‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 259 sur 503 · HAEN · texte numérisé non relu

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renable, où la commode, par exemple, remplacera l'armoire à glace; mais nous nous occupons ici de la possibilité de se meubler au plus bas prix, quoique d'une manière confortable. Ces sortes de mobiliers se trouvent dans des maisons qui s'en sont fait une spécialilé. C'est de la c pacotille », nous en demeurons d'accord; mais si l'on prend soin de bien choisir, de s'assurer que le meuble est fait depuis quelque temps et a pujouer en magasin de manière à n'être point tenlé de recommencer dans l'appartement, on n'aura pas fait un mauvais marché en somme; rouvner,malgré sa précipitation nécessaire, n'aura pas fait de si mauvaise besogne que vous ne puissiez, avec du soin, faire durer un tel ameublement presque aussi longtemps que le chêne ou le palissandre le plus solide. Adressez-vous en tout cas aux grandes maisons qui, étant ellesmêmes une bonne clientèle pour le fabricant, exigent avec succès qu'on les soigne mieux. Evitez les maisons qui vendent à crédit, non seulement parce qu'elles vendent plus cher (la remise commerciale n'étant pas, pour le meuble, aussi élevée qu'elles le prétendent), mais parce que vous engagez l'avenir et risquez de perdre l'argent avancé pour le peu que vous ne pourriez donner peut-être au moment de solder votre compte. — La cuisine pourra êtreconvenablementmeublée pour peu d'argent : un buffet de bois blanc, hêtre et peuplier, de 15 à 20 francs, une petite table de cent sous, une fontaine à filtre, sans parler de la batterie de cuisine, qui ne peut être considérable, dans un petit ménage où il n'y a. pas de domestique, sans être plus embarrassante qu'ulile: voilà de quoi rendre une cuisine agréable et commode. Quant à l'entretien des meubles, des parquets et carreaux, ainsi qu'à l'économie du chauffage, de l'éclairage, et aux soins à donner aux cheminées, lampes, etc., diverses indications utiles et pratiques seront trouvées un peu plus loin. — Papiers de tenture. Quand vous avez à choisir votre papier de tenture (ceci s'adresse à tous), évitez les grands dessins, une variété de couleurs exagérée et les nuances trop éclatantes. De tels papiers, sans parler du mauvais goût évident, écraseront votre meuble, fut-il luxueux, et rapetisseront à la vue la pièce où on les aura tendus. Kappelez-vous aussi que le papier clair réfléchit les rayons lumineux, tandis que le papier de couleur sombre se pénètre, et les conserve longtemps, des rayons projetés par le feu du foyer ou par le soleil. Il suit de là quela pièce tendue depapier clairsera toujours plus fraîche, même en été, quel'autre; et, par contre, que celle tendue de papier sombre restera plus chaude et conviendra beaucoup mieux en hiver. — Maison de campagne. Parlons d'abord, avant de nous occuper des luiueux appartements de la ville, de la maison de campagne, plus simple de décoration, et où, en conséquence, il est possible de vivre dans l'élégance et le confort sans trop dépenser. Supposons une maison à deux étages, pas trop grande, mais non plus trop exiguë. Au rez-de-chaussée se trouveront : salon, salle à manger, salle de billard et bibliothèque-cabinet de travail. Les gens qui ne font rien n'ont ordinairement pas assez d'une pièce pour ce double objet, mais supposons toujours un homme laborieux ou aimant l'étude, et ne séparant point son cabinet de sa bibliothèque. Au premier étage, les chambres à coucher. Au second, les chambres des domestiques, la lingerie et la fruiterie. — Salon. Le salon sera spacieux ; larges fenêtres ouvrant surle jardin, papier clair et uni, rideaux de mousselineaux fenêtres; aux mursdes tableaux, portraitsde famille, gravures, photographies, etc.; un piano, une table à jeu, une grande table de milieu pouvant au besoin servir également de table de jeu; cette dernière sera couverte des nouveautés littéraires et artistiques, brochures, journaux, albums, revues, magasins illustrés. Sur

