‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 167 sur 503 · DEÇA · texte numérisé non relu

DEÇA

il prélève sur la masse une somme convenue, qui est proportionnée à l'importance des mises. Chaque fois qufun joueur ne fait pas rafle, il verse à la masse une amende fixée d'avance. Le jeu continue ainsi jusqu'à ce que le fonds des mises, augmenté des amendes, soit entièrement épuisé.

DECADENT, ENTE adj. Néol. Qui tient de la décadence ; qui se rapporte à la décadence.

DÉCALCOMANIE. — Encycl. Ainsi que la potichomanie, la décalcomanie est un art décoratif de société qui a été inventé récemment, et qui, après avoir joui d'une grande vogue, a considérablement baissé dans la faveur du public. La décalcomanie présente sur la potichomanie l'avantage de ne pas exiger une grande habileté et de s'appliquer à tous les objets de bois, de verre, de terre, de cire, de soie, etc., de sorte qu'elle permet de décorer une assiette comme un verre à boire, une bougie comme une lampe en verre.

Toute l'opération consiste à coller sur l'objet un dessin colorié qui y laisse ses couleurs. La manière d'agir est très simple. On achète une feuille fabriquée exprès, sur laquelle sont imprimés en couleur différents sujets tels Que fleurs, oiseaux, chimères, dessins bizarres et quelquefois des hommes, des groupes ou des scènes historiques. On découpe ces sujets, on les trempe pendant quelques instants dans l'eau froide et on les porte délicatement sur l'objet à décorer: pressepapier, bougie, assiette, tasse à café, soucoupe, écritoire, etc. On fait adhérer exactement la couleur à l'objet et l'on soulève le papier en saisissant avec les ongles du pouce et de l'index la petite marge blanche que l'on a eu soin de laisser autour du dessin. Le papier se sépare de la couleur qui reste adhérente à l'objet et qui s'y attache assez fortement pour résister aux lavages à l'eau froide. La décalcomanie fut inventée à Paris vers 1800 : ellle ne tarda pas à se répandre dans toute l'Europe.

DÉCAPITATIONS (Jeux);. Nous avons en français une foule de mots qui forment d'autres mots de différentes significations quand on enlève leur première lettre ou leur première syllabe : amer, décapité d'une lettre, fait mer ; orage, décapité d'une lettre, produit rage; diminué de deux lettres, il fait âge; carlin, décapité de trois lettres, donne lin, etc. La personne qui saura tirer parti de cette propriété des mots, en proposant des énigmes en prose, ou mieux en vers, est assurée d'obtenir un grand succès et d'amuser une nombreuse société qui lui sera très obligée de lui avoir procuré un agréable passe-temps.

Comme exemple de décapitation, nous ne pouvons mieux faire que de citer les vers suivants:

Je suis fort triste avec ma tête, Et souvent fort gai sans ma tète.

Je te détruis avec ma tète.

On me fait tous les jours sans tète Et qu'une fois avec ma tête.

Dans ces sortes de jeux, ou donne le nom de tête à la première lettre d'un mot. Ici, le mot entier est trépas ; décapité, il fait repas.

Je brille avec six pieds; avec cinq je te couvre.

Pied est synonyme de lettre. La réponse est étoile, toile.

Par cinq pieds L'on se quitte et par quatre on m'adore.

Réponse : Adieu, Dieu.

DECAZES (Louis - Charles - Elie - Amanien , duc), homme politique, né à Paris, le 29 mai 1819, mort le 16 septembre 1886. Fils du favori de Louis XVIII, il avait sa place marquée dans les agréables sinécures de la diplomatie. 11 débuta par un secrétariat d'ambassade à Londres et fut ensuite nommé, sous le ministère Guizot, plénipotentiaire près des cours d'Espagne et de Portugal. En 1846, à la suite

