SAUT
courts, épais, voûtés, ridés, qui produisent, en se frottant l'un contre l'autre, un son aigu, stiident et fort. Il y a une variété à raies transversales vertes, et une à raies transversales brunes. Lafpnielle chante presque autant que le mâle. — Parmi les espèces américaines des Etats-Unis, nous citerons la sauterelle des prairies (orchelimum vuhjare, Harris), verte, avec une bande brune sur la tête et letho-
SAUV
Sauterelle à ailes en feuilles oblongues (PhjUoplera oblongifolial.
rax ; et la sauterelle à ailes en feuilles oblongues [phylloptcra oblongifolia, de Geer), d'un vert brillant. — On donne le nom particulier de criquets ou d'acridies à un groupe de sauterelles qui vont par troupes et qui, outre la faculté de sauter, ont encore celle de voler longtemps. Les ailes des criquets sont souvent colorées d'une manière agréable, particulièrement de rouge et de bleu. Quelques
elle des p
ulgare).
espèces, qui reçoivent le nom vulgaire de sauterelles de passage, se réunissent par bandes dont le nombre est au-dessus de tout calcul, émigrent, paraissent danslesairscomme un nuage épais et convertissent en déserts les lieux où elles s'arrêtent. Souvent même leur mort est un nouveau fléau, l'air étant
Criquet occidental (loeiista migratoria).
corrompu par Icffroyahle quantité de cadavres restés sur le sol. Dans diverses contrées de l'Afrique, on mange ces insectes conservés dans de la saumure après qu'un leur a ôté les élytres et les ailes; on les fait quelquefois bouillir dans l'eau salée ou griller sur de la braise. Suivant re.\plorateur Largeau, legoût
Criquet des moatagnes Rocbeuscs (Caloptenus spretus).
n'en est pas désagréable. Une partie de l'Europe e.st souvent ravagée par le criquet de passage (gryllus migratorius], long de 6 centim. ordinairement vert, avec des taches obscures, les mandibules noires, les étuis d'un brun clair, tachetés de noir, une crête peu élevée sur le corselet. Les œufs sont enveloppés d'une matière éciinieuse et glulineuse, couleur de chair, et loriuant une coque, que l'in-
secte colle, dit-on, sur les plantes. Le N. de l'.^frique est souvent ravagé par quelques espèces un peu phxs grandes {gryllus 3.-i,</ptius. tarlaricus', qui ditfèrent peu du gryllus Hncota du midi de la France. C'est à ce tnêma groupe qu'appartiennent la sauterelle à ailes rouges {gryllus stridullus), d'un brun foncé ou noiiâtre, avec les ailes rouges terminées par du noir, et la sauterelle à ailes bleues {iiryllus cgerulescens). dont les ailes d'un bleu pâle portent une bande noire. L'Amérique compte aussi plusieurs espèces de criquets, parmi lesquelles nousdistinguerons ]e criquet occidental {locusta migratoria), qui désole les parties occidentales des Etals-Unis, et le criquet des montagnes Rocheuses {caloptenus spretus), qui coûte près de 100 millions par année aux régions qu'il habite.
SAUTERIE s. f. Danse sans caractère. — Soirée intime où l'on danse sans façon.
SAUTERKE ou Sauternes s. m. Vin blanc produit à Sauternes et dans les environs.
SAUTERNES, comm. du cant. de Langon, arr. et à 18 kil. N.-O. de Bazas iGironde); 932 hab. Vins blancs renommés.
' SAUTE-RUISSEAU s. m. Petit clerc d'avoué, de notaire, etc., qui fait les courses : des saule-ruisseau.
' SAUTEUR, EUSE s. Celui, celle qui saute, dont la profession est de faire des sauts et des tours de force : grand sauteur. — Homme d'un caractère équivoque et qui se vante ridiculement. (Peu us.) — .Mail. Cheval dressé à exécuter les différents sautsetqu'on faitmonter aux personnes qui apprennent l'équitation : il y a dans les manèges deux espèces de sauteurs : le sauteur entre les piliers ou dans les piliers, et le sauteur en liberté. — s. f. ^<\m d'une sorte de danse. — Entom. Grande division des orthoptères. (Voy. Orthoptères.)
