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FRANCE PHYSIQUE

d'art toujours extrêmement coûteui. Cependant chaque fois qu'il fallait allonger le parcours d'une ligne sans profit possible poui les compagnies et au détriment des voyageurs, celles-ci ont préféré attaquer de front les obstacles qu'elles rencontraient. Les travaux de chemins de fer avaient pris, il y a quelques années, un développement considérais sous l'impulsion de M. de Freycinet et cela se comprenait, car notre pays ne possède encore que 30,000 kil. de chemins de fer construits ; alors que, proportionnellement à la superficie, nous sommes dépassés Ear de petits pays comme la Belgique et le uxembourg, par l'Angleterre, l'Allemagne, la Suisse et la Hollande; proportionnellement à la population, la différence est encore plus sensible, car, sans parler des pays hors d'Europe, comme les Etats-Unis, qui ont 33 kil. de chemins de fer par 10,000 hab., en Europe, la France ne vient avec ses 7 kil. pour 10, OOOhab. qu'au neuvième rang, c'est-à-dire, après le Luxembourg, la Suède, la Suisse et le Danemark, etc. Et pourtant, s'il est un instrument qui rende au commerce et à l'industrie des services signalés, c'est bien celui-là, ou pour être plus exact, ce devrait être celui-là. Mais, en France, nos tarifs de chemins de fer sont beaucoup trop élevés, trop compliqués et le commerce national n'y rencontre pas les facilités qu'v trouve la concurrence étrangère. C'est incontestablement un des plus importants facteurs dans la crise économique que nous traversons actuellement. Ajoutons que les percées du Simplon et du Saint-Gothard sont destinées à priver nos lignes de la plus grande partie du trafic avec lOrient, car l'Angleterre, la Belgique et une partie de l'Allemagne ne pouvaient jusqu'ici emprunter d'autres routes pour gagner les ports d'embarquement. Un des résultats de l'établissement des chemins de fer a été l'abolition des barrières qu'opposaient aui voyages, le prix et le temps qu'il fallait y consacrer ; les peuplesse sont mieux connus et les conditions économiques de la production s'en sont ressenties. Ce qui est vrai en général, l'est encore plus pour la France ; la création des chemins de fer en amenant un renchérissement général, une plus égale répartition des prix entre toutes les localités; en permettant à toutes les productions indigènes d'affluer à Paris, le cœur de la France, a aussi renversé les dernières barrières du provincialisme. Certes les amateurs du pittoresque, des vieux monuments et des anciens costumes y ont perdu; mais les habitants de la Bretagne, des Cévennes et d'autres contrées jadis aussi difficiles d'accès sont aujourd'hui aussi fiançais que les Briards ou les Champenois. Une étude qu'il serait fort intéressant de faire, en s' aidant de l'Atlas du professeur Heuzé, ce serait celle des productions de la France, ce serait d'étudier chacune d'elles séparément, c'està-dire dans ses conditions propres, de juger de l'avantage ou des inconvénients de la culture, puis de comparer ces mêmes conditions avec celles où se fait la même culture à l'étranger, en tenant compte des prix de revient (engrais, main-d'œuvre) et de voir si nous pouvons lutter avantageusement sur nos propres marchés et à l'étranger avec nos concurrents. Ainsi pour le froment dont nous ensemençons 70,000 kil. carr., notre production étant insuffisante pour nos besoins, nous devons importer de la Hongrie, de la

Russie méridionale ou des États-Dnis oe qui nous manque. L'épreuve est faite pour cetta céréale et nous savons qu'il nous est impossible de livrer qualité égale aux blés d'Amérique, à prix égal, malgré les frais considérables de transport qui viennent s'ajouter au prix de la main d'oeuvre. Ce sont ces conditions de la lutte, aussi bien d'ailleurs pour l'industrie que pour l'agriculture, qui ont entrainé certains gouvernements à prendre des mesures restrictives, à protéger leur propre commerce contre la concurrence étrangère, question d'une importance vitale, mais qui ne parait pas comporter de solution générale, car une mesure bonne pour telle industrie, gêne la voisine. Avec le froment, la France produit de l'avoine, du seigle, de l'orge, du mais, des pommes de terre, des betteraves; en fait de plantes textiles, le lin et le chanvre ; en fait d'oléagineux, le colza, l'œillette, l'olivier; puis il faut y ajouter le tabac, les mûriers qui ne viennent que dans certains départements du sud de la France et la vigne qui était jadis une des sources les plus considérables du revenu public et dont les produits fameux dans le monde entier, étaient partout recherchés, mais l'oïdium d'abord, le phylloxéra ensuite ont considérablement réduit notre production, tout en augmentant les prix dans des conditions désastreuses. Bien des remèdes ont été proposés jusqu'ici, il n'en est que deux dont on ait tiré bon profit : la submersion, mais elle n'est pas praticable partout, le sulfure de carbone, mais, malgré les réductions de prix dont les compagnies du Midi et d'Orléans l'ont fait bénéficier, il est encore d'un prix trop élevé pour nos petits cultivateurs et d'un emploi trop malaisé. En outre, on n'en obtient de bons résultats que si l'on opère sur des étendues considérables, et il aurai! fallu obtenir des petits propriétaires qu'ils se syndicassent pour l'employer simultanément. Aussi des pays comme l'Italie et l'Espagne importent aujourd'hui en France des quantités considérables de vins qui servent au coupage, au grand détriment de la renommée de nos produits. Les forêts de la France ont été exploitées à outrance, non seulement celles qui se trouvaient dans les pays de plaine, mais celles môme situées eu montagne. On a reconnu, de nos jours, l'abus de ces coupes multipliées et l'on reboise partout avec acharnement. 11 faut dire que les beaux travaux de l'administration des forêts comme reboisement, les expositions qu'elle a faites des résultats par elle obtenus ont popularisé ses procédés. C'est à ce déboisement qu'il faut attribuer les crues subites de nos grands fleuves et de la Garonne en particulier; ce sont des faits que personne n'ignore plus; dans ce cas, l'intérêt général prime l'intérêt particulier, et c'est à l'administration de tenir la main à ce que nos bois ne soient plus ainsi massacrés. Les belles plaines de laBeauce,de l'Orléanais, de la Normandie, etc., ont permis l'élevage de quantité do bœufs, de moutons, de porcs et des races chevalines précieuses. Mais la comparaison que nous avons faite avec les races étran gères nous a amené à des améliorations considérables. Les concours régionaux et les expositions, en permettant à nos éleveurs de juger leurs produits, en les instruisant des méthodes scientifiques d'élevage, ont rendu d'incontestables services à ces différentes industries et, sous ce rapport, nous pouvant lutter à arme.- uvales avec l'étrange:',

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