‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 222 sur 639 · SEIN · texte numérisé non relu

SEIN

lebeuf. Ses principaux aftluenls sont : à droite. l'Ource, l'Aube. laMarne, l'Oise, l'Epte, i'Andelle; à gauche, l'Yonne, lo Loing, l'Essonne, l'Yèvre, la Bièvre, l'Eure et la Rislc.

SEINE, dép. de la région septentrionale de la l'rance: doit son nom au fleuve qui le traverse; entièrement entouré par le dép. de Seine-et-Oise; formé d'une partie de l'ancienne Ile-de-France; 474 kil. car.: 3,:i.ii),-;i4 hab. Ch.-l. Paris: 3 arr 21 cant. "I 7i'i rô'nmunes. Diocèse de Paris, siège d'un archevêque. — Ch.-l. d'arr. : Sceaux et Saint-Denis. (Voir. Paris.)

SEINE-ET-MARNE, dép. de la région septentrionale de la France; doit son nom aux deux principaux cours d'eau qui le traversent; situé entre les dép. de l'Oise, de l'Aisne, de la Marne, de l'.^ube, de l'Yonne, du Loiret et de Seine-et-Oise; formé d'une partie de la Brie et du Gâtinais; .d,738 kil. carr, ; 359,044 hab. Le sol de ce dép. est fertile; céréales, plantes oléagineuses, légumes, vins ordinaijes ; vastes forêts (Fontainebleau. Crécy, Valence). Tissus, toiles, cotons. Fromages de Brie très estimés. Territoire peu élevé; le point culminant du dép. se trouve sur les il au leurs qui dominent Coulommiers('loO m.). Princip. cours d'eau : la Seine, la Marne, l'Yonne, l'Ourcq, le Loinget le Grand-Morin. — Ch.-l. Melun; o arr ; 29 cant.; 530 conini. Evêché à Meaux, sulfragant de Paris. — Ch.-l. académique et universitaire à Paris. — Ch.-l. d'arr. : Melun, Coulommiers, Fontainebleau, Meaux et Provins.

SEINE-ET-OISE, dép. de la région septentrionale de la France; doit son nom aux deux principaux cours d'eau qui l'arrosent; situé entre les dép. de l'Oise, de la Marne, du Loiret, de l'Eure et d'Eure-et-Loir; formé d'une partie de l'Ile-de-France; 5,390 kil. carr.; 669,098 hab. Sol montueux (point culminant, coteau de Montmorency, 174 m.); céréales, vins médiocres. Légumes, fruits. Filalures, briqueteries, bonneteries, savonneries, pierres meulières et lithographiques. Princip. cours d'eau: la Seine, l'Essonne, la Marne et l'Oise. — Ch.-l. Versailles; 6 arr.; 37 cant.; 690 comm. Evêché à Versailles, sulfragant de Paris. Les tribunaux sont du i-essort de la cour d'appel de Paris et les établissements d'instruiction publique relèvent de l'académie de Paris. — Ch.-l. d'arr. : Vei'sailles, Corbeil, Etampes, Mantes, Pontoise et Rambouillet.

SEINE-INFÉRIEURE, dép. maritime de la région N.-O. de la France; doit son nom à sa position sur le cours inférieur de la Seine; formé d'une partie de la haute Normandie; situé entre les dép, de la Somme, de l'Oise, de l'Eure et la mer de la Manche; 6,341 kil. carr. ; 837,824 hab. Sol peu montagneux, fertile et bien cultivé. (Point culminant, Conteville, 247 m.). Céréales, légumes, colza, pommes à cidre ; riches prairies ; élève de chevaux, moutons, etc. Lainages, toiles, cotonnades, rouenneries. Industrie considérable. Ports principaux : le Havre, Rouen, Dieppe et Fécamp. — Ch.-l., Rouen; 6 arr.; 55 cant.; 760 comm. Archevêché à Rouen; cour d'appel à Rouen ; les établissements d'instruction publique relèvent de l'académie de Caen. — Ch.-l. d'arr. : Rouen, Dieppe, le Havre, Neufchàtel et Yvetot.

SEINE (Saint-), ch.-l. de cant., arr. et à 26 kil. N.-O. de Dijon (Côte-d'Or); 515 hab.

