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même empreinte. L'or, le cuivre, le fer, ' l'élain, le plomb y abondent dans un grand état de pureté; il y a aussi de l'antimoine, du zinc, du soufre, de l'arsenic et des minelais ai-gentifères. On fabrique beaucoup de sel par l'évaporation naturelle. On trouve des rubis et d'autres pierres précieuses. — D'après Garnier, consul français à Bangkok (1874), la population de Siam et de ses dépendances de Laos se décompose en 1,800,000 Siamois, t. '300,000 Chinois, 1.000,000 de Laos, 200,000 Malais, oO.OOO Cambodgiens,50,000 Péguens, et 50,000 Karens et divers. Les Siamois sont d'origine mongolique. Leur teint est olivâtre et leur taille moyenne. Ils se teignent les dents en noir et quelquefois les dentellent en scie. On arrache les poils de la barbe aux jeunes gens, et la plus grande partie du Cl âne est rasée deux fois par mois; mais ils g-ardentsnr le sommet une touffe droite de 10 à 12 centim. de large sur o cenlini. de haut. Ils ont pour costume un justaucorps de coton (les femmes y ajoutent une écharpe de soie), une jaquelte contre le froid et un chapeau de paille contre le soleil. Les honnies se marient à 18 ans et les filles à 14. Les grands ont jusqu'à descentaines de femmes; mais, dans le reste du peuple, on se contente généralement d'une; dans tous les cas, la première épousée est la femme en titre et a autorité sur les autres. Les distinctions sociales sont très nombreuses ; la loi les exprime par des chiffres allant de 100,000 pour le second roi, jusqu'à 5 pour l'esclave de la classe la plus infime. Les esclaves forment un tiers de la population, et il y a des villages entiers peuplés de captifs étrangers. Les garçons reçoivent gratuitement dans les temples uns instruction superficielle, de sorte que 80 ou 90 pour 100 savent lire. C'est à Siam que le bouddhisme est le plus puissant et qu'il s'est maintenu le plus pur. Les protestants américains et anglais y ont établi de nombreuses missions. — Commercialement Bangkok .était naguère la troisième ville de l'e-xTrême Client, après Calcutta et Canton. Les principaux articles d'exportation sont ; le riz, le sucre, le poivre, le sésame, le bois de Siipan, les peaux et le cardamome. Le trafic se faitsurtout avecla Chine. Les exportations sont d'environ Tyj^SO.OOO fr., elles importations de 50,000,000. — En théorie, le gouvernement est une dyarchie, mais, en pratique, c'est uue monarchie. Il y a un second roi, ou vice-roi, mais le premier est réellement le souverain. Les lois importantes ne s'appliquent qu'après consultation du conseil d État et des ministres. Le pays est divisé en 41 provinces, gouvernées chacune par un p'hraya ou conseil de première classe. Il y a aussi plusieurs territoires tributaires qui ont leurs princes particuliers. Le roi est le « possesseur de toutes choses »; il dispose à son gré des biens et des existences. L'épouse royale, celle qui est la première au milieu des centaines de femmes du roi, doit être indigène et de sang royal. Elle ne peut être régente, et ne prend jamais part aux affaires publiques; mais on la traite avec la plus grande déférence. ElFe a une cour séparée, et une garde de femmes en uniforme et armées Le second roi a aussi son palais à part. Sa position parait être celle d'un conseiller, maisnon d'un co-gouvernant, ni d'un successeur. L'armée est peu nombreuse; elle est instruite par des officiers européens. La flotte se compose de 8 vapeurs portant 41 canons. — L'histoire de Siam remonte à quelques siècles av. J.-C, mais elle ne devient authentique qu'à partir de l'3o0. .\u xvi° siècle, l'Etat de Siam s'étendait jusqu'à Siugapore.Ea 1604, les Hollandais établirent des relations avec ce pays, et, en 1662, le premier navire anglais y aborda. En 1083, un Grec de Céphalonie, nommé Constantin Phaulcon, devintpremier ministre de Siam et intrigua auprès de Louis XIV pour
