I. Cote occidentale de l'Afrique
territoire d'Uni 40 1.000
Territoire de Rio de Oro et
Adrar 700.0d0 100.000
Guinée: Fenando-Po, Cariico,
Elobej et Annobon 2.105 45.106
Total... l.l;7. 370 8.156.900
L'Espagne a, de plus, des prétentions sur un vaste territoire de la côte occidentale d'Afrique, entre la baie du Monni et le fleuve Campo (environ 180.000 kilom. carrés; 500.000 hab.); mais ce territoire lait l'objet d'un litige avec la France. — Poids et mesures. Le décret du 19 octobre 1868 établit la peseta comme unité monétaire. La peseta vaut un franc. Les monnaies réelles sont : en or l'Alphonse de 25 fr. et des pièces de 100, de 50, de 10 et de 5 pesetas; en argent, des pièces de 5, de 2, de 1, de 1/2 peseta (2 reaies) et de 1/4 de peseta (reale); en bronze de 10 cent, de 5, de 2 et de 1 cent. — Depuis le 1er janvier 1859, le système métrique décimal français est adopté, en donnant aux unités les dénominations espagnoles suivantes : metroarea, litro, stero, gramo, kilogramo. — Notice histoi^iquk. Lorsqu'il eut victorieusement terminé la guerre civile des carlistes, après la fuite de don Carlos (mars 1876), le roi Alphonse XII, définitivement reconnu dans toutes les parties de l'Espagne, débuta par une amnistie et par diverses mesures populaires. Malheureusement le royaume se trouvait dans un état déplorable : les finances avaient été ruinées par les guerres intestines, le commerce était languissant, l'industrie n'existaitplus, l'agriculture mal rétribuée, restait stationuaire, la population avait cessé de s'accroître; il semblait que l'Espagne entrait dans une seconde période de décadence, comparable à celle qui avait marqué le règne des successeurs de Charles-Quint. L'insurrection cubaine, qui paraissait apaisée en 1878, renaquit dès que le général pacificateur MartinezCampos(Voy,CuBA, dans le Dictionnaire), devenu chef du cabinet libéral, eut fait voter par les cortès, l'abolition de l'esclavage; il fallut de nouveaux efforts et de nuuvelles dépenses pour y mettre fin, et le ministère libéral céda la place à un ministère conservateur, dirigé par Canovas de Castillo. En 1881, un nouveau cabinet, composé de fusionnistes et ayant pour chef Sacasta, proclama une amnistie générale et régla avec le gouvernement français la question irritante des indemnités à accorder mutuellement tant poulies Français, victimes des guerres cubaines et carlistes, que pour les Espagnols massacrés en Algérie lors de l'insurrection de Buu-Amena. Le pays commençait à respirer, lorsque différentes cause-, parmi lesquelles il faut compter l'inconduile personnelle du souverain, produisirent un grand mécontentement parmi le peuple. En juillet 1883, il y eut à Badajoz et à Logrono des pronunciamientos significatifs; Zorilla, chef des républicains, entreprit une propagande active qu'il fut difficile d'enrayer. Ces conspirations étaient à peine étoulfées, que le roi, atteint de phtisie, dut entreprendre des voyages et visita la province de Valence, le nord de l'Espagne, puis Vienne, Berlin, Munich et Bruxelles; ayant accepté le grade honoraire de colonel du répiment des uhlaus de Strasbourg, il fut sifflé par le peuple de Paris, lors de son passage dans cette ville, exigea des excuses du gouvernement français, refusa, comme insuffisantes, celles qui lui furent faites et entama, à ce sujet une discussion qui hâta la chuto du cabinet Sagasta, remplacé par un ministère constitutionnaliste Herrera; après quoi, les excuses furent agréées. L'année 1884, fut presque entièrement remplie par l'insurrection agraire d'Andalousie, par la répression qui en fut la conséquence et par l'arrivée au pouvoir d'un cabinet conservateur Canovas. L'année suivante fut encore plus tourmentée, en raison de la violente dispute qui s'éleva avec l'Allemagne relativement à la possession des llesCarolines(Voy. Carolines dans ce Supplément). Le roi mourut le 25 nov., au moment où cette affaire était réglée par l'arbitrage du pape, (Pour d'autres détails, voy. Alphonse XII, dans notre 1er Supplément).
