arabica, le thuya articulata, le mimosa, le fi^'uier, etc. Les hamad môme, ces plaines n brûlées et stériles », se couvrent parfois, dans leurs parties déprimées et usées, d'une végétation herbacée assez abondante pour servir de champs de pâturage aux herbivores sauvages de la contrée; même dans les endroits pieireux, pourvu que les vents V aient laissé tomber un peu de sable et d'humus, la coloquinte trouve le moyen de nouri-ir ses fruits amers; le ehihh (artemisia pontica) y balance, au-dessus des pieires noires, ses tiges d'un vert tendre en forme de panache; le réséda a/afcî'ca y exhale son parfum ; d'autres petiles tleurs y élalent leurs brillantes corolles. Dans les aound (ravins ou vallons creusés par l'action des eaux pluviales) croissent, en outre, des plantes 11- ;:neuses pauvres, il est vrai, et peu variées, mais formant parfois des bosquets assez épais pour donner une ombre suffisante au vovageur accablé. La végétation des plaines un'ies, là où le sable recouvre un fond humide, est autrement active et abondante; sous l'action des pluies, ces plaines se transforment en verdoyantes prairies; quelquesunes nourrissent une abondante végétation de hUalfa (arthratherum pungens) poussant par toutles épaisses autour desquelles le sable s'amasse en forme de mamelons; des végétaux arborescents s'y couvrent au printemps de tleurs éclatantes et parfumées ; des taraarix aux fleurs rouge sang, couronnant des monticules de sable et d'humus, font ressembler, de loin, les parties les plus humides de ces plaines a d'épaisses forêts. iNon moins fertile est la région des grandes dunes : les ouyhroud les plus élevés sont, avons-nous dit, traversés de la base au sommet par les végétaux autour desquels se sont arrêtés les premiers grains de sable qui leur ont servi de base; la ci'oissance de ces végétaux, vigoureusement doués, a été en rapport avec celle des dunes elles-mêmes; ils ont pris de nouvelles racines a mesure que les sables s'amoncelaient autour de leurs tiges. On aperçoit maintenant leurs têtes teuillues, d'un beau vert sombre, formant de loin en loin des bosquets ombreux sur les dunes les plus élevées. Quant aux espaces qui séparent les oughroud, dans la partie des grandes dunes comprise entre le hhassi Botlhinn et Khadaniès, ils sont couverts d'une épaisse végétation de hliadh, de hhelma ou de hhtnna, arbustes gonllés de sucs et très aiinés des chameaux, alternant avec le hhalf'a et le çbéit. grandes graminées dont les touQ'es croissent épaisses et serrées comme celles du blé dans nos champs cultivés. Toutes les vallées sahariennes sont plus ou moins boisées; quelques-unes disparaissent littéi'alenient suus des tlols de broussailles à travers lesquelles il est impossible de se frayer un l'humin; de loin en loin des acacias, des palmiers sauvages, restes d'anciennes cultures, dominent le Ilot broussailleux. — Les OASIS. Mais c'est sur les pentes de ces vallées, là où les eaux souterraines coulant à de faibles profondeurs sous le sol spongieux peuvent être facilement captées au moyen «le l'outillage rudinicntaire des indigènes, que se rencontrent aussi ces oasis tant poétisées et après lesquelles soupire toujours, il est vrai, le voyageur altéré et fatigué par les longues marches du Désert. Les oasis (voy. ce mol; sont rarement isolées; elles

sont, le plus souvent, groupées en archipel. Elles se succèdent le long des vallées comme de larges bordures d un vert sombre, çà et là interrompues par des espaces incultes; autour des chotlhs (anciens lacs) elles forment des cein turcs d'éméraude au milieu desquelles brillent d'un vif éclat les couches de sel formées par l'évaporation des eaux pluviales descendues des plateaux environnants. Dans ces oasis, '-e cachent parfois de populeuses cités, centres agricoles, entrepôts de commerce et ports de relâche des caravanes qui traversent le Désert. Les qçour ou décherat (noms des cités sahariennes) s'élèvent en général sur des éminences rocheuses qui dominent les cultures; ils sont toujours entourés de murailles et de fossés, précautions nécessaires dans des contrées trop souvent troublées par des scènes de meurtre et de pillage. — Dans les oasis, le palmier-dallier (nakhela) est l'arbre par excellence; si l'eau est rare, toutes les autres cultures lui sont sacrifiées. Son fruit savoureux est la nourriture préférée et presque exclusive de ceux qui le cultivent; les nomades s'en réf-'alent dans leurs déserts, et les caravanes, ellesmêmes, dans leurs longues marches à travers le pays de la soif, n'ont souvent que des dattes pour apaiser leur faim. A côté du palmier croissent, suivant les lieux et l'abondance des eaux d'irrigation, le figuier, le grenadier, l'amandier, l'abricotier, le jujubier, la vigne, le bananier, l'oranger, le citronnier, etc.; le cotonnier y donne des produits supérieurs; l'orge, la luzerne, le mais, le béchena, les haricots, le millet, le tabac, diverses espèces de choux, le navet, la carotte, l'oignon, la fève, le piment, le melon, la pastèque, se rencontrent partout où la moindre parcelle du sol saharien est fécondée par le travail de l'honinie. — Les EAUX. On a déjà pu voir, d'après ce qui précède, que le Sahara est loin d'être entièrement privé d'eau. Les périodes de sécheresse y sont, il est vrai, fréquentes; on en a vu de deux et trois années dans certaines régions; mais les parties montagneuses sont, par contre, assez régulièrement arrosées; la neige même tombe en hiver et se maintient pendant plusieurs mois dans le djebel Hhoggar; aussi les vallées des massifs sahariens sont-elles sillonnées d'eaux courantes, et les fleuves morts du Désert sont-ils vivants, c'està-dire coulent-ils encore à ciel ouvert, jusqu'à des distances plus ou moins considérables de leurs sources; plus bas, les eaux disparaissent sous les masses alluviales qui emplissent les thalwegs et se dirigent vers la mer par des voies souterraines; quelquefois elles filtrent, chemin faisant, à une si faible profondeur sous les sables qu'un trou (hhaïsi) creusé avec les mains ne tarde pas à s'emplir. Certains réservoirs naturels (rhedaïrj ne tarissent que par les,sécheresses prolongées ; enfin, on rencontre, dans le Désert, des lacs permanents, très poissonneux, alimentés par des sources abondantes. Nous avons dit, à l'article Oasis, comment les Nè;;res sahariens s'y prennent pour capter les eaux souterraines, et à l'article Oued-Iiirh comment, avec nos appareils perfectionnes, il est facile de faire jaillir, dans le pays de la soif, des quantités d'eau vraiment extraordinaires en traversant avec la sonde deux ou trois nappes superposées. Il serait possible, à l'aide de ces appareils, de rendre la vie à toutes les vallées sahariennes, et, dans un temps très court, de créer une ligne d'oasis non interrompue de l'Atlas au Niger. En dehors des oasis, existent des puits ascendants : assez rapprochés les uns des autres dans les régions fréquentées par les nomades, ils sont plus clairsemés sur les routes des caravanes; on n'en trouve plus en dehors de ces routes; il nous est arrivé de marcher dix, onze et quatorze jours sans pouvoir re-

