‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 396 sur 639 · TEND · texte numérisé non relu

TEND

glisser les uns sur les autres. Les cous tors, b's pieds bots et un grand nombre de ilill'ormités semblables, dues à la construction ou à l'adhésion irrégulière des lendons, se guérissent souvent par la lénotomie. Cette opération consiste ,^ diviser les tendons par une . incision sous-cutanée, relâchant ainsi les parties contractées, sans mettre l'air en contact avec la surface blessée.

•TENDRE adj. (lat. tencr) Qui peut être aisément coupé, divisé : il est opposé à dur : un bois extrêmement tendre. — Se dit particul., de la viande, lorsqu'elle est aisée à couper, a inciser, à broyeravcc les dents : une viande extrêmement tendre. — Fam. Cette viande est tendre comme rosée, elle est extrêmement tendre. La même chose se dit des herbes e' des légumes. — Se dit aussi du pain nouvellement cuit : manger du pain tendre. — Sensible, délicat, qui est aisément pénétré par les impressions de l'air -.avoir la peau tendre.

— Facilement accessible.

Vous êtes donc bien tendre à la tentation. Tartufe, acte III. se. ii.

— Ce cheval est tendre a l'épeuo.n, il esl extrêmement sensible à l'éperon. Il a la bouche TENDRE, il a la bouche délicate, el il ne faut pas le gourmander de la main. Il est tendre aux mouches, il est exlrêmrment sensible aux moindres piqûres de mouches. — Fig. elfam. Il est tendre aux mouches, se dit d'un homme qui est sensible aux moindres incommodités, ou qui s'olfense des moindres choses. On dit aussi, dans le même sens. Il a la peau tendre, BIEN tendre. — Avoir la vue te.ndhe, les yeux tendres, avoir la vue délicate et faible.

— Fig. Avoir la conscience tendre, être délicat sur les choses qui intéressent la conscience. — Qui a de la tendresse, qui est sensible à l'amitié, à la compassion, et plus particulièrement à l'amour : un ami tendre; un père tendre. — Dès la plus tendre enfance, dès l'enfance.

Nous nous aimions tous deux dès la plus îendrtenfani'.e. J. IlicixE. La Thébaide. acle U, ."c. i".

— Se dit de même des choses propres à exprimer, à inspirer l'amitié, la compassion, et principalement l'amoui' :un discours tendre.

Deux pigeons s'aimaient (l'amour triidre. Ll FoifTinE.

— Avoir le son de la voix tendre, un son de VOIX tendre, avoir le son de la voix touchant et gracieux. - .Mus. Un air tendre, un air touchant et passionné. — Peint. Se dit de certains coups de pinceau extrêmement délicats : ilya des touches extrêmement tendres dans ce tableau. — Couleur tendre, couleur délicate, qui ne fatigue point la vue. — Tendre s. m. Tendresse : -('/ a du tendre pour cette femme. — Pays du tendre, pays allégorique qui, d'après les romanciers du X vu" siècle, étail entièrement livré aux plaisirs de l'amour.

• TENDRE v. a. [tan-dre] (lat. tcndere). Je tends, tu tends, il tend ; nous tendons, vous tendez, ils tendent. Je tendais. J'ai tendu. Je tendis. Je tendrai. Je tendrais. Tends. Que je tende. Que je tendisse. Tendant. Tirer et bander quelque chose, comme une corde, un arc, etc : tendre une corde. — Tendre un PIÈGE, le placer elle disposer de manière que l'animal puisse s'y prendre. Se dit en parlant do toutes sortes de pièges, même «le ceux dont on ne tend aucune partie : tendre une souricière. — Tendre un piège, un panneau A quelqu'un, chercher à le faire tomber dans quelque ridicule, dans quelque indiscrétion, l'induire à commettre quelque faute, à faire quelque fausse démarche, etc., dont on espère profiler. — Tendre un pavillon, UNE tente, les dresser et les mettre en état de servir. On dit dans un sens à peu près pareil. Tendre un lit, tendre une tapisserie. — Tendre une chambre, une salle, etc., la tapisser, la parer de lapitscrie : tendre un up-

Mj

TÉNÉ

jnirtemcnt, le tendi-c de damas, de velours. — Tapisser, orner de tapisserie. Ainsi on dit La coutume est ck jour-l.v de temdre dans

TOUTES LES RL'ES, DE TENDRE PARTOUT, c'cst-à-

dire, de tapisser le devant de toutes les mai sons. — Présenter en avançant : tendre la main pour demander l'aumône.

