‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 205 sur 503 · ENGR · texte numérisé non relu

ENGR

glace pilée ou de l'eau froide sinapisée ou dans laquelle on a fait fondre du sel ammoniaque dans la proportion de 50 grammes pour un demi-litre d'eau. On peut panser enfin les engelures déjà développées, mais sans ulcérations, avec des compresses d'eau salée ou d'eau végéto-minérale composée comme suit :

Bau distillée 48 grammes.

Extrait de saturnc 1 —

Alcool 4 —

Le Uniment suivant est également d'un bon us;tge dans ce cas :

Glycérine 50 grammes.

Acide chlorhydrique 1 —

On l'étend le soir, en se couchant, sur la partie malade qu'on enveloppe d'un linge. Le lendemain matin, on lave à l'eau vinaigrée pour recommencer le soir. — Autre Uniment contre les engelures et aussi contre les gerçures ou crevasses :

Axonge et huile d'amandes amères

de chaque 30 grammes- Cire jaune 10 —

Faites fondre à feu doux, laissez refroidir et ajoutez :

Ammoniaqne liquide (alcali volatil) 6 grammes.

Huile de lavande 8 —

Camphre dissous dans la teinture de moutarde 3 —

Employez en friction sur les engelures non ulcérées, ainsi que sur toute espèce de gerçures ou crevasses — excepté pourtant celles des bouts des seins et celles des lèvres. Lorsqu'il y a ulcération, on panse avec l'onguent rosat composé, l'onguent populeum ou le cérat satnrné, ou simplement avec de la glycérine pure. Les ulcérations graves, nous l'avons dit, peuvent amener des complications dangereuses. Le recours au médecin est donc naturellement prescrit en pareil cas. Nous disions en commençant qu'il est seulement quelquefois possible de prévenir l'invasion des engelures. C'est qu'en effet cette affection est souvent due à une prédisposition organique et annonce un tempérament lymphatique. Les engelures s'attaquent de préférence à la jeunesse; il ne faut pas perdre de vue cette origine constitutive et, si le malade est un enfant, s'efforcer de modifier sa constitution par un bon régime; faire usage en tout cas de bains salés, de bains de mer dans la saison, si possible.

ENGRAIS. — Législ. La loi du 27 juillet 1867 ayant été reconnue insuffisante pour assurer la répression des falsifications commises dans le commerce des engrais et amendements, le conseil supérieur de l'agriculture a demandé la révision de cette loi, afin de mieux préciser les diverses fraudes et de fournir aux acheteurs les moyens de combattre la mauvaise foi. La loi du 4 février 1888, qui abroge la précédente, édicté des pénalités moins rigoureuses que la précédente, tout en assurant plus complètement la répression des délits. Aui termes de cette dernière loi «sont t punis d'un emprisonnement de six jours à < un mois et d'une amende de 50 à 2,000 fr., t ou de l'une de ces deux peines seulement : c ceux qui, en vendant ou en mettant en « vente des engrais ou amendements, auront « trompé ou tenté de tromper l'acheteur, t soit sur leur nature, leur composition ou le « dosage des éléments utiles qu'ils contient nent, soit sur leur provenance, soit par e l'emploi, pour les désigner ou les qualifier, « d'un nom qui, d'après l'usage, est donné à « d'autres substances fertilisantes. En cas de « récidive dans les trois ans qui ont suivi la t dernière condamnation, la peine pourra « être élevée à deux mois de prison et 4,000 fr. « d'amende. » Le vendeur est tenu, sous peine d'une amende de 11 fr. à 15 fr., d'.udi-