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d'on ne sait quels services secrets, le roi de Danemark lui conféra le titre de duc de Glûcksberg. La révolution de 1848 le fît sortir de la vie politique ; il essaya vainement d'y rentrer sous l'Empire; les électeurs de la Gironde lui refusèrent tout mandat législatif, en 1863 et en 1869. Mais en 1871, dans un moment d'affolement, ils l'élurent, le 8 février, sur ses déclaration républicaines. Il siégea au centre droit, parmi le groupe orléaniste. Il vota pour les préliminaires de paii qui jetaient la France, trahie plutôt que vaincue, aux pieds d'un impitoyable envahisseur; pour l'extermination des républicains de Paris ; pour la rentrée des Bourbons et des princes d'Orléans ; pour les prières publiques. En 1872, il reçut dans son château, près de Coutras, le comte de Paris et les notabilités orléanistes; il organisa la conspiration qui devait ramener la monarchie. Il triompha nn instant, au 24 mai 1873, fut nommé ambassadeur à Londres et ministre des affaires étrangères le 2ô novembre suivant. Il vota la Constitution du 25 février 1875 et conserva son portefeuille. Une nouvelle évolution vers la République le fit élire à Paris (VIIIe arrondissement), contre le bonapartiste Raoul Duval,le 5 mars 1876. Mais aussitôt à la nouvelle Assemblée, il redevint lui-même et conserva son portefeuille dans le ministère réactionnaire de Broglie-Fourtou. Après le coup d'Etat du 16 mai 1877, il n'osa plus se présenter à Paris et se fit élire dans l'arrondissement de Puget-Théniers. Dès l'ouverture des Chambres, accablé de son impopularité, il donna sa démission de ministre des affaires étrangères. Il disparut de la vie politique avec le maréchal de Mac-Mahon.

DÉCEMBRE. — {Calendrier horticole). Dans ce mois, il n'y a plus ni verdure, sauf celle des arbres toujours verts, ni fleurs, excepté peut-être, en des endroits bien abrités, la rose de Noël et la violette. Les travaux se bornent presque, au dehors, à des soins d'entretien et de propreté, et, dans les appartements, à ceux que nous avons déjà indiqués pour les autres mois d'hiver, en redoublant encore de précautions ei de régularité. Les jacinthes et les tulipes commencent à donner soit sous châssis, soit dans l'appartement. Au jardin, on met en place la saxifrage de Sibérie, dont le nom dit assez les dispositions à résister aux froids de l'hiver et, dans les lieux abrités, le tussilage d'hiver, et l'on multiplie les touffes de perce-neige et d'ellébore dans le parterre. Cela, avec la tonte des palissades, î'élagage des arbres qui bordent les allées, constitue à peu près tout ce qui peut être utilement fait au jardin pendant le mois de décembre. On peut toutefois procéder à la taille des rosiers, mais à la condition qu'il ne gèle pas. On comprend qu'il ne puisse être question de semis à cette époque de l'année. Quelques graines, favorisées par une humidité passagère, pourraient certainement réussir, c'est-à-dire germer; mais alors, ce serait au jeune plant que les gelées s'en prendraient et elles les détruiraient infailliblement.

DECIDD, DE adj. (lat. deciduus, qui tombe.) Bot. Se dit d'un organe qui tombe peu après so n apparition : calice ,dècidu, feuille décidue. — Se dit par opposition à persistant. — Décidu n'est pas synonyme de caduc, qui se dit des organes qui tombent de bonne heure en se désarticulant à la base.

DÉCLINAISON. Phys. L'aiguille aimantée ne se dirige pas exactement vers le pôle nord ; elle forme avec lui un angle oriental ou occidental que l'on nomme angle de déclinaison. On a cru pendant longtemps que l'axe de l'aiguille librement suspendue coïncidait avec le méridien géographique du lieu occupé par celte aiguille. En effet, si l'on pose un aimant sur une table, et si l'on suspend au-dessus de lui une aiguille magnétisée, l'aiguille s'éta-

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blira très parallèlementà l'aimant; etsila tête des flèches représentées fig. 1 marque le pôle nord de l'aiguille, celle-ci reviendra exac-

Pig. 1. — Effet d'une barre aimantée sur une aiguille aimantée.

tement dans les positions marquées par les flèches, dès que l'opérateur fait tourner l'aimant pour changer les pôles de position audessous de l'aiguille. Mais il n'en est plus de même quand il s'agit de magnétisme terrestre. L'aiguille librement suspendue forme, N

- Déclinaison.

