AMÉRIQUE
delà Californie; la Nouvelle-Orléans, métropole du coton; Cincinnati, centre de l'élevage des porcs ; Philadelphie, Baltimore, Boston et New-York, ses ports les plus importants , Washington, sa capitale ; Pittsburg, Santa- Fé dans le Nouveau-Mexique; Denver dans le Colorado, Fremont, etc. Ajoutons en terminant qu'il y a quelques années, le territoire d'Alaska a été cédé aux Etats-Unis par la Russie. LeMexique estpartagé en trois zones : les terres chaudes, voisines du golfe du Mexique où la fièvre jaune est pour ainsi dire endémique, les terres tempérées et le plateau central ou terres froides. Les révolutions continuelles auxquelles ce pays a été en proie depuis qu'il a secoué le joug de l'Espagne,sa lutte avec les Etats-Unis et plusrécemment avec la Franceont singulièrement entravé ses progrès. Sur le golfe,VeraCruze tTampico sont les principaux ports, tandis qu'à l'intérieur Mexico, Puebla, Queretaro, Durango, Zacatecas, Chihuahua, Oaxaca etMerida sont les localités les plus importantes. Ce que nous avons dit de la situation politique du Mexique s'applique également aux petites républiques de l'Amérique centrale, Guatemala, Honduras, San Salvador et Nicaragua dont le commerce extérieur ne dépasse pas, pour elles toutes, le chiffre de 140 millions. Quant aux Antilles, elles sont réparties entre diverses nations européennes.Seule, Haïti avec ses 850,000 hab. est indépendante, encore est-elle partagée en deux républiques. L'Amérique méridionale forme un triangle rectangle dont l'hypoténuse est formée, par la côte du Pacifique, de Panama au cap Horn. Cette côte est suivie par une énorme chaîne volcanique qui tantôt se dédouble de manière à contenir entre ses deux remparts de hauts plateaux, tautôt devient unique, tantôt enfin, comme dans la Colombie envoie jusqu'à la mer des éperons très élevés qui délimitent le cours du Magdalena et viennent rejoindre, sous le nom de Sierra de Caracas, la Trinité, dernière des petites Antilles. D'innombrables volcans, parmi lesquels l'Antisana, le Cotopaxi et tant d'autres, secouent périodiquement toute cette partie de l'Amérique et causent d'immenses ravages. A l'intérieur du Venezuela, sur la frontière des Guyanes, se rencontrent d'autres chaînes dont la direction générale est d E. en O., ce sont la sierra Pariiua, les monts Acaray et Tumucumaque. Au Brésil, deux chaînes courent parallèlement à la nier; l'une la serra de Espinaço, serra de Orgaos, serra de Mar qui se termine à l'embouchure de la Plata, l'autre serra Canastra, de Tabatinga, de Piauhy sedétache de la première par 20° S, et remonte vers le N. Elle envoie un éperon, la serra de Santa Martha et Cordillera gérai qui se termine dans le Matto Grosso et ne forme plus ensuite qu'une ligne de faîte insensible entre les bassins de l'Amazone et de la Plata. Dans la mer des Antilles, les fleuves sont l'Atrato, et le Magdalena avee son affluent le Cauca. Sur l'Atlantique, on trouve d'abord l'Orénoque, dont la source est encore inconnue. Par le Guaviare, ce fleuve communique avec le rio Negro, un des affluents des Amazones. Cet immense cours d'eau, qui porte dans sa partie supérieure le nom de Maranon a pour aifluenls principaux : au N., l'Ucayali, le Tunguragua, le Napo, le Putumayo, la Yapura et le rio Negro; au S., le Purus, le Madeira, le Topayos, le Xingu et leTocantin, rivières considérables dont plusieurs n'ont pas encore été reconnues complètement; le Parnahiba et le rio San Francisco sont les antres rivières importantes du Brésil. Quant à la Plata ce n'est qu'un vaste estuaire dans lequel débouchent l'Uruguay et le Parana dont l'aiflucnl le Paraguay reçoit à son tour le Pilcomayo,sur les bords duquel notre compatriote Crevaux a été massacré par les In-