la cheminée, pendule en marbre surmontée d'une réduction en bronze du chef-d'œuvre à la mode oude quelque groupe antique. En face grand canapé, quatre grands fauteuils, six chaises (ou plus, si le salon est très grand) en reps, placées un peu au hasard, jardinières en majolique, en jonc ou ceps de vigne artistement tordus. — Salle à manger. La salle à manger, au moins aussi grande que le salon, sera tendue d'un papier plus chaud de ton, sobre de dessins. Meuble en noyer ciré : table à rallonges placée sur une natte; chaises à dossier carré; butfet à deux corps : le haut contenant les porcelaines, l'argenterie, le service à café, que les glaces laissentapercevoir;le bas contenant la desserte, le pain, les fruits, etc.. les angles arrondis ornés de grands vases de fleurs. Entre les fenêtres, une console, où placer pendant le service, les assiettes et les bouteilles non entainées. Une suspension à abatjour, simple, mais grande et élevée assez pour que la lumière se répande par toute la pièce, éclairera cette salle à manger. — Chambres à coucher. A la ville, la chambre à coucher est encombrée de superfluités dont la simplicité des champs ne s'accomoderait pas sans doute; le fait est que ce qu'on recherche avant tout à la campagne, c'est l'espace et le confort. La chambre à coucher d'une maison de campagne sera donc simple, assez grande, etsurtout commode; il sera bien de la tendre de cretonne à bon marché, offrant sur le papier l'avantage de la durée et du cachet sans le dépasser de beaucoup quant au prix, car il y a de ces cretonne depuis 75 centimes le mètre, d'un dessin charmant et solide. Et l'on sait que les cretonnes mesurent 80 centimètres de largeur. Aux fenêtres, rideaux de cretonne bordés d'un petit galon de la nuance qui domine dans le dessin, rideaux pareils au lit. Entre le lit et la cheminée, un vide-poches recouvert d'un petittapis semblableaux rideaux; l'armoire à glace vis-à-vis de la cheminée; toilette-commode entre les deux fenêtres; crapauds en cretonne de chaque côté de l'armoire, chaises semblables; table de nuit, etc.. Si 1 on a plusieurs chambres à coucher, il est de bon goût, presque de nécessité, de varier les couleurs et les dispositions des tentures. — Considérations générales. En règle générale, il faut se rappeler que les meubles en t tout pareil » ne peuvent convenir qu'aux chambres a coucher et aux cabinets de toilette, où l'on cherche le repos et le recueillement, et où par conséquent l'œil n'a nul besoin d'être distrait. 11 n'en est pas ainsi des autres pièces. Les salons, salles à manger, billards, exigent plus de recherche. Il faut d'abord partir de ce principe que les murs constituent proprement le fond du tableau dont les rideaux et les portières sont les principaux sujets, et combiner en conséquence le choix des tenfures. Les murs seront tendus d'un papier de teinte plus foncée que le tissu des rideaux et des portières, quoique de pareille couleur. Pour un salon, le papier uni et les rideaux et les portières à dessins produisent le plus bel effet; pour la salle à manger, le contraire est préférable : il le sera d'autant plus qu'on aura suivi nos indications pour le salon, afin d'accentuer le contraste. Ainsi la salle à manger serait tendue d'un joli papier façon cuir gaufré, à moins qu'elle nesoitenlièrement boisée, auquel cas la boiserie serait peinte couleur bois, orme rouceux ou chêne, par exemple; les rideaux, alors, seraient faits de reps uni de même couleur, teinte plusclaire. — Bibliothèque. La bibliothèque n admet guère d'autres bois que l'acajou ou le chêne et d'autre tenture que le reps ou le damas vert-sombre uni, assorti au papier qui supporte quelques dessins, toutefois d'une grande sobriété et dont les nuances sont généralement empruntées aux divers tons du vert. Deux ou trois chaises; une table à écrire avec tiroirs, lit de repos; corps debibliothèque suivant les be-

