‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 361 sur 503 · PAU M · texte numérisé non relu

PAU M

PAUM

pâture est interdite sur les prairies artificielles; 2° qu'elle ne peut être rétablie ou maintenue sur les prairies naturelles que là où elle existait avaut la loi du 9 juillet 18S9, c'est-à-dire dans les communes où le droit est fondé sur une ancienne loi ou coutume, sur un usage immémorial ou sur un titre; 3° que le maintien ou le rétablissement de la vaine pâture sur les prairies naturelles ne peut s'effectuer que s'il est réclamé suivant les formes tracées par la loi de 1889 et que nous avons indiquées plus haut, mais celte demande aura dû être faite avant le 23 juin 1891, dernier délai; 4° que la vaine pâture ne peut jamais s'exercer sur les terres, prairies ou autres, qui sont couvertes d'une production quelconque faisant l'objet d'une récolte; 5° enfin que le conseil municipal qui aura demandé le maintien ou le rétablissement de la vaine pàlure sur les prairies naturelles, peut toujours en proposer ultérieurement la suppression, s'il vient à croire qu'il est utile de le faire. Ch. Y.

PAUCI. Mot. lat. qui signifie qui a peu, et qui entre dans la composition de certaines expressionsscient'fiques, telles que ipaucijlore, qui a peu de fleurs; pauciovulé, qui a peu d'ovules.

PAU1LLAQUAIS, AISE s. et adj. De Pauillac; qui appartient à Pauillac ou à ses habitants.

PAUME (Jeux). La paume est un jeu d'exercice dans lequel on pousse et repousse plusieurs fois une balle, soit avec la paume de la main armée d'un gantelet, soit avec une raquette ou un battoir dans un lieu disposé à cet effet. On distingue la longue paume et la courte paume ou trinquet, suivant que l'on joue à la paume dans un espace de terrain ouvert de tous côtés ou dans un carré long environné de murs. — Longue paume. On joue à la longue paume sur une place, dans une rue large et spacieuse, dans l'allée d'un parc ou dans tout autre lieu non clos, pourvu que le terrain en soit uni et bien battu ou pavé : on marque l'enceinte par des cordes que soutiennent, de distance en distance, des piquets ou de légers poteaux. La longueur de l'enceinte est de 150 à 160 mètres; sa largeur, de 25 à 30 mètres. Une corde, tendue au milieu, coupe en deux parties égales l'espace consacré au jeu, et sépare les deux camps, composés chacun de 2 à 5 ou 6 joueurs. Le joueur ie plus habile et le plus vigoureux de chaque parti devient le chef du camp et se place le plus loin de la corde; l'endroit qui lui est réservé porte le nom de tirer ou service; on l'indique par un morceau d'étoffe fixé sur le sol au moyen d'un clou. Entre les chefs des deux partis, chacun des autres joueurs prend le rang qui lui est assigné, sur une même ligne, à égale distance les uns des autres, les plus faibles étant les plus rapprochés de la corde. Quand le sort a désigné auquel des deux partis revient le droit de servir le premier la balle, le chef la lance vers le camp opposé; les adversaires placés au premier rang doivent juger rapidement si c'est à eux qu'il convient de la relancer, ou s'il est préférable de la laisser arriver jusqu'à leurs associés placés derrière eux; on conçoit que la justesse du coup d'œil et la présence d'esprit sont aussi nécessaires que l'adresse, la vigueur des bras et l'agilité des jambes. Pour lancer et repousser la balle, on se sert d'une raquette ou d'un battoir. La

firemière loi, c'est de relancer la balle soit à a volée, avant qu'elle ait louché le sol, soit quand elle a fait un premier bond. Si elle touche deux fois le sol, il est trop tard pour la relancer : on peut seulement l'arrêter; et l'endroit .précis où elle cesse de rouler se nomme f/iasseet est marque d'un petit piquet. Les coups les plus habiles consistent à lancer obliquement la balle de façon que tout en tombant dans l'espace réservé au jeu, elle s'éloigne des adversaires et les force de courir

