‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 331 sur 639 · SUE · texte numérisé non relu

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massepains, etc. : et, en ce sens, il n'est guère d'usage qu'au pluriel : je n'aime point les sucreries.

SUCREUR >. m. Celui qui sucre les vins.

' SUCRIER s. m. Pièce de vaisselle dans laquelle un met du sucre en poudre ou en morceaux : sucrier d'ari)cnt.

' SUCRIER. 1ÈRE adj. Qui a rapport à la fabrication du sucre.

* SUCRIN adj. m. Qui a le goût du sucre. Ne se dit guère qu'en parlant des melons : melon sucrin.

SUD s. m. [sudd; les marins prononcent su| (anc. haut ail. sttnd). Le midi, la partie du monde opposée au nord, au septentrion : le vaisseau courut tant de degrés vers le sud. — Adjectiv. Le pôle sud, le pôle antarctique ou austral. — Degrés de latitcde sud. ceux qui vont de l'équatpurà ce pôle. — Mar. Faire LE SUD, faire route vers le sud. — Absol. Vent du Sud. — Sud-Africaine (République), ou Ti-an.fvaal. {V. S.)

SUDATION s. f. (lat. sudalio). Action de suer ou de provoquer la sueur.

SUDATOIRE adj. Accompagné de sueur.

SUDERMANIE. Voy. Sœderma.nlakd.

* SUDEST s. m. [su-dèsst]. Partie du monde qui est entre le sud et l'est : cette ville est au sud-est de Paris. — Vent qui tient le milieu entre le sud et l'est.— Adjectiv. Le vent est sud-e^t.

SUD EST -QUART-EST s. m. Direction qui s'éloigne aut.iiu du sud que de l'est-sud-est. Vent qui soufUe de cette direction.

SUD-EST-QUART-OUEST s. m. Direction qui s'écarte du sud autaut que de l'est-sudouest. Vent qui vient de cette direction.

SUD-EST-QUART-SUD s. m. Direction qui

s'éloigne du sud autant que du sud-sud-est. Vent qui souffle de cette direction.

SUDÉTES (Monts). Voy. Allemagne.

* SUDISTE adj. Que appartient aux Etats sécessionnistes du sud des Etats-Unis. — s. m. Partisan des états sécessionnistes.

* SUDORIFÉRE ou Sudorifique adj . (lat.

surfor, sueur ; fero, je porte). Méd. Qui provoque la sueur ; poudres sudoiifiqucs.— s. m. Médicament qui excite la transpiration. Les sudoriflques sont : la salsepareille, la squiiie, le sassafras, le gaïac, labourracbe.latleur de sureau, les boissons aromatiques chaudes, les bains de vapeur, etc. (Voy. Duphoréti-

QfE.)

SUDORIPARE adj . (lat. sudor. sueur ; pario, j'enfante), .\nat. Se dit des glandes qui sécrètent la sueur.

SUDORIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide

trouvé dans la sueur.

* SUD-OUEST s. m. [su-douèsst]. Partie du monde qui est entre le sud et l'ouest :/ai)i//e de Tours est au ^ud-ouest de Paris. — Vent qui tient le milieu entre le sud et l'ouest : le sud-ouest est ordinairement chaud et pluvieux. On dit quelquefois adjectiv. Le vent est sudouest.

SUD-OUEST-QUART-SUD s. m. Direction qui s'écarte du sud autant que du sud-sudouest. — Sudre. (V. S.)

' SUD-SUD-EST s. m. Direction également distante du sud et du sud-est. Vent qui souffle de cette direction.

* SUD-SUD-OUEST s. m. Direction également distante du sud et du sud-ouest. Vent qui vient de cette direction.