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se faire protéger par la France. Louis XIV envoya des jésuites auprès de lui et une ambassade dont ni partie le chevalier de Korbin (1685), qui a laissé une spirituelle relation de cet événement. Le résultat de toutes ces intrigues fut le soulèvement des Siamois, la mort du ministre européen, et l'expulsiondes jésuites. La dynastie actuelle arriva au trône en 1782; c'est elle qui transféra le siège du gouvernement à Bangkok, après le sac d'Ayouthia par les Birmans. Les princes de cette dynastie ont fait les plus grands elfnrts pour civiliser leurs sujets. Le 1j juillet 1867, un traité reconnut le protectorat français sur le Cambodge. — Langue et Littérature. Le siamois se parle depuis la Birmanie à l'O. jusqu'à l'Annam et au Cambodge à l'E., et depuis l'état malais de Kcddnh au S., jusqu'aux confins de la Chine au N. Les dialectes sont nombreux, et la langue ne se parle dans sa pureté qu'à Bangkok ou par les personnes qui y sont élevées. Voy. Indo-Chine [Races et Lanijucs de /'). L'alphabet siamois, qu'on suppose dérivé des anciennes lettres cambodgiennes, et postérieurement de l'alphabet pâli primitif, se compose de 44 consonnes et de 20 voyelles, y compris les diphtongues et les demi-voyelles. La gradation des sons des voyelles est très délicate, et certaines consonnes ne sont que de légères modifications de la forme d'une seule lettre, indiquant le ton dans lequel cette lettre doit être prononcée dans certaines syllabes. D'après les différences de ton, le même mot prend différents sens. Les meilleures productions de la littérature siamoise sont des œuvres de fiction, des poésies et des drames. — Voy. Garnier, Voyage dans ibido-Chine (Paris, 1869, 2 vol. 111-4°); A. Grébau, Le Royaume de Siam (Paris, 18ti8, in-8°); Elisée Reclus, Nouv. Géogr. univ. ; l'Inde et l'Indo-Chine (1883).
SIAMOIS, OISE s. et adj. De Siam; qui concerne ce pays ou ses habitants. — Les frères Siamois. (Voy. MoNâiiiE).
* SIAMOISE s. f. Etoffe de coton fort commune, imitée des toiles de coton fabriquées à Siam : siamoise de Rouen.
* SIBARITEs. m. Voy. Sybarite.
SIBÉRIE, partie des Etats russes embrassant toute l'Asie septentrionale; limites : au N. l'océan Arctique; à l'E. et au S.-E.,le détroit de Behring, la mer de Behring ou de Kamtchatka, et les mers d'Okhotsk et du Japon (formées par l'océan Paciliqueseptentnonal); au S., la Chine et les provinces russes de l'Asie centrale, et à l'O., la Russie d'Europe, dont elle est séparée par les monts Oural. Elle s'étend de 41° 30' à 77° 50" lat. M. et de ol" 10' à 188° long. E.; sa longueur est d'environ .5,500 kil., et sa largeur, de 3,000 kil. ; 12,493,110 kil. carr. ; 9 millions d'hab. Elle est divisée administrativementen quatre gouvernements : Tobolks, Tomsk, Yeniseisk, et Irkoulsk ; et en quatre provinces : Transbaïkal, Yakoutsk, Amour et Primorsk ou province du littoral. Géographiquement, cependant, les quatre provinces septentrionales de l'.\sie centrale russe, Semipolatinsk, Akinolinsk, Turgai, et Ouralsk, et des parties des gouvernements de Perm et d'Orenburg appartiennent aussi à la Sibérie et seront comprises dans la présente description. Au point de vue militaire, le pays est divisé en deux circonscriptions, la Sibérie orientale, et la Sibérie occidentale, cette dernière comprenant les territoires Kirghiz de l'Asie centrale; capitales : Irkoutsk et Onisk. — Toutes les côtes sont profondément dentelées. Sur celles de la mer Arctique, les eaux sont prises par les glaces pendant plus de la moitié de l'année, et dans la saison chaude, le,'' masses de glaces flottantes rendent la navigation toujours dangereuse, et souvent impossible. Le point le plus oriental est le
