SY[.L
en 89, lorsque, en qualité de lieutenant du consul L. Catoii, il détruisit Stables, dompta les Hirpini, défit les Samnites et s'empara de leur principale ville, Bovianum. En 88, il devint consul, et reçut le commandement dans la puerrp contre Milhridale. Marius, qui désirait ce commandement, parvint à le chasser de la ville. Il courut à l'armée qui assiéf-'cait alors [Vole, entraîna six légions, marcha sur Riirae et, à son tour, chassa Marius. En 87, il commençala guerre contre .Milhridate. En Sfi, il prit et pilla Athènes, et jusqu'à son retour à Rome, au printemps de83, il marcha, [iresqne sans interruption, de succès en succès. Cependant Marius et L. Cinna étaient revenus à Rome, où ils furent élus consuls. Sylla fut déclaré ennemi public, et l'on envoya une armée commandée par Fimbria à la fois contre lui et contre Milhridate. En 84, Sylla conclut une paix avec Mithridate et battit Fimbria , qui, abandonné par ses soldats, se donna la mort. Sylla, après avoir exigé des sommes énormes des villes d'Asie, revint à Rome, enferma Marius lejeune, l'autre étant mort, dans Préneste. battjt lus Samnites et les Lucaniens devant la porte Colline (l*' nov. 82), et par la prise de Préneste mit fin à la guerre civile. Il massacra ses prisonniers samnites elles habitants de Préneste, et le jeune Marius se tua. Sylla se trouva dès lors investi comme dictateur d'un pouvoir absolu sur les vies et les biens de tous les citoyens. Un règne de terreurcommença. De nouvelles listes de proscrits furent à tout moment publiées, jusqu'à ce que Sylla se fiil débarrassé de ses ennemis. En 80, il fui encore élu consul ; de 80 à 79, il introduisit des rél'orniPS dans la constituti on et élaldit des colonies militaires dans toute l'Italie. Il se démit volontairement de la dictature en 79 et se retira dans ses terres à Pouzzoles (Puteoli), où il se livra aux plaisirs littéraires et sensuels. Plutarque a largement puisé dans ses mémoii-es, aujourd'hui perdus.
* SYLLABAIRE s. m. [sil-la-]. Petit livre élémentaire où les syllabes sont rangées par ordre, et dans lequel les enfants apprennent à lire.
SYLLABATION s. f. Méthode de lecture qui consiste a faire diviser les mots en syllabes.
* SYLLABE s. f. [sil-la-be] (gr. siillubé). Une \oyelle ou seule, ou jointe à d'antres lettres qui se prononcent par une seule émission de voix : Rois et Lois sont des mots d'une syllabe. Dans le nio( Avoir, A fait une syllabt, et Voir enfuit une autre.
SYLLABER v. a. Assembler en syllabes.
* SYLLABIQUE adj. Qui a rapport aux syllabes : valeu) fyllitbique ; augment syllabique.
SYLLABIQDEMEKT adv. Par syllabes.
SYLLABISATION s. f. Division par syllabes.
SYLLABISER v. a. Diviser par syllabes.
SYLLABISME s. m. Système d'écriture dans lequel chaque syllabe est représentée pur son signe propre.
"SYLLABUS s. m. [sil-la-buss](gr.sw«-i6os). Relig. calboi. Liste d'erreurs condamnées par le pape. On donne particulièrement ce nom à une liste de 80 propositions condamnées à dilférentes époques, comme erronées, par le pape Pie IX, laquelle lut envoyée par ses ordres à tous les membres de la hiérarchie catholique, le 8 déc. I8(ii. Cette liste était annexée à la bulle Oi(un/acum. Elle condamne lormellement diverses doctrines courantes, telles que celle qui veut que l'Etat et les constitutions restent étrangers à la religion ou ne fassent aucune distinction entre les fausses religions et la vraie, qu'il ne faut réprimer ou punir les actes contre la religion catliuliijue que quand ces actes troublent la paix publique; que la liberté la plus illinntéo
SYUL
d'exprimer ses opinions doit être eonsidérée comme le droit imprescriptible de tout citoyen, quelle que soit la forme du gouvernement; que la volonté populaire, exprimée par l'opinion publique ou autrement, est la loi suprême. Puis viennent des erreurs louchant la constitution et les droits de la famille, particulièrement celles qui tendent à refuser aux corporations religieuses toute surveillancB ou toute participation dans l'œuvre de l'enseignement, et à retirer à l'Eglise toute juridiction indépendante de celle de l'Etat, etc. — EncycL « Le Syllabns que Pie IX a publié le 8 déc. 1864, en même temps que l'encyclique Quanta cura qui en est en quelque sorte la préface, est le sommaire des propositions que ce pape avait dès auparavant signalées comme des erreurs dans ses encycliques ou ses allocutions. Le Syllabus renferme 80 propositions condamnées par le pape; et, depuis que le dogme de l'infaillibilité du pape a été proclamé par le concile du Vatican, le 8 juillet 1870, on peut dire que toute personne qui, dans sa conscience, approuve l'une quelconque de ces 80 propositions, cesse, par ce fait même, de faire partie de l'Eglise catholique. Voici la traduction en français de quelques-unes de ces propositions : « XV. Chaque homme est libre d'em- «brasser elde prolesser la religion qu'il aura i< réputée vraie à l'aide des lumières de sa <i raison. — XVI. Les hommes peuvent, 'dans « quelque culte que ce soit, trouver la voie « du salut éternel et y parvenir. — XXIV. « L'Eglise n'a pas le droit d'employer la "force; elle n'a aucun pouvoir direct ou 0 indirect. — XXX. Les immunités de l'Eglise « et des personnes ecclésiastiques doivent « leur origine au droit civil. — XXXII. On « peut, sans violer nullement le droit natu- « rei et l'équité, abroger l'immunité pcrson- « nelle en vertu de laquelle les clercs .sont « exemptsduservice militaire; et celte abi'o- « galion est réclamée par le progrès civil, « surtout dans une société qui se régit d'après n des institutions libérales. — XXXVIII. Ca « sont les actes trop arbitraires des pontifes « romains qui ont contribué à la division de « l'Eglise en orienlale et en occideulale. — « XLV. 