Et moi, je lui tendais les mains pour IVmbrasser. Athalie, acte l"', se. v.

— Fig. Tendre les bras a quelquun, l'aider, lui offrir ses secours, son appui ; s'il a de torts, être prêt à les lui pardonner : il lui a tendu les bras dans sa dis(frdce. — Tendre V. n. Aller à un certain terme, aboutir tend ce ehemin-là? — Fig-. Où tendent tous ces tours et détours, tous ces propos'? — Fi^'. C'est

UN HOMME QUI TEND A SES FINS, il Va COnstam

ment, avec adresse, vers le but qu'il s'est proposé.

TENDRE iMont), montagne de Suisse, cant de V'aud, haute de 1,690 m. Le col du mont Tendre est traversé par un chemina 1,286 ni. d'altitude.

TENDRELET, ETTE adj. Un peu tendre.

• TENDREMENT adv. Avec tendresse : les mères aiment tendrement leurs enfants. — Peindre tendrement, avoir le pinceau d'îlicat et léger. (Vieu.\.)

• TENDRESSE s. f. Qualité de ce qui est tendre. Ne se dit que de la sensibilité à l'amitié, à l'amour, aux atiections de la nature : la tendresse d'un père pour ses enfants. — Passion même de l'amour : il a beaucoup de tendresse pour elle. — pi. Caresses, témoignages d'alfection : il me fait mille tendresses.

• TENDRETÉ s. f. Qualité de ce qui est tendre. >e se dit qu'en parlant des viandes, des fruits, des légumes : la tendreté d'un giijot. d'un lièvre. (Peu us.)

TENDREUR s. f. Tendresse délicate ou ali'ecti'e.

■TENDRON s. m. Bourgeon, rejeton tendre de quelques arbres, de quelques plantes: les clièvres broutent les tendrons des arbres et des plantes. — Fig. et fam. Un jeune tendron, une jeune fille. — Se dit aussi des cartilages qui sont à l'extrémité des os de la poitrine de quelques animaux : manger une fricassée de tendrons de veau.

• TENDU. UE part, passé de Tendre.— Fig. Avoir l'esprit tendi', toujours tendu, avoir l'esprit fortement appliqué à quelque chose: il a eu l'esprit si tendu tout le jour, qu'il a besoin de prendre quelque relâche. — Fig, Style tendu, style qui laisse voir l'efTort, qui manque d'aisance, de souplesse.

TENDUE s. f. Action de tendre des filets, pièges, etc.

•TÉNÈBRES s. f. pi. (lat. tenebrse]. Privation do lumière, obscurité: les ténèbres de la 7îuit. — Fig., au sens moral : les ténèbres de l'idolâtrie, du péché, de l'ignorance. — Lit. cathol. Se dit des matines qui se chantent l'après-dinée du mercredi, du jeudi et du vendredi de la semaine sainte : aller à Ténèbres.

' TÉNÉBREUSEMENT adv. D'une manière téui'brt'use : (7 .--e ijhssa ténébreusement.

' TÉNÉBREUX, EUSE adj. (lat. tenebrosus). Sombre, obscur : les voiles ténébreux de la nuit. — En poésie. Le séjour ténébreux, l'enfer. — Fig. Les temps ténébreux de l'histoire, les temps où l'hisloire est obscure et incertaine. — Il est sombre et ténébreux, il a l'air sombre et ténébreux, se dit d'un homme sombre et mélanuolique. — Un coquin ténébreux, un malhonnête homme qui s'enveloppe de ténèbres, qui cache avec soin ses intentions coupables. On dit plus souvent dans un sens analogue. Une conduite téné-

BBBfSE.

TÉNÉBROSITÉ s. f. Etat de ce qui esl.t<'nébreii.\.

TÉNÉDOS [té-né -doss] (Dans l'antiquité la plus reculée : Cahjdna. Leucophrys, Phœnice et Lyrnessus), ile de l'archipel grec, de 16 kil. de circonférence environ. Elle appartient aujourd'hui à la Turquie; 37 kil. cuir.; iD.OOOhab., en majorité Grecs. Sur la côte orientale se trouve la petite ville de Ténédos.

* TÉNEMENT s. m. Jurispr. féod. Métairie dépendante d une seigneurie : tènement ro tiii'ier.

