PRESQU'ILE DES BALKANS
thermales; Prisren (35,000 hab.), Djakova- Scutari (35,000 hab.), port très commerçant dans l'Albanie septentrionale; en Epire, Argyro-Castro et Janina, ville qui bien que déchue, compte encore 10,000 hab. Au S. de la péninsule, s'étend la belle et fertilelle de Crête qui s'est fait de tout temps remarquer par sa naine du Turc. Si elle était rendue à elle-même, si ses habitants et surtout les Sphakioles étaient un peu moins durs et moins farouches, l'Ile de Crète pourrait être autrement fertile, autrement riche. Nombre de ses villes sont en pleine décadence et nevivenlplus que que de souvenirs; il n'en est pas ainsi cependant de sa capitale : La Canée, (12.000 hab.) dont le port est fréquenté par de nombreux navires de commerce. Quant à la Rournélie orientale, elle devait au traité de Berlin une sorte d'autonomie administrative; le sultan nes'étant réservé que la suzeraineté politique et militaire. On sait qu'elle a librement, il y a quelques mois, prononcé sa réunion à la Bulgarie, mais cet événement n'a pas encore été ratifié par le sultan qui ne veut consentir, parait-il, qu'à une union personnelle, c'est-à-dire qui ne vivrait qu'autant que le prince de Bulgarie. La Rournélie est une belle plaine fertile qui possède des vignobles, des plantations de coton, des rizières, des bois de noyer, etc., qui fabrique des soieries, de la passementerie, des tapis, des armes, desdraps, de l'essence de rose, etc. La ville principale est Philippopoli (25,000 hab.) en communication directe par chemin de fer avec Andrinople et Constantinople. Les Bulgaresqui depuis qu'ils ont été soumis par les Turcs n'ont cessé d'être astreints à un joug de fer, sont d'origine slave avec un mélange de sang ouralien. Les violences sans nom des Turcs à leur égard attirèrent, en 1876, l'attention de l'Europe, et la Russie priten main leur cause; le traité de San Stefano qui mit fin à la guerre consacra leur indépendance presque absolue, aussi la Russie a-t-elle conservé une influence toute puissante dans cette province à qui elle a fourni la plupart de ses fonctionnaires et son souverain le prince de Battemberg qui est le neveu du Czar. La population, 2.000,000 d'hab., est répartie sur une aire de 64,000 kil carr. C'est un pays industrieux qui se développerait sans aucun doute avec rapidité si la sécurité était plus complète. Des mines d'or, d'argent et de fer, des tanneries, des fabriques de soieries, de drap, de châles, de cotonnades, des plantations de tabac, des vignes, des rosiers surtout à Kezanlik, des céréales permettent à la Bulgarie de faire un commerce déjà important. Les villes principales sont la capitale Sofia (25,000 hab.)Kustendil, Viddin, Routschouk dont les 26,000nabitantssonten grande partie Hongrois et Allemands, Silistrie fameuse par son siège, PJevna célèbre parla lutte de 1878, Tirnovo ancienne capitale et ville commerçante, Schoumla forteresse sérieuse qui garde les passes des Balkans, Varna port important sur la mer Noire; Gabrova le centre véritablement industriel de la principauté. Le Monténégro, Czernagora ou Montagne noire, estborné au N. par l'Herzégovine, à l'E. par la Bosnie, au S. par l'Albanie; à 10. il est parvenu récemmentà se créer une ouverture sur la mer Adriatique. C'est un pays, comme son nom l'indique, de montagnes houleuses, chaotiques, couvertes de forêts. Le climat est rude et la population de race slave ne l'est pas moins. De tout temps elle a lutté contre 1 envahisseur et si la force a eu plusieurs fois raison de son intrépide résistance, elle a toujours repris les armes et elle a fini, en 1878, par faire reconnaître son droit à l'existence. Avec ses 226,000 hab., à peu près également partagés en chrétiens et en musulmans, le Monténégro, coupé de vallées et de montagnes, ne peut guère se livrer à i'industiie. Seul le commerce des porcs et du bétail a quelque importance; chaque famille con-
fectionne les objets dont elle a besoin; ou n'achète guère à l'étranger que de la poudre, des armes et une eau-de-vie frelatée dont l'usage est trop répandu. A part Tcettinié, capitale de la principauté (2,000 hab.), Rieka, Grahovo place forte, Danilograd 15,000 hab. Podgoritza, Antivari port de guerre déchu et Dulcigno port de commerce relativement important, on ne peut guère citer de localités un peu intéressantes. La Serbie n'est devenue un royaume qu'en 1882; bordée au N. par la Save et le Danube à l'E. par la Roumanie, au S. par la Bulgarie et la Macédoine, àl'O. par la Bosnie; elle nourritsur49,000 kil. cariés moins de 1,800,000 hab. Forte de son glorieux passé, fière même de sa défaite de Kossovo (1389), la Serbie, après avoir subi la domination ottomane, lutta courageusement pour son indépendance avec Kara-Georges et Michel Obrenovitch qui parvint à se faire reconnaître par la Porte, en 1876, poussée par la Russie, elle prit les armes contre la Turquie et parvint grâce à l'appui des armées du czar à rompre les derniers liens de vassalité qui la rattachaient à l'empire ottoman.
