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chacun aura dix cartes; mais on lèvera les deux dernières cartes de chaque couleur, comme les as et les deux; à trois, chac un aura douze cartes; on lèvera en ce cas encore les basses cartes d'une couleur, qui seront les trois; des cinquante-deux cartes dont ce jeu est composé, il n'en restera donc que quarante. Quand celui qui est le premier en carte a jeté celle qu'il a juué à propos, le second est obligé de jouer celle qui suit de la même couleur; s'il ne l'a pas, il l'emprunte de celui qui l'a, en lui payant un jeton; le troisième est obligé de jouer aussi la carte suivante, ou de l'emprunter; le quatrième fait de même, et ceux qui suivent aussi, en allant toujours par la droite jusqu'à ce qu'rl n'y ait plus de cette couleur. Celui qui est à la droite du joueur qui a joué la dernièie carie, soit en empruntant, soit de son jeu, recommence à jouer une carte de la couleur qu'il lui convient. On observe la même manière déjouer jusqu'à ce qie l'un des joueurs se soit entièrement défait de toutes ses cartes. Le premier qui s'en est défait gagne la partie, et tire par conséquent tout ce qu'on a mis au jeu, et se fait payer de plus ce dont on est convenu pour les cartes qui restent en main aux autres joueurs. S'il y avait au talon quelques carte de la couleur jetée, et qu'on ne pût par conséquent l'emprunter d'aucun joueur, on la prendrait au talon en payant au jeu ce qu'on aurait payé au joueur qui l'aurait eue. Il y a un grand avantage à être premier à jouer, puisqu'on commence par la couleur la plus avantageuse à son jeu, à laquelle il faut absolument que les autres répondent.
EN [an] (lat. in, même sens). Préfixe qui donne le sens d'introduction dans : Enamourer, metltre en l'amour. — Devant 6, p ou m, on écrit em : Embarrasser ; Emprisonner ; emmaousiner.
ENCRES SYMPATHIQUES.-- 1» Servez-vous, au lieu d'encre ordinaire, d'une solution faible de muriate ou de nitrate de colbalt; ce que vous écrirez sera invisible, mais faites-le chauffer en le tenant devant le feu, alors l'écriture apparaîtra en bleu. Si le cobalt est mélangé de 1er, la couleur de l'écriture sera verte. Lorsque le papier aura été éloigné du feu, l'écriture redeviendra de nouveau invisible. — Le tableau inachevé, A l'aide des deux sortes de solutions dont nous venons de parler, on produit quelquefois une illusion curieuse, qui ne laisse pas d'intriguer. On prépare le dessin en couleurs ordinaires d'un paysage quelconque, à l'exception des feuilles, des arbres et du gazon, que l'on peint avec une solution de muriate de cobalt additionné de fer, et du ciel, que l'on couvre d'une couche de cobalt dissous; ce qui revient à dire que, pour tout examinateur non prévenu, le ciel et la verdure auront été négligés par le coloriste, tandis que celui-ci, en exposant son paysage au feu, prouvera que l'examinateur ne sait pas ce qu'il dit, attendu que le ciel apparaîtra du plus beau bleu et les feuilleset l'herbe des prairie du vert le plus tendre. 2° Ecrivez avec une faible solution de muriate de cuivre; l'écriture, invisible lorsqu'elle est froide, exposée au feu comme dans le cas précédent, apparaîtra jaune sur le papier. Si dans le paysage dont nous avons parlé cidessus vous failes figurer, par exemple, un champ de blé mûr, rien ne s'oppose à ce que vous le peigniez, ainsi qu'une foule de petits détails sur lesquels il est inutile d'inisler, avec cette solution; votre dessin n'en araltra que plus incomplet, jusqu'au muent où, chauffé à la tlamme du loyer, il se eyêtira comme par enchantement des plus brillantes couleurs de la nature dans la saison d'été! 3° Faites une légère solution d'alum dans du jus de citron; les caractères que vous tracerez avec cette solution resteront invisibles jusqu'à oe«u» vo-'s tes mouillez d'eau,
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ce qui les fera apparaître de couleur grisâtre et transparente. 4° Si vous employez une solution d'alun de roche seul, et si, lorsque l'écriture aura séché, vous l'arrosez d'un peu d'eau, vous ferez apparaître les caractères plus blancs que le papier sur lequel ils sont écrits. 5° Ecrivez avec une légère solution de sulfate de fer (couperose verte); quand l'écriture sera séchée, elle serainvisible; mouillez-la alors avec une brosse douce trempée dans une forte décoction d'écorce de chêne ou dans de la teinture de noix de galle, et vous la ferez paraître noire. 6° Employez la solution de sulfate de fer ci-dessus indiquée; seulement , quand l'écriture sera séchée , lavez-la avec une solution de prussiate de potasse. Votre écriture apparaîtra alors sur le papier d'une couleur bleue magnifique .