avec la méridienne du lieu, c'est-à-dire avec la ligne qui joint les points cardinaux nord et sud, un angle que l'on appelle déclinaison et qui varie suivant les lieux du globe, suivant les heures du jour (variations diurnes), suivant les jours de l'année (variations mensuelles), suivant les saisons (variations annuelles) et suivant les siècles (variations séculaires). Le plan dans lequel se trouve l'aiguille est nommé méridien magnétique du lieu. Si la pointe nord de l'aiguille est entre le nord et l'ouest (fig. 2), la déclinaison est dite occidentale; si celte pointe se dirige entre le nord et l'est, la déclinaison est orientale; si la direction coïncidait avec la ligne nord-sud, la déclinaison serait nulle. — De 1660 à 1663, la déclinaison fut nulle; depuis cette époque, la position de l'aiguille change légèrement chaque année. En 1814, pareiemple, l'aiguille se dirigeait à environ 22° 1/2 vers l'ouest du vrai nord, et en 1851, elle ne formait plus qu'un angle de 20° 25'. On suppose que la phase de décroissement la ramènera à O^vers 1967, elle continuera ensuite son excursion vers l'est, pendant une période probablement égale au temps de l'excursion occidentale.

DÉCORATION. Les décorés au titre civil ne reçoivent aucun traitement ; non plus que les militaires de la réserve ou de la territoriale décorés en temps de paix. Les civils paient même l'objet matériel, insigne de l'ordre: 15 fr. les chevaliers; 74 fr. les officiers; 169 fr. les commandeurs et 328 fr. les grandscroix. — Divers décrets prescrivent qu'aucun ordre dont le ruban est rouge ou partiellement rouge, ne peut être porté sans une décoration d'un diamètre égal a la largeur du ruban. Le décret de 1882 interdit de porter seul et sans croix le ruban pontifical de Saint Grégoire, le

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ruban turc du Médjidié, le ruban tunisien dn Nicham, le ruban italien de la Couronne, le ruban belge de Léopold, le ruban portugais du Christ, le ruban monégasque de Saint- Charles, le ruban serbe de YAigle-blanc, le ruban russe de Sainte-Anne, et plusieurs autres. Ceux qui violent ces défenses s'exposent, pour la première infraction, au reirait de l'autorisation de porter la croix; et, en cas de récidive, à subir les pénalité du Code : six mois de prison au minimum. Pour empêcher des industriels de se servir des insignes de l'ordre en guise de réclames ou même de marques commerciales, il a été interdit, en 1879, de faire figurer la croix dans les vitrines ou sur les affiches, ou d'accoler la croix à aucune raison sociale.

DÉCOUPAGE. — Découpage do mouton. La tête est de toutes les parties celle qui exige le plus de méthode pour sa division. On la sert enveloppée de sa peau, mais débarrassée de tous les os du crâne. L'épaule se désarticule

Découpage du mouton,

de la même manière que le gigot. Pour découper le carré, on commence par détacher le filet et le rognon, que l'on coupe par portions égales; on découpe ensuite chaque côte, en laissant de la chair autour de chacune d'elle. Le gigot se sert par petites tranches que l'on coupe obliquement sur la partie la plus charnue, en commençant par l'extrémité opposée au manche que l'on tient de la main gauche. — Découpage de l'agneau et du chevreau. On les sert presque entiers à la broche; on les divise ensuite en deux parties égales, depuis l'extrémité antérieure jusqu'à la queue, en passant le couteau entre la jonction des côtes dans l'épine du dos; on divise chaque quartier par côtelettes ou par doubles côtelettes et les gigots par tranches. — Découpagb du porc. La dissection de l'échinée se pratique comme il vient d'être dit pour le carré du

Découpage du porc

mouton. Le jambon, servi en rôti, se découpe comme le gigot de mouton; après avoir servi la quantité désirable de tranches, on recouvre avec de la couenne, qui conserve le jambou frais.

DEÇUSSE, ÊE adj. (lat. decussatus, croisé). Bot. se dit des feuilles et des organes opposés qui se superposent en formant la croix.

DÊLÊ

DE FACTO, loc. lat. qui signifie par le fait, actuellement, en réalité. On la distingue quelquefois de de jure ou par droit. Un chef d Etat qui est au pouvoir s'y trouve de facto, quoiqu'il puisse fort bien n'y pas être de jure.

DÉFLEDRI, IE adj. Etat d'une plante qui a perdu ses tleurs. — Etat d'un fruit qui a perdu la fine poussière nommée fleur.

