DOV
élevés pour les produits d'origine extra-européenne, importés des entrepôts d'Europe. — En ce qui concerne le blé et la farine de blé, la loi du 27 mars 1887 a prévu les cas de cherté excessive, et elle porte que « dans des circonstances exceptionnelles et quand le prix du pain s'élèvera à un taux menaçant pour l'alimentation publique, le gouvernement pourra, en l'absence des Chambres, suspendre en tout ou en partie les effets de la présente loi, par un décret du président de la République, rendu en conseil des ministres. Dans ce cas, la mesure prise par le gouvernement devra être soumise à ratification aussitôt les Chambres réunies. » — Nous avons déjà dit plus haut (vov. Alcool) que la loi du 5 juillet 1887 a relevé de 30 fr. à 70 fr. le droit de douane sur les alcools étrangers. — Les droits sur les mélasses étrangères destinées à la distillation ont été également accrus par une loi du 11 juillet 1890. Nous mentionnerons plus loin le nouveau tarif concernant les huiles minérales (voy. Huile) et celui qui s'applique aux sels étrangers (voy. Sel). — Une loi du 27 février 1888 a modifié les droits inscrits au tarif général, en ce qui concerne l'importation d'Italie en France d'un certain nombre de produits.
Cette dernière mesure a été rendue nécessaire par la conduite du gouvernement italien qui, après avoir dénoncé avant son terme le traité de commerce conclu avec la France en 1882, avait, de plus, surtaxé divers produits français à leur entrée en Italie. Nous ne pouvons donc pas désapprouver tous les relè-, vements de tarifs dont il vient d'être parlé. Les exemples donnés par plusieurs nations ont entraîné la nôtre et l'ont contrainte à faire quelques pas en arrière dans la voie de la liberté des échanges. Mais il est à craindre que ces tendances protectionnistes ne se bornent pas à donner à l'agriculture et à quelques industries un soutien temporaire, et que l'on ne saisisse le moment où la plupart des traités doivent prendre fin, en 1892, pour établir des droits excessifs à l'importation d'un grand nombre de produits. Il y a toujours injustice à sacrifier aux intérêts de quelques-uns ceux du plus grand nombre, ou à décréter la ruine d'une industrie dans le seul but d'accroître la prospérité d'une autre. — Les tarifs de douane peuvent être modifiés à toute époque, et cette instabilité paralyse les affaires à long terme; tandis que les traités de commerce, en donnant une certaine fixité aux droits conventionnels, présentent des avantages non contestables. Mais, en vertu de l'article 11 du traité de Francfort (10 mai 1871), la France est tenue d'accorder à l'Allemagne, pendant un laps de temps indéfini, le traitement de la nation la plus favorisée. Il en résulte que tout traité conclu par la France avec l'une des nations européennes indiquées dans cet article (Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Autriche, Russie), profite en même temps à l'Empire allemand, ce qui doit faire hésiter le gouvernement français à conclure de nouveaux traités de commerce. Ch. Y.
D0ULS (Camille), explorateur français, né en 1864, mort en août 1889. Il fit en Afrique plusieurs voyages très accidentés. Débarqué près du cap Gorneten 1886, il fut fait prisonnier par Oulad Delini, se joignit aux tribus nomades et explora le Sahara occidental, traversa l'Atlas marocain, fut emprisonné par le sultan du Maroc, relâché grâce à l'intervention du ministre britannique, et rentra en France en 1887. Il quitta de nouveau Paris en juin 1888 pour atteindre Tombouctou par le Sahara. On suppose qu'il a été assassiné en route.
DOV ou D0U (Gérard), célèbre peintre hollandais, né à Leyde en 1598, mort dans la même ville ve Ifi" Il fut d'abord giaveur.
DREV
puis peintre sur verre et finit par entrer dans l'atelier de Rembrandt. Le musée du Louvre possède 11 de ses toiles, qui se distinguent par la délicatesse du coloris et le fini des détails. On admire particulièrement son Peseut d'or, sa Femme hydropique et l'Epicière de village.
DRELINC0URT (Charles), théologien calviniste, né à Sedan en 1595, mort à Paris en 1669. Appelé à Charenton comme pasteur en 1620, il y acquit rapidement une grande réputation de prédicateur et d'écrivain. Parmi ses œuvres, très volumineuses, nous ne citerons que ses Consolations contre les frayeurs de la mort (Charenton, 1651, in-8°; 41°édit. Nîmes, 1819, in-8°); et son Sommaire des erreurs de l'Eglise romaine (Genève, 1630, in-8°), réimprimé plus de vingt fois.