7° Ecrivez avec de l'eau de riz; je n'ai pas besoin de grands efforts pour vous faire entendre que les caractères tracés avec cette eau sur du papier blanc ne seront pas visibles; mais si vous les mouillez avec une solution d'iode, aussitôt ils apparaîtront en couleur violette. Cette encre sympathique a été mise en usage, et cela avec un très grand succès, pendant la dernière guerre des Indes, par l'armée anglaise. La première lettre écrite ainsi fut envoyée à Jellalabad, cachée dans le tuyau d'une plume. On n'y trouva naturellement qu'une feuille de papier immaculée ou à peu près, car, à la vérité, le mot iodine y était tracé ostensiblement. On comprit ce que cela voulait dire, on lava le papier d'une solution d'iode, et il se trouva contenir, en effet, une importante dépêche de sir Robert Sale. Dans tous les procédés employés pour rendre visibles les caractères tracés à « l'encre sympathique », il y a naturellement décomposition chimique. Les exemples les plus frappants de ce phénomène se trouvent dans les procédés que njus avons inscrits sous les numéros 5 et 6, dans le premier desquels l'acide galique s'unissantau ferforme le noir; ce sont d'ailleurs les deux substances qui forment la base de l'encre commune, — tandis que, dans le second, l'acide prussique, en s'unissant au fer, produit un bleu dû au prussiate de fer.
ENDOSPERME s. m. (gr. endon, en dedans ; sperma, graine). Bot. Masse cellulaire au milieu de iaquelle se trouve ordinairement l'embryon. On dit aussi albumen ou péhisperme.
ENFANT. — Législ. Nous allons compléter ici ce que nous avons écrit dans le Dictionnaire (t. II, page 586) sur les diverses catégories d'enfants dont le législateur s'est spécialement occupé. — Enfants assistés. Un décret du 8 mars 1887, abrogeant celui du 31 juillet 1870, réorganise le personnel chargé, sous l'autorité des préfets, de la surveillance du service des enfants assistés. Ce personnel, dont la nomination est réservée au ministre de l'intérieur, comprend des inspecteurs, des sous-inspecteurs, des inspectrices et des sous-inspectrices. — L'instruction ministérielle du 8 février 1823 portait que les enfants abandonnés ne peuvent être admis dans un hospice dépositaire, au titre d'enfants assistés, après l'âge de douze ans. Cette disposition est rapportée par une circulaire du ministre de l'intérieur, en date du 21 janvier 1889. — Enfants moralement abandonnés. La loi du 24 juillet 1889, due à l'initiative de M. Théophile Roussel, sénateur, détermine les cas où les parents indignes sont déchus de la puissance paternelle et des droits qui s'y rattachent, sauf du droit réciproque relatif aux aliments. Sont déchus de plein droit, les père, mère et ascendants : s'ils sont condamnés pour avoir excité ou favorisé la prostitution ou la corruption de leurs enfants; s'ils sont condamnés comme auteurs ou complice d'un crime commis sur la personne de
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leurs enfants ou d'un crime commis par ceuxci ; s'ils sont condamnés deux fois, soit comme auteurs ou complices d'un crime commis sur la personne de leurs enfants, soit pour excitation habituelle de mineurs à la débauche. Peuvent être déclarés déchus de \a puissance paternelle: les père et mère condamnésaux travaux forcés ou à la réclusion, pour un crime autre que ceux contre la sûreté de l'Etat; les père et mère condamnés deux fois, soit pour séquestration, suppression, exposition ou abandon d'enfant, soit pour vagabondage ; les père et mère condamnés, soit en seconde récidive pour