DÉFINITION (Jeux). Le mot définition indique assez que ce jeu d'esprit consiste à trouver un mot dont on a donné une définition plus ou moins ambiguë. Si nous disons, ivec Brébeuf :

C'est l'art ineénieui, De peindre la parole et de parler aul yeui. Et par des traits divers de ligures tracées, Donner de la couleur et du corps aui pensées,

nous aurons donné la définition de l'écriture; et lorsque Racine a dit :

■ celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots,

tous les spectateurs comprirent qu'il s'agissait de Dieu ; mais ordinairement, on masque l'objet de la définition par des figures qui rendent plus difficile de le reconnaître, et alors ce jeu d'esprit reçoit le nom d'énigme.

DELAGOA (Baie de). Ce petit golfe de l'Afrique orientale serait admirablement à la convenance de l'Angleterre, qui pourrait.surveiller le Transvaal et s'emparer de tout le commerce des Boers. C'est pourquoi le gouvernement britannique tenta de l'annexer en 1873; mais, pour cela il était nécessaire d'évincer les Portugais, qui depuis longtemps y sont établis et y possèdent entre autres le port de Lourenzo Marquez. Les Portugais ayant absolument refusé de se laisser déposséder, le ditférend fut porté devant le maréchal de Mac-Mahon, alors président de la République française. Le maréchal, agissant en qualité d'arbitre, rendit une décision en vertu de laquelle les Portugais restent seuls maîtres delà baie de Delagoa. Depuis ce moment, les Anglais ont avec ceue colonie les rapports du plus mauvais voisinage. Us ont fait avorter, eu 1883, un projet de chemin de fer qui devait relier la baie à Pretoria, dans le pays des Boers. Ce chemin de fer, en attirant vers la côte le commerce des Boers, pourrait, à ce que prétendit lord Derby, nuire considérablement aux intérêts des Anglais dans la colonie du Cap. Pourtant une compagnie portugaise entreprit la construction d'une ligne qui doit traverser la région aurifère et continuer jusqu'à Pretoria. Le gouvernement anglais envoya des cuirassés dans la baie, et les travaux durent momentanément cesser.

DÉLÉGUÉ.— Lêgisl. Noue avons omis, dansle Dictionnaire, en mentionnant diverses sortes de délégations, de parler des délégations cantonales. Il est d'autant plus à propos de réparer cet oubli que les attribuions des membres desdites délégations ont été fixées à nouveau par la loi du 30 octobre 1880 (art. 52), laquelle est relative aux établissements et au personnel de l'enseignement primaire. — Dans chaque canton, un ou plusieurs délégués, choisis par le conseil départemental, ont pour mission de surveiller les écoles publiques ou privées, en ce qui concerne l'état des locaux et du matériel, l'hygiène, la tenue des élèves, etc., mais à l'exclusion de ce qui regarde l'enseignement. (Dècr. 18 janvier 1887, art. 136 à 140). Les délégués sont nommés pour trois ans, ils sont rééligibles et toujours révocables. Chaque délégué est investi de la surveillance de certaines écoles désignées par le conseil départemental ; il adresse des rapports à ce conseil, et il peut assister à ses séances, avec voixeonsultative, mais seulement pour les affaires qui intéressent les écoles de sa circonscription. La commission municipale scolaire, instituée dans chaque commune en exécution