nouveler notre provision d'eau, et cependant nous avons rencontré, dans ces trajets, nombre de dépressions humides où il eût suffi de creuser à 2 ou 3 mètres pour en trouver en abondance. C'est souvent par insouciance que les .\rabes négligent de creuser des puits même où le besoin s'en fait le plus sentir; mais quelquefois aussi des raisons sérieuses les empêchent de le faire : c'est, en eliet. à proximité des puits, où elles doivent fatalement passer, que les pillards s'embusquent pour attendre les caravanes; de même, le manque d'eau, sur de grandes étendues autour de> pâturages qu'elles fréquentent, fait la sécurité des tribus nomades. La profondeur des eaux ascendantes, comme celle des eaux jaillissantes, est très variable dans le Sahara; elle est de 1 à 10 mètres sur les pentes des vallées et dans les plaines basses; dans la plaine usée qui entoure Rhadamès, on a de l'eau à volonté à moins de 3 mètres de profondeur; par contre, elle est profonde de 13 mètres dans le bir el Djedid, à quatre journées S.-E. du Souf; de 23 mètres dans ie Bir es Çof, un peu à l'E. du précédent, et de 22 mètres dans le puits de Botthinn, situé dans les grandes dunes, au S.-E. d'Ouargla: celui appelé Ett Thouil (le Long), creusé au 38° jour de marche sur la route d'Ain Çalahh a Tombouktiiu, n'a pas moins de 60 coudées; c'est le plus profond dont nous ayons entendu parler. Les eaux des sources naturelles et celles que l'on capte en creusant avec la main dans le sable des vallées, sont généralement fraîches (16 à IS") et douces; cependant celles de la grande source de Rhahamès n'ont pas moins de 30o C. ; celles des puits artésiens, plus ou moins magnésiennes et amères, ont 24° en moyenne. La température des eaux des puits ascendants est toujours en rapport avec leur profondeur et le degré d'échauti'ement du sol ; elles sont douces dans certaines régions, très saumâtres dans d'autres; dans les lieux peu fréquentés, elles sont vendues détestables par les débris végétaux que les vents précipitent dans les puils et qui s'y décomposent. — La Fai ne. La faune saharienne est assez variée. Disons d'abord que le lion du désert, comme le palmier de la montagne, n'a jamais existé que dans l'imagination des poètes; le lion, comme l'hyène, le chacal et le sanglier ne se rencontre que dans les parties montagneuses sillonnées de cours d'eau permanents, comme, par exemple, le pays d'Air et, par conséquent, habitées. L'agile léopard, cependant, se trouve dans toutes les vallées toutl'ues où souvent il doit attendre, pour se désaltérer, que l'eau du ciel ait rempli les r/terfaî)'(baslondsj cachés dans les broussailles. L'aJitilope oryx (petit bœuf a bosse) el la timide gazelle paissent, par nombreux troupeaux, dans les steppes herbeux du Désert, mais surtout dans la région des grandes dunes, à cause de la sécurité qu'elles y trouvent; ces animaux étanchent leur soif en mangeant les feuilles gontlées de suc de certains arbrisseaux. L'antilope mohor, le moufllon à manchettes et l'onagre, s'eloignenl rarement des sites élevés. L'avide fenec [fenecus Brtt'xi ou anonyme de Buiïon), le chat sauvage, le lièvre isabellin, la gerboise, le nettinn [zurilln varicyata], plusieurs espèces de rats presque tous de couleur fauve, pullulent dans les parties de l'Erg où la végétation est abondante. Les reptiles y sont des plus dangereux : la vipère céraste (efâa) se rencontre partout; la vipère zorrélg se tient dans les endroits broussailleux ; le [lython préfère les bords érodés des vallées où il se cache entre les blocs de grès. Nous citerons, parmi les lézards : l'owann {varamis arenarius). long parfois d'un mètre, et le dheb {lacert t steltio), gros, court el trapu, qui se rencontrent un peu partout, mais, plus parti-

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culièrement, avec l'horrible jecko, dans les oiuiroits pierreux; le hhoul-er-reniel ou poisson des sables (scincus officinalis), ne se tient 1 que dans les dunes; le caméléon habile les oasis. Le scorpion, partout commun, préfère les lieux pierreux et humides; l'espèce la plus dangereuse {scorpio tun':tatus) se trouve plus communément dans les oasis. Nous avons constaté que sa piqûre est quelquefois mortelle. Parmi les oiseaux, nous citerons: l'autruche, paissant par troupeaux dans les plaines basses que des pluies récentes ont fait reverdir; le corbeau et le faucon bou djerad (mangeur de sauterelles), qui planent dans les airs à la recherche de leur proie; le hibou, qui se nourrit de rats; lapie-gnèche, qui empale les lézards au bout des branches sèches des arbrisseaux et s'élance ensuite dans les airs en poussant des cris stridents pour jouir des tortures de ses victimes; le nuilitrus Siiharx, qui fréquente les parties broussailleuses du Désert, et d'autresespeces, parmi lesquelles quelques-unes, particulières aux oasis, ont le plumage d'un beau vert, taudis que d'autres, qui habitent les régions de l'Er.ii, ont la couleur fauve des sables. Les insectes pullulent dans le Sahara; les mouches et les moustiques sont, en été, le fléau des oasis. Parmi les animaux domestiques, le chameau dromadaire vient en première ligne; il en existe deux variétés : le bakir ou chameau porteur, donl le nom signifie vaisseau, et le ynahiiri (l'agile) qui est le chameau de course. La force, la patience et la sobriété du chameau sont proverbiales ; nous avons vu ceux de notre caravane, chargés de loO kilos, marcher au printemps, par des températures moyennes de + ta" a 30° C, dix, onze et quatorze jours sans boire; quant à leur nourriture, elle consistait en quelques toutJ'es d'herbe qu'ils saisis aient au passage; le soir seulement ils paissaient pendant une heure. Eu été, le chameau porteur ne peut marcher que trois ou quatre jours sans boire, selon la température. Le mahari peut fournir au besoin des courses journalières de 200 kilom.; mais sa marche moyenne est de 100 kilom.; il demande plus de soins que le bahtr et résiste moins longtemps à la soif. Les chèvres et les brebis sont aussi une source de richesses pour les nomades; mais les chevaux sont aujourd'hui très rares chez eux à cause des soins spéciaux qu'ils exigent ; cependant, nous avons vu de ces animaux rester trois jours sans boire en hiver, et ne pas paraître soullrir. Quelques Iribus berbères des régions montagneuses en possèdent un grand nombre. L'àne est commun dans les oasis; le bœuf domestique, comme le cheval , n'existe que dans les contrées montagneuses et arrosées. — Clisi.\T. Le climat du Sahara a été diversement apprécié par les voyageurs suivant les contrées qu'ils ont explorées, les misères qu'ils ont endurées, et la rapidité plus ou moins grande avec laquelle ils ont elfectué leurs voyages. Les vents jouent un graud rôle dans la climatolof^ie saharienne. Celui du N. domine, en hiver, mais il souitle trop rai'ement, hélas! en été, où il est pourtant si agréable par les abaissements de température qu'il produit. Celui du S.-E., appelé bahhai-i ou marin, également frais, alterne en hiver avec celui du N. Le siinoum (le pestilentiel) vient également du S-E. ; c'est surtout sous l'action de ce vent chaud et violent que se forment les dunes; lorsqu'il passe sur les plaines en désagrégation, il soulève les sables nouvellement formés et les transporte en nuages épais vers le N.-O. où ils grossissent les anciennes dunes et en forment de nouvelles. Ce vent, si redouté des caravanes, souflle surtout au printemps et en été. Le sable qu'il soulève et transporte forme daus l'air comme un épais brouillard interceptant les rayons solaires et à travers lequel

