INTÉ
national, manifestation patriotique qui eut le don de provoquer une sortie de M.Trochu. Lors des élections du 8 fév. 1S71, Victor Hugo sortit le second du scrutin parisien. Outragé à Bordeaux, il se démit lorsqu'il eut voté contre les préliminaire- de paix. Peu de jours après, il avait la douleur de perdre son fils, Charles, frappé d'une congestion cérébrale (13 mars). Déjà, depuis longtemps, d'amers chagrins avaient pénétré dans sa famille. Mmo Victor Hugo s'était retirée à Auteuil, où elle mourut dans la solitude; Mme Vacquerie, qui avait remplacé sa mère au foyer domestique, s'était noyée au Havre en 1843, pendant une joyeuse promenade qu'elle faisait en mer avec Charles Vaquerie, son mari; une autre fille de Victor Hugo avait suivi, dans l'Inde, un officier anglais, après la mort de qui elle était revenue folle. Il ne restait plus au vieillard que son fils François-Victor, qui mourut en 1873, et ses deux petits-enfants, Jeanne el Georges, nés de l'un de ses fils. Ne se trouvant plus en sécurité à Paris, après la victoire des troupes de Versailles, il se retira à Bruxelles, où il offrit aux réfugiés l'abri de sa propre maison. Pendant la nuit suivante, son domicile fut l'objet d'un attentat sauvage de la part d'une foule fanatique, et le ministère belge l'expulsa. 11 ne tarda pas à rentrer à Paris, où il donna, en 1872, l'Année terrible, peinture des maux de la France. Il posa inutilement sa candidature à Paris, le 7 juin 1872; les électeurs lui préfèrent l'inconnu Vautrain. 11 publia ensuite : Quatre-vingt-treize (1874), ouvrage relatif aux guerres de Vendée, et donnant des portraits énergiquement tracés de Robespierre, Danton et Alarat; Actes et Paroles (1875-'76, 3 vol. in-8°), recueil des discours qu'il avait prononcés avant, pendant et après son exil; c'est, en quelque sorte, l'histoire du poète en tant qu'homme public. Elu délégué sénatorial de Paris en janvier
1876, il fut, le 30 du même mois, nommé sénateur, au second tour de scrutin. Le 22 mai suivant, il lut au Sénat une proposition d'amnistie pleine et entière; personne ne se donna la peine de lui répondre, et son projet fut repoussé sans phrases, presque à l'unanimité. Reprenant la plume, il donna, coup sur coup, la seconde partie de la Légende des siècles (1877, 2 vol. in-8"), recueil de poèmes dans lesquels il s'élève à des hauteurs où tous les lecteurs ne peuvent le suivre; et l'Art d'être grand-père (mai 1877), poème où, vieillard affectueux et attendri, il semblait bercer, à la cadence de ses vers, ses deux petits-enfants, ses chers orphelins, Jeanne et Georges; puis l'Histoire d'un Crime (sept.
1877, 2 vol.), véhémente apostrophe à l'Empire, où il raconte, comme prologue, les événements du coup d'Etat du 2 Décembre, el où il flagelle, comme épilogue, la capitulation de Sedan; il fut question de le poursuivre, relativement à ce livre à sensation, comme inculpé d'exciter à la haine et au mépris de l'armée. — Les dernières années de ce puissant génie s'écoulèi ent au milieu de la vénération publique. Le jour de sa mort fut considéré comme un jour de deuil national. Ses restes reçurent des honneurs presque divins : après avoir été déposés sous l'Arc de triomphe, ils furent transportés, au milieu d'une aftluence énorme, sous la voûte duPanthéon, temple catholique désaffecté à cette occasion. — La dernière édition des œuvres complètes de Victor Hugo est celle de 1875 (20 vol.). Elle comprend, outre les ouvrages déjà cités, Amy Robsart (drame écrit avec Ancelot),la Esmeralda (opéra en 4 actes), etc.
HYDRIQUE adj. (du gr. hudôr, eau). Chim. Se dit des combinaisons de 1 hydrogène avec un corps simple ou halogène.
INTÉRÊT. — Législ. « Ainsi que nous le faisions pressentir en terminant l'article de