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de la loi du 28 mars 1882 (art. 5), doit comprendre parmi ses membresle délégué ducanton, et, dans les communes comprenant plusieurs cantons, autant le délégués qu'il y a de cantons. S'il y a plusieurs délégués pour un seul canton, l'inspecteur d'académie désigne celui qui doit faire partie de la commission scolaire. — Les délégués-mineurs ont été institués par la loi du 8 juillet 1890. Us ont pour mission de visiter les travaux souterrains des mines, minières ou carrières, dans le but exclusif d'en examiner les conditions de sécurité pour le personnel qui y est occupé, et, en cas d'accident, de constater dans quelles conditions cet accident se serait produit. Chaque délégué doit visiter deux fois par mois les exploitations de sa circonscription. Un délègue et un délégué suppléant sont élus, pour chacune des circonscriptions déterminées, par arrêté du préfet. Sont électeurs les ouvriers français jouissant de leurs droits politiques et travaillant au fond dans l'étendue de la circonscription, pourvu qu'ils figurent sur la dernière feuille de paye. Sont éligibles, les électeurs ci-dessus désignés, âgés de vingtcinq ans au moins, travaillant au fond depuis cinq ans dans la contrée, ainsi que les anciens ouvriers remplissant les mêmes conditions. Les délégués sont élus pour trois ans. Le préfet convoque les électeurs parun arrêté, et il fixe à l'avance, pour chaque année et pour chaque circonscription, le nombre maximum des journées que le délégué doit employer à ses visites, ainsi que le prix de sa journée. La somme due à chaque délégué lui est payée par le Trésor public, comme des journées de travail, sur la production d'un état mensuel dressé par lui, et sur un mandat délivré par le préfet. L'indemnité ne peut être inférieure à dix journées de travail pour les circonscriptions comprenant plus de 120 ouvriers. Pour les autres, le minimum de l'indemnité mensuelle est fixé par le préfet. Ces frais sont seulement avancés par le Trésor, et ils sont ensuite recouvrés sur les exploitants de mines ou carrières, comme en matières de contributions directes. Les exploitations à ciel ouvert peuvent être, en raison des dangers qu'elles présentent, assimilées aux exploitations souterraines; et, dans ce cas, les ouvriers attachés à l'extraction doivent être considérés comme ouvriers du fond, pour l'électorat et l'éligibilité.— En vertu de la loi du 8 août 1890 (art. 34) et pour l'exécution de celle du 8 juillet précédent, concernant les délégués-mineurs, il est ajouté au montant des redevances à recouvrer sur les exploitants de mines 8 centimes par franc pour couvrir les décharges, remises, frais de confection des rôles et frais de perception. Ch. Y.

DE LONG (George-Washington), explorateur américain, né à New-York, en 1844, mort en Sibérie le 30 oct. 1881. Lieutenant de marine, il obtint, en 1860, un congé de deux ans et entra au service d'une compagnie française de transatlantiques. En 1874, il entreprit des explorations dans les régions arctiques,laissason navire àUpernavik (Groenland) et s'avança au milieu des glaces, avec quelqueshommes, jusqu'aux environs du cap York. Il reçut ensuite le commandement de la Jeannette, qui devait traverser le détroit de Behring. Parti de San Francisco le 8 juillet 1879, il s'avança continuellement jusqu'au 12 juin 1881. Le navire périt dans les glaces; et les hommes qui le monlaieut se retirèrent versle sud, en trois groupes, pour tâcher d'atteindre l'embouchure de la Lena. Ceux qui accompagnaient de Long débarquèrent sur le delta de cette rivière et y périrent jusqu'au dernier, laissant un journal de leur exploration, journal qui fut retrouvé avec leurs cadavres.

DELPHINE s. f. Alcaloïde obtenu de la staphisaigre (delphintunt slaphhagria). C'est un corps incolore pr>S'|'J iE'"Pi'-,',l» "lis ''eau.

>oluble dans 25 parties d'alcool, 12 d'éther et 16 de chluroforme. On l'emploie en médecine aux mêmes usages que la vératrine'; mais la delphine provoque moinsde vomissements.

DEMI-FLEURON s. m. Fleur dont le limbe ressemble à une languette ou ligule, comme celle des chicorées : des demi-Jleurons.

DÉM0TTER v. a. Enlever une partie de la terre qui entoure les racines d'une plante arrachée.

DEM0DRS (Pierre), chirurgien, né à Marseille en 1702, mort à Paris en 1795. Il fit ses études à Paris, mais il fut reçu docteur à Avignon, devint l'aide de Duverney, à Paris, fut nommé démonstrateur au cabinet d'histoire naturelle du jardin du roi, collabora aux travaux anatomiques d'Ant. Petit et obtint une grande réputation dans la spécialité des maladies des yeux. On lui doit la découverte de la membrane de l'humeur aqueuse. Ses Observations sur l'histoire naturelle et les maladies des yeux (Paris, 1740, 7 vol. in-12) donnent le résultat de ses travaux sur la mydriase. Il a traduit de l'anglais les Transactions philosophiques, de 1736 à 1746. Il a laissé, en outre: Nouvelles réflexions sur la lame cartilagineuse de la cornée (1770, in-8°). — IL (Antoine- Pierre), célèbre oculiste, fils du précédent, né à Paris en 1762, mort en 1836. Il fit la première opération de la pupille artificielle et a laissé un Traité des maladies des yeux (Paris, 1818, 3vol. in-»0).

DÉNISATION s. f. Obtention de certains droits civils et politiques dont les étrangers peuvent jouir en Angleterre.