DRÉ0LLE I (Jean-André), publiciste, né à Libourne, le 7 octobre 1797. Il était bibliothécaire dans sa ville natale lorsqu'il fut appelé en 1830 à la rédaction du Constitutionnel, puis à la chaire d'histoire religieuse à l'Athénée royal. Après 1848, il fonda à Libourne le journal le Peuple, organe réactionnaire qui n'eut que quelques numéros. Il a donné un grand nombre d'articles au Dictionnaire de la Conversation, à Y 'Encyclopédie du XIXe siècle, etc. 11 a publié une étude intitulée : De l'influence du principe religieux sur l'homme et sur la société. — II (Ernest), publiciste et homme politique, fils du précédent, né à Libourne le l8r juillet 1829, mort à Ermont (Gironde), le 13 novembre 1887. Il fut attaché en 1846 au cabinet du duc Decazes et débuta dans le journalisme' par des articles publiés dans la France théâtrale, entra au Pays en 1849, fonda {'Echo de la marine en 1850, prit la direction du Journal de Sainl-Qucyitin en 1852, fut attaché en 1857 au Constitutionnel, comme principal rédacteur, passa à la Patrie en qualité de rédacteur en chef en 1860, fonda en 1866, le Public, patronné par Rouher. Candidat officiel en 1869, il fut élu dans la quatrième circonscription de la Gironde (Blaye); siégea à la droite gouvernementale du Corps législatif, combattit vivement le tiers-parti libéral et son représentant, le ministre Ollivier; fut l'un des membres les plus actifs du comité de la rue de l'Arcade, ne fut pas réélu en 1871, mais obtint une grande majorité dans l'arrondissement de Blaye comme candidat bonapartiste, auxélectionsdu 20 février 1876, et siégea sur les bancs de l'appel au peuple. Il eut le même succès dans le même arrondissement, le 14 octobre 1877 et siégea jusqu'en 1885, mais ne put alors faire renouveler son mandat. 11 occupait à la Compagnie transatlantique une situation importante. Il a publié un Eloge biographique de M. A. de la Tour, peintre du roi Louis XV, avec notes et documents historiques (1856) ; une Etude biographique sur M. Billault (1863, in-12); la Journée du Quatre Septembre au Corps législatif (187 1, in-12); les Jeux publics en Erance (1872, in-12); Napoléon IV; souvenir de Chiselhurst (1873, in-32); Guide de l'électeur bonapartiste (1875, in-32), et un certain nombre de petites brochures bonapartistes (1871 et suiv.).
DREVET I (Pierre), graveur, né à Lyon en 1664, mort en 1739. Il eut pour maître Gérard Audran et entra à l'Académie des beaux-arts en 1807. Il a gravé les portraits de la plupart de ses contemporains célèbres : Villars, Philippe V, Boileau, Louis XIV, le cardinal Fleury, etc. — II (Pierre), graveur, fils du précédent, né à Paris en 1677, mort en 1739. De même que son père, il a laissé de nombreux portraits : Mlle Lecouvreur, le cardinal Dubois, Bossuet (l'un des chefs-d'œuvre de la gravure), etc. On lui doit aussi des sujets historiques estimés : Adam et Eve; llbecoa. d'après Coypel ; Jésus au jardin des Oliviirs, d'après Restaut; la Présentation au Temple, d'après Boullongne, etc.
DUHE
DROLLING I iMartin), peintre français de genre, né à Oberhergheim (Haut-Rhin), en 1752, mort à Paris en 1817. Ses jeux d'enfants et ses scènes d'intérieur le firent remarquer pendant la Révolution et lui valurent une grande notoriété sous l'Empire et sous la Restauration. — II Michel-Martin), peintre, fils du précédent, né et mort à Paris (1786-1831); élève de son père, puis de David, il obtint le grand prix de Rome en 1800. Parmi sestoiles, répandues dans nos musées, on remarque la Mnrt d'Abel; le Bon Samaritain (1824, musée de Lyon); Richelieu mourant; Communion de Marie- Antoinette (chapelle expiatoire de la Conciergerie); LaLoi (plafond du Louvre); etc.
DUALINE s. f. Substance explosive, préparée en mélangeant de la nitroglycérine, de la sciure de bois et du salpêtre.
DDBOISIA s. n. (de F.-N.-A. D-ibois, botaniste français du xixe siècle). Bot. Genre de scrofulariées, comprenant une seule espèce, le duboisia myoporoides, arbuste d'Australie, glabre, à feuilles alternes et entières, articulées sur le rameau qui les porte; à fleurs blanches, en panicules axillaires. On retire de ses feuilles un alcaloïde nommé duboisine.
DOB0ISINE s. f. Chim. Alcaloïde, extrait des feuilles de. la duboisia, et qui présente une grande analogie avec l'atropine. On l'emploie, comme succédané de l'atropine pour combattre les phénomènes nerveux dans certaines maladies. On n'en fait usage qu'à doses infinitésimales, parce que son action est plus énergique que celle de l'atropine.
DUCLERC ( Eugène - Charles - Théodore ) , homme politique, né à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) en 1812, mort le 21 juillet 1888. Il fut d'abord correcteur d'épreuves, collabora à plusieurs recueils et devint rédacteur du National en 1840. Le département des Landes l'envoya siéger à l'Assemblée constituante en 1S48. Nommé ministre des finances le 10 mai, il prit des mesures énergiques contre l'insurrection du mois de juin et donna presque aussitôt sa démistion. 11 ne tarda pas à rentrer dans la vie privée et ne s'occupa plus que d'opérations industrielles.
DUEL élkctrique, ingénieuse création théàira;e de l'électricien Trouvé. Les cuirasses et