HAMA
bas ventre;. Ir.ht. Genre d'acanthoptérygiens ténioïdes, comprenant plusieurs espèces de poissons en ruban, parés de brillantes couleurs et qui habitent les plus grandes profondeurs des océans, d'où ils ne sonlsoulev*-
Poisson ruban de la Méditerranée (Gyronetrus gladius).
que par une succession de tempêtes ; ils sont alors souvent mutilés. L'espèce la plus connu" est le poisson ruban de la Méditerranée gymnetrus gladius, ValJ, Ions de 2 m. à 2 in. 60.
GYNÉCOLOGIE s. f. (du gr. gunaikeios, de femme ; logos , discours). Discours sur la femme.
HALONÈSE |L'), gr. Alonesos, île de la mei Egée, sur la côte de Thessalie, à l'E. de Scopelos. La possession de cette île occasionna de vives discussions entre Philippe de Macédoine et les Athéniens. On possède à ce sujet un discours antimacédonien, que l'on attribue à Démosthène, mais qui fut peut-être composé par Hégésippe.
* HAMADA, pi. Hamad s. f. (arabe : lieu brûlé et sans végétation). S'applique parlicul. aux plateaux pierreux du Sahara, de l'Arabie septentrionale et du désert de Syrie. Parlant des hamad de Syrie, aussi appelées Badiat-ech- Cham ou Châl, Elisée Reclus dit : « Pourtant une grande partie de cette contrée n'est qu'une steppe où les Bédouins nomades trouvent de l'herbe en abondance pour leurs troupeaux ; mais il est aussi des régions des hamad, même en dehors des districts de laves, qui sont entièrement couverts de pierres : ici, ce sont des cailloux comme ceux d'une grève; ailleurs, le sol est pavé de fragments, granit, grès, silex, calcaires, unis par une espèce de mortier... » Dans le Sahara, les hamad sont des plateaux pierreux, brûlés et sans végétation. Quelques-uns de ces plateaux sont formés de molasse jaune ou grès saharien dont les particules, désagrégées par les agents atmosphériques et charriées ensuite par les vents, vont former, dans toutes les parties basses et humides du Sahara, les dunes comprises dans la région de YErg. (Voy. ce mot.) D'autres parties des hamad sont couvertes, sur des étendues plus ou moins considérables, d'une carapace siliceuse ou de pierres noires ferrugineuses, qui préserve les roches inférieures de la désagrégation ; les parties non protégées se désagent et se creusent, les autres demeurent debout au milieu de la plaine usée et, lorsqu'elles sont d'une faible étendue, forment de loin en loin ces masses rocheuses isolées connues sous le nom de gour, sing. gara. (Voy. ce mot.) M. le général de Colomb décrit ainsi la partie des hamad qui s'étend entre les Mzab et le pays d'Ouargla : « On y marche constamment, dit-il, sur des cailloux d une furme particulière, noirs, aux angles aigus, aux arêtes tranchantes. Toute végétation a cessé, excepté dans les lits des ravins, où l'on trouve quelques plantes de chihh. Sur les pentes et sur les plateaux, il n'y a rien absolument que la pierre noire qui coupe les pieds des chevaux et meurtrit ceux des chameaux. » Le voyageur Largeau donne la même descj plion des, hamad au milieu desquels serpente la partie inférieure du 11 uve nharghar. Le même, parlant de la hamada qui s'étend, a partir de Rhadanaès, da direction de Hliât, s'exprime ainsi : « A II. et au S.-E. (de la ville) se prolonge le Plateau
HEGE
Rouge, la Hamadat el Hhômru, parsemée de gour qui se suivent au loin comme de longues murailles. La calotte de ces gour est formée de blocs de grès dur recouvrant des roches gypso-calcaires. Si l'on parcourt cette plaine, on la trouve çà et là semée de pierres plates, noires, rendant sous le choc un son métallique comme celui du fer. Ces pierres, le plus souvent disposées en longues lignes, sont les débris d'anciens gour qui ont euxmêmes disparu, rongés lentement sur les tlanes par les vents du S.-E.; la marne disparait presque partout sous des rognons de grès rouge ou noir, ou de grès saharien poreux, ou de lamelles de gypse, restes de deux couches sédimentaires que les vents ont balayées. C'est de l'aspect rouge sombre qu'elle doit à ces débris que tira son nom cette plaine infinie d'où la vie s'est retirée.» 'HATTO, archevêque de Mayeuce au xe siècle. Suivant la tradition, il fut dévoré pardessouri=danslescirconstancessuivantes:
Pendant une famine, voulant épargner les provisions des riches, il assembla les pauvres dans une grange et les y fit brûler vifs en disant : « Ils sont comme les souris, bons
Tour des Souris de Hatto.
seulement à dévorer le blé ». Aussitôt après la mort de ces malheureux, des milliers de souris poursuivirent le prélat dans une tour, située sur le bord du Rhin et l'y rongèrent jusqu'aux os. On montre, près de Mayence, la Tour des Souris de Hatto; mais, par son architecture, elle parait dater d'une époque bien postérieure.