Comme nous l'avons dit plusieurs fois au cours de cette notice, elle veuts'agrandir et son souverain l'a entraînée, sur la foi de l'Autriche, en des complications très graves où elle n'a rencontré jusqu'ici que des défaites et des dépenses inutiles, pourtant son budget de 400 millions devait l'astreindre aux plus sévères économies, car elle n'avait pas moins de 100 millions de dettes et, son commerce extérieurne montantqu'à70 millions, on nevoyait pas sa situation comme brillante. Il y a bien de nombreuses mines de fer, d'or, de plomb, d'argent, de belles roches, des forêts de chênes qui nourrissent d'innombrables troupeaux de porcs, mais l'industrie est fort peu développée et il y a terriblement à faire rien que pourdévelopper les ressources naturelles du pays. La capitale de la Serbie est Belgrade, 36,000 hab.; c'est à peu près aussi la seule ville importante comme population, commerce et industrie du royaume. La Roumanie est composée des deux principautés de la Moldavie et de la Valacnie. Au milieu de tous les Serbes qui les entourent, les Roumains descendants des colons romains transportés parTrajan dansées provinceséloignées, ont su garder en partie leur langue, leurs idées, leurs sympathies pour les nations latines, malgré tant d'invasions, malgré quatre siècles et demi de soumission à la Turquie. C'est que, de bonne heure, les Roumains se sont montrés plus sages dans leurs revendications, quoique tout aussi fermes que leurs voisins.Longtemps, alors que les deux principautés n'étaient plus que tributaires de la Porte, l'Europe leur a refusé l'union, et lorsqu'elle se fut faite, la France fut d'abord la seule à la reconnaître. Afin d'éviter toute compétition entre les familles qui avaient régné, la Roumanie a voulu pour souverain un prince étranger, et c'est un membre de la famille royale de Prusse qui a été élu. En 1877, lors de la dernière guerre entre la Russie et la Turquie, la Roumanie aurait voulu garder la neutralité, ce lui fut impossible et le traité de Berlin, en lui prenant la Bessarabie pour lui donner les bouches du Danube et la marécageuse Dobroudja, n'a pas tenu compte de sa modération. La Roumanie est un état important qui ne compte pas moins de ;> millions d'habitants dont le budget est de 12 millions et qui, divisée en trois provinces, Valachie, Moldavie et Dobroudja, fait un commerce extérieur de 500 millions, dont la plus grande partie en céréales, en eaux-de-vie et en vins dont quelques crus sont célèbres. Les villes principales sont Bucharest(221,000 hab.) qui, capitale du royaume, est en même temps sa ville la plus commerçante et la plus industrielle, Braila, Jas-y (00,000 hab.) Galatz, Husch, Petesti et l'iatra.