'foute la direction des écoles publiu ques, dans lesquelles lajeunesse d'un Etat « chrétien est élevée, si l'on en excepte dans Il une certaine mesure les séminaires épisco- « paux, peut el doit être attribuée à l'auto- « rite civile, et cela de telle manière qu on <> ne reconnai.-se ii aucune autre autorité le u droit de s'immiscer dans la discipline des « écoles, dans la direction des éludes, dans la «collation des grades, dans le choix ou l'ap- « probation des maîtres. — LV. L'Eglise doit (( être séparée de l'Etat, el l'Etat séparé de i< l'Eglise. — LVII. La bCience des choses phi- « iosophiques et morales, ainsi que les lois u civiles, peuvent et doivent se soustraire à « J'aulorité divine et ecclésiastique. — LXII. « On doit proclamer et observer le principe (( de non-inln-venUon (sous-entendu : eu Italie i< pour le rétablissement du pouvoir tcmpo- « poiel des pape.s). — LXVl. Le sacrement du « mariage n'est qu'un accessoire du contrat « et peutenêtreséparé; elce saorementcon- « sisle seulement dans la bénédiction nup- « tiale — LXXIV. Les causes matrimoniales et Il les fiançailles sont, par leur nature, du res- « sorl de la juridiction civile. — LXXVll. Il « ne convient plus, à notre époque, que la <i religion catholique soit considérée comme « l'unique religion de l'Etat, à l'exclusion de «I tous les autres cultes. — L.XXVIII. Aussi on i< doit louer certains pays catholiijues où la « loi a pourvu à ce que les étrangers qui s'y « rendent yJ0uis^(■nt de l'exercice public de « léur.i cultes respectifs.^ — LXXX. Le pontife 1. romain peut et doit se réconcilier et se « mettre en harmonie avec le progrès, le li- II bérali-mc el la civilisation moderne. » A li
SYLt'
lecture des propositions qui précèdent, tout esprit impartial est frappé de leur vérité, et il oublieque chacune de ces [iropositionsduit être précédée de celle formule qui, elle, est insensée : « Annthème à qrii dira... ». Il faut aussi se rappeler que le SyUabus fut publié peu de temps après la fameuse convention du \n sept, intervenue entre les gouvernements de France et d'Italie et qui réduisait l'étendue de la domination temporelle du [lape. La publication du SijUubus causa dans je monde entier une grande émotion. Amis et ennemis de l'Eslise furent stupéfaits de voir un tel aveuglement. C'était le suicide du catliolicisme, qui déjà se trouvait extrêmement alfaibli. par suite de l'introduction de dosmes nouveaux et absurdes, et par suite des dissensions qu'avait amenées l'influence prépondérante des jésuites. Kn Suisse et en Allemagne, il se produisit, parmi les catholiques, un schisme qui se serait rapidement étendu on France, en Italie, etc., si la foi n'y eût été déjà éteinte. L'évêque d'Orléans essaya d'atténuer la portée du Syllabtis, au moyen d'un commentaire dans lequel il profitaitdesobscurités du texte pour en modifier le vrai sens. Ce commentaire reçut l'approbation d'un grand nombre d'évèques; d'autres, tels que l'évêque de Poitiers, flétrirent cojnme une lâcheté ce recul de la réaction religieuse, et le clergé romain donna le nom à'Antisi/Uabiis àl'interprelation de M. Dupauloup. Aujourd'hui le Sytlabus est enseiiriié en France, dans les séminaires diocésains; ce qui est en contradiction absolue avec la loi du 18 germinal an X, aux termes de laque.le (art. 24) on devrait reconnaître les principes adoptés dans la déclaration du clergé de France de 1682; et l'on constate que. par suite de cet enseignement, une grande partie du clergé est en élut de lutte avec la société moderne et qu'il nourrit une haine ardente contre la liberté de conscience cl contre la République. Muisil conserve une grande inlluence sur les femmes qu'il a instruites dans les croyances de l'Eglise romaine; et il s'associe aux anciens partis, aux derniers débris des monarchies déchues, dans l'espoir d'une restauration qui lui serait favorable. 11 s'évertue surtout à recueillir, pour le Denier de Saint-Pierre, des sommes importantes qu'il obtient aisément, grâce a la pilié qu'inspirent aux âmes tendres et crédules uue persécution imaginaire et l'incarcération supposée uu chef de l'Eglise. » (Ch. Y.).
* SYLLEPSE s. f. [sil-Iè-p3e](gr. sullépsis). Figure de grammaire, par laquelle le discours répond plutôt à notre pensée qu'aux règlesgrammaticales : la plupart des hoinmes sont bien fous, est une syllepse. — Figure par laquelle un mot est employé à la fois au propre et au figuré. Cette phrase, Galalée est pour Corijdon plus douce que le miel du mont Hybla, renferme une syllepse. — 'Voici un autre exemple de cette ligure :
Je souflre tous les maux que j'ai faits devaat Troie; Vaincu, chargé de fers, de regrets consumé, BuuLE de plus de feux que je n'en allumai.
J. HAcins. Andromaque, acte I"»', se. u.
SYLLEPTlQUEadj. Gramni. Qui a rapport à
la -y.iepie.
SYLLEXIE s. f. [sil-lè-ksl] (gr. sullèxis). ColucLiou de mots ayant rapport à la même idée.
SYLLOGISER v. n. Argumenter, compter, faire un calcul.
* SYLLOGISME s. m. [si-lo-] (rad. gr. sum, avec, logos, raisonnement). Log. Argument composé de trois propositions, savoir : la majeure, la mineure, et la conséquence : faire un syllogisme. (Voy. Logique.)
* SYLLOGISTIQUE adj. Qui appartient au
syllupi.-nie : la forme sytlor/islique.
' SYLPHE, Sylphide s. [sil-fe] (lat. sylva.
SYMb
forël). Nom que les caii.ilisles donnaient aux prétendus génies élémentaires de l'air : un sylphe; une sylphide.
* SYLVAIN s. m. (lat. sylva, forôl). Dieu des forêts, s Ion la fable : /ev faunes et les sylvains. — .» Sylvain, aine adj. Qui croit dans les forêts.