TENERANI (Pietro), sculpteur italien, né en 1789, mort en 1869. Professeur, puis président de l'académie ile Saint-Luc, à Rom il fut nommé en USOO, directeur en chef des musées. 11 fut le chef d'une école qui se dis tingua par le soin des détails et la grâce de l'exécution. Parmi ses ouvrages les plus connus, dont certains sont supérieurs aux dernières productions de Canova, nous citerons Le Christ sur ta Croix (en argent), la Descente de Croix, Flore, et un grand nombre de statues.

TENERE LUPUM AURIBUS loc. lat. qui

signifie, Trnii- le loup par les oreilles.

TÉNÉRIFFE (esp. Tenerife], l'une des plus grandes des iles Canaries, à environ 240 kil. N.-O.dncap Bojador(Afrique); ■2,02-jkil.carr.: 44,800 hab. Santa-Cruz, la capilale, possède un bon port. L'ile est volcanique. Une chaîne élevée la traverse par le milieu, et atteint son point culminant au célèbre pic de Ténéritte ou deTej-de, haut de3,711 m. au-dessus du niveau de la mer. La septième partie du sol à peu près est propre à la culture. Il produit surtout de lacocheniUe, desnoix, du vin et des fruits. Après Santa-Cruz, la seule ville importante, est Laguna, avec une population fixe de 11,406 hab., qui s'accroît beaucoup pendant la saison chaude. Orotava, sur la côte septentrionale, donne son nom aune belle vallée.

TENÉS, auc. Cartenas.\\\\e de laprov. et à 206 kil. 0. d'Alger (Algérie), au S. du cap du même nom; petit poit sur la Méditerranée au fond d'une rade largement ouverte; 3i,us2hab. C'est l'entrepôt d'Orléansville et de Tiaret. Exportation de blé et d'orge.

* TÉNESME s. f. [té-nè-sme] (lat. tenesmus). .\léd. Epreintes fortdouloureuses qu'on

ent au fondement, avec des envies continuelles et presque inutiles d'aller à la selle. TÉNESME vésical, envie continuelle d'uriner.

* TENETTES s. f. pi. Instrument de chirurgie, qui sert à saisir et à tirer la pierre de la vessie, dans l'opération de la taille.

* TENEUR s. f. Ce qui est contenu mot à mot dans un écrit, son texte littéral. S'emploie surtout en ternies de pratique : wi acte, un arrêt dont voici la teneur, dont la teneur suit.

' TENEUR s. m. Comm. N'est usité que dans cette dénomination. Teneur de livres, celui qui, chez un négociant, écrit régulièrement sur les livres ou registres ce qui entre dans la caisse et ce qui en sort, ce qui est acheté et ce qui est vendu, ce qui est payé et cequi est dû : ('/ est important pour un négociant d'avoir un bon teneur de livres.

' TÉNIA s. m. (mot lat.). Le ver solitaire. (Voy. VEii.)

TÉNIAFUGE adj. (fr. ténia ; lait, fugo, je chasse!. Pharm. Qui détruit le ténia.

TENIERS s. m. [té-nié]. Tableau peint par

Teiiiers : posséder unteniers.

TENIERS. I. (David) [té-nié], surnommé le "Vieux, peintre flamand, né à Anvers en 1582, mort en 1649. Il fut l'élève de Riibens, passa dix ans a Home, et excella comme coloriste

TENI

dans les scènes populaires et les sujets grotesques, tels que la Tentation de saint'Antoine. — II. (David', \ii3eune, son fils, né en 1610, inort^n f68i. Il montra un génie de beaucoup supérieurà celui de son père. Il fut principal peintre de l'archiduc autrichien Léopold. gouverneur des Pays-Bas espagnols, à Bruxelles. Le roi d'Espagne consacra une galerie entière à ses tableaux. En 1644, il devint directeur de l'académie d'Anvers; mais il vécut surtout à la campagne, au milieu des paysans. Sa facilité extraordinaire à imiter les peintures delà galerie de l'archiduc, le fit appeler le Protée de l'art. II peignit plus de mille tableaux, quelques-uns de dimensions prodigieuses. On cite surtout La Noce de 'Village, le Fils prodigue, le Joueur de cornemuse, et autres qui sont au Louvre; Musique de chambre, les Avares et les Joueurs de trie-trac, dans la galerie nationale à Londres.

TÉNIOÏDE adj. (gr. tainia, ruban; Ci'dos, aspect). Qui a la forme d'un ruban.

