DURU
DUPRÉ (Jules) peintre paysaeiste, né à Nancy, en 1812, mort le 7 oct. 1889. Sa vocation pour le pinceau lui fit abandonner l'industrie de la fabrication de la porcelaine où la position de sa famille lui assurait un bel avenir. Il débuta au salon de 1831 par cinq études d'aprèa nature qui furent remarquées et lui valurent des encouragements. 11 se mit au travail avec ardeur et produisit des toiles çui ont fait l'admiration des amateurs : Tue des environs d'Abbeville ; Intérieur d'une cour rustique (1835); Paysages du Limousin, de la Creuse et de la Gorrèze; Vues prises en Angleterre; un Pacage; Entrée d'un hameau dans les Landes ; Soleil couchant. Après une dizaine d'années d'abstention, il reparut à l'exposition universelle de 1867, avec 12 remarquables paysages : Passage d'animaux sur un pont dans le Berri; la Gorge des Eaux-Chaudes (Basses-Pyrénées); la Forêt ie Compiègne; une Bergère dans le Berri; la Vanne; \a Route tournante de lu forêt de Compiègne; un Marais dans la Sologne; Route dans les Landes; la Saulêe; Cours d'eau en Picardie ; Retour du troupeau ; Souvenir des Landes.
DDRAMEN s. m. [du-ra-ménn ; quelquesuns prononcent du-ra-main] (lat. duros, dur). Bot. Partie centrale d'un tronc d'arbre dont les tissus ont acquis leur complète maturité et leur plus grande dureté. Son nom populaire est cœur de buis, par opposition à aubier.
DURANTI (Jean-Etienne), l'une des victimes de la Ligue, né à Toulouse en 1534, assassiné dans la même ville le 10 février 1589. Il appartenait à une famille de magistrats, devint capitoul en 1563, et premier président du parlement de Toulouse en 1581. Les Guises, dont il combattait les menées, firent éclater, dans la ville, des troubles qu'il parvint à étouffer par son sang-froid, son courage et son attitude énergique. Le 24 janvier 1589, la salle où siégeait le parlement fut envahie tout à coup par une nuée de ligueurs en armes. Duranti se réfugia au Capitole, fut arrêté, emprisonné dans le couvent des jacobins et massacré sous les yeux de sa femme et de ses enfants. Son cadavre, traîné dans les rues, fut ensuite attaché au pilori avec le portrait du roi Henri 111. Plus tard, les Toulousains lui élevèrent une statue. Paul Delaroche, dans une de ses toiles les plus saisissantes a reproduit la Mort du président Duranti, pour le conseil d'Etat, en 1827. Duranti a laissé plusieurs ouvrages, dont le principal est intitulé : De ritibus ecclesix catholicae (Rome, 1591, in-fol. et in-8°).
DDRET (Francisque-Joseph), sculpteur français, ne à Paris en 1804, mort dans la même ville en 1865. Elève de Bosio, il remporta le grand prix à l'âge de 18 ans. Ses œuvres les plus connues sont : la France protégeant ses enfants (au fronton du nouveau Louvre) et la Fontaine Saint-Michel.
DUROCASSIEN, IENNE s. etadj. (lat. Durocasses, Dieux). De Dreux, qui appartient à celte ville ou a ses habitants.
DDRU (Henri- Alfred), auteur dramatique, né à Paris en 1829, mort le 30 décembre 1889. Il s'occupa d'abord de gravure et débuta au théâtre, en 1857, par l'Histoire d'un gilet, drame-vaudeville en 3 actes, en collaboration avec Henri Chivot. A partir de ce moment, les deux collaborateurs donnèrent un certain nombre de pièces. Duru produisit seul Deux Noces de Bois-Joli (1872), l'Homme du Lapin Blanc (1875). Il travailla aussi avec Labiche pour la comédie Doit-on le direl (1872). Il a donné, soit seul soit en collaboration : Samedis de Madame (comédie, 3 act., 1874), Madame esttrop belle (comédie, 3 act.), la Clef (comé-
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rliej 4 act., 1877), le. Mirlitons, la Fille du clown, la Boite à Bibi, Madame Favart, etc.
DDTOT, économiste du xvnr» siècle, caissier de la Compagnie des Indes fondée par Law. On ne possède aucun détail sur sa vie. Il est célèbre comme auteur d'un ouvrage remarquable intitulé : Réflexions politiques stir les finances et le commerce. Dans ce travail, qui fut d'abord publié sous forme de lettres, en 1735, puis en 2 vol. in-12 (La Haye, 1738), il ramène les esprits aux véritables principes économiques, en établissant que le numéraire possède une valeur fixe et que les souverains ne peuvent modifier cette valeur pour rétablir l'équilibre financier. C'était la condamnation du système de Colbert et de Law. Cet ouvrage a été réimprimé dans la Collection des Économistes financiers (Paris, 1843).
DUTREMBLAY DE RDBELLES (Antoine- Pierre, baron), fabuliste français, né à Paris en 1745, mort en 1819. 11 appartenait à la magistrature et charmait ses loisirs en cultivant la poésie comme son ancêtre La Fontaine, dont l'une de ses aïeules avait épouse le fils unique. Ses Apologues, publiés en 1806, ont été plusieurs fois réimprimés. Il travailla aussi pour le théâtre et l'on cite de lui : A bas les diables! (comédie-vaudeville, 1799), le Bureau d'adresses (1800), Deux et deux font quatre (1805), etc.
