OCÉANIE
Assurément, s'il est une partie du monde qui soil intéressante à étudier, c'est bien certainement l'Océanie et cela au double point de vue physique el politique; physique, parce qu'on y rencontre quantité de terres nouvelles, à la naissance, au développement desquelles on assiste, parce qu'il existe en Océanie des vieilles races qui sont en voie de s'éteindre et dont les représentants deviennent de plus en plus rares; politique, parce que l'histoire des établissements de l'Angleterre en Australie est trop récente pour qu'on ait eu le temps de l'oublier et qu'on reste émerveillé des progrés incroyables accomplis par les colons de Port Philipp et leurs descendants depuis moins d'un siècle. Quelle est curieuse à écrire l'histoire de l'Océanie, quel intérêt poignant elle offre' Si le volume consacré àl Océanie dans l'Universpittoresque est un des meilleursde cette précieuse collection ; si, à certains points de vue, il reste encore à la hauteur de la science, sous le rapport de l'anthropologie, de l'ethnographie, de la linguistique, il est aujourd'hui tellement dépassé qu'il est complètement à refaire. Pour tentante qu'elle soil, ce n'est pas une pareille tâehe que nous pourrons entreprendre ici, nous ne pouvons qu'à grands traits, en ne tenant compte que des faits saillants, donner à nos lecteurs une idée de la variété des localités, des mœurs, de l'origine des habitants. Qu'on ait une carte sous les yeux, on sera immédiatement frappé de ce fait que toutes les grandes iles et terres océaniennes sont accumulées et pressées dansl'ouestalors que l'orient est privé d'îles même médiocres et que l'immense solitude du Pacifique n'est troublée que par des Ilots rocheux comme l'ile de Pâques et des groupes d'Iles madréporiques, comme l'archipel Dangereux. 11 est facile de voir que les Philippines, Bornéo et les grandes iles de la Sonde ne sont que le prolongement de ces hautes terres asiatiques qui commencent avec le Kamtschalka pour se continuer par le Japon, terres qui n'offrent pas partout un rempart aussi solide aux flots démontes du Pacifique, tandis que les Célèbes, les Moluques et les petites iles de la Sonde, séparées de l'Asie par une faille profonde qui passe par les détroits de Bali, de Macassar et la mer de la Sonde, appartiennent incontestablement au continent australien. L'exploration sous-marine est venue confirmer un fait que l'étude de la géologie, de la tlore et de la faune de ces régions avait déjà décelé. Les deux parties asiatique el australienne de ces lies qui portent le nom générique de Malaisie, du nom de la race de leurs habitants, ont cependant un certain nombre de traits communs et l'un des plus curieux est cette abondance de volcans qu'on rencontre aussi bien aux Philippines qu'aui Moluques, à Sumatra, qu'à Java, dans les petites iles de la Sonde et à Célèbes où la péninsule de Menado et les lies qui en dépendent en comptent plusieurs. Mais, ce qu'il y a de eu ri eux, c'est que tous ces volcans en activité ou éteints forment uneceinture en dehors de laquelle aucune activité plutonienne n'est constatée; il n'existe pas un volcan à Bornéo dont les montagnes élevées (le pic de Kinibalou a 4,175 m.) sont d'origine granitique et l'on ne trouve pas un cratère ancien ou
récent dans les trois autres péninsules de Célèbes. On n'a pas oublié l'éruption du Krakatoa (1883) qui a complètement changé les conditions de navigabilité du détroit de la Sonde el qui a coûté la vie à plus de 30,000 personnes. Bien d'autres éruptions ont bouleversé Java, causant chaque fois des désastres épouvantables, transformant le pays, anéantissant le fruit du travail de plusieurs générations. Que si nous passons maintenant à l'Australie, nous constaterons qu'elle est environnée, au large, par un chapelet de grandes terres qui ont dû, à un moment donné, en faire partie ou qui, à une époque qu'on peut prévoir, y seront réunies. Ce sont, au nord, la Nouvelle-Guinée ou Papouasie, qui n'en est séparée que par le détroit de Torrès où les polypes qui produisent le corail élèvent depuis des siècles une barrière qu'il n'est déjà plus aisé de franchir, la Noavelle- Calédonie et la Nouvelle-Zélande ; au sud, la Tasmanie qu'un étroit chenal, le détroit de Bass, sépare du continent. Entre ces grandes terres existent des archipels plus ou moins considérables tels que les lies de l'Amirauté, la Nouvelle-Irlande et la Nouvelle-Bretagne, que les Allemands ont baptisées du nom d'archipel Bismark, les lies