SAUTILLAGEs. m. Action défaire de petits
sauts.
' SAUTILLANT, -ANTE adj. Qui sautille, qui ne fait que sautiller : des enfants sautillants. — Style sautillant, style saccadé qui manque de suite et de gravité.
•SAUTILLEMENT s. m. Action de sautiller, d avancer en faisant de petits sauts : la plupart des oiseaux vont par sautillement.
• SAUTILLER v. n. Sauter à petits sauts : les pies, Us moineaux sautillent au lieu de marclier.
SAUTILLON s. m. Serrur. Partie de la gâche du demi-lour qui est munie d'un biseau.
• SAUTOIR s. m. Figure que présentent deux ou plusieurs objets disposés de manière à imiter une croix de Saint-André X. On ne l'emploie guère que dans la loc. adv. En sautoir: deux pièces de l'Ois mises en sautoir. — Se dit, particul., en parlant d'armoiries ; deux clefs passées en sautoir. On dit de même. Porter d'argent ac sautoir de gueules. — Porter un ordre en sautoir, en porter le ruban, le cordon en forme de collier tombant en pointe sur la poitrine : l'ordre de la Toison-dOr et celui de Saint-Lazare se portent en sautoir. — Porter quelque chose en sautoir, le porter sur le dos à l'aide de deux bretelles ou cordons qui se croisent sur la poitrine, on même à l'aide d'une seule bretelle ou d'uD seul cordon qui passe de gauche à droite oii de droite à gauche : porter son bagage en sautoir.
• SAUVAGE adj. (rad. lat. silva, forêt). Se dit proprement de certains animaux qui vivent dans les bois, qui se tiennent dans les déserts, dans les lieux éloignés de la fréquentation des hommes : les lions, les tigres, les ours sont des animaux sauvages et carnassiers. — Qui n'est point apprivoisé. En ce sens, se dit généralement de tous les animaux qui ne
SAUV
sont point domestiques : les animaux sauvages' et les animaux Homes^liques. — Se dit, par ext., des lieux inrulles et inhabités : un pays sauvage. — Se dil encore de certains peuples qui vivent ordinairement dans les bois, presque sans religion, sans loi, sans habitation fixe, et plutôt en bêtes qu'en hommes: lespeuples sauvages de l'Amérique, de l'Afrique, etc. — Se dit fig., d'une personne qui se plaît à vivre seule; et qui, soit par bizarrerie, soit par timidité, évite la fréquentation du moncle :' c'est un homme fort sauvage, d'une humeur sauvage. — Qui a quelque ohose de rude, de farouche : ce savant a quelque chofe de dur et de sauvage dans toutes ses manières. — Se dit aussi de certaines plantes, de certains fruits qui viennent naturellement, sans qu'on prenne soin de les greller, de les culliver : olivier sauvage. — Huile sauvage, huile qui a un petit goût amer, ce qui ne la rend que meilleure. — Feu sauvage, sorte de gale qui vient quelquefois au visage des entants : cet enfant a du feu sauvage. — Substantiv. Cet homme est un sauvage; les sauvages de l'Afrique.
SAUVAGE (Pierre-Louis- Frédéric), inventeur de l'helice api'liquée a la navif;ation. né à Bûulogne-sur-Mer le 19 sept. 178o, mort misérablement dans la maison de santé de Picpus le 17 janv. 1857. C'est en 183i, qu'après avoir déjà fait des inventions importantes, dont il n'avait personnellement tiré aucun profit, il prit son brevet pour l'hé'iee sous-marine, qui a produit une révolution dans l'usage de la vapeur comme force motrice des navires. Son appareil fut incompris en France: mais les Américains l'adoptèrent en 1836; et l'hélice (voy. ce mot), revenant de l'étranger, fut aussitôt adoptée par les ingénieurs français. Cette admirable invention enrichit une foule d'exploiteurs, tandis que Sauvage, qui y avait consacré pendant dix ans ses veilles et ses ressources, se vit arrêter pour dettes et jeter dans une prison du Havre. Au sortir de cette prison, il aperçut dans le port un navire américain à hélice! Il devint fou à l'instant même. Son fils employa sa vie à payer les dette5 qu'il avait contractées pour le triomphe de son idée. La ville de Boulogne a rendu, en 1881, un tardif hommage au génie de Sauvage, en lui érigeant une statue inaugurée le H sept.