DDVAL (Raoul-Edgar), homme politique, né à Laon le 9 avril 1832, mort le H février 1887. Fils d'un juge des commissions mixtes, il entra, lui aussi, dans la magistrature impériale ety occupa des postes importants. Après la révolution du Quatre Septembre, il donna sa démission d'avocat général à Rouen et fut élu député de la Seine-Inférieure, le 2 juillel 1871. A l'Assemblée nationale, où il siégeait au centre droit, il se distingua par la violence de ses motions contre les vaincus de la Commune, par son opposition au gouvernement de M. Thiers et par sa lutte contre les tendances orléanistes ou légitimistes du maréchal de Mac-Mahon. Il fonda, à Paris, un nouvel organe bonapartiste, la Nation, dont le premier numéro parut le 25 octobre 1876. Repoussé par les électeurs de la Seine-Inférieure et par ceux de la Seine, il fut réélu en 1876 à une faible majorité par ceux du département de l'Eure (arrondissement de Louviers). Mais, en 1877, après la dissolution de l'Assemblée, il dut rentrer dans la vie privée. En 1885, ayant su exploiter l'impopularité de l'expédition du Toukin, il profita du scrutin de liste pour se taire nommer député du département de l'Eure. Précurseur du général Boulanger, il imagina le parti républicain conservateur, et essaya de former, parmi les députés de la droite, un groupe qui aurait affecté de reconnaître la République, afin de s'emparer du gouvernement et d'étrangler la « Gueuse. »
DUVAL LE CAMUS (Jules-Alexandre), peintre français, né à Paris en 1817, morten 1877. Fils du peintre Pierre Duval Le Camus, et élève de Delaroche et de Drolling, il fit d'abord peu de progrès et chercha le succès dans un genre bizarre et maniéré. Mais vers 1855, il en revint au bon sens et au bon goût. Ses toiles représentent surtout des sujets religieux, bibliques ou mythologiques.
DYNAMIQUE. — L'électricité dynamique ou en mouvement est celle qui est produite par les piles électriques, par les accumulateurs et par les machines dynamo-électriques. Elle est ainsi nommée par opposition à l'électricité statique, produite par les machines électrostatiques. — De toutes les piles destinées à produire l'électricité dynamique, la plus simple est la pile Grenet, représentée par notre figure!. Les piles Grenet se trouvent aujourd'hui entre les mains de toutes les personnes qui s'occupent d'électricité. Les charbons C, C (fig. 2) plongent dans le liquide au
dyxa; iso
Mchromale de potasse. En appuyant sur la
Dynamique. — Pïlf C,rpn*1 V'%. 1.
tige T, on immerge une plaque de zmc Z et
Dynamique. — Pile Grenet. Fig. S. — C, C, ch.irhon Z, zinc. — A, A*, bornes. — T, tige pour retirer le zinc du liquide.
l'on obtient aussitôt un courant électrique qui forme un circuit entre les bornes A et A'.
DYNAMITE. L'usage de ce mélange explosif a été proposé, en France et en Allemagne, pour remplacer la poudre à canon, sa force étant dix fois aussi grande que celle de la poudre. La nitroglycérine, qui sert à composer la dynamite, est formée par l'action d'un mélange de deux parties en poids d'acide sulfurique et de deux parties en poids d'acide nitrique, sur une partie en poidsde glycérine; on obtient ainsi un liquide jaune clair, huileux et inodore, que 1 on mélange avec une matière absorbante ou avec une substance que l'explosion décompose facilement. Parmi les matières absorbantes, on préfère la silice, la cendre minérale, le tripoli et la terre d'in-
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fusoires ; ces deux dernières substances sont formées des innombrables enveloppes siliceuses d'une plante microscopique, la diatomée. Mais l'absorbant le plus employé est le kieselgùhr, terre siliceuse poreuse, formée, elle aussi, de cases de diatomées. Les proportions en poids de nitroglycérine et de kieselgùhr sont trois de la première pour une du second ; et l'on obtient la dynamite n° 1. Parmi les substances qui se décomposent par l'effet de l'explosion, on distingue la résine, le charbon de bois, le soufre, les nitrates de potasse et de soude; on emploie de préférence le charbon de bois et le nitrate de potasse, que l'on mélange concurremment avec la nitroglycérine, et l'on obtient la dynamite a" 2. La dynamite ne possède pas, comme la nitroglycérine, la dangereuse propriété de 'aire spontanément explosion. — Assèchement par la dynamite. La dynamite vient de trouver dans la construction un nouvel emploi bien inattendu. M. Bonnefont, capitaine du génie, a imaginé d'utiliser sa force d'expansion pour assécher instantanément les infiltrations du sol dans lequel on veut établir des fondations. Voici comment on opère : à l'aide d'une barre à mine, on fore, au fond de l'excavation inondée destinée aux fondations, un trou d'une profondeur de trois à quatre mètres et d'un diamètre de quatre centimètres, puis l'on y fait éclater un chapelet de cartouches de dynamite. L'eau d'infiltration est immédiatement refoulée par l'explosion à plus de un mètre des parois ; elle ne recommence à suinter qu'au bout d'une demi-heure. Ce temps suffit pour permettre aux ouvriers rie couler du béton dans la cavité, après l'avoir nettoyée. Quand l'eau revient, elle ne peut plus nuire à la fondation complètement placée. — Législ. La loi du 8 mars 1875 et plusieurs décrets ont réglementé les conditions auxquelles sont soumis la fabrication, le transport et l'emploi de la dynamite (Voy. Dictionnaire, t. H, p. 504). Un décret du 26 juillet 1890 exige que toute cartouche de dynamite mise en vente porte, sur son enveloppe, l'indication de la nature et du dosage des substances constituant l'explosif, de façon à permettre le calcul de la température à laquelle la détonation devra avoir lieu. — En vertu du pouvoir qui a été attribué au gouvernement par la loi du 8 mars 1875, le droit intérieur à percevoir sur la dynamite fabriquée en France ou en Algérie, a été abaissé à un franc par kilogramme (Décr. 12 juin 1890).
Çh. Y.
