REILLE
" SMILLE s. f. [// mil.] (gr. smilê, ciseau de sculpteur). Maçonn. .Marteau avec lequel on pique le moellon et le grès.
* SMILLER V. a. Piquer du moellon ou du grés avec la smille.
SMITH (Adam), philosophe écossais, né en 17 23, mort en 1790. Il fut en 1731 nommé professeur de logique à l'université de Glasgow et, eu 1752, de philosophie morale. De 1763 à 1766, il accompagna comme précepteur le jeune duc de Buccleugh dans ses voyages, résidant surtout à Toulouse et à Psiiis. Da.nsssiTheoryofmoi-alSenUmentsl\'oi)), il soutint la doctrine que toutes les émotions et toutes les distinctions morales viennent de la sympathie. Son inquiry into the Nature and Causes of the Weaith of Nattons (1776). est le premier exposé complet et systématique des principes de l'économie politique. (Voy. Economie politiqce.) Après un séjour de deux ans à Londres, il fut envoyé à Edimbourg (1 778) comme un des commissaires des douanes pour l'Ecosse. En 1787, il fut élu lord recteur de l'université de Glasgow.
SMITH (Alexander), poète écossais, né en 1830, mort en 1867. A partir de 18-53, il fut secrétaire de l'université d'Edimbourg. On a de lui : A Life Brama (1833); Sonnets of the War , en collaboration avec Sydnev Dobell (1833); City Poems (18-57), Edwin 6f ietra (1861); et comme ouvrages en prose: Dreamthorp (1863), A Summer in Skye (1863), Alfred Hagart's House/toW( 1866), et Miss Oona Me Quan-ie (1866).
SMITH (George), orientaliste anglais, né vers 162-5, mort en 1876. En 1866, il découvrit, au Musée britannique, une inscription de Salraanasar II, rendant compte de sa guerre contre Hazael. Il s'adonna ensuite exclusivement à l'étude des textes cunéiformes. Il à fait plusieurs heureuses découvertes, entre autres une tablette contenant un récit chaldéen du déluge. En 1871, il publia Ihistoire d'Assorbonapal(Asshur-bani-pal).En l873-'74, il fit des voyages d'exploration jusqu'à Ninive et en rapporta plus de 3,000 inscriptions. Il en a publié le compte rendu en ls7o, ainsi qu'un volume sur l'histoire de l'Assyrie, et The Chaldean Account of Genesis. H est mort
SMOG
dans le cours d'une troisième visite à la vallée de l'Euphrate.
SMITH (Joseph), fondateur del'Ei^'lise mormunne ou Eglise des Saints dt-s Derniers Jours, né dans le Vernionl en 180a, mort le 7 juin 18t4. Aidé ite Sidney Higdon, il publia le Boûk of Mormon, ou Livre de Mormon, qu'il prétendait avoir déeouvert (sur les indications d'un aiig-e), caché dans la terre et écrit sur des tablettes. C'est sur cette base qu'il établit et organisa son Eglise à Manchester, dans l'état de New-'\'ork, le 6 avril 1830. En 1831, il alla avec ses disciples à Kirtland et y éleva un temple à grands frais. Ils bâtirent ensuite une ville appelée Nauvoo dans r Illinois, et construisirent un nouveau temple. C'est là que Smith, qui concentrait en sa personne les pouvoirs militaires, municipaux, et ecclésiastiques, introduisit la polygamie en vertu d'une prétendue révélation. Plusieurs maris outragés s'élevèrent contre lui, et iraprimèrenl. un journal pour le combattre; mais Smith, à la tête de la populace, brisa leurs presses. Des mandats d'amener furent lancés contre lui, contre son frère Hyruni, etc. Obligés à la fin de se rendre, ils furent emprisonnés à Carthagène, dans l'Illinois, où le peuple, ciaignant de les voir relâcher, força l'entrée de la prison et les massacra.
SMITH (Sydney), écrivain anglais, né en 1771, mort eu 184.3. 11 était pasteur de Nelheravon, dans la plaine de Salisbury (l7yi-'97); plus tard, devenu précepteur particulier à Edinjbourg, il fut, en 1802, un des fondateurs et le premier rédacteur en chef de V Edinburgh Revieiv. Il prêcha et fit des conférences à Londres de 1804 à 1806, et en IS06 reçut la prébende de l''oston-le-Clay , dans l'Yorkshire. En 1807-'O8, parurent 'sous un pseudonyme se^ Letlcis on Ihc Subject of the Cathodes, by Peter Piijm/ey, où il demandait l'émancipation des catiioliques, et qui, grâce à un admirable mélange de bon sens, d ironie et de plaisanterie, eurent un immense succès. En 1828, lord Lyndluirst le nomma chanoine de Bristol et recteur de Combe- Florey, près de Taunton, et, trois ans plus tard, il devint piébendicr de Saint-Paul. On a publié la collée lion de ses écrits en 4 volumes (l839-'40) et ses Elcmerdary Skclches of Moral Philosophy en 1850. Sa lille Saba, femme de sir Henry Holland, a écrit sa vie (1855).
SMITH CWilliam), surnommé le père de la géologie anglaise, ne en 1769, mort en 1839. Il était géomètre et ingénieur civil et commença en 1794 une Map of the Strata of EnylanU and W'ales; en 179^, il publia en tableaux The Ûrder of the Strata and tUeir Orijunic Remains in the Vicinity of Bath; en 18I.T, parut sa Geo/ogicai Map of England and Wa/e.s, xuith Part of Scotland, accompagnée d'un traité; et entre Isl9 et 1824, il donna 21 cartes géologiques des comtés d'Angleterre, représentant les couches par des couleurs, sans compter quelques travaux sur les restes organiques.
SMITH (sm William Sidney), amiral anglais, né en 1764, mort en 1840. Avant 20 ans, il était capitaine de vaisseau, et il servit en cette qualité jusqu'à la fin de la guerre d'Amérique. En 1793, il incendia l'arsenal de Toulon, fut pris en 1796, s'évada de la prison du Temple (ii mai 1798), et reçut aussitôt le commandement d'une escadre pour opérer contre les Français sur la côte d'Egypte; il diririgea la défense d'Acre contre le général Bonaparte. Ses blessures l'obligèrent à retourner en Angleterre en 1801 . 11 fut fait amiral en 1821. Sa vie a été écrite par sir John Barrow (1847, "2 vol.).
SMITHSONITE s. f. Carbonate de zinc.
'(V(iy. C\L\MINE.)
SMOGLEUR ou Smuggler s. m. (angl. ta
SMOR
[ smuggle, faire la contrebande). Bâtiment ou individu qui fait la contrebande.
SMOLENSK. I, gouvermenl dans la Russie occidrntalf ; .'16,041 kil. carr. ; l,20y,UiiU han. Les principaux cours d'eau sont le Dnieper et la Desna. Il y a une foule de petits lacs et de marais et d'immenses forêts pleinesde gibier. C'est là qu'on élève les fameux chevamt de Lithuanie. On exporte du miel, de la cire et de beaux tapis. — II, cap., sur les deux rives du Dnieper, à 368 kil. O.-S.-O. de Moscou; 36,000 hab. On la regarde comme la clef de Moscou, et elle est puissamment fortifiée. Sa cathédrale est remarquable. On y fabrique de la toile, des lainages, du cuir, des chapeaux et du savon. Au moyen âge, Smolensk était la capitale d'une principauté indépendante. Pendant les guerres entre les Russes, les Tartares, les Lithuaniens et les Polonais, elle changea plusieurs fois de maîtres. Le 17 août 1812, les Français et les Russes s'y livrèrent une grande bataille. Dans la nuit, les Russes abandonnèrent la ville qui fut le lendemain occupée parles Français; ceux-ci marchèrent sur Moscou, laissant la plus grande partie de Smolensk en cendres.