BELGIQUE et LUXEMBOURG
Parmi les Ktals européens, la Belgique est tu des plus récents: elle ne remonte pas, en »lfet plus haut que 1830. Jusqu'à l'époque de U Révolutionnes Pays-Bas ont fait partie de l'empire d'Autriche. Catholiques, ils n'avaient pas suivi les Etats protestants qui s'étaient révoltés contre les Espagnols et qui constituèrent sous le nom de Provinces-Unies, une puissante république. En 1714, par le traité de Rastadt, les Pays-Bas catholiques étaient passés de la branche espagnole à la maison d'Autriche pure. Conquise en 1793, la Belgique fut incorporée à l'Empire français en 1804, et forma, sous l'Empire dont elle suivit lesdestinées, 9 départements : Dyle, Escaut, Forêts, Jemrnapes, Lys, Meuse-Inférieure, Deux-Nèthes Ourthe etSaïnbre-et-Meuse. En 1814, lut constitué entre la France et l'Allemagne, avec les provinces hollandaises et belges, un Etat tampon, qui, érigé sous le nom de royaume des Pays-Bas, eut pour roi Guillaume 111. Mais l'alliance ou plutôt la réunion de deux Etats aussi différents comme habitudes et comme manière de vivre, les Hollandais exclusivement marins et commerçants, les Belges adonnés a l'agriculture, cetle union, disonsnous, n'était pas durable. Elle futvioleinment rompue en 1830 et personne n'a oublié et notre intervention entre les belligérants et le siège d'Anvers que nous primes en 1832 pour les Belges. C'est cette même année, que les deux chambres décernèrent à Léopold I, prince deSaxe-Cobourg, la couronne qui avait été d'abord offerte au duc de Nemours, mais que son père avait prudemment refusée pour lui. Bien qu'on pût dire la Belgique légalement constituée à partir decette époque, elle ne fut définitivement reconnue par toutes les puissances de l'Europe qu'en 1839, après le traité par lequel elle se partagea avec la Hollande, le duché de Luxembourg et le Limbouig. La petite Belgique, car elle n'a pas plus de 33,000 kil.carr., compte, en revanche, une population d'une densité considérable, on ne l'évalue pas en effet à moins de I90 individus par kil. carr., alors que la France n'en compte que 71. Encore cette densité seraitelle bien plusconsidérabie, si l'émigration ne lui enlevait un appoint fort sensible; c'est ainsi que le déparlement français du Nord compte, parmi les ouvriers de ses manufactures et de ses fabriques, un grand nombre de Belges. Quant au sol de la patrie, il s'augmente tous les jours, par les travaux de dessèchement et d'endiguement que l'on ne cesse de faire; c'est ainsi que plus de 2,000 kil. carr. ont été reconquis sur la mer. Placée entre des peuples d'ongine différente, bien que les Francs qui se sont plus spécialement établis dans le nord de la Gaule soient proches parents des Germains, la Belgique voit dans sa population ces deux éléments se coudoyer et se mêler; comme sang, elle est plutôt allemande; comme mœurs, comme goûts et comme habitudes, elle est incontestablement française. Le français est la langue officielle, et la religion est le catholicisme. Les Belges, à ce dernier point de vue, comme les Flamands français, se ressentent encore de la longue fréquentation des Espagnols; ils aiment passionnément les imposantes cérémonies du culte et ses étroites
pratiques. Bien qu'individuellement ils soient assez indépendants, ils se montrent esclaves du préjugé religieux et le parti prêtre est encore extrêmement puissant. C'est ainsi qu'on assiste en Belgique à des revirements subits, et que nous avons vu récemment, lorsque les cléricaux sont revenus au pouvoir, se fermer toutes les écoles que les libéraux, partisans de !a diffusion de l'instruction, s'étaient hâtés d'ouvrir dans tout le pays. Le N. et l'O. de la Belgique forment une plaine basse tandis que le S. et l'E. sont couverts par les ramifications des derniers contreforts ondulés et boisés des Ardeunes, qui, dans le voisinage de la frontière s'élèvent encore à 2,000 pieds au-dessus de la mer. Les plus grandes pentes sont généralement inclinées vers le N. et c'est dans cette direction que coulent laplupartdes rivièreset les nombreux fleuves qui arrosent le pays. Le plus important est sans contredit la Meuse, en réalité affluent du Rhin ,qui vient de France. Elle est navigable sur tout son parcours en Belgique et débouche en Hollande, oùelle se jette dans la mer du Nord. Ses aflluenLs principaux sont la Sambre, encore une rivière française, qui tombe dans la Meuse à peu près au centre