ivresse, soit pour infraction à la loi du 7 décembre 1874, qui interdit de faire mendier des enfants de moins de seize ans ou de les employer dans des représentations de saltimbanques; les père et mère condamnés une première fois pour excitation habituelle de mineurs à la débauche; les père et mère dont les enfants, accusés d'un crime ou délit et acquités comme ayant agi sans discernement, ont été, en vertu du jugement, conduits dans une maison de correction; enfin, en dehors de toute condamnation, les père et mère qui, par leur ivrognerie habituelle, leur inconduite notoire et scandaleuse, ou par de mauvais traitements, compromettent, soit la saute, soit la sécurité, soit la moralité de leurs enfants. Dans les cas où tes père et mère ne sont pas déchus de plein droit, l'action en déchéance est intentée devant la chambre du conseil du tribunal du domicile ou de la résidence du père ou de lanière, soit parmi ouplusieurs parents du mineur, au degré de cousin germain ou à un degré plus rapproché, soit par le ministère public. Dans tous les cas, un mémoire doit être présenté au président du tribunal. Ce mémoire énonce les faits et il estaccompagné des pièces justificatives. 11 est notifié au père, mère ou ascendant dont la déchéance est demandée. En cas de déchéance du père et de la mère, le tribunal décide si la tutelle sera constituée suivant le droit commun, sans qu'il y ait obligation pour la personne désignée d'accepter cette charge; et, si elle l'accepte, les biens du tuteur ne sont pas grevés de l'hypothèque légale du mineur. Si la tutelle n'est pas ainsi constituée, elle est exercée par l'assistance publique, laquelle est représentée, dans ce cas, par l'inspecteur départemental des enfants assistés, et à Paris par le directeur de l'administration générale de l'assistance publique. Les enfants sont confiés soit à des particuliers, soit à des associations de bienfaisance. (Voy. ci-après Sauvetage. ) Les charges concernant les enfants moralement abandonnés incombent au département ; mais, lorsque le conseil général s'est engagé à assimiler ce service à celui des enfants assistés, l'Etat fournit une subvention égale au cinquième des dépenses, et cette subvention s'applique alors non seulement aux dépenses extérieures, mais aus:i aux dépenses intérieures des deux services Eu outre, le contingent des communes constitue, dans ce cas, une dépense obligatoire pour celles-ci. Malheureusement les dépense) concernant les enfants moralement abandon nés ne sont pas obligatoires pour les départements; et, quelques conseils généraux ayant refusé d'assimiler ce service à celui des enfants assistés, la loi Roussel n'a pas encore pu être appliquée intégralement dans toute la France. — Les père et mère déchus de la puissance paternelle ont la faculté, dans certains cas, de demander au tribunal de la leur restituer; mais l'action ne peut être introduite qu'après la réhabilitation, et seulement tiois ans après le jour où le jugement qui a prononcé la déchéance estdevenu irrévocable. — Enfants employés dans l'industrie. Les ouvrons ou ateliers tenus par des congréganistes ou par des associations religieuses s'étaient toujours soustraits aux règles protectrices de l'enfance et à la surveillance admi