soins; tableaux à l'huile, statuettes, groupes, etc.; outre la suspension, une lampe de travail portative. La décoration d'une bibliothèque est d'ailleurs la chose la plus fantaisiste qu'on puisse imaginer. Lorsque la bibliothèque est en même temps l'atelier du maître, rien n'est plus bizarre parfois que son agencement; autant vaudrait vouloir fixer des principes immuables à la décoration d'un atelier d'artiste. — Maison de ville. Nous ne nous étendrons pas d'une manière exagérée surle sujet délicat de la décoration et de l'ameublement d'un appartement de ville somptueux ; nos lecteurs jugeraient peut-être que nous dépasserions le but que nous nous sommes assigné, c'est-à-dire la questionstrictement pratique, car la fantaisie y a certainement une très large part. Nous nous bornerons donc à quelques détails sur le salon et à un coup d'oeil généralsurle reste. — Salon. Parlons d'aborddu tapis. Les tapis de salon sont aujourd'hui très sombres de dessins, les grandes fleurs ont totalement disparu; on leur préfère la belle moquette à dessins de Smyrne nuances tendres ou le tapis d'Orient à médaillons. C'est avec raison que la mode s'est déclarée pour ces sortes de tapis, car il faut remarquer que c'est ici le tapis qui sert de fond de tableau au meuble, et que, trop voyant, il attirerait forcément l'attention au détriment de celui-ci qui doit être vu. Le meuble en tapisserie d Aubusson, ou de Neuilly, ou mieux encore eu tapisserie de Beauvaisou des Gobelins, sera en ébène sculpté, ou ébène et or, les portières et les rideaux, largement drapés de même étoffe que le meuble. En face de lacheminée, surmontée uniquement d'une pendule et deux candélabres en vieux cuivre, un grandeanapé; de chaque côté, deux autres petits canapés. La table de milieu est entourée de fauteuils et de chaises. Entre les deux fenêtres, un bahut portant un buste flanqué de deux magnifiques lampes de porcelaine, de majolique ou de vieux Rouen. Les murs couverts de tableaui. Piano, tables de jeu, jardinières, statuettes, etc. Le goût de la maîtresse de la maison, le meuble étant donné, la servira mieux que le meilleur traité sur la matière. — La salle a manger, la bibliolhèque, les chambres à coucher même diffèrent si peu, dans l'ensemble, de celles dont nous avons donné l'indication pour Maison de campagne, que nous ne croyons pas devoir y revenir. L'escalier devra être tapisssé du haut en bas d'une même nuance et d'un même modèle; les nuances brun, vert, etc. sont les plus employées. En été, ce tapis sera recouvert d'une nousse de toile damassée. Les bois les plus ordinairement employés pour les meubles, outre les bois peints, sont pour le salon : l'acajou, le palissandre, l'ébène, le bois de rose; pour la salle à manger et la bibliothèque : le chêne, l'acajou, le noyer; pour la chambre à coucher : l'érable, le palissandre, le thuya, le bois de rose. Un meuble de chambre à coucher en érable moucheté, verni blanc, est, suivant moi, le plus gracieux qu'on puisse rêver. La cuisine est fournie de meubles de bois blanc et de hêtre ; dans beaucoup de cuisines on a adopté la méthode hollandaise de couvrir les murs, au-dessus des panneaux de boiserie, quand il y en a, de carreaux émaillés semblables à ceux des fourneaux. Comme dernière recommandation, nous rappellerons cette règle immuable du goût qui veut que tout le meuble d'une maison, sauf les modifications de détail, accuse partout le même style et que les parures de cheminée et autres s'y assortissent absolument.

HAENTJENS (Alfred-Alphonse), homme politique, né à Nantes en 1824, mort le 9 avril 1884. Puissamment riche et gendre du maréchal Magnan, il fut élu, en 1863, comme candidat officiel, député de la Sarlhe; et réélu en 1869, comme candidat indépendant; ensuite le 8 février 1871 et le 5 mars 1876. A

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