les voyaceurs ne peuvent se diriger; il leur semble marcher dans les nuages; des tourbillons furieux les renversent quelquefois; les particules arénacées leur pénètrent dans les yeux, dans le nez, dans la bouche et jusque dans la poitrine ; ils sont aveuglés, étouffés, et, pour comble de maux, éprouvent une soif ardente qu'ils ne peuvent calmer: le simoum dessèche en même temps les outres, et la plus stricte économie s'impose en pareil cas. Il importe cependant de réfuter une erreur trop répandue : le simoum, quelle que soit sa violence, ne saurait engloutir des caravanes en marche; mais, il arrive que celles-ci, presque toujours mal approvisionnées, manquent d'eau si la tempête est de quelque durée; les voyageurs marchent tant qu'ils peuvent; mais, brisés de fatigue et dévorés par une soif ardente, ils s'arrêtent enfin épuisés et s'endorment de l'éternel sommeil. Ces accidents sont toujours le résultat de l'imprévoyance de ceux qui en sont victimes. Viennent ensuite les vents du S.-O. qui rafraîchissent le Désert de leurs ondées bienfaisantes, quoique ordinairement violentes. Ces ondées ne sont malheureusement pas assez générales; tandis qu'il pleut assez régulièrement, en automne, dans les régions montagneuses, les sécheresses de deux et trois années ne sont pas rares dans le plaines sahariennes. L'air est si sec au dessus des hamad qu'il peut pleuvoir pendant plusieurs heures avant qu'une goutle d'eau louche le sol ; mais lorsque l'atmosphère est suffisamment imprégnée d'humidité, ce sont de véritables torrents qui s'abattent sur les plaines altérées; l'eau ruisselle sur le sol pierreux: le moindre ravin devient un torrent mugissant; les vallées dans lesquelles ils se déversent s'emplissent jusqu'aux bords. Le flot impétueux refoule les sables amoncelés qui lui opposent un premier obstacle, déracine les arbres, emporte parfois des troupeaux et même des caravanes attardées, détruit des oasis et des villages; mais celte énorme masse liquide disparait bientôt, absorbée par le sol spongieux, pour aller sourdre doucement plus loin, dans les chotths et dans les parties basses de la vallée. Les vents du iN.-O., Uès violents, laissent aussi tomber quelques gouttes de pluie. Mais c'est en été que souffle le vent du S., le dévorant chdiili, dont le nom ^lglliDe nuisant, et sous l'action duquel le Désert se transforme en fournaise. Un ciel gris, par suite des particules de sable soulevées dans les hautes régions de l'atmosphère, des lueurs blafardes à l'horizon annoncent ordinairement l'approche de ce vent redouté. Les caravanes en marche s'arrêtent alors; celles qui traversent la région des dunes se garantissent de leur mieux derrière les arbrisseaux les plus touffus; celles qui franchissent les hamad tâchent de trouver quelques crevasses où elles s'abriteront en attendant la fin de la tempête. Bien plus rapidement encore que le simoum, le chihili dessèche les outres; bien plus ardenle est la soif qu il allume dans la poitrine des voyageurs. Sous son action se produisent aussi des mirages éblouissants et des déviations lumineuses qui déplacent les sites et font égarer les caravanes. Combien de cadavres n'a-t-il pas semés dans le désert? Nous avons vu des malheureux, morts de soif par letlet de ce vent terrible, plus desséchés que des momies dans l'espace de quelques heures. Mais pas plus que le simoum, le chihili ne peut occasionner la perle d'une caravane bien organisée et approvisionnée. Les gens prudents qui traversent les Aamarf en été ne voyagent que la nuit; ils s'abritent, le jour, dans les bas-fonds, où ils ont soin de couvrir leurs outres d'herbes sèches, et si leur provision d'eau est assez abondante pour leur permettre de satisfaire la soif qui les dévore, ils sortiront certainement sains et saufs

de la tourmente. — On comprendra sans peine que, sous l'action combinée des ravons solaires échaullant les hamad et des vents terribles dont nons venons de parler, le Sahara soit, en été, un des pays les plus chauds du monde. En hiver, par contre, le froid y est quelquefois rigoureux ; en cet. 1788, il tomba de la neige dans l'Oued- Rirh; le même phénomène se produisit, en I8,ï'2, dans le pays d'Ouargla. Nous y avons constaté, pour notre part, lesextiêniesde température suivants : le 4 fév. 1875, près du puits de Bûtthinn, dans les grandes dunes entre Ouargla et Rhadamès, notre thermomètre descendit, au moment du lever du soleil, à 5° C. au-dessous de zéro; nous mesurâmes, dans une satla (petit seau en fer battu) une couche de glace de 8 millimètres d'épaisseur; le ciel était pur, sans un souffle de vent. Le 23 juillet 1877, notre thermomètre àmaximâ, exposé à l'ombre sur une terrasse, dans l'oasis d'Ouargla, marqua oD° 1 C. par le vent du S. Qu'on se Heure ce que pouvait être, ce jour-là, la température au soleil dans les plaines de pierres environnantes!... .Mais en hiver, tandis qu'il gèle parfois la nuit, la température diurne se maintiententre -f- lo et 2U» àl'ombre par les vents du N.; dans la même saison, le simmim la fait souvent monter à 33 6140°. .'Ualgré les vents chauds qui y régnent et les extrêmes de température donl nous venons de parler, le climat du Sahara est, en général, des plus salubres; les maladies épidémiques y sont inconnues; lesquelques infirmités dontsouffrent les noniadesfmaladies depeau, maux d'yeux) sont surtout dues au manque de propreté. La plupart des oasis font exception à la règle générale. Leurs habitants, au lieu de chasser au loin les eaux d'irrigation, les laissent croupir dans les bas-fonds; il s'en dégage, en été, des miasmes qui produisent, chez les individus de race blanche, des maladies de foie et des fièvres pernicieuses appelées tehin (poison). Les Nègres sont réfractaires à ces maladies ; mais ils sont sujets à des obstructions intestinales causées par l'usage trop exclusif de la dalle. Les nomades, qui boivent du lait en mangeant le truitdu palmier, ne sont pas exposés à ces inconvénients. — Ess.u HISTORIQUE. Nous avoos déjà émis l'opinion que le Sahara avait été habité, dansles temps reculés, par des Nègres de races inférieures. Cette opinion s'appuie sur les récits des anciens, sur les traditions locales, sur l'existence de grottes profondes creusées dans les bords abrupts de plateaux dominant les vallées et sur les vestiges d'habitations grossières, en pierres brutes, que nous avons trouvés dans les îles de quelques anciens fleuves. Ces races inférieures firent place à des peuples plus avancés venus des oasis de l'ancienne Egypte; les auteurs anciens appelaient ces derniers Mélano-Gélules; assez légèrement les modernes les ont d'abord considérés comme des sang-niêlé provenant de croisements entre Berbères ou Arabes et Nègres soudaniens; revenus de cette erreur, nous les appelons aujourd'hui Nègres sahariens. C'est à eux que sont dus les restes de style égyptien dont .M. Henri Duveyrier a parlé et que nous avons également remarqués dans un cimetière de Rhadamès. Ce peuple ap(>liqua,en outre, dausleSahara, le système d'irrigation en usage daus les oasis égyptiennes par le moyen des puits artésiens, système encore usité de nos jours. C'est aux premiers émigrauts de cette race qu'il faut attribuer aussi, du moins nous le croyons, les figures d'animaux que l'on trouve gravées sur des rochers dans certaines parties du Sahara; ce sont, entre autres, des éléphants, des girafes, des hippopotames, des rhiuocéros, etc.^ animaux qui, vraisemblablement yivaientenniêmetemps qu'eux dans ces contrées et qui, depuis, ont disparu avec les eaux cou-

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I ailles auxquelles ils se défaltéraient; oe sont eux égalenieiilqui onl dû façonner les silex taillés dont nous ^^von^ rapporté de nombreux et remarquables t'chaulillons. Ces silex, qui tous appartiennent à l'âgo paléolithique, sont particulièrement abondants dans le bassin du Triton; on le^ rencontre par tas sur les pentes de la vallée de l'Oued-Miya; 'ils sont, en outre, épars dans toutes les .

plaines basses, autour de dépressions plus ou jours dans le SaUara. Toujours en guerre, elles moins grandes, qui sont d'anciens étangs ou ^ continueront de s épui-erdans des luttes bar