ENSE

quer, soit dans le contrat de vente, soit dam le double de commission délivré à l'acheteur au moment de la vente, soit dans la facture remise au moment de la livraison, la provenance naturelle ou industrielle de l'engrais et sa teneur en principes fertilisants. — Un décret du 10 mai 1889, contenant les prescriptions de détail nécessaires à l'application de la loi, porte que les indications que le vendeur est tenu de fournir doivent exprimer les poids des principes fertilisants contenus dans 100 kilog. de la marchandise facturée. Lorsque la vente est faite avec stipulation du règlement du prix d'après l'analyse à faire sur échantillon prélevé au moment de la livraison, l'indication de la composition de l'engrais n'est pas obligatoire, mais le vendeur est tenu de mentionner le prix du kilogramme de chacune des substances qui doivent le constituer. Les échantillons sont pris eu trois exemplaires, en présence des deux parties. Si le vendeur refuse de se faire représenter à cette prise, elle est faite par le maire ou par le commissaire de police, soit dans les magasins ou entrepôts, soit dans les gares ou ports de départ ou d'arrivée. Chacun de ces trois échantillons est enfermé dans un vase en verre ou en grès verni, immédiatement bouché avec un bouchon de liège sur lequel le magistrat qui a présidé à la prise d'échantillon attache une bande de papier qu'il scelle de son sceau. Une étiquette, engagée dans l'un des cachets, porte le nom de l'engrais, la date de !a prise de l'échantillon et le nom de la personne qui requiert l'analyse. Il est dressé procès-verbal de chaque prise d'échantillon. Des trois exemplaires, l'un est remis au vendeur, un autre à un chimiste expert pour servir à l'analyse, et le troisième est conservé en dépôt au greffe du tribunal de l'arrondissement, pour servir, s'il y a lieu, à de nouvelles vérifications ou analyses. L'expertise est faite par l'un des chimistes experts désignés par le ministre de l'agriculture, et les frais de l'expertise sont réglés d'après un tarif arrêté par le ministre. L'analyse doit être effectuée dans un délai de dii jours et d'après les procédés qui sont indiqués en détail par l'article 12 du décret réglementaire, pour le dosage de chacun des éléments utiles, azote, acide phosphorique, potasse soluble. Le rapport du chimiste expert est déposé au greffe du tribunal qui a procédé à la nomination dudit expert. Si le vendeur conteste l'analyse, le troisième échantillon est soumis à la contre-expertise d'un chimiste expert, lequel est désigné par le président du tribunal de l'arrondissement où il a été procédé à la prise des échantillons. Le chimiste chargé de la contre-expertise fait l'analyse dans le délai de huit jours et dépose son rapport au greffe du tribunal. Les rapports des experts sont ensuite transmis, ainsi que les procès-verbaux de prise d'échantillon, au procureur de la République, pour qu'il y soit donné telle suite que de droit. Ch. Y.

ENJAUGER v. a. Jardin. Mettre des plantes en jauge.

ENSEIGNEMENT. — Législ. Les divers ordres de l'enseignement public ont progressé depuis quelques années; mais c'est de renseignement primaire que le législateur s'est occupé le plus souvent. — Enseigmemett agricole. Cet enseignement est encore bien peu répandu en France, malgré les efforts persévérants de l'administration. Sa dotaiiun au budget de l'Etat dépasse quatre millions sur lesquels : 160,000 fr. sont affectés aux champs de démonstration; 14>,000 fr. aux stations agronomiques et aux laboratoires; un million aux écoles vétérinaires; 300,000 fr, à l'Institut agronomique; 1,600,000 fr. aux écoles d'agriculture et aux fermes-écoles, etc. Dans un rapport lu par M. Tisserand au congrès international agricole tenu à Paris en 1889, nous

ENSE

trouvons cette appréciation optimiste des progrès qui ont été réalisés en France, depuis 1878, grâce à la diffusion de l'enseignement agricole : c L'esprit scientifique pénètre da- « vantage dans les fermes; la jeunesse intel- « ligente commence à s'attacher à la vie ru- « raie, la confiance dans l'avenir renaît, la i production animale et végétale s'est déjà •< accrue de plusieurs centaines de millions; « nos importations en machines, en denrées i agricoles, en bétail, ont beaucoup diminué « tandis que nos exportations ont sensiblec ment augmenté.» — Enseignement primaire. Ici, nous sommes en présence d'un grand nombre de textes législatifs récents : lois, décrets, arrêtés ministériels, qui sont relatifs, soit aux diverses écoles classées dans renseignement primaire, soit au personnel de cet ense:gnement, soit à la répartition des dépenses. Quant aux programmes, ceux qui sont annexés à l'arrêlé ministériel du 27 juillet 1882 approchent tellement de la perfection qu'ils ont été conservés presqu'intégralement.

— Un décret du 27 juillet 1883 indique les conditions que doivent remplir les communes, pour obtenir le concours de l'Etat dans les dépenses de fondation ou d'entretien d'une école primaire supérieure; et un arrêté ministériel du même jour complète les dispositions de ce décret. — La loi organique du 30 octobre 1886 fixe à nouveau les bases de tout l'ensemble de l'enseignementprimaire, public ou privé ; elle s'occupe de l'établissement des écoles publiques, des conditions requises pour le recrutement de leur personnel, de l'inspection des écoles primaires, des conseils départementaux, des commissions scolaires, etc. Toute commune doit être pourvue d'une école primaire publique. Toutefois, le conseil départemental peut, sous réserve de l'approbation du ministre, autoriser une commune à se réunir à d'autres pour l'établissement et l'entretien d'une école. Lorsque la commune ou la réunion de commune compte 500 habitants ou davantage, elle doit avoir une école spéciale de filles, à moins d'être autorisée par le conseil départemental à remplacer cette école par une école mixte. Un décret du 18 janvier 1887 et un arrêté ministériel du 20 du même mois complètent les dispositions de la loi de 1886. Ces trois documents contiennent ensemble plus de 500 articles; et ils sont l'application des lois du 16 juin 1881 et du 28 mars 1882, qui ont fondé en France l'instruction gratuite, laïque et obligatoire.