SMOLLETT (Tobias-George\ écrivain anglais, né en Ecosse en 1721, mort en 1771. Il n'avait pas encore 19 ans lorsqu'il partit pour Londres, emportant une tragédie intitulée The Rcrjicide, qu'il chercha vainement à faire représenter. En 1741, il pril pari, en qn.-ililé
SMYT
Mus. Se place sur les partitions pour indiquer qu'un morceau doit être exécuté en ali'aiblissant le son,
SMYRNE (turc Ismir), ville de la Turquie d'Asie, dans le vilayet d'Aidin, dont le gouverneur réside àSmyrne une partie de l'année, presqu'au fond du golfe du même nom, sur la côte occidentale de l'Asie Mineure, à 336 kil. S.-O. de Constantinople ; iIjO.OOOhab., dont 75,000 Grecs, 4,'i,000 Turcs, 13,000 Juifs, 10,000 catholiques romains, 6,000 Arméniens et 4,000 Européens et Américains. Les Turcs l'appellent la ville des Giaours, à cause de la grande prépondérance de l'élément chrétien. Elle est située sur une plaine, entre l'ancien mont Pagus et la mer, et en partie sur la pente du mont même. C'est le siège d'archevêques grec, arménien, et catholique romain ; les Américains y ont des missionnaires, et des chanoinesses prussiennes y dirigent une excellente école. Les villages voisins de Burnabad et de Budja contiennent de belles villas. Smyrne est une escale iinporlante pour les steamers, et un grand entrepôt commercial; le port est magniliqup. Le mouvement y est annuellement de 1,400 navires, environ, dont la moitié à vapeur. Les importations consistent surtout en coton et en articles manulacturés, les exportations en coton brut, figues, raisins, opium et éponges. La guerre de sécession a donné une grande importance à l'exportalinD du coton. —
d'aide-chirurgien de marine, à l'expédili m contre Carthagène, qu'il a décrite dans hoderick Random. Il revint en Angleterre en 1746, après la bataille de CuUoden, et publia anonymement The 'Tears of Scotlarid. De cette époque datent aussi Advice, a Satire (1746), Repro'if, a Satire (1747) et Alceste, an Opéra. En 1748, parurent The Advcnliires of Roderick Random , et en 1751, The Adventures of Peregrine Pickle. Il reprit alors l'exercice de la médecine, et s'établit à Bath. Mais ne trouvant point à se faire de clientèle, il se transporta à Chelsea et ne s'occupa plus que d'œuvres littéraires. Il écrivit successivement : Adventures of Ferdinand Count Falhom{]ll)i], une traduction de Don Quichotte (I7.').3), Compendium of Aidhentic and Enlertaining Voyages (17;i7, 7 vol.). Complète History of England (17;j7-'64, 16 vol.), The Adventures of sir Launcelot Greaves, sorte de Don Quichotte travesti (I760-'61). et Travels through France and Ka/y (1766). Sa santé chancelante l'obligea à aller en Italie en 1770, et il commença en chemin à écrire The Exf^editinn of Humphrey Clinker, qui parut en 1771, peu avant sa mort.
SMORZANDOadv.[smord-zan-do](motital.).
Miiyrne fut probablement colonisée par des Eoliens de Cyrae, mais elle tomba de bonne heure aux main» des Colophoniens, et au vu" siècle av. J.-C, elle forma la treizième ville de la ligue ionienne. Détruite par Sadyatles, roi de Lydie, elle resta en ruines pendant plusieurs siècles. Anligone et Lysimaque la rebâtirent. Elle ne tarda pas alors à devenir une des premières villes de l'.^sie Mineure. Smyrne est une des sept églises citées dans l'Apocalypse : elle eut pour premier évêquePolycarpe. Elle a eu, à différentes époques, beaucoup à souffrir de la guerre, des tremblements de terre et des incendies.
SMYRNIOTE s. etadj. De Smyrne; qui appartient à Smyrne ou à ses habitants.
SMYTH. 1. ('William-Henry), oflirier de la marine anglaise, né en 1/88, mort en 1865. L'amirauté l'employa pendant plusieurs années à relever exactement la Sicile et les autres îles de la même région. 11 en résulta un atlas de la Sicile, qu'il accompagna d'un Mernoir descriptn^e of the Resources. Inhabilants and Uydrography of Sicily (IS24). 11 fit d'autres travaux analogues par la suite, construisit un petit observatoire à Bedt'ord. et publia Sketch of Sardinid (1828J, A Cycle of
SOBR
Cekstial Objects (1844, 2 vol.), The ilediterra- 7iean, a Mcmoir. Physical, Historical andNauticil (IS.S4I. En 1853, il fut fait contre-amiral, el eji 1S57 hydrogrraphe de l'amirauté.
SNAKE-RIVER [snèke'-riv'-eur] (aussi appelée Lewis Foik. Lewis River, Saplin River, el Shoshone River), attluent de la Colombie, naitdans les montagnes Rocheuses, à peu près par ii" lat. N. et 11 '2° 50' long. 0. Son cours est d'abord N.-O., puis S., puis de nouveau N.-O. jusqu'à sa jonction avec le Henrv's Fork; il décrit alors une courbe de plus deo60kil., court au N., tourne à l'O. dans l'état de Washington, et va se jeter dans la Colombie, à iO kil. au-dessus de la frontière de rOrégon, après un cours de plus de 900 kil. — Il est navigable sur une grande partie de son cours.
SNEUn'Willebrord, mathématicien hollandais, né en !o9l, mort en I62i). En 1613, il devint professeur à Leyde. 11 fut le premier à faire la mensuration tri^'onométrique d'un arc du méridien, et il perfectionna les instrumentsqui servaient alors à cette opéralion. Il découvrit aussi la loi de la réfraction de la lumière. Son ouvrage le plus important a pour titre : Eralosthenes Batavus, sive de Teirx Ambitus vera Quantitate ,l617'i.
SNELLAERT Ferdinand-Augustin), auteur flamand, né a Courtrai, le il juillet 1809. mortàGand, le 3 juillet 1872. Il consacra aux lettres les loisirs que lui laissa l'exercice (le la médecine. Parmi ses œuvres, citons : Schets eener Geschiedenis der l}federlandsche Lctterkunde (3'=édit., 1855), Bibliographie Flamande (1831 et 1857), Védition des Alexanders Yeesten de Maerlant. etc.
SNORRI STURLASON ou Snorre Sturluson,
historien islandais, né en 1178, mort le 22 sept. U4I. L'n mariage le rendit l'homme !e plusriche de l'Islande. Sa somptueuse résidence à Revkholt était une véritable forteresse, et il se montrait à l'Assemblée nationale avec une escorte de centaines d'hommes armés. Elu à la magistrature suprême, il déploya un grand savoir judiciaire ; il excellait aussi dans la poésie. Reçu avec grande distinction en Norvège, il y retoui'na plus tard en fugitif à lasuite de discordres intestines (1237). 11 y encourut le déplaisir du roi et revint en Islande, où Tordre arriva de le faire transporter en Norvège chargé de chaînes; mais son gendre, Gissur, l'assassina à Reykholt. Son ouvraec le plus important a pour titre Heimskringla, ou Chronique des rois de iN'orvège, dont le texte original fut imprimé pour la première fois par Periiigskiold en 1697, bien que la traduction danoise existât depuis cent ans.
SNYDERS ou Sneyders ou Snyers (Francis), peintre flamand, ne en I.ï79, mort en 1657. 11 travailla avec Rubeiis, Jordaens et d'autres, ceux-ci exécutant les figures humaines, et Snyders les animaux, où il excellait, de même que dans les scènes de chasse.
SOBIESKI. Voy Je.\nI1I Sobieski.
SOBOLE s. m. (lat. sobolu, rejeton). Bot. Germe ou rudiment d'une plante ou d'un rameau. — Buibille qui remplace les bourgeons, les fruits ou les graines, dans quelques végétaux.
SOBOLÉ, ÉE adj. Qui est de la nature du sobole.
• SOBRE adj. (lat. sobrius). Tempérant dans le buire et dans le manger. Est opposé à gourmand et à ivrogne : c'et^t un homme fort sobre. — Il A fait un repas sobre, il a fait un repas où il a peu bu et peu mangé. On dit, dans un sens anal.. Une vie. un rériue SOBRE. — Fig. Se dit de celui qui use de certaines choses avec discrétion, retenue, modélatiou : cet homme est sobre en paroles, sobre
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àparler. — Se dit aussi des choses : le style de cet écrivain est sobre.
' SOBREMENT adv. D'une manière sobre :
il vit sobrement. — Avec circonspection, avec retenue, avec discrélion : il faui p:irler sobrement de certaines matières.
* SOBRIÉTÉ s. f. (lat. sobrietas). Tempérance dans le boire et le manger: /a sobriété est utile à ta santé. — Réserve, retenue, modération .- il faut user avec sobriété des plaisirs de la vie. — Fig. D'après saint Paul, Il faut être sage avix soBRif:TÉ, il faut garder une certaine modération, même dans les meilleures choses, de peur de les outrer.
* SOBRIQUET s. m. Sorte de surnom, qui le plus souvent se donne à une personne par dérision, et qui est fondé sur quelque déf.uit de corps ou d'esprit, ou sur quelque singularité : sobriquet offensant, injurieux.
' SOC s. m. [sokk] (bas lat. soccus). Instrument de fer qui fait partie d'une charrue, et qui sert à fendre et à renverser la terre d'un champ qu'on laboure : le bec d'un soc.
