‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 449 sur 639 · TORS · texte numérisé non relu

TORS

au régime de l'acte Torrens. On songe à l'appliquer en Tunisie, et il rendrait les plus grands services partout ailleurs; mais il sera repoussé par le fisc et aussi par les hommes de loi, dont il réduirait les profits. »

(Ch Y.)

* TORRENT s. ra. [tor-ranl (lat. torrens). Courant d'eau rapide, qui ordinaireihent est proluit par des orales ou des fontes de neige, et qui ne dure que peu de temps : torrent rapide, impétueux. — Se dit, fig., de certaines choses par rapport à leur abondance, ou à leur impétuosité, ou à l'une et l'autre ensemble : un torrent de paroles.

' TORRENTIEL, ELLE adj. [tor-ran-si-èl].

Qui est produit par les torrents; qui ressemble à un torrent : phiie torrentielle.

TORRENTUEUX, EUSE adj. Qui se transforme en torrent.

TORRÈS {Détroit de), détroit situé dans l'ocran Equinoxial, entre la Papouasie et l'Australie; il est parsemé d'ilôts et fut découvert en 1606 par Luis de Torrès, traversé par Cook en 1770 et exploré par les corvettes françaises V Astrolabe et la Zélée, en 1840.

TORRES-VEDRAS [tor'-rèssvé'-drass], ville du Portugal, sur le Sizandro, à 55 kil. N.-iN.-O. de Lisbonne; 32,269 hah On donne son nom aux lignes de défense établies par Wellington en 1810. sur une chaîne de hauteurs dans le voisinage, et d'où il tint en échec l'armée de Masséna.

TORRICELLI (Evangelistâ) [tor-ri-tchél'li], mathématicien italien, né en 1608, mort en 1647. 11 succéda à Galilée comme professeur de mathématiques à Florence. Sa grande déciiuverte est celle du baromètre. 11 publia Opéra Geometricu (1644).

* TORRIDE adj. f. [tor'-ri-] (lat. torridus Brûlant, excessivement chaud. N'est usité que dans cette locution, Zone torrioe, portion de la terre ou du ciel qui est entre les deu.x tropiques : les habitants de la zone torridc ont le svlett à plomb sur leurs têtes deux fois l'année.

TORRIDIEN. lENNE adj. Qui appartient:

qui a rapport à la zone torride.

•TORS, ORSE adj. [tor] (lat. torsus). Qui est tordu, ou qui paraît l'être. — Fig. etfam. Un cou tors, un hypocrite.

" TORSADE s. f. Frange tordue en spirale, qu'on emploie pour orner les tentures, rideaux et les draperies. — Se dit aussi de certains ornements d'or ou d'argent tordus en forme de petits rouleaux, qui servent de marque distinctive pour les épauleltes des grades supérieurs : les épauleltes de capitaine sont à petites torsades, cJl s de colonel sont à grosses torsades.

' TORSE s. m. (ital. <orso). Sculpt. Figure tronquée, qui n'a qu'un corps sans tête, ou sans bras, ou sans jambes : le torse du Vatican. — Le tronc, le buste d'une statue entière, ou même d'une personne vivante : le torse de la Vénus de Milo est admirable.

TORSER V. a. Travailler en colonne torse, reniire lors.

* TOI^SION s. f. (lat. torsio). Action de tordre, et état de ce qui est tordu. S'emploie surtout dans le langage didactique. — B.v- LANCE DE TORSION DE CouLosiB, appareil de physique destiné à mesurer les moindres forces électriques. La balance de torsion se compose d'un til de cuivre jaune, suspendu par l'une de ses extrémités et tiré, à l'autre extrémité, par un poids qui met Une aiguille en mouvement. La déviation de celle aiguille marque le plus ou moius de torsion du (il métallique.

TORSÛIR s. m. Techn. Bille dont on se sert pour tordre les peaux.