SYLVANITE s. f. Miner. .Nom donné à un telluriure iial if d'argent et d'or, appelé aussi
SYLVANE ou OR GRAPHIQUE.
* SYLVES s. f. pi. (lat. syha. forêt). Nom que Stace et quelques autetirs modernes ont donné à des recueils ou collections do plusieurs petits poèmes : les sylvcs de Stace.
* SYLVESTRE adj. (lat. sylveslris). Qui croit dans les bois : pin sylvestre.
SYLVESTRE, nom de deux papes et d'un antipape. — 1. Sylvestre !"• (Saint), né vers 27(1, niort le 31 dée. :'3.'i. Il succéda au pape Melchiade, le 31 junv. 3li, et assista l'empereur Constantin dans la convocation du concile de Nice On dit dans les Fausses hécrétales que Constantin lui fit « donation » de Rome et de ses dépendances. — II. Sylvestre II (Gehbert), né en .\uvergne vers 920, mort le 12 mai 1003. C'était un moine bénédictin et un professeur fameux de l'université de Reims. L'empereur Oihon 111 le fit archevêque de Ravenne, et obtint son élection comme pape le t avril fl!)9. Il montra dans la papauté un zèle, un talent et une itjtégrilé peu ordinaires. L'universalité de ses connaissances le Bipasser pour masicien. Ses œuvres complètes, y compris 149 lettres, sOHt publiées dans le vol. CXX.\I.K de la Falrologie latine de Mi;.'ne.
SYLVICOLE adj. (lat.sy/wi, forêt; co/o, je cultive;. Qui a rapporta la .-ylviculture.
* SYLVICULTURE s. f. Culture des forêts. SYLVIE s. f. (lat. sylva, forêt). Ornith.
Syn. de bec lin.
SYLVIEN. lENNE adj. Anal. Qui appartient ou qui a rapport à la scissure de Sylvius.
SYLVlQUEadj. Chim. Se dit d'un âcide résineux extrait de la colophane.
SYLVIUS (Jacobus)[sil-viuss], nom latinisé d'un auatomiste français, Jacques du BoiSj né en 1478, mort en l.ï.So. 11 passe pour avoir eu le premier l'idée d'injecter les vaisseaux sanguins pour en faciliter la dissection. La fissure oblique qui sépare les lobes antérieurs et moyens du cerveau s'appelle scissure de Sylvius. —Symbiose. (V. S.)
SYMBLÉPHARON s. m. (gr. sun, avec; blepharon, paupière). Pathol. Adhérence des paupières au globe de l'œil.
* SYMBOLE s. m. (lai. symbolum). Figure ou image qui sert à designer quelque chose, soit par le moyen de la peinture ou de la sculpture, soit par le discours; le chien est le symbole de la fidélité. — .Marque, figure qu'on voit sur les médailles, et qui sert à désigner soit des hommes ou des divinités, soit des parties du monde, des royaumes, des provinces ou des villes : les symboles sont ordinairement placés sur le revers des médailles. — Calhol. Symboles saches, ousirapl., Symboles, signes extérieurs des sacrements : Jésus- C.H&isT nous a donné son corps et son sang dans l'eucharistie sous les symboles du pain et du vin. ' — Formulaire qui contient les principaux articles de la foi : les trois symboles de la foi sont le symbole des aiotres, le symbole, de Nicée,et le symbole attrU-ué à saint Athaïune. Absol. Le Symbole, celui des apôtres. — Symboles chimiques, abréviations des noms chimiques des éléments, combinés en formules, avec ou sans signes quantitatifs, pour représenter la composition des corps composés. C'est a Berzelius que la chimie doit surtout le système simple et rationnel de notation au-
SYMM
jourd'hui en usage. Ce .système, dans son esquisse première, du moins, no parait pas avoir été le résultat d'un plan prémédilé ou d'une étude spéciale; mais il semble avoir découlé comme Un résultat naturel de l'invesligation des proportions dans lesquelles se combinent les corps, étude dont son auteur s'occupait parlirulièrenient. Pour désigner le nom et l'équivalent d'un élément, Berzelius choisit l'inilial du nom latin de cet élément; lorsque les noms de plusieurs éléments comraeni'enl par la même lettré, il ajouta à l'initiale la seconde lettre du nom : ainsi C indique un équivalent de carbone ; Cl un de chlore, et Cr un de chrome. (Pour là liste complète de ces symboles, voy. i':,jui- VALENTS CHIMIQUES.) On sc seit souvenl d'une lettre capitale surmontée d'Un tiret pour indiquer un composé au lieu d'un élément; ainsi A signifie acide acétique, C^ H* U^ ;
0 acide oxalyqiie, C» H^ 0*. On trouvera d'autres symboles et abréviations dans l'article Atomistique {Théorie).
• SYMBOLIQUE adj. Qui sert de symbole :
1 hermine est une figure symbolique, me image symbolique. — s. f. Ensemble des symboles propres à une religion, à un peuple; science qui expose ces symboles, et qui essaie de les expliquer : la symbolique de Creuzer.
SYMBOLISATION s. f. Action de symboliser.
•SYMBOLISER v. n. Didact. Avoir du rapport, de ia innibrinilé : les alchimistes disaient que les planètes si/mbolisaient avec les métaux, que le soleil symbolisait avec l'or, que la lune symbûlisuil avec l'argent. (Peu us.)
• SYMBOLISME s. m. Philos. Etal primitif de la langue dans lequel les dogmes ne sont exprimés que par des symboles : le si/mbolisme antique.
SYMELE s. m. (gr. sun. avec; melos, membre). Monstre chez lequel les deux membres d'une même pain; sont fondus ensemble.
• SYMÉTRIE s. f. (,?r. summetriai. Proportion et rapport de grandeur et de figure que les parties d'un corps naturel ou artiliciel ont entre elles, et avec leur tout : il y a quatre croisées d'un côté, il faut, pour ta symétrie, qu'il y en ait autant de l'autre. — Se dit aussi en parlant de toutes les choses arrangées suivant une certaine proportion, un certain ordre : des tableaux, des vases airanués avec symétrie. — Ordre, disposition, économie d'un discours, d'un ouvrage d'esprit : la symétrie d'un discouri. — Syuiîtbie du stylk, correspondance de mots et de membres d'une phra-e enlie eux, ou même de plusieurs phrases entre elles : •// y a trop de symétrie dans le style de cet écrivain.