DENNER (Balthazar), peintre allemand, né à Hambourg en 1685, mort en 1747. Ses portraits, d'une exactitude méticuleuse, sont aujourd'hui très recherchés. Il visita les principales cours du Nord et vit poser devant lui un grand nombre de souverainset de princes.

DENTICULÉ ÉE adj. Garni de très petites dents.

DÉPALISSER v. a. Détacher les branches d'arbres des supports sur lesqnels elles étaient fixées.

DÉPANNEADTER v. a. Hortic. Enlever les châssis ou panneaux des serres, des coffres, etc.

DÉPUTÉ. — Législ. Nous avons donné dans le premier supplément du Dictionnaire (t. V, p. 671) le texte de laloi du iôjuiu 1885, relative à l'élection des membres de la Chambre des députés. Le scrutin de liste, rétabli par cette loi, a été à son tour aboli par celle du 13 février 1889, et, par suite, le scrutin individuel est encore une fois remis en pratique. Chaque arrondissement administratif dans les départements, nomme un député; et il eu est de même de chaque arrondissement municipal des villes de Paris et de Lyon. Tout arrondissement dont la population dépasse 100.000 habitants nomme un député de plus par 100.000 ou fraction de 100.000 hab. en excédent. Les arrondissements qui se trouvent dans ces conditions sont divisés en circonscriptions dont le tableau annexé à la loi ne peut être modifié que par une loi. Il est attribué un député au territoire de Belfort, six à l'Algérie, et dix aux colonies, conformément aux indications du tableau. Une loi postérieure (17 juillet 1889) porte que nul ne peut être candidat dans plus d'une circonscription. Tout citoyen qui se présente aux élections générales ou partielles doit avoir déposé à la préfecture, cinq jours au plus tard avant le scrutin, une déclaration signée par lui, ment légalisée, et faisant connaît™ quelle circonscription il entsnd être candidat- Si des déclarations de candidature sont déposées par le même citoyen dans plus d'une circonscription, la première en date est seule valable; et si elles Dortent la même date,

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toutes sont nulles. Il est interdit de sia-nfr ou d'apposer des affiches. d"envoyer ou de distribuer des bulletins, circulaires ou professions de foi dans l'intérêt d'un candidat qui ne s'est pas conformé aux prescriptions cidessus. Les bulletins portant le nom de ce candidat sont nuls; les affiches, placards, professions de foi et bulletins de vote concernant cette candidature sont enlevés et saisis. En outre, une amende de dix mille francs est infligée au candidat contrevenant, et une amende de mille à cinq mille francs à toute personne qui aura agi en violation de la loi.

Ch. Y.

DEPRETIS (signor Agostino), journaliste, orateur et premier ministre italien, connu en politique sous le nom de « l'Indispensable >, né à Stradella (Piémont) en 1811, mort le E9 juillet 1887. Il fit ses études à l'université de Turin et se fit connaître comme jurisconsulte de premier ordre. Collaborateur de plusieurs journaux piémontais, il se fit le champion de l'unité etde l'indépendance italiennes. A la suite des troubles de 1848, il fut nommé gouverneur de Brescia (1846) et élu membre du parlement piémontais l'année suivante. Cavour l'appointa prodictateur de Sicile en 1861 ; et ce fut lui qui proclama la nouvelle constitution italienne au mois d'août de la même année. Il occupa différents postes dans les ministères Ratazzi (1862) et Ricasoli (1866). En mars 1876, il devint, comme chef des progressistes, ministre des finances et président du Conseil ; et en cette qualité il inaugura d'importante réformes. De mars à décembre 1878, son ministère fut remplacé par un cabinet Cairoli; mais «l'Indispensable» reprit le pouvoir. Il ne put réprimer l'agitation irrédentiste, mais il forma la Triple Alliance avec l'Allemagne et l'Autriche, lltomba en juillet 1879, sur la question des taxes et de la réforme électorale, et reprit en 1881 le pouvoir, pour ne plus le quitter jusqu'à sa mort. 11 s'attacha surtout à entraîner son pays vers la politique coloniale.

DERCETIS ou DERCETO, déesse syrienneque l'on croit être la même que le Dagon de l'Ancien Testament. Les statues la représentaient comme une belle personne dans la partie supérieure du corps, tandis que la partie inférieure se terminait en queue de poisson.