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indépendants. Ils n'ont jamais reconnu aux cbérifs qu'une anturité purement liunorifiqui' et religieuse. Actuellement leurs tribus, dispersées sur d'immenses territoires et sans lien entre elles, sont incapables de s'unir pour formerunepuissancesérieuse. — Pelples SAHARIENS. Ce sont ces trois races d'hommes : Nègres sahariens, Berbères et Arabes nomades que l'on rencontre encore de

lacs desséchés; sur l'igha'ghar, on en trouve surtout dans les îles du fleuve mort. A leur tour, ces Nègres supérieurs eurent à subir les invasions successives des Berbères, peuples mêlés de race blanche venus dans le N. de l'Afiiciue, les uns les bruns) par 1 Kiiypte, les autres (les blonds) par le détroit de Gibraltar. Ou doit attribuer aux premiers les remarquables monuments des environs de Rhadamés, aux autres les dolmens du N. de l'Afrique. D'autres caractères les distinguent encore : les bruns sont généralement sédentaires et commerçants, ils séquestrent leurs femmes ; les blonds sont surtont nomades et pillards, parmi eux le sexe faible est libre et considéré. Les Nègres furent, par les uns, assujettis à une sorte de servage et cultivèrent le sol pour leurs maîtres; par les autres ils furent vendus comme esclaves, exterminés ou refoulés vers le S. Les Romains envoyèrent quelques expéditions dans le Sahara; niais ils ne paraissent pas avoir exercé une grande influence sur les destinées de ce pays. .M Henri Duveyrier a découvert une inscription latine à Rhudamès; c'est la seule trace connue laissée par le peiiple-roi dans ces contrées. Vint ensuite l'invasion musulmane : elle commença par les .-Vrabes dits de la troisième race, sous le commandement d'Ûkba bèn Nafi (vu'' siècle) et se borna au Sahara septentrional; elle se continua par l'irruption des Aralies hilalieus ou nomades (xi« siècle). Ceiu-ci, après avoir ravagé le Maghreb, se ruèrent sur le Sahara comme un torrent destructeur. Nègres et Berbères semblèrent également voués, parcesbarbares, à une complète extermination; des nations entières furent anéanties et les contrées ((u'elles habitaient transformées en déserts. Les auteurs arabes, d'accord en cela avec les iraditioiis locales, nous apprennent qu'à l'époque de cette invasion, les vallées sahariennes, abondamment arrosées, étaient encore couvertes de riehes cultures au milieu desquelles s'élevaient des cités florissantes. Les palmiers isolés dans les vallées au milieu des broussailles, les débris de canaux, les ruines de qçour que l'on rencontre partout prouvent bien, en ell'et, que ce sont les Arabes nomades qui ont complété la ruine de ces malheureuses contrées. Cependant dans les parties occidentales du Maghreb etdu Sahara, où l'invasion fut moins intense, les Berbères gardèrent la suprématie du nombre et delà force; devenus musulmans, ils s'emparèrent même do l'autorité politique et religieuse. Déjà, dès le viii« siècle, les Lemtouna (voilés), de la nation des Senhadja, avaient fondé, dans le Sahara occidental, un puissant empire s'étendant du Maroc au Soudan. En 990, après la chute des Edrissiles, les Zenéta donnèrent un sultan au Maghreb dans lapersonne de Ziri bèn .\thiya; plus tard, au XI» siècle, les MiuabouUiinn (Almoravides-, sortant des profoadeurs du Désert dont ils avaient fait la conquête, ainsi que celle d'une partie du Soudan, englobèrent le Maghreb et l'.Vndalousie dans leur immense empire; les Momililied'un (Alraohades) leur succédèrent au xii« siècle; puis vinrent les Béni Mérinn, des Zenéta, au xui' siècle, et les Ouatazes de la même famille. Au xvi» siècle enfin, la souveraineté relourna aux Arabes par l'usurpation du chérif Moulay .Mohhammed ; mais déjà les Berbères sahariens s'étaient rendus

bares jusqu'à ce qu'une puissance supérieure vienne enlin leur imposer la paix sous une commune domination. Nous ne citerons que pour mémoire les Nègres soudaniens, enlevés aux riibes contrées équatoriales et transportés comme esclaves dans toutes les parties du Sahara; ils sont employés par les nomades a !a garde de leurs troupeaux et par les Berbères sédentaires à la culture du sol ou au service intérieur de la maison. Un grand nombre, aujourd'hui émancipés, se livrent dans les qçour à diverses industries. Les Nègres sahariens se rencontrent encore partout dans le Sahara, mais dans des conditions diverses; dans quelques contrées reculéeset d'accèsdil'flcile,ilsontpu sedéfeudre avec avantage et n'ont jamais connu le joug des conquérants; au milieu des Berbères blonds, leur condition rappelle celle de nos anciens serfs, tandis que là où les Arabes dominent suit par le nombre, soit par l'influence, ils sont fermiers et même propriétaires de« terres qu'ils cultivent. Ainsi dans le pays d Air, où ils prennent le nom de Kallaouis, | ils sont sédentaires et commerçants, faisant garderleurs troupeaux etcultiver leurs terres par les descendants d'une race noire inférieure. Les Kaîlaouis, ou Touareg noirs, n'ont jamais accepté des Arabes qu'une suprématie purement morale et religieuse; ils sont en guerre perpétuelle avec les Touareg blancs. Dausie Tibesti et les contrées circon- YOisines, les Nègres sahariens proprement dits sent surtout nomades et guerriers ; une race agricole, qu'ils tiennent en servage, parait descendre des anciens Ethiopiens troglodites. Dans le Fezzaun, ils sont auricultMirset libres propriétaires de leurs oasis. Dans ces d.flérentescontrées, ils ont reçu des .\rabesle nom de Tet'bous, c eil-a.-àiTe pillards. Dans le djebel Hhoggar,où ils gardent les troupeaux et cultivent les terres des Touareg blan.:s, on les appelle Imrhad^ mot équivalant à celui de serfs, k Rhadamès, au milieu de Berbères bruns ayant subi l'influence romaine, ils sont plutôt a l'état de clients ; leurs patrons les désignent sous le nomd'Atn'as qui signifie : issua dune race mère. Les gens d £1 Goleales appellent Qrefiann, c'est-à-dire descendants d'une race inférieure. Dans le Tidikell et le Tùuàt, on les appelle Uharatinn (aû'rauchis), parce que, dans ces contrées, ils ont été délivrés par les .\rabes du joug des Berbères et élevés à l'état de fermiers. Dans l'Oued-Rirh et le pays d'Ouargla, où ils sont pour la plupart propriétaires, on les appelle itoidir/ia, c'est-a-dire habitants d'un pays gras et fertile (eu arabe : Rirh). Sur l'Oued-Saoura enfin, où ils sont termiers des Arabes cheurta, ils sont connus sous les noms de Rlnema et de Graoïti, c'est-à-dire couijeurs de route. Les Nègres sahariens ont généralementadoptéla langue des peuples qui les ont assujettis; cependant dans l'oasis deRhadamès ils parlent encore un ancien dialecte égyptien; leur religion est un islamisme grossier mélangé d anciennes pratiques. — Quant aux Berbères, ils existent à l'état nomade dans tout lu Sahara, notamment dans le Hhoggar, où on les appelle Touareg(réprouvés),etdans le Sahara occidental où ils sont plus connus sous le nom de Maures ; ils n'ont jamais cessé d'être en lutte avec les Arabes, (ieux du llhoggar, deleurvrai nom Imouchaih, rayonnent dans tout le Sahara central et occidental,

SAHA

des contins de la Tripolilaine et du pays li Air à l'Atlantique; ils escortent et pressurent les caravanes marchandes, les pillent souvent et les massacrent quelquefois. Lear principale richesse consiste en chameaux dont ils font commerce; leurs troupeaux sont confiés à la garde des Imrhai; ceux-ci cultivent aussi quelques oasis pour le compte de leurs maîtres. Les Touareg du Hhoggar, autrefois unis, sont aujourd'hui divisés en deux confédérations ennemies : les Hhuggarenn et les Azguer. Ils ont toujours le visage couvert d'un voile noir; leur armement consiste en une longue épée, un javelot barbelé, un large poignard et un bouclier en cuir. .Montés sur leurs légers mahara, ils se transportent rapidement d'un lieu dans un autre. Leurs femmes, généralement très belles, ne sont jamais voilées, mais elles ont la déplorable habitude de se teindre le visage et le reste du corps avec de l'indigo. Les Oûlad Delim (Fils de la Nuit), qui errent à l'O., vers le Tiris et l Adrar, ont à peu près les mêmes mœurs que les Touareg du Hhoggar et ne sont pas moins redoutés des caravanes marchandes.