' SYMÉTRIQUE adj. Qui a de la symétrie : ordre, urrangenioit symétrique.
• SYMÉTRIQUEMENT adv. Avec symétrie des tabli.au. i: di.^poàés symétriquement.
• SYMÉTRISER v n. Faire .symétrie : les deux paoillons de ce bâtiment symétrisent. — <»» V, a. Rendie symétrique.
SYMMAQUE (Coelius SymmachusI, pape et saint, ne en Sardaigne vers 440. mort le 19 juillet 314. Il fut élu pour succéder à Anaslase U, le 22 nov. 498. Les Eutychéens, favorisés par l'empereur grec Anaslase 1''', élurent Laurent (Laurentius) en même temps, et Rome fut ensanglantée par des rixes. On accusa Symmaque de crimes graves, mais il fut acquitté par un concile de tous les évêqués italiens tenu à Rome eu ."J02. Malgré une décision semblable d'un concile postérieur, Anaslase (que le pape avait excommunié) continua de lui faire opposition.
SYMMAQUE Quintus-Aurelius Syumaciius), écrivain romain du iv» siècle. Il fut élevé en Gaule; en 373, il fut nommé proconsul d'Afrique, eu 384 préfet de Korne, et
SYMP
en 391 conful. Ses ouvrasros existant comprennent 10 livres d'épUres et des fragments de discours, où ii s'éverlua à défendre le paganisme.
* SYMPATHIE s. f. (gr. sumpathia). Correspondanci? que les anciens iniug-inaient entre les qualités de certains corps; aptitude qu"onl certains corps à s'unir, à se pénétrer : il ^emhle qu'il y nit de la sympathie entre certaines plantes, entre certains animaux. — Méd. Correspondance entre certaines parties du corps, qui t'ait qu'un organe ne peut être atfecté ou excité, sans que d'autres le soient en même temps. — Rapport, convenance que certaines choses ont entre elles : il y a une sympathie naturelle entre certains sons et les émotions de notre âme. — Convenance, rapport d'humeurs et d'inclinations, penchant instinctif qui attire deux personnes l'une vers l'autre : éprouver de la sym lathie pour quelqu'un. — Philos. Faculté que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs les uns des autres : la sympathie sert en nous de contre-poids à l'intérêt personnel. — Poudre DE SYMPATHIE, poudrc de vitriol blanc calciné, à laquelle on a attribué, au xvu" siècle, des vertus occultes. Les charlatans débitèrent diverses poudres blanches composées de matières bizarres: ongles, cheveux, os calcinés et pulvérisés qu'ils mêlaient avec un peu de vitriol, La poudre sympathique n'est plus connue que par ces vers que Montflfury met danslabouche d'un médecin(/a FilkMédecin) :
De CCS ongles rognés, monsieur, de ces cheveux. Ou bien de ecUe urine, il sort une m^ilièrc, CoMimc de tous nos corps, subtile, singulière. Que Démocrile appelle, en ses doctes écrits, Atmncs, petits corps, monsieur, que je m'applique A guérir par IVCTort d'un mixte sympathique. Ces petits corps gu-iris dès ce moment, dès lors. Vont à travers de l'air chercher les petits corps, Qui sont sortis du corps du malade; de grâce, Suivei^-moi pas à pas; ils pénètrent l'espace Qui les a séparés d. puis qu'ils soni dehors, S.ins s'arrétei- jamais aux autres petits corps, Qui sont sortis du corps de quelqu'aulre, de sorte Qu'ayant enfin trouvé, dans lair qui les transporte. Les petits corps pareils à ceux dont nous parlons. Les susdits petits corps, comme des postillons, Guéris par la vertu du mixtt- sympathique. Leur portent la santé que je leur communique, El le malade alors, reprenant la vigueur. Se sent gaillard, dispos, sans mal et sans douleur.
Qu'un malade ait la fièvre, et qu'on me donne en main De ces ongles rognés, de ses cheveux ; soudain, Les mettant dans un arbre avec certains mélanges Mon mixte produira des prodifres étranges; Et par des changements que l'on admir. ra. L'homme perdra la fièvre et l'arbre la prendra.
• SYMPATHIQUE adj. Se dit de ce qui apparticnl a la ntuse ou aux etfets de la sympathie : vertu sympathique. — Encre sympa- THHîUE,encresansC'iuleurqui noircit lorsqu'on présente le papier au feu, ou qu'on y applique quelque agent chimique. — Nebfs sympathiques, se dit de certains centres nerveux, distincts du cerveau et placés dans l'intérieur du thorax. — Suhstantiv. Grand sympathique.
SYMPATHIQUE MENT adv. Avec sympathie.
• SYMPATHISER v. u. Avoir de la sympathie. Ne se dit guère qu'au moral : leurs humeurs ne .•■ympathisent pas ensemble.
SYMPATHISTEs. m. Celui qui prétend que la source de noire sympathie pour une personne est dans l'effet produit par ses émanations.
SYMPEXION s. f. Tsain-pè-ksi-on] (gr. sun, avec ; pexis, coagulation). Anat. Masse de corpuscules microscopiques qu'on trouve dans les vésicules de diverses glandes.
• SYMPHONIE s. f. (gr. sun, avec; phoné, voix). Concert d'instruments de musique : belle symphonie. — Morceau de musique composé pour être exécuté par des instruments concertants : composer une symphonie. — Se dit encore des instruments de musique ([ui accompagnent les voix ; les voix n'étaient pas belles, mais la syniplioiiie était fort bonne.
SYMP
— Corp.'! des symphonistes : les voix sont prêtes, 'f'tiles venir la symphonie.
' SYMPHONISTE s. m. Celui qui compose des gym|honies, ou qui fait sa partie dans une symphonie : Haydn fut un des plus grands .symphonistes de son temps.