SOCAGE s. m. Féod. Corvée consistant à labourer les terres du seigneur. Voy. Paysans {Guerre des.)
SOCCIA. ch.-l. de cant., arr. et à 07 kil. .N.-E. d'.ijaccio (Corse); 734 hab.
SOCCOTRIN adj. m. Se dit d'une espèce d'aloès. (Voy. .\loès.)
SOCIABILISER v. a. Rendre sociable.
* SOCIABILITÉ s. f. Aptitude à vivre en société : la sociabilité est une disposition naturelle à l'espèce humaine.
"SOCIABLE adj. (dulat.socius, compagnon).
Qui est naturellement porté à chercher la société, qui est né propre à vivre en société : ihomjne est sociable. — Avec qui il est aisé de vivre, qui est d'un bon et facile commerce : c'est un homme sociable.
' SOCIABLEMENT adv. D'une manière sociable ; il s'est conduit assez sociablement.
•SOCIAL, ALE, AUX adj. (lat. socialis). Qui concerne la société : l'ordre social, les rapports sociaux. — Hist. rom. La guerre souale, la guerre que les peuples de l'Italie, alliés de Rome, firent à la république du temps de Marius et de Sylla. — S'emploie aussi en parlant des sociétés de commerce : la raison soj ciale de cette maison.
SOCIALEMENT adv. D'une manière sociale, dans l'ordre social.
SOCIALISER v. a. Rendre social, réunir en société.
* SOCIALISME s. m. Doctrine des hommes qui prétendent changer l'état de la société et la réformer sur un plan tout à fait nouveau, d'après des principes plus harmonieux et plus équitables. Le communisme et la coopération sont les deux grandes divisions ou variétés principales du socialisme. Quelquefois on emploie les termes communisme et socialisme comme synonymes; mais généralement le premier terme s'applique d'une manière spéciale aux plans de réforme sociale ayant pour base, ou du moins comprenant la doctrine de la complète comuiunauté des biens. La coopération est la branche du socialisme qui s'occupe exclusivement de la théorie du travail et des moyens de distribuer les profits, et qui préconise l'association d'un grand nombre afin d'obtenir des avantages que n'atteindrait pas l'individu. Le socialisme simplifié d'aujourd'hui, ne vise guère qu'à protéger les droits du travailleur et à garantir celui-ci contre l'oppression des capitalistes. -Vu nombre des plus anciens essais de vie communiste, il faut citer la secte juive des esséniens. Les carpocratiens, secte chrétienne du milieu du vi" siècle, pratiquaient
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aussila communauté des biens et des femmes. Plusieurs siècles plus tard, dilféren tes sociétés communistes et ascétiques s'élevèrent, telle que celle des Frères et Clercs de la vie commune, fondée par Gérard Groot, vers 1378. dans les Pays-Bas. En même temps, il existait des communautés dont les membres se livraient à la licence la plus excessive et qui finirent par être supprimées par les gouvernements ; tels étaient les adarailes, qui allaient nus et avaient leurs femmes en commun. Lors de la réformation, les tendances communistes étaient répandues dans toute r.\llemagne, et amenèrent la révolte des serfs contre leurs seigneurs. Voy. P.aysans iGuerre des). Certains anabaptistes', Sloich el .Mûnzer, les familistes, les niveleurs, et u.i grand nombre d'aulres sectes fanatiques lie cette période témoignent, à divers degrés, du même esprit d'hostilité contre le ri'che, du désir d'arriver à une meilleure distribution des biens, et de la lutte dans le but de réaliser un idéal d'état social. La première édition de ['Utopie de sir Thomas Morus, description d'une république imaginaire, fut imprimée en latin à Louvain en 1516..Campanella décrit une autre utopie dans sa Civitas Salis (1623). Des plans analogues se trouvent esquissés par Hall dans son Muwlus Aller, par Fénelon, .Morelly, Defoe dans son Essay on Projects el Bacon dans la New Atlantis. En 1656, Harrington publia son Oceana, où il trace le modèle d'une république. Le premier plan complet d'une communauté industrielle destiné à une mise en pratique immédiate fut le projet de John Bélier d'un collège de l'Industrie {collège of Industry ; 1696). En France, il y a eu, à différentes époques, de petites communautés dans lesquellesle travail fut divisé suivant les aptitudes des membres, lesquels reçurent part égale des profits. .\ux Etats-Unis, il y a environ 70 sociétés communistes, toutes fondées sur une croyance religieuse quelconque. Les shakers furent établis dans les états septentrionaux vers 17S0; les rappistes datent de ISOo, les zoarites de 1817, les communistes d'Eben-Ezer ou d'.\mana de 1844, la communauté de Bethel de 1844, les perfectionnistes d'Oneida de 1848, les icariens de 1849, et la commune d'Aurora de 1852. La communauté des femmes n'est pratiquée que par les perfectionnistes, voy. Saint-Simon, Focrier, etc.; les shakers et les rappistes gardent le célibat; à Icarie, à .Amana, à Aurora, à Bethel el à Zoar les liens de famille sont en honneur. Les plus nombreux sont les shakers. — Après le règne de la Terreur en France, Babœuf el ses amis formèrent une conspiration pour renverser l'Etat. Us enseignaient que tous les hommes onl des droits égaux à posséder, et que toute appropriation exclusive du sol ou d'une branche d'industrie est un crime. Babœuf périt sur l'échafaud, mais Buouarroti fil revivre ses doctrines en 1834. Saint-Simon (1760- 1825), est l'auteur d'un vaste plan de reconstruction de la religion, de la politique, de l'industrie et des relations sociales de l'humanité. A chaque homme suivant sa capacité, à chaque capacité suivant ses œuvres, telle était la grande formule de l'évangile de Saint-Simon. Il était réservé à Rodrigues, à Enfantin, à Bazard, à Bûchez et autres de le répandre par toute la France; mais des dissensions et des excentricités empêchèrent d'arriver à un résultat pratique. Charles Fourier (1772-1837) vil que la société est un organisme en croissance el non une construction, et il en conclut que la science de la société doit être comme la fleur et le couronnement de toutes les autres sciences. Il se donna le rôle de philosophe et législateur social universel, et il se fit beaucoup de disciples eu France, en .Angleterre el aux Etals- Unis. On a fait bien des ellorls pour appliquer ses règles les plus pratiques, mais sans ob-
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tenir aucun résultat décisif ou signalé. Louis Blanc soutenait que le gouvernement devait acheter ou absorber graduelle ment les grandes entreprises industrielles du pays, afin que les salaires des travailleurs arrivassent à être tous égaux, et qu'avec Je temps l'administration gouvernementale lût remplacée par les travailleurs se gouvernant eux-mêmes d'après les principes démocratiques. Proudtion ('IS09-'(i5) voulait exécuter ses reformes sans l'aide de l'Etal. Il proposait que tout citoyen réunît en sa personne les quatre facteurs nécessaires de la production, et qu'il fût, en conséquence, travailleur, capitaliste, marchand et patron. Pour y arriver, il soutenait que le travail devait être garanti au travail- Jeur, et qu'il fallait réorganiser le système du crédit, chose qu'il essaya d'accomplir en établissant la banque du peuple en 1849. Celle banque était une association de 20,000 travailleurs qui s'engageaient à prendre son papier au lieu d'espèces. Le gouvernement ne larda pas à la fermer pour violation du Code de commerce. — Législ. «Il est nécessaire de dire quelques mots du socialisme, avant de parler de la législation qui le concerne. Il nous semble que, sauf pour un petit nombre d'utopies anarchistes, ou peut le définir ainsi : l'extension exagérée de la fonction gouvernementale. C'est une organisalion arlilicielle de la société qui tend à faire violence, non seulement aux mœurs et aux habitudes de la population, mais aussi à la nature même de l'être humain et à ses instincts. Un tel régime, quel qui soit, ne peut être établi ni subsister que par la contrainte ; c'est donc un attentai à la liberté. (Voy. Paupérisme, Salaire, etc.) Distinguons le socialisme des gouvernements ou socialisme d'Etal et le socialisme clérical du socialisme révolutionnaire. On trouve des exemples des premiers dans les lois de Lycurgue, dans certains décrets de la Convention, et dans l'élal social que les jésuites avaient fondé au Paraguay. Tout système qui s'écarte des principes de la liberlé'individuelle et de la constiUilion naturelle de la famille est plus ou moins empreint de socialisme. Aussi l'on peut dire que I l'Eglise catholique est une puissante forme « et une vivante ligure du ^ocialisme... Ce « traits généraux : l'inspiration supérieure « le mépris de la réalité, le plan d'une so » ciélé nouvelle et la promesse d'un bonheur « inaltérable se retrouvent en tout socialisme. « Qui s'est jamais plus fortement empare de 0 la famille que ne le fait l'Eglise, et ne l'a i< plus profondément pétrie à son image?... i< Quand vous avez vu le socialisme clérical n dans la famille, dans la commune et dans « l'Etat, revenez à l'Eglise elle-même, péné- 0 Irez dans sa propre et intime organisation : « c est là que vous verrez le socialisme vivant « et triomjihantl Socialisme, est-ce assez dire? « l-'rappez à la porte du monastère; c'est le « communisme lui-même qui vous otfie l'hos- «pitalilé». (H. Dépasse, Le Cléricalisme., chap. m, § 2.) Parmi les modernes inventeurs de systèmes socialistes, on peut citer Babœuf, Uoberl Owen, Saïut-Simon, Fourier, Enfantin, Aug. Comte, P.