SUE (Marie- Joseph Eugène), célèbre romancier, ne à Pari» le lu déc. 1804, mort à Annecy (Savoie) le 3 juillet 1857. 11 fut chirurgien de l'armée et de la marine pendant I Le sol n'est généralement pas très'fertilë. Il

plusieurs années jusqu en 1S2Î1. Enrichi par un héritage, il se mit à écrire des romans maritimes, entre autres Kei-not/e Pirate (1830) laSalamandre (1832). Ses meilleurs ouvrages sont: Cécile (1833); Mutliilde{\Si\); Les ifystèrcs de Paris, qui présentent des peintures terribles du vice et de la corruption(l84-2-'43, 10 vol.;. Le Juif Errant, attaque impitovablè contre les jésuites (IS44-'4;i, 10 vol.), qui eut une popularité prodigieuse ^ 3/a)-tm, l'enfant

mes pour cause d'immoralité. 11 fut élu à l'Assemblée nationale en 1850, et, après le coup d'Etat du 2 déc. 1851, il vécut à Annecy. — Le meilleur ouvrage historique d'Eugène Sue est son Histoire de la marine française sous Louis XIV (\8i6-'31 , 5 vol.; 2» éd. 1843).

SUEGO, préfixe qu'on ajoute à un nom de peuple pour marquer l'alliance de ce peuple avec la Suède : le royaume suéco-norvégien.

SUEDE (suédois, Sverige], rovaume de l'Europe septentrionale, formant avec la Norvège la péninsule Scandinave; par So» 20' et 69° lat. N. et 8° 5»' et 21° 50' long. E. Il est borné au N. et à l'O. par la Norvège, au S. -G. par le Skager Rack, le Cattégat et le Sound', au S. par la Baltique, à l'E. par la Baltique et le golfe de Bothnie, et au N.-E.. par la Finlande. Sa plus grande longueur est de 1 ,300 kil., et sa largeur ordinaire de 325 kil. La côte, d'une étendue de 2,200 kil. environ, est profondément découpée par de nombreux fiords ou golfes. La chaîne de monlagnes qui forme l'épine dorsale de la presqu'île Scandinave a la plus grande portion de ses crêtes en Norvège. Les chaînes de Dovrefield et de Kioelen constituent la frontière entre les deux pays. En Suède, les montagnes forment un plateau de près de 1,200 m. de haut, hérissé de pics plus élevés, et s'abaissant graduellement, sur une largeur de 63 kil., à 800 ou 1,000 |)ieds; de là, le terrain descend de colline en colline jusqu'à la mer. Au S. de 59° lat., le pays est très uni. La partie septentrionale est rocheuse, hérissée de collines nues, arides, couvertes de neige, ayant pour toute végétation des bouleaux, des sapins et des pins rabougris; elle est coupée, dans les hautes terres, de lacs et de marécages désolés. Les régions des grandes forêts se trouvent au S. du 64« degré de lat.. là où le sol est le moins élevé. La Suède contient beaucoup de beaux lacs; ils occupent plus de 35,000 kil. carr. La lac Weiier, qui a environ 3,000 kil. carr., est, après les lacs Ladoga et Onega en Russie, le plus grand de l'Europe. Le lac Wetter a 130 kil. delong et une superficie de 1,800 kil. carr. Le lac.Mœlar, long de 110 kil., est formé d'une série de lacs reliés par des canaux et ayant beaucoup de ramifications. 11 n'y a point de tleuve navigable, hors ceux qui ont été canalisés. Le plus grand est le Dal, qui se jette dans le golfe de Bothnie près de Getle; au N. se trouvent l'indals, l'Angerman, l'Umea, la Pitea, la Lulea et la Tornéa, qui tous se déchargent dans le même golfe. Parmi les métaux du pays citons : le fer, le cuivre, le plomb, le zinc, l'argent, l'or, le nickel, le cobalt et le manganèse. On exploite activement les ardoises pyritifères pour l'alun et la couperose. Elles fournissent en outre, de même que les gangues des dillérents minerais, une source de soufre presque inépuisable. Le fer de Suède n'a pas de supérieur au monde; on s'en sert beaucoup pour la fabrication de l'acier. On trouve près de Helsingborg, dans le Malmoe, une houille d'une qualité inférieure; on en a découvert de meilleure, en filons considérables dans- d'autres parties du pays. On exploite le marbre dans rOstergoetland; àElfdal.danslelvopparberg, il y a de fameuses carrières de porphyre.

