‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 389 sur 503 · PRIS · texte numérisé non relu

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un décret du il novembre 1885, d'atténuer les inconvénients du régime en commun, encore existant dans la plupart de ces prisons, dites de courtes peines, et qui comprennent les maisons d'arrêt, de justice et de correction. Ce décret réglemente l'administration, la surveillance et la police intérieure des prisons, le régime et le travail des détenus, etc. Mais, ainsi que le reconnaît le ministre de l'intérieur dans le rapport qui précède le décret: c L'emprisonnement en commun reste, en fait, le régime normal des détenus condamnés à subir même la plus courte peine. En beaucoup de prisons, loin de pouvoir effectuer la séparation individuelle, il est parfois impossible de séparer les catégories de détenus qu'il importerait le plus de ne pas confondre. La disposition des immeubles et l'installation matérielle des services ne mettent que trop souvent obstacle aux améliorations les plus urgentes, et l'état de la législation actuelle, que certains projets émanant de l'initiative 'parlementaire ou du gouvernement avaient pour objet de modifier, ne permet pas d'obtenir des départements la -transformation, même graduelle, des prisons les plus défectueuses ». Il est facile de comprendre qu'un pareil état de eboses produise les résultats les plus déplorables. On ne saurait le répéter trop souvent; et les règlements les plus parfaits ne peuvent suffire à conjurer le mal. 11 semble nécessaire que les prisons départementales deviennent propriétés de l'Etat; et si les sacrifices nécessaires pour améliorer le régime de ces prisons doivent être très coûteux, il faut reconnaître qu'il y a peu de dépenses qui soient plus nécessaires et plus urgentes. Suivant un projet de loi présenté par le gouvernement en 1884 et adopté par le Sénat le 1er juillet 18s9, les déparlements pourraient être exonérés d'une partie des charges qui leur sont imposées par la loi du 5 juin 1875, s'ils consentaient à rétrocéder à l'Etat la propriété de leurs maisons d'arrêt, de justice et de correction. Les départements pourraient être mis en demeure d'exécuter, dans lesdites prisons, les travaux d'amélioration ou de reconstruction nécessaires; à défaut d'exécution, il y serait pourvu d'office, par décret, et la dépense serait imputée, sur les fonds desdits départements, sauf la subvention qui aurait été allouée à la charge de l'Etat.— Un décret du 28 juin 1887 porte que les maisons d'arrêt, de justice et de correction du département de la Seine, sont soumises aux mêmes conditions d'administration et de contrôle que les établissements similaires des autres départements. — L'effectif moyen des détenus était, en 1880, de 54,215; il est descendu à 46,000, en 1889 Celte réduction de 8,215 doit être imputée: pour 3,000 condamnés à la relégation (voy. ce mol), et pour 4,000 environ à la libération conditionnelle. (Voy. Libération.) Dans son rapport fait au nom de la commission du budget de 1891, M. Saint-Romme constatait que, par suite d'un excès de philanthropie, la condition matérielle des détenus dans les prisons est plus confortable que celle de nos soldats et de beaucoup d'ouvriers, à ce point que ceux qui en sont sortis s'empressent de récidiver, dans le seul but de reprendre une existence de paresse insouciante, à l'abri du besoin et des intempéries. « On est arrivé, dit le rapporteur, à donner aux détenus, dans certaines maisons centrales, un régime tel que, pour beaucoup d'entre eux, le séjour dans la prison n'est pas considéré comme une punition, mais plutôt comme un temps de repos pendant lequel ils ramassent quelques économies. Il serait curieux de rechercher le nombre des détenus condamnés pour bris de réverbères, insultes aux magistrats, etc., en un mot pour des délits qui ne sont qu'un moyen pour eux de se faire réintégrer au milieu de leurs camarades... Il est facile'de comprendre dès lors pourquoi