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cap Est, à l'extrémité de la presqu'île Tchouktchi, qui se projette dans le détroit de Behring. La Sibérie est, dans son ensemble une vaste plaine diluvienne, légèrement ondulée, et descendant graduelleirienl des monts Alta'i au S. jusqu'à l'océan Arctique. A l'O., se trouvent les steppes d'Ischim et de Baraba, larges étendues de terres basses o(i les prairies herbeuses alternent avec les marécages pleins de roseaux, les lacs d'eau douce avec ceux d'eau salée, et un fertile sol arable avec de vastes forêts. A l'E., la plaine sibérienne est plus fréquemment coupée de collines; mais elle n'a que peu de terre cultivable. Toute la côte N. est une région désolée de steppes salées et de marécages glacés, appelés tundra, où le sol reste constamment gelé à des centaines de pieds de profondeur. La surface ne dégèle jamais avant la fin de juin, et elle est reprise par la glace vers le milieu de septembre. La principale chaîne des montagnes de la Sibérie est celle qui forme, à lE., sa frontière de Chine, c'est-à-dire l'Altaï, lequel prend différents noms. Le long de la mer d'Okhotsk il s'appelle monts Stanovo'i; àl'O. del'Amour, monts Yablonnoi; plus à l'O., monts Dauriens et Sayaniens, et enfin mont Altaï proprement dits. Voy. Altaï, Amour [Pays de l') et Kamtchatka. A l'exception de l'Amour et de quelques cours d'eau de moindre importance, les fleuves de Sibérie se jettent tous dans l'océan Arctique. L'Obi, l'Yenissei, et la Lena sont parmi les plus grands du globe. 11 y a beaucoup de lacs, mais tous petits, excepté le lac Baïkal. (Voy. Baïkai..) S-.ir les rives de locéan Arctique git un nombre immense de restes fossiles d'éléphants et d'autres animaux d'espèces éteintes, d'où l'on retire une très grande quantité d'ivoire. (Voy. Mammouth). Les productions minérales comprennent : l'or, l'argent, le platine, le cuivre, le fer, le plomb, le zinc, l'antimoine, l'arsenic, la malachite, les éméraudes, les topazes, etc. C'est dans l'Oural, l'Alta'i et le Yablonnoi que les raines se trouvent, à l'E. de 118° long. Les stepps et quelques lacs donnent du sel en abondance. Le climat est beaucoup plus froid que sous les latitudes correspondantes en Europe, et sa rigueur s'accroit vers l'E. A Irkoutsk, la température moyenne est de 0°, en hiver; le mercure y reste gelé pendant environ deux mois. Les étés sont courts, mais chauds. Des forêts couvrent une grande partie de la Sibérie méridionale et centrale, mais les tundrade la côte du N. sont dépourvus d'arbres. Les principales essences sont : le bouleau, le mélèze, le sapin, le pin, le saule, le peuplier, l'orme et l'érable de Tartarie. On y cultive : le froment, l'orge, le seigle, le blé noir, l'avoine et le chanvre. Les navets et d'autres légumes des climats tempérés y prospèrent en certaines localités favorables. De vastes troupeaux de rennes parcourent tout le nord de la Sibérie. Les animaux à fourrures y abondent. On se sert du chien du pays, qui ressemble beaucoup au loup, pour tirer les traîneaux. Les Kalmouks et quelques autres tribus nourrissent des chameaux. Il y a deux espèces de moutons domestiques : le mouton russe, et le mouton kirghiz à queue large. — La population se compose de races et da tribus diverses. Plus de la moitié est russe^ exilés ou descendants d'exilés pour le plupart. Ces exilés se divisent en trois classes: les criminels dedroitcommun, lescondaiiinéi politiques et les condamnés pour religion. Les plus sévèrement frappés sont envoyés dans les mines; d'autres sont employés à des travaux moins durs, et le reste forme des colonies sous la surveillance de la police, et reçoivent des concessions de terre à cultiver. Parmi les tribus indigènes à demi civilisées sont les Samoyèdes au N.-O., les Ostiaks au S. de ceux-ci, et qui s'étenilcnl