— La loi de finances du 26 février 1887 (art. 3) soumet les candidats au brevet élémentaire pour l'enseignement primaire à un droit d'examen fixé à 10 fr.,et les candidats au brevet supérieur à un droit de 20 fr. — Les règles de procédure administrative à suivre pour la création d'écohs publiques, soit sur la demande des conseils municipaux, soit d'office, sont posées dans un décret du 7 avril 1887. Un autre décret, du 4 février 1888, indique les conditions nécessaires pour obtenir le concours de l'Etat dans les dépenses de fondation ou d'entretien d'écoles publiques établies à titre facultatif par les communes.

— Deux décrets, l'un du 17 mars et l'autre du 28 juillet 1888, concernant les écoles manuelles d'apprentissage, etles écoles publiques d'enseignement primaire qui comprennent des cours professionnels. Ces écoles sont ou nationales, ou départementales, ou communales, et toutes sout placées sous l'autorité à la fois du ministre de l'instruction publique et du ministre du commerce et de l'industrie; les écoles privées du même genre sout soumises à la double surveillance des deux ministères.

— La loi du 19 juillet 1889 est venue mettre fin à la confusion inextricable qui existait depuis plusieurs années dans le partage des dépenses du service de l'enseignement primaire. Les quatre centimes départementaux et les quatre centimes communaux «a étaient af-

ENSE

fectés à ces dépenses par les lois des 10 avril 1867, 19 juillet 1875 et 16 juin 1881, et dont le produit était reversé au Trésor, sont supprimés depuis le 1er janvier 1890, et ils sont transformés en huit centimes additionnels généraux, portant sur les quatre contributions directes et inscrits au budget de l'Etat. Est également supprimé le prélèvement obligatoire du cinquième des revenus ordinaires, lequel était opéré dans les communes ou le centime additionnel était d'un produit supérieur à 20 francs. En conséquence, a été supprimée également la subvention annuelle de 14 millions que l'Etat allouait aux communes pour combler en partie le vide que le prélèvement faisait dans leur caisse. La répartition des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire est faite aujourd'hui de la manière suivante. Sont d la charge de l'Etat : les traitements du personnel enseignant, l'allocation annuelle de 100 fr., afférente à la médaille d'argent décernée aux instituteurs, l'entretien des élèves dans les écoles normales et les frais de tournée des inspecteurs. Sont à la charge des départements : l'indemnité allouée aux inspecteurs primaires, la location des bâtiments des écoles normales primaires, leur entretien, la fourniture et l'entretien du mobilier de ces écoles et les frais de bureau du service départemental de l'instruction publique. Sont à la charge des communes : l'entretien des bâtiments des écoles primaires, le chauffage et l'éclairage des classes, l'acquisition et l'entretien du mobilier scolaire, le logement des instituteurs et l'indemnité de résidence qui leur est attribuée, la rémunération des gens de service, etc. Les instituteurs et institutrices sont stagiaires ou titulaires. Ces derniers sont repartis en cinq classes dont les traitements sont ainsi fixés, savoir : pour les instituteurs : 1,000 fr., 1,200 fr., 1,500 fr., 1,800 fr., 2.000 fr.; et pour les institutrices, 1,000 fr., 1.200 fr., 1,400 fr., 1,500 fr., 1,600 fr. L'indemnité de résidence varie de 50 fr. à 800 fr., selon le titre et la fonction des maîtres et selon la population de la commune; elle est de 2,000 fr. à Paris. Un décret réglementaire, en date du 30 janvier 1890, fixe pour toutes les communes auxquelles celle charge incombe, le chiffre des indemnités de résidence dues au personnel enseignant des écoles. — La loi du 19 juillet 1889 attribue aux écoles normales la personnalité civile. En conséquence, chacune de ces écoles peut avoir un patrimoine distinct et jouir de revenus particuliers. — Un règlement d'administration publique, en date du 29 janvier 1890, détermine les objets qui doivent composer le matériel obligatoire, à fournir par la commune, dans les écoles maternelles, dans les écoles primaires élémentaires et dans les écoles primaires supérieures. Ce décret indique aussi quel est le matériel d'enseignement collectif qui doit être fourni par les départements aux écoles normales primaires, et il fixe le minimum du matériel individuel que doit avoir chaque élève d'une école normale. Toute école normale d'instituteurs ou d'institutrices doit être pourvue d'une école primaire annexe où les élèves maîtres et les élèves maîtresses s'exercent à tour de rôle à la pratique de l'enseignement. Cette école prend le nom d'école d'application. Elle peut être une école publique située en dehors des bâtiments de l'école normale. Les écoles normales d'institutrices doivent être, en outre, pouivues d'une école maternelle d'application (décret, 31 juillet 1890). L'administration et la comptabilité des écoles normales primaires sont l'objet d'un règlement d'administration publique en date du 29 mars 18y0. Chacune de ces écoles doit avoir un budget particulier. La comptabilité en deniers et la comptabilité-matières sont tenues par l'économe, sous le contrôle du directeur et du conseil d'administration. — Enseignement se-