* TENIR v. a. (lat. tenere). Je tiens, tu tiens, il tient ; nous tenons, vous tenez, ils tiennent. Je tenais. Je tiens. J'ai tenu. Je tiendrai. Je tiendrais. Tieyis, tenez. Que je tienne. Que je tinsse. Tenant. Tenu. Avoir à la main, avoir entre les mains : tenir une épée. — Tenir quelqu'un a la gorge, lui serrer la gorge avec les mains; et, fig., le réduire dans un état à ne pouvoir faire aucune résistance à ce qu'on exige de lui. On dit à peu près dans la même acception, Trnir le pied sur la gorge a quelqu'un. On dit aussi, fig., Tenir le poignard SUR la gorge a quelqu'un. — .Maintenir :

L'ambition, la

mour, l■a^

aricc, la haine.

Tiennent, com

ne un fo.

i;.il, notre ispn

t à la chatoe

BoiLEiu. Sutir

e Vin.

Dominer, asservir :

Amour, amour, quand tu nous tiens, On peut bien dire : Adieu, prudence.

La FoNTAiim.

Tenir quelqu'un dans sa ma:-ciie, disposer souverainement de quelqu'un, être en état d'en exiger tout ce qu'on voudra. On dit de même, Tenir quelque chose dans sa manche, être assuré. — Tenir quelqu'un le bec DANS l'eau, le laisser toujours dans l'attente de quelque chose qu'on lui fait espérer; le tenir dans l'incertitude, en ne lui donnant pas de réponse positive. — Tenir des chevaux AU filet, les attacher avec un filet dans la bouche, afin de les empêcher de manger; et, fig. etfanu. Tenir quelqu'un au filet, lui faire longtemps espérer quelque chose, sans jamais lui rien donner; l'amusei-, le faire attendre.

Tenir quelqu'un de court, ne pas lui laisser la liberté de faire ce qu'il voudrait. — Tenir quelqu'un par les lisières, le mener, le gouverner comme un enfant. — Cet homme tient LE BON BOUT PAR-DEVERS LUI, il est nanti, il a ses sûretés. — Tenir le fil d'une intrigue, en avoirsaisile nœud, le secret. On dit, à peu près dans le même sens : Je tiens le sens de passage, le mot de cette énigme, ou simpl. Je tiens cette énigme, je tiens l'énigme ; tenezvous le fil de son raisonnement'i — Jeu de dès. Tenir les dès, tenir le cornet, avoir la main pour jeter les dès. — Absol. Tenez, prenez ce que je vous présente. Tenez, se dit quelquefois, dans le discours famiiier, uniquement pour s'attirer l'attention ; tenez, tout ce que vous me dites là ne me touche pas. Se dit également pour avertir de prendre garde ii quelque chose, et dans le même sens qu'on a coutume de dire, Voyez. Te.nez, le voila qui PASSE. — Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, la possession d'un bien présent, quelque modique qu'il soit, vaut mieux que l'espérance d'un plus grand bien avenir, qui est incertain.

Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras. Li Fontaine.

TENI

— SrnREZ L\ MAIN. ICT DITI.S QUE VOUS iNF. TENEZ

BIEN, se dil à quoiqu'un de qui ou .--e muque, en faisant semblant de lui vouloir donne une chose qu'on ne lui donne pas. «- Il ne tient BIEN, se dit d'un homme qui manque à réussir daiiB quelque chose : il fiensait toucher cet aryent, avoir cet emploi; mais il ne tient rien. — if'rov., fig., et, avec une espèce de joie maligne, Il en tient, se dit d'un homme à qui il arrive quelque chose de fâcheux, de désagréable, d'embarrassant, de honteux : il a perdu son procès, il en tient. Cette femme lui a

■DONNÉ DANS LA VUE. IL EN TIENT, il eu est

amoureux : Il a bu plus que de uaison, il en TIENT, il est ivre. — Prov. et fig. Je tiens mon HOMME, JE LETiENS,je l'ai amené dansie piège : ou je l'ai réduit en tel état, qu'il ne peut plus tergiverser, qu'il ne peut plus trouver d'échappatoire : il a beau faire à présent, je le tiens.