* SEING [sain] (lat. signum). Le nom de quelqu'un écrit par lui-même au bas d'une lettre, d'une promesse, d'un contrat, ou autre acte, pour le certifier, pour le confirmer, pour le rendre valable : metlez-là votre seing. — Seing privé, signature d'un acte qui n'a point été reçu par un officier public : wic promesse sous seing privé. — Blanc-seing, papier ou parchemin signé, que l'on confie a

SEIS

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quelqu'un pour le remplir à ?a volonlé : ils ont donne liurs ilancs-sevujs aux arbitres.

SEISMOGRAPHE s. m. (t:r. seismo>i, secousse; grapliô, je iléciis). Phys. Appareil qui seil à analyser et i mesurer les inouvemenls du sol

plThlues il.iiis les colonies néerlandaises et au romniitant jusqu'à la quali-i^me frénéi-alion

Japon. On rst étonné, quand on étudie le ' "'^ ' ' ^"' '^~ ' " "■ "

ûljsiTvalions, de voir comment des mouve mcnls très faibles produisent des elfets puis sants. Un tremblement de terre ajrita, par exemple, en i.SSO, la ville de Yokohama et y

fait la description à l'Académie des sciences en 188i, se compose de deux parties : un pendule et une balance muitiplicalrice. Le pendule est formé d'un boulet suspendu à un fil d'acier porté par une équerrc fixée dans un mur épais. \a bas du boulet est viss?e une pièce en cuivre dans laquelle gli.sse à frottement doux, une lige en acier poli, dont la longueur est l'églée au moyeu d'une vis de serrage. La balance a son couteau remplacé par une pointe d'acier reposant sur une cornaline insérée dans une équerre fixée au mur. Quatre poids compensateurs, vissés sur les branches supérieures, servent il faire coïncider le centre de gravité de la balance avec la pointe sur laquelle elle repose. — Le contact entre la tige portée par le boulet et la bar lance se fait en engageant la tige d'acier dans une ouverture triangulaire formée de deux parties taillées en biseau, et dont l'une est mobile. La t:ge placée dans cette ouverture est maintenue par la pression d'un ressort. Quand le boulelse meut, ses mouvements se trouvent amplifiés, dans le rapport des longueurs des bras du levier, à l'extrémité de la lige verlicale de la balance. On arrive ainsi il' multiplier les déviations dans une très forte proportion. L'instrument, qui a été construit sur les dessins de M. Bouquet de la Grye par ^L Demichei, est d'une très grande délicatesse : le pendule installé à Puebla avait une longueur de :S m. GO. la balance multipliait celle longueur par oa m. :>. Un papier quadrillé venait affleurer la pointe de lai- L'uille. Cet appareil permettait de consister les mouvements du pendule dus à l'intluence solaire, pendant les i4 heures, ainsi que les mouvements dus à l'inllucnce de la lune. Mais nous nous attacherons surtout en ce moment aux mouvements anormaux du pendule; en 29 jours, ces mouvemenls ont rendu apparentes "22 oscillations du sol; et, en les anaivsant, M. Bouquet de la Grye a conclu que ïa moyenne des mouvementsse fait dans la direction du N.-E. au &.-\^, direction qui est celle do la chaîne du volcan de Popocatepelt. Pendant la dui'ée des ob-iervationSj les babilanls de Puebla n'ont ressenti qu'une seule secousse de tremblement de terre. On voit donc que rinstrument de M. Bouquet de la Grye est assez délicat pour révéler des mouvements du sol qui èchappeni à nos seii^. Dans certaines régions, délais mouvements sont presque conlinuels; l'enveloppe de la terre n'a point de stabilité absolue, ellejouit d'une sorte d'élasticité qui est sans cesse mise en jeu. Un long pendule, semblable à celui que nous venons de décrire, observé d'une manière continue dans un observatoire, fournirait peut-être d'utiles notions sur le mouvement de la croûte terrestre et sur le phénomène des marées