Salomon, l'archipel des Lusiades, les Nouvelles-Hébrides, les Loyalty, Norfolk et les Fidji. C'est celte grande division de l'Océanie qui a reçu de la teinte foncée de ses habitants le nom deMélanésie. Quanl à la Micronésie, ainsi appelée à cause de la petitesse de ses iles, elle se compose des îles Bonin-Sima, voisines du Japon, des archipels des Mariannes, des Pelew, des Carolines, des Marshall, des Musgraves, des Gilbert et de quantité d'autres Ilots dispersés dans le Pacifique. La Polynésie s'étend sur une aire liquide infiniment plus considérable. C'est, au nord, l'archipel llawaï ou Sandwich, où le grand navigateur anglais Cook trouva la mort, les groupes des VVallis, des Tonga ou des Amis, de Samoa ou de Bougainvillo, de Taiti ou de la Société, des Gambier ou Mangareva, Nouka-Hiva ou Marquises, l'archipel Dangereux ouPomotou ; enfin, séparée de toutes les autres, cette île de Piques, fameuse par les statues gigantesques que les dessins tant de fois reproduits, qui accompagnentle voyage de Cook, ontrendues populaires. Toutes les îles de l'Océanie, grandes ou petites, sont aujourd'hui occupées ou sur le point del'être par des nations européennes. Les Espagnols possèdent ce grand archipel des Philippines qu'ils ne connaissent même pas dans toutes ses parties et où l'on rencontre les 7iegritos, ces derniers débris d'une race qui a précédé les Malais, Ce n'est qu'après une lutte séculaire contre les sultans indigènes que les Espagnols ont pu consolider leur domination. Les principales de ces iles, Luçon, Mindoro, Panay, Samar, et Miudanao ont été tout dernièremenl explorées au point de vue de l'ethnographie et de 1 histoire naturelle par le Dr Montano et M. Marche, l'ancien compagnon du marquis de Compiègne sur l'Ogoué. Cet archipel, si l'on y ajoute les Mariannes el les Carolines qui viennent de faire l'objet d'une convention récente avec l'Allemagne, ne comprend pas moins de 6.30u,000 individus répartis sur une aire de 300,000 kil. Les indigènes, com-
plètement soumis à l'influence des prêtres, ont adopté presque partout des moeurs qui se rapprochent de celles des Européens. Le sucre, le tabac, le café, le chanvre deManillesont les principaux produits d'un archipel dont les richesses sont loin d'être toutes exploitées par les indolents Espagnols, car le commerce extérieur ne dépasse pas 200 mi 11 ions de francs. Manille, la capitale de l'archipel, compte loO.OOO habitants; c'est un port de commerce important, voisin d'une grande et pittoresque lagune qu'on appelle le lac de Baye. Cavité, la seconde ville, n'est qu'un port militaire qui laisse, même à ce poinl de vue, considérablement à désirer. Ajoutons que les Espagnols ont récemment pris possession de l'archipel Soulou ou Jolo, qui était depuis de longues années un véritable repaire de forbans. Au-dessous des possessions espagnoles, s'étendent les colonies hollandaises qui portent le nom générique d'Indes néerlandaises et qui embrassent la plupart des iles de la Malaisie. Cet immense empire colonial est merveilleusement riche, car, à côté des ressources minérales, l'or, le diamant, la houille, sans compter toutes les mines opulentes que nous révèlent les Annales des mines des Indes néerlandaises, on trouve les perles, le café, le thé, le riz, le tabac, le camphre et ces épices dont les Hollandais étaient si jaloux, qu'à une certaine époque ils en avaient défendu l'exportation sous peine de mort. Les sultans indigènes, à qui les Hollandais ont laissé leur ombre de pouvoir, sont les intermédiaires entre les indigènes et les Européens. Cet empire colonial, qui fait avec la Hollande un commerce de 700 millions, est l'idéal de la colonie d'exploitation, et ce système a produit de si excellents résultats qu'on ne sait trop lequel admirer le plus de l'habileté des Européens ou de la patience des indigènes qui selaissentsi facilement exploiter. Le nombre des Hollandais est abso Hment ridicule, comparativement à la popu- 'jtion indigène qui ne comple pas moins de 27 millions d'individus. L'armée même est presque tout entière malaise, seuls les officiers sont Hollandais; mais le gouvernement est si convaincu de l'obéissance de ses sujets qu'il n'a aucune crainte à cet égard. L'accroissement de la population, qui a doublé en quinze ans à Madoura, prouve éloquemmenl combien les Malais sont con tents de leur sort ; combien, depuis si longtemps qu'ils sont asservis, ils oui renoncé à toute idée de résistance, à tout désir d'indépendance. Batavia, la