FAIS
FAMI
français, né à Lille le 3 janvier 1818, mort le ipt. 1889. Elève de l'école Polytechnique en 1838, il entra à l'école d'application de Melz, en 1840, puis au 1er régiment du génie en 1842, comme lieutenant, servit dans la province d'Oran, fit la campagne de Kabylie (i8ol-'52), fut envoyé au Sénégal, en qualité de sous-direc'.eur du génie-(lS32) et devint gouverneur de cette colonie en 1854. Il entreprit de soumettre plusieurs peuplades indigènes, fit des guerres vigoureuses, prit des villes, construisit des forts, ouvrit des comptoirs et poussa les frontières françaises du Sénégal jusque sur le haut du fleuve. En 1863, l'état de sa santé le força de demander son rappel. Il était général de brigade et fut nommé au commandement de la subdivision d'Oran, puis de la division de Constantine. Après le 4 Septembre 1870, Gambetta lui confia le commandement en chef de l'armée du Nord, en formation. Nommé général de division le 23 novembre, Faidherbe brûlait de se distinguer. Il prit l'offensive à la tête d'environ 50,000 hommes et livra au général Manteutfel la bataille de Pont-Noyelles, près d'Abbeville, puis celle de Bapaume( 3 et 4janvier 1871) et enfin, le 19 janvier, celle r!e Saint-Quentin, après laquelle il dut se retirer sur Lille et Cambrai. Elu député du Nord en 1871, il siégea à gauche de l'Assemblée nationale et démissionna dès qu'il fut prouvé que cette Assemblée « s'attribuait d'autredroits que ceux qui lui avaient été conférés par les électeurs». Il fut longtemps disgracié. Dans les dernières années, il stigmatisa plu~ sieurs fois le boulangisme. Il a écrit plusieurs ouvrages : Notice sur la colonie du Sénégal et surlespaysqui sont en relation avec elle (1859) ; l'Avenir du Sahara et du Soudan (1863, avec cartes) ; Chapitre de géographie sur le Nord- Ouest de l'Afrique, avec une carte de ces contrées, à l'usage des écoles de la Sénêgambic (1865); Recherches anthropologiques sw les dolmens d'Algérie (1868); la Campagne de l'arméi du Nord, etc.
FAILLANCE s. f. Défaillance (vieux).
FAILLITE. — Législ. La législation sur la faillite a reçu, par la loi du 5 mars 1889, le? modifications que réclamaient depuis longtemps les chambres de commerce. Le commerçant qui cesse ses paiements peut échapper à la plupart des conséquences déshonorantes de la faillite, s'il obtient du tribunal de commerce le bénéfice de la liquidation judiciaire (voy. plus loin Liquidation). Mais, alormême qu'il a été admis à ce bénéfice, il peut encore, dans deux cas, être déclaré en étal de faillite, savoir: 1° s'il est reconnu que la requête à fin de liquidation judiciaire n a pas été présentée dans le délai de quinze jours depuis la cessation des paiements; 2° si le concordat n'est pas obtenu. Dans ces deux cas, le tribunal apprécie s'il y a lieu de déclarer la faillite. Dans d'autres, il doit la déclarer à toute époque de la liquidation judiciaire, notamment : si le débiteur a fait des actes ou des paiements qui lui étaient interdits ; s'il a exagéré l'actif ou le passif ; s'il a commis une fraude quelconque ; si le concordat est annulé ou résolu ; enfin si le débiteur est condamné pour banqueroute simple ou frauduleuse. En cas de faillite, le délai de trois jours fixé par l'article 438 du Code de commerce pour le dépôt du bilan au greffe du tribunal de commerce est étendu à quinze jours par la nouvelle loi, de même que pour la liquidation judiciaire. — Il a été jugé par la cour de cassation (arr. du 22 juin 1887) qu'un failli non réhabilité ne peut être gérant d'un journal. (Cb. Y.
FAIM-VALLIER, 1ÈRE s. Celui, celle quia la faim-valle.