diens Tobas. Le rio Colorado, le rio N»gro et le Camarones méritent à peine d'être cités. — Les anciennes colonies espagnoles, si longtemps ravagées par la guerre de l'Indépendance, déchirées par les partis, sont dans une situation économique déplorable. La population y est excessivement clairsemée et les villes principales y sont reliées, par de mauvaises routes et par quelques tronçons de chemins de fer. Que ce soient le Venezuela, la Colombie, l'Equateur, le Chili, la Bolivie, l'Uruguay, le Paraguay ou le Pérou, peu importe, elles sont toutes dans une situation aussi précaire. Seule, la Plata, dont le territoire n'est pourtant que la moitié de la France a vu ses ressources s'élever depuis quelques années, son commerce prendre de l'extension et sa population augmenter sensiblementpar l'afflux d'Allemands et de Français (des Basques principalement). On compte aujourd'hui dans cette contrée 3 millions d'hab., répartis dans un grand nombre de localités dont les plus importantes sont Buenos-Ayres, mauvais port situé sur l'estuaire de la Plata, Tucuman, Rosario, Cordova, etc. Le principal commerce de la Plata est celui des bestiaux élevés dans la pampa. La Patagonie appartient à la république Argentine qui, si elle continue à éviter les querelles des partis est appelée à prendre la tête du mouvement commercial et intellectuel dans l'Amérique espagnole. Quand nous aurons cité le café et le maté qu'on tire du Paraguay, le guano, le salpêtre, le sucre, l'argent que produit le Pérou, les bestiaux qu'élève l'Uruguay, l'argent, les pierres précieuses et la soude qui proviennent de la Bolivie, le cuivre, le guano et le blé du Chili ; le quinquina, le café et le tabac do la Colombie ; le café, le cacao, le quinquina et l'or du Venezuela, nous aurons clos la liste des articles d'exportation des anciennes colonies espagnoles.
Enumérons maintenant les centres principaux d'activité, nous trouvons Asuncion dans le Paraguay, Montevideo dans l'Uruguay, Sucre, la Paz et Potosi fameuse par ses mines de diamants dans la Bolivie, Arica, Lima, Callao, Arequipa dans le Pérou, Quito etGuyaquil dans l'Equateur; Caracas, Valencia et la Guayra dans le Venezuela, Santiago, Valparaiso et Valdiviadans leChili.Mais il est un pays qui marche résolument et continûment dans la voie du progrès, c'est le Brésil et cela parce qu'il jouit delà paix et de la tranquillité. Presque aussi grand que l'Europe, arrosé par une quantité de fleuves majestueux, le Brésil, bien qu'il n'ait encore que 10 millions d'hab., a su développer merveilleusement les ressources dont la nature a été si prodigue à son égard : ie sucre, le café, le coton, les bois de teinture et d'ébénisterie de ses immenses forêts, l'or et le diamant des provinces de Goyaz, de Minas Geraes et de Matto Grosso, la houille, sans compter ces richesses minérales encore inexploitées, le cuivre, le fer, le zinc, l'étain, etc. C'est aussi que le Brésil a su attirer l'émigration, qu'il a développé le réseau de ses chemins de fer, comprenant tous les services qu'ils rendent au progrès de l'industrie agricole. Quant aux aborigènes, ils sont répandus un peu partout; mais, pour la plupart, ils ont appris à connaître le blanc, ils se tiennent à l'écart dans les forêts et ne sont un peu nombreux qu'au centre du continent dans le Chaco, dans l'Araucanie et sur la frontière des pampas. Les Patagons, divisés en plusieurs peuplades ont été visités, mesurés, étudiés récemment par le Dr Moreno. Quelle que soit la diversité de langue, de stature, de forme crânienne des peuplades aborigènes, elles ne forment qu'une seule el même race qui disparaît ou se moditic au contact des blancs.