DANEMARK
virnl trop rigoureuse. Les animaui domestiques sont 1 "accompagnement obligé des exploitations agricoles aussi sont-ils nombreux en Danemark ; les chevaux, les bêtes à cornes, les moutons, les porcs et la volaille sont pour le paysan danois, des sources Importantes de richesses. Aussi, si l'on ne trouve pas, dans cette contrée, de ces fortunes colossales comme les grandes affaires et une industrie très développée en produisent, on ne rencontre pas non plus de ces misères dégradées, comme il estlrop fréquentd'en voir dans les grandes villesde pays mieux dotés au point de vue des ressources minérales. Sages ont été ces peuples de comprendre qu'il fallait s'appliquer à développer les ressources de leur sol; ils ont su se borner, ils ont rencontré cette aurc-a mediocritas que le poète enviait. Soixante p. 100 des habitants s'adonnent à l'agriculture et S p. 100 seulement au commerce. Et cependant celui-ci est considérable, les exportations presque exclusivement composées de produits naturels, s'élèvent à 250 millions et les importations à 100 millions de plus; ces dernières étant, au contraire, presque entièrement composées d'objets fabriqués. 11 existe cependant un certain nombre d'industries florissantes, telles que celle des gants de Suède, qui se fabriquent particulièrement à Renders dans le Julland. Ce qui contibue à ne pas porteries importations à un chiffre plus élevé, c'est que les travaux des champs laissant aux paysans pendant certaines saisons de grands loisirs, ils en profitent pour fabriquer eux-mêmes la plupart des objets qui leur sont nécessaires. Les femmes et les enfants filent ou tissent les étoffes dont ils s'habillent; on taille, on coud ses vêtements, on fabrique ses sabots, là, pour employer une expression vulgaire.» le premier gagné». Si les vêlements et les ustensiles de ménage sont fabriqués par ceux qui s'en servent, la nourriture ne coûte pas non plus grand chose,le pays étant presque exclusivement agricole, les œufs, la volaille et la viande de boucherie ne sont pas diers ; qu'onyajoute le poisson, — elles Daîoissont grands pêcheurs, — on aura ainsi à oou marché tous lesarticles courants dont on a quotidiennementbe6oin. Le peude développement de l'industrie n'a pas poussé les habitants àmultiplier lesvoies de communication, il n'existe pas un grand nombre de canaux, les routes ne sont pas toujours parfaitement entretenues, cependant, touteproportion gardée, le Danemark a une plus grande étendue de chemins de fer que l'Angleterre. Le nom- Jes habitants du Danemark est à peine : millions; ils appartiennent à labranche iinavedes peuples leutoniques etparlent mois, forme du vieux norse, langue qui fut définitivement fixée à l'époque de la réformation. Voici le portrait que Maltebrun trace de ses compatriotes : «Il sepourraitque .'h .nudité de l'atmosphère et la quantité de viande et de poisson salé dont il se nourrit contribuassent à rendre le caractère de ce peuple lourd, patient, difficile à émouvoir. Autrefois conquérant insatiable, aujourd'hui brave mais pacifique, peu entreprenant, mais laborieux et persévérant, modeste et orgueilleux, hospitalier mais non pas officieux, gai et franc avec ses compatriotes, mais un peu froid et cérémonieux avec les étrangers; aimant ses aises plus que le faste, plus économe qu'industrieux, imitateur des autres peuples, observateur judicieux, penseur profond, mais lent et minutieux, doué d'une imagination plus forte que riche, constant, romanesque et jaloux dans ses affections, capable d'un grand enthousiasme, mais rare- . de ces saillies d'esprit, de ces finesses qui surprennent le succès ou l'admiration; très attaché à, son sol natal et aux intérêts de sa patrie, <rnp peu soigneux de la
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narchie, mais ennemi de la servitude et du pouvoir arbitraire; tel est le portrait du Danois. Au physique il est généralement d'une taille moyenne, bien fait, blond et d'une physionomie douce et agréable. » Il y aurait aujourd'hui quelques réserves à faire sur ce portrait. Pour le Danois comme pour les autres peuples, le temps a marché, avec lui il a apporté des modifications qui le plus souvent ne sont pas à l'avantage de l'humaine nature. Le gouvernement sous lequel vit la nation danoise est une monarchie constitutionnelle, mais il n'est pas besoin du concours des chambres pour l'établissement du budget et le prélèvement des taxes et impositions. L'assemblée législative et représentative ou rigsdag , est formée par la réunion de deux chambres le landsthing, ou chambre haute, composée inégalement de membres à vie et de membres élus par le suffrage à deux degrés et le folksthing, chambre des représentants qui sont élus pour trois ans à raison d'un député par 1,600 habitants. L'Islande, qui est considérée comme partie intégrante du royaume, jouit d'une constitution spéciale; quant aux Féroê, elles ont leur représentant au landsthing. La religion générale est le luthérianisme, mais le clergé ne forme pas un ordre séparé, comme cela a longtemps existé en France. Les nobles jouissent encore de très grands privilèges, mais ils sont astreints au paiement d'une redevance annuelle qui porte le nom de taxe de rang. L'instruction est fort répandue en Danemark et l'on compte très peu d'individus ne sachant ni lire ni écrire. L'armée est forte de 50,000 hommes et la flotte se compose de deux frégates cuirassées et de quelques bâtiments d'un moindre tonnage. Copenhague, qui est la capitale, est avantageusement située sur le passage le plus fréquenté pour entrer dans la Baltique; brûlée en 1728 et en 