SEISMOGRAPHIE s. f. [séïss-mo-gra-fi]. (gr. seismoti, iccouAic; ijrapho, je décris). Phys. Etude des inouvemeiits du sol, à l'aide d'appareils spéciaux. On connaît aujourd'hui l'éiroile connexilèdes mouvements du sol avec les phénomènes volcanique.*, et, comme on cherche à prévoir les tempêtes par l'observation quotidienne des courants atmosphériques, on cherche, dans les pays de nature volcanique, à prévoir les convulsions qui, si fréquemment, y apportent la ruine et la mort. Une fois qu'on s'est mis à étudier scientifiquement les mouvements du sol, on est arrivé à des rcsullals extrêmement intéressants. La seismographie est devenue une science organisée, avant ses méthodes et ses instruments propres": il y a des obiorvaloircs seisniogra-

Le séismographe dont J5ou^uct de la Orye^-^l secoua nombre de bâtiments. On constata

tement des points terrestres superficiels, dans celte circonstance, ne dépassa nulle part 3 centim. L'importance d'un tremblement de terre ne dépend pas seulement de cet élément, de la course dans le sens vertical des points de la surface terrestre, de l'étendue du déplacement: il dépend aussi d'un second élément, qui est la vitesse de ce déplacement. La vitesse, on le comprend, a une influence considérable dans la force vive qui se trouve dépensée, puisqu'elle y entre pour son carré. Quelquefois, en Japon, nolammcnl a 'l'okio, il y a des tremblements de terre qui durent de 30 à 40 secondes et qui sont à peine remarqués parce que le mouvement de soulèvement ou de déplacement pendant ces 30 à 40 secondes se l'ait avec une extrême lenteur. D'autre part, il arrive que le sol ne bouge pas d'un demi-centimètre, mais d'une façon si soudaine que tout est ébranlé. On a quelquefois songé à mesurer la force des tremblements de terre par la distance à laquelle certains corps se trouvent rejelés: mais on doit comprendre combien une telle mesure est difficile ; il y a dans le mouvement d'une certaine étendue delà masse terrestre une force vive, qui se dissipe dans des chocs, des ruptures, des projections extrêmement variables. Souvent on ne sent pas dans lesprofondeurs des mines lesmouvenients de la surface; la force vive, dans ce cas, se perd, comme l'électricité, par les pointes, dans les édifices les plus élevés, et dans les parties les plus élevées de ces édifices. Dans le dernier tremblement du comté de Sussex, on sentit fort peu de chose à Londres, sauf au sommet de cette gi'osse tour de Westminster qui marque l'heure pour une partie de Londres et qui domine les Chambres du Parlement. L'élude de la seismographie, il faut bien le dire, est encore fort peu avancée; aussi croyonsnous devoir signaler un travail fait par.M. Bouquet de la Grye, pendant le séjour de la mission du passage de Vénus au fort Loreli, à Puebla. M. Bouquet de la Grye a installé pendant son séjour un séismographe multiplicateur dont il a récemment faii la description à r.\cadéraie des sciences. (Voy. Skismographe.)

SEISMOLOGIE s. f. (gr. seismos, secousse; loyos, discours]. Traité sur les tremblements de terre.

SEISMOMÈTRE s. m. (gr. seismos, secousse; melrun, mesure). Phys. Appareil qui sert à mesurer les mouvements di^ sol.

SEISTAN [sess-tann'l (anc. Sacastane, pays desSacas), province du S.-O. de l'Afghanistan, dont une partie est comprise danslaPer.se, entre 30» et 32° lat. ÎS. et enliv ;;9" et 61° long. E., dans le bassin inférieur du Helmund. Elle contient le lac de Seistan, ou Hamoon, qui reçoit le Helmund et plusieurs autres cours d'eau. Le Seistan propre, qui appartient en grande partie à la Perse, est une plaine d'alluvion fertile et bien arrosée, à 10. du Helmund; 2,400 kil. carr.; 46.000 hab. environ, dont 20,0U0 sont indigènes et présentent le type le plus pur des Persans aryens. Cap., Sekuha. On y rencontre à chaque pas des traces d'une civilisation avancée, qui s'est perdue.