à droite ou à gauche pour la rattraper. Il y a aussi les coups bas dans lesquels la balle, passant à quelques centimètres seulement audessus de la corde, surprend les adversaires qui parviennent difficilement à la toucher; mais les coups bas sont dangereux pour ceux qui les exécutent sans être, absolument sûrs de les réussir, parce que la balle risque de toucher la corde ou de passer au-dessous d'elle, ce qui est une faute. Un autre danger du coup bas, c'est d'être suivi d'un autre coup plus bas de l'adversaire; celui-ci, dans ce cas, au lieu de repousser violemment la balle, se contente de tenir verticalement derrière la corde, sur la ligne de passage de la balle, sa raquette dont il se sert comme d'une sorte de bouclier; la balle ayant frappé la raquette, rebondit d'elle-même et va tomber presque d'aplomb, à peu de dislance de la corde, du côté de ceux qui l'ont lancée et qui ne peuvent la rattraper que très difficilement. Chaque coup gagné ou perdu vaut quinze points; le camp arrivé à 60 points a gagné un jeu; quatre jeux font une partie quand il y a 2 ou 3 joueurs; il faut 5 jeux pour unepa.rlie quand on joue à 4; 6 jeux quand on est 5 joueurs; c'est-à-dire que lorsqu'on est plus de 3 joueurs, la partie est d'un nombre de jeux égal à celui des joueurs de chaque côté plus un. Voici un exemple de la manière de compter les points nécessaires à un jeu. Le camp 1, gagnant le premier coup, marque 15; le camp 2, s'il gagne le second coup, marque également 15, et l'on dit que les deux partis sont 15 à un. Si le camp 2 gagne le 3e coup, on dit que les partis sont 15 à 30 ; mais si le camp 1 se rattrape en gagnant le 4e coup, on compte 30 à un. Que chacun des deux camps gagne encore un coup, et ils seront chacun à 45, ce qui se dit être à deux. Le coup suivant donne un avantage à celui des deux partis qui le gagne, et deux avantages consécutifs, c'est-àdire gagnés l'un après l'autre sans interruption, font obtenir le jeu. Quand un parti a gagné un avantage et que le parti adverse gagne l'avantage suivant, la marque retombe à deux et l'on dit qu'il y a avantage à deux, si bien que le jeu n'est souvent gagné qu'après une série d'avantages. Une chasse ne donne aucun gain si on ne l'a pas tirée ; mais quand il y a deux chasses faites dans le cours d'un jeu, on passe, c'est-à-dire que les partis changent de camp. Quand l'un des partis a obtenu le point 45, on passe pour une seule chasse. On tireune chasse en poussant la balle de manière à lui faire faire son deuxième bond au delà de la ligne ou du piquet marquant la chasse faite. Si l'on y réussit, on gagne 15; dans le cas contraire, le camp adverse gagne le même point, c'est pourquoi les adversaires font tous leurs efforts pour défendre la chasse, c'est-à-dire pour empêcher celui qui la tire de la gagner, soit en reprenant la balle avant son deuxième bond, soit en la laissant agir quand ils prévoient que ce deuxième bond se fera en deçà de la ligne indiquée pour que la chasse soit gagnée. — Courte paume. La courte paume, le plus célèbre et le plus difficile des jeux de balle, a été, pendant des siècles, l'amusement favori des rois, des courtisans et des nobles; de sévères ordonnances en interdisaient la pratique aux manants et aux villains. Diverses circonstances, en tête desquelles il faut placer le coût énorme de l'installation d'une salle, les difficultés que présente le jeu et le long apprentis-age qu'il exige pour être joué d'une manière médiocre, 1 ont fait abandonner peu à peu pour des divertissements moins aristocratiques, mais aussi moins coûteux. La courte paume n'en reste pas moins, théoriquement, le type des jeux de balle. Pour y jouer, il faut disposer d'une salle en forme de parallélogramme, longue de 30 à 32 m., haute de plus de 10 in., large d'environ 13 m. Trois des côtés forment une espèce de corridor