FAIRFAX (Edward), gentilhomme du Yorkshire qui vivait au temps de la reine Elisabeth
et qui a donné l'une des meilleures traductions anglaises de la Jéiusalem délivrée du Tasse (1600).
FAISAN. — Les doigts demi-palmés du faisan indiquent suffisamment que la nature l'avait créé pour être gibier d'eau, et tel il est sans doute, en son pays d'origine, mais non chez nous, où l'éducation a complètement changé sa nature et ses habitudes. C'est, en somme, un gibier rare ; on le trouve — quand on le trouve — dans des forêts au sol humide ou traversées de rivières et de nombreux ruisseaux, abondantes en taillis qui lui offrent un sûr refuge pendant le jour et en baliveaux élevés pour se brancher et passer la nuit, sans parler du voisinage nécessaire de plaines cultivées, gagnage facile et sûr. Deux fois par jour, à l'aurore et un peu avant le crépuscule du soir, il gagne la plaine pour y chercher sa nourriture. Le faisan mange les graines de toi-tes les céréales, les baies d'une foule d'arbustes : sorbier, cornouiller, sureau, nerprun, viorne, etc., etc., leraisin, deslarves d'insectes elprincipalementcellesdela fourmi. Le soir venu, il rentre en forêt, se branche soit isolément, soit en compagnie, sur quelque arbre très élevé, jette plusieurs fois dans l'espace son cri peu harmonieux, puis s'endort à la merci du braconnier qui peut-être le g.ielle et auquel il indique son refuge. Nous ne nous appesantirons pas sur les mœurs et ie caractère du faisan; ce que nous en avons dit suffit à l'édification du chasseur. Nous y ajouterons que le faisan a les ailes courtes et que son vol est pesant. 11 fuit quelquefois longtemps à pattes devant le chien; puis il part en montant, ayant eu préalablement soin de choisir, s'il lui est possible, un endroit touffu, où sa retraite est dissimulée par le feuillage; d'ailleurs, l'essor une fois pris, son vol acquiert promptement une grande vélocité. Malgré sa taille respectable, le faisan est un gibier qu'on n'abat pas toujours facilement; il y a plusieurs raisons à cela : la principale, c'est qu'on n'atteint le plus souvent que la queue de l'oiseau, qui est fort longue, précisément à cause de sa manière de partir; et le coup, dans ce cas, n'a aucun résultat. Il n'est pas besoin d'expliquer à un bon tireur ce qu'il faut faire pour éviter une déception; toutefois larecommandation suivante ne sera peut-être pas inutile : c'est, excepté en temps de pluie, dans les hautes herbes, dans les halliers épais, dont le rempart intercepte ses émanations, que le faisan se blottit; un bon chien, d'une finesse d'odorat exceptionnelle, d'une patience, d'un sangfroid inébranlables, un vieux chasseur en un mot, est donc un auxiliaire indispensable dans lâchasse du faisan. Ces qualités exigées du chien, il faut qu'elles se retrouvent chez le maître. Attendre que l'oiseau s'élève, puis file, étalant son riche plumage, pour le tirer en toute sûreté, est encore le mieux qu'il ait à faire, — à moins d'empêchement absolu émanant de' la nature même du site. Mais, dans ce cas-là, nous avouons être fort embarrassé de donner un conseil plus pratique que celui de s'inspirer des circonstances et d'agir avec calme et sang-froid. Quant à la poule faisane, elle fuit moins loin que le mâle devant le chien, mais elle a une habileté particulière pour se fourrer dans le premier trou qu'elle rencontre sur son chemin En tout cas, une poule faisane doit être sacrée pour un disciple de saint Hubert soucieux de sa réputation; et comme il est bien facile de la reconnaître, à son plumage bien inoins brillant que celui du mâle, à sa taille plus petite, et enfin à cette particularité que, si, au lieu de fuir et de se cacher comme nous venons de le dire, elle part, c'est sans le moindre cri, contrairement au coq qui pousse, en s'élevant, une sorte de cri d'alarme; il s'ensuit que, sans le braconnage, peu de poules faisane» termineraient
d'une façon tragique leur existence. Les faisandeaux restent en compagnie, ordinai renient blottis dans une toull'e d'herbe ou un buisson, où il peut arriver qu'on les immole l'unaprès l'autre sans autre difficulté: ou bien, l'un d'entre eux ayant donné le sipnal, ils partent successivement, prêtant le flanc au fusil du chasseur, qui ne peut faire moins que d'en abattre deux de ses deux coups, s'il est adroit. Toutes les variétés du faisan qu'on rencontre dans nos contrées ne présentent entre elles aucune différence, ni dans les mœurs, ni dans la manière de les chasser, qui nous autorise à les passer successivement en revue.