DERMATIQOE adj. (gr. dermatikos, cutané, qui est relatif au cuir ou à la peau). Méd. cutané, qui se rapporte à la peau. — Médicament dermatique, médicament employé contre les maladies de la peau.

DESEINE (Louis-Pierre), sculpteur français, né à Paris en 17S9, mort en 1822. Ses statues de L'Hôpital et de Daguesseau se trouvent devant la Chambre des députés. Il a laissé des bustes de Louis XVI, de Louis XVII et de Pie VU, ainsi que différents sujets religieux et des statues des dieux de la mythologie. 11 a écrit des Lettres sur la sculpture catholique (1802); des Notices sur les anciennes académies de peinture, sculpture et architecture (1814) et

es Mémoires sur la nécessité de rétablir les

ailrises et corporations (1815).

DESJARDINS (Ernest), paléographe, né à oisy-sur-Oise en 1823, mort le 24 oct. 1886. fut successivement professeur à Angers, à ijon, au lycée Bonaparte et à l'Ecole norale; voyagea en Italie et en Egypte, et pu lia : Atlas delà géographie ancienne de l'Italie (1852); Voyage d'Horace à Blindes (1855); Parme, ses antiquités, le Corrige, etc. (1855); Le Pérou avant la conquête espagnole (1858) ; Le grand Corneille historien (1864. in-8°); Essai sur la topographie au Latium (1855, in-4°) ; Lettre sar l'Alésia de César (1858, in-12); Alésia, 7e campagne de César (1859, in-8°); Notice sur le musée Napoléon III (1862, iu-12); Du patriotisme dans les arts (1862, in-8°); les Juifs ie Moldavie (1867, in-8°; Embouchures du

Rhône, travaux anciens et modernes, Excursion dans l'Egypte et au canal de Suez (1869, in-12); Bhône et Danube (1869, in-4°) ; Table de Peutinger (1 869-76, in-fol .) ; Géographie de la Garde, d'après la table de Peutinger (1870, in-8°) ; Monuments géographiques de Bavai et du musée de Douai (1874, in-8°); Les Antonins (1875, in-8°) ; Géographie de la Gaule romaine (1876, in-8°); etc.

DESJARDINS (Martin van den Bogaert dit), sculpteur (1640-94). Ses travaux les plus connus étaient le Louis XIV de la place des Victoires et celui de la place Bellecourt à Lyon.

DÉSONGLETTER v. a. Horlic. Supprimer l'onglet ou petit bout de rameau qui a été laissé au moment de la taille du rameau.

DETTE (Statistique). — Quel est le montant de la dette publique de la France? Les uns l'évaluent à 25 milliards en calculant selon le taux de remboursement de la dette inscrite au 31 décembre 1890; d'autres disent 34 milliards; quelques-uns même vont jusqu'au chiffre fabuleux de 40 milliards. Si l'on ne peut abaisser cette évaluation au-dessous de ce que constatent les budgets de l'Etat, il est facile de la grossir ad libitum, en y comprenant à la fois le passé et l'avenir. D'habiles prestidigitateurs de chiffres ne se contentent pas de joindre à la dette de l'Etat les dettes départementales (environ 500 millions), les dettes de la ville de Parie (1,800 millions) et celles des autres communes (1,300 millions); ils capitalisent la dette viagère, ils cumulent tous les engagements pris par l'Etat et auxquels il n'aura à faire face que dans le cours d'une période assez longue, au moyen de ses revenus ultérieurs. Ils se gardent bien de dresser un bilan complet; et ils ne veulent tenir aucun compte de la transformation d'une partie des emprunts contractés en un autre capital très productif : chemins de fer, canaux, ports de commerce, etc. Un industriel, qui établirait ainsi son inventaire annuel, se verrait dans la ruine, puisqu'il ne tiendrait compte que du passif et qu'il omettrait de placer en regard ses immeubles, son outillage et ses autres valeurs actives. — Quoi qu'il en soit, on ne peut nier que la dette de la France ne soit énorme. Mais elle est certainement moins lourde à porter que la dette plus faible de certains pays dont la force contributive est en même temps beaucoup moindre. Les Pays- Bas, lËspagne, etc., ont une dette plus élevée si l'on fait le compte par tête d'habitant. — Il importe aussi de rechercher à quels gouvernements on doit imputer la majeure partie de la dette publique de la France. « C'est, dit M. Jules Roche, une grave erreur, fréquemment commise, d'établir la responsabilité, au moins apparente, de la création des rentes d'après la date de leur inscription au Grand-Livre. Le gouvernement vraiment responsable de la dette n'est pas celui qui émet la rente, mais celui qui a rendu nécessaire cette émission en créant la dette que la rente est destinée à payer. Onvoitainsi que la troisième république a reçu réellement en héritage une dette consolidée de près de 20 milliards, exigeant pour le service des arrérages 748 millions et demi par an, et que, dans cet énorme total, la partde lalreRévolution et de la République de 1848 est seulement de 95 millions d'arrérages et de 2 milliards de capital. Tout le reste représente les dettes des monarchies, depuis et y compris le premier Empire, dont la part est de 158.739.000 fr. dans les arrérages et de 3.174.792.080 fr. dans le capital, Lapart dusecondEmpire est de 448.860.499 fr. dans les arrérages et de 12.713.444.200 fr. dans le capital. » (Rapport fait à la Chambre des députés, au nom de la commission du budget de 1885). L'Economiste français, dont les renseignements sont toujours exactement contrôlés, évalue à 14 milliards 638 millions les