DYNAMO s. m. (gr. dynamis, force). Phys. Nom que l'on donne, par abréviation, à toutes les formes de machines dynamo-électriques. Ces machines sont basées sur les recherches de Faraday relativement aux phénomènes de l'induction. C'est Faraday qui démontra que
lorsque un courant électrique circule dans un fil de fer formant une portion de circuit, des courants secondaires sont induits temporairement dans un fil voisin. Ces courants secondaires, appelés Ci/urants d'induction, peuvent devenir plus intenses que le courant primaire quand on augmente le nombre de circonvolutions des deux fils. Pixii construisit la première machine électro- magnétique, dans laquelle un aimant composé, en fer à cheval, produisait par ses révolutions, des courants d'induction semblables dans des bobines de fils enroulés autour de son armature. En 1857, Siemens perfectionna la forme de ces bobines, en adoptant l'idée de Clarke, qui consiste à faire tourner de légères armatures en face d'un aimant stationnaire. Dans les machines dynamo-électriques contemporaines, les aimants inducteurs ont des noyaux en fer doux; ils possèdent, quand on met la machine en mouvement, une puissance électrique peu considérable; mais cette trace de puissance suffit pour induire un faible courant dans les bobines de l'armature, dès qu'on fait tourner celles-ci; le courant est conduit autour des noyaux de fer doux, qui sont alors plus fortement magnétisés et qui produisent un nouveau courant plus puissant dans les bobines de l'armature. La machine de Siemens fut le premier dynamo construit sur ce principe et toutes les machines plus récentes n'en sont que des perfectionnements ou des modifications. Les dynamos peuvent être fabriqués pour produire des courants alternatifs ou des courants continus. La première grande machine alternative fut construite par la compagnie l'Alliance, qui en a fabriqué de très puissantes pour la production de la lumière électrique dans les phares. Parmi les machines à courant alternatif, on distingue la machine Brush, construite de façon -y que pendant chaque révolution complète, chaque paire de bobines fournit un courant aux aimants. Une machine qui fournit l'électricité à 16 ou 18 lampes à arc voltaïque, fait une moyenne de 750 révolutions à la minute et présente une résistance d'environ 4 ohms. Une machine Brush plus grande a été construite pour 40 lampes ; etquand elle est actionnée par une machine à vapeur de 30 chevaux, elle donne un courant de 10 ampères et une force électro-motrice de 1,800 volts. Dans le dynamo de Ferranti, un ruban de cuivre en zigzag est substitué au fil de fer de l'armature et on se passe de noyaux de fer doux : ce qui nécessite l'emploi d'un petit dynamo séparé pour exciter les aimants.
Les générateurs de Gordon et d'Edison sont très remarquables; la machine de Parsous est un dynamo très rapide qui fait de 15.000 à 24.000 révolutions à la minute. A la tête des appareils produisant des courants continus, il faut mentionner la machine Gramme; elle a une armature en forme d'anneau; autour de cette armature sont enroulées plusieurs hélices de fils de cuivre qui communiquent à leurs points terminaux avec le commutateur ou collecteur. Ce commutateur se compose d'un nombre de bandes de cuivre égal au nombre des hélices, chacune étant reliée séparément à une hélice. Les bandes sont parfaitement isolées les unes des autres et arrangées en un cylindre creux dans lequel passe l'arbre de la machine. — Les dynamos ne servent pas seulement à la production de la lumière électrique; ils sont employés pour la transmission électrique de la force motrice et pour la préparation des métaux purs. Dans les fonderies d'Oker, de 5 à 6 quintaux de cuivre sont précipités chaque jour, par 3 machines Siemens consommant de 8 à 12 chevaux-vapeur.
DYNAMOMÈTRE. —Appliquée la comparaison des force humaines, le dynamomètre est ordinairement un objet d'amusement que l'on ne rencontre guère que dans les foires. 11 y a
Dynamomèlrc.
les têtes de Turc, sur lesquelles on frappe un grand coup de poing; un ressort, caché dans i'appareil, fait tourner une aiguille qui indique, sur un cadran, la pesanteur du coup. Nore figure représente l'appareil au moyen duquel on mesure la force des coups de poing du pugilat ou coups horizontaux.
E, préfixe qui correspond au lat. e ou ex (hors de), et qui ajoute au radical une idée d'extraction, de sortie ou même de suppression : écoiser, faire soitir de la cosse; écheniller, énervé, édenté, échoir, etc. Devant la
EAU
lettre f, e se change en ef: effectuer; devant S, il devient es : essouffler; devant certains mots tirés du grec, il se change en ec ou en ex : ecclésiastique, exhumer.
EAU. Chim. On démontre facilement que
EAU
l'eau est produite par la combustion de l'hydrogène. Pour cela, on se sert de l'appareil représenté par notre figure 1. Dans levsse A, on met du zinc, de l'eau et de l'acide hydrochlorique. Aussitôt le gaz hydrogène se dé-
EAU
gage et passe, par le petit tube B, dans le gros tube G, qui contient des fragments de chaux. Au contact de la chaux, il se débarrasse de toute humidité et arrive, très sec, à l'extrémité du tube C, d'où il se précipite en
nation de l'eau par fa combustion de l'hydrogène.
h; ûlant avec un peu de chaleur mais sans aucune tlamme lumineuse. Si on a soin de l'allumer, il se combine en brûlant, avec l'oxygène de l'air et forme de l'eau. On peut le prouver de la manière suivante : sur l'extrémité du tube D, on place un récipient bien propre et bien sec; on ne tarde pas à voir ses parois intérieurs se couvrir d'une rosée de vapeur d'eau condensée. Cette expérience doit être faite avec précaution. On doit attendre, pour allumer le gaz, qu'il sorte avec force; allumé trop tôt, il produirait une explosion. Cette manière de produire de l'eau en brûlant de l'hydrogène en contact avec l'oxygène est nommée synthèse par les chimistes. La composition de l'eau se démontre de plusieurs manières ; on peut, po>er par
EAU
l'eau se déverse dans la citerne A par le petit tube G, et s'écoule ensuite par le tube H, dont le débit est moins fort. L'eau monte lentement dans la citerne A et soulève peu à peu le flotteur B. Ce dernier, en montant, fait
fermer la soupape C. L'eau claire emplit le tuvau et vient ensuite couler par un tube relié au réservoir.