capitale, comple près de 100,000 hab. Citons encore les noms de Sourabaya.de Samarang eld'Amboine, cette dernière cependant bien déchue de son antique prospérité. Certaines de ces Iles renferment encore des restes intéressants de l'architecture antérieure à la conquête. Ce sont des palais et des temples entre lesquels celui de Boro Boudour, dans l'Ile de Java, passe pour un des types les plus réussis de l'architecture hindoue. Des ethnographes ont récemment imposé aux colonies hollandaises le nom d lusulinde. Que si nous passons maintenant aux colonies anglaises désignées sous le nom générique d'Australasie, nous nous arrêterons d'abord sur la Nouvelle- Hollande , comme on appelait encore au commence-
ment du siècle, le continent anstral. Fort peu découpée, l'Australie a vingt fois moins te côtes que l'Europe, bien qu'elle soit égale en superficie au six-septièmes de ce continent. Ses principales dentelures sont : au N., la péninsule d'Yorke, le golfe de Carpentarie; au S., le golfe Spencer, sans compter à l'O. la baie des Chiens-Marins, et, au S., la Tasmanie, qui faisait bien évidemment partie de la grande terre. La constitution géologique, que l'on connaît aujourd'hui fort bien, nous révèle que c'est une terre très ancienne, mais qui n'a pas été, comme les autres continents, soumise à des révolutions qui en aient bouleversé les entrailles et la surface. C'est à ce même caractère de vétusté qu'il faut attribuer la faune et la flore singulières qu'elle possède. A proprement parler, tout l'intérieur de l'Australie ne forme qu'un immense plateau défendu à l'E. par une chaîne de montagnes élevées qui portent les noms de montagnes Bleues, d Alpes australiennes, qui ont opposé longtemps un sérieux obstacle au développement de la civilisation. Cette plaine intérieure est singulière: là, la roche primitive se montre à nu, plus loin, c'est un sable inculte couvert de spinifex, ailleurs, c'est une glaise rouge desséchée et fendue pendant l'été, humide et marécageuse pendant la saison des pluies. Cependant il existe dans certaines vallées d'admirables terrains propres à l'élève des bestiaux. Les pluies ne pouvant pénétrer dans le sol, restent à la surface , et sont par conséquent incapables d'alimenter des sources. Quant aux fleuves, leur reconnaissance, la recherche de leurs sources, ont donné lieu à des explorations nombreuses, toujours fatigantes et dangereuses, quelquefois mortelles. 11 n'y a pas encore beaucoup d'années qu'on est arrivé à se rendre compte de leur bizarre régime, très différent de ce que nous trouvons partout ailleurs. Tous les cours d'eau qui méritent le nom de fleuve prennent leur source sur le versant intérieur des chaînes côtières. Pour la plupart, ils sont, dans leur partie supérieure formés par une série de petits lacs qui se rejoignent dans la saison des pluies, mais qui, le plus souvent, ne fournissent qu'un débit intermittent. Qu'un fleuve ait commencé à couler, on le verra toutàcoup, faute de pente, s'épandre au loin, former un immense marécage et ne reprendre son cours qu'après une longue interruption. Il en résulte que pendant l'hivei nage les rivières ont une largeur considérable, entretiennent une luxuriante végétation, qui disparaît rapidement sous les feux de l'été, lorsque le fleuve s'est lui-même pour ainsi dire complètement évanoui. Une autre particularité de ces singuliers fleuves, c'est que, pour se jeter à la mer, ils sont comme les rivières de l'Afrique, obligés de se frayer un passage à travers la chaîne côtière. Les plus connus sont le Murray qui, grossi du Mirumbidge et du Darling, qui reçoit à son tour le Macquarie, se perd dans une lagune intérieure séparée de la mer par une langue de sable, le Brisbane, la rivière des Cygnes ou Swan River, et sur la côte septentrionale, la Victoria, le Roper et le Flinders. qui, situés dans la zone équatoriale, sont plus gros et peuvent recevoir de^ caboteurs. Après cette description physique, forcément bien écourtée, il importe de dire quelques mots de la géographie politique de l'Australie. Tout le mondesait qu'avant 1788, ce continent n'avait d'autres habitants qu'une race indigène peu nombreuse qu'on relègue ralement au plus bas de l'échelle humaine et dont les représentants, pourchassés par les colons, ont presque entièrement disparu. C'est afin d'établir une colonie pénitentiaire que sir Arthur Philipp débarqua d'abord dans la baie de la Botanique, puis à Port Jackson où il fonda la ville de Sydney.