HAUSSONVILLE (Joseph-Othenin-Bernard de Cléron, comte d'), littérateur et homme politique, né à Paris le 27 mai 1809, mort le 28 mai 1 884. Fils d'un pair de France, il entra, dès sa jeunesse, au ministère des alt'aires étrangères, fut successivement secrétaire d'ambassade à Bruxelles, àTurin et à Naples, député de Provins (1842 et 1846) et se livra à des travaux littéraires historiques qui le firent élire académicien (29 avril 1869). Chargé de recevoir, le11 févr.1875, M. Alexandre Dumas fils à l'Académie, il prononça un discours mordant, plein de finesse et d'esprit, qui fut extrêmement remarqué. M. d'Haussonville a laissé divers articles publiés dans la Revue des Deux-Mondes, dans le Courrier du Dimanche et dans d'autres recueils périodiques; Histoire de la politique extérieure du gouvernement français de 1830 à 1848 (1850, 2 vol. in-8"); Histoire delà réunion de la lorraine à la France (I8o4-'o9, 4 vol. in-8°); Lettre nii.i eori ! généraux (1839); Lettre aux bâtonniers des \eats (1860); Lettre au Sénat
(1860 ; .1/. de UaVOtir et la crise italienne
(1862); La France et ta Prusse devant l'Europe (1871 ,etc.
HÉGÉSIPPE, orateur athénien, contemporain de Démosthène, au parti politique duquel il appartenait. On lui attribue aujourd'hui le dise 's sur YHalmie.se, qui nous
est parvenu comme appartenant u Démosthène.
HUGO
HÉR0 ETLÉANDRE. poème de Musée. Voy.
Musée dans le Dictionnaire.
HÉTÉR0N0MIE s. f. (gr. heteros , autre; nomos, loi). Philos. Puissance des lois naturelles, exercée sur notre âme, dans le système de Kant.
H0LÈTRES s. m. pi. (gr. holos, entier; etrion, fil, tissu). Arachn. Famille d'arachnides trachéennes, caractérisée par le thorax et l'abdomen réunis en une seule masse. Cette famille comprend les deux tribus des phalangiens et des acarides.
H0LLARD (Henri), médecin suisse, né à Lausanne en 1801, mort à Neuilly, près de Paris, en 1866. Après avoir terminé ses études médicalesà Paris(1824), il retourna en Suisse, devint plus tard suppléant de Blainville , puis professeur d'histoire naturelle à la faculté de Poitiers (1854). Il a laissé : Manuel d'anatomie générale (1827); Précis d'anatomie comparée (1835, in-8o); Nouveaux éléments de zoologie (1839, in-S°) ; Philosophie de la nature (1842); Elude delanature (1843, 4vol. iu-12); Cours d'histoire naturelle (1834); De l'homme et des races humaines (1833), ouvrage dans lequel il s'efforce de mettre la science d'accord avec la Genèse.
HUGO (Victor-Marie) comte, le plus illustre des poètes français contemporains, né à Besançon le 26 f'évr. 1802, mort à Paris le 22 mai 1885. Son père, fils d'un menuisier de Nancy, s'était engagé au commencement de la Révolution, était devenu officier et avait épousé une Vendéenne très royaliste, dont il eut Abel (voy. Hugo dans le Dictionnaire), Eugène, poète, né vers 1801, mort à la maison de Charenton en 1837, et enfin Victor, le plus célèbre delà famille. Le grand poète a dressé lui-même son acte de naissance :
Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte ;
Et du premier consul déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors, dans Besançon, vieille ville espagnole,
.leté comme la graine au gré de l'air qui vole,
.Naquit, d'un sang breton et lorrain à ta fois.
lin enfant sans vouloir, sans regard et sans voix.
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonne de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou, ployé comme un faible roseau,
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant, que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas moins un lendemain à vivre,
C'est moi.
