SUCE
■ SUCCESSIVEMENT adv. L-iiii après l'autre : toutes ces choses arrivèroit successivement.
SUCCESSORAL, ALE adj. Qui appartient
aux siii'i-r<suins.
• SUCCIN s. m. [su-ksain] (lat. succinum). C'est la même chose que l'ambre jaune : huile de succin.
SUCCINATE s. m. Sol obtenu par la combinaison de 1 :ioide sucoinique avec une base.
•SUCCINCT. INCTE adj. [su-ksain] (lat.
succinctus). (^ourt, bref. Estoppo?é à prolixe, et ne se dit proprement que du discours : un discours succinct. — Se dit aussi des personnes, par rapport aux discours : cet homme est succinct dans ses réponses. — Un repas succi.NCT, un repas léger; un repas où il va peu H mansrer.
'SUCCINCTEMENT adv. [su-ksain-te-man].
D'une manière succincte, en peu de mots : il nous conta succinctement ses raisons.
SUCCINIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide qu'un trouve lout formé dans l'ambre et dans certains lignites, et quelquefois dans l'organisme animal. On peut l'obtenir en cristaux colorés en chautl'ant de l'ambre dans des cornuei. On le forme artificiellement de différentes manières, comme par l'action de l'acide hydriodique sur laoide malique ou l'acide tartrique, ou par l'oxydation de certains acides gras. On le prépare plus facilement en faisant fermenterde l'acide malique.
•SUCCION s. f. [su-ksi-on] (lat. succio). Didacl. Ai-tiun de sucer: // y a des plaies qu'on yuérit par la succion.
SUCCIVORE adj. [su-ksi-J (lat. succus, suc; voro, je uévore). Qui vit de sucs animaux ou ve,i;étaux.
• SUCCOMBER V. n. [su-kom-bé] (lat. succuiniicre,. Etre accablé sous un fardeau que l'on porte : ce crocheteur suciombait sous le poids. — Ne pouvoir résister, être vaincu, céder : succomber sous le faix, sous le poids des affaires. — iWourir, périr : te malade a succombé. — Avoir du désavantage en quelque chose qu'on entreprend contre quelqu'un : xous attaquez un homme trop puissant, vous succomberez, il vous fera succomber.
SUCCOTRIN s. m. [su-ko-traîn] (de Sncotora, n. pr. .Nom de la résine d'aloès provenant de l'ile de Socotora.
• SUCCUBE s. m. [su-ku-be] (préf. sub; lat. cubare, èlre couché). Démon qui, suivant l'opinion [lopiilajre, prend la forme d'une femme, pour avoir commerce avec un homme.
SUCCULEMMENT adv. [su-ku-la-man].
D'une maïuère succulente.
SUCCULENCE s. f. Caractère, état de ce qui est >ucculent.
• SUCCULENT, ENTE adj. [su-ku-lanj (lat. iwxuleittusj. Qui a beaucoup de suc, et qui est fort nourrissant. .Ne se dit que de.s aliments : via?ide succulente.
■ SUCCURSALE adj. f. (rad. lat. succursus. secours). E.>i usile surtout dans celle dénomination. Eglise succursale, église qui supplée a l'insuilisance de l'église paroissiale: ce n'est pas une paroisse, ce n'est qu'une église succursale. — Sub.-tantiv. Une succursale. — Etablissement subordonné à un autre, et créé dans le même but : cet hôpital a une succursale.
' SUCCURSALISTE s. m. Prêtre desservant une suc.ursaie.
SUCCUSSION s. f. [suk-ku-si-on] (lat. succutî'.',. .Vcilun de secouer.
• SUCEMENT s. m. Action de sucer.
•SUCER v. a. (lat. suclus, sucé). Tirer quelque liqueur, quelque suc avec les lèvres et à
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l'aide de l'aspiration. Se dit également en parlant de la liqueur i]u'on attire, et du eorpdont on attire la liqueur : sucer un os, la moelle d'un os. — b'ig. Sucek avec le lait
UNE DOCTHINE. UNE OPINION, UN SENTIMKNT, être
de bonne heure imbu d'une doctrine, d'une opinion bonne ou mauvaise, d'un sentiment: ce sont des principes qu'il a sucés avec le luit. — Tirer peu à peu le bien, l'argent d'une personne : il a des gens d'affaires, des solliciteurs qui le sucent.
' SUCEUR s. m. Celui qui suce. Se disait particul. de certaines personnes qui suçaient les plaies pour les guérir.— Hisl. nat. Insectes qui sontpourvus d'une espèce d'organe appelé Suçoir.