" SEIZE adj. num. [sè-ze] (lat. sexdccim). .Nombre formé de dix et de six : seize pcr-

— Seizième. Louis seize. On écrit ordinairement, Louis XVI. — s. m. Le produit de seize multiplié par deux. — Le seize du mois, le seizième jour du mois. — Les Seize, nom donné aux seize principaux factieux qui ont joué un grand rôle du temps de la Ligue : la f'aetion des Seize. — Le seize Mai. (Voy. France.)

* SEIZIEME adj. Qui suit immédiatement le quinzième : (/ n'est que le seizième sur la liste. — La seizième partie, chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en seize parties. — s. m. Le seizième jour d'une période, ou la seizième partie d'un tout : U n'est dans cette affaire que pour un seizième.

' SEIZIÈMEMENT adv. En seizième lieu.

SEJAN Lucius-Aîlius, Se.ianls), conspirateur romain, mort en 31 ap. J.-C. Sous Tibère, il devint commandant de la garde prétorienne, et, sa popularité croissant sans cesse, il aspira à la pourpre impériale. En '26, il persuada à Tibère de demeurer dans l'île de Caprée et de s'adonner à tous les plaisirs des sens, en se déchargeant sur lui du fardeau du pouvoir. Cela dura près de cinq ans: il était sur le point de précipiter l'exécution complète de son plan, lorsque Tibère, ayant conçu des soupçons, le fit meltre à mort.

' SÉJOUR s. m. Demeure, résidence plus ou moins longue dans un lieu, dans un pays : il a fait un loiuj séjour dans ce pays-là. — Se dit quelquefois, par anal., en parlant des eaux qui reslent plus ou moins lonirtemps en quelque endroit; du sang, des humeurs dont la circulation est arrêtée, etc. : le séjour des eaux dans un terraiti. — Repos que l'on prend en voyage ; dans les longs voyages, on est obligé de faire quelque séjour de temps en temps. — Temps qu'un bâtiment de guerre passe en relâclie : le séjour de celte frégate, dans tel port, a été d'une semaine, d'un jnois, etc. — Lieu considéré par rapport à l'habitation, à la demeure qu'on y fait ou qu'on y peut faire : un séjour champêtre. — Poétiq., Le

SÉJOUR DES DlKUX, LE CÉLESTE SÉJOUB, LE SÉJOUR DU TON.NEBIIE, le cicl. — Le SlilOUR INFERNAL, leS

enlers. — L'humide séjour, la mer, londe.elc. SEJOUR (Victor), auteur dramatique français, né à Paris en 181 6, mort le 20 sept. iM74. Parmi ses drames, on a Hichard III (18521, Les Nocts vénitiennes (l8ob), André Gérard, écrit pour les soirées d'adieu de Frédéric Lemaître (1857) et les Fils de Charles-Quint (1864).

• SÉJOURNÉ, ÉE adj. Reposé, qui a pris du repos : gras et sijourné. ^Vleux.)

■ SÉJOURNER V. n. Demeurer quelque temps dans un lieu, ou s'y arrêter, s'y reposer lorsqu'on est en voyaf:e : il est allé a Paris, où il doit séjourner cinq ou six mois. — Se dit, fig., d'une masse d'eau qui reste plus ou moins longtemps dans un endroil, et, en général, d'un liquide stagnant : les eaux de la mer ont séjourné longtemps sur celle partie de la terre.

• SEL s. m. [sèl] (lat. sal). Substance plus ou moins dure, sèche, friable, soluble dans leau, et composée de petites parties qui agissent sur l'organe du g'oût. Se dit, dans l'usage ordinaire, du sel qui se trouve mêlé avec l'eau de la mer, et ijui reste apiès l'évapuration, ou qui se rencontre dans de certaines terres, et dont on se sert surtont pour assaisonner les aliments ; sel gris; sel Ûane. — Faux sel, sel de contredande, sel qui, dans les provinces où la gabelle était établie, n'avait point été pris dans les greniers du roi : il fut puni pour avoir vendu, poif avoir aeheté de faux sel. — Viande au ciios sel, se dit de

a viande servie dans son bouillon, et qu'on

sonnes. — Généal. Faire preuve de seize ouar- ' a parsemée de gros sel : chapon au gros sel. TIERS DE NOBLESSE, prouver sa noblesse tant'— Prov. Ils ne mangeront point un minot de du cûté des pères que du cûlé des mères, en sel ensluule, ils ieront bienlùt bruuiilc-, —