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n'y en a guère que fl3 p. 100 de productif; le reste se compose de sables, de rochers et de bruyères. Sur la partie productive, 13 p. 1 00 environ sont des terres arables, o p. 100 des prairies et des pâturages, et 82 p 100 desl'orêts. Le climat est en général plus doux que celui des autres pays sons la môme latitude. A Stockholm, par 50» -JO' lai., la température moyenne annuelle est d'environ

— 6°; de — %" en hiver, et de + ''''" e" été. Dans la Laponfe suédoise, il y a à peine deux mois d'été. Les forêts de pins et de sapins donnent une f.'rande quantité de bois de construction pour l'exportation. On cultive l'orge dans toutes les parties de la Suède; le seigle, le froment, l'avoine, les fèves, les pois, les pommes de terres viennent bien dans les provinces du centre et du S. On récolle aussi beaucoup de blé noir, de chanvre et de foin. Les principaux animaux domestiques sont l'ours brun, le loup, le lynx, le renard, le glouton, le daim, le renne, l'élan, la martre, la loutre, le castor, la zibeline et l'écureuil. Les lacs, les rivières et les mers abondent en poissons. Les animaux domestiques sont pour la plupart petits et de qualité inférieure, mais on fait des etiorls pour améliorer les races, particulièrement le mouton.

— Les trois grandes divisions de la Suède, le Gothiand (suèd., Goetaland), le Svealand et le ÎSorrland, se subdivisent eu 24 laens ou districts; i.'JC.ïTi kil. carr. ; 4.Nnf,.S65 hab. Outre les Suédois proprement dits, la population comprend : 6,611 Lapons, 27,079 Finnois et 12,0)o étrangers. Presque toute la population est luthérienne. Le Golhland (pays d'origine des Goths) gît au S. du '69" degré de lat. et comprend aussi les îles d'CEIand et de Gothiand; le Svealand, pays piimitif des Svenskar ou Suèdes, s'étend du Gothiand vers le iN. jusqu'à 00" I.S' de lat. à sou extrémité orientale, et à 62" 15' à son extrémité occidentale; le Norrland comprend toute la partie septentrionale jusqu'à la frontière de la Finlande norvégienne. Les villes principales sont: Stockholm, la capitale; Golhenburg,Norrkœping, .Malmoe, Carlscrona.Gell'e, Upsal, Lund et Joenkœping. La Suède ne possèdes plus de colonie, depuis qu'elle a cédé à la France l'ile de Saint-Barthélémy. — La Suède a fait beaucoup de progrès industriels dans ces derniers temps. Elle exporte surtout des bois de construction, des métaux, des grains, des bestiaux, des comestibles, du suif et de l'huile, du papier, etc. La marine marchande compte plus de 4.368 vaisseaux, dont 963 steamers, jaugeant ensemble environ b0.s,000 tonneaux. Le pays oU're beaucoup de facilités à la navigation intérieure, grâce à la suite des lacs, des rivières et des baies, réunis par plus de 47o kil. de canaux. Il y a ainsi communication directe entre la Baltique et la mer du iNord. Plusde 8,000 kil.de chemin de ter sont en exploitation, et plus de 8,800 kil. de lignes télégraphiques. — La SuèdeetlaNorvègeforment unseul royaume, mais elles ont des administrations intérieures séparées, et le roi réside alternativement dans chaque pays. (Voy. Norvègk.j Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle, héréditaire de mâle en mâle. Le roi, en Suéde, doit prendre l'avis d'un conseil d'Etat composé de lu membres, dont deux, appelés ministres d'Etat, tiennent les portefeuilles de la justice et des affaires étrangères; 5 autres ont les départements de la marine, de la guerre, des finances, des affaires ecclésiastiques et de l'intérieur, et les trois derniers n'ont que voix consultative. Le pouvoir légi.slatif appartient à une diète, divisée eu chambre haute et chambre basse. La chambre haute compte 1 membre pour 30,000 habitants. Ils sonlélus pour 9ans, au suffrage indirect, dans les villes, par les municipalilés, et dans les camjiagnes, pai 26 assemblées provinciales. La chambre bassese compose d'uure-