D autres Berbères sont sédentaires et propriétaires, par exemple dans l'Adrar. les Mzab, l'oasis de Rhadamès et dans la Tripolitaine; les qçour qu'ils habitent, ainsi que les oasis qui en dépendent, leur appartiennent; mais, considérant les travaux agricoles comme dégradants, ils font cultiver leurs terres par des Nègres sahariens ou par des esclaves soudaniens. Les Berbères sédentaires s'adonnent aussi au commerce; ce sont eux surtout les organisateurs de ces grandes caravanes qui transportent au Soudan les produits manufacturés du Nord en échange des produits naturels du pays des .Noirs; c'est à eux qa'ap- I partienneut les principaux entrepôts de commerce du Grand-Désert. Les Berbères sahariens parlent diSérents idiomes; tous ont accepté l'islamisme, mais avec plus ou moins de restrictions; ceux du Hhoggar paraissent à peu près indifférents en matière religieuse. — Les Arabes nomades, enfin, se rencontrent surtout dans le Sahara septentrional ; ils ne descendent guère, si ce n'est dans l'Est, au-dessous du 27° de lat. N. Divisés en tribus, subdivisées elles-mêmes en dotiars ou nezlas, ils errent tout l'été, avec leurs troupeaux, dans les steppes du Désert, mais sans dépasser un certain rayon. Quand vient l'automne, ils laissent le gros de leurs troupeaux dans le Désert et vont se réunir, par groupes de plusieurs tribus, autour des oasis qui leur servent de centre de ralliement et dans lesquelles les plus riches possèdent des jardins de palmiers. Là, ils vendent le croît de leurs chameaux, les laines de leurs brebis et les tissus fabriqués par leurs femmes; ils se procurent, en échange, des armes, du blé, des dattes et les menus objets qui leur sont nécessaires; ils louent aussi des chameaux aux caravanes et se chargent eux-mêmes des transports d'un lieu à un autre. Il est rare qu'ils fassent le grand commerce pour leur compte. Les .\rabes sédentaires que l'on rencontre dans les oasis, sont, pour la plupart, des maraboulhinn, descendants abâtardis des premiers conquérants; les zaouîas (voy. ce mot) en sont peuplées. De nombreuses familles de soi-disant cheurfa (descendants du Prophète) sont établies dans tout le Sahara marocain; nn grand nombre d'oasis dans le Tafilall et presque toutes celles de l'Oued- Saoura leur appartiennent. — Divisions politiques. A part l'Egypte, il n'existe guère, dans le Sahara, d'Etals constitués dans le sens où nous l'entendons. Dans l'E., la Tripolitaine et le Fezzaun sont placés sous la suzeraineté de la Turquie, qui se borne à en tirer des impôts, laissant chaque ville s'administrer à peu près comme elle l'entend: le fibesli est presque toujours dans l'anarchie; le pays d'Aïr est gouverne par plusieurs sul-

SAHA

Uns souvent en guerre les uns contre les autres: le djebel Hhog:.'ar est aujourd'hui, avons-naus dit, divisé en deux confédérations de Touareg toujours en lutte; le Tidikelt, le Touât, l'Aouguerout, le Gourara, groupes d'oasis importants qui prétendent reconnaître la suzeraineté de l'empereur du Maroc, sont, en réalité, divisés en autant de petites républiques qu'ils renferment de villages; elles sont administrées par des cheiks (vénérables) sous le contrôle de djemdas (assemblées de notables ; des qçour même, comme par exemple celui d'Aîu Çalahh, sont scindés en deux fractions s'administrant séparément et souvent en guerre l'une contre l'autre. Nous avons vu que la plus grande partie del'Oued- Saoura est gouvernée par des cheurfa indépendants; les oasis du Taillait et des autres vallées du Sahara marocain, y compris celles de rOued-Dràa, ne reconnaissent au sultan du Maroc qu'une autorité purement nominale; Berbères et Arabes s'y font une guerre d'extermination et l'anarchie y est permanente. L'Oued-Noun est une sorte de confédération de qçour ordinairement divisés en temps de pai.^, mais qui savent cependant s'unir pour résister aux prétentions des .Marocains. Seuls, les groupes d'oasis du Sahara tunisien et du Sahara algérien (voy. ces mots), soumis à la domination française, sont aujourd'hui en état de paix et en voie de prospérité. — PopuL.^TiON. Le chiflre de la population du Sahara est inconnu: nous l'évaluons approximativement à 5 millions d'individus, sur lesquels 3 millions de Nègres sahariens, oOO,000 Nègres de provenance soudanienne ou descendants des anciennes races inférieures sahariennes, i million de Berbères et 300,000 Arabes. La population de l'Egypte n'est pas comprise dans cette évaluation. — C\RAV.A.NEs. Centres commerciaux. Le Sahara est traversé, dans la saison hivernale, par nn grand nombre de caravanes marchandes.

Ces caravanes s'organisent, en automne, dans les principaux centres commerciaux; elles transportent au Soudan les produits manufacturés de l'Europe et du littoral africain, et s'en retournent, au printemps, chargées des produits naturels de l'.\frique centrale. Les tètes de ligne des caravanes sont actuellement au Maroc (Tafilalt et Oued-Drâa), à Tripoli et en Egypte. Les grandes caravanes vont directement trafiquer au Soudan . dans le Bornou, le Hhaoussa, sur les rives du Niger et du Sénégal; mais un plus grand nombre se bornent à faire leurs éclianges dans les entrepôts sahariens, lesquels sont en même temps des relais commerciaux. Les principaux de ces entrepôts sont actuellement : Ouadann dans l'Adrar, à 10.; Tombouctou, sur le Niger, but du voyage de l'intrépide Caillié; Abouam, dans le Tafilalt; Aïn Çalahh, dans le Tidikelt; Agadès dans le pays d'.\ir; Rhadamès, au S.-O. de la Tripolitaine; Rhât, à l'E. duTassili du Hhoggar, et enfin, Mourzouk dans le Fezzaun. Le plus important de tous ces entrepôts est celui d'.\i[i Çalahh; c'est le grand carrefour du Déseri, le point de croisement de toutes les grandes voies commerciales : celui de Rhât a aussi une importance considérable. Les négociants d'Ain Çalahh exploitent, pour leur compte, tout le Soudan septentrional ; les caravanes de la Tripolitaine qui s'organisent à Rhadamès pour aller trafiquer à Tombouctou et dans le Bambara passent nécessairement par cette oasis; celles du Maroc qui vont au Hhaoussa et au Bornou ne sauraient l'éviter. De même les marchands de Rhadamès et de Mourzouk qui vont directement au Bornou et au Hhaoussa sont obligées de passer par Rhât. Araouann, au N.-O. deTombouctou, et Aghadès, dans le pays d'Air, sont, dans le sud, les points de séparation des caravanes qui, remontant vers le N., se dirigent vers les dili'érents points stratégiques du Saliaia

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central et septentrional . (Voy. Tbanss.\Hahien.1 — Sahara Algérien. Partie septentrionale du Sahara située directement au S. de l'Algérie et soumise aujourd'hui à la domination française. Le Sahara algérien comprend plusieursarchipels d'oasis qui sont : ceux des Zibann etdes Oulad-Djellal dont le chef-lieu e^t Biskra; du Souf, ville principale El Oued; de l'Oued-Rirh, chef-lieu Touggourt; de l'Ouargla. entourant laville du même nom; des Béni Mzab, ville principale Ghardaya; en outre, un grand nombre de qçour au S. de la province d'Oran, lesquels relèvent du commandement supérieur de Laghoual. et dont les principaux sont : Aïn Madhi, El Abiodh Sidi Cheikh, Tiout, etc. Plus au S., se trouve le qçar d'EI Goléa(ou mieux, Q. /m. le petit Chûteau), jadis chef-lieu d'un important territoire, aujourd'hui isolé sur son rocher qu'entoure encore une oasis de 17 mille palmiers.