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Fis. Cl' fini! y a de fin, de vif, de piquant dans les discours, dans les ouvrages d'esprit : (/ ;/ (I du se! iluns cet otivrafic. — Skl attique, manière fine cl délicate de penser et de s'exprimer qui était ordinaire aux Alliéniens et a leurs écrivains. On appli([ue souvent celle expression aux auleurs des autres nations qui onlùeril dans le même i;oût. — Kncycl. Le sel commun, appelé aussi sel irris, sel marin ou simpliinent sel. reçoit des savants le nom df chlorure de >ouiif et quelquefois celui de niuriale de soude. On peut l'obtenir eu brûlant du sodium dans du chlore à l'étal ^'azeux. ou en neutralisant l'acide hyilrocliloriquc avec du caibonate de soude et en faisant évaporer. 11 se trouve abondamment dans la nature, soit à l'état solide sous l'orme de sel gemme, soit en solution dans l'eau, comme dans les sources et les lacs salés; il est aussi contenu en petite quantité dans l'eau de rivière. Les eaux libres de l'Océan renferment en moyenne ,'<,';'„ de sels, dont il), S de sel commun ; soit environ 32 gr. par litre. Les eaux de:- mers intérieures, comme le golfe du .Mexique ou la Méditerranée en contiennent davantage. — Le sel crislallise en crislaux incolores, transparents, anhydres, appartenant au système isométrique; il a un clivage parfaitement cubique ([ui se manifeste même dans les grosses mas.-es de sel gemme, dont les parties sont cependant fréquommc[il ma-sives tl granuleuses, et rarement libreuses ou en forme de colonnes. Le poids spécifique du sel varie de '2J il ï,-57; par la dureté, il tient le milieu entre le gypse et le spath calcaire. 11 est d'une grande transparence, et même translucide, et sa couleur varie du blanc au jaunâtre, au rou,i;câlre, au bleuâtre, ou au purpurin. C'est de toutes les substances la plus parfaitement diathermaiie ou perméable à la chaleur de n'importe quel degré de réfrangibilitè. A 0°C. lUO parties d'eau dissolvent 3o, 32 parties de sel pur; et à 1I0"C., point d'éhullition d'une solution saturée, elles n'en dissolvent que 40, io. Cette solubilité, presque unilorme & toutes les températures, permet de le séparer d'un grand nombre de sels étrangers avec lesquels il est associé dans l'eau de mer et dans les salines. Les points de congélation et d'ébullilion des solutions s'élèvent avec le degré de concentration. Le sel fond à la chaleur rouge, et se volatilise ii une température plus haute. On met à prolU cette propriété de se volatiliser pour vernir au sel la faïence et lapoteriecommune.(Voy. Potkiiie.) Le sel est un compose d'un atome de chlore combiné avec un atome de sodium ; son symbole chimique est Na Cl; son poids moléculaire, oS,5. On ne l'obtient presque jamais pur. Dans le sel gemme, les impuretés principales sont surtout du sulfate de chaux, de l'oxyde de fer et de l'argile ; dans le sel marin, des sels de magnésie et un peu de sulfate de chaux. Le sel gemme le plus pur est le meilleur de tous; ensuite vient le sel marin, puis le sel de qualité ordinaire qu'on extrait des salines. 3 p. 100 de matières étrangères rendent le sel impropre aux usages dome-tii]ues, surtout si ces matières sont des chlorures de calcium ou même de magnésium. On rencontre des couches de sel gemme et des sources salées des formations géologiques de presque toutes les périodes. Le minéral le plus invariablement associé au sel est le gypse ou sulfate de chaux hydraté. — Géographiquemenl le sel se rencontre a peu près partout. A l'exception de la Norvège, du Danemark et de la Hollande, toutes les cûiUrées de l'Europe peuvent se fournir dans une certaine mesure de sel tiré de leur propre fonds. Les principales raines de sel gemme sont celles de Wieliczka en Galicie; ue Ualldan= le Tyrol, des montagnes d'.\ussee en Siyrie; d'Ebensee, d'ischl. et de Hallsladt dans la haute Auu'.cho, de Uallein, dans le