SUCHET (Louis-Gabriel), duc d'Albufkra.
maréchal de Fiance, né à Lvon, le "2 mars 1770, mort le .3 janv. Is26. H'servit avec honneur en Italie et en Allemagne; il devint général de division, et se distingua à Austerlitz et à léna. Envoyé en Espni'ue en I80S, il y remporta plusieurs victoires, et fut fait maréchal en 18U. Le 9 janv. 1S12, il défit Blake près de la lagune d'Albufera, sous les murs de 'Valence, et le força à se rendre avec 18.000 hommes et d'immenses magasins.
Louis XVlll le fit pair en 1814. Il a écrit de< Mémoires sur la guerre d Espagne, 1808-'! 4 (1829, i vol.; "2» édit. en 1834).
* SUÇOIR s. m. Hisl. nat. Organe qui sert à sucer : la cigale, la punaise, ont un suçoir.
" SUÇON s. m. Espèce d'élevure qu'on fait à la peau en la suçant fortement: faiie un suçon.
' SUÇOTER V. a. Sucer plusieurs fois et à plusieurs reprises. (Fam.)
' SUCRE s. m. (gr. sahcharon; lat. saccharum). Suc très doux, qui se tire de plusieurs végétaux, principalement d'une espèce de graminée appelée Canne a sucre, et qui s'épaissit, se durcit, se cristallise par le moyen du feu : sucre de canne. — Sucre brut, sucre qui, ayant été cuit, n'est pas encore raftiné. Sucre raffiné, sucre brut qu'on a blanchi par le raffinage. Sucri: royal, sucre qui a été raffiné deux fois. — Sucre candi, sucre cristallisé. Sucre be pomme, sucre préparé avec du jus de pomme. Sucre d'orge, espèce de pâte jaunâtre, transparente et solide, faite avec du sucre et de l'eau d'orge, et dont on se sert pour le rhume. Sucre tors, pâte laite de sucre et de jus de réglisse, à laquelle on donne la forme de petits bâtons tordus, et dont on se sert pour la même incommodité. Sucre hosat, sucre blanc cuit dans de l'eau rose et réduit en tablettes. — Confitures a Mi-sucRE, confitures où ion ne met que la moitié du sucre qu'on a coutume de mettre dans les autres. — Encycl. Le mot SKore est usité dans presque toutes les langues, avec des formes diverses, pour désigner un certain nombre de produits végétaux d'une saveur douce. Les chimistes donnent en outre ce nom à plusieurs composés organiques, dont beaucoup peuvent être tirés artificiellement de corps organiques similairement constitués. Les sucres se divisent, par conséquent, eu naturels et artificiels. En termes généraux, ils sont compris dans un groufie de composés appelés alcools hexatomiques. Deux sucres naturels, la maunite et la dulcite, dont la composition est C^ H'* 0^ sont des alcools hexatomiques saturés, dérivés de i'hydrocarbone saturé C* H'*. Plusieurs autres, appelés glucoses, ont pour formule C^H'^0^, et peuvent être considérés comme des aldéhydes de ces alcools. 11 y a aussi des alcools diglucosiques, C'^ H" Ô", dont les plus importauis sont le sucre de canne et le sucre de lait. — Les glucoses forment un groupe de sucres ayant la lormule commune (j6 yti (je^ gt (comptant, autant qu'on le .-ait, huit représentants : I. La glucose ordinaire
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on dextro-glucose, ainsi nommée à cau^e de son pouvoir de faire dévier un rayon de lumière polarisée à droite, se forme en hydratant de la fécule par l'action d'acides dilués (■diaslase). On la trouve dans le miel, et dans ditferents fruits, surtout dans le raisinaussi 1 appelle-t-on souvent sucre de raisin' (voy. Fermentation.) Son pouvoir de déviation est -f .560 à toutes les température». 2. La maltose se forme par l'action limitée de la diaslase sur la fécule; elle difl'ère de la glucose ordinaire en ce qu'elle a un pouvoir de déviation à droite trois fois aussi "rand On la convertit en glucose ordinaire en là taisant bouillir avec des acides dilués. 