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les habitants des maisons centrales cherchent à se faire condamner pour retrouver dans la prison qu'ils connaissent, un bien-être qu'il leur est impossible d'avoir ailleurs. Sous prétexte d'humanité, on en est venu, grâce à tous les idéologues qui ont pénétré jusque dans le service pénitentiaire, à faire de la philanthropie à rebours. On a commencé par la partie la moins intéressante de la nation, taudis que la masse qui travaille et qui peine regarde d'un œil d'envie ces favorisés de nos lois pénales ». Dans la prison de Nanterre, les cellules sont parquetées et cirées; la température y est maintenue jour et nuit à 16 degrés. La nourriture suffisante et variée peutêtre complétée par des ragoûts que la cantine délivre au prix de 0 fr. 20ou 0 fr. 25 la portion. Il nous semble que l'on pourrait sans inhumanité, et au moyen du travail rigoureusement obligatoire, rendre le séjour des prisons moins enviable, et faire en sorte que l'entretien des condamnés fut moins coûteux pour l'Etat. Cil. Y.

PROGRESSION. Les progressions donnent lieu à des calculs étonnants, devant lesquels l'esprit reste confondu. Nous avons déjà parlé du baguenaudier, qui est une des plus frappantes applications de la progression des nombres. Nous allons faire connaître ici quelques-uns des résultats auxquels on arrive au moyen des progressions arithmétiques et géométriques. — Le tas de pierre. Deux amis passent à côté d'un tas de pierres ; l'un demande à son camarade combien il suppose qu'il lui faudrait de temps pour disposer 100 pierres, de 2 mètres en 2 mètres, en ligne droite, en les prenant au tasuneàune,pour les porter à chaque foisà la place requise. L'autre répund d'abord que cette opération nedemanderaitpastrès longtemps ;et pourle prouver, il se met à l'œuvre. Pour porter la première pin iv,

il parcourt 2 mètres; pour revenir chercher la seconde, il parcourt 2 autres mètres : total 4 mètres ; pour porter la seconde, il parcourt 4 mètres : total 8 mètres ; à la 3e, il a 4 + 6 := 10 ; ce qui joint aux 8 mètres déjà parcourus fait 18 m. A la 4e, il a 18 + 6 + 8 = 32 ; à la 5e, 32 + 8 -f- 10 — 50 ; à la 6°, 50 + 10 + 12 = 72 ; à la 7% 72 + 12 + 14 = 98 ; a la 8e, 98 + 14 + 16 = 128. Avant d'abandonner ce travail, dont il reconnaît maintenant la lenteur, le deuxième camarade se livre au calcul du temps exact qu'il lui faudrait pour porter les 100 pierres à leur place respective. Il représente algébriquement chaque pierre par n, et il arrive à la formule :

C'est-à-dire qu'à la centième pierre, il aurait parcouru en mètres, 1002 x 2 = 20,000. ou 20 kilom. Eu supposant qu'il fasse 1 kilom. en un quart d'heure, il lui faudrait 5 heure* pour distribuer les 100 pierres. Si. au lieu de 100 pierres, il voulait en porter 200, il aurait à faire, en mètres, 200a x 2 = 8,0000 ou 80kilom. Pourl,000pierres,il auraitlOÛO2 X2 = 2,000,000 ou deux mille kilomètres ; et en supposant que l'on marche pendant 10 heures parjour, a 4 kilom. à l'heure, il ne faillirait pas moins de 50 jours pour porteries 1,000 piexresà leur destination. La rapidité de celteprogre sion parait surprenante ; et pourtanl -lie n'esl rien en comparaison des progressions g' omé triquesdonlnous allonsnous occuper. — Le» 24 clous. Un cavalier s'arrête devant l'atelier d'un maréchal l'errant et demande àcelui -ci de ferrer son cheval à un prix modéré. Le maréchal, qui veut rire, lui répond : « Je vous prendrai peu de chose : 1 centime pour le premier clou , 2 centimes pour le 2°, 4 centimes pour le 3e, etainsi de suite, toujours en doublant jusqu'au 24° des clous nécessaires pour les 4 fers de yotre cheval. » Le voyageur .s'empresse cepter un marché quilui semble bien tentant;

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