TORT

TORSTENSON ^Lennart) [tor'-stenn-sonn], comte d'Ortala; général suédois de la guerre de Trente ans, né en 1603, mort en 1651. En 1612, il prit une part active au passage du Lech; mais il fut lait prisonnier, et les rigueurs de sa captivité détruisirent sa santé pour le reste de sa vie. Echangé, il fut rais à la tête d'un corps d'armée. En 1641, il succéda à Baner comme généralissime des armées suédoises en Allemagne, et en mai 16iî, il gagna une grande victoire à Schweidnilz. Après avoir réduit plusieursvilles en Moravie, il battit en retraite et mil le siège devant Leipzig. Le 23 oct. (nouveau style : 2 nov.) il infligea à l'archiduc Léopold une défaite signalée dans la plaine de Breitenfeld. Il conquit ensuite toute la Saxe, et traversa victorieusement la .Moravie. Le Danemark ayant conclu une alliance secrète avec l'empereur, Torstenson, vers la fin de 1643, entra aVec une surprenante rapidité dans le Holstein et conquit presque toute la péninsule danoise. En 1644, il battit Gallas; le -24 fév. 1645, il remporta la bataille de Jankau, et s'avança jusque sous les murs de Vienne. Là, ses alliés l'abandonnèrent; il se letira alors en Bohême, et en 1 646 ses infirmités l'obligèrent à céiler son commandement à Wrangel.

• TORT s. m. (lat. tortus). Ce qui est opposé à la justice et à la raison : lequel des deux a tortf

l'arilotinez. . . . envers vous je ressens tous mes ïor/i.

CoLLi^ u'Hableville. L'incoiistant , acteUi, se. ii. Nos amis ont grand tori, et tort qui se repose Sur de tels paresseux à servir ainsi lents.

La FosTiiNB. Liv. IV, fable 19.

— Mettre quelqu'un dans son tort, lui faire une offre, une proposition qu'il ne puisse refuser sans faire voir qu'il est déraisonnable ou injuste; avoir pour lui un procédé auquel il ait tort de ne pas répondre .faites-lui encore celte offre pour le mettre dans son tort. — Prov. Le mort a toujours tort, un homme mort ne pouvant plus se défendre, on rejette la faute de beaucoup de choses sur lui. On dit de même. Les AiisENTS ONT TORT. — Lésion, dommage qu'on soutire ou qu'on fait soulïrir : réparer le tort qu'on a fait. — A tort loc. adv. Sans raison, injustement : on l'accuse d tort et sans cause. — A tort età travers loc. adv Sans considération, sans discernement : il frappe à tort et à travers.

Le juge prétendait qu'à forf ei û travers. On ne saurait manquer, condamtiHiit un p.rvers, La Fo»Til^i..

— A tort et adroit loc. adv. Sans examiner si la chose e^t juste ou injuste : il veut ce qu'il veut, à tort et à droit. — A tort ou à droit, à tort ou à raison lue. adv. Avec droit ou saii? droit, avec ou sans raison valable ; o tort ou à droit, il se prétend lésé.

' TORTE adj. f. Voy. Tors.

• TORTELLE s. f. Plante. Voy. Vélar.

• TORTICOLIS s. m. Sorte de rhumatisme, ordinairement passager, qui fait qu'on ne peut tourner le cou sans douleur : torticolis fort douloureux. — Qui porte le cou de travers : cette attaque d apoplexie l'a rendu torticolis. — Se dit, fig., et fani., des faux dévots : ne vous fiez par à ces torticolis.

TORTlL s. ra. ftor-til](lat. tortilis. qui peiU se tordre). Blas. Sorte de lurbau blanc qui entoure les têtes de .Maure.

" TORTILLAGE s. m. Façon de s'exprimer confuse et embarrassée : que veut-il dire av e ce tortiUagel (Très fani.)

• TORTILLE s. f. [// mil.]. Se dit de petites allées étroites et tortueuses, qu'on pratique dans un bois, dans les taillis d'un jardin ou d'un parc, pour s'y promener a l'ombre : il y a dans ce parc de jolies tortilles. Quelquesuns disent aussi Tortillère.