3 La lévulose est isomérique avec les autres; mais elle s'en distingue en tournant à gauche le plan de polarisation. On la trouve, associée à la dextro-glucose, dans le miel et dans beaucoup de fruits. Le mélange de la lévulose et lie la dextro-glucose, constitue le sucre de fruit ou fructose, qui dévie aussi à gauche, parce que le pouvoir de déviation de la lévulose, à une température ordinaire, est plus grand que celui de la deitro glucose' 4. La mannitose. produite par l'oxvdation de la mannite, ne cristallise pas; elle fermente; mais elle n'a pas d'action sur la lumière polarisée. 5. La galactose, formée par 1 action des acides sur le sucre de lait, cristallise plus rapidement que la glucose ordinaire; elle a un pouvoir dextro- rotateur de 83» 3, et fermente facilement, (i. L'inosite se présente dans la substance musculaire du cœur et dans d'autres organes chez les animaux, dans les haricots verts et d'autres plantes. Elle n'a aucun pouvoir rotateur optique. 7. La sorbine se trouve dans le suc du Iriiit du hêtre sauvage. Elle a un pouvoir de déviation d'environ 47». 8. Leucalvne se rencontre, avec d'autres sortes de sucre dans ce qu'on appelle la manne d'Australie, laquelle tombe en gouttes opaques de dilférentes espèces d'eucalyptus. Son pouvoir de déviation est d'environ + 30°. — Outre ces glucoses, il y a des sucres que l'on peut regarder comme résultant de la combinaison de deux ou plusieurs molécules de glucose éliminant des muiccules d'eau. On a appelé ces sucivs alcools polygiucosiques; ils ontpour formule 012 1122 Qii Lg„^ représentant le plus important, qui est aussi le plus important de tous les sucres, est le sucre de canne ou saccharose, lequel se trouve dan- le suc de beaucoup d'herbes et dans la sève de plusieurs arbres forestiers, et particulièrement de Vi:rable dur, dans les racines de la betterave, du panais, de la mauve et de plusieurs autres plantes, ainsi que dans la plupart des truils doux en association avec la lévulose et la dextro-glucose (sucre de groseille, fructose). Les noix, les noisettes, les amandes ne contiennent que de la saccharose. Le miel et les nectaires des fieurs contiennent de la saccharose et de la fructose. La saccharose pure se sépare, dans une solution, par évaporation lente, ei) gros cristaux transparents et incolores, ayant la forme d'un prisme monoclinique modifié. Avec des solutions saturées, on l'obtient en masses de cristaux plus petits (sucre en pain). Son pouvoir de déviation optique est -|- 73° S; son poids spécifique est ■1,6, invariable a l'air. ChauUê un peu andessus de ItiO", il se change, sans perte de poids, en un mélange de dextro-glucose et de lévulose, l'anhvdride de lévulo-e (C^ H" 0 "= C H'^ 0" -f 'C« H'» 0^ ou lévulose). Il se transforme; avec perte d'eau, en d'autres substances, à mesure que la température s'élève, jusqu'à ce qu'il se forme à 210» une substance brune appelée caramel, qui consiste en un mélange de didérents composés, résultant tous de l'élimination des éléments aqueux du sucre. Par une ébullition prolongée avec de l'eau, le sucre de canne se convertit en fructose; cette transformation
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étant accélérée par la présence d'acides, purtout de l'acide sulfiinque. II n'est pas clirertement susceptible de fermentation; mais, sous l'action d'un ferment, il se résoiid en dextrose et en lévulose, lesquelles entrent en fermentation. C'est un agent de réduction capable d'enlever promplemenl l'oiypène à plusieurs acides et sels métalliques. Les autres alcools polyplucosiques sont la parasaccharo-e, la mélilosc, la mélézitose, la tréhulose, la mycose et le sucre de lait. — Saccharimctri'e. Il y a dili'érentes méthodes pour estimer la proportion de sucre contenue dans une solution donnée; on les désipne toutes sous le nom générique de saccharimétrie. Les quatre principales sont: 1° par le poids spécifique de la solution; 2° par la quantité d'anhydride carbonique ou d'alcool qu'elle dégage dans les fermentations; 3° par la quantité de sous-oxyde de cuivre précipitable dans une solution par l'action du sucre de raisin, en quoi le sucre de canne présent se convertit; 4» par le degré de déviation donné à un rayon de lumière solaire passant à travers la solution. Dans la première et dans la quatrième de ces méthodes, on emploie des instrumentsappeléssaccharomètres; le mot saccharomètre est souvent donné néanmoins à l'instrument polarisant. Cet instrument a été inventé par Biot, modifié et perfectionné par Soleil. 