— Eaux de toilette. Les eaux de toilette sont nombreuses et se composent ordinairement d'infusions de substances parfuméesdans l'alcool ou le vinaigre ; elles sont destinées simplement à aromatiser l'eau et ne peuvent avoir par elles-mêmes qu'une action plutôt funeste qu'efficace à la peau. Cependant nous ne laisserons pas de donner la composition des plus populaires, sinon des meilleures, tout en commençant par indiquer les véritables eaux de toilette bienfaisantes. — Eau de fleurs de sureau. Prenez une bonne quantité de Heurs de sureau que vous mettrez dans un vase convenable ; jetez dessus quantité suffisante d'eau bouillante ; laissez infuser et refroidir ; alors passez à
EAU
— Décomposition de l'eau par l'électricité.
par exemple, la décomélectricité (fig. 2). Un vase A contient de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique. Deux lames de platine plongent dans le liquide, de chaque côté de A. Sur chaque lame de platine, on renverse une éprouvette entièrement pleine de l'eau acidulée. Les deux lames sont mises en communication avec les pôles d'une batterie, à l'aide de lils qui traversent les parois du vase. Dès que le courant est établi, on voit des bulles de gaz se former à chaque pôle et monter dans les éprouvettes. Celles-ci ne s'emplissent pas de gaz dans la même proportion; et l'on ne tarde pas l'/s'apercevoir que le gaz contenu dans l'une d'elles forme deux fois le volume du gaz contenu dans l'autre. Quand on vérifie la nature des gaz, on acquiert la preuve que celui qui a été produit en moindre quantité est de l'oxygène et que l'autre est de l'hydrogène. Cette expérience nous apprend non seulement que l'eau se compose d'hydrogène et d'oxygène, mais encore les proportions de chacun de ces gaz, c'est-àdire i d'oxygène pour 2 d'hydrogène. — Réservoir à eau de pluie. La figure 3 représente un régulateur automatique pour réservoir à eau de pluie. Les eaux de pluie tombent par le tuyau M, traversent un filtre N et coulent vers le tuyau à eau sale par-dessus la cloison E. En même temps, une partie de
Fig. 3. — Réservoir a eau de pluie.
travers un linge et servez-vous-en. Cette eau est excellente pour se laver le visage; elle fait disparaître les taches de rousseur qui n'ont d'autres causes que l'action du soleil d'été. Pour ce dernier objet, on peut faire l'infusion plus forte et en user aussi fréquemment qu'on le voudra; toutefois une ou deux applications par jour sont ordinairement suffisantes.
Eau ammoniaquée. Jetez dans une cuvette d'eau une cuillerée ou deux d'esprit composé d'ammoniaque, et lavez-vous de ce mélange le visage, les mains, les bras. Il fait disparaître les désagréables effets de la transpiration et laisse la peau propre, douce et fraîche. — Eau de lavande. Prenez : essence de lavande, 7 gr.; essence de girofle, 85 centigr.; musc, 30 centigr.; alcool a 36°, 170 gr.; eau, 30 gr. Mêlez l'essence de lavande avec un peu d'alcool, d'abord; puis ajoutez les autres ingrédients; mettez dans une bouteille bien bouchée, et laissez reposer pendant au moins deux mois avant d'en faire usage, — en secouant toutefois la bouteille assez fréquemment. — Autre. Prenez 1 litre d'alcool de bonne qualité ; mettez-y environ 65 gr. de fleurs de lavande récemment cueillies; laissez infuser au moins un mois. Filtrez. Distiller cette infusion (au bain-marie) donnerait un produit bien supérieur. — Eau de roses. Prenez 3 kil. de feuilles fraîches de roses de Damas, et juste ce qu'il faudra d'eau pour empêcher que l'action du feu les brûle. Mettez dans l'alambic et distillez comme nous l'avons indi-
qué au commencement. — Eau de Cologne.
Prenez : feuilles de sauge et de thym, de chaque, 2 gr.; menthe verte et menthe sauvage, de chaque, 30 gr.; calamus aromaticus, racine d'angélique, camphre, de chaque, 2 gr., pétales de roses et de violettes, de chaque, 7 gr.; Heurs de lavande, 3 gr. et demi; fleurs d'oranger, 2 gr.; absinthe, muscade, pirofle, quassie, gayac, macis, de chaque, i gr. Faites macérer le tout pendant vingtquatre heures dans 5 litres d'alcool; réduisez par la distillation au bain-marie à un demilitre environ. Ajoutez au produit de l'opération : essence de citron, de lavande, de menthe sauvage, de cédrat, de néroli, de semence d'anthotie, de jasmin, de ber.L'amotte, de chaque, 2 gr. Filtrez. Mettez en flacons. ->- Autre. Prenez : alcool à 36°, 2 litres; essencfa de néroli, de cédrat, d'orange, de citron, tle bergamotte,de romarin, de chaque, 24 gouttes; petites semences de cardamome, 3 gr. et demi. Distillez à l'alambic de verre et au bain-marie, et faites réduire à 1 litre et demi. Filtres, etc. — Eau de Cologne à froid. Prenez : essence de bergamotte et de cédrat, de chaque, 12 gr.; essence de citron, 15 gr.; essence de lavande et de romarin, de chaque, 6 gr.; teinture de benjoin, 8 gr.; essence de néroli, 4 gr.; alcool à 36°, 2 kil. Mêlez bien et ajoutez : musc, 30 centigr., ou alcoolat de jasmin, 30 gr. — Autre. Ajoutez à la précédente : essence de Portugal, 2gr.; essence de thym, 10 gouttes; eau de mélisse, 30 gr. Mêlez. — Autre. Essence de citron et de bergamotte, de chaque, 4 gr.; essence de cédrat, 2 gr.; essence de lavande, 1 gr.; essence de fleurs d'oranger et teinture d'ambre gris, de chaque, 10 gouttes; teinture de musc, 1 gr. teinture de benjoin, 6 gr.; essence de roses, 2 gouttes. Alccolà 36°, 1 litre. Mêlez et filtrez. — Eau chlorurée. Prenez : chlorure de chaux sec, 2 gr.; eau, 