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.Sal/.burg; de Rcichenhall en Bavière; du comté de Marmaros en Hongrie; de Transylvanie, de .Moldavie et de Valachie; de Vie et de Dieuze, en Lorraine; de Bex en Suisse; de la vallée de Cardona en Espagne; des environs de Norihwich, dans le Cheshire, en .\ngleterrc; de Carrickfergus, en Irlande; et du gouvernement de Perm, en Kussie; du Jura, de la Haute-Saùne. de l'Ariège et des Dasscs-Pyrénées, en France Les principales sources salines se trouvent dans le Cheshire, le Worcestershirc ••! ie SlalVerdsliire, en .Angleterre; dans le Wurtemberg et la Saxe prussienne; dans ritalu! méridionale; à Salins, à Montmorot(Jural,;i .\rc (Doubs), et Saulnol (Haute-Saône). La Hussie est à peu près le seul pays ijui tire de grandes quantités de sel des lacs salés. La France, l'Espagne, le Portugal, l'Italie et un certain nombre d'îles de la .Méditerranée sont les pavs où on produit le plus de sel marin. Les mêmes pays avec l'Angleterre et l'Autriche soûl ceux qui exportent le plus de sel. Les rnines de sel de Wieliczka, à 1 1 kil. S.-E. de Cracovie, s'étendent sur une longueur d'environ 3 kil. et sur une largeur de près de 2 kil., avec une profondeur d'environ 1,000 pieds. Elles donnent annuellement environ 1,400.000 quintaux de sel. L'Angleterre est aujouid liui le pays qui produit le plus de sel; .Nurthwich et Wiiist'ord, dans le Cheshire, sur le VVeaver, fournissent les six septièmes de la production tolale. Le sel du Cheshire est connu dans le commerce sous le nom de sel de Liverpuol. On a calculé, en 1821, que le rendement de toutes les mines et de toutes les sources de l'Europe était de l,-2:;o,000 àl,aOO,OOJ tonnes. .Aujourd'hui, il estprobablement de o millions. — En Asie, le sel n'est pas moins abondant qu'en Europe. 11 y a, en Sibérie et en Tartarie, des plaines entières couvertes d'incrustations salines. On a, dès les anciens temps, exploité des mines de sel gemme considérables à .Nakliitchevan, en .Arménie. Ce sel se trouve eu quantité en Perse, où il va aussi de nombreux lacs salés sans issue. Le lac Urumiah, long de 133 kil. sur 30 à 30 kil. de large, est d une salure très forte, la proportion Oe sel pur étant de 18-116, et celle des autres sels de 2-434. Les puits salins de la Chine sont remarquables par leur multitude et leur grande profondeur. L'.Afrique contient de grandes étendues de terrains salés, et des couches de sel gemme dans le Sahara, surtout dans les régions du .\. et de l'O. Le Iralicdu sel avec le Soudan est une ressource pour une grande partie de la population du désert. On y rencontre aussi des lacs salés, ainsi qu'en Abyssinie. Ce sel est peut-être 1 article le plus important du commerce de l'afrique centrale. — Dans l'Amérique du Sud on trouve le sel gemme au Brésil, au Pérou, dans la Colombie et dans le Venezuela; dans les pampas du sud et les hautes plaines du Pérou, il se présente sous la forme d'incrustations. La Patagonie et la république .Argentine contiennent des lacs salés très productifs; dans la Colombie on extrait le sel des sources; au Brésil, des lagunes de la côte. Dans les hautes plaines de Tarapaca, et surtout autour d'Iquique (Pérou), existent des couches de sel de diverse nature qui sont parmi les plus remarquables du monde. Les iles hollandaises de Curaçao et de Buen Ayre, au .N. de Venezuela, produisenlannuellenient par l'évaporatiùn plusieurs centaines de mille de barils de ^el de la plus fine qualité. Un grand nombre des Antilles en ooniient aussi, particulièrement les Bahamas du sud, Cuba, Porlo-Kico, Saint-.Martin et Saint- Christophe. L'île du Turc, au S.-E. des Bahamas, était autrefois la source principale d'où les Etats-Unis tuaient leur sel. Dans le .Mexique, l'état d'Oajaca a des salines très liclies qui s'étendent sur 30 à 40 lieues du Paciliq^e, et qui fournissent à la consomma-