SYMPHORICARPE s. m. (gr. sumphoros, groupé; karpos, fruit). Bot. Genre de caprifoliacées, appartenantexclusivement àl'Amérique du Nord et comptant environ six espèces. Le symphoricarpus racemosus se cultive pour ses baies blanches et grosses, qui mûrissent en automne et restent après que
SYNA
sentent rien tant qu'elles sont entières ; mais,
phoricarpus racemosus.
les feuilles sont tombées. Le symphoricarpus occidentalis, que l'on trouve â l'O. à partir du Michigan. a aussi des baies blanches. La groseille "indienne [sympliorienrpus vulgaris , qui croit depuis l'O. de l'Elat de New-York jusqu'au Texas, a de petiles haies d'un rouge mbre en grappes épaisses.
SYMPHORIEN (Saint), martyr. Il subit son ipjilice à Autun vei's l'an 180. Fête le ! antlt.
SYMPHORIEN (Saint-), ch.-l. decanf., arr. et à 20 kil. 0. de Bazas (Gironde) ; l,9';f6 hab.
SYMPHORIEN-SUR-COISE (Saint-), ou le- Châieau. ch.-l. de cant., arr. et à 4i'i kil S.-O. de Lyon (Rhùne) , sur la Coise ; 2,4:')9 hab Pendant la Révolution, on l'appela Chmiise- Arméi:, à cause de ses fabriques de souliers.
SYMPHORIEN-DE-LAY (Saint-), ch.-l. de cant., arr. et à 17 kil. S.-E. de Roanne (Loire); 2,5S9 hab.
SYMPHORIEN-D'OZON (Saint-), ch.-l. de canl., arr. et à 13 kil. N. de Vienne (Isère); 1,87» hall. Patrie de Berchoux.
• SYMPHYSE s. f. (gr. sun, avec; phusis, nature). .'\nat. Liaison ou connexion de deux os ensemble : la symphyse des os jmhis. — Opération de la symphyse, celle qui con.iiste à procurer l'accouchement par la séparation des os pubis.
SYMPLECTIQUE adj. (gr. sun, avec; plectos, nuuéi. Qui est entrelacé.
SYMPLOCARPE s. m. (gr. sumploos. associé; karpos, fruit). Bot. Genre d'aroidécs, comprenant plusieurs espèces de plantes sans tiges, à feuilles radicales entières, qui croissent dans le nord de l'Asie et de l'Amérique. Le symplocarpe fétide {symploearpus fœtidus) est une plante dont les feuilles luxuriantes se groupent en gros bouquets et qui exhalent une odeur particulièrement fétide. C est une des tleurs les plus précoces de l'Aménqiie du Nord. On la trouve dans les lieux humides depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu'à la Caroline du Nord. Toutes les parties de la plante ont une odeur forte et caractéristique qu'on a comparée à une oombiiiaisou d'ail et d'assa fœtida. Les graines ne
si on les broie, elles exhalent une très forte odeur.
SYMPLOQUE s. f. (?r. sumplckos]. Rhét.
Figurequi consiste à commencer de la même manière plusieurs membres du discours, ou à les terminer de la même manière, de sorte qu'il y ait souvent un entrelacement de répétitions, ex.:
Vous serez répandu, satig de mes ennemis. SoJig des A^nloné^.■ns dans mes veines transmis. Sang qui me haïssez et que mon cœur déteste. Volt Al BE ,
SYMPOTIQUE s. f. (sr.sumi'Otiké). Chanson que l'on chantait pendant le repas.
* SYMPTOMATIQUE adj. fsain-pto-]. Méd.
Qui c-U rllct on le symptôme de quelque autre atl'el'on : fièvre symptomatique.
SYMPTOMATISME s. m. Système médical qui ïe Ijoine a combattre les symptômes.
SYMPTOMATISTE s. m. Partisan du symptomatisme.
SYMPTOMATOLOGIE s. f. (gr. sumptôma, symptôme; lo<jos, discours). Partie de la pathologie qui a (lour objet lelude des symptômes.
* SYMPTÔMES, m. [sain-ptô-me](gr. sumptômaj. Signe ou assemlilat.'e de signes dans une maladie, lesquels indiquent sa nature, et fout présumer quelle sera son issue. Les médecins le disent, dans une acception moins restreinte, de tout changement appréciable observé dans un organe ou dans une fonction, et qui estliéàl'exislenee d'une maladie: dès que les premiers symptômes se manifestent.
Indice, présage : la fermentation qui agite
ce pays, est lesymptàme d'une révolution prochaine.
SYMPTOSEs. f. Amaigrissement.
SYN (gr. siw,avec), préfixe qui entre dans la formation d'un grand nombre de mots.
* SYNAGOGUE s. t. (préf. syn; gr. a^tj, je conduis). .\sremblée des fidèles, sous l'ancienne loi : saint Paid, avant qu'il fût cunverti, avait beaucoup de zèle pour la synagogue .
— Se dit, depuis la publication de l'Evangile, par opposition à Eglise: l'Eglise a succédé a la synagogtie. — Lieu où les Juifs s'assemblaient hors du temple, pour faire des lectures, des prières publiques : Noire-Seigneur allait souvent enseigner dans les synagogues.
— Se dit encore présentement des lieux où les Juifs s'assemblent pour l'exercice public de leur religion : <a synagogue consistoriale de Paris. — Prov. et lig. Enteurkr la synagogue AVEC HONNEUR, finir Une entreprise, une parlic, une fonction, une liaison par quelque chose de remarquable. Ne se dit qu'en bonne part : cet avo:at a terminé sa carrière par un beau plaidoyer, il a enterré ta
S\NC
sijnwjogue avec honneur. — Encycl. Les anciennes synagogues, sous les Perses, les Grecs et les Romains, étaient aussi des lieux de délibération et des écoles d'enseignement supérieur. (Voy. Juifs.) Une synagoirue est d'ordinaire un édifice élevé faisant face aux quatre points cardinaux. Le mur oriental, vers lequel tous doivent se tourner lorsqu'on récite certaines prières, renferme l'arche sainte (aron hakkodefh) où sont déposées des copies du Pentaleuque, écrit en hébreu sur du vélin. En face, près du centre, se trouve la pl.Tteforme ou tribune [bimah] sur laquelle le même Pentaleuque est lu par le chanteur {'liaz'.in , ou par un lecteur spécial {kore). A côté de l'arche s'élève une tribune plus petite où If rabbin prononce ses sermons.