I (marqué o sur notre figure), au moyen d'un mur intérieur haut de 2 m. 85, sur le sommet duquel s'élève une sorte de toit qui se dirige, en pente, vers la muraille extérieure, et va la rejoindre à une hauteur de 4 m. 50. Ce toit, appelé appentis, donne une physionomie toute particulière à une salle de jeu de paume. La muraille qui le supporte est découpée en plusieurs parties, à une hauteur de 1 m. 20 audessus du sol, ce qui forme, tout le long du milieu de la cour, un espace ouvert appelé galeries (6 6) et présentant, dans celte partie, o piliers qui s'élèvent jusqu'au sommet de l'appentis. Il y a encore une large ouverture semblable (c) longue de 7 m., du côté de la

cour de service, et appelée le dedans. C'est par cette ouverture que les spectateurs jouissent du coup d'œil de la partie. Vis-à-vis le dedans et dans le coin extrême de l'autre cour, se trouve une autre ouverture, nommée grille (g) qui mesure environ 1 m. carré. Quand la balle est envoyée dans la grille, d'un côté, ou dans le dedans, quand on joue de l'autre côté, le coup est gagné par le joueur La quatrième muraille est plate et lisse jusqu'au plafond, sauf qu'en un point situé à environ 6 m. 50 de la grille, elle forme une saillie nommée tambour (d). Knfin un filet, tendu transversalement, juste à mi-chemin entre les deux extrémités, divise la cour en deux parties et s'élève à 1 m. 65 à chaque extrémité et à 1 m. 35 au milieu. Le planche*

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ce la cour est ainsi distribué : on tire une iigne lonsitudinale d'un bout à l'autre, de manière à diviser la cour en deux parties égales; perpendiculairement à cette ligne, du côté de hasard de la cour, qui est opposé audedans, à environ 6 m. 75 du mur intérieur, on trace la ligne de service [e é) et verticalement à cette dernière, la ligne de passe (ff). Outre ces lignes, on en tire un grand nombre d'autres, coupant verticalement la grande ligne de. séparation, comme on le voit sur notre figure : 6 du côté du service, et 2 du côté de hasard, sont nommées chasses; les autres reçoivent le nom de galeries. La partie est engagée par le joueur qui se tient du côté de service et qui laiiîe la balle sur l'appentis, d'où elle doit rebondir dans la partie extrême du côté de hasard, au delà de la ligne de service, mais non au-dessus de la ligne de passe. S'il commet deux fautes, il perd un point. La partie une fois engagée, l'objet de chaque joueur est de renvoyer la balle au-dessus du filet; et le premier qui y manque perd un point. Un coup dans la grille ou dans le deda7is vaut un point au joueur, tandis que lorsque la balle touche le plafond ou la muraille au-dessus d'une ligne tracée à une hauteur de 10 m., le joueur perd un point. L'usage des chasses et des galeries est trop compliqué pour s'apprendre autrement que par la pratique. 11 nous suffira de dire que quand la balle tombe dans l'une d'elles après son premier bond, le coup reste en suspens et doit être rejoué après qu'on a changé de côté. Un jeu se compose de 4 points comptés comme suit : 15, 30, 40 et jeu. Mais quand chaque parti est à 40, le marqueur dit « A deux, > et alors deux avantages doivent être gagnés consécutivement par le même parti, pour que celui-ci ait le jeu. On joue ordinairement des parties de 11 jeux, de sorte que le parti qui arrive le premier à six jeux a gagné la partie. On peut convenir que si chaque parti arrive à 5 jeux, il faudra pour gagner la partie, gagner successivement deux avantages de jeu. Telles sont, en peu de mots les règles de la courte paume; le reste ne s'apprend que par une longue pratique; et encore ne le connait-on jamais assez pour pouvoir se passer du marqueur ou paumier, qui juge à haute voix tous les coups. Dans les matches, il y a, en outre, un arbitre, choisi parmi les plus experts, et qui, d'ailleurs, en cas de contestation sur un coup, fait appel aux lumières des spectateurs qui se trouvent dans le dedans; toute question en litige se décide à la majorité des voix des spectateurs.

PAVÉ s. m. Eloge maladroit, par allusion au pavé de l'ours dont parle la fable.

PAVÉ, ÉE adj. — Pavé de bonnes intentions, se dit ironiq., par allusion à l'Enfer, d'une maladresse commise avec de bonnes intentions.

PAVE (On y). Jargon. Se dit d'une rue ou l'un ni' vu pus, dans la crainte d'y rencontrer un créancier.