ENTO

condaire. Nous devons constater à regret que les progrès se réalisent avec une extrême lenteur dans l'enseignement secondaire. Les programmes du 2 août 1880 sont encore trop chargés et les résultats sont toujours mauvais, les méthodes en usage ne pouvant en donner d'autres, et le régime de caserne qui est en vigueur dans les lycées et les collèges étant absolument contraire au développement physique, intellectuel et moral des jeunes gens. Une réaction s'est produite, depuis 1889, contre ce régime détestable et l'Université a cherché à donner plus de satisfactions aux besoins de l'éducation physique; mais le défaut de temps, le défaut d'espace, les règles disciplinaires de l'internat, les habitudes prises par les maîtres et les surveillants s'opposent à une réforme complète. En outre, les programmes encyclopédiques des baccalauréats, ceui des examens et des concours imposés, à un âge limité, pour l'admission dans les diverses écoles spéciales, exigent des efforts rapides, un surmenage excessif, dont le profit est un savoir superficiel ou nul. L'enseignement secondaire voit s'entasser dans ses programmes de nouvelles sciences, devenues indispensables, sans que l'on se décide à reporter à la licence es lettres l'élude approfondie des langues mortes, ce àquoi il faudra bien se résigner, un jour, devant les conséquences déplorables de cette pléthore. — Un décret du 8 août 1886 a réorganisé l'enseignement secondaire spécial. — Par deux décrets du ("octobre 1887, le taux des pensions et celui des frais d'études dans les lycées a été relevé. — Les lycées et collèges de jeunes filles se sont multipliés en France, et dans la plupart se trouvent des internats qui sont annexés par les municipalités. Nous parlerons plus loin de la réorganisation de l'école secondaire qui porte le nom de Prytanée. — Enseignement supérieur. Cet ordre d'enseignement a réalisé de grands progrès en quelques années. Grâce aux sacrifices libéralement consentis par l'Etat et par les villes, les bâtiments des facultés et ceux des hautes écoles ont été reconstruits ou agrandis, les aménagements et le matériel ont été mis au niveau des besoins de la science, des chaires nouvelles ont été fondées; enfin des foyers actifs d'instruction se constituent dans la plupart des chefs-lieux d'académie. (Voy. ci-après les mots Faculté et Université.) — Deux décrets, en date du 18 juillet 1890, ont réorganisé {'école nationale des ponts et chaussées et l'école nationale supérieure des mines. Ch. Y.

ENT0M0STRACÉ,ÉEadj. (gr.entomos, divisé, vstrakon, coquille). Crust. Se dit des animaux articulés qui ressemblent à des insectes. — S. m. pi. Grande division des crustacés, renfermant des animaux d'un test mince et transparent. Les représentants existants de celte division sont de toutes petites créatures qui vivent dans les eaux douces stagnantes et dans l'eau de mer. On a découvert un grand nombre d'espèces fossiles, telles que le trilobite, l'eurypterus et le ptérygote, qui atteignent souvent des dimensions gigantesques. Toutes les espèces sont recouvertes d'une carapace formée d'une ou de plusieurs pièces; dans les unes cette carapace ressemble à une cuirasse, dans d'autres, à une coquille bivalve, qui enveloppe entièrement le corps ou une grande partie du corps, quelquefois elle est multivalve. La plupart de ces animaux changent de coquille à mesure qu'ils grossissent.

ENT0PHYTE adj. [an-to-fl-te] (gr. entos, dedans, phuton, plante). Bot. Qui croit à l'intérieur des plantes ou des animaux. — S. m pi. Terme appliqué à des végétaux parasites qui vivent dans le corps des animaux ou dans les tissus de certaines plantes. Ils appartiennent presque exclusivement aux ordres les plus bas du règne animal, comme les algues et les champignons. Un intérêt considérable

ÈPIG

ÊQUI

est attaché à l'étude de ces parasites, depuis que le microscope a permis de les découvrir dans les organismes atteints de certaines maladies. Telle est, par exemple, la sarcina ventriculi, champignon que l'on trouve fréquemment dans les matières vomies par les personnes qui soulfreut de désordres de l'estomac.