-J. Pioudhon et leurs disciples. En 1848, les ouvriers de Paris réclamèrent la mise en pratique des théories du coniinwiiftne que des ulupislas avaient répandues parmi eux; l'égalilé des salaires, le droit au travail, l'abolition de la propriété individuelle, etc. Ces théories étaient propagées par les sociétés secrètes et par divers écrits; et ion suit quels résultats ont donné les essais qui furent tentés pour ia réalisation des idées dont il s'agit. En Allemagne, Karl Marx cherchait à démontrer dans ses ouvrages que le travail doit avoir la prépondérance sur le capital; et il jetait les bases de i Association internalionule des travailleurs, qui fut délinilivemeiit fondie dans un meeting d'ouvriers, en Angleterre, le 28 sep-
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temhre 1S'i4. On a attribué à celte associalion un grand rôle dans le gouvernement de la Commune de Paris en 1871. En dehors du eommiiiiisme allemand, quiprétend être basé sur la science cl le pur raisonnement, il se fonda, parmi les ouvriers de divers pays, des associations divergentes: la fédération jurassienne, la fédération française, la fédération italienne, la fédération espagnole, la fédéralion américaine, etc. Les Ti'ade' s -Unions d'Angleterre réussirent à se donner une organisation puissante, soutenue par d'abondantes cotisations; mais les succès qu'elles ont quelquefois remportés en obtenant temporairement la haus.-e des salaires, ont été bien compensés par leurs échecs; et les ouvriers anglais, après avoir acquis à leurs dépens quelques notions d'économie politique, ont renoncé à se nuire à eux-mêmes et à réclamer l'inifiossible. Les ouvriers fiançais, moins éclairés et plus disposés à nourrir des chimères, ont vu se former parmi eux un nombre infini de sectes socialistes, et chaque jour en voit naître de nouvelles. Les systèmes et les moyens d'application ditîèrenl selon les groupes et souvent même selon les individus. Les muluellistes sont une variété des communistes. Les collectivistes se subdivisent en marxistes ou guesdistes, possibilistes, égalitaires, blanquistes, etc. Ces divers groupes prétendent opérer, les uns par le rachat, les autres par la force, la prise de possession de tous les instruments de travail, usines, chemins de fer, etc., pour en faire la remise aux travailleurs exclusivement. Les anarchistes placent le bonheur parfait dans une révolution sociale qui détruirait à jamais tout pouvoir politique et tout gouvernement. Quelques-uns même repoussent l'idée de patrie et font du socialisme une doctrine de cosmopolitisme. Nous n'aurions jamais fini s'il fallait faire connaître ici tous les systèmes éclos dans des cerveaux mal équilibrés, chez lesquels font souvent défaut les notions les plus élémentaires de l'histoire et des besoins des sociétés humaines. Les nihilistes de la Russie ont aussi un programme socialiste; mais leur but immédiat est la destruction du pouvoir absolu dans leur pays. — En France, la dernière As-crablée nationale, efl'rayée par les excès auxquels les socialistes se sont livrés à Paris, en 1871, a volé la loi du 14 mars 1S72. Aux termes de celte loi, tout Français convaincu d'être affilié, soit à \'Assùciation internationale des trac ailleurs, soit à une autre société professant les mêmes doctrines et ayant le même but, doit être puni d'emprisonnement et d amende. (Voy. Internationale.) L'Allemagne, la Russie et l'Autriche ont mis en vigueur des lois draco niennes contre le socialisme, et ces trois puissances ont, pour le combattre plus sûrement, arrêté une couventifin et organise un ensemble de moyens de surveillance. La loi autrichienne, qui a été votée en 4885 pour une durée de cinq années, donne au ministre de l'Intérieur le droit de dissoudre les associations socialistes et d'en saisir les fonds au profit des pauvres. Les conlraveulious aux arrêtés de dissolution entraînent la peine de six mois à trois ans de travaux forces. La même peine est prononcée contre les membres des sociétés secrètes convaincues de socialisme. Les journaux professant des doctrines socialistes sont supprimés adniiniïtiativemenl, et leurs rédacteurs sont punis avec sévérité. Cette législation est évidemment excessive, et 1 expérience prouve que de telles rigueurs produisent des ellets tout opposes à leur but. C'est ainsi que sont dissimulées et ignorées les piaies interne^ dont une sociéié peut elle atteinte; et c'est par un tel système de compression que Ion excite la révolte dans les âmes les plus viriles. Pas plus que la liberté de religion, l'indépendance de la pensée ne doit être atteinte par les lois.
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Lorsque les doctrines utopiques peuvent se faire connaître librement, elles s'évanouissent d'elles-mêmes devant l'examen et la contradiction, de même que la vapeur qui n'est pas comprimée. La libre publicité suffit presque toujours à discréditer les idées sans fondement. Ces doctrines si variées, souvent opposées les unes aux autres, se combattent enire elles et s'affaiblissent mutuellement, pourvu que l'autorité publique ne paraisse pas dans la lutte. Le gouvernement doit seulement, en faisant exécuter la loi commune à tous, prévenir ou réprimer les actes, lorsque son existence est menacée ou lorsque la paix publique est troublée. Aujourd'hui en France, non seulement la loi de 187-2 sur V Internationale n'est plus appliquée, bien qu'elle soit restée en vigueur; mais toutes les sectes socialistes ont la faculté de faire connaître leurs systèmes particuliers. Cependant les associations de plus de vingt personnes ne peuvent se fonder sans autorisation (G. pén.S'll), à moins qu'il ne s'agisse de syndicats professionnels (L. il mars 1884); et les sociétés secrètes sont absolument interdites (Décr. 28 juill. 1848, art. 13j; mais la loi sur les réunions publiques (L. 30 juin 1881), tout en maintenant l'interdiction des clubs et celle des meetings tenus sur la voie publique, laisse à chacun la liberté de développer publiquement ses idées, quelles qu'elles soient. (Vov. Réunion.) La loi qui régit la presse (L. 29 juill. 1881, art. 23 et s.J n'autorise à poursuivre les individus qui ont prononcé des discours dans les lieux ou réunions publics, ainsi que les auteurs d'écrits ou imprimés, que dans les cas soit de provocation à des crimes ou délits, soit de diifamation, soit d'outrages aux personnes ou aux bonnes mœurs. — Dans un pays où la constitution et le sufl'rage universel assurent à tout citoyen la garantie de ses droits naturels, les partisans d'aucune organisation sociale ne sont fondés à faire appel à la révolte; mais chacun a le droit de chercher à convaincre les autres, et le bulletin de vote est le seul moyen qui puisse amener les progrès désirés. Si l'on met à part quelques ambitieux dépourvus de sens moral, et un certain nombre de dupes, le socialisme ne peut avoir pour adhérents qu'une fraction minime de la population, dans un pays ou l'esprit de famille s'est conservé et où la propriété est considérée comme la garantie la plus sûre contre la misère. Si le socialisme devenait un jour menaçant en France, la niasse des électeurs chercherait de nouveau à y échapper en se mettant sous la protection d'un chef d'armée. Les adversaires du régime républicain le savent; c'est pourquoi ils font des vœux pour que le socialisme vienne à régner un seul jour. Aucun gouvernement durable ne pouvant sortir de cet épouvantait, il y aurait alors quelques chances que le pays retombât, une fois encore, pendant une certaine période, sous le sceptre d'une famille marquée du sceau divin.» (V. S.) (t^B- Y.)
" SOCIALISTE adj. Qui a rapport au socialisme. — Substautiv. Les socialistes.
SOCIALITÉ s. f. Instincl social; caractère de l'eue social.
- SOCIETAIRE s. et adj. Se dit d'une personne qui fait partie de quelque société. On ne l'emploie guère qu'en parlant de certaines sociétés littéraires, musicales, etc., et de certaines entreprises dramatiques : les sociétaires de la Comédie-Française.
SOCIETAIREMENT adv. En société, paf société.
