‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 460 sur 639 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

qui est toujours le 1"' iiùvembre : on l'attend à ta Toussaint.

TOUSSAINT (François -Dominique), suinomraé Louvehtirk. central haïtien, né à Bréda près du t)ap , Saint-Dominguei en 1743, mort le 27 avril 1803. 11 descendait .l'un père et d'une mère esclaves, et de pur sans: nèpre. En 1791, après avoir assuré la fuite de son maître et de sa famille, il rejoignit l'armée noire. Elu brigadier-général, il fit prisonnière l'armée toute entière de Braudicourt, le général blanc, sans qu'il y eût de sang versé, et occupa les Gonaîves et d'autres localités. Les Anglais, ayant envahi l'île en 1793, prirent Port-au-Prince, tandis qiielesFiançais,les Espagnols, les mulâtres elles noirs étaient tous en train de s'entre-déchirer. Toussaint, qui était le véritable commandant en chef des noirs, fit alors hommage à la France, qui avait déclaré Haïti partie intégrante de la république, et qui avait émancipé les esclaves. Il défendit avec tant de succès sa politique de tous les côtés à la fois que Laveaux, le commandant français, s'écria : « Mais cet homme fait ouverture par tout >>; de là le surnom donné à Toussaint. 11 chassa les Anglais de presque toutes leurs fortes positions, prit 2S batteries espagnoles en 4 jours, maintint une longue ligne de défense contre les alliés qui avaient des forces doubles des siennes, secourut Laveaux, et finit par obtenir la capitulation de toutes les troupes anglaises assiégées dans Saint-.Marc (1797); tandis que les Espagnols abandonnaient l'espoir de conquérir la partie occidentale de l'Ile, Toussaint, qui avait été nommé commandant en chef par le commissaire français, Sonthonax, rétablit bientôt l'ordre. Rigaud, chef des mulâtres, serait à la tête d'une insurrection contre lui, et pendant l'année 1799, la guerre civile sévit entre les mulâtres et les noirs. Toussaint s'empara de Jacmel, étoulTa l'insurrection, et en 1800 prit en main le gouvernement sous la suzeraineté de la France. Dès le début de son administration, il choisit un conseil de 9 membres, tous propriétaires blancs, à l'exception d'un mulâtre. Ce conseil rédigea une constitution par laquelle il était nommé président a vie, et qui établissait le libre-échange. Il envoya cette constitution avec une lettre à Bonaparte, alors premier consul, qui déclara que c'était un esclave révolté, qu'on devait le punir, et que l'honneur de la France était outragé. Une loi fut portée, rétablissant les colonies françaises dans la condition où elles étaient avant 1789. Un décret postérieur, rendu par Bonaparte, ex( -ptait Haïti, mais seulement temporairement. Le général Leclerc arriva sur la côte d'Haïti en janv. 1802, avec 33,000 hommes et 66 vaisseaux, pour soumettre l'île. Sans déclaration de guerre, il tenta d'entrer dans le Cap-Français; Christophe, qui y commandait, mit le feu à la ville. Une lutte sanglante s'engagea, le tiers des soldats français furent tues ou blessés; ils se rendirent maîtres des ports, il est vrai ; mais les noirs, inexpugnables dans les forêts de leurs montagnes, les détruisirent en détail. Leclerc acheta Christophe et ceux à qui il commandait^ entre autres Dessalines, et offrit de respecter la liberté delà population et de laisser le gouvernement entre les mains de Toussaint, à condition quelui, Leclerc, occuperait le poste de délégué de la France à côté de Toussaint. Un traitéde paix fut conclu le 1"mai, après lequel Toussaint se retira de la vie publique. Obéissant aux instructions de Leclerc, le général Brunel lui envoya le 7 juin une lettre conçue en termes cordiaux, et demandant une entrevue. Toussaint vint aux GonaÎTes et fut traîtreusement saisi et embarqué à bord d'une frégate. En France, on le confina dans ie fort de Joux, où U eut à supporter de grandes rigueurs, demandant

toujours, mais en vain, à être jugé. A la lin, comme on I avait laissé 4 jouis sans boire ni

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