ENTRE CUEILLIR v. n.Hortic. Recueillir un fruit avant sa complète maturité.

ÉPAULE, ÉE adj. Hortic. Se dit des plantes en espalier dont un côté est privé de branches.

EPERLAN. (Econ. dom.). On ne mange guère les éperlans que frits ; on les vide, on les lave, on les sssuie bien (quelques personnes ne les vident pas), on les enfile dans une brochette, on les saupoudre de farine et on les plonge dans la friture bien chaude.

EPHESTIA s. f. (gr. ephestia, foyer). Phylloxéra de la farine, tout récemment observé dans un ballot de farine expédié deNew-York. C'est un insecte du genre coléoptère. A l'état de chenille, il dépose ses œufs dans la farine, et aussitôt leur ér.losion, des milliers de petits vers dévorent la pure fleur de froment qui les abrite, et y construisent de véritables nids en agglomérant par place les molécules farineuses. La science, qui trouve rarement le remède à ces sortes de maux, ne manque jamais, en revanche, de mots pour le qualifier : aussi a-t-elle, sans hésiter, dénommé ce parasite Ephestia ruehniella.

ÉPIDÉMIE. — Législ. Nous avons déjà parlé au Dictionnaire (voyezlemotCoNTAGiEux; t. II, p. 2091 de la loi du 3 mars 1822 et du décret du 22 février 1876, qui ont surtout pour but d'empêcher l'importation des maladies épidémiques par navires. Nous avons en outre fait connaître, au présent Supplément, les mesures que le gouvernement français a cru devoir appliquer, en 1890, afin de mettre obstacle à l'introduction en France, de l'épidémie de choléra qui s'était manifestée en Espagne. Des mesures semblables pouvant être employées pour toutes les épidémies, nous renvoyons le lecteur à l'article ci-dessus relatifau Choléra. Ch. Y.

ÉPIDOTE adj. (gr. epidotès; de epi, sur; dotés, qui donne). Mythol. Bienfaisant, qui donne : Jupiter epidote. — S. m. Miner. Minéral qui contient de la silice, de l'alumine, de l'oxyde de fer, de la chaux et de la magnésie. L'épidote forme de longs cristaux prismatiques, ordinairement d'une couleur particulière vert jaunâtre ; mais quelques variétés affectent des couleurs différentes. On trouve quelquefois l'épidote en grandes masses ou bien disséminé dans les roches. Les localités françaises qui en fournissent les plus beaux échantillons, sont le Bourg-d'Oisans et les environs de Barèges.

ÉPIGRAMMES d'agneau. — (Cuis.). Coupez n trois parties un quartier d'agneau de deant : épaules, poitrine, côtelettes. Faites cuire votre poitrine, par eiemple, dans le potau-feu ; applatissez-la entre deux couvercles, étant bien assaisonnée de sel et de poivre; coupez-la en morceaui un peu plus gros que les côtelettes, trempez ces morceaux dans du beurre tiède ou des œufs battus, panez et faites frire. Coupez vos côtelettes, assaisonnez-les de sel et de poivre et faites-les sauter dans du beurre. Faites rôtir les épaules à la broche, émincez-en les chairs et mettez en blanquette. — Ces trois opérations doivent avoir lieu simultanément. — Dressez sur un plat, en couronne, vos côtelettes entremêlées de morceaux de poitrine et versez votre blanquette au milieu.

ÉPILATOIRB. — La plupart des préparations vantéespour débarrasser le cou ou quel-

que partie du visage de cheveux ou de poils superflus et gênants, sont généralement d'un emploi assez dangereux. En voici une cependaut qui, employée avec précaution, peut être considérée comme à peu près inoffensive. Prenez 15 grammes de chaux vive finement pulvérisée et 1 gramme d'orpin également en poudre. Mêlez avec blanc d œuf. On commence par s'enduire la peau d'huile d'olive, qu'on y laisse une heure; ensuite on l'essuie bien, et on applique alors le mélange sur l'endroit qu'il s'agit d'épiler.

ÉPILOBE s. m. (gr. epi, sur; lobos, gousse). Bot. Genre d'onagrariées, renfermant une soixantaine d'espèces.

EPINER v. n. Entourer la tige des jeunes arbres avec des branches épineuses.