SOCIÉTARIAT s. m. Qualité de sociétaire.
• SOCIETE s. f. (lat. societas). Assemblage d'hommes qui sont unis parla nature ou par dus lois; commerce que les hommes réunis ont naturelJemcnl les uns avec les autres ;
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l'homme est né pour lu société. — Ces animaux VIVENT EN SOCIÉTÉ, ils vivent rassemblés, en Iroupes. — Compagnie, union de plusieurs personnes jointe> pour quelque Intérêt, ou pour quelque all'aire, et sous de cerlaines ronditioiis : une société de finanners, de marchands. — Société léonine, celle où tous les avanlapes sont pour un ou pour quelques associés aux dépens des autres: tonte sochté léonine est nulle. — Compagnie de gens qui s'assemblent pour vivre selon les règles d'un institut religieux, ou pour conférer ensemble sur certaines sciences : la société des jésuites.
— Société littéraire, association de plu.<ieurs personnes qui se réunissent pour cultiver les lettres : il est de plusieurs sociétés littéraires. On dit de même. Société savante, en parlant d'une association dont le but est de cultiver les sciences ou une science. Quelquefois, dans un sens plus étendu, Sociétés savantes, au pluriel, comprend aussi les sociétés littéraires. — Compagnie de personnes qui s'assemblent ordinairement pour la conversation, pour le jeu, ou pour d'autres plaisirs : société agréable, choisie. — Se dit quelquefois de réunions qui ont un but politique : sociétés secrètes. — Se dit. en général, des rapports, des communications que les habitants d'un pays, d'une ville ont entre eux pour leurs amusements, pour leurs plaisirs : (7 n'y a point de société: dans cette ville.
— Vers de société, vers qui ont été faits pour le plaisir d'une réunion particulière, et qui ne sont point destinés au public. — Commerce ordinaire, habituel, que l'on a avec certaines personnes : je trouve beaucoup de douceur, d'agréments dans sa société. — Législ. u Nous avons traité plus haut des associations de personnes ayant un autre but que la production et le partage de profits communs. (Voy. Association.) En ce qui concerne la société d'acquêts, voy. Commi:nauté. La législation relative aux sociétés de secours mutuels a été résumée au mot Secours. Il nous reste à parler ici des associations d'intérêts formérs entre deux ou plusieurs personnes qui conviennent de mettre en commun des capitaux ou leur industrie, dans la vue de se partager le bénéfice qui pourra eu résulter. Ces sociétés étaient autrefois peu nombreuses et elles n'ont commencé a se multiplier qu'après la promulgation du Code de commerce. Dans l'ancien droit, la constitution des sociétés civiles n'était soumise à aucune lornialité particulière ; ma.\slessociétésentre marchands devaient être formées par un acte écrit. Il y avait deux sortes de ces dernières sociétés: la société gétiérale, qui avait tous les caractères de la société en nom collectif, et la société en commandite. Les sociétés de traitans qui atfcrniaient la perception des impôts étaient régies par des règles particulières. Dès le commencement du xvu' siècle, on vit se fonder en France des sociétés coloniales, telles que la compagnie de Saint-Christophe (162S), celle de la Nouvelle-France ou du Canada ('I628), etc. En 'I6l>4, deux grandes sociétés commerciales furent fondées sous les noms de Compagnie des Indes occidentales et de Compagnie dcs Indes orientales. Ces sociétés, dont le type se trouvait antérieurement en Hollande, reçurent le privilège de l'exploitation des pays d'outre-mer. Elles étaient autorisées non seulement a équiper et à armer des vaisseaux de guerre sous le pavillon de France, mais aussi a traiter au nom du roi avec les princes étrangers, et au besoin à leur déclarer la guerre (art. 28 et 30 des statuts de ces sociétés). La Compagnie des Indes orientales avait reçu en don de l'Etat l'ile de Madagascar; l'autre fut mise en possession du Canada, de l'Acadie, etc. Diverses sociétés se formèrent ensuite pour l'exploitation du Sénégal, de la Guinée, de la Louisiane, etc. Sous la Régence, le trop célèbre ijnaocier Law fonda la compagnie du Mis-
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sissipi dont les actions enrichirent d'abord, puis ruinèrent les spéculateurs, après avoir excité au dernier point la passion du lucre, si facile à éveiller. La guerre soutenue par Louis XVI contre les Anglais causa la ruine des compagnies qui subsistaient encore à cette époque. — On distingue aujourd'hui deux cla.-ses de sociétés: les sociétés civiles et les sociétés commerciales. Ces dernières sont celles qui ont pour but de faire des actes de commerce. (Voy. Commerce.) Les unes et les autres sont considérées par la loi comme des personnes civiles, non seulement à l'égard des tiers, mais aussi k l'égard de chacun de leurs sociétaires; et l'on "appelle raison sociale le nom donné à cette personne civile. Toute société doit avoir un objet licite. Chaque associé est tenu de faire un apport et de participer aux pertes et aux bénéfices. (Voy. Léonin.) — Sociétés crviLES. Lorsque l'objet d'une société civile est d'une valeur qui excède 150 fr., elle doit être constituée par un acte écrit, et son existence ne peut êtie prouvée par témoins. Les sociétés civiles sont universelles ou particulières. Les premières peuvent comprendre tous les biens présents des associés et tous leurs gains à venir; mais on ne pourrait pas, comme dans l'ancien droit, mettre en commun les biens que chaque associé est appelé à recueillir dans l'avenir par donation, succession, etc. Cela est seulement permis aux époux, suivant les conditions de la communauté légale ou conventionnelle. Les sociétés particulières sont celles qui s'appliquent à certaines choses déterminées ou qui ont pour objet l'exercice d'une profession. Toute société est régie par ses propres statuts, et, en cas d'insuffisance, par les prescriptions de la loi. La société commence à l'instant même du contrat, à moins qu'une autre époque ne soit déterminée. Elle finit, soit par l'expiration du temps fixé, soit par l'extinction de l'objet de la société, soit par la mort de l'un des associés, lorsqu'il n'a pas été stipulé qu'elle continuerait d'exister, soit par 1 interdiction ou la déconfiture de l'un des associés, soit par la volonté d'un seul ou de plusieurs des associés, lorsque la durée de la société n'a pas été limitée ;C. civ., 1832 à 1873). — Sociétés couMERCL^LES. Ccs sociétés sont, en principe, soumises aux règles ordinaires des sociétés civiles, et elles sont en outre régies par le Code de commerce et par des lois particulières. Elles peuvent être déclarées en faillite, et les contestations qui s'éièvent entre les associés sont de la compétence des tribunaux de commerce. Le Code reconnaissait seulement quatre espèces de sociétés commerciales, mais des lois postérieures en ont créé de nouvelles variétés. La société en nom collectif a pour caractère particulier la solidarité entre tous les associés, lesquels sont responsables personnellement, sur tout leur avoir, des engagements qui ont été pris sous la raison sociale par l'un ou l'autre des associés. Celte raison sociale ne peutcompreuJre que les noms des associés ou luu de ces noms suivis de « et compagnie » (C. comra. 1 8 à. 2i). Dans la société en commandite simple, il y a deux sortes de sociétaires : 1" des associés responsables et solidaires; i' un ou plusieurs associés bailleurs de fonds qui participent au.\ bénéfices, mais qui ne supportent les pertes que jusqu'à concurrence de leurs mises indiquées dans l'acte de société. La raison sociale de toute société en commandite doit être formée nécessairement et exclusivement des noms ou de l'un des noms des associés responsables. Les commanditaires ne peuvent laire aucun acte de getion, siuon Us deviennent solidairement garants des engagements résultant de ces actes [id. 23 à 2S; L. b mai 1863). — La société en commandite par actions, d'abord établie par la loi du 17 juillet t8b6, est aujourd hui régie par le
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premier titre de la loi ilu 24 juillet 1867.