charges que la guerre, imprudemment dêclaréepar Napoléon III en 1870, ont coûtées à la France. — En parlant de la dette, il est à propos de constater que, dans l'espace de vingt années, de 1871 à 1890, les amortissements opérés ont excédé trois milliards de francs, suivant le rapport présenté le 23 mars 1889 à la Chambre des députés par M. Burdeau. au nom de la commission du budge! de 1890. Pendant ces vingt années, les dettes publiques des divers pays de l'Europe se sont accrues de 45 milliards. Elles s'élevaient, en 1870, fe "35 milliards, et en 1890 à 120 milliards. Gris dettes des Etats européens exigent une dépense annuelle de 5 milliards, pour le service désintérêts et l'amortissement; et une telle situation est due en grande partie à l'émulation progressive qui entraîne toutes les nations à faire des dépenses d'armement et des préparatifs de guerre. — Au contraire, les Etats-Unis de l'Amérique du Nord ont pu réduire leur dette, du chiffre de 15 milliards auquel elle s'élevait à la fin de la guerre de sécession, à moins de 7 milliards, en 1890. La grande République est même, aujourd'hui, dans un embarras singulier, causé par des excédents de 6 à 700 millions que présente chaque exercice financier. Ces excédents sont dus à des droits de douane excessifs, établis dans le but de favoriser la fabrication à l'intérieur. Si l'on réfléchit, on voit clairement que ces droits de douane sont payés par les citoyens des Etats-Unis; car ils ont pour effet d'exagérer le prix des denrées, aux dépens du consommateur. Néanmoins, cette situation du Trésor américain doit être fortement enviée, non seulement par les vieilles nations de l'Europe qui sont trop surchargées, mais aussi par les jeunes républiques de l'Amérique du Sud, dont les dettes publiques s'accroissent dans une proportion qui n'est en rapport, ni avec le chiffre de leur population, niavecleursmoyens de production. Ch. Y.

DI (du gr. dis, deux fois, double). Préfixe qui marque duplication et Tui entre dans la composition des mots pour faire connaître le nombre de parties dont le tout se compose : dicotylédon, qui a deux cotylédons; didactyle, qui a deux doigts; diptère, diphtongue, etc. Quand le mot dont on veut indiquer la duplication commence par la lettre S, on emploie le prélixe dis au lieu de di : ex.: dissyllabe, qui a deux syllabes.

DI4BLE. Jeu chinois ou indou que les Anglais introduisirent en Europe vers la fin du xviii0 siècle et qui devint à la mode, en France, pendant la Restaurattion. Il se compose de deux boules ou de deux cônes creux,

diible.

réunis par une tige. La matière employée à leur confection est le bois, le fer-blanc ou quelquefois le cristal. Chaque boule ou chaque cône est percé d'un trou dans lequel s'engage l'air et d'où il sort ensuite quand l'instrument tourne avec rapidité; il en résulte un bourdonnement semblable à celui de la toupie d'Allemagne. Pour faire tourner le diable, on le place en équilibre par sa tige sur une corde dont les deux bouts sont attachés chacun à l'extrémité d'un bâton. Le joueur, tenant ces bâtons, un dans chaque main, par l'extrémité opposée à celle où la

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