11 est démontré que plusieurs substances ont la propriété de faire tourner le plan d'un rayon polarisé, les unes à droite, les autres à gauche, et aussi que des substances qui ont la même composition chimique, peuvent faire tourner le rayon dans les deux directions. Une solution de dextrose a la propriété de donner une déviation à droite, tandis que la lévulose, de même composition chimique (G* H'- 0*), fait lourner à gauche le plan de polarisation. Le quartz aussi, en raison de certaine dili'érence dans sa structure moléculaire, fait, dans certains spécimens, dévier la lumière à droite, et dans d'autres à gauche. Le saccharimètre construit par M. Soleil ne mesure pas le degré de rotation produit directement, comme l'instrument de Biot; mais il emploie le principe de compensation, et en outre la comparaison des couleurs, se servant du blanc au lieu de la lumière homogène. Le degré de compinsalioii est mesuré par un appareil attaché à l'instrument et appelé compensateur, qui se compose de deux morceaux de quartz en forme de coin dont 1 épaisseur combinée peut être modifiée en les faisant glisser l'un sur l'autre. — Sucre de CANNE, le sucre de canne du commerce est obtenu de diverses espèces de saccharum, spécialement du saccharum offiànarum, genre de plantes de la tribu des andropogoness, dont le sorgho est un exemple bien connu. La canne à sucre est une plante vivace, à tige solide, de 6 à 20 pieds de haut, avec des feuilles longues de I m. et plus, et larges de 9 cenliru. Ses fleurs furmenl de grosses panicules éclatantes longues de près de 2 pieds. Le jus de la plante contient de 16 à 20 p. 100 de sucre. On ne l'a trouvée à l'état sauvage dans aucune partie du monde; mais elle est probablement originaire du Bengale, où la fabrication du sucre a pris naissance. Si la canne de Chine {saccharum Sineiise) est une espèce distincte, il se peut qu'elle ait été de son côté cultivée dans ce pays à la même époque. Au ix" siècle, la culture de la canne existe en Perse; au x' et au .\i', Avicenne et d'autres médecins orientaux s'en servent en médecine. Au x' siècle, on la cultivait en Espagne; et le sucre était un article du commerce, surtout entre les mains dos ■Vénitiens. La canne fut introduite a Madère en 1420, et quelque temps après dans les Canaries. Après la découverte de l'Amérique, elle s'y propagea rapidement; Saint-Uomingue, le Brésil, le Mc.viquc, la Guadeloupe
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en entreprirent successivement la culture. Dans les Ktats-Unis, elle apparaît près de la Nouvelle-Orléans, vers 47.^1. Les progrès de cette culture furent rapides dans les élats du Sud. La Louisiane est déjà un peu au nord pour permettre à la plante d'arriver à maturité parfaite. La canne se propage par boutures, et comme les parties basses de la tige sont les plus riches en sucre, ce sont les parties supérieures que l'on emploie pour ces bouluies. On attribue à cette pratique la dégénérescence des variétés. — Fabrication. Dès que les cannes sont coupées on les broie dans un moulin. Ces moulins sont de diverses formes. Ceux dont on se sert dans les Indes Orientales, depuis les premiers temps, sont excessivement grossiers, bruts et de peu d'efl'et; les petits planteurs des Antilles se servent d'appareils qui ne valent guère mieux. Mais sur les grands domaines on a des moulins puissants mus par la vapeur, et dans
Canne à sucre.