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à l'E. jusqu'à l'Yenissei; les Kirirhiz au S.-O.; les Kalmouks d;iiis les porlions ocnideiilales des monts Allai; les Burials, pi'iiicitnilement aux environs du lac Baïkal; les Yakoul-, le Joiif; de la Lena; les Toiigouses el tribus alliées que l'ont rouveàrO.jusqu'àl'Yeuissei, el àl'E., jusqu'à Anadyrsk, pai'loS" Ion;;. E. Les Tclioukli'hisel lesKoriaks, à l'exlréinilé orientale de la Sibérie, enli'o le lo8' méridien el le détroit de Behrinp, ressemblent beaucoup aux Indiens de l'Amérique du Nord. Au point de vue religieux, la population se divise comme suit : Grecs orthodoxes, 2,87o,.533; Ruskolniks, 6b. 505; Grecs Arméniens, 9 ; catholiques romains, 24,734 ; protestants, 5,7i2; Juifs, M, 400; mahométans, 01,083; païens, -283,621. Les habitants des villes sont au nombre de H3.2.'i6. Le commerce intérieur esltrès important ; il consiste en peaux, fourrures, bétail, poisson sec el salé, caviar, savon, suif. Le trafic entre la Chine el la Ru-sie d'Europe a lieu en grande partie par la Sibérie; il y a aussi un commerce de caravane considérable avec lli Tachkend, Khokan, etc. Une grande partie des transactions commercialesse font à des foires qui se tiennent à époques lixes dans certains lieux déterminés. — Genghis Khan conquit une partie de la Sibérie, el ses successeurs soumirent le pays des deux côtés de rirlish. Les conquêtes russes, commencées vers I.SSO, parle chef cosaque 'Yermak Timofeyeir,aboiitirent,en i'-JHi, àla soumission du kànat de Sibir, ainsi nommé d'une ville qu'il contenait; d'où le nom même de Sibérie. Bientôt après, Tobolsk, Tiumen, Pelymsk el Berezov furent fondées el colonisées par des Européens. En 1604, Tomsk se fonda, el les Cosaques, poussant vers lE., créèrent successivement Kuznelsk, 'Yenissei, Irkoulsk, Selenginsk el ISertchinsk, el finirent par atteindre le détroit de Behring. En 80 ans environ, tout le pays fui ainsi soumis. (V. S.)
SIBERIEN, lENNE s. et adj. De la Sibérie; qui appailicnt a ce pays ou à ses habitants.
SIBILANCEs. f. Pathol. Caractère sibilant.
SIBILANT, ANT£ adj. (lat. sibilans). Pathol. Qui produit un sifflement. — Gramm. : son sibilant.
SIBILATION s. f. Action ou manière de sifUer.
SIBODR (Marie-Dominique-Auguste), prélat français, ne en I';y2, mort le 3 janv. 'l8o7. En 1H40, il fut fait évêque de Digne; en 184S archevêque de Paris, et en 1852, sénateur. En 18.37, comme il ouvrait la neuvaine en l'honneur de sainte Geneviève dans l'église de Saint-Elienne-du-Mont, un prêtre nommé Verger, qu'il avait frappé de suspense, le poignai da. Il a publié àesInstUutions diocésaines (1845,2 vol.).
• SIBYLLE s. f. [si-bi-le](lal. sibylla). Anliq. Femme à laquelU' on attribuait la connai.ssance de l'avenir el le don de piédire : la sybille de Cumes. — Fig. el fam. C'est une vieille sibylle, &s dit d'une femme âgée qui a quelque prétention à l'esprit, ou qui est méchante. — Encycl. Cerlainsauleurs comptent quatre sibylles, d'autres dix, savoir : la babylonienne, laliby'-nne, la delphieiine, la rinimérienne, l'erythréenne, lasamienue, la cuméeiine (confondiie quelquefois avec celle d'Erythiée),rhcUesponUenne oulroyenne, la phrygienne el la tiburline. La plus fameuse est la sibylle de Cumes qui, d'après la légende, vendit à Tarquin l'Ancien les livres sibylliusque l'on conservait dans le temple de Jupiter Capilolin, el que leurs gardiens seuls pouvaient consulter lorsqu'ils en étaient requis par le sénat. Ces livres péiirent dans l'incendie du temple, en 83 av. J.-C; mais an en rédigea une nouvelle collection qui fui placi'i- dans le nouveau lemjdi'.