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nistrative instituées par la loi du 19 mai 1874; mais il a été décidé par un arrêt de la cour d'appel d'Angers, confirmé le 2 août 1888, par la cour de cassation, que la loi est applicable à ces ouvroirs, lorsque les travaux que l'on y exécute n'ont pas pour but principal d'enseigner un métier aux enfants, mais de confectionner des marchandises destinées au commerce. — Enfants de troupe. Les six écoles d'enfants de troupe, créées sous le nom d'écoles militaires préparatoires, en vertu de la loi du 19 juillet 1884, qui a supprimé les enfants de troupe dans tous les régiments, ont été ouvertes successivement. Chacune de yes écoles est organisée pour recevoir 500 élèves. Celles de Rambouillet, de Montreuilsu r-Mer, de Saint-Hippolyte-du-Fort et des A. n'delys sont des écoles préparatoires à l'arme d eM'infanterie; l'école d'Autun prépare ses èl èves à la cavalerie; et l'école de Billon, au Oénie, à l'artillerie et au train des équipages. Tous les ans, 600 enfants de ces écoles, arrivés à l'âge de dix-huit ans, entrent dans l'armée, après avoir, de treize à seize ans, complété leur instruction élémentaire, et avoir reçu ensuite, pendant deux ans, l'instruction militaire. Les écoles d'enfants de troupe sont donc d'excellentes pépinières de sous-officiers, et même d'officiers pour notre armée. iNe peuvent être admis dans ces écoles que les fils de soldats, caporaux ou brigadiers, sous-officiers, officiers, jusqu'au grade de capitaine, en activité ou jouissant d'une pension soit de retraite, soit de réforme, et ceux dont le père a contracté un rengagement de cinq ans au moins. Sunt également admis les fils d'officiers supérieurs décédés. Le ministre de la guerre fixe le nombre de places réservées dans ces écoles aux enfants de troupe de la marine. Des allocations annuelles sont payées aux familles des enfants de troupe de 2 à 13 ans. inscrits sur les contrôles des corps, savoir : cent francs pour les enfants de 2 à 5 ans; cent cinquante francs pour ceux de 5 à 8 ans, et cent quatre-vingts francs pour ceux de 8 à 13 ans. (Décret du 3 mars 1885t. (Ch. Y.)
ENGELURES. — 11 serait quelquefois possible de prévenir cette affection inflammatoire des extrémités, souvent si douloureuse, et qui peut même devenir assez grave pour déformer à jamais les doigts auxquels elle s'attaque. En effet, l'engelure est généralement le produit d'un refroidissement de la peau, ou de son réchauffement inconsidéré après un refroidissement considérable. Par exemple, nous voyons souvent les personnes exposées, eu hiver, à avoir les mains dans l'eau froide ou en contact avec des matières humides souffrir, toute la saison d'engelures douloureuses. — Pour ma part, j'en suis encore à découvrir un garçon épicier ou une cuisinière dont les mains soient absolument vierges d'engelures. Une précaution à prendre contre ce mal serait d'avoir bien soin, en hiver, lorsqu'on s'est lavé les mains, de les sécher parfaitement en les essuyant avec une serviette; car l'eau, en se refroidissant jusqu'au point de congélation, produira presque inévitablement des engelures; de même, lorsqu'on a très froid, lorsqu'on a l'onglée, il ne faut se réchauffer les pieds ou les mains que graduellement, sous peine d'obtenir le même fâcheux résultat. Quant aux personnes qui ont déjà eu des engelures et en craignent le retour, elles pourront l'éviter en lotionnant, dès le milieu de l'automne, les parties menacées de vin ou d'eau-de-vie camphrée étendus d'eau, ou en les baignant matin et soir pendant un bon quart d'heure dans un bain composé de 5 grammes de tan et autant d'alun par litre deau. Au début des engelures, on peut également faire usage de ces bains, tant qu'elles ne so:<L pas ulcérées. On recommande également, dans les mêmes conditions, les frictions avec de la neige, de la