lesquels l'appareil à é.M-aser consiste en trois lourds rouleaux de fer fondu. On passe d'ordinaire les cannes deux fois dans le moulin. On en extrait ainsi les deux tiers du jus environ; celte liqueur à l'état brut contient, en outre du sucre, de la fibre ligneuse, des sels solubles, de l'albumen, de la caséine, de la cire, etc. Dans les pays chauds, le jus laissé à lui-même commence à fermenter au bout d'une heure; c'est pourquoi on le traite immédiatement avec de ro'so à -g— de son poids de chaux, et on le chauffe jusqu'à (iU" dans de grands bassins de cuivre à fond plat appelés clarificateurs, contenant de i,H)0 à 1,600 litres chacun. Certains planteurs traitent le jus par l'acide sulfurique, qui retarde la fermentation. Le liquide devenu clair, après avoir refroidi une heure ou deux, est soutiré pour le faire concentrer par l'ébullition; après quoi il est clarifié avec d'autre chaux et soumis à une elmllition nouvelle. Lorsqu'on le juge suliisamment condensé pour la granulation, on le fait passer dans des vases où il se refroidit, puis dans d'autres bassins où la granulation s'opère. Pour qu'elle se fasse bien, il faut que le refroidissement soit lent; l'opération dure environ 24 heures, au bout desquelles les cristaux forment une masse molle au milieu de la portion liquide ou mélasse. On laisse égoutter celle-ci pour effectuer la séparation des deux produits. — Raffinage du sucue. Ce n'e^t pas dans les pays de production que se pratiqua d'aburd l'art d'amener le sucre à son plus parfait état de pureté. 11 fut inventé par les Vénitiens, qui l'appliquèrent aux sucres bruts venus d'Egypte. Au xvi= siècle, on le pratiquait à Anvers, et de là il passa en Angleterre. Aujourd'hui, c'e>t une branche d industrie importante dans la plupart des grandes villes commerciales de l'Europe et des Etats-Unis. Suivant l'ancienne méthode, on faisait dissoudra le sucre brut duus du
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l'eau de chaux, dans une grande chaudière, et lorsque le mélange était chaud on y ajoutait du sang de bœuf qui, en se coagulant, entraînait la plus grande partie des impuretés les plus légères, et les maintenait à la surface en épaisse écume. Celle-ci enlevée, on faisait évaporer une partie du liquide par l'ébullition, on le filtrait dans une chausse de drafi, on le concentrait et on le granulait par le refroidissement. Aujourd'hui les nieilieiirs raffineurs ne se servent ni de sang de bœuf ni d'aucune autre substance se coagulant pour enlever les matières en suspension; ils les séparent uniquement par filtration. Le sucre brut est dissous dans de l'eau chaude dans de grands réservoirs; on y ajoute assez d'eau pour amener le poids spécifique à 1. 2îj ou 29° Baume environ; la solution est alors montée par une pompe jusqu à l'étage supérieur, dans des vaisseaux que l'on chauffe jusqu'à 19° ou 20° C. ; on y ajoute du lait de chaux pour neutraliser les acides. Le sirop passe ensuite à l'étage d'en dessous dans des filtres qui le débarrassent complètement de toutes les particules solides en suspension. Ces filtres se composent d'un grand nombre de sacs de 4 à 5 pouces de diamètre et de 8 a tO pieds de long, faits de tis-us de deux épaisseurs, l'extérieur plus grossier que 1 intérieur. Us sont enfermés par séries d'environ 200 dans des boites pour empêcher le refroidissement. Lorsqu'ils sont encrassés, on les retourne et on les lave. En quittant ces filtres, à une température de 76° à 81°, le sirop passe à travers d'autres filtres de charbon ou de noir animal. Ce sont d'immenses cylindres, de 6 à 8 pieds de diamètre et de 20 à 2.5 pieds de haut, remplis de noir animal pulvérisé, substance qui a la propriété d'absorber toutes les matières colorantes. Le sirop en sort à une température d'environ 71», et parfaitement incolore, pour être conduit dans des réservoirs et amené par la conreniration au point de granulation ou de cristallisation. — Sucre de Bi^tterave. En 1747, Marggraf, chimiste de Berlin, trouva que la betterave blanche donnait 6,2 p. lOO, et la betterave rouge 4,6 p. 100 de sucre; mais la fabrication de ce sucre ne se développa qu'à la fin de 1800 Les meilleures variétés de betteraves européennes pour la fabrication du sucre sont fa silésienne blanche qui donne un jus plus riche en sucre et plus exempt de sels que toutes les autres espèces. La proportion de sucre contenue dans la racine varie de o à 12 p. 100; on peut évaluer en gros le rendement à 6 et quelquefois 7 1/2 p. 100. Pour extraire le jus, il est nécessaire, avant de faire passer la betterave sous la presse, de la réduire en pulpe a l'aide dune râpe mécanique. — Sucre d'érable. Plusieurs espèces d'érables, lorsque la sève commence à couler au printemps, donnent un