'SIBYLLIN adj. m. M'est guère usité qu'au
SIGI
pluriel, et dans ces locutions : les oracles, les livres, les vers sibyllins, les prétendus oracles, les livres et les vers des sibylles.
SIBYLLIQUE adj. [si-bil-li-ke]. Qui a rapport
aux siliyiii's.
SIBYLLISME s. m. Croyance aux oracles
des sibylles.
SIBYLLISTE s. m. Nom donné aux chrétiens qui croyaient trouver dans les oracles des sibylles des prédictions relatives à J.-C.
SIC adv. [sik] (mot lat.). Ainsi; textuellement.
' SICAIRE s. m. (lat. sicariiis; de sica, poignard). Assassin gagé : il fut tué par des sicaires .
SICAMBRES ou Sygambres, peuple germanique dont parle Cés.ir et qui fut conquis par Tibère, sous le règne d'Auguste. Un grand nombre de Sicarnbres furent amenés en Gaule et dispersés; le reste demeura, insoumis en Germanie, mais ne forma plus de corps de nation. Quelques-uns entrèrent dansia confédéialion des Lombards ; d'autres s'allièrent aux Francs, ce qui explique les paroles de l'évêque Rémi à Clovis : « Couibe la tête, fier Sicambre ».
SICARD (Roch-Ambroise Cuclrron, abbé) [si-kar]. philanthrope français, né à Fousseret (Haute-Garonne), en 1742, morten 1822. Elève de l'abbé de l'Épée. il ouvrit une école de sourds-muets à Bordeaux, en 1786. Après avoir été vicaire général de Condom el chanoine de Bordeaux, il succéda à l'abbé de l'Epée à latête de l'institution de Paris en 1789, et perfectionna sa méthode en y ajoutant des signes pour les idées métaphysiques. Il a publié plusieurs ouvrages sur l'éducation des sourdsmuets.
• SICCATIF, IVE adj. [sik-ka-tif] (lat. siccatiis, part, passé du sidjare, sécher). Se dit des substances qui ont la propi-iétè de faire sécher en peu de temps les couleurs auxquelles on les mêle : huile siccative. (Voy. Huiliî.) — Siccatif s. m. Substance siccative : cette huile est un bon siccatif.
* SICCITÉ s. f. [si-ksi-té] (lat. siccitas). Didact. Qualité, état de ce qui est sec : faire évaporer n'squ'à siccité.
SICHEM [si-chemrnl], ville de l'ancienne Palestine, appelée aussi Sychem, Shecbem, el Sychar, à 50 kil. N. de Jérusalem, près de l'emplacement ou sur l'emplacement même de la moderne Nablus. Elles devint la capitale du royaume d'Israël, à l'époque de la scission sous Jéroboam. Api es la captivité, Sichem fut le siège principal du culte samaritain. Vespasien la détruisit; elle fut rebâtie plus tard el nommée iSeopolis. (Voy. iNablus).
SICILE (anc. Trinacria, à cause de sa forme triangulaire; Sicania elSiCî'/ïu),laplus grande île de la Méditerranée, partie du royaume d'Italie, séparée de la Calabre par le détjoil de Messine; 29,241 kil. carr.; 3.200,000 hab. Elle comprend les provinces de Callanlssetta, de Cataue, de Girgenti, de Messine, de Païenne, de Syracuse, et de ïrapani. Cap., Palerrue. Les meilleurs ports sont ceux de Palerme, de Messine, d'Agosla et de Syracuse. Le courant de la Méditerranée produit à l'extrémité N. du détroit de Messine, le tourbillon appelé Charybde par les anciens. On regarde la plupart des montagnes de l'ile comme appartenanlausystème des Apennins.