11 laissait deux filles, dont l'aînée, Maria de las Mercedes, était âgée de cinq ans; la reine mère, Marie-Christine, assuma la régence, au milieu des plus grandes difficultés. Le ministère libéral Sagasta, qui remplaça le ministère Canovas, eut de suite à réprimer une révolte militaire à Carthagène (10 janv. 1886), à régler une question financière embrouillée qui ne put être résolue que par un emprunt de 626 millions de pesetas (1 2 mai) et à mettre fin à l'esclavage dans les colonies, au moyen d'un compromis qui laisse pendant quatre ans les nègres émancipés au service de leurs maîtres en qualité d'apprentis (30 juillet). Le 17 mai 1886, la reine régente mit au monde un enfant mâle, qui reçut le nom d'Alphonse XIII. A la suite d une insurrection militaire, organisée à Madrid par le général Villacampa (20 sept.), le général Castillo fut autorisé à introduire dans l'armée des réformes destinées à la tenir à l'écart de la politique.
ESPIONNAGE. — Législ. Il existait, dans notre législation pénale, une lacune que la loi du 18 avril 1886 est venue combler. Le Code pénal (art. 76 et s.) punit de mort ceux qui ont entretenu des intelligence avec l'ennemi, ceux qui lui ont communiqué les plans d'une place, les secrets d'une expédition ou d'une négociation, et ceux qui ont excité une puissance étrangère contre la France. D'un autre côté, le Code militaire (L. 9 juin 1857, art. 205 et s.), inflige la même peine aux militaires et aux ennemis qui sont convaincus d'espionnage. Mais cela ne vise pas l'espionnage en temps de paix ni toutes les indiscrétions nuisibles à la sûreté de l'Etat. La loi du 18 avril 1886 n'applique à ces derniers faits que des peines correctionnelles. Est puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 1,000 à 5,000 fr. tout fonctionnaire public ou agent du gouvernement ou tout individu qui, abusant de ses fonctions ou d'une mission dont il était chargé, a livré ou communiqué à une personne non qualifiée ou a divulgué les plans, écrits ou documents secrets intéressant la défense du territoire ou la sûreté intérieure de l'Etat. Toute autre personne qui, s'étant procuré lesdits plans, écrits ou documents, les a livrés, communiqués, publiés ou reproduits, est punie d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amenae de 500 fr. à 3,000 fr. La peine d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 300 fr. à 3,000 fr. est appliquée à toute personne qui, sans qualité pour en prendre connaissance, s'est procuré lesdits plans, écrits ou documents. Celui qui, par négligence ou par inobservation des règlements, a laissé sousttraire, enlever ou détruire les documents secrets qui lui étaient confiés, est puni d'un emprisonnement de trois moi» à deux ans et d'une amende de 100 fr. à 2,000 fr. Est puni d'un emprisonnement de un à cinq ans et d'une amende de 1,000 à 5,000 fr., toute personne qui, à l'aide d'un déguisement ou d'un faux nom, ou en dissimulant sa qualité, sa profession ou sa nationalité, s'est introduite, soit dans une place forte ou un poste, soit dans un navire de l'Etat, soit dans un établissement militaire ou maritime, ou qui a, de la même manière, levé des plans, reconnu des voies de communication ou recueilli des renseignements intéressant la défense du territoire ou la sûreté extérieure de l'Etat. Celui qui, sans autorisation de l'autorité militaire ou maritime, a exécuté des levés ou opérations de topographie dans un rayon d'un myriamètre autour d'une place torte, d'un poste ou d'un établissement militaire ou maritime, à partir des ouvrages avancés, est puni d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 100 fr. à 1,000 fr. Enfin la peine d'un emprisonnement de six jours à six mois et d'une amende de 16 fr. à 100 est appliquée à celui qui, pour reconnaître un ouvrage de défense, a franchi