EPIPHRAGME s. m. [é-pi-frag-me] (gr. epiphragma, couvercle), Moll. Opercule calcaire au moyen duquel plusieurs espèces de mollusques des genres voisins du colimaçon, bouchent l'ouverture de leur coquille en certains cas, mais qu'ils perdent après s'en être servis.

ÉPONGE. Art. vétér. Tumeur qui se manifeste chez les chevaux quand ils se couchent en vache. La pression du fer détermine un gonflement qui atteint quelquefois des dimensions démesurées. On est forcé de faire la ponction de la tumeur et d'y injecter de la teinture d'iode étendue de cinq parties d'eau.

ÉQDIDÉ, ÉE adj. (lat. equus, cheval ; gr. eidos, aspect). Mamm. qui ressemble ou se rapporte au cheval. — S. m. pi. Famille de mammifères pachydermes ayant pour type le genre cheval qui comprend le cheval, l'âne, lhemione, le zèbre et autres solipèdes. Les quadrupèdes de cette famille sont caractérisés par l'unique sabot qui constitue leur pied et par la crinière qui forme une ligne longitudinale sur leur cou.

ÉQUILIBRES, m. Arboric. Etatdes branches qui se développent également. Quand certaines branches prennent plus de développement que les autres, l'arbre perd son équilibre et il faut le rétablir en abaissant les branches plus vigoureuses, en les palissant rigoureusement et en dressant et en dépalissant au contraire les branches faibles. 11 faut aussi équilibrer la sève par des pincements et des tailles qui doivent être courts ou longs suivant la vigueur des branches.

ÉQUILIBRE (petits tours d). — Le Seau.

Il semble presque impossible de faire tenir un seau en équilibre hors de son centre de gravité en le suspendant à un bâton par sa poignée. Voici comment on peut y parvenir : prenons un bâton CD (fig. 1) sur lequel passe la poignée du seau ; plaçons le bâton en long sur une table AB dont il dépasse le

Fig. 1. — Équilibre du seau.

bord. Poussons le seau vers la table, de manière à incliner la poignée dans la direction HI et que les parois du seau touchent le bord ou le pied de la table. Pour forcer le seau à conserver sa position, une baguette EFG est nécessaire. L'extrémité G de cette baguette appuie sur le fond du seau, tandis que l'autre extrémité s'engage dans une encoche taillée sur le bâton, au point E. Le seau pourra être balancé et même rempli d'eau, si les bâtons sont assez solides. — Le matelot en équilibre. On habille une poupée articulée en boiâ lé-

ÉQUI

ger. On colle le pied de cette figure sur une balle de liège que traverse un fil de fer recourbé en fer à cheval. A chaque extrémité de ce fil de fer, dont les deux branches doivent être égales, on fixe une balle de plomb pour faire descendre le centre de gravité. L'appareil se tiendra en équilibre sur la pointe d'une aiguille. — La pièce de monnaie. On peut faire tourner sur la pointe d'uneaiguille une pièce de monnaie posée verticalement. Pour cela, on prend une bouteille hermétiquement fermée par un bouchon de liège.

Dans le bouchon que nous nommerons B, on pique une aiguille. On prend ensuite un autre bouchon de liège que nous désignerons par la lettre X, et sur une de ses extrémités on fait une fente dans laquelle puisse pénétrer le côté de la pièce de monnaie. La pièce se trouvant en dessous du bouchon, on pique dans celui-ci deux fourchettes qui descendent obliquement plus bas que la pièce, de manière que le centre de gravité se trouve audessous du point d'appui. On peut alors poser le côté de la pièce sur l'aiguille et la Taire tourner ; elle ne tombera pas. — L'aiguille tournant sur une tête d'épingle. On enfonce la pointe de l'épingle sur le bouchon d'une bouteille et l'on pique l'aiguille sous l'extrémité d'un autre bouchon, muni comme ci-dessus de deux fourchettes opposées et obliques. On peut ensuite poser délicatement le bout de l'aiguille sur la tête de l'épingle et la faire tourner. — Le bouchon. On fait tenir en équilibre un bouchon sur le goulot d'une bouteille, en piquant obliquement une fourchette de chaque côté de ce bouchon, de façon que le cenLre de gravité se trouve audessous du goulot. Le bouchon reste en équilibre, même lorsque l'on penche beaucoup la bouteille pour en vider le contenu. — La bouteille obéissante. Taillez en forme de

Fig. 2. - La bouteille Fig. il. -La figure Fig. 4.- Le soldai obéissante. magique. obéissant.