50 gr. Faites dissoudre. — Autre. Chlorure de soude, 10 gr.jeau, 100 gr. Dissolvez. Se laver les gencives trois ou quatre fois par jour de l'une ou de l'autre de ces deux préparations. — Eau dentifrice. Prenez : bonne eau-de-vie et eau de menthe, de chaque, 125 gr.; chlorure de soude, 25 gr. — Autre. Essence de savon, 20 gr.; teinture de pyrèthre, 5 gr.; eau-de-vie, 10 gr. — Autre. Essence d'anis, 60 centigr.; essence de citron, 30 centigr. créosote, 1 gr. 60 centigr. — Autre. Prenez : alcool, 125 gr.; huile volatile de menthe, 20 centigr., huile volatile de roses, 80 centigr.; cochenille, sel de tartre, de chaque, 50 centigr. Faites macérer 48 heures. Filtrez. Quelques gouttes dans un verre d'eau pour nettoyer la bouche. — Eau de Botot. Prenez : anis, 3 gr.; girofle, cannelle, de chaque, 1 gr.; huile essentielle de menthe, 50 centigr.; eau-de-vie, 60 gr. Faites infuser pendant six jours. Filtrez, et ajoutez : teinture d'ambre, 50 centigr. Quinze à vingt gouttes dans un verre d'eau. — Eau d'O'Méara. Vétivert, 4 gr.; pyrèthre, 15 gr.; girofle, 30 centigr.; iris, coriandre, orcanette, essence de menthe, de chaque, 70 centigr.; essence de bergamotte, 30 centigr.; alcool, 60 gr. — Eau de madame de La Vallière. Prenez : cochléaria frais, 200 gr.; cannelle concassée, 50 gr.; épicarpe de citron, 40 gr.; feuilles de roses rouges sèches, 30 gr.; girofle, 20 gr. Faites macérer cinq ou six jours dans alcool à 22°, 2 kil. Distillez au bain-marie. Quelques gouttes dans une demi-verrée d'eau. — Teinture gencivale. Teinture de baume du Pérou et teinture de racine de gayac, de chaque, 4 gr.; teinture de myrrhe, 8 gr.; esprit de cochléaria, 45 gr. Quatre ou cinq gouttos dans une verrée d'eau. — Eaux pour la tête. Ces eaux peuvent être employées sans danger pour nettoyer le cuir chevelu, en faire disparaître les souillures et les pellicules, etc. — Eau de romarin. Prenez : eau de romarin, 1 litre : alcool rectifié, 6 centilitres; potasse pearlash, 7 gr. et demi. Mêlez. — Eau athé-
EBUL
«e. Prenez : eau de roses, 1 litre ; alcool, 42 centilitres et demi; bois de sassafras, 30 gr.; potasse pearlash, 8 gr. Faites bouillir le bois de sassafras avec l'eau de roses, dans un vaisseau de verre ; lorsque le mélange sern refroidi, ajoutez la potasse et l'alcool. Cette eau est même supérieure à la précédente pour nettoyer parfaitement les cheveux. — Eau pour faciliter V action du fer dans la friture. Prenez : borax, 60 gr.; pomme arabique, i gr. et demi; eau chaude (non bouillante}, 1 litre. Remuez bien, et, aussitôt les divers ingrédients dissous, ajoutez 3 cuillerées à bouche de fort alcool camphré. Le soir, avant de vous coucher, humectez les cheveux de cette préparation et tortillez-les dans des papillotes de papier.
ÉBLÉ (Jean-Baptiste), célèbre général d'artillerie, né à Saint-Jean-de-Rotirbach (Lorraine) en 1758, mort à Kœnigsberg en 1812. Lieutenant d'artillerie à l'âge de 27 ans, il fut envoyé à Naples, pour y reformer l'artillerie, revint en 1789, fut employé à l'armée du Nord, devint général de brigade en 1793 et prit une part importante à la conquête des Pays-Bas. En 1797, enfermé dans la forteresse de Kehl, il résista à l'armée autrichienne, fit la campagne de Naples sous Championnet, prit part aux guerres d'Allemagne, assista à léna, fut ministre de la guerre en Westphalie, fut envoyé en Portugal avec Masséna, commanda les équipages de pont pendant la campagne de Russie, et mourut de fatigue et de froid après le passage de la Bérésina.
ÉBONITE s. f. Nom donné par les électriciens à du caoutchouc mélangé avec une grande proportion de soufre et chauffé à une température de -(-200oC. Ce caoutchouc durci, appelé aussi vulcanite, est dur, noir ou d'un hrun noirâtre; il offre l'aspect d'une substance cornée; il est moins soluble que le taoutchouc vulcanisé ordinaire et présente une grande résistance au passage de l'électricité ; c'est pourquoi on l'emploie beaucoup tomme isolateur électrique. Il a pris une grande importance dans la fabrication des téléphones, des sonneries et de différents autres appareils électriques,
ÉBOUCTERv. a. Synon. d'ÉBouTER.
ÉBOUDINER v. a. (rad. boudin). Serrer étroitement, en parlant des vêtements, surtout des corsets. — S'éboudiner v. pr. Se serrer outre mesure : cette dame s'éboudine dans son corset. (Pop.).
ÉBOURGEONNAGE s. m. Hortic. Suppression des bourgeons qui ne sont pas nécessaires ou qui font confusion sur un arbre fruitier.
ÉBOUTER v. a. Hortic. Couper les extrémités des rameaux ou des tiges. On dit aussi éboucter et pincer.
ÉBODTONNAGE s. m. Hortic. Suppression de certains boutons à fruit avant leur épanouissement.
EBODTONNER v.
âge.
a. Pratiquer l'ébouton-
EBULIlïIGN. Sous la pression atmosphérique ordinaire, l'eau entre en ébullition à 100° C. Mais ta pression a une grande influence sur ce p i nt d'ébullition, ainsi que l'on peut s'en a<id. t par l'expérience suivante. Dans une éprouvetle de verre, on verse de l'eau bouillante; on Lo'iche ensuite hermétiquement le goulot de l'éprouvette. Au bout de Quelques secondes, l'eau cesse de bouillir ans l'éprouvette, où il n'y a plus d'air. Mais ci l'on plonge le flacon d'expérience dans un vase contenant de l'eau très froide, on voit l'eau de l'éprouvette se remettre à bouillir, en
ECAR
conséquence delà diminution de pression eau-
marque
annonce On peut est alors
ÉbuIHtnn de l'eau par le froid.
sée par la condensation de la vapeur refroidie.