■ TûRTILLEMENT s. m. AcUon de tortiller,

TORT

ou (5taf d'une chose torlillée : le tortillement des cables est une opération in nihle. — Se dit, fis-, et fani., des petits détours, des petites finesses qu'on cherche dans les affaires : Une faut point tant de tortillements.

• TORTILLER v. a. [// mil.] (du lat. tortus, tordu). Toi'dre à plusieurs tours. Ne se dit qu'en parlant des choses faciles à plier, comme le papier, la filasse, le ruban, etc. : tortiller du ruban, une corde, un cordon, du papier. — v. n. Chercher des détours, des subterfuges : cet homme ne fait que tortiller dans les affaires. — Fam. et par plaisant. Tortiller des hanches, marcher avec un mouvement, un lialancenient trop marqué des hanches. —Se tortiller v. pr. Se replier: voyez coyninc ce serpent se tortille.

• TORTILLÈRE s. f. Voy. Tortille.

' TORTILLONS, m. Coiffure d'une fille du bas peuple. — Se dit, par exl., d'une petite servante prise au village. (Vieux.)

TORTILLONNER v. a. Entortiller, embrouiller. — Techn. Soumettre à l'opération du tortillage.

; TORTIONNAIRE adj. ftor-si-o-]. Jurispr. Inique et violent. N'est puère usité que dans ces locutious : un emprisonnement injurieux et tortionnaire ; une exécution, une saisie, etc., injuste et tortionnaire. — Substantiv. Bourreau.

TORTIONNER v. a. (lat. torsio, torture). Interpréter d une façon violente : tortionner un texte.

' TORTIS s. m. (lat. torlus, tors). Assemblage de plusieurs fils de chanvre, de laine, de soie, etc., tordus ensemble. — Espèce de couronne ou de ijuirlande de fleurs : un tortis de fleurs. — Ulas. Fil de perles qui eptourela couronne des barons.

TORTOLA, la plus importante des îles anglaises du groupe de la Vierge dans les Indes occidentales; par 18» 24' lat. N. et 66» 52' long. 0. ; 4,0OH hab. Le sol est inégal et raontueux, en certains endroits, arrivant à une hauteur de plus de f.GOO pied. s Tortola, la ville principale, sur la côte N., possède un bon port. Exportations .'sucre, mélasse, rhum, minerai de cuivre. Le climat est malsain.

TORTOSE ;esp. Tortosa; anc. Dertosa». ville fortifiée d'Espagne, en Catalogne, surl'Ebre, à 72 kil. S.-0."de Tarragoné; 26,200 hab. Elle possède une cathédrale gothique et un séminaire. Tissus di; colon et ae laine, verre, poterie, cordages, cuirs, eau-de-vie, paniers. Il se fait par la rivière un considérable trafic. Près de la ville se trouvent des carrières de marbre précieux connu sous le nom de jaspe de Tortose. L'ordre militaire de la Hacha ou du Flambeau fut institue pour les femmes de Tortose en 1770, en reconnaissance du courage qu'elles avaient montré en défendant leur ville contre les Maures.

- TORTU, UE adj. Qui n'est pas droit, qui est de travers : cet homme est tout tortu, bossu, etc. — Fam. Le bois tortu, la vigne. — Fig. et fam. Avoir l esprit tortu, manquer de justesse dans l'esprit, voiries choses autrement qu'elles ne sont. On dit, dans le même sens. Faire des raisonnements tortds. — Adverbial. D'une manière tortue.

Puis-je autrement marctier que ne fait ma famille? Yeut-on que j'aille droit quaad oo y ^a tortu. La Fomàttîb.