Son enfance se passa à suivre son père de garnison en garnison; il habita successivement l'ile d'Elbe, la Corse, la Suisse, l'Italie, où la défaite de Fra Diavolo valut à son père les épauleltes de colonel. En 1809, MmeHugo se fixa au faubourg Saint-Jacques, impasse des Feuillantines, et ses enfants y reçurent les leçons du général proscrit Lahorie. C'est là que Victor connut la jeune fille qui devait être un jour sa femme. En 1811, les jeunes Hugo allèrent rejoindre leur père à Madrid, où Victor entra au séminaire des Nobles; mais, en 1812, Mmc Hugo l'arracha aux dangers de la situation en le l'amenant aux Feuillantines, pour leiminerson éducation. Après la séparation formelle de ses parents (1815), il resta entièrement sous la direction de son père, qui, ayant conquis le titre de comte à la pointe de l'épée et ne concevant d'autre carrière que celle des armes, le fil entrer à l'Ecole polytechnique. Tout en étudiant les mathématiques, le jeune élèvese livrait à sa passion pour la poésie, et, dès 1817, sa fiàvi t'iiM' acj ivité lui avait lait produire un petit poème ej la tragédie d'biamêne, d'après les modèles classiques. Sun pèr.e finit par ne plus mettre obstacle à sa vocation. Mais les débuts du futur grand homme lurent entourés des rajser.es qui accompagnent ordinairer menl ceux des poètes. Le pain sec et 1 l au fraîche composèrent plus d'une lois son repas.. Quelques vers royalistes lui valurent une pension de 1,500 iï. que Louis XV11I doubla
HUGO
dès qu'il apprit que le poète n'attendait qu'un peu d'aisance pour épouser M"'' Adèl - Foueher, son amie d'enfance. A l'âge de 22 ans, Victor Hugo avait été trois fois lauréat des Jeux floraux de Toulouse, pour trois odes dignes d'attirer sur lui l'attention du public, alors peu nombreux, qui s'intéressait aux progrès poétiques. La lecture des Méditations de Lamartine ayant fortifié sa vocation, il se mit à l'œuvre et termina, en 1822, son premier volume d'Odes, qui établit du premier coup sa réputation comme poète original, et le fit baptiser l'enfant sublime par Chateaubriand. Sa publication suivante, Hun d'Islande (1823), le plaça à la tête de ce que l'on appelait le cénacle, réunion de jeunes gens, parmi lesquels on distinguait Sainte- Beuve, Emile et Anthony Deschamps, Louis Boulanger, Alfred de Vigny, etc. Quoique légitimiste et conservateur, au point de vue politique, Victor Hugo rompait en visière avec les méthodes littéraires qui régnaient depuis deux siècles; il se langeait avec l'école romantique dont il était le chef, bien qu'il n'en fût pas le créateur. Dug-Jargal (1826), son second volume des Odes, suivi des Ballades (1826), tracèrent le petit sillon qu'il devait creuser au point d'en faire un large fossé entre les deux systèmes. La déclaration de guerre fut Cromwell, pièce non destinée à la scène, mais dont la préface devint le programme de la nouvelle école (1827), qui ne s.' gênait pas, dit-on, pour traiter Racine de « polisson ». L'étincelante collection de poèmes lyriques intitulée Orientales vit le jour en 1828. Lesclassiques crièrent à l'hérésie et firent ressortir le clinquant qui miroite dans cette verroterie en rimes. Le Dernier jour d'un Condamné (1 829) est la plus éloquente et la plus émouvante des plaidoiries en faveur de l'abolition de la peine de mort. C'est vers cette époque que fut écrit le drame en vers, Marion Delonne, premier chef-d'œuvre théâtral de Victor Hugo; la censure en retarda la représentation, à cause d'un vers sur Richelieu. Hernani, autre pièce, écrite en 1829, et représentée au Théâtre-Français le 25 février 1825, donna lieu à des scènes tumultueuses. Ce que les fanatiques y applaudirent, ce ne furent pas les beaux vers dont elle est parsemée; ils y admirèrent et y accentuèrent à coups de poing les défauts d'unité, tant pour l'action que pour le temps et le lieu. Dans Notre-Dame de Paris (1831), dont la première édition lui fut payée cent mille francs, le maître donna le modèle d'un roman que l'on n'a jamais pu égaler, ni même approcher. Les Feuilles d'automne, fruits d'un génie arrivé à sa maturité, frappèrent un coup hardi et solide, capable de réveiller le public le plus indolent. Mais son grand triomphe fut le Roi s'amuse, chefd'œuvre et modèle inimitable du drame, où Shakespeare est surpassé, parce que l'auteur, abandonnant ses errements relatifs aux trois unités, ne cherche plus à se faire un titre de les violer et se contente de mélanger, dans ses scènes, le comique au tragique. Pour des raisons indépendantes de la littérature, ce drame, digne d'être mis en parallèle avec la tragédie du Cid, ne put avoir qu'une représentation (Théâtre-Français, 22 nov. 1832); la censure l'interdit le lendemain. Ensuite vinrent : Littérature et philosophie mêlées (1834); Claude Gueux (1834); Les Chants du Crépuscule (ISSU), les Voix intérieures (1837), les Rayons et les Ombres (1840); le Rhin. Souvenirs de voyage (1842); et les drames : Lucrèce Borgiael Marie Tudor ( Porte Saint-Martin, 1838), Angélo (Théâtre-Français, I835), Ruy blas (Porte Saint-Martin. 1838). Victor Hugo frappa inutilement aux portes de l'Académie française en 1840 (voy. Cacophonie); elles obéirent à l'impulsion du sentiment public lorsqu'elless'ouvrirentspontanemenl,en 1 84 1 , pour laisser entrer cette gloire nationale.