ECARTE. — Encycl. L'écarté est un jeu aussi français et aussi populaire chez nous que le piquet. C'est l'amusement préféré des personnes qui ne tiennent pas à fatiguer leur esprit dans de hautes combinaisous ou dans de profonds calculs; ce qui ne veut pas dire que l'écarté, quoique simple dans sa marche, n'a pas ses finesses et ses adroites conceptions. L'écarté se joue entre deux personnes, avec un jeu de piquet ou de 32 cartes ainsi classées relativement à leur valeur nominale : roi, dame, valet, as, dix, neuf, huit et sept. Une partie est ordinairement de cinq points, à moins de conventions contraires. Quand on joue de l'argent, on le met toujours sur table; les points se marquent du côté de l'argent. Celui qui fait 3 levées gagne un point; celui qui fait toutes les levées de la tournée gagne deux points (ce qui s'appelle faire la vole). Celui qui tourne le roi marque un point, indépendamment de celui ou de ceux qu'il pourra faire par ses levées ou par la vole ; celui qui possède le roi d'atout également un point, pourvu qu'il i avant d'abattre sa première carte, jouer en partie liée; le vainqueur celui qui gagne deux parties sur trois. Le gagnant ne peut refuser la revanche ; le perdant peut ne pas l'exiger. Il est d'usage d'avoir deux jeux de cartes, sur lesquels on alterne à chaque partie, et pour éviter de les mêler ensemble, il est prudent d'en avoir un taroté ou de couleur. — Makche du jru. Supposons deux joueurs, A et B; nous allons les suivre pendant une tournée, en établissant, au fur et à mesure, les règles du jeu. — De la main. Ayant fait leurs conventions et versé leurs mises, A et B placent entre eux deux un jeu de piquet bien battu, et disent : < A qui fera >. Faire, c'est battre et distribuer les cartes : on dit aussi avoir la main. L'avantage d'avoir la main est considérable parce qu'il y a un à parier contre sept que l'on retournera le roi et que l'on gagnera ainsi un point avant même d'avoir joue. De plus, celui qui donne voit venir son adversaire, qui est le premier à jouer; si cet adversaire propose (nous verrons plus loin ce que nous entendons par ce mot), le donneur est averti qu'il a un jeu faible et il peut en profiter pour refuser, tandis que le premier, s'il joue sans écarter, n'a aucune donnée sur le jeu de son adversaire. Pour savoir qui aura la main, chaque joueur prend un petit paquet des cartes du jeu et le retourne couleur en dessus : celui qui retourne ainsi la plus forte carte a la main. Si les deux cartes sont de même valeur, on recommence Si, en tirant la main, on découvre plusieurs cartes, la plus basse est celle qui compte. Celui qui ne fait pas voir la carte de sa coupe est censé avoir coupé la plus basse. On ne peut couper pour une seule carte. La main est bien tirée même avec un jeu faux. Quand un jeu de cartes est reconnu faux, tous
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les coups qui précèdent, même celui où l'on s'en aperçoit, s'il est consommé, sont bons.
— De la coupe. A ayant la donne, prendra toutes les cartes, les mêlera, les battra, les mettra en pile et les présentera à son adversaire, en disant : « Coupez ». B coupera en enlevant une partie de la pile des cartes et en posant cette portion à côté de celle qui reste; A prendra la partie non enlevée et la portera sur la pile que B a posée. De cette manière, les cartes ne seront plus dans l'ordre où elles se trouvaient a.ant l'action de couper. On ne peut couper moins de deux cartes. — De la donne. Le joueur A prend le jeu entier dans une de ses mains, faces en dessous, et donne à son adversaire les trois cartes supérieures; après quoi, il prend les trois suivantes pour lui; il donne ensuite les deux qui suivent à B et prend pour lui les deux qui se trouvent immédiatementau-dessousdecelles-ci. Chaque joueur reçoit donc cinq cartes. Il est permis de distribuer suivant l'ordre 2, 2, puis 3, 3 ; mais ensuite tant que dure la partie, on est obligé de donner suivant l'ordre adopté d'abord. On ne peut en changer que lorsque la partie est terminée, pourvu qu'on ait l'attention d'en prévenir son adversaire. Si l'adversaire, avant d'avoir regardé son jeu, s'aperçoit que le donneur change l'ordre suivant lequel il a donné jusqu'alors, il a le droit de faire donner de nouveau ; mais il n'a plus cette faculté dès qu'il a pris connaissance du jeu qu'il vient de recevoir. Celui qui donne doit toujours mêler les cartes; l'adversaire doit toujours les couper ; mais ce dernier peut aussi mêler avant de couper; alors le donneur les mêle de nouveau et le second doit les couper une seconde fois sans les mêler. Quand un joueur donne hors de son tour, on recommence le coup si l'on s'aperçoit de l'erreur avant que la retourne soit connue. Si l'erreur n'est relevée que lorsque la retourne est connue, on met de côté le jeu, qui se trouvera bien donné pour le coup suivant. Si l'on s'aperçoit de l'erreur après avoir joué, le coup est bon. — De la retourne. A ayant pris 10 cartes sur le paquet, 5 pour son adversaire et 5 pour lui, retourne la onzième et la pose sur la table, où elle reste dans cette situation. Cette carte indique l'atout, dont la couleur doit dominer pendant toute la tournée. Si, par exemple, l'atout appartient à l'ordre des cœurs, toutes les cartes de cette couleur, quelle que soit leur valeur nominale, l'emporteront sur n'importe quelle carte d'une autre couleur; c'est-à-dire que le sept de cœur pourra prendre le roi de carreau, celui de trèfle ou celui de pique, et qu'il prendra, par conséquent, toute carte appartenant à l'ordre des carreaux, des trèfles ou des piques. Les atouts conservent leur valeur relativement aux autres atouts, c'est-à-dire que le roi d'atout prend la dame d'atout, que la dame prend le valet, etc. — Du talon. On appelle talon le paquet de cartes qui reste quand chaque joueur a reçu cinq cartes et quand l'atout est retourné. Le talon se place à la droite de celui qui donne, et les écarts à la gauche, pour ne pas confondre le talon avec les écarts, ou pour se rappeler, au besoin, quel est celui desjoueursqui vient dedonner.