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présentant par 10,000 hab. ; dans les villes un liéputi' |iuur chaque district rural, <lont la population est au-dessus de 40.000, et de deux pour ceux dont la population dépasse ce chiffre. Us sont élus pour 3 ans. La dette publiiiMf-, qui na été contractée que pour la construction des chemins de fer, est de 2:'>'J millions de couronnes. L'armée, qui se divise en armée active, réserve et milice, comprend en tout un peu plusde 130,000 hommes. La Uotle comprend 46 bâtiments à vapeur armes de 130 canons, tO navires à voiles avec 140 canons, et 87 canonnières avec 113 canons. — L'Eglise luthérienne est l'église ofhcielle en Suède, mais tous les cultes y sont tolérés. L'instruction publique est gratuite et obligatoire, et il est rare de rencontrer quelqu un qui ne sache ni lire, ni écrire. Il y a près de cent écoles supérieures pour les g'arçons, Iréquentées par 12 ou 13,000 élèves. Les universités d'Upsal et de Lund ont des facultés de théologie, de droit, de médecine et de philosophie. La première compte 1,600 et l'autre 6»0 étudiants environ. — L'hisioire primitive delà Suède est obscure et mythique. Lorsque Odin et ses Suédois (hommes du Nord, iNormans) entrèrent dans le pays (voy. Odin), ils en trouvèrent une grande partie possédée par les Goths, qui avaient dépouillé les Lapons et les Finnois, et le royaume qu'ils fondèrent ne comprit qu'une portion du Svealand ou de la province centrale. En 829, Ansgar ou Auscarius, moine de Coibie, vint en Suède et convertit un grand nombre de païens, sans cependant réussiràétablir définitivement le christianisme. Vers l'an 1000, Olaf Skotkonung reçut le baptême, et un évêché fut fonde à Skara; mais le Svealand resta encore plus d'un siècle sans vouloir recevoir renseignement chrétien. Des querelles constantes et souvent des guerres ouvertes existèrent pendant des sièch'S entre les Goths et les Suédois; leur union politique ne s'accomplitquesousle règne de Waldcmar. fils de Birger Jarl, ou comte Birger. qui fui fait roi en 12.50. Pendant ce temps, la Finlande avait été conquise et christianisée. (Voy. Eric IX.) En 1397, parl'd union de Calmar », Marguerite, fille de Waldemar 111 de Danemark, et veuve de Haco de Norvège, devint reine iJe la monarchie confédérée de Suède, de .'Norvège et de Danemark. L'union se maintint avec de grandes difficultés pendant plus de cent ans. En 1520, Christian H de Danemark étant devenu roi, il exaspéra le peuple par sa cruauté; Gustavus Ericsson, noble de haute lignée, plus connu sous le nom de Gustave Vasa, se mit à la tête des mécontents, et fut éluroien 152a. En 1529, Gustave Vasa introduisit la rétormation eii Suède. Son fils. Eric XIV, fut déposé en loPS, (Voy. Eric XIV). Sigi.^mond, qui arriva au trOne de Suède en 1592, après avoir été élu et réélu roi de Pologne, voulut rétablir le catholicisme romain et fut deiioséen 1599. En 1604, son oncle, Charles LX, qui avait rempli les fonctions de régent, lut eleve au trône. Son règne assura la tranquillilé au royaume, et en 1G11 il mourut laissant pour successeur son fils, Gustave-Adolphe. (Voy. GusT.WE il.) Après son règne de 21 ans, dontla plusgrande purtiese passa en guerres avec la Pologne et la Russie, et à did'endre le protestantisme en Allemagne, pendant que les affaires de l'intérieur étaient administrées sagement pai- Oxenstiern, Gustave périt à la bataille de Lutzen en 1632, et sa liile Christine, alors âi;ée de 6 ans, lui succéda. Oxenstiern prit alors cntièrcm.nt laidirection des affaires (Voy. ïrk.mtkansj {Guerre de.) Lorsque Christine eut atteint sa niajorjlé, son manque de principes li.xes et la mollesse de son caractère plongèrent le pays ilans les dettes et le désordre, et, en lO.il, elle abdiqua en faveur de son cousin Charles X. Le règne de celui-ci, qui dura 6 ans, fut marque par de brillantes campagnes contro