Dans la société anonyme, il n'y a pas d'associés personnellement responsables. Cette société est gérée par des administrateurs qui répondent seulement de l'exécution du mandat qu'ils ont reçu et des dérosations par eux commises soit à la loi, soit aux si.Tdits de la société. La raison sociale est dénommée par l'objet même de l'entreprise. Le nombre des sociétaires ne peut être inférieur à sept, et le capital social est toujours divisé en actions. Les sociétés anonvmes peuvent, depuis la loi de 1867, se constituer sans l'autorisation du gouvernement. — La société à responsabilité limitée a. élé importée d'Anirleterre en France par la loi du 23 mai 1863; mais elle n'a plus raison d'être depuis que l'anonymat a été rendu libre, et la loi de 186.Î a été abrogée par celle de 1867. Cette dernière loi a créé la société à capital variable, dite aussi société coopérative, et dont le capital est à la fois susceptible d'augmentation par des versements successifs ou par l'admi.-sion de nouveaux associés, et susceptible de diminution par le retrait total ou partiel des apports efieclués. Ce genre de société se propage avec rapidité, dans des conditions à peu près semblables, parmi les ouvriers anglais, mais il n'a pas produit en France les résultats que l'on en espérait. Les tontines et les autres sociétés d'assurances sur la vie sont seules aujourd'hui soumises à l'autorisation du gouvernement. (Voy. Assurance et Tontine.) L'acte constitutif de toute société commerciale doit être publié dans le mois de sa date, par le dépôt d'une expédition ou de l'un des originaux dudit acte et des pièces annexes au greffe de la justice de paix et du tribunal de commerce du lieu dans lequel la société est établie. En outre, un extrait de l'acte et des annexes doit être inséré dans un journal d'annonces légales. Sont soumis aux mêmes formalités tous'actes et délibérations ayant pour objet la prorogation de la société, sa dissolution avant le terme fixé, les modifications aux statuts ou à la raison sociale, et tout changement ou retraite d'associés. Faute de ces publications, les actes sont nuls à l'égard des intéressés, mais cette nullité ne peut être opposée aux tiers par les associés (C. com., 29 et s. ; L. 24 juillet 1867). La loi reconnaît encore une espèce particulière de société, Vassociation commerciale en participation, laquelle s'occupe exclusivement et d'une façon temporaire d une ou de plusieurs opérations de commerce engagées entre plusieurs commerçants ou sociétés commerciales. Cette association n'est pas soumise aux formalités prescrites pour les autres sociétés. Elle peut être constatée par la représentation der livres de commerce, par la correspondance, et même par la preuve testimoniale, si le tribunal juge qu'elle peut être admise.
(C. coram. 47 à ."iO.) Les sociétés étrangères, par actions, ne peuvent exercer leurs droits en France que lorsque les sociétés de cette espèce de leur pays ont été autorisées à le faire par un décret rendu en conseil d'Etat (L. 30 mai 1837, art. 2). Les titres de ces sociétés sont soumis en France au droit de transmission établi par la loi du 23 juin 1867, et ils ne peuvent être négociés que s'ils oui été admis à la cote de la Bourse de Paris par le ministre des finances et par la chambre syndicale des agents de change (Décr. 6 fév. 1 880). Nous n'avons pas cru devoir analyser ici les règles légales concernant la constitution, le fonctionnement et la liquidation des diverses sociétés par actions; caria loi de 1867 est l'objet d'un projet de révision dont la mise en vigueur parait très prochaine. Cette dernière loi a pris de minutieuses précautions dans le but d'empêcher la création de sociétés peu sérieuses; mais, tout en apportant des entraves, elle laisse néanmoins 1 im-
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prévoyance être trop facilement la dupe de la mauvaise foi. La liberté des sociétés commerciales doit être entière et soumise seulement aux rèsles de la loi commune (C. civ. in4); mais la publicité des statuts, des comptes et des états de situation doit être le correctif de la liberté. Cette matière est aujourd'hui plus importanti- que jamais; l'union des capitaux est de plus en plus indispensable afin de faire progresser l'industrie, le commerce, le service des transports, et afin de luttercontre la concurrence étrangère, bien plus eflicacpnient que par des tarifs de douane, en donnant le bon marché et la perfection des produits. Il importe aussi que la loi assure autant qu'il est possible la réalité des apports faits au fonds social, ainsi que la probité de la gérance, et qu'elle protège l'actionnaire, l'obligataire et le créancier par un contrôle qui soit facile et suffisant sans être une entrave pour les affaires. — Impôts sun les sociétés. Les sociétés civiles et commei-ciales.-:ontassujetticsàde nombreuses charges fiscales. \. Tout acte de formation ou de prorogation de société donne lieu à la perception d'un droit d'enregistrement lixegradué, lequel est ainsi calculé en principal sur le montant totiil des apporis mobiliers et immobiliers, déduction faite du passif, savoir: pour 5,000 fr. et au-dessous, droit 7 fr. 'iO ; de .1,000 à 10,000 fr.. droit io fr.; de 10,000 à 20,000 fr., droit .30 fr.; au delà de 20,000 l'r., droit 30 fr. par chaque somme de 20,000 l'r. ou fraction de la dite somme. Les actes de partage ou liquidation de sociétés sont soumis au même tarif sur le montant net de l'actif partagé. Le tout, sauf les droits d'obligation, de vente, de qu.ttance ou autres auxquels les dits actes pourraient donner ouverture (L. 28 fév. 1872; L. 19 fév. 1874). — 11. La loi du o juin I S.ïd a établi sur les tities des actio.ns des sociétés françaises un timbre proportionnel qui est en principal de aO centimes par 100 fr. du capital nominal, pour les sociétés dont la durée n'excède pas dix ans, et de I fr. par 100 fr. pour les actions des sociétés dont la durée est plus longue. Un timbre de 1 p. 100 frappe aussi tous les titres d'obligations émis par les sociétés ou |)ar des établissements publics. Ces droits peuvent être convertis en un abonnement annuel qui est de 6 centimes (y compris les décimes) par lOOfr. du capital nominal. Par un piivilège spécial, le timbre des lettres de gage du Crédit foncier de France n'est que de 50 centimes par 1,000 fr. Les actions et obligations des sociétés étrangères sont assujetties au timbre, lorsqu'elles sont négociées en Irance. — 111. Toute transmission d'un litre nominatif d'action ou d'obligation française ou étrangère donne lieu à la perception d'un droit proportionnel de 50 centimes (sans décimes) par 100 fr. sur le montant de la négociation. Le droit est converti, pour les titres au porteur, eu une taxe annuelle de 20 centimes par 100 fr. Cette taxe, dite la.xe de transmission, est calculée chaque année sur le cours moyen de la valeur à la Bourse de Paris pendant l'année précédente. Ces deux taxes sont avancées au Trésor |iar les sociétés, sauf leur droit de recouvrement sur les cessioiinaires et les i)orleurs de titres (L. 23 juin 1857; L. 16 sept. 1871; L. 30 mars IS'.S). Toute conversion d'un titre au porteur en titre nominatif ou d'un titre nominatif en litre au porteur donne lieu à la perception du droit de transmission de oO centimes par 100 fr. Le droit do transmission de 50 centimes par 100 Ir. est dû |>our toute négociation des titres de sociétés, compagnies ou entreprises étrangères, sans distinguer si les litres sont nominatifs ou au porteur (Uécr. 17 juillet l8o7, art. 10); il est perçu sur la moitié du capital représenté [lar les actions et sur la totalité pour les obligations (L)écr. 11 déc. 1804). — IV. La loi du 29 juin 1872
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a établi un impôt de 3 p. 100 par an sur le revenu, qui frappe sur tous les bénéfices annuels des sociétés civiles ou commerciales. Cet impôt doit être avancé par les sociétés elles-mêmes, sauf retenue sur le montant dfts coupons ou des répartitions; et il est prélevé non seulement sur les intérêts et dividendes servis aux actions et aux obligations, mais aussi sur les parts d'intérêt et commandites dans les sociétés dont le capital n'est pas divisé en actions, et même sur les intérêts des emprunts des départements, des communes et des établissements publics. Il s'applique aussi, en vertu des lois du 28 déc. 1880 et du 29 déc. 1884, sur les produits et bénéfices des sociétés dont les statuts prohibent la distribution et sur ceux des associations laïques ou religieuses, reconnues ou non, existant par contrat ou seulement de fait. A défaut de justifications suffisantes des revenus et bénéfices par les sociétés dont le capital n'est pas divisé en actions, la taxe est perçue sur un revenu calculé à 3 p. 100 de l'estimation de l'actif mobilier et immobilier. Dans toute société, les bénéfices mis en réserve sont soumis à l'impôt, ainsi que tout ce qui excède le capital social (Arr. cass., 7 juin 1880). Enfin la taxe de 3 p. 100 s'applique aux titres des sociétés étrangères qui sont cotés, négociés, exposés en vente ou émis en France. Sont exemptées du dit impôt : 1 » les parts d'intérêt dans les sociétés commerciales en nom collectif; 2° les parts des associés en nom, dans les sociétés en commandite dont le capital n'est pas divisé par actions; 3° les jiarts d'intérêt dans les sociétés dites de coopération, formées exclusivement entre des ouvriers ou artisans au moyen de leurs cotisations périodiques (L. 1" déc. 1875). Toute contravention aux dispositions des lois et des règlements concernant la perception de la taxe de 3 p. 100 est punie d'une amende de 100 à .ï,000 fr. (L. 23 juin 1857, art. 10), sans préjudice du droit en sus qui doit être perçu dans le cas d'omission ou d'insuffisance de déclaration. (L. 22 frimaire au 'Vil, art. 39). — V. La même taxe de 3 p. 100. est prélevée par le fisc sur le montant des lots et des primes de remboursement attribués aux porteurs d'obligations des sociétés ou d'obligations des établissements publics. — VL Les biens immeubles appartenant à des sociétés anonymes sont frappés de la taxe annuelle dite de mainmorte (L. 20 fév. 1849). Le taux de cette taxe est aujourd'hui de 87 centimes et demi par franc de la contribution foncière frappant sur lesdits immeubles (L. 30 mars 1872). Sont exemptés de cette contribution supplémentaire, les immeubles achetés pour être revendus par des sociétés anonymes ayant pour objet exclusif l'achat et la vente des immeubles (L. 14 déc. 1875). — ' Vil. Dans touli;s les sociétés ou associations civiles qui admettent l'adjonction de nouveaux raelubres, les accroissements opérés par suite de clauses de réversion au profit des membres restants, de la part de ceux qui cessent de faire partie de la société ou association, sont assujettis au droit de mutation par décès (9 p. loO en principal)..si l'accroissement se réalise parle décès, ou au droit de donation (même droit), s'il a lieu de toute autre manière, d'après la nature des biens existants au jour de l'accroissement, et nonobstant toutes cessions antérieures faites entre vifs au pnilil d'un ou de plusieurs membres de la société ou de l'association (L. 28 déc. 1880, art. i). Cette disposition a pour but de faire contribuer aux charges communes les biens des associations religieuses, lesquelles sont si habiles à échapper à l'impôt. — VllI. Enlin l'impôt de la jjatente trappe plus lourdement sur les >ociélés en nom collectif que sur les autres; car, en outre du droit fixe princi|ial basé sur la nature du commerce ou de l'in-
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dustrie qui fait l'objet de la société, il est drt une part du même droit par chaque associé autre que l'associé principal. (Voy. Patente.)