Le Sahara algérien s'étend jusqu'àii 30° de lat. N., limite extrême des pâturages parcourus par les tribus nomades qtii se réunissent, en automne, autour des oasis et des qçour que nous venons de citer. — Sahara Marocain. Partie septentrionale du Sahara dont les habitants reconnaissent ou sont censés reconnaître l'autorité de l'empereur du Maroc Ses principaux qçour sont ceux, en dehors de l'inlluence française, de l'Oued- Messaoud, du Tafilalt. de i'Oued-Sous et de l'Oued-Drâa. — Sahara Tunisien. Partie du Sahara septentrional qui confine à la Tunisie. Ses principales oasis sont celles de Nefta, dans le Belad el Djerid on réside le grand maître de l'ordre des Khouann, deTouzer, de Gabès, de Douz, etc. (V. L.\rgeau.)

SAHARIEN, lENNE s. et adj. Uu Sahara; qui appartient .lu Sahara.

SAHEL (ar. sahhel, bord, rivage), non; donné particulièrement au massif ^ur un contre fort duquel s'élève la ville d'Alger et qu'entoure, au S., la plaine de la .Mitidja.

SAÏDA (aiic. Sidon ou Zidon), ville de Syrie, à 32 kil. S. -S.-O. de Beyrouth, sur un promontoire qui s'avance dans la Méditerranée; 8 à 10 000 hnbit Le | ort n'est accessible qu aux bateaux I n chittau en ruine, qu'on suppob avoir ete bail \eib lecuniniencement

SAiG

T kil. S.-O. de Bilin. Saurces sulfatées macnésiques froides, amères, dont les propriétés laxalives sont utilisées à la dose d'un oh deux verres, matin et soir. On exporte annuellement 300.000 cruchons de ces eaux, assez semblables à celles de Bilin et de Pulna.

* SAIE s. f. Voy. Sagl'm el Savon.

* SAIGNANT, ANTE adj. Qui dégoutte de sang : avoir le nez tout saignant, la Ixniclie toute saignante. — Viande saignante. encoi!E TOUTE saignante, viaude rôtie qui n'est pas assez cuite. — La. plaie est kncore sairna.nte, l'injul'e est encore toute iécente, toute nouvelle: le malheur est encore tout nouveau.

* SAIGNÉE s. f. Ouverture de la veine pour tirer du sang: pratiquer la saignée. — Sang qu'on tire par l'ouverture de la veine : qrande, abondante saignée. ■ — C'est i.:ne GB.iNDE saignée, UNE HODE saignée qu'on LUI A FAITE, QU'oN

A faite A SA BOURSE, SB dit quaild oh a tiré de quelqu'un beaucoup d'argent, quand on a exigé de lui une somme considérab'e qu'il ne devait pas ou qu'il espérait ne pas payer. — Pli formé par le bras et l'avant-bras." et qui est l'endroit où l'on ouvre oïdinairenienl la veine: il a reçu vn cotip .mr la saignée. — Rigole que l'on fait |'0ur tirer de l'eau de quelque endroit : on fit une grande saignée aux fossés de la place. — Encycl. Oh donne le nom de saignée à l'évacuation artificielle du sang. Elle ne se pt-atique pas snr les artères (artériotomie). mais uniquement sur les veines (phlébotomie), soit au pied, soit au pli di; bras, à la médiane basilique et inieux à la médiane céphalique, parce qu'elle est plus éloignée de l'artère. Après avoir bien choisi le lieu de la saignée de façon à ne pas s'exposer à blesser l'artère, on fait une ligature en haut du coude, puis d'une main on fixe la veine pour qu'elle ne fuie pas devant la lancette, pendant que de l'autre main on enfonce perpendiculairement cette laiicetle de deux millimètres environ ; en la retirani, on agrandit l'ouverture par Un mouvement d'élévation. Quand le malade prend mal au cœur, le sang cesse de couler pour revenir a mesure que finit la syncope On accéléré l'écoulement en faisant remuer la inaiii.

de l'ère Chrétienne, couvre un gros rocher artificiel ou sorte de môle, à l'entrée du port, et est réuni à la ville par un pont de neuf arches. Le principal commerce est celui de la soie. Les ruines de Sidon sont à 2 kil. environ dans l'intérieur des terres. (Voy. Sidon.)

SAÏD-PACHA, vice-roi d'Egypte. Voy.

Egypte.

SAIDSCHDTZ ou Seidschûtz. station minérale bohémienne, à 12 kil. de Tœplitz, à

Après la saignée, on détache la ligature, on lave la plaie avec de l'eau froide et on y fixe une compresse. Pratiquement, il faut, avant de saigner, tenir compte: i" Ae l'dgc : chez les enfants et chez les vieillards on doit être sobre d'émissions sanguines. On préfère généralement pour les premiers les émissions locales; 2"" du sexe : le flux menstruel supprimé indique quelquefois des émissions locales à la vulve; 3» du tempérament : les sujets pléthoriques supportent mieux la sai-

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gnée que lès sujets lymphatiques, mais surtout que les sujets nerveux: 4° de Vhnlnfude : les saignées habituelles créent une condition fâcheuse et à laquelle on ne peut se soustraire que très difliciiement; 5° du climat : en général, les saignées conviennent peu dans les pays chauds. — Les saignées agissent comme déplétivcs, comme antiphlog-isliques et comme révulsives, mais il est toujours bon de n'en user que lorsque leur indication est bien formelle, car elles affaiblissent les malades.

* SAIGNEMENT s. m. Ecoulement, épanchement de sang, principalement par le nez : arrêter un saignement de nez.

' SAIGNER V. a. Tirer du sang en ouvrant la veine : saigner un malade. — Saigner la VIANDE, la purger de sang grossier : on n'a pas assez saigné cette viande — Par anal. Saigner UN FOSSÉ, SAIGNER UN MARAIS, faire écouler par des rigoles une partie de leau d'un fossé, d'un marais; et, Saigner une rivière, faire prendre un autre cours à une partie de l'eau d'une rivière. — Boucherie et Cuis. Tuer, égorger : saigner un porc, un veau, un mouton. — Fig. et fara. Exiger, tirer de quelqu'un une somme considérable qu'il ne devait pas, ou qu'il espérait ne pas payer : il y a eu des temps où le pouvoir saignait arbitrairement certaines classes de gens riches. — V. n. Perdre du sang. Se dit tant de la personne ou de l'animal, que de la partie d'où le sang couie : saigyier du nez; son front saigne. — Saigner comme un bœuf, rendre beaucoup de sang par la partie qui a été coupée, blessée. — Saigner du nez, manquer de résolution, de courage dans l'occasion : il fit d'abord le fanfaron, puis il saigna du nez. Manquer à un engagement pris: il avait promis de 7ne vendre sa maison, maintenant il saigne du nez. — La plaie saigne encore, c'est une plaie qui saignera longtemps, se dit en parlant d'une offense, d'une injure, d'un malheur dont on conserve encore, dont on conservera longtemps le souvenir. — Le CŒUR ME saigne, LE CŒUR LUI SAIGNE, se dit en parlant d'une chose dont on est sensiblement touché : quand je pense à ce malheur-là, le cœur m'en saigne encore. — Se saigner v. pr. Donner jusqu'à se gêner: c'est un père qui se saigne pour ses enfants.

SAIGNES, ch.-l. de cant., arr. et à 26 kil. N.-E. de Mauriac (Cantal); 615 hab.

■ SAIGNEUR s. m. Ne se dit guère que d'un médecin qui aime à ordonner la saignée : c'est un rude saigneur, un grand soigneur. (Fam. et peu us.)

* SAIGNEUX, EUSE adj. Sanglant, taché de sang : il a le nez saigneux. — Bout.saigneux DE VEAU, DE MOUTON, le COU d'un veau ou d'un mouton, tel qu'on le vend à la boucherie; et absul.. Bout saigneus, le cou d'un mouton.