Le mont Etna s'élève à plus de 1U,800 pieds sur la côte E., à moitié chemin entre les extrémités N. et S. de l'île. Presque tous les cours d'eau (Salso, Simetu, etc.) ne sont que des torrents, rarement navigables, môme à leurs embouchures. Les principales productions minérales sont : le marbie, le pétrole, l'emeri, l'alun, le sel gemme, les agates, et le soufre qui est le produit le plus important I de lous. On cultive sur une grande échelle
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la vigne el l'olivier, les mélangeant souvent l'une avec l'autre. Parmi les autres produits, on peut citer le sucre, la baiille, le coton, le sumac, le safran, la manne que l'on tire d'une espèce de frêne, les fruits, les bois de constructions, les mûres.— Les aborigènes de la Sicile étaient lesSicanes ou Sicules; mais la population actuelle est un mélange d'un grand nombre de races, parlant undialecte lortemenl teinté d'arabe el d'autres langues. La distribution inégale de la propriété foncière, le gouvernement fatal des Bourbons, la négligence complète de l'inslruction, et d'autres circonstances fâcheuses ont produit une grande misère. I.'ile cependant devient peu à peu plus prospère, bien que le brigandage y règne encore, surtout dans la formidable organisation appelée la Mafia. On exportebeaucoupde vin, d'orangeseld'autres fruits, des céréales, de l'huile, du soufre, de la soie, de la laine, du sumac, etc. Les pêcheries sont parmi les plus productives de la Méditerranée. Les ruines antiques abondent dans lile. — On suppose que les premiers habitants de la Sicile vinrent de l'Italie continentale. Les Phéniciens y fondèrent de bonne heure des colonies, entre autres Panorme (auj. Palerme) el Eryx. Les Grecs les refoulèrent dans l'intérieur, et, entre le vni" et le VI'' siècle av. J.-C, établirent sur les côtes des colonies dont Syracuse el Messana (Messine) furent les plus célèbres. Les Carthaginois envahirent l'ile au v: siècle, et y établirent aussi des colonies, qui, après de longues guerres, tombèrent au pouvoir de Syracuse (Voy. Syracuse.) La Sicile fut conquise par les Romains pendant les guerres puniques, et devint le grenier de l'empire. Les Oslrogoths, qui s'en emparèrent à la lin du v^ siècle de notre ère, en furent chassés en 533 par Bélisaire. Les Sarrasins 1 occupèrent vers8<0; mais ils durent, au xi° siècle, céder la place aux Normands qui réunirent la Sicile àiNaples. Voy. Siciles [Royaume des Deux-).
SICILES ( Royaume des Deux - ) , ancien royaume de l'Italie méridionale, comprenant laSicile et plusieurs autres Iles |dus petites, el le royaume de Naples, c'est-à-dire toute l'Italie au S. des Etats pontificaux. En 1860, quand il lut incorporé dans les Etals de Victor Emmanuel, sa superficie était de M 1,900 kil. carr., el sa po|julalion de 8,703,130 hab. Aujourd'hui, il forme six des principales divisions du royaume d'Italie, et contient plus d'un tiers de sa populaiion. Après la chute de l'empire d'Occident, l'Italie méridionale fut successivement au pouvoir des Goths, de l'exarchat byzantin de Raveune et des Sarrasins; mais plusieurs petites républiques ou duchés, comme INaples, Salerne, Amalfi, Gaële, Bénévent, linironl par s'assurer l'indépendance. Pendant le xi' siècle, beaucoup d'aventuriers normands s'engagèrent comme mercenaires au service de ces petits Etats, mais ils ne tardèrent pas à faire la guerre peur leur propre compte, et, sousGuillaume Bras-de-Fer, Drogo el Robert Guiscard, ils conquirent presque toute la Puuille. En 1033, ils baLlirent l'armée du pape Léon IX à Civilella, leflienlprisonniei , elle conlraignirent à reconnaître leurs conquêtes comme fiels du Saint-Siège. Robeil Guiscard prit le titre de duc d Apulie, et soumit la Calabre pendant que son plus jeune frère Roger s'emparait de la Sicile. En 1127, Roger II réunit toutes les possessions normandes, cl reçut, en 1130, de l'antipape Anaclel 11, le litre de roi de Sicile et d' Apulie, sous condition de payer tribut au Saint-Siège; il conquit ensuite Capoue el ^aples. Il eut pour successeur, en Hiei, son fils Guillaume 1". le .Mauvais, qui laissa sa couronne a Guillaume II, le Bon (l166-'89). Celui-ci étant mort sans postérité, sa tante Constance, belle-fille de Frédéric Barberousse, réclama le royaume. Sun mari.