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tion de tout le pays. Dans l'iAinérique anglaise, la Nouvelle-Ecosse, le Nonveau-Brunswick, l'île du Cap-Breton, Terre-.Neuve elles iles Madeleine contiennent des sources salées. A Goderich, sur le lac Huron, il y a dos puits très productifs. — Fiibrivaioinhi'sel. La séparation du sel des eaux de saline ou de l'eau de mer se fait de trois manières : 1» par l'évaporalion au soleil dans des réservoirs peu profond. Cotte méthode est surtout employée pour l'eau de mer dans les régions méridionales dos pays tempérées, ou sous les tropiques; t" par" la chaleur artificielle, soit dans des bassins très longs et peu profonds comme dans le Cheshire; soit dans des chaudières comme aux salines d'Ouardaga (New-York): 3" en soumettant l'eau de mer à un froid intense par lequel la glace so forme presque pure, laissant une eau-mère concentrée que l'on traile ensuite par l'un des deux premiers procédés. Cette méthode est pratiquée dans l'Europe septentrionale. La qualité du sel, spécialement sa finesse, dépend moins de la nature de l'eau-mère que du soin et de la rapidité avec lesquels s'ell'ectue l'évaporation. — Usages et statistique. D'énormes quantités de sel sont nécessaires pour conserver les viandes elle poisson; pour les besoins de l'agriculture, la nourriture des bestiaux, l'industrie, et particulièrement pour la fabrication delà soude. On l'emploie comme remède dans la dyspepsie; une cuillerée de sel sec arrête quelquefois l'hémorragie pulmonaire. A petites doses, il agit comme stimulant tonique; à doses plus élevées, comme piiigatif ctémétique. On s'en est aussi servi avec de bons résultats dans la fièvre intermittente. .A l'état de santé, c'est un stimulant nécessaire qui passe rapidement dans le sang et s'échappe par les urines. Son abus amène la pléthore avec accroissement dans le poids et le volume du corps. On l'applique quelquefois en fomentation dans les foulures et les meurtrissures. Les bains d'eau salée, naturelle ou artificielle, sont cunsidérés comme stimulants et toniques. — Législ. (I Nous avons déjà parlé du monopole odieux dont le sel a été l'objet sous l'ancien régime. (Voy. Gabelle.) On payait le sel environ vingt-cinq fois sa valeur réelle; car les fermiers de la gabelle percevaient, en sus du prix d'achat, plus de cent vingt millions de livres dont la moitié à peine était versée au trésor royal. Selon Mercier (Tableau de Paris. 1780), « le sel que l'on vendait au peuple était ic non seulement falsifié dans son origine; « mais, de plus, il était rempli de mille or- « dures qui en composaient presque la moi- « lié >>. Le sel fut exempt de tout impôt depuisl'abolition de la gabelle (L. 21-30 mars 1790) jusqu'à la loi du 24 avril 1806 qui établit sur cette denrée une taxe de consommation de deux décimes par kilogramme. Ce droit fut élevé à quatre décimes en 1813, puis abaisse à trois décimes en 1816. Un décret du gouvernement provisoire du 16 avril 1848 abolit entièrement l'impôt sur le sel; mais la loi du 28 décembre suivant établit de nouveau une taxe de consommalion fixée à 10 fr. par 100 kilogr. ; c'est le droit qui est encore aujourd'hui en vigueur. Les deux décimes et demi qui avaient été ajoutés à la taxe par la loi du 2 juin IS73 ont été supprimés par celle du 26 décembre 1876. Sont délivrés en franchise, savoir : 1° les selsdestinés à l'amendementdes terres, à la nourriture des bestiaux, à la tannerie, à la fabrication de la poterie, des limes, etc., sous la condition que ces sels soient dénaturés par un mélange préalable à l'enlèvement. La dénaluration des sels destinés à l'amendement des terres peut s'opérer par le mélange de 1,000 kilog. de sel en petits crislaux ou pulvérisé avec 230 kilog. de chaux éteinte, en poudre (L. 17 juin 1840, art. 12 et 13; Décr. 8 nov. 1869; ûécr. tô