SAIGON, eap. de la Cochinchine française sur le Donnai, à ISO kil. de la mer, par 10» 50' lat. N. et 104" 22' long. E.; 19,200 hab., dont 2,000 Europc'ons. Port français, sûr et accessible aux navires du plus fort tonnage. Evèché catholique, sufl'ragaiu d'Aix. Dans la citadelle se trouvent les casernes, les quartiers des officiers, et la résidence du gouverneur. Il y a un grand chantier de coustruclioiis navales et un arsenal. C'est un centre commercial important. Les Français prirent Saigon à l'Anuam le 17 fév. 48u9, et le traité du 5 juin Ibôi le reconnut pour territoire français.

SAIL-LES BAINS, station minérale et commuiiedu cant. Ue laPacaudièie,arr. elà32kil. de Roanne (Loiri:):659 hab. Eaux bicarbonatées mixtes. Six sources. — Vices du sang, dartres, sciof'ules, syphilis ancienne-;, allecliuns utérines, stérilité, goutte, ihuiiiali=mes,

SAIN

maladies des yeux, de la vessie. Etablissement avec cabinets de bains et douches.

SAILLAGOUSSE, ch.-l. de cant., arr. et à 47 kil. S.-O. 'io Prades (Pyrénées-Orientales), sur la rive gauche de la Sègre; 521 hab.

SAILLANS, ch.-l. de cant., arr. et àSSkil. S.-O. de Dié(Diôme), sur la rive gauche de la Drômc: 1,603 hab.

* SAILLANT, ANTE adj. Qui avance, qui sort en dehors : corniche saillante. — Angle

SAILLANT d'une FIGURE, d'oNE FORTIFICATION,

celui dont le commet est dirigé en dehors, et dont l'ouverture regarde le dedans : les angles sailltnits d'un polygone. 11 est opposé à Angle RENTRANT. — Ce qui est vif, brillant, frappant : une pensée, une idée saillante. — Blas. Se dit d'une chèvre, d'un mouton ou d'un bélier en pied.

SAILLER v. a. {II. mil.]. Mar. Faire glisser dans le sens de sa longueur.

' SAILLIE s. f. (rad. saillir). Elan, mouvement, sortie qui se fait, avec impétuosité, mais avec interruption : cet animal ne marche que par bonds et par saillies. — Fig. Emportement, boutade, échappée : dans sa colère il a de fâcheuses saillies. — Trait brillant et surprenant qui semble échapper soit dans la conversation, soit dans un ouvrage d'esprit ; une saillie vive, spirituelle, agréable. — Se dit encore, surtout dans le langage didactique, des émineuces, des bosses qui sont à la surface de certains objets : cet os a une saillie à sa partie postérieure. — Archit. Avance que forment les différents membres d'architecture, tels que corniches, moulures ou ornements, balcons, trompes, etc.; et celle qu'une pièce ou partie de l'édilîce forme sur une autre : cette corniche a trop de saillie. Les architectes nomment aussi, et plus exactement Projecfuhe, la saillie ou avance horizontale des divers membres d'architecture.

— Peint. Relief apparent des objets représentés dans un tableau : cette figure n'a pas assez de saillie. — »* Action de saillir nue femelle.

" SAILLIR v. n. [Il rail.] (lat. satire). Je saillis, tu saillis, il saillit; nous saillissons, etc. Je siiillissuis. J'ai sailli. Je saillis. Je saillirai. Je saillirais. Quefesaillit^se. SaiUissunt. On ne l'emploie guère qu'a l'inlinilif et à la troisième personne de quelques temps. Jaillir, sortir avec impétuosité et par secousses. Ne se dit, en ce sens, que des choses liquides : quand Moïse frappa le rocher, il en sadlit une source d'eau vive. On dit plus ordin.. Jaillir.

— Archit. Se dit de ce qui est en saillie, de ce qui déborde le nu du mur. Dans ce sens, on le conjugue ainsi : il saille, il saillait, il saillera, etc. ; celte corniche saille trop, saillerait trop, saillera trop. — Peint. Se dit des objets qui paraissent avoir beaucoup de relief, qui semblent sortir de la toile : les ombres bien ménagées font saillir plus ou moins les objets. — v. a. Se dit pour exprimer l'action de quelques animaux lorsqu'ils couvrent leurs lemelles; alors il se conjugue comme dans la première acception : faire saillir une jument.

SAIL-SOUS-COUZAN, station minérale, arr.

et a 2:! kil. iS.-U. de Montbnzun (Loire). Eaux bicarbonatées sodiques ferrugineuses froides. Deux sources : une source médicinale, une source de table. — Dyspepsie, gastralgie, névrose, maladies des femmes, chloro-anémie, gravelle, maladie du fuie, de la vessie. — Etablissement avec i6 baignoires munies d'un tube pour l'aspiration de 1 acide caibonique, douches de toutes sortes, bains dfc vapeur, appareils pour bains de gaz, hy di othera[iie. l,2ii3 hab.

* SAIN, AINE adj. (lat. sanus). De bonne coiisulutioii, qui n'est point sujet à être malade : un corps bien sain. — Uevbnir sain kt

SAIN

SAUF, réchapper de quelque péril; ou, après avoir essuyé quelque grande fatigue, être en parl'aite santé. — Ces marcbandises sont arrivées saines et sauves, elles sont arrivées sans avoir éprouvé d'avarie, de dommage. — Se dit aussi des parties du corps, et signifie, qui n'est point altéré, gâté, qui est en bon état : on lui a trouvé les parties nobles fort saines, saines et entières. — Se dit dans le même sens des fruits, des plantes et d'autres choses inanimées : voilà des pommes, des poires encore fort saines pour la saison. — Se dit aussi du jugement, de l'esprit, et de leurs opérations, de leurs conceptions : malgré su grande vieillesse, il a encore la tête saine. — La saine raison, la droite raison. La saine CR1TI0UE, la critique judicieuse. — Saine doctrine, la doctrine qui est orthodoxe et conforme aux décisions de l'Eglise : ce livre de théologie ne contient qu'une saine doctrine. Se dit aussi, en morale et en littérature, des doctrines conformes à la vertu, à la raison, au bon goût : ce livre respire la plus saine doctrine. — Salubre. qui contribue à lasanté: l'air de cette ville est fort sain.

' SAINBOIS s. m. Se dit, dans les pharmacies, de l'ecorce du garou [daphné paniculé [daphne gnidivm) et daphné mézéréon], qui sert à faire des vésicatoires, et entre dans la composition d'une pommade épispastique : pommade de sainbois.

' SAINDOUX s. m. (de sain et de doux). Graisse ae porc fondue ; friture au saindoux.

' SAINEMENT adv. D'une manière saine :

pour vivre sainement, il faut éviter toute sorte d'excès. — Fig. Juger sainement des choses, en bien juger, en juger selon la droite raison. On dit de même : Raisonner sainement: cela est sainement pensé.

' SAINFOIN s. m. Bot. Genre de légumineuses, type de la tribu des hédysarées, comprenant plusieurs espèces de plantes, dont la principale, nommée sainfoin commun [onobrychis saliva), bourgogne ou esparcelte, est vivace et sert à former des prairies artificielles : les sainfoins veulent un printemps pluvieux; le sainfoin échauffe la bouche des chevaux. — Le sainfoin est un excellent fourrage, qui possède la faculté précieuse de prospérer dans les terrains très médiocres, pourvu qu'ils ne soient ni compacts ni marécageux. Les terrains calcaires, graveleux ou pierreux sont spécialement propres à sa culture. On le sème au printemps, dans la proportion de 0 à 6 hectolitres par hectare, en employant toujours des graines de la dernière récolte. H existe des variétés de sainfoin qui ne fournissent qu'une coupe par an; d'autres fournissent deux coupes. On cultive de préférence ces dernières variétés. — Le sainfoin d'Espagne ou sainfoin à bouquets (hedysarum coronarium] est une espèce d'ornementquelquefois cultivée comme fourrage.