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le Danemark et la Pologne, mais ses victoires ne fiiciil qu'épui-^er Ips ressources de la Suède sans lui rapporter aucun avantage. Il mourut en 1060 et eut pour successeur son jeune fils Charles XL i[iii, en 1693, persuada .lux nobles et aux paysans (dans le but de régler les différends entre les deux ordres) de lui donner le pouvoir de changer la con.stitution à son gré. 11 mourut en 1697, léguant à son fils Charles .XII le pouvoir absolu. La carrière belliqueuse de ce roi remarquable, mais trop inquiet, qui humilia Frédéric IV de Danemark et Pierre le Grand de Russie, qui détrôna Auguste II de Pologne, et qui succomba à Pullava, réduisit presque le pays à la ruine. A sa mort, en 17 18, sa sœur Ulriqiie- Eleonore. femme de Frédéric de Hesse-(3assel, après avoir renoncé au pouvoir absolu et avoir accepté des nobles une constitution qui rétablissait leur puissance, fut élue parla diète pour lui succéder. Elle ne tarda pas à remettre le gouvernement à son mari, dont le règne fut une période d'humiliation pendant laquelle la Suède céda la plupart de ses posse-~ions au delà de la Baltique (Livouie, Esthouie, etc.). La guerre avec la Russie en 1741 aboutit à la défaite et à la cession de la Finlande orientale il743). Frédéric mourut sans enfants en 1751 , et eut pour successeur Adolphe-Frédéric de Holstein-Eutin. L'influence française domina dans le sénat pendant son règne, et entraîna le pays dansunp guerre désastreuse avec la Prusse. Il piourut en 1771 ; son fils, Gustave lil, lui succéda. La révolution de 1772, par laquelle Gustave se rendit monarque absolu, les guerres avec la Russie et le Danemark en i7s7, l'acte de sûreté de 1789 qui abolit le sénat, tels sont les événements les plus remarquables du temps. Gustave fut assassiné en 1792, et son fils Gustave IV monta sur le trône. En 18!»9, l'imprudence du roi et ses tendances a la folie amenèrent son abdication forcée, et son oncle fut déclaré roi, sous le nom de Charles XIII. La paix conclue avec la Russie enleva à cette époque la Finlande à la Suède. Bcrnadote, prince de Poiite-i^orvo (voy. Bkrnadotte), fut nommé prince héréditaire, et il devint cher au peuple pour avoir réussi à assurer la Norvège à la Suede(l814). En 18(8, à la mort de Charles XIII, il monta sur le trône sous le nom de Charles XIV Jean. Son fils, Oscar 1" lui succéda en IS44. Celui-ci eut pour successeur, en 1859, son fils Charles XV sous lequel s'eli'ectuèrenl de grandes réformes constitutionnelles, et qui mourut sans enfant mâle eu 187 2, laissant i a couronne à son frère Oscar IL — Monnaies. (Voy. Danemark.)

— Poids. L'unité est la livre = 423 gr. 538 = 1 00 orls = 1 .000 korns. — Mesukes de longueur.Le mille=10 kil. 688 m. = 3,600pieds. Le pied = 0 1"- 29,687 = 10 pouces de 10 lignes. — Nota. La diète a prescrit, en 1S76, l'introduction du système décimal métrique.

— Langue et Littérature de la Suède. Le suédois est une des langues secondai les, et, comme telle, elle appartient à labranche germanique (ou teulonique) du la famille des langues indo-européennes. (Voy. Geum.\mquks, Races et langufs.) Il dérive du vieux norse, qui l'ut la langue de toute la péninsule Scandinave jusqu'au si' siècle. Son développement fut si lent que les chants et les sagas de llslande étaient encore compris à la cour suédoise au X1V6 siècle. 11 se divise aujourd hui en plusieurs dialectes. Le suédois est aussi la langue des classes bien élevées et d'une partie de |a presse dai^s le giand-duché ru->>e de Finlande.

— L'alphabet suédois a 2Slelt;es; les 3 lettres ajoutées à notre' alphabet sont : des a et un o particuliers. Le w équivaut au't) simple et estgénéralemeiit remplacé par lui dans l'orthographe moderne, .\ulrefois, on se servait des caractères allemands; aujourd'hui, les caractères latins l'emportent. La lettre a se prononce presque comme l'o Irançais dans