SEL

mai 1882); 2° les sels destinés à la fabrication de la soude, sous la condition de la surveillance des fabriques (L. '2 juillet 1862; Dec. 13-18 décembre 186-2): 3» les sels destinés à la salaison des poissons de mer, sous les conditions prescrites par les rèi-'lenients (L. 17 juin 1840, art. 12; Décr. 23 et 28 juill. 1883). Les niarais-salants et les labriques de sel sont soumis à la surveillance des ajrenls de l'administration, afin que la perception de l'impôt soit assurée. Les mines de sel et les sources d'eau salée ne peuvent être exploitées qu'en vertu d'une concession accordée par un décret délibéré en conseil d'Etat. Les sels sont soumis à l'impôt au moment de la dêclaralio!' de l'enlèvement, sauf lorsqu'ils sont transportés par mer ou admis à l'entrepôt. 11 est accordé, à titre de déchet, une remise de droits qui varie selon les lieux de production et qui ne peut dépasser 0 p. 100. Dans un rayon de 15 kilom. des côtes de France et des mines ou fabriques de sel, les sels ne peuvent circuler sans être accompagnés d'un congé ou d'un acquit à caution; "et tout dépôt de plus de 50 kilog. de sel trouvé dans ce rayon [leut être saisi. Les infractions aux dispositions de la loi ou des règlements concernant l'impôt sur le sel sont punies, les unes d'une amende de 100 fr. et de la confiscation des objets saisis, les autres d'une amende de .bOO à 5,000 fr. — Les sels de provenance étrangère qui sont importés en France doivent acquitter, en outre de la taxe de consommation, un di'oit de douane qui est de 4 fr. par 100 kilog. pour les sels raffinés blancs, et de 3 fr. pour les autres. Ce droit de douane est réduit ;i 74 cent, pour les sels introduits par les frontières de l'Est ou du Midi de la France. On voit, par cette différence de droit, que le législateur a voulu surtout protéger contre l'importation les marais salants des côtes de rOcéan, parce que leur production est plus coûteuse. Le produit annuel de la taxe de consommation sur les sels dépasse 34 millions. »-(V. S.) (Ch.Y.)

SEL. Chim. Toute substance sapide 'ou non, formée par la combinaison d'un acide avec une base, laquelle est le plus souvent un oxyde métallique : on divise les sels en sels acides, sels alcalins ou alcalis, et sels neutres. — Sel essentiel, sel qui se trouve tout formé dans les végétaux, et qu'on en tire par l'évaporation de leur jus ou de leur décoction : sel essentiel d'oseille. — Respirer DES SELS, respirer l'odeur d'un sel volatil pour ranimer ses esprits : elle était prés de s évanouir, on lui fit respirer des sels. — En'cycl. Dans l'état actuel de la chimie, on ne peut donner une définition exacte du terme sel. Les anciens chimistes regardaient les sels comme le produit de 1' «union» d'un acide avec une base, comme par exemple l'acide nitrique (NO*) (nous nous servons de la vieille notation aus^i bien que des poids atomiques) s'unit à la potasse (K 0) pour former du nitrate de potasse (K 0, N 0"). Cette définition est encore souvent adoptée, mais, d'après la théorie moderne, elle n'est pas riguui'eusement exacte. Dire qu'un sel est produit par 1' «action» d'un acide sur une base est exact, mais incomplet; car il se forme quelquefois des sels par l'union directe de deux éléments dont ni l'un ni l'autre n'est ni un acide ni une base. Par le terme base, on entend un corps composé do deux ou nlusieurs éléments (les ba^ns inoi.'.iniques iven ont ordiiiaiiement que deux); c'est le plus souvent un oxyde de métal, capable d'opérer une double décoinposilioii avec un acide, pendant laquelle l'échange des éléments lorme de l'eau et un sel, comme lorsque j'oxyde d'argent est soumis à l'acide nitrique (Ag2 0 + 2HNO»=:2Ag N 0» + H^ 0), et que l'oxygène de l'oxyde d'argent s'unit a J'hyJrogênc do l'acide nitrique pour former

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