11 existe, dans un grand nombre de pays, 'les sociétés de secours aux blessés militaires. Elles ont été l'objet d'une convention internationale signée à Genève en 1864. {Voy. SecoL'Rs; voy. aussi Sauvetage.) a,V.S.l(C'n. V.)
SOCIÉTÉ îles delà), archipel de l'océan PaciliqiiP du Sud. entre IG" et 18° lat. S. et entre lliO» et 157'' long. 0.; 1,691 lui. carr.; 18,000 hab. 11 se compose de deux groupes d'îles, à 120 kil l'un de l'autre. Ces deux groupes sont nommés : 1» Iles Sous-le-Vcnt ou Iles de la Société proprement dites (indépendantes) et Iles du Vent ou Taïti ou Géorgiennes (à la France; voy. Taîti). Les premières mesurent 645 kil. carr. et renferment 4,000 hab.. les principales sont : Raiatéa, Houanine, Borabora, Toubouaï, Otahou ou Taoua, Maroua ou Maupite. Les Iles du Vent (1,046 kil. carr.; 14,000 hab.) comprenant Taïti ou Olahite, Eimeo, Maiaoïti, Maïla et Tétouaroua, sans compter un grand nombre d'ilôts. —Toutes ces îles sont montagneuses; le point culminant se trouve dans Taïti et mesure 2,500 m. de haut. Les côtes sont d'une grande fertilité. Elles sont entourées de ceintures de corail à des distances du rivage qui varient de quelques mètres il 8 kil., avec des ouvertures permettant le passage des canots et, quelquefois, offrant aux navires des eaux calmes et un mouillage sûr. Le climat est sain et très doux ; c'est à peine si le thermomètre varie pendant l'année. Outre le fruit de l'arbre à pain, ces îles produisent presque tous les fruits et tous les végétaux des tropiques, avec quelques espèces qui leur sont particulières. On y a introduit des fruits et des légumes des pays tempérés. Les orangers et les citronniers d'Europe y réussissent. On y a aussi acclimaté des animaux domestiques. Les naturels appartiennent à la race malaise, et sont généralement d'une taille au-dessus de la moyenne. Ils ont le teint d'un brun olivâtre ou rougeàtre, offrant une grande diversité de nuances. Les hommes ont l'aspect robuste et gracieux; leur abord est affable et courtois. Ils ont complètement abandonné aujourd'hui leur ancien costume. Importation d'étoffes, d'articles de mode, d'instruments et d'objets manufacturés; exportation d'huile de coco, d'oranges, de fruits, de jus de citron, de vanille, de foiigus et de nacre. Le commerce se fait surtout avec San-Francisco, Valparaiso et Sydney. Le commerce se concentre presque tout entier a Papéiti. — Les Espagnols revendiquent la découverte do Taïti, en 1606, par Quiros. Le capitaine Wallis y arriva sur un navire anglais, eu 1:67. Bougainville y toucha en 1768. Le capitaine Cook découvrit, en 1769, la plupart des îles du iN.-O. et donna à tout l'archipel le nom d'îles de la Société, en l'honneur de la Société royale de Londres. Les premiers missionnaires arrivèrent à Taïti au commencement de 1797. Après bien des efforts stériles, Pomaré II embrassa le christianisme. En 1846, l'autorité de la France fut définitivement ét.iblie sur Taïti. F.n 1887, l'Angle terre a renoncé à tous droits sur les iles.
SOCm (lat. Socinus; ital. Sozzini). I. (L2Blius), théologien ilalien, né en 1525, mort en 1562. Ses études le conduisirent à douter de quelques-unes des doctrines fondamentales de l'Eglise, y compris celle de la Trinité. A Wittenbcrg, il se lia avec Melanchton, et à Genève avec Calvin; mais les réformateurs l'abandonnèrent quand ils connurent ses doctrines personuellus. Il finit par s établir à Zurich, lllgen a écrit sa vie en latin (1814). — II. (Faustus), son neveu et son héritier, né en 1539, mort en 1601. Après avoir passé
12 ans à la cour brillante de Florence, il résolut de se faire réformateur religieux, et
soco
vint s'établir, en 1574, à Bàle, où il s'occupa dVIaborer en syslèrae les vues non coordonnées et éparses dans les écrits de son oncle. En 1Ï77, il soutint, dans un débat public, que la doctrine de la Trinité était une doctrine païenne, et que le Christ était uu être créé et intérieur. Ne rencontrant pas le succès, il passa en Pologne, où les antitrinilaires étaient déjà puissants. Ses œuvres, contenues dans les deux piemiers Tolunies de la bibtiotheca fratriim Poto/iorum. se composent de traités théologiques, d'exposés des Ecritures, d'écrits polémiques et d'un grand nombre de lettres. Les Sociiiiens formèrent pendant longtemps un corps religieux puissant en Pologne, en Hongrie et en Transylvanie. Leur catéchisme est connu sous le nom de catéchisme racovien, à cause du lieu de sa publication, Rakow, en Pologne. Les ouvrages de Soein forment les deux premiers volumes de la Bibliotheca fratrum Po/onorum (Amsterdam, 16o6, in-|■ol.^
' SOCINIANISME s. m. Hérésie des partisans de Socin, qui rejettent les mystères de la religion, particulièrement la divinité de Jésus-Christ.
* SOCmiEN, lENNE s. .\om des hérétiques qui suivent la dociiine de Socin, qui professent le sociuianisme. — Adjectiv. La doctrine sjcinienne, etc.
SOCIOLOGIE s. f. (lat. socius, qui appartient à la société; gr. logos, discours). Connaissauce des questions politiques et sociales. La sociologie est une science qui traite des actions des hommes vivant ensemble en société, et des institutions qui en découlent. Platon découvrit le parallélisme qui existe entre les parties de la société et les facultés de l'esprit humain, et expliqua philosophiquement l'origine de la division du travail dans les sociétés. Hobbes, suivant les traces de Platon, essaya d'établir un parallèle, erroné du reste, entre la société et le corps humain ; mais sa coiicepiion de l'Etat comme un organisme, comme un tout vivant, composé de parties entretenant des relations entre elles, fut un véritable progrès sociologique. Vico soutint que les peuples les plus séparés dans l'espace et dans le temps ont suivi à peu près le même cours de développement dans leur langue et leur condition politique. Vers le milieu du sviii» siècle, l'école économique française des physiocrates professa qu'il y a des lois naturelles qui donnent à la société sa direction particulière, en dépit de l'intervention des lois. Turgot avait déjà vu que toutes les époques de l'histoire se ! attachent les unes aux autres par une relation de cause à etfel. Herder, dans ses Ideen zur Philosophie der G'.svhichte der Mcnsvhheit, considère l'humanité comme un individu qui tend, à travers beaucoup de vicissitudes, à la per:ection qu il n'atteint que dans un autre monde. Comte, le premier, soumit tout ie cours de l'histoire à une soigneuse analyse, qui jeta un nouveau jour sur le développemenL de la société. Suivant l'impulsion du grand mouvement scientifique moderne, Heibeii Spencer a essayé de changer la face de la sociologie. Reprenant l'analogie entre la société et i homme, traitée dune façon erronée par les écrivains précédents. Spencer en a lait une série de généralisations qui montrent la correspondance entre les organismes individuels et les sociétés, et il a pris ces généralisations pour bases de celte nouvelle science.