• TORTUE s. f. (bas lat. tortuca; du lat. tortus, tordu). Erpét. Genre de reptiles, type des chéloniens, comprenant un grand nom bre d'espèces d'animaux à quatre pieds, dont la démarche est lente, et dont tout le corps, à la réserve de la tête, des pieds et de la queue, est couvert d'une grande enveloppe dure et le plus souvent garnie decaïUes : tortue de mer. — Fara. A pas de tortde, len-

TORT

tement : il va, il marche à pas de tortue. — Espèce d'abri ou de toit que les soldats formaient en tenant leurs boucliers au-dessus de leur tête, et en les serrant les uns contre les autres, pour être à couvert des traits de l'ennemi en approchant du pied des murailles d'une ville assiégée : les pierres et les traits lancés par tes assiégés tombaient et glissaient sur la tortue formée par les assiégeants. — Machine de guerre montée sur des roues et couverte, à l'abri de laquelle on pouvait s'avancer de même jusqu'au pied des murailles d'une ville assiégée : les travailleurs, couverts par la tortue, percèrent le mur. — Encycl. On distingue ordinairement les tortues terrestres, les tortues d'eau douce, ou fluviatiles, les tortues de mer, les tortues à gueule ou chélides et les tortues molles. — 1° Tortues de terre. Elles se distinguent, à première vue, par une carapace très bombée. L'espèce la plus commune en Europe est la tortues de Grèce (testudo grœca), longue de 28 à 30 centim., à écailles relevées, tachetées de noir et de jaune par des marbrures. Elle se nourrit de feuilles, de fruits et d'insectes, passe l'hiver dans un trou, pond 4 ou 5 œufs semblables à ceux du pigeon, et produit le fameux bouillon de tortue, rccnerché des gourmets. On trouve au sud de l'Afrique, la tortue géométrique {testudo géometrica). longue de \'6 ccnlim., a carapace noire. — 2° Tortues d'eau douce. Dien que quelques tortues passent presque toute leur vie dans l'eau douce, il n'eu est pas qui soient entièrement aquatiques ni qui puissent nager sans appui pendant de grandes dislances; lorsqu'elles sont dans l'eau, elles lestenl d'ordinaire au fond, et ne nagent guère que lorsqu'elles sont ellrayées ou qu'elles cherchent à gagner terre. Leur locomotion est une sorte de marche; le poids du corps est à peu près également distribué entre les membres antérieurs et les postérieurs, et les mouvements de chaque paire se font alternativement. La carapace est plus symétrique chez ces espèces que chez les tortues de mer; les pattes sont toujours distinctes des jambes autour desquelles elles se meuvent; les doigts sont ou séparés et courts, uu rétinis par une membrane susceptible d'extension et de contraction. D'ordinaire, les membres peuvent se ramener sous la carapace, ainsi que la tète, au moins en partie. L'espèce européenne, la. cistude d'Europe [testudo orbicularis), longue de 2o centim., a la carapace noirâtre, semée de points jaunâtres, dispobes en rayons; elle se nourrit d'herbes, d'insectes et ue petits poissons, qu'elle prend dans la vase, d'où son nom de tortue bourbeuse. On mange sa chair. Elle se trouve dans l'Orient de l'Europe. Chez la tortue de Pennsylvanie (thyrosternum Feiinsylvanicum, Ag.l les mâchoires sont fortes et tranchantes, la gueule est longue et étroite; les parties antérieure et postérieure du sternum sont mobiles sur la pièce centrale; elle est d'un brun sombre en dessus, d'un brun noir foncé ou jaunâtre en dessous; sa gorge et le dessous de sa gueule sont d'un jaune sale; elle a d'ordinaire lOcentim. de long, près de 8 centim. de large et 3 centim. de haut. Elle se trouve depuis la Pennsylvanie jusqu'à la Floride, et à i'O. de la vailée du Alississipi; elle fourmille dans les étangs vaseux, se nourrissant de petits poissons, d'insectes et de larves aquatiques; elle lait le désespoir des pêcheurs à la ligne dont elle dévore les appâts. Elle a une légère odeur de musc, mais moins que la tortue musquée {ozotheca odorata, Agass.), qui se trouve depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu à la Floride. La tortue peinte {chrysemys pivta, Gray) se reconnaît a la bordure jaune de ses plaques dorsales noires, aux taches et aux lignes d'un rouge de sang qui marquent les plaques latérales, les membres et la partie inierieure de la queue, et à son sternum d'un jauno d'or. On

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