• SYNALÉPHEs. f. Gramm. Réunion, jonclion de deux mots en un seul : quelqu'un, pour quelque un. est une synalèphe.
• SYNALLAGMATIQUE adj. [si-nal-la-gma-] (gr. swfitlagmatikos). Jurispr. Se dit des contrats qui contiennent obligation réciproque entre les parties : les actes synallagmatiques sous signature privée doivent être faits doubles.
SYNANTHÉ, ÉE adj. (préf. syn; gr. anthos, fleur . Bût. Se dit des plantesdontles feuilles et les fleurs paraissent en même temps.
• SYNANTHÉRÉ, ÉE adj. Bot. Se dit d'une classe de plautes dont les étamines sont soudées par les anthères. — s. f. pi. Famille de plautes qui a pour caractère cinq étamines à lilets distincts dont les anthères sont soudées ensemble. On les appelle aussi (!oiiposébs.
• SYNANTHÉRIE s. f. Voy. SYNGÉiNÉsiE.
SYNANTHÉRIQUE adj. Qui a les anthères
réunies.
SYNAPTASE s. f. (gr. sunapiô, je réunis). Clinn. Ferment qui se trouve dans les amandes et dont l'action sur l'amygdaline pioduit l'essence d'amandes amères.
• SYNARTHROSE s. f. préf. syn; gr. artliron, articulation). .\nat. Articulation immobile , c'est-à-dire, qui ne permet point aux os qu'elle unit de se mouvoir l'un sur
l'autre.
• SYNCELLE s. m. (bas gr. sugkellos). Se disait, dans l'ancienne Eglise grecque, d'une sorte d'officier placé auprès des patriarches, des évêques, etc.. pour avoir inspection sur leur conduite.
• SYNCHONDROSE s. f. [sain-kon-dro-ze] (préf. syn; gr. chondros, cartilage). Anat. Symphyse cartilagineuse, union de deux os par un cartilage.
• SYNCHRONE adj. [sain-kro-ne] (préf.
syn; gr. kronos. temps). Didact. Se dit des mouvements qui se font dans un même temps: les oscillutions de ces deux pendules sont synchrones. On dit plus ordinairement
IsOCHUONE.
S'YNCHRONIE s. f. [-kro-]. Art de comparer Its dates.
• SYNCHRONIQUE adj. [-kro-]. Didact. On l'emploie surtout dans cette loc, T.\bleau sv.NCHKù.NiQL'K. tableau où l'on rapproche les événements arrivés en différents lieux, à la même époque.
• SYNCHRONISME s. m. [-kro-]. Didact.
Rapport de deux choses qui se font dans un luènio temp? : le synchronisme des oscillations de deux pendules. — Se dit aussi en parlant des événements qui sont arrivés dans le même temps : le synchronisme de deux événements.
SYNCHRONISTE adj. Qui appartient au
synchronisme.
■ SYNCHYSEs. f, [sa.m-ki-zs](gr. sugchusis, confusion;, tiiauim. Confusion, trauspositioii
SYND
de mots qui trouble l'ordre et l'arrangement d'une phrase, d'une période.
SYNCHYSIS «. ni. [sain-ki-ziss] (gr. sugkusi.^\. Pathol. Trouble des humeurs de l'oeil.
SYNCOPAL, ALE adj. Qui a rapport à la
syncope.
* SYNCOPE s. f. (gr. sunkopé). Défaillance, pâmoison; perte, ordinairement subite, du sentiment et du mouvement, avec cessation plus ou moins complète de l'action du cœur et des poumons : tomber en syncope. — Figure de grammaire, qui consiste dans le retranchement d'iine lettre ou d'une syllabe au milieu d'un mot : favoùrai pour j'avouerai; dénoùment pour dénouement; sont des syncopes. — Mus. Note qui appartient à la "lin d'un temps et au commencement d'unautre. — .Méd. Lorsqu'une personne est tombée en syncope, il faut, pour réveiller le jeu des fonctions vitales, mettre le malade dans une position horizon taie, lui enlever les vêlements qui pourraient comprimer l'air, faire dos aspersions d'eau froide et des frictions excitantes, faire respirer de l'éther, etc.
* SYNCOPÉ, ÉE adj. Gramm. et Mus. Mot SYNXOPÉ, mot du milieu duquel on a retranché une lettre ou une syllabe. Note syncopée, note qui fait une syncope,
* SYNCOPER v. n. Mus. Faire une syncope : il y a dans cet air plusieurs notes qui synco]'ent.
SYNCRÀNIEN, lENNEadj. (préf. syn; fr, crânien]. Qui tient au crâne.
SYNCRÉTIQUE adj. Qui a rapport au syncrétisme.
* SYNCRÉTISME s. m. (gr. sugkretismos).
Didact. Conciiiaiiun, rapprochement de diverses sectes, de ditleiciites communions : .si l'on ne peut parvenir an vrai syncrétisme, du moins la tolérance civile peut jusqu'à un certain point le remplacer.
SYNCRETISTE s. m. Partisan du syncrétismi-.
SYNDACTYLE adj. (préf. syn; gr. daktidos, doigl). Qui a les doigts réunis entre eux. — s. m. pi. Ornith. Famille de passereaux, caractérisée par un doigt externe soudé par la base avec le médian et comprenant les genres martin-pêcheur, guêpier, calao, etc.
* SYNDÉRÉSE s. f. (gr. syntérésis). Dévotion. Keniuids de conscience: les mouvements delà fyiidirè>e. (Vieux.)
SYNDESMOGRAPHIE s. f. (gr. syndesmos, ligament; graphô, je décris). Partie de l'anatomie qui traite de la description des ligaments.
SYNDESMOLOGIE s. f. Traité sur les ligaments.