— Tenir un enfant sur les fonts de baptême, ou sirapl.. Tenir un enfant, eu être le parrain ou la marraine. — Posséder, occuper :

• les mahométans tiennent les plus belles provinces de l'Asie. — Cet officier, ce commandant tient telle ville, telle place de guerre

POUR LE roi, pour LE SERVICE DE TEL PRINCE, il

y commande, il la garde pour les intérêts du prince : cela se dit ordinairement quand on parle de temps de troubles, de temps de guerre, ou quand il s'agit de droits contestés : il se jeta dans la place, et la tint pour leroi. pour le sa-vice du roi. — Tenir une TERRE PAR SES MAINS, la faire valoir soi-même au lieu de l'allermer. — Tenir une terre a FOI ET hommage DE QUELQU'UN, posséder Une terre qui relevé de quelqu'un ; les rois d'Angleterre ont tenu autrefois la Normandie et lu Guienne àfoicthomm'tge de la Fr-ince. — Fig. Tenir quelque chose de quelqu'un, lui en avoir l'oliligation : tout ce qu il a, ille lient de votre libéralité. — Tenir une chose de bace, DE NAISSANCE, SB dit 611 parlant d'une chose qui s'est transmise avec le sang, et qu'on a reçue de ses ancêtres, qu'on a apportée en naissant : iLs sont tous braves dans cite maisonlà, ils tiennent cela de race. — Tenir quelque CHOSE de son père ET DE SA MÈRE, icur ressembler en cette chose; et, absol.. Tenir de son piiRE ET DE SA MÊRE, leur ressembler, soit par la figure et les manières, soit par les inclina- . tions et par les mœurs : il est timide et a l'air embarrassé, il tient cela de son père. — Il A de QUI tenir, se dit pareillement d'un enfant qui ressemble en quelque chose à son père ou à sa mère : il est bienfait, il a de qui tenir. — Se dit quelquefois des maladies tant du corps que de l'esprit, et des dill'éreutes passions de l'âme dont on est comme possédé ou saisi : il y a lonytrmps que ce mal-là le tient, que la fièvre le tient. — Qu'a-t-il, qu'est-ce qui le tient? quel sujet, quelle raison a-t-il d'agir ainsi? Ou dit de même. Je sais ce oui le tient. — Occuper, remplir, en parlant do l'espace : serrez-vous un peu, vous tenez trop déplace. — Tenir une maison, un appartement occuper une maison , un appartement , y loger : il tient ta maison tout entière. — V\g. Tenir lieu d'une personne, d'une chose, la remplacer, la suppléer : vous m'avez tenu lieu de père.

Que l'amitié, que le sang qui nous lie Nous tienne li<-u du i-cstc des bum;iins, VoLTiiRB. EpUre 74.

— Guerre, Cette armée tient la campagne, elle est en campagne, en état de s'opposer aux ennemis, ou d'entreprendre sur eux : les ennemis n'oseraient tenir la campagne.

J'ai des forces assez pour tenir la campagne.

J. lUciHB. La Thébaide, acte l'r, se. m.

— Mar. Tenir la mer, naviguer, courir en haute mer, loin des ports et des rades : ce vaisseau a été fort endommagé dans te combat, il n'est plus en état de tenir la mer. — Ce navire tient le vent, il ne dérive pas, ou il dérive peu sous l'eflurt du vent. — Tenir le lit

TENI

TEmiR LA CHAMBRE, demeurer dans son lit,

dans sa chambre : il tient le lit dei>uis quelques jours. — Se dit sauvent en parlant de certains lieux que l'on occupe, de certaines choses dont on fait métier ou profession, pour l'utilité et la coiiiniodilé du public : tenir auberge. — Tenir table ouverte, recevoir à sa table beaucoup de personnes, mômes des personnes qui n'ont pas été priées : il tient table ouverte. — Tenir table, donner habituellement à manger à ses amis, invités ou non. — Tenir table, demeurer longtemps à table : il y a deux heures qu'ils tiennenl table. — C'est LUI qui tient la table, se dit de celui qui fait les honneurs d'une table chez les princes et les grands seigneurs, qui ordonne à ceux qui la servent. — Se dit en parlant de l'ordre dans lequel les personnes ou les choses sont placées, du rang qu'elles occupent, soit en effet, soit dans l'opinion des hommes : )/ faut que dans les corps, dans les compannies, chacun tienne son rang. — Fig. Tenir bien son rang, sa place, son poste, occuper dignement l'emploi où l'on est, l'exercer avec di^rnité, avec capacité. On dit à peu près dans le même sens et fam.. Tenir bien son coin. — Mus. Tenir SA partie, chanter ou jouer sa partie. — Tenir bien sa partie, s'acquitter bien de ce qu'où doit, faire bien ce qu'on a à faire dans 1 emploi qu'on remplit. — Se dit en parlant des assemblées, des fonctions publiques, soit ordinaires, soit extraordinaires, qui regardent le gouvernement et la politique d'un Etat : on tenait les états tous les ans en Languedoc. ■ — Mettre et garder en quelque lieu : il tient son argent dans son cabinet. — Cet

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