FAISANDAGE s. m. Action de faisander!
résultat de cette action.
FALBALASSER v. a. Orner de falbalas.
FALSETT0 (mot ital. qui parait venir du lat. fnlsus, faux). Synon. du mot fausset, employé dans la musique vocale.
FAMILISTÈRE s. m. Vaste édifice dans lequel logent les ouvriers d'une fabrique et leurs familles. — Le familistère de Guise est le seul essai de ce genre qui ait réussi ; il a été créé par M. Godin (mort en 1887), en réalisation du plan de Fourier, pour le relèvement des masses et pour harmoniser le travail et le capital. Il y a quarante et quelques années, M. Godin débuta, avec quatre ouvriers, par fabriquer des poêles et des fourneaux de cuisine ; il s'enrichit rapidement et s'occupa de suite à exécuter l'expérience qu'il avait rêvée et qui consistait à rassembler autour de lui tous ses ouvriers dans un vaste bâtiment et de leur accorder, dans les bénéfices de son entreprise, une part proportionnée à la valeur de leur travail. Le familistère, tel qu'il existe aujourd'hui, se compose d'un pavillon central de 70 m. de long sur 40 m. de large et de deux ailes de dimensions à peu près semblables : il renferme des logements en assez grand nombre pour que 400 familles puissent y habiter à l'aise. Les chambres n'ont pas moins de 3 m. de hauteur à tous les étages et M. Godin en habitait un avecsaFamille. Le coût de l'édifice s'élève a environ l,000fr.par habitant; et le loyer, compté à 10fr. par mois, pour deux chambres, donne un intérêt de 3 p. 100 du capital déboursé. Les chambres des trois corps de bâtiment prennent jour sur une cour intérieure dont le sol est revêtu de ciment et qui est recouverte d'un vitrage. Une galerie court le long du bâtiment, à chaque étage, et la cour sert de lieu de récréation aux enfants pendant les mauvais temps. — En face de ce palais social se trouve la fonderie et les ateliers, avec environ 8 kil. de tramways : on y occupe 1,200 ouvriers, dont 550 logent dans le familistère et le surplus dans la ville comme les ouvriers des usines ordinaires. La règle est d'accorder un repos aux ouvriers après un travail de trois heures et demie au plus ; la journée est partagée en trois parties : l'une de 0 à 9 heures du matin ; la seconde de 10 heures à 1 heure 1/2; la dernière de 3 heures à 6 heures 1/2 du soir ; ce qui fait un total de 10 heures de travail. La paie des ouvriers se monte à une moyenne de 26 francs par semaine ; mais elle ne constitue pas la seule source de revenus pour les ouvriers ; presque tous sont actionnaires de « l'association coopérative du capital et du travail ». Le capital social est de 4 millions et demi de francs. L'association payait M. Godin 5 p. 100 d'intérêt sur son capital, ou 225,000 fr. par an, et, en outre, des appointements de 15,000 fr. comme directeur-gérant ; il reste un bénéfice d'environ 8 p. 100 à la Société qui compte 820 membres actifs. Elle a un fonds pour l'assurance, un fonds médical et un fonds po'ir les enterrements. Dans le palais se trouvent des écoles, dans lesquelles les enfants reçoivent une instruction qui dépasse la moyenne