* SYNDIC s. m. [sain-dik] (lat. syndicus). Celui qui est élu pour prendre soin des affaires d'une coinmunautf, d'un corps dont il est membre, ou d'une réunion de créanciers, etc. : le syndic de la faculté; le syndic des créanciers. — Le nom de syndic s'applique généralement à des mandataires élus pour défendre les intérêts dune corporation (agents de change, notaires, huissiers, etc.), d'une communauté d'intérêts (faillite, association syndicale) ou d'une section de commune. Les syndics des gens de mer sont, au contraire, des agents rétribués par l'Etat. Us soûl nommés par le ministre de la marine, et ils représentent dans une petite circonscription du littoral de la France, le commissariat de la marine et l'aJministration de l'inscription maritime. (L. 3 brumaire an IX; Arr. 17 floréal an IV, etc.).
* SYNDICAL, ALE adj. Qui appartient au syndicat : les fonctions syndicales. — Se dit principalement avuc le mol de cbanjbre ; il
SYND
y avait autrefois une chambre syndicale des librair'S.
' SYNDICAT s. m. Charge, fonction de syndic : 0)1 ('(( nommé au syndicat. —Temps pendant lequel on exerce la fonction de syndic : durant ^on syndicat. — Société de personnes intéressées dans une même entreprise et qui s'unissent en vue d'un objet commun : Us riverains de ce cours d'eau onl formé un syndicat. — Législ « Il y a diverses sortes de syndicats et, afin de résumer la législation qui est particulière à chacune, nous devons diviser cet article en plusieurs parties. — 1. Syndicats de propriétaires. Les associations entre propriétaires, constituées dans le but de pourvoir à l'exécution ou à l'entretien de travaux d'un intérêt commun, ont été, avant la loi du 21 juin 1865, l'objet de dispositions législatives dont quelques-unes sont encore en vigueur et qui sont relatives soit au dessèchement des marais, soit à l'entretien des cours d'eau, soit à la construction de digues ou autres travaux de défense, soit à l'irrigation des terres en culture, etc. La loi de 186o s'applique à la fois à ces diverses entreprises, et eile distingue deux catégories de syndicats de travaux: ceux qui so'iu libres etceux qui sont dits autorisés. Les associations syndicales autorisées sont constituées par arrêtés préfectoraux. Elles ne peuvent avoir d'autre objet que l'exécution ou l'entretien des travaux ci-après : I" défense contre la mer, les fleuves, les rivières ou les torrents ; i" curage, approfondissement, redressement ou régularisation de cours d'eau non navigables ni flottables et de canaux de dessèchement ou d'irrigation; 3° dessèchement de marais; 4° ouvrages nécessaires à l'exploitation de ma rais salants; et S^a^sainissei^ent de terres humides et insalubres. Loisque la majorité des intéressés, représentant au moins les deux tiers delasuperficie des terrains ou lorsque les deux tiers des intéressés représentant la moitié de la superficie ont donné leur adhésion à l'enlreprise, le préfet fait procéder à une enquête publique sur le projet, et il prend, s il y a lieu, un arrêté qui autorir-e l'association. Cet arrêté est publié par affiches, et, dans le mois de cette publication, tout intéressé peut adresser au ministre des travaux publics un recours sur lequel il est statué par décret rendu au conseil d'Etat. Dans le même délai, tout propr.étaire non adhérent a le droit de déclarer qu'il enlend délaisser son terrain moyennant une indemnité à payer par le syndicat. Ce délai étant expiré, tout propriétaire co-intéressé se trouve compris dans le syndicat. Les cotisations sont recouvrées comme en matière de contributions directes, daprès les rôles dies,-és par les syndics et approuvés parle prélét. Les contestations relatives à l'e.xécution des travaux ou à la perception des taxes sont jugées par le conseil de préfecture, sauf recours au conseil d'Etal; mais celles concernant l'exercice de servitudes au profit du syndicat, pour le passage des eaux sur des fonds étrangers, sont jugés en premier ressort par le juge de paix. Lorsqu'il y a lieu à expropriation, l'utilité publique doit être déclarée par décret dans les formes ordinaires; mais les indemnités sont fixées par le jury spécial institué pour les chemins vicinaux par la loi du 21 mai 1836. Les syndics sont élus parmi les intéressés en assemblée générale; quelques-uns des syndics peuvent être choisis par le préfet en dehors des intéressés, lorsque l'Etat, le département ou les communes ont un intérêt dans l'objet du syndicat. Au reste, l'acte constitutif de l'association doit régler tous les détails que la loi n'a pu prévoir elle-même; il fixe notamment le minimum d'intérêt donnant droit à tout propriétaire de faire partie des assemblées, ainsi que le nombre de voix qui doit être attribué à chacun selon son intérêt, .^ux termes du Code rural (L. iO août 1881,
SYND
art. 19, et si, le inaire dune coinfntine peut, lorsqu'il s'agit d'ouverture, de redressement, d'élargissement ou d'entretien d'un cliemiii vicinal, provoquer parmi les intéressés la constitution d'un syndicat autorisé. — Les associations syndicales libres ne se forment que par le consentement unanime des intéressés. Elles peuvent avoir pour objets tous les travaux qui ont été indiqués ci dessus pour les syndicats autorisés, et en outre d'autres objets tels que l'ii-rigation, le colmatage ou le drainage des terrains, les chemins d'exploitation et toute autre amélioration agricole ayant un caractère collectif. Les syndicats libres se constituent, sans autorisation administrative, par un acte authentique ou sous seing privé. Un extrait de cet acte doit être, dans le mois de sa date, publié dans un journal d'annoilces légales de l'arrondissement Ledit extrait est dans le même délai, adressé au préfet et publié dans le recueil des actes de la préfecture. Si ces publications ont été faites, l'association libre jouit d'une partie des droits attribués par la loi aux syndicats autorisés; c'est-à-dire qu'elle peut ester enjustice par ses syndics, acquérir, emprunter, Vendre, échanger, transiger, emprunter et hypothéquer. Les syndicats libres peuvent être convertis en syndicats autorisés, à la suite d'une délibération de l'assemblée générale des intéressés, et en suivant les règles prescrites pour la constitution des associations autorisées. Les litiges qui s'élèvent