du pays, et estégalement navigable, et l'Ourthe tributaire de droite, qui n'est navigable que sur la moitié de son cours. L'Escaut ou Scheldt, élargi par le flux et le reflux de la mer, a pour affluents la Lys et le Dinder, ainsi que le Ruppel, formé des deux Nèthes, de la Dyle etdela Senne qui arrose Bruxelles. De nombreux canaux mettent en communication ces différents cours d'eau et sont, pour l'industrie et le commerce, des auxiliaires infiniment précieux. Le climat de la Belgique est froid et humide dans sa partie septentrionale, tandisqueles hautes terresjouissent d'une température moins rigoureuse. Ce qui caractérise ces deux parties, c'estladifféreuce des cultures; dans les plaines, ce ne sont que champs et jardins, tandis que les collines du S. et de l'E. sont couvertes de bois épate, derniers restes des antiques forêts que César et plus tard Tacite nous ont si bien fait connaître; c'est dans cette dernière région que se rencontrent les mines qui constituent la plus grande richesse de la Belgique. Le territoire voisin de la Hollande n'est guère formé que de landes infertiles, de landes et de bruyères, c'est la Campine aux marais tourbeux, aux sables dénudés. Cet énorme territoire a été coupé par un canal qui réunitl'Escaul àlaMeuse, et l'on peutdirequ'il estcomplètement aujourd'hui envoie de transformation. Comme nous le disions plus haut, il est difficile de rencontrer un pays où la population soit plus dense, il faut aller dans certaines parties de la Chine ou dans la vallée du Gange pour rencontrer semblable agglomération d'individus. U faut attribuer ce fait, sans analogue en Europe, aux conditionsparticulièremeut favorables pour le développement, dans un espace aussi restreint, de tout ce qui peut faciliter l'extension du commerce, le perfectionnement de l'agriculture et l'exploitation des manufactures. La population se divise en Flamands, nation d'origine germanique dont la langue n'est qu'une forme dubas allemand et en Wallons, descendants de ces habitants
de la Gaule Belgique, soumis pendant un temps à la domination romaine, mais donlla langue est encore aujourd'hui une sorte de patois français. C'étaient, comme leur nom l'indique, des « étrangers », aux peuplades germaines et leur configuration physique est en complet accord avec les données de l'histoire. L'instruction est généralement répandue, comme nous l'avons dit, mais elle est presque entièrement, malgré les efforts des libéraux, entre les mains des prêtres catholiques. Gand et Liège sont des universités du gouvernement. Bruxelles possède une université libre, mais c'est encorel'université catholique de Louvain qui instruit le plus grand nombre d'étudiants. Pendant tout le règne de Napoléon, l'usage du flamand fut proscrit et ce n'est qu'à dater de 1830, que cetle forme nationale de la langue et que sa littérature sont revenues en honneur. Le quart des habitants de la Belgique est adonné à l'agriculture. Le blé, le seigle, l'avoine et le houblon sont les principales cultures; elles trouvent des débouchés toujours assurés en France et en Angleterre. La betteraveest cultivée pour la fabrication du sucre, et l'on compte plus de 100 raffineries dans le pays; le lin se sème particulièrement dans les basses terres de la Flandre. Deux immenses champs de charbon courent de 10. à l'E. à travers la Belgique centrale, tout le long des vallées de la Meuse et de la Sambre d'où l'on n'extrait pas moins de quinze millions de tonnes de houille par an. Toule proportion gardée, la Belgique extrait plus de charbon que l'Angleterre et son charbon est de meilleure qualité. Le fer, quoique sur une moindre échelle, est également extrait des mines de la Belgique et sa production n'est pas inférieure à 470,000 tonnes. Le plomb, le zinc constituent aussi pour le pays, des sources de revenu considérables. Ajoutons que la Belgique a 4,000 kil. de chemins de 1er, c està-dire, toute proportion gardée, plusqu'aucun Etat de l'Europe centrale. C'est dans la vallée de la Meuse, près de Liège, qu'est le grand champ de l'exploitation du 1er; aussi cette ville emploie-t-elle plus de 20,000 ouvriers à la fabrication des canons et des armes qui ont une réputation universelle. A Seraing, dans le voisinage, il en est presque de même. Outre Liège, la Belgique a trois villes de plus de 100,000 hab. Ce sont Bruxelles, qui, en comprenant ses faubourgs, ne nombre pas moinsde 314,000 