petite bouteille un morceau de liège ou de moelle de sureau, et à la base, collez u»«! moitié de balle de fusil (a). Au centre de la bouteille, creusez un trou qui la traverse, du goulot jusqu'à la moitié de balle; et dans ce trou enfoncez une cheville d'acier [a b). La bouteille ainsi faite obéira au commandement de son possesseur. Quand on veut la faire revenir constamment dans la position verticale, on n'a qu'à enlever la cheville ; si l'on veut, au contraire, qu'elle reste penchée, en dépit des efforts que l'on fait pour la faire tenir verticalement, on enfonce la cheville, dont le poids fait équilibre à celui de la moitié de balle. — La figure magique. La construction de ce jouet est basée sur le même principe que celle de la bouteille obéissante. On colle sur une moitié de balle de plomb (voir la figure), une petite poupée ou un bonhomme taillé d;ins le liège ou dans la moelle

ÉQUI

le sureau ; on habille la petite figure, en tollant autour d'elle un léger vêtement de soie ou de calicot. Le poids du piédestal de

Elomb suffit pour ramener la poupée ou le onhomme dans la position verticale, chaque fois qu'on renverse la figure d'un côté ou d'un autre, ■ — Le soldat obéissant. C'est un jouet identique à la bouteille obéissante. Un soldat de liège, ayant pour socle une moitié de balle de fusil, reprend la position verticale après qu'on l'a penché sur un côté quelconque. Quand on place secrètement, dans le canon de son fusil, une tige d'acier, cette dernière forme uu contrepoids qui le fait obéir à l'ordre de se pencher. — Les élans de Pégase. Ce jouet, facile à fabriquer soi-même, étonne toujours les personnes qui ne sont

ÉQUI

l'homme, parce qu'il développe les muscles et donne de la grâce au corps. Pratiqué à l'excès, surtout dans la jeunesse, il déforme les jambes et risque de produire une voussure des épaules, comme cela se voit chez les jockeys. Nous ne nous attarderons pas à donner une description détaillée de toutes les parties du cheval, de ses qualités, de ses défauts, ni de son dressage. Nous supposons un cheval bien dressé, et nos conseils ne s'adresseront qu'au cavalier ayant déjà quelques notions. — Inspection préalable du cheval. Le cheval, sellé et bridé (fig. 1), amené sur le terrain, avant de le monter, le cavalier en passe minutieusement l'inspection en tournant autour de lui, le caressant de la main et lui adressant des paroles engageantes. Il s'assure que chaque partie du harnachement est bien à sa place, solidement fixée, en bon état. Comme la selle anglaise est à peu près exclusivement adoptée aujourd'hui, nous rappellerons qu'elle doit être placée bien d'aplomb sur le dos du cheval et de manière à dégager complètement le garrot, ce qui a non seulement l'avantage de faire ressortir l'encolure, mais encore celui, plus important, de placer le cavalier au point

ÉQUI

Les èlaos de Pégase.

pas familiarisées avec les lois physiques de l'équilibre des corps. Il fournit la solution ia plus populaire et la plus simple du problème paradoxal mécanique suivant : Comment prévenir la chute d'un corps en augmentant son poids du côté même où il tend à tomber 1 Pour représenter Pégase près de s'élancer, on prend un petit cheval de hois comme on en trouve dans certaines bergeries et dans d'autres boites de joujoux. On lui colle au-dessus des épaules, deux ailes de papier que l'on a plissé et découpé sur les bords, comme le montre notre gravure ; on peut les colorer en gris, en noir ou en toute autre couleur. En posant le ventre du cheval sur le tranchant d'une lame de couteau, en cherche quel est son centre de gravité, c'est-à-dire le point sur lequel la petite figure reste en équilibre. Ce calcul, quoique simplement approximatif, doit néanmoins être fait avec une certaine exactitude. Vis-à-vis de ce point, sous le ventre du cheval, on perce un petit trou dans lequel on fixe l'extrémité d'un fil de fer courbé en arrière, comme le montre notre dessin. L'autre extrémité du fil de fer est engagée dans le diamètre d'une balle de plomb. Les pieds de derrière de l'animal étant posés sur le bord d'une table, on verra Pégase se balancer de haut en bas, et de bas en haut, sans risquer de tomber, pourvu que la balle de plomb se trouve à une certaine distance en arrière de la verticale tombant du bord de la table. Plus le fil de fer est long, c'est-à-dire plus il porte loin la balle au-dessous delà table, et plus les élans de Pégase peuvent être prodigieux. Ce jouet a été quelquefois décrit sous le nom de Bucéphale mécanique et sous celui de cheval cabré.

