‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 483 sur 503 · ILES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

ILES BRITANNIQUES

atout instant dans des guerres ruineuses et amène pour sa politique des complications inextricables. Si elle cède , après avoir combattu les Boers, dans l'Afrique Australe ; si, au contraire, elle se met trop en avant, comme dans l'affaire d'Egypte, elle ne sait plus quels moyens employer pour se retirer. C'est le moment où elle est engagée dans cette affaire délicate que sa rivale en Asie, la Russie, saisit pour s'avancer dans le Turkestan et se rapprocher sinon des possessions anglaises, du moins des étatsqui les couvrent. A côté de ces inconvénients inhérents au système politique suivi par l'Angleterre, il faut ajouter d'autres dangers encore plus sérieux, car ils tiennent à sa constitution même. Cesont. d'une part, les revendications légitimes des Irlandais qui, depuis la conquête de leur île par Cromwell, complètement dépouillés de leurs biens, ne sont plus que les fermiers très durement exploités des lords à qui furent distribuées les terres des habitants. Ces réclamations ont pris, depuis quelque temps, encouragées qu'elles sont par les émigrés irlandais des Etats-Unis, un caractère passionné et sauvage qui nous étonne, mais qu'on excuse quand on sait la dureté des grands propriétaires terriens ou plutôt de leurs représentants, quand on connaît la lamentable misère des malheureux tenanciers. Fatigués de voir toujours repoussés leurs griefs, quand ils n'étaient pas niés effrontément ou tournés en ridicule, les Irlandais entendent aujourd'hui rompre leur union séculaire avec l'Ecosse et l'Angleterre et s'administrer eux-mêmes.

Jamais l'Angleterre ni l'Ecosse n'y consentiront, leur prestige s'y oppose trop complètement, mais il n'en est pas moins vrai que la situation est d'autant plus tendue que les revendications des ouvriers anglais et des paysans ont trouvé un écho dans le parlement et qu'une question agraire et ouvrière menace de plonger le pays dans une série d'agitations, et peut-élre de troubles, dont pourraient profiter quelques-unes des puissances jalouses de l'Angleterre pour chercher à mettre la main sur certaines de ses colonies. Aussi bien n'est-il pas hors de propos de jeter un rapide coup d'œil sur les possessions de l'Angleterre, on verra qu'elles ont été toutes choisies avec le plus grand discernement soit au point de vue économique, soit au point de vue militaire. En Europe, ce ne sont que des forteresses : Helgoland dans la mer du Nord, Gibraltar, la clef du détroit de ce nom; Malte, admirablement située au centre de la Méditerranée: Chypre, qui commande l'entrée du canal de Suez. En Asie, le Royaume-Uni possède plus de 200 millions de sujets inégalement répartis à Ceylan, dans les établissements du détroit (Perak, fameuse par ses minesd'étain),à Singapour, port franc qui commande le délroit de Malacca et menace les Indes néerlandaises; à Hong-Kong, enlevée à la Chine; à Bornéo, dans su partie septentrionale qu'un de ses colons a su lui donner, enfin, à Aden et à Péri m, sur la côte Arabique, localités qui ferment hermétiquement la mer Bouge.

Quant à l'Ilindouslan, ses limites se reculent tous les jours et les Anglais viennent de s'annexer la Birmanie indépendante. La, sont des villes populeuses, comme Calcutta, il.-, erabad, l.ahore, Amritsour, Lucknow, . D Ihi, Benarès, Cawnpore, Peshawr, Mail.;-. Bombay, Mysore, etc. ,, situées dans

des présidences qui sont sous l'autorité direct» du vice roi des Indes, ou dans des états qui sont sous la domination de rajahs, cl autres vassaux de la couronne impériale; là. vivent 240 millions d'individus brahmanistes ou mahomélans, tenus en respect par 120,000 Européens. Le coton, le blé, le thé, l'opium, le riz et la houille, sont les principaux articles d'exportation de cet immense empire dont le budjet alteint 2 milliards. Mais combien il reste encore à faire, de canaux à creuser, de chemins de fer à construire, de routes à tracer, avant de tirer de ces 3,600,000 kil. carrés, sans y comprendre les deux Birmanies où l'on trouve des villes importantes, comme Rangoon, Bassein, Tavoy, Merguy, Bahmo et Mandalay, tout le parti qu'on est en droit d'en attendre. Siège d'une civilisation extrêmement avancée, l'Inde des rajahs possède des monuments, d'une richesse d'ornementation fabuleuse, d'une architecture originale, d'un goût exotique, que les Anglais n'ont pas toujours respectés, il s'en faut, et qui devraient être classés au nombre des monuments historiques dont la conservation et l'entretien inrombentau budget public. En Océanie, ce sont, outre les grandes provinces de l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie et les Fidji, une partie de la Nouvelle-Guinée. En Afrique, c'est avec la colonie du-Cap, Natal et nombre d'établissements semés sur les côtes, sans compter les lies Sainte-Hélène, l'Assomption et Maurice précieuses escales sur la route de l'Inde. Enfin, en Amérique, outre cet immense Dominion arraché à la France, ce sont Terre-Neuve, les Bahamas et les Bermudes, le Honduras et, dans les Antilles avec les Turques, la Jamaïque et autres petites Iles, la Trinité, la Guyane et les iles Falkland. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans toutes ces colonies, c'est que bien peu, sauf l'Australie , la Tasmanie et la Nouvelle- Zélande ont été véritablement colonisées par les Anglais. La plupart ont été enlevées à des peuples divers, Français, Espagnols, Portugais, Hollandais; mais il faut avouer que le plus souvent la sage poli I ique anglo-saxonne, la liberté dont jouissent les colons, la protection dont ils sont assurés, leur ont fait envisager avec sénérité leur changement de maîtres, sans compter qu'on exécute dans chacun de ces pays des travaux de viabilité qu'on n'aurait jamais obtenus sans cela. Toutes ces colonies peuplées de races différentes, sous des climats si différents ont nécessité de la part de la métropole un esprit d'invention et d'adaptation merveilleux. Toujours, le gouvernement s'est montré soucieux de ne pas froisser les opinions et la religion de ses sujets, de plier ses lois, ses agents et ses produits à leur mode, de leur accorder en un mot la plus grande somme possible de liberté, tout en ne lâchant pas complètement les liens qui les unissent à la mère patrie. Cependant, déjà l'Angleterre prévoit que certaines de ces contrées voudront se séparer et vivre d'une existence qui leur soit propre. C'est un vœu dont on se préoccupe en haut lieu, car on no veut pas être surpris par les événements. Il s'ensuit que l'anglais estde tous les idiomi s connus, le plu: universellement répandu sur la surface de la terre et qu'on peut partout se tirer d'affaires en parlant quelques mots de cette langue.

Depuis que ces lignes sont écrites, les etenements ont, pi/ malheur, donné raison a aos provisions pessimiste!.

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