SAINS. I, ch.-l. de cant., arr. et à 16 kil. 0. de 'Vervins (Aisne); 2,0:3 hab. Tissage de laine et de coton. — 11. Village, arr. et à 8 kil. S. d'A'mieiis (Somme); 633 hab.

• SAINT, AINTE adj. (lat. sanctus). Essentiellement pur, souverainement parfait. Ne se dit en ce sens que de Dieu : la sainte Trinité. — Se dit, par ext., des créatures les plus parfaites etdes esprits bienheureux : la sainte Vierge; les saints anges. — Par abréviation, on écrit, S. Jean ou St Jean, Ste Geneviève, les SS. Pères, etc. — Sainte Famille, se dit aussi des tableaux qui représentent la sainte Vierge, saint Joseph et l'enfant Jésus : la sainte Famille de Raphaël. — Se dit également des hommes qui vivent selon la loi de Dieu, et qui suivent fidèlement ses préceptes et ses conseils ; un saint homme. — Se dit de même des choses qui sont conformes à la loi (le Dieu, à la piété : uw action sainte. - - Se dit aussi de ce qui appai tient à la reli-

SAIN

gion, de ce qui est dédié, consacré à Dieu, ou qui sert a quelque usage sacré : tontes Icn églises sont des lieux saints. — Les lieux SAINTS, LES saints LIEUX, les lieux où se sont opérés les principaux mystères de notre ré- (l.>niption. La terre sainte, la Palestine : visiter les saints lieux, la terre sainte. — Terre SAINTE, terre qui a été bénite pour inhumer les fidèles : il n'a pas été enterré en terre mainte. — Le saint sépulcre, le sépulcre où Noire-Seigneur fut déposé après sa mort : gardiendu saint sépulcre. — La semaine sainte. On nomme ainsi la semaine qui précède le jour de Pâques; et tous les jours de cette semaine s'appellent saints : l'office du lundi saint. — Semaine sainte, livre qui contient l'office de la quinzaine de Pâques : acheter une Semaine sainte. — L'année sainte, l'année du gjand jubilé, qui est la dernière année de chaque siècle; et même l'année de chaque jubilé, qui arrive de vingt-cinq en vingt-cinq ans. — Se dit, par ext., d'une chose qui est digne d'un grand respect, d'une vénération parlieulière : la sainte union conjugale. — Saint, ainte s. C'est un saint, une sainte. — La communion des saints, la société des lidèles.

— La Saint-Jean, la Saint-Martin, etc., le jour où l'on célèbre la fête de saint Jean, de saint Martin, etc. — L'église Saint-Germain, l'église Saint-Gervais, etc., et absol. Saint- Germain, Saint-Gervais, etc., l'église consacrée à Dieu sous l'invocation de saint Germain, de saint Gervais, etc. — En général, le mot saint prend une majuscule et se joint par un trait d'union au substantif qu'il modifie, lorsqu'il forme avec ce dernier un nom qui ne s'applique point a un saint, ou qui ne s'y rapporte plus que d'une manière indirecte : le village de Saint-Cloud, ou absol., Saint-Cloud; le faubourg Samt-Jacgues. — C'est un pauvre saint, c'est un saint qui ne guérit de bien, se dit d'un homme qui a peu de mérite, ou peu de crédit, qui ne peut être d'aucun secours. — Il ne sait a quel saint se VOUER, il n'a plus de ressource, il ne sait plus à qui avoir recours. — A. chaque saint sa chandelle, pour s'assurer le succès d'une alTaire, il faut se rendre favorable chacun de ceux qui peuvent contribuer à la faire réussir. — Comme on connaît ses saints on les HONORE, quand on veut se rendre quelqu'un favorable, on se conforme à ses goûts, à ses opinions. • — Selon le saint, l'encens, il faut proportionner l'hommage au mérite, à la dignité. — Il vaut mieux s'adresser a Dieu qu'a ses saints, il vaut mieux sadresser au roi qu'a ses ministres; et, en général, à un homme puissant qu'à ses subalternes. — Découvrir saint Pierre POUR couvrir saint Paul, remédier à un inconvénient par un autre. —

— Prêcher pour son saint, louer, vanter une personne, une chose dans des vues d'intérêt personnel. — Le saint du jour, se dit d'un homme qui est à la mode ou en crédit depuis peu. — Etre dans la prison de saint Crépin, porter une chaussure trop étroite. — C'est SAINT RocH ET SON CHIEN, Se dit de deux personnes qu'on voit toujours ensemble. — Employer TOUTES LES HERBES DE LA Saint-Jean, employer, pour réussir en quelque all'aire, tous les moyens dont on peut s aviser. — Mal Saint- Jean, et plus communément, Mal de saint, le haut mal. le mal caduc, l'épilepsie. On appelait autrefois Feu Saint-Antoine, une espèce d'érésypèle qui brûlait et desséchait la partie attaquée. — Le saint des saints, la partie la plus intérieure et la plus sacrée du tabernacle, et ensuite du temple de Salomon, celle ofi l'arche était renfermée : le grand prêtre seul pouvait entrer dans le saint des saints.

SAINT-ALLAIS (Viton de), généalogiste, né à Langres en 1773, mort en 1842. H a laissé entre autres ouvrages : Histoire générale des ordres de chevalerie civils et militairi^s existant

en tlurope [ibl [ ,

SAIN

de France (18l4-'i0, 18 vol. in-8»); Dictionnaire de la noblesse (1816). H commença, en 1819, une nouvelle édition de l'Art de vérifier les dates, qui fut achevée par Fortia d'Urban.

SAINT-AMANT (Marc- Antoine-Gérard ,

SIEUR de), poète, né à Kouen en lo94, mort en 1060. Il fut un des premiers membres de l'Académie française. Gh. Livet a donné en 18.t5 une nouvelle édition des Œuvres de Saint-Amant (Paris, !> vol. in-16).

SAINT-ANDRÉ (Jacques d'Albon, seigneur de'}, marécluil de France, né vers 1503, tué à ' la bataille de Dreux en 1562. 11 servit sous Henri III et ses successeurs, fut créé maréchal en 1.t47, tomba au pouvoir des Espagnols à labataille de Sainl-Quentin, recouvra la liberté après la paix de Cateau-Cambresis (15o9), et, adversaire acharné des calvinistes, tonna avec le connétable de .Montmorency et le duc de Guise l'association connue sous le nom de triumvirat.

SAINT-ANGE (Ange-François Fariau de), littérateur, né à Blois en 1747, mort en 1810. Il a donné des traductions en vers des Métamorphoses, des Fastr>i, de VArt d'aimer, du Remède d'Amour, d'Ovide. Il entra à l'Académie française en IslO. Ses (Euvres complètes ùi.t été réunies en 1823 (9 vol. in-12).

SAINT-ARNAUD (Jacques-Achille Leroy de), maréchal de France, né à Paris le 20 août ISOi, mort à la mer le 29 sept. 1854. Son nom de famille était Leroy; mais il se fit connaître sous celui de Saint-Arnaud. Il entra dans la garde royale àl'à^'e de 16 ans et devint officier d'infanterie. En 1820, il fut cassé pour avoir pris part à une manifestation, s'engagea dans une troupe d'acteurs et mena une vie précaire jusqu'en 1831, époque où il futréintégré dans l'armée. En 1833, il devint sous Bugeaud, j;eolier adjoint de la duchesse de Berry dans la citadelle de Blaye. 11 montra ensuite une grande bravoure en Algérie. En 1831, il devint général de division et en octobre ministre de la guerre. Il fut l'un des acteurs les plus ardi-nts du coup d'Etat du 2 déc. ; il en fut richement récompensé, et nommé maréchal et grand écuyer. En avril 18o4, il prit le commandement des forces françaises en Turquie. Il insista énergiquement pour débarquer en Crimée et, bien que souffrant considérablement de maladie et de ses blessures, il resta sur le champ de bataille de l'Aima pendant 12 heures. 11 fut forcé d'abandonner son commandement le 26 sept, et il mourut du choléra pendant son retour à Constantinople.

SAINT-AUBIN D'ÉCROSVILLE. Voy. Écros-

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