— Du roi. Si la onzième carte que le donneur retourne est un roi, il marque un point de droit. Celui des deux joueurs qui possède dans ses cartes le roi d'atout marque également un point, à la condition de l'annoncer avant de jouer sa première carte. Pour cela, on dit : t Le roi», et l'on marque le point. Si l'on est le premier à jouer, et si l'on joue le roi d'abord, on peut l'annoncer en le jetant sur la table ; il ne donne plus de point si on l'annonce, dans ce cas, après qu'il est couvert par la carte de l'adversaire. Dans tous les cas où un joueur jette sa première carte sans annoncer qu'il a le roi, quand il l'a, il perd le droit de marquer le point. — Des écarts.
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Quand le joueur A a donné, et que le joueur B craiut d'avoir du désavantage en gardant le jeu qui vient de lui échoir, il propose au donneur de l'échanger, en tout ou en partie, en disant : « J'écarte » ou « Je propose ». A peut accepter ou refuser, selon qu'il est mécontent ou satisfait de son jeu. S'il accepte la proposition d'écarter, il dit : t Combien? » en jetant lui-même à bas, figures en dessous, toutes les cartes de son jeu qui lui semblent faibles ou mal assorties. B, jetant de la même façon les cartes dont il désire se défaire, répond en disant le nombre de cartes qu'il rejette. A, prenant le talon, donne d'abord à B, en une seule fois, autant de cartes que ce dernier en a demandé; après quoi, il en prend pour lui autant qu'il lui en faut pour remplacer celles qu'il a écartées lui-même. Si B, content de son jeu, joue à'autorilé, c'est-à-dire sans proposer, il perdra deux points s'il ne fait pas trois levées dans la tournée; et il ne gagnera qu'un seul point s'il fait trois levées. De même, A, s'il repousse la proposition de B, risque de perdre deux points, en ne faisant pas trois levées, et ne gagnera qu'un point s'il fait trois levées. Si Bjoue d'autorité, A, faisant la vole, marquera trois points. Si A repousse la proposition d'écarter, B, faisant la vole, marquera trois points. Le roi d'atout ne s'annouçant qu'après les écarts terminés, il en résulte qu'un joueur qui a agi d'autorité, sans posséder le roi, risque de voir son adversaire gagner quatre points en une seule tournée, si cet adversaire a le roi et fait la vole. Des qu'on a demandé ou refusé d'écarter, on ne peut plus se rétracter. De même, dès qu'on a demandé un certain nombre de cartes, on ne peut plus le changer. Le joueur B, quand il n'est pas satisfait des nouvelles cartes qui viennent de lui être données, peut proposer d'écarter encore ; et A peut accepter ou refuser, comme précédemment; mais l'absence de proposition ou le refus sont sans influence sur la marque subséquente. B peut proposer autant de fois que son adversaire consentira à modifier son jeu, et cela jusqu'à l'extinction des cartes du talon. Si, après plusieurs écarts, A a l'inadvertance d'accepter d'écarter quand il ne reste pas au talon assez de cartes pour remplacer celles que les deux joueurs viennent d'écarter, il servira B, après quoi, il complétera ses cinq cartes, en tirant au hasard, dans son dernier écart, sans le retourner, autant de cartes qu'il lui en manque. — Du jeu. B joue le premier, en abattant une carte de son jeu, après avoir annoncé le roi d'atout, s'il le possède. A abat une carte de la même couleur, plus forte, s'il en a, plus faible, s'il n'en a pas de plus forte; s'il n'a pas de la couleur, il prend avec un atout, ou, à défaut d'atout, il joue une carte quelconque. Celui qui a abattu la plus forte des deux cartes, les retourne et les place près de lui; il a fait une levée, et c'est à son tour de jouer le premier. Un joueur qui joue avant son tour n'est tenu qu'a reprendre sa carte; mais si elle a été l'ouverte, le coup est bon. — De la marque. Celui des deux joueurs qui fait trois ou quatre levées sur cinq, marque un point; s'il t'ait la vole, c'est-à-dire les cinq levées, il marque ieux points. Il marquerait deux points s'il
usait trois ou quatre levées après que son adversaire a joué d'autorité ou refusé d'écarter; et dans le même cas, il marquerait Irois points s'il faisait cinq levées. De plus, on
narque au début le roi d'atout comme il aété dit, soit qu'on le retourne, soit qu'on le pos- 5ède dans son jeu. On admetaujourd'hui, dans la plupart des cafés de Paris, que l'on ne peut m irquer plus de trois points par tournée, sous aucun prétexte, quand môme on en aurait gagné quatre. La partie la plus ordinaire se joue en cinq ou en sept points secs, ce qui veutdire que le vainqueur définitif est celui qui le premier a marqué cinq ou sept points. La partie est d:te liée, quand ou convient que le vainqueur
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sera celui qui le premier aura gagné deux parties du nombre déterminé de points. — Des pactes et des pénalités. Celui qui touche les écarts et regarde les cartes dont ils se composent est condamné à jouer à jeu découvert, étant censé connaître l'écart de son adversaire. Celui qui annonce une couleur et en joue une autre, est tenu, si l'adversaire l'exige, de reprendre sa carte et jouer la couleur annoncée, ou s'il n'en a pas, toute couleur indiquée par l'adversaire. Si l'adversaire trouve que la carte jouée lui est plus favorable que la couleur annoncée, il peut s'opposer à ce qu'elle soit retirée. Si un joueur dit : «J'ai le roi» quand il n'a pas le roi d'atout, son adversaire, l'erreur une fois reconnue, fait démarquer le point indûment marqué et marque le point à la place du délinquant, sans préjudice du point que lui rapporte le roi, s'il l'a lui-même. Le coupable échappe à cette pénalité quand il revient sur son erreur avant de commencer le coup. Celui qui regarde les levées de son adversaire est condamné à jouer à jeu découvert, Quiconque, par erreur ou autrement, jette ses cartes sur la table, perd un point s'il a déjà fait une levée et deux points s'il n'en a pas encore fait. On est censé avoir jeté ses caries sur la table si on les abaisse de manière que l'adversaire puisse les voir. Qui quitte la partie la perd. Une carte retournée dans le jeu annule le coup si on l'aperçoit pendant la distribution; à moins que cette carte soit la 11e, parce que