* SOCLE s. m. [so-kle] (lat. socculus). Archit. Membre carré plus large que haut, et qui seit de base à toutes les décorations d'architecture et d édihce. — Sorte de petit piédestal sur lequel on pose des bustes, des vases, etc. : socle de bois.
SOCOTRA, île de l'océan Indien annexée
SOCR
par l'Augietene ^Iblij], â 208 kil. E.-N.-E. du cap Gardafui, l'extrémité orientale de l'Afrique; 3,386 kil. carr.; 3,000 hab. La capitale, Tumarida, gil par 12° 39' lat. .N. et .ïl»4U' long. E. — Lé sol de l'île est élevé, avec despics hauts de 5,000 pieds. Socotra est particulièrement célèbre par ses aloès et par la gomme de dragonnier, dont elle fournit, dit-on, les meilleures qualités qui soient au monde. Il semble que le christianisme y ait été introduit dès les premiers temps apostoliques, sous la forme nestorienne. L'île est restée chrétienne jusqu'à la fin du xv« siècle.
' SOCQUE s. m. (lat. soccus). Chaussure de bois, haute de trois à quatre pouces, que porlaient certains religieux. — Se dit encore de certaines chaussures de bois et de cuir, qui s'adaptent à la chaussure ordinaire, et qui servent a mieux garantir les pieds de l'humidité : une paire de socques. — Chaussure basse dont les ac;eurs de l'antiquité se servaient dans les pièces comiques; à la différence du Cothurne, chaussure haute dont ils se servaient dans les tragédies. — Se dit quelquefois, au figuré, pour opposer la comédie à la tragédie : il a quitté le socque pour le i:othurn\
SOCRATE, philosophe grec, né près d'Athènes, entre 471 et 469 av. J.-C, mort en 399. Il était fils d'un sculpteur, Sophronisque, et il fut instruit dans 1 art de son père. Philosophe, il se donnait comme s'étant instruit lui-même, et il reconnaissait avoir parfois puisé ses idées dans les livres; il en trouvait plus souvent la source dans ses conversations avec les hommes distingués. On ne rapporte que peu d'événements de sa vie. De sa femme Xanthippe, on sait seulement qu'elle iui donna trois fils, qu'elle avait une nature violente, et qu'il disait l'avoir épousée et la supporter pour se discipliner lui-même. Il ne chercha de l'inUuence ni comme soldat (bien qu'il combattit courageusement à Potidée, a Déliuui et a .\iiiphipolis), ni comme homme d'Etat, et il ne remplit qu'une seule fois une fonction politique. 11 s'était mis en garde contre toute participation aux aUaires publiques pour suivre ce qu'il appelait son daimoiiion, c'est-à-dire une voix intérieure qu'il déclarait avoir entendue depuis son enfauce, lorsqu'il avait besoin d'être retenu, et dont il avait l'habitude de parler familièrement tout en lui accordant une obéissance implicite. Des divinations, des songes, des oracles lui faisaient aussi croire qu'une mission particulière lui était imposée : lorsque la Pythie le déclara le plus sage des hommes, il se trouva très embarrassé entre la uécision d'une autorité qu'il jugeait digne de tous les respects et sa propre opinion qu'il ne possédait nulle sagesse sur aucun sujet. Fort de cette sanction cependant, lise créa la carrière originale de parleur public sur tous les sujets inuilléremment, en quête de savoir, ne fondant point d école, u enseignant en aucun lieu fixe et n'écrivant pas de livres. Son allectation de se considérer lui-même comme un étudiant ignorant donnait du sel à ses discussions. Il ne laissait échapper aucune occasion de se mesurer avec les maîtres sophistes, de les suivre dans leurs subtilités, de démêler leurs questions captieuses, et de manier les armes d'une rhétorique adroite dans linlerêt de la venté. .N'étant attaché à aucun parti politique, il fut tourné en ridicule, tantôt comme boutïun, tantôt comme corrupteur de la morale pul)lique; il ne manquait qu'un prétexte décent pour attirer sur lui la vindicte de 1 autorité, et on le trouva dans une accusation d'impiété. U subit un procès sans espérer un acquittement, bien qu'il eilt toujours obéi aux lois et que, même en ce qui concernait les opinions religieu-es, il identifiât lessienues avec l'esprit public d'Athènes. Dans sa défense, il mit en avant sa sollici-
SODI
tude pour le bien des Athéniens plutôt que pour le sien propre, et il écouta sans surprise la sentence de condamnation, qui ne fut portée que par une majorité de o ou 6 vois sur les .567 membres du tribunal. La peine de mort prononcée, il se déclara sati-fait à la fois de sa conduite et du résultat auquel elle aboutissait, et choisit la ciguë comme agent de mort. On lui accorda un répit de trente jours qu'il passa en prison, conversant avec ses amis. Les Dialogues de Platon, le Crilon et le Phédon, peuvent être regardés comme contenant en substance ses derniers arguments sur l'obéissance due aux lois et sur les preuves de l'immortalité. On a vu, dans les Memorabilia de Xénophon et dans les Dialogues de Pliilon, un Socrate exotérique et ésotérique, et on a longuement controversé pour savoir laquelle de ces sources contient les documents les plus complets et les plus véridiques. — Parmi les disciples de Socrate, les uns conservèrent sa doctrine sans y rien changer; tels furent : Xénophon, Eschine, Criton, Simon, Cimmius, Phédon, etc.; les autres, en suivant 1 impulsion qu'il avait donnée, développèrent ses idées en sens divers, comme Aristippe, Euelide, etc. — Voy Xénophon, Apologie; Platon, Criton, Phédon le Banquet; Plutarque, Du démon de Socrate; Diogène Laërce, Vies des philosophes ; llenuius, Dissertatio de Socratis methodo docendi; de Gérando, Histoire comparée des systèmes de philosophie (1822); Besenbeck, De genio Socratis (Erlangen, 1802); Lélut, Du démon de Socrate (dernière édit., Paris, 1856, i vol. in-I2l ; Duméril, Aristophane et Socrate (1846).
* SOCRATIQUE adj. Qui appartient à Socrate ; pkilo-Ojihie socratique.
SOCRATIQUEMENT adv. A la manière de
Socrate.
SOCRATISER v. a. Moraliser à la manière
de Socrate.
SODA s. f. Nom scientifique de la soude cultivée. — s. m. Synon. de SoD.i-W.niER.
SODA-'WATER s. m. [so-da-oua-teur] ;angl. soda, soude ; waler, eau). Eau gazeuse préparée avec du bicarbonate de soude dissous oans une eau raturée d'acide carbonique et, plus communément, boisson composée de sirop de groseille et d'eau de seltz.
SODIQUE adj. Qui a rapport à la soude ou
à ses coaposés.
* SODIUM s. m. [so-di-omm]. Chira. Substance métallique qui, unie à l'oxygène, constitue la soude : le sodium est une découverte récente. — Encycl. Le sodium est le plus abondant des métaux alcalins; son chlorure fait la base de la matière saline de l'océan, et il existe en outre un littrès étendu dans certaines couches géologiques. On trouve de grandes quantités de nitrate et de carbonate de sodium en lits, et dans certaines roches en combinaison avec la silice. Sir Humphry Davis obtiutce métal peu après avoir découvert le potassium, et par la même méthode. Gay-Lussac et Tiiénard le préparèrent ensuite eu décomposant l'hydrate de soude par le fer à la chaleur blanche. Ou le prépare facilement par le procède de Brunner, qui consiste à distiller un mélange de carbonate avec du charbon de bois pulvérisé. Ce procédé a été perfectionné par Ueville et autres et est employé industriellement sur une large échelle. Le" sodium est un métal brillant, d'un blanc d'argent, ressemblant au potassium pour ses propriétés physiques et pour la plupart de ses propriétés chimiques. U est bon conducteur delà chaleur et de l'électricité. Son poids spécifique est 0,972; son poids atomique est 23, et son symbole Na {natrium). 11 est mou aux températures ordinaires, entre en fusion à 97o C, et s'oxyde rapidement à l'air. Au point de congélation de l'eau, il est