hab. Par l'importance de sa population, parsa situation otlicielle de capitale, par sa position topographique, par le nom même de la petite rivière qui la traverse, Bruxelles est un second Pans, avec ses boulevards, ses palais, ses monuments et ses galeries. En réalité, elle se compose de deux cités : la ville haute ou officielle, où l'on paris le français; la ville basse, où le flamand esl le plus usité. Gand, avec ses 121,000 hab. esl située au confluent de l'Escaut et de la Lys, trois cents ponts mettent en communication avec les deux rives du fleuve les vingt-cinq lie.' sur lesquelles elle est bâtie. Gand, oùsetrouvi un grand nombre de manufactures de laine^ reçoit, au moyen d'un canal, des vaisseaux qui ne jaugent pas moins de six mètres; mais, relativement à ce qu'elle fut au moyen âger
Gand est t n décadence. 11 n'en est pas de même d'Anvers (169,000 hab.), le grand port de mer et la forteresse de la Belgique. C'est l'entrepôt leplusconsidérable dupays,et, d'ailleurs, on n'a rien épargné pour mettre ce port à la hauteur de la situation. Perfectionnements de tout genre, immense développement dequais, machines de toute sorte, chemins de fer et tramways, hangars et magasins, on n'a rien négligé pour faire de celte ville, placée à l'embouchure de l'Escaut, la tête de ligne des chemins de l'Europe centrale, l'entrepôt de toutes les marchandises don lia destination est l'Amérique. Aussi, son animation est-elle considérable; des bâtiments de tous les pavillons y viennent constamment y charger ou y décharger des marchandises et nombre d'émigrants aiment mieux s'y embarquer que de gagner les ports plus éloignés de Hambourg ou du Havre. Les différentes percées des Alpes ont été très favorables au développement du port d'Anvers en faisant de cette localité la gare terminus des marchandises qui transitent à travers l'Allemagne pour se rendre par Trieste ou par Brindisi dans l'extrême-orient. On peut citer encore Alost, Tourna)' où se font les carpettes qui portent le nom de Bruxelles; Malines, centre de la fabrication des dentelles ; Courtray, Rousselaere; Louvain qui, après avoir compté 200,000 hab., n'en a plus aujourd'hui que 32,000 et Bruges, autre ville déchue qui, après avoir été aussi peuplée que Louvain ne compte plus que 50,000 âmes bien qu'elle s'étende au long d'un canal praticable aux grands navires. Citons encore Mons, Charleroi, Narnur, Ostende, port à l'entrée de la Manche; Spa, célèbre par ses eaux minérales non moins que par sa roulette et Waterloo, à douze milles au S. de Bruxelles, qui vit la chute d'un empire. Telles sont les principales localités de la Belgique : les unes célèbres parle rôle important qu'elles ont joué au moyen âge, par leur antique prospérité, par les luttes de leurs artisans contre les nobles, par leurs monuments historiques, par leurs musées qui renferment tant de toiles merveilleuses non seulement des artistes nationaux, mais de tous les temps et de tous les pays ; les autres, fameuses par leur industrie, par leur activité commerciale, par leur caractère essentiellement moderne. C'est en cela que la Belgique est un pays intéressant à visiter, car, si rien n'est monotone comme les plaines de la Flandre avec leurs canaux et leurs villes industrielles toujours coiffées d'épais et noirs panaches de fumée , si les vallées du pays wallon,cellesdelaScmoy,derOur:hfi,derAm blesve, delà Verdre et de laLesse qui traverse celte merveilleuse caverne de Han qui est une des curiosités de la Belgique, sont infiniment plus pittoresques, l'antiquaire, l'historien, l'amateur des beaux-arts, l'archéologue, aussi ^iien que l'économiste et le négociant trouverontsur un petit espace toutes les matières qui peuvent les intéresser. C'est un perpétuel contraste entre les souvenirs du passé et ses misères aussi et les splendeurs apparentes du présent qui cachent tant de douleurs et d'etforts infructueux. C'est que la vie de fabrique n'est pas plus tendre en Belgique qu'ailleurs, c'est que la concurrence y est aussi rude et la lutte pour l'existence aussi pénible. Quand on n'aperçoit que ces chiffres : commerce extérieur trois milliards, mouvement des ports, s pi millions de tonneaux, on est stupéfait de J'activilé déployée par ce petit peuple, on est émerveillé des résultats, mais on ne songe pas au prix de quelles fatigues ils ont été atteinls. Certaines contrées oui une mortalité eicessive, comme les Flan-