HUGO
Depuis longtemps, le maître avait adopté en politique ce que l'on appelait les idées libérales : mélange de républicanisme obscur et de bonapartisme inconscient. Il avait chanté, en strophes sublimes, la gloire éphémère du premier Empiré, dans son Odr a la colonne et dans Napoléon. Créé pair de France en 1845, il supplia, dans une éloquente plaidoirie, la Chambre haute de rapporter les lois d'exil contre la famille Bonaparte. L'incohérence de son libéralisme se fit jour après 1848. Elu à Paris, comme candidat réactionnaire, il siégea d'abord à droite et fit partie du comité de la rue de Poitiers, tout en s'assoeiant quelquefois aux votes de la gauche. Il acclama la rentrée du prince Louis-Napoléon, mais il se sépara bruyamment des bonapartistes, quand il eut pénétré leurs intentions. Il passa ensuite décidément à gauche et fonda le journal l' Evénement (1er août 1848), où il laissa percer son ambition, en posant sa candidature a la présidence, non comme grand politique, mais comme grand poète, parce qu'un poète seul, disait-il, pouvait « refaire le monde à l'image de Dieu ». Déçu, il se fit, à la Législative, le chef et l'orateur delà gauche démocratique et sociale, et combattit énergiquement toutes les mesures préparatoires à l'étranglement de la République : expédition de Home , cautionnement et timbre des journaux, loi de Falloux contre l'enseignement, mutilation du suffrage universel; sa voix vibrante, quelquefois véhémente, se fit entendre, à chaque instant, au milieu des sarcasmes de ses anciens amis de la droite, qui ne se faisaient pas faute de lui rappeler son passé. Sa violente opposition à la politique de l'Elysée amena la suppression du journal l'Evénement, qu'il remplaça par V Avènement. Lors du coup d'Etat de Décembre, il essaya d'organiser la résistance et prit le chemin de l'exil. Retiré à Jersey, il y écrivit deux sanglants pamphlets antibonapartistes : Napoléon le Petit (Bruxelles, 1852), et les Cliâdmenls (Bruxelles, 1853). A la suite de ces publications, les habitants de Jersey prièrent le poète d'avoir à évacuer leur île; il se relira donc, en 1853, à Guernesey, où il résida jusqu'à la chute du second Empire, refusant constamment de profiter des amnisties qui lui ouvraient les portes de la France. On connaît le célèbre quatrain dans lequel il renouvela le serment de ne rentrer in France que lorsque « le droit y rentrerail » :
S'il n'en reste que mille, eh bien? j'en suis quand même. S'il n'en reste que cent, je brave encor Sylla; S il n'en reste que dix, je serai le dixième, Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là.
Pendant son exil, Victor Hugo publia : les Contemplations (1856), collection de poèmes dont la plupart avaient été écrits avant 1848; la Légende des siècles (18591, suite de poèmes, la plupart épiques, dont deux ou trois sont considérés comme des chefs-d'œuvre; les Misérables (1862, 6 vol, in-8°), vaste roman, où le puissant écrivain établit mille antithèses des inégalités sociales; Shakespeare (1864), l'une de ses œuvres les moins connues, où fourmillent ces métaphores frappantes et hardies, qui donnent au style de Victor Hugo son riche et brillant coloris; les Chansons des rues et des bois (I865); les Travailleurs de la mer (1 866), roman plein d'émotion et d'antithèses, où il crée un monstre marin imaginaire qu'il nomme la pieuvre; l'Homme qui rit (1869), débauche d'imagination, dont le principal personnage, type exagéré, déplut et n'obtint aucun succès. Rentré à Paris après la révolution du Qualre-Septembre, qu'il avait préparée eu participant à la publication du Rappel, Victor Hugo, vieillard vénérable et inoffensif, s'associa à la défense de la capitale en donnant deux canons aux défenseurs et en coiffant le képi de garde