179S, Copenhague a été bombardée en pleine paix par les Anglais en 1807 et deux mille personnes périrent en cette circonstance. Copenhague avec ses "275,000 habitants est une fort belle ville qui possède des palais, des châteaux, des musées, le musée Thorwaldsen notamment, ainsi que des bibliothèques et de nombreux établissements d'instruction supérieure. L'archipel de Feroë, en danois FârOer, est situé dans l'Atlantique septentrional au nord de l'Ecosse. Ce groupe se compose de 22 iles dont dix-sept sont habitées. La population était en 1870 de 10.000 hab. elde 11,000 en 1878, ce qui pour 1,330 kil. carrés faisait une moyenne de 8 hab. par kilomètre. Les iles des Brebis, car telle est la signification du vocable Fàroer en danois, n'appartiennent en aucune façon aux terres Scandinaves, elles sont au contraire rattachées par un plateau sous-marin aux archipels voisins de l'Ecosse dont elles ont absolument d'ailleurs la constitution géologique, la flore et la faune. Partout le sol est monlueux, hérissé et domine à pic une mer qui est continuellement agitée par de violentes tempêtes. La formation de cet archipel est en grande partie d'origine volcanique, ce sont des basaltes qui, en quelques endroits, forment des rangées de piliers aussi nombreux, aussi surprenants qu'à Slalia. Séparées par des détroits où la mer a creusé des grottes et des cavernes, où les courants font rage, ces iles sont coupées verticalement au-dessus de la mer et les moindres anfractuosiies de ces parois précipiteuses sont habitées par des oiseaux de nier que les indigènes chassent avec la plus téméraire intrépidité; ils ne. prennent, par an, pas moins de 250,000 lundes, dont les plumes forment l'objet d'un commerce fort important. Baignées par le Gulfstream, les Feroë jouissent d'un climat humide mais extrêmement tempéra.
Les étés n'y sont fias chauds, mais les hivers non plus ne sont pas rigoureux. Pas un arbre ne saurait résister aux ouragans terrible? qui s'abattent sur cet archipel, où ni le blé ni le froment ne sauraient mûrir, mais où viennent très bien, dans les vallées, l'orge et les légumes. La pêche, en dehors de l'élève des moutons, est la seule industrie des habitants. C'est surtout la morue qu'ils chassent, puis viennent le hareng, la baleine et une espèce de dauphin. L'exportation des produits de cette pêche atteint près d'un million. La population est entièrement d'origine Scandinave et s'est composée primitivement de fugitifs, de bannis et de. naufragés appartenant à la Norvège. L'archipel Feroë est passé, ainsi que cette contrée, au pouvoir du Danemark; mais, lorsque la séparation a eu lieu, il est resté sous la domination de ce dernier. On a tout lieu de croire, si l'on ne veut pas reléguer dans la fable les voyages des frères Zeni, que la Frisland do ces Vénitiens n'est autre que l'archipel Feroô. L'Islande est l'île la plus septentrionale de l'Europe; c'est, à proprement parler, une terre absolument polaire, qui n'est séparée du Groenland que par 300 kil. de mer, mais qui est réunie à l'Europe par un seuil où la profondeur de l'eau n'est pas considérable. Elle a la forme d'un quadrilatère fort irrégulier, et, bien que sa superficie soit de 104,785 kil carr., il n'y en a guère que 42,000 d'habitables. Sa population est d'environ 75,000 hab., qui descendent, comme les habitants des Feroë, des pirates et des bannis norvégiens, qui avaient trouvé sur cette terre si rude un refuge assuré. Terre élevée, elle est formée de plateaux que dominent de hautes montagnes (2,000 m.), des volcans éteints ou en activité, comme l'Hécla (1,557 m.). Les glaciers de l'Irlande, qui se trouvent pour la plupart sur le pourtour de l'île, sont nombreux et intéressants à visiter. Après avoir eu leur période d'accroissement, ils semblent reculer, et ce n'est pas un conlrasle sans grandeur et sans singularité, que de voir cette série de glaciers dans un pays qui ne cesse d'être ravagé par des feux souterrains, où d'énormes volcans vomissent des coulées de laves gigantesques — notamment la plaine de Tringvalla — et qui est le siège des manifestations plutoniennes (geysers, etc.) fort curieuses, qui ne sont dépassées que par les merveilles du parc de la Yellowstone aux Etats-Unis. Les côtes de l'Irlande sont fort découpées et forment d'excellents abris pour ses pêcheurs, dont la hardiesse est proverbiale. Mais ce ne sont pas seulement les Islandais qui profilent des richesses des mers voisines de l'Islande, si fertiles en poissons de foute sorte, celles-ci sont le rendez-vous des pêcheurs de toute l'Europe, et notamment des Frauçaisqui y fréquentent au nombre de plus de 2,000. A part Keikiavik qui n'est, à proprement parler, qu'une bourgade, l'Islande ne possède pas de villes. Le= habitations islandaises «ont éparses et les fermes, si l'on peut donner le nom à ces sortes de cabanes, sont situées dans les prairies et les vallées, où seuls sont possibles la récolte du foin et l'élevage du bétail. Le Danemark possède encore sur la côte orientale du Groenland quelques établissements qui rendent des services signalés aux flottes des pêcheurs de morues et de chasseurs de baleines qui fréquentent ces parages. Au point de vue politique, ils n'ont aucune importance, et le seul commerce qui s'y fait doit son existence à l'importation, car les défenses de morses, les peaux de renards et autres animaux à fourrures, sont d'une valeur presque négligeable. Enlin, dans les Petites- An l il les, le Danemark possède encore Sain' . - Croix, Saint-Thomas et Samt-Jean,.dunt la superficie totale ne dépasse pas 358 kil. carr, fit duut la population est de 34,000 hab.