PÈCHE. -- Législ. Un décret du 20 décembre 18S9, relatif à la pêche fluviale, a modifié ceux du 18 août 1875 et du 18 mai 1878, en ce qui concerne les dimensions audessous desquelles certains poissons ne peuvent pas être péchés. Pour le saumon, ces dimensions ont été portées de vingt-cinq à quarante centimètres de longueur. Le décret •axe aussi à nouveau les époques de l'année pendant lesquelles la pêche est absolument interdite. Ces époques sont: 1» du 30 septembre exclusivement au 10 janvier, inclusivement, pour le saumon; 2» du 20 octobre au 10 janvier, pour la truite et l'ombre-chevalier; 3° du 15 novembre au 31 décembre, pour le lavaret; et 4° du 16 avril au 15 juin, pour teus les autres poissons et pour l'écrevisse. — La pèche maritime a toujours été

PÊCH

réservée aux marins français qui figurent sur les rôles de l'inscription; et il a toujours été interdit aux étrangers de se livrer à la pêche, en vue de nos côtes, à moins de trois milles du rivage. Cette distance était fixée notamment par la convention anglo-française du 2 août 1839. Une loi du 1er mars 1888 porte expressément que « la pêche est interdite aux bateaux étrangers dans les eaux territoriales de la France et de l'Algérie, en deçà d'une limite qui est fixée à trois milles marins au large de la laisse de basse mer ». Le patron d'un bateau étranger exerçant la pêche d'une façon quelconque dans la partie réservée est puni d'une amende de 10 francs à 250 francs; et cette amende est doublée, en cas de récidive commise par le contrevenant dans les deux années qui suivent le. premier jugement de condamnation. Indépendamment de l'amende infligée, le tribunal correctionnel ordonne la destruction des engins prohibés, et, s'il y a lieu, la confiscation et la vente des engins non prohibés et des produits de la pêche saisis sur le bateau. Le produit de ces amendes et confiscations est versé intégralement dans la caisse des Invalides de la marine. Si le condamné n'acquitte pas l'amende et les frais, le bateau est retenu jusqu'à l'entier paiement, ou pendant un laps de temps qui ne peut dépasser trois mois pour la première contravention, et six mois en cas de récidive. — En vertu d'un décret du 22 août 1888, rendu en exécution de la loi précitée, les bateaux étrangers, à voiles ou à vapeur, munis d'engins de pêche, et qui se trouvent en deçà de la distance fixée plus haut, doivent, sous les peines qui viennent d'être indiquées, porter des marques (nom, numéro ou lettres) permettant de reconnaître leur individualité. Us doivent être pourvus de pièces officielles délivrées par les autorités compétentes de leur pays; et ils doivent, pendant leur séjour dans les eaux françaises, arborer en tête de mât un pavillon bleu, avant au moins soixante-cinq centimètres de guiiidant sur quatre-vingt-dix-sept centimètres de longueur. Pendant la nuit, ces bateaux doivent porter les feux qui sont réglementaires à bord des bâtiments français. — ■ La loi du 31 juillet 1890 a prorogé jusqu'au 30 juin 1901 les dis positions des lois antérieures qui accordent des encouragements aux grandes pêches maritimes, sauf en ce qui concerne la pêche de la baleine et du cachalot. Les pêcheurs de morue continuent donc a jouir d'immunités et d'encouragements particuliers. Ils sont exemptés des droits de consommation sur les sels indigènes, ainsi que des droits de douane sur les sels étrangers employés à la préparation du poisson; ils reçoivent, en outre, une prime de 12, 16 ou 20 francs par quintal métrique de morue, selon qu'elle est expédiée directement des lieux de pêche, soit en France, soit aux colonies, ou bien expédiée de France à l'étranger. Un droit de douane de 44 francs par 100 kilo?, frappe la morue étrangère importée en France. Enfin l'Etat accorde à chaque matelot de l'inscription, embarqué pour la grande pêche, 15, 30, ou 50 francs, selon le lieu de la pêche et selon l'effectif d'équipage du bâtiment. Malgré celte protection, et peut-être à cause d'elle, les pêcheurs français sont restés inférieurs aux étrangers, en ce qui concerne leur outillage suranné et la préparation des produits. Les Anglais, les Américains, et surtout les Norvégiens, emploient des bâtiments mieux montés, de meilleures méthodes; et ils réalisent des bénéfices là où les pêcheurs français ne soutiennent la concurrence que grâce aux privilèges et aux subventions dont ils jouissent. Des auteurs compétents assurent aussi que ces encouragements, destinés à maintenir le chiffre de nos matelots inscrits, ne sont plus nécessaires aujourd'hui. Telle, est notamment l'opinion exprimée dans le Journal des Econa-

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