* SAUVAGEMENT adv. D'une manière sauvage : il vicait fort ri tiré et sauvagement.
"SAUVAGEON s. m. Agric. Jeune arbre venu sans culture : un beau sauvageon. — Arbre venu de semis, et qui n'a pas été greffé. (Voy. Franc.)
• SAUVAGERIE s. f. Manière, humeur, habitudes sauvages : il est d'une sauvagerie peu commune. (Kam.)
■ SAUVAGESSE s f. Femme sauvage. — Fig. et par plaisant. Femme d'un caractère rude, sans culture, sans habitudes du monde : t'est une snuvagesse.
• SAUVAGIN, INE adj. N'est guère usité que dans celte loc, Gûut sauvaoin, certain goût, certaine udeur qu'ont quelques oiseaux de mer, d'étang, de marais : cela a un guiit sauvagin qui me déplait. — s, m. Cela sent te sauvayin.
' SAUVAGINE s. f. Cuil. Se dit des oiseaux de mer, d eiaug et de marais qui ont le guùl sauvagin : c'est un pays de lacs et d'étangs, tout y est plein de sauvagine, on y trouve beaucoup de sauvagine. — Udeur Ue ces oiseaux : nela sent la sauvagine. — Touie pelleterie coniniune et non apprêtée, telle que peaux de renards, de blair.aux, de fouines, etc. — Sauvai (Henri). (V. S)
SAUVE, ch.-l. de cant., arr. et à 38 kil. E. du Vigan ((iard), sur la Vidourle; 2,185 hab.
* SAUVEGARDE s. f. Protection accordée
SAUV
par le souverain, par une autorité quelconque: il est en la protection et sauvegarde du roi. — Lettre que l'iui accorde à quelqu'un pour l'exempter de loger des gens de guerre : demander, ohtenir, expédier une saitvrgarde. (Vieux.) — Garde, détachement qu'un général ou autre chef militaire envoie dans une maison, dans un château, dans un village, pour les garantir de pillage et d'insulte. — Titre, écrit par lequel une sauvegarde est accordée.
— Chose ou personne qui sert de garantie, de défense contre un danger qu'on redoute : venez avec moi; comme je redoide sa colère, vous me servirez de sauvegarde, vous serez nia sauorgarde.
SAUVEGARDER v. a. Protéger, défendre.
* SAUVEQUI-PEUT s. m. Déroute, débâcle fuite en désordre : ce fut un sauve- qui-peut général; des snuve-quipeut.
' SAUVER v. a. (lat. salvare). Garantir, tirer du péril, mettre en sûreté : il a sauvé la ville, sauvé son pays.
J'écoute, comme vous, ce que l'honneur m'inspire. Seigneur ; mais il m'engfige à sauver mou empire. J. Racinb. Alexandre, .icte l*', se. ii.
— Se construit quelquefois avec un régime indirect et un rtgime direct, l'un désignant la personne et l'autre la chose que la personne élait menacée de perdre ou do subir : vous m'avez sauvé la vie. — Epargner une chose à quelqu'un, l'en exempter : cela lui a sauvé beaucoup de dépense. — Excuser, justifier : on ne peut sauver sa conduite. — Mus. Sauver une disscnance, la faire suivre d'un accord convenable, c'est-à-dire la taire descendre d'un degré, soit d'un ton plein, soit d'un demi ton. — Rendre éternelli-ment heureux dans le ciel : Dieu a envoyé .son Fils pour sauvet tous les hommes, pour sauver tout le génie humain. — Se sauver v. pr. S'échapper : pendant que les géoi(ers dormaient, il se sauva de prison. — Fig. et fam. Se sauver a