suc qui contient du sucre cristallisable. L'espèce la plus riche est i'accr Miccharinum, lerable à sucre. On a commencé à fabriquer ce sucre dans la .Nouvetle- Anglelerre, dit-ou, vers 1752; on en fait aujourd'hui beaucoup dans le Canada, et plusieurs parties des Etats-Unis. Ceux-ci en produisent annuellement près de 30,000,0u0 de livres. — LégisL « Le régime li=cal des sucres est l'une des matières qui ont le plus varié depuis un demi-siècle. De même que, pour la plupart des mesures qui ont pour but le protectionnisme, les prévisions du législateur ont été bien souvent démenties par les laits, et l'on a cherché sans cesse à corriger artificiellement les conséquences d un système dont le principe est défectueux. L'opposition existant entre tes intérêts du commerce maritime et des colonies d'une part, et ceux de la production agricole du sucre indigène d'autre part, rend la solulioii du pioLléme eucure plus difficile. Tout d'abord, le iucrc de canne fut seul l'objet d un droit
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do douanp. Lorsque le sucre inilicrène arriva à faire au sucre exotique une coucurrence sérieuse, le premier fut soumis, en 1837, à une taxe de consominalioii. Les droits sur les sucres étaient plus ou moins élevés selon leur provenance. En 1864. on adopta, comme bases de l'impôt, une série de types dont la richesse saccharine présumée était calculée d'après les nuances des sucres bruts; et l'on remplaça le régime du drawback par celui de l'admission temporaire eu franchise des sucres destinés à être réexportés après raffinage. En 187.D, on a renoncé aux types, parce que les nuances étaient souvent surchargées d'une manière frauduleuse; et l'on a adopté, pour apprécier la valeur relative des sucres bruts importés ou fabriqués en France, la méthode de l'analyse chimique ou saccharimétrie. — La taxe, après s'être élevée jusqu'à 73 fr. 32 par 100 kilogr., avait été abaissée à iO fr., par la loi du iO juillet 1880; puis elle a été relevée par celle du 29 juillet 1884, et les droits sur les sucres de toute origine sont aujourd'hui de r,0 fr. par 100 kilogr. de raffiné qu'ils renferment: ils sont de .ï3 fr. 50 sur les sucres candis, et de 10 fr. sur les glucoses indigènes. La taxe est réduite à 20 fr. par 100 kilogr. de raffiné, pour les sucres bruts employés au sucrage des vins, cidres et poirés. A dater du 1"' sept. 1887, le droit sur les sucres indigènes doit être calculé d'après le poids des betteraves mises en œuvre par les fabriques, système fiscal précédemment appliqué en Allemagne et en Autriche. Les fabriques et les raffineries de sucre sont nécessairement soumises à la surveillance constante de la régie des contributions indirectes, et aucune expédition de sucres bruts ne peut sortir des ports ou des fabriques qu'après la délivrance d'un acquit à caution. Les infractions aux règlements concernant la fabrication et la circulation des sucres sont punies d'une amende de 1,000 à 0,000 fr. et de la confiscation des matières. En cas de récidive, l'amende peut être doublée. » {V. S.) (Ch. Y.)
SUCRE ou Chuquisaca [sou'-kré ; tchouki-sa'-ka], capitale de la Bolivie et du département de Chuquisaca. sur un plateau audessus de la rivière Cachimayo, à 2,767 m. d'altitude au-dessus du niveau de la mer: par 19'^ iU' lat. S. et 67° 37' long. 0. ; 20,000 hab.. la plupart Indiens.
SUCRE ( Antonio - José de), homme de guerre de l'Amérique du .Sud, né dans le Venezuela en 1793, mort en 1830. Il entra dans l'armée révolutionnaire en 1811, futfaitbrigadier général en 1819. et. bientôt après, commandant d'une division. Sa victoire a Pichincha, eu mai 1822, fut suivie de la capitulation de Quito. En 1824. il succéda à Bolivar dans le commandement de l'armée de délivrance, et le 9 déc. il gagna la victoire décisive d'Ayacucho. (Voy. Ayacuceo.) Il devint premier président de la Bolivie en mai 1823, fut chassé en 1S28. puis commanda les troupes de Colombie contre les Péruviens, et fut assassiné comme il revenait à Quito, après une session du congrès constituant.
• SUCRÉ. ÉE part, passé de Sdcrer. — Adjectiv. Se dit des fruits qui ont le goût du sucre: poire !,ucrée. — Faire la sucrée, se dit d'une femme qui, par des manières affectées fait la modeste, l'innocente, la scrupuleuse : on dit de même, Un aih sucré.
* SUCRER V. a. Mettre du sucre en masse ou (Il poudre dans quelque chose.
' SUCRERIE s. f. Lieu destiné pour faire ie sucre : il y a tant de sucreries dans Vile de la Martinique. — Lieu où on le raifine : il y a une belle sucrerie dans ce faubourg. Le mot de Raffinerie est plus usité. — Se dit encore de certaines choses où il entre beaucoup de sucre, comme dragées, confitures, tourtes,
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