Honri VI souliiiL ses droits contre l'usurpateur Tancrède, et fiuit, en 1194, par réunir le royaume de Naples et de Sicile à l'empire. A "sa mort, en 1197, sa couronne italienne passa à son fils, le futur empereur Frédéric II. Pendant la minorité de Conradin, pelit-fils de Frédéric, le pape mit la main sur le rovaume. Manfred, fils naturel de Frédéric, d'abord régent pourson neveu Conradin, puis roi lorsque le bruit de la mort de ce jeune prince eut été répandu ( I i.îS , fut défait et tué à Bénévent ("26 fév. 1266; par Charles d'Anjou, qui avait été couronné par Clément IV, et qui usurpa alors le pouvoir dans les deux pays. Conradin, le dernier des Hohenstaufen, fut écrase à Tagliacozzo, le 23 août 126S, et eut la tête tranchée à Naples le 29 oct. L'exaspération causée par le despotisme de Charles amena le massacre des Vêpres Siciliennes (30 mars 1282) et l'e.xpulsion des Français de Sicile, où Pedro III d'Aragon devint roi. Charles s'efforça vainement do recouvrer la Sicile. Pendant plus d'un siècle et demi, l'ile, gouvernée par une branche cadette de la maison d'Aragon, l'ut séparée du royaume continental, et les deux souverains prenaient chacun le titre de roi de Sicile. Les destinées de la maison d'Anjou à Naples, obscurcies pendant les dernières années de Charles I'' et le règne de son fils Charles 11 le Boiteux, devinrent plus brillantes sous Robert le Sage il309-'43| ; mais le règne de sa petite-fille, Jeanne I", fut désastreux. Lorsque le roi de Hongrie l'eut fait mettre à mort en 1382, une lutte san glante s'éleva entre Louis 1", chef de la seconde maison d'Anjou, fils adoptif de Jeanne, et Charles de Durazzo, son légitime héritier, pour finir par le triomphe de celui-ci ; mais il fut appelé en Hongrie en 1385 et assassiné peu après. Son jeune fils, Ladislas, fut chassé par Louis II d'Anjou en 1389 ; mais en I39U, Ladislas remonta sur le trône et écrasa les partisans de son rival. Le règne suivant, celui de sa sœur Jeanne II (i414-'33), fut aussi infâme que le règne de Jeanne 1. Après avoir adopté Alphonse V d'Aragon, puis Louis 111 d'Anjou, elle légua, a la mort de ce dernier, la couronne des Deux-Siciles, à son frère René. Au bout de quelques années de guerre, Alphonse V chassa Hené, et, sous les auspices du pape Eugène IV, réunit les deux Etats. Il mourut en 1438, laissant Naples à son fils naturel Ferdinand U', qui maintint victorieusement ses droit contre Jean de Calabre. fils du roi René, tandis que la Sicile et l'Aragon échurent à son frère Jean II. En 1494, Charles VIII, roi de France, conquit le royaume de Nafdes, lequel fut reconquis en 1303 par Ferdinand le Catholique, successivement connu sous le? noms de Ferdinand 111 de Naples et de Ferdinand II de Sicile. L'oppression des vice-rois espagnols suscita, en 1647, le soulèvement de Masaniello à Naples. Masaniello fut assassiné dès le début (I6juillet), mais les troubles durèrent longtemps encore. Pendant la guerre de la succession d'Espagne , la population prit parti pour Philippe V, de la maison de Bourbon, mais en l';07, elle accepta Charles d'Autriche, plus tard empereur sous le nom de Charles VI, dont les droits sur Naples furent confirmés par le traité d Utrecht en 1713. tandis que la Sicile était donnée à Victor-Amedée de Savoie. Ceiui-ci échangea la Sicile pour la Sardaigne en 1720, et les deux royaumes restèrent à Charles VI jusqu'à ce qu'ils furent conquis, en 1734-'33, pardon Carlos, fils de Philippe V d'Espagne, qui fut couronné en 1733, sous le nom de Charles III, roi des Deux-Siciles. En 17.ÏH, lors de son avènement au trône d'Espagne, son fils Ferdinand IV devint roi de Naples et de Sicile, sous l'in- Uuence de sa femme, la reine Caroline, et de son favori, le premier ministre AcLon, il entra dans la première coalition contre la