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côte. Les voyelles a. e. i, à et ô se prononcent comme en allemand; oa deux sons, l'un qui se rapproche de celui de notre diphlliongue ou, l'autre g-uttural et ressemblant à (i«/Le so;i n tient le milieu entre Vu français et ou. Y se prononce presque comme notre «. G a le son de notre y devant e, ?, y. à, o; il en est de même du j. D. g, h. et l devant j, et h et f devant v sont muets. K devant e. i. y, à, S a le son de tch. Devant les mêmes lettres, sk, skj, sj, slj se prononcent ch. Les substantifs n'ont d'inllexion casuelle que pour le génitif qui prend s. Les adjectifs suivent deux déclinaisons : la première a une forme distincte pour le neutre: la seconde a une seule forme pour les trois genres. Les verbes ont une conjugaison forte et une conjugaison faible, et deux temps simples, le présent et l'imparfait. Le passif se forme en ajoutants à l'actif. Dans lousles verbes, le singulier n'a qu'une forme pour les 3 personnes; au pluriel, la première et la troisième sont semblables, et la seconde finit en en. — Littérature. Les plus anciens monuments de la langue suédoise sont les vieilles lois provinciales, dont la plus antique compilation, celle de la province de Westergoetland, fut probalilement faite vers le milieu du xiii' siècle. Quelques k'ieinpiaisor, ou ballades héroïques, et rirfrfurvisor, ou ballades de chevalerie, peuvent être attribuées peut-être à la dernière partie du xiii^ siècle; mais le plus grand nombre est du xiv" et du xV. Beaucoup de romans de chevalerie ont été traduits entre loOO et 1312. Au xiv= siècle parurent les Grandes et les Vieilles Chroniques; de la même époque et du siècle' suivant, datent quelques légendes et d'autres ouvrages en prose. Les disputes religieuses du xvi' siècle donnèrent un ton théologique ou plutôt polémique à presque toute la littérature. Deux frères, Olaus Pétri (i497-lDo2) etLaurentius Pétri (l499-lo73), ont fait des traductions de la Bible, des chroniques et des vers. Il y a aussi des chroniques du règne de Gustave Vasa par R. Ludviksson (mort en 1594), P. Svart (mort en 1562) et S. Elofsson, ainsi que quelques hymnes. Les écrits historiques d'Eric ïegel (mort en 163S), d'A. Girs (mort en IbBy), de Widekindi (16iO-'97), de Werwing (mort en 1697) et d'Adlerfeldt (1671- 17091 témoignent d'un grand progrès dans le maniement du langage. En poésie, Georg Stjeriihjelm (l'>9S-lti72) tint le premier rang à son époque. Quelques drames sans grande valeur apparaissent alors. Les poètes lyriques peuvent se classer en école italienne et école alle-mande. A la première appartinrent G. Dahistjerna (16.58-1709) et G. Rosenhane (l6i9-'84). Les principaux représentants de l'école allemande furent : S. Columbus (1642-79, L. Johansson (mort en 1674), et P. Lagerloef (I648-'99|. On peut encore citer, parmi les poètes, Spei;el et G. Ârosell. Dans le XVII' siècle, on écrivit beaucoup en latin. La période de 1718 à ll'l fut une pério le cie grande activité littéraire. Les sciences naturelles, sous rinûuence de Linné ou Linnéeus, y occupent la première place. La théologie ne produisit aucune personnalité émineute, à lixception de Swedenborg. Johan Ihre (i7û7-'SUj se rendit célèbre par son Glofsarium svcogothicum, lexique des dialectes suédois, et par ses recherches sur Ululas et la langue mœso-gothique. En histoire comme en littérature pure, Olof Dalin {1708-'63) occupe le premier rang des écrivains de son temps. On peut citer d'autres historiens: A. af Botin (l724-'90). P. Schoenstroem, et 0. Celsius le jeune (17l6-'94). Parmi les poètes, on a : H.-C. Nordenflycht (!7l8-'63), qui est une femme, le comte G.-P. Creutz(morten 1783), lecomte G. -F. Gyllenbor:; (1731-1809), Odel (mort eu •1773), U. Rudenschoeld(169S-17S3), 0. Bergklinl (173â-1805) et 0. Kolmodiu (1690-1753). J.-U. Moeik.(1714-'63), le premier romancier