entre un syndicat libre et ses propres membres oU des étrangers sont de la compétence de la juridiction civile. — II. Syndicats de communes. La loi du 5 avril 1884 (art. 161 et s.) permet à plusieurs communes de se syndiquer, lorsqu'il s'agit d'administrer des droits indivis entre elles, ou d'exécuter des travaux se rattachant à ces droits indivis. La commission syndicale est instituée par décret, sur la demande de l'une des communes intéressées, et elle est formée de délégués des conseils municipaux de ces communes. Cette commission est présidée par un syndic, lequel est élu par les délégués et pris parmi eux; elle est renouvelée après chaque renouvellement des conseils municipaux. Les délibérations sont soumises à toutes les règles établies pour les délibérations de ces conseils. Les ventes. échanges,partages, acquisitions ettransactions )ie peuvent être faits par la commission syndicale et sont réservés aux décisions des conseils municipaux. La répartition des dépenses votées par le syndicat est faite parles conseils municipaux, sauf l'approbation des délibérations par le préfet. En cas de désaccord il ce sujet entre les conseils municipaux, le préfet statue sur l'avis du conseil général, et la part de la dépense définitivement assignée à chaque commune est portée d'ofllce aux budgets respectifs. — III. Syndicats maritimes. Ce sont des subdivisions adniiuistratives du littoral de la France. Chacun des sous-quartiers maritimes comprend un certain nombre de syndicats; et, dans chaque syndicat, un stjndic des gens de mer, qui est un agent civil, chargé de pourvoir à l'exécution des mesures concernant le recrutement de l'armée de mèr. — IV. Syndicats professionels. Ces associations ont été exjircsséniont interdites par la loi du 17 juin 1791, qui a supprimé les anciennes corporations de métiers. (Voy. AssocuTioN, Coiu'ora.tion, etc.). Néanmoins, dès l'année 1808, il ée formait à Paris des syndicats de patrons dans l'industrie du bâtiment, et c'est à cette époque que se constitua le groupe dit de la Sainte-Cliapelle, comprenant onze syndicats. Plus tard, un grand nombre de chambres syndicales se sont fondées en vertu d'une nécessité sociale, mais contrairement à la loi, parmi les patrons et parmi les oïlvriers, dans les villes des di'|i.'ii Icnientsaussi bien qu'à i'ni'is. « Ces « chambres s) ndicales dit le HépcitoiredeJu-
SYND
Il risprudiuce de i)<///u; au mot OiUTicr, ne reste suscitent nullement l'ancien ordre écono- « mique quelesdécretsdel791 ontsupprimé.
« Ces chambres, en eflel, ne font pas de règle- « menis obligatoires pour la profession ; leurs « décisions n'engagent que les associés, et " ceux-ci sont toujours libres de se retirer de (I la société. Mais il n'en faut pas moins re- « connaître que l'action des chambres syndi- <i cales sur la solution de toutes les questions « d'intérétcommunestappelée à être de plus « en plus prépondérante, et ceux qui restent (I (ians I isolement ne peuvent éviter de la (c subir ci raison de l'autorité qui s'attache aux n usages acceptés pai- le plus grand nombre. « Beaui'oup de personnes pensent que les associations syndicales ont un caractère plus ou moins oppressif et qu'elles sont contraires à la liberté du commerce et de l'iiiduslrie : elles prétendent que l'indépendance de l'individu estsouvent sacrifiée aux volontés ambitieuses des chefs de ces sociétés; que, par suite, l'initiative personnelle est entravée, la concurrence difficile, et le consommateur abusivement lésé. Les associations d'ouvriers ont été souvent formées, il est vrai, en vue d'obtenir, par une sorte de contrainte, des augmentations de salaires, et de lutter contre les patrons, ce qui a eu poiir effet de porter ceu.\-ci à se liguer de leur côté pour défendre leurs intérêts Compromis et soiitenirla lutte. Plus d'une fois, l'industrie a été atteinte gravement par des coalitions et des grèves que les meneurs^ des associations syndicales avaient organisées, et l'on sait quels désastres les Ti/ide's Unions ont, pendant une certaine période, causés en Angleterre. L'accumulai ion des ressources produites par d'innombrables cotisations, et la concentration des moyens vers un seul but donnent une grande puissance aux associations syndicales. Mais on no peut refuser à des citoyens le droit de s'entendre pour souteiiir leurs intérêts communs, et, si cette faculté ofl're parfois des inconvénients sérieux, il y en a de plus grands à la refuser. La loi du 25 mai 186i. sur Içs coalitions, laloi du30 juin 1881, surlaliberté de rétinion, et celle du 29 juillet suivant, sur la liberté di» la presse, oilt élé les premiers pas dans une voie de progrès où il n était pas possible de rester cà mi-chemin. En conséquence, la loi du 21 mars 1884 est venue abroger celle du 17 juin 1791 et l'art. 416 du Code'pénal. Elle déclare, en outre, que les art. 291 h 294 du même Code et la loi du 18 avril 1834 qui interdit les as-ociations de plus de vingt personnes ne sont pas applicables désormais aux syndicats professionnels. Ces syndicats peuventse constituer librement sans autre formalité qtie le dépôt fait par les fondateurs, à la mairie de la commune, des statuts de l'association et des noms des personnes qui en sont les administrateurs ou directeufs. Ce dépôt doit être renouvelé chaque fois qu'il y a modific'ation dans les statuts de l'association ou dans le pet-sonnel des administrateurs; et les documents déposés doivent être, certitiés, par le président et le secn''taire du syndical,. Chacun des dépôts est i-onsi até par un récépissé délivré par le in.-iire, et à Paris par le préfet de la Seine. Les administrateurs ou directeurs doivent être Français et jouir de leurs droits civils. Les syndicats professionnels ne doivent s'occuper d'autre chose que de l'élude et de la ili'dense des intérêts économiques, industriels ou agricoles. En conséquence, la loi ne permet pas aux personnes exerçant une profession libérale, telle que la médecine, de foi mer un syndicat (Arr. cass. 30 juin 188y). 11 est permis à plusieurs syndicats de se concerter sur les mêmes sujets. Les syndicats régulièrement constitués ont le droit d'ester enjustice et de créer des caisses particulières de secours luuiuels ou de relrailes p.ijnii leurs membres; mais ces caisses ne doivent pas