ÉQDITATION. — Encyl. L'équitation est un noble exercice que l'on considère, avec raison, comme l'un des plus salutaires pour

Fig. 1. — Cheval sellé et bridé. — S. bridoo. — C. rênes.

exact où il convient qu'il soit pour sa propre tenue et pour la direction de sa monture : plus en avant, il ne serait pas maître des mouvements de celle-ci, dont la moindre fantaisie pourrait alors devenir un danger. La partie antérieure des quartiers de la selle, dans une bonne position, doit se trouver à une distance d'environ dix centimètres de la partie postérieure de l'épaule du cheval. Il faut s'assurer que les sangles sont bien serrées, pas trop, cependant, pas de manière à gêner la respiration du cheval ; il est bon de pouvoir, en forçant un peu, glisser la main à plat entre le ventre du cheval et la sangle. Mais c'est une vérification très importante à faire, car, souvent, et si vous montez un cheval inconnu, le fait se produira au moment où vous vous y attendrez le moins, l'animal, qui n'aime pas à être serré, se gonfle au moment où ou le sangle, et alors tous les efforts d'un homme ne parviendraient pas à serrer la sangle au degré voulu ; aussitôt la besogne achevée, l'animal se dégonfle, mais si on s'avise de lui toucher le ventre pour vérifier à ce moment la position de la sangle, il a la malice de se gonfler sur nouveaux frais. Ce n'est qu'après avoir fait quelques pas pour venir sur le terrain que, persuadé qu'on n'y reviendra pas, il reprendra tranquillement ses aises, et qu'on pourra serrer les sangles convenablement ; faute de quoi, la selle tournera infailliblement à un moment ou à un autre, au moment, par exemple, où il vous prendra fantaisie de quitler un étrier, — et le cavalier suivra la selle : c'est là tout justement ce qui advint à votre serviteur, le jour mémorable auquel il fait allusion plus

haut. Enfin le mors de la bride sera plutôt haut que bas et de la largeur exacte de la bouche du cheval ; la gourmette sera assez longue pour qu'il soit possible d'introduire deux doigts de champ entre elle et la barbe; la sous-gorge doit toujours être tenue lâche; les étrivières de longueur convenable et égale. Il ne faut pas non plus oublier d'examiner la ferrure de son cheval avant de la monter : cheval déferré, cavalier démonté. Outre cette éventualité qu'un clou placé à propos suffit à prévenir, il faut se méfier des fers usés, qui peuvent faire glisser le cheval sur le pavé ou sur la pierre, et provoquer des écarts dangereux autant pour le cavalier que pour lui. Quelques professeurs enseignent d'abord à leurs élèves l'art de monter à che-

En selle sans étrier

val sans étriers, pendant quelques jours, afin, disent-ils, de mettre en action les muscles de la jambe qui doivent tenir le cavalier en selle. — Leçon du montoir. Son inspection terminée, le cavalier, faisant face à l'épaule gauche de sa monture, saisit de la main droite, qui tient la cravache par la poignée, mèche en bas, les rênes de la bride bien également tendues et les place dans la main gauche, le petit doigt de cette main entre les deux rênes. Il prend ensuite, avec la main droite, une poignée de crins, le plus en avant possible de la tête du cheval, et les place dans la main gauche, de manière que leurs extrémités libres sortent du côté du petit doigt ; il fait passer enfin la cravache dans la main gauche, toujours mèche en bas Prenant alors l'étrivière de la main droite restée libre, il la tourne à plat, l'étrier s'offrant naturellement au pied gauche qui s'y engage le plus en avant possible; le genou appuyé sur le quartier de la selle, il place la main droite sur le troussequin, s'enlève d'aplomb sur la jambe gauche, ayant soin d'éviter de toucher le cheval avec la pointe du pied gauche et réunit les deux jambss à même hauteur, le corps droit. Alors, après un temps d'arrêt à peine marqué, on passe vivement la jambe droite tendue par dessus la croupe du cheval, sans le toucher, et l'on tombe légèrement en selle, en portant, de peur de se blesser, la main droite sur le côté droit du pommeau, et en abandonnant du même coup les crins retenus jusque-là dans la main gauche. On sépare alors les deux rênes, dont on prend une dans chaque main, l'extrémité supérieure sortant du côté du pouce, on chausse l'étrier droit et l'on s'empare de la cravache avec la main droite : la cravache a, cette fois, la mèche en l'air dans la direction et au-dessus de l'oreille gauche du cheval. — Position du cavalier en selle. Le vrai, l'unique principe de la position à cheval pourrait se résumer ainsi : Soyez sur votre cheval comme s'il était en carton et dans la position la plus naturelle. Le défaut d'aplomb à cheval résulte souvent, du moins au début, de la préoccupation de savoir si l'animal s'emportera ou non, ira où nous le conduirons ou selon sa fantaisie, et de cette autre préoccupation, autrement grave, en ce

ÉQUI

Page 1