cela ne change rien à son sort, qui est d'être re tournée. Si l'on ne s'aperçoit de la carte retournée qu'après avoir écarté, et qu'elle vienne dans la main de celui qui reçoit les cartes, il peut la garder ou recommencer le coup et prendre la main, la faute étant du fait de celui qui donne. Mais si celte cartevient à celui qui donne, le coup est bon. Si l'on ne s'aperçoit de la carte retournée qu'après que les deux joueurs ont cessé de recevoir les cartes, le coup est bon, — De la renonce et de la sous-force. Il est défendu de renoncer et de sous-forcer. Renoncer, c'est ne pas fournir de la couleur demandée par l'adversaire. Par exemple, si A joue |du trèfle, B renonce si, ayant du trèfle, il joue d'une autre couleur. Il n'y a pas renonce quand ou ne possède pas de la couleur demandée ; alors on peut jouer de l'atout, si l'on eu possède et si la couleur demandée n'en est pas. A défaut d'atout, on peut abattre une carte quelconque. Sous-forcer, c'est fournir de la couleur demandée, mais jeter une carte inférieure à celle de l'adversaire, quoique l'on en possède une plus forte dans son jeu. Par exemple, A ayant joué un dix de trèfle, B sous-force si, possédant un as de trèfle, il abat un neuf de cette couleur. Le joueur qui renonce ou qui sousforce est obligé de reprendre sa carte et de rejouer. Cette faute, quand elle n'est pas immédiatement remarquée, enlève, au délinquant, si l'adversaire s'en aperçoit dans la suite de la même tournée, le droit de marquer le point qu'il ferait; elle lui laisse le droit de marquer un point s'il fait la vole. — De la maldonne en général. 11 y a une maldonne quand le donneurse trompe dans le nombre des cartes qu'il donne à son adversaire ou qu'il se donne à lui-même. Si le donneur retourne plus d'une carte, l'adversaire a le droit de rétablir la retourne telle qu'elle doit être: il peut mettre à l'écart les cartes qui ont été vues. Il a le droit de prendre la main et de recommencer le coup, pourvu qu'il n'ait pas encore vu le jeu qu'on lui a distribué. Si le donneur retourne ou lait voir une ou plusieurs cartes de celles qu'il distribue à son adversaire, ce dernier est libre de tenir la distribution pour bonne ou de faire recommencer le coup en prenant la main. Le coup est bon si l'un des joueurs laisse voir ses propres cartes. Si la faute a lieu après écart, l'adversaire du donneur qui a laisse voir une ou plusieurs
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(cartes, est seulement en droit d'en exiger une ou plusieurs autres; ruzlz il ne neut faire recommencer le coup. Si, après écart, le donneur retourne une carte comme quand il donne pour la première fois, il ns peut refuser un nouvel écart à l'adversaire, qui a ainsi le privilège de devenir possesseur de la carte vue. — Dk la maldonne d'emblée. Le joueur qui reçoit du donneur plus de cinq cartes, a le droit d'écarter la ou les cartes excédentes à son choix, en les faisant voir avant de les jeter, ou de recommencer le coup eu prenant la main. Le joueur qui reçoit moins de cinq cartes a également le droit de recommencer en prenant la main ou de prendre sur la table le nombre de cartes qui lui manque, sans changer la retourne. Si, au contraire, celui qui fait se donne trop de cartes, l'adversaire peut recommencer en prenant la main, ou, s'il l'aime mieux, retirer au hasard les cartes excédentes du jeu du donneur. Si celui qui fait se donne moins de ciuq cartes, l'adversaire peut prendre la main ou l'autoriser à prendre sur le talon le nombre manquant de cartes, sans toucher au talon. Le joueur qui, ayant trop ou trop peu de cartes, n'en préviendrait l'adversaire qu'après avoir écarté, perdrait deux points et le droit de marquer le roi, même s'il l'eût retourné. — De la maldonne après écart. Si celui qui distribue donne plus ou moins de cartes qu'on ne lui en demande, il perd le point et le droit de marquer le roi s'il l'a dans son jeu ; mais il conserve la marque du roi s'il l'a retourné. Si fie\ui qui distribue se donne plus de cartes qu'il n'en a écarté, il perd le point et le droit de marquer le roi, s'il l'a dans son jeu. S'il se donne moins de cartes qu'il n'en a écarté, il complète son jeu en prenant dans les premières du talon, sans éprouver de punition. S'il ne s'aperçoit de son erreur qu'après avoir joué, son adversaire fait autant de levées qu'il a pris de cartes de moins. Si la faute ne vient pas de celui qui donne, comme dans le cas où le premier à jouer aurait demandé plus ou moins de cartes qu'il n'en aurait écarté, alors le coupable perd un point et le droit de marquer le roi, s'il a demandé plus de cartes qu'il ne lui en faut; mais il perd seulement un point et conserve le droit de marquer le roi s'il a demandé moins de cartes qu'il n'en a écarté. Celui qui, après écart, joue avec plus de cinq cartes, perd un point et le droit de marquer le roi. Tous les cas dont il n'est pas fait mention dans les règles qui précèdent doivent être décidés contre le joueur qui a commis la faute. — Des paris. Il est permis de parier pour un des joueurs ; et l'on peut alors voir le jeu de celui pour lequel on parie, et lui donner des conseils ; mais ces avis et toutes les observations faites à haute voix ne sont comptés pour rien par l'adversaire tant que le joueur n'a pas parlé. Pour donner un exemple, si un parieur dit: < Le roi», le joueur, pour pouvoir le marquer, doit annoncer luimême son roi suivant les règles ordinaires. Les joueurs ont le droit de tenir tous les paris, de préférence à la galerie qui ne peut tenir que l'excédent de ce que veut jouer l'adversaire de celui pour qui elle parie. Il est absolument interdit de regarder le jeu de l'adversaire contre lequel on parie et de conseiller à haute voix le partenaire; quand on veut indiquer à ce dernier une carte à jouer, on ne doit pas la nommer, ni même en faire connaître la couleur. On peut parier à la partie, au point, aux deux, aux trois, aux quatre premiers points, au roi, à la belle d'ato'it et à la couleur de la retourne. L i lerie a le droit d'avertir de toutes les erreurs qui pourraient être considérées corn ru. fraides. Un parieur a le droit de prendre et de continuer la partie du jouet' . litte,
si c'est pour lui qu'il parin. .... chaque