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suédois, a écrit des reuvres fort ennuyeuses. Dans l'époque suivante (1772-1809)," dilléreiites branches des sciences et de l'érudition furent cultivées, surtout par les disciples de Linné. Swen Lagerbring écrivit Svea Rikes Historia. qui, bien que souvent inexacte, fut regardée comme une œuvre nationale par les contemporains. E.-M. Faut (17o4-lSl7) rédigea un Diplomatarium et une très précieuse collection de Scriptons Rerum Svecicarum. Jonas Hallenberg(1748-lS34)écrivit un grand nombre d'ouvrages historiques, archéologiques et philologiques. H.-G. Porthan (1739- 1SU4), C.-G. .Nordiii fl749-l8l2). 0. Knoes (mort en 1804), J.-A. Rehbinder, S.-L. Gahm et U. von Troil (1746-1803) sont aussi des historiens. G. Gezelius (1736-'89) est l'auteur du premier dictionnaire biographique des Suédois célèbres, qui vaille la peine d'être cité. Sous l'influence directe de Gustave IIL le goût français devint presque exclusivement prédominant. Les poètes favoris de sa cour étaient Kellgren, Léopold et Oxenstjerna. Il V en eut d'autres : M. Chorasus (1773-1806), B. Lidiier (l759-'93), G.-G. Adlerbeth (1751- 1818), CarlMichaelBellman (1740-'9o), A.-M. Lenngren (1734-1817). C.-L Hallman (173i- 1800) et O.Keiél(l74S-'96), furent des auteurs de comédie remarquables. La révolution politique de 1809 donna une nouvelle impulsion à la littérature suédoise, que l'usage général de la langue nationale, au lieu du latin ou du français, développa puissamment. Le chimiste Johau-Jakob Berzelius ( 1779 -1848 ) fut une lumière du monde scientifique presque aussi brillante que Linné. La zoologie eut un adepte illustre dans Sven .Nilsson. qui est aussi l'auteur d'ouvrages ethnographiques et archéologiques. La Suède a une école nationale de philosophie, dont le fondateur, C.-J. Bostroem (mort en 1866), a développé le système le plus purement idéaliste qu'on ait encore conçu. Cette philosophie a été, dans ces derniers temps, exposée avec talent par G. iNyblajus, dans un ouvrage très important sur l'histoire de la philosophie suédoise (1873). U faut mentionner les ouvrages populaires de P. Vikner sur la religion. La première place parmi les historiens suédois appartient à Eric Gustaf Geijer (1783-1847). dont les ouvrages sont des modèles de composition historique. Anders Fryxell et Stniunholm occupent aussi une place éminente a côté de lui. On estime beaucoup les travaux de E. Sidenbladh et de C.-Ë. Ljungberg sur la statistique suédoise. L. Hammarskœld (1785-1827). P. Wieselgren (né en 1800), J.-E. Rydqvist, J. Lénstroem et Ljunggren ont publié des ouvrages sur l'histoire littéraire de leur pays. Un Biogruphisk Lexikon, dictionnaire biographique des Suédois célèbres, a été édité par Palmblad, et, après lui, par Wieselgren, eu 23 vol. Voici l'âge d'or de la poésie suédoise. A la première partie du siècle appartiennent ; F. -M. Franzén (1772-1847), J.-O.Wallin (1779-1839), J.-D.Valerius, et J.-M.Silfverstolpe (17,7-IS31j. Deux nouvelles écoles poétiques s'élevèrent au commencement de cette période, l'école romantique et l'école gothique. Les adeptes de la première s'appellent h'osforistcr ou phosphoristes, du journal Fosforos, leur organe. .A leur tête étaient P.-D.-.\. Atterbom (1790- ISoo), comme poète, etPaImbladet Hammar.skoeld comme critiques. Avec eux se rangent C.-F. Dahlgren, (1791-1844), C.-E. Fahlci^antz (1790-1866;, et J.-C. Jsyberg (Svaerdstroem, née en 1783). plus connue sous le nom d'Euphrosyne. L'école gothique a marqué plus fortement son empreinte sur la poésie nationale. A sa tête, et à la tête de tous les poètes suédois, se trouve Esaias Tegnér (1782-1846); puis viennent l'historien Geijer, P. -H, Ling (1776-1N39), etC.-A. Nicander (1799-1839). Subissant l'influencede ees deux écoles, mais jusqu'à un certain point indépendants, les poètes J.-E. Slagnelius (1793-1823), Erik Sjuebeig

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