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Tels furent les très humbles commencements de cet immense empiré dont les liens qui rattachaient à la métropole ont été sagement et successivement relâchés. Peu à peu, la colonisation s'étendit et le continent l'ut attaqué sur des points divers. En \ 836, Melbourne fut fondée par des colons de la Nouvelle- Galles du Sud; sept ans auparavant le capitaine Slirling s'était établi à l'extrémité sud occidentale sur les bords de la Swan River. Mais ce qui donna un élan considérable à la colonisation, ce fut, en i 842, la découverte de mines de cuivre, et, neuf ans plus tard, de mines d'or qui ont amené par la profusion de ce métal une crise monétaire très aiguë. Aujourd'hui, l'Australie est découpée en six tranches inégales : l'Australie septentrionale, le Queensland, la Nouvelle-Galles du Sud, Victoria, l'Australie méridionale et l'Australie occidentale qui s'administrent elle-mêmes avec deux chambres sous le contrôle d'un gouverneur nommé par la métropole. La population totale dépasse aujourd'hui deux millions et demi; elle s'accroît tous les jours et par sa propre fécondité et par une émigration assez importante, mais qui se répartit fort inégalement dans les diverses colonies. Une remarque qu'on a faite souvent, c'est qu'en Australie, la constitution politique de chaque colonie est adéquate à sa constitution physique. C'est ainsi que dans les pays à pâturages et par conséquent à grandes propriétés, comme le Queensland et Victoria, la constitution est plus aristocratique que dans ceux où les mines et l'industrie dominent, comme la Nouvelle-Galles. De là aussi une politique économique différente, certains pays étant protectionnistes alors que les autres sont libre-échangistes. Mais l'immensité des territoires, la divergence des intérêts, les difficultés inhérentes aux différences des régimes douaniers sont des ferments de discorde, et l'on peut prévoir le jour où, les premières colonies s'étant déjà démembrées pour constituer les nouvelles, celles-ci à leur tour seront forcées de se diviser et d'accorder l'autonomie à certaines parties de leurs territoires, où les conditions de l'existence diffèrent radicalement. Quoi qu'il en soit, malgré sa population clairsemée, l'Australie fait un commerce de deux milliards et demi, et jette dans le monde entier, avec une profusion que peuvent seuls comprendre ceux qui ont vu à l'œuvre la hardiesse et l'esprit d'entreprise de ses habitants, de la laine, de l'or, du charbon, du cuivre, de l'étain, etc. Celte production excessive a influé d'une manière extrêmement sensible sur le marché européen; il est difficile, avec notre esprit routinier, de lutter contre des négociants qui recherchent constamment le. progrès et appliquant immédiatement à leur industrie les dernières découvertes de la science. A l'Australie proprementdite, il faut ajouter la Tasmanie qui, devenue colonie pénitentiaire au moment où Sydney protesta contre cette plaie, ne s'en est vue délivrée qu'en 1853. Elle aussi jouit d'une constitution qui lui est propre et s'administre elle-même comme ses sœurs sous le contrôle de la métropole. A CE. et au large de l'Australie, s'étendent en arc-de-cercle les deux grandes îles qui constituent la Nouvelle-Zélande, pays qui, grand comme la moitié de la France, compte un demi million d'habitants, bien qu'il n'y ait encore que quarante-cinq ans que les Anglais s'y sont établis. Le système de colonisation a été tout particulier à la Nouvelle-Zélande. Les progrès étonnants réalisés par celte colonie semblent donner raison au système préconisé par Wakefield. Les indigènes ou Maoris, refoulés, disparaissent tous les jours comme ! ■.>, t fait ces animaux si curieux qu'on ne reirouve plus qu'à l'état fossile, les moas ou dinormis. Ce qui a fait la fortune de la Nouvelle-Zélande, c'est, outre
ses mines d'or, ses excellents pâturages et ses terres à blé qui lui permettent depuis longtemps déjà d'approvisionner les marchés de l'Australie. Oulre la Nouvelle-Calédonie dont la France a pris possession en 18o3 et que nous décrivons avec les colonies françaises, nous n'avons plus en fait de grandes terres voisines de l'Australie qu'à citei la Nouvelle-Guinée ou Papouasie. Les Hol landais en possédaient depuis longtemps, mais plus nominalement qu'effectivement, la partie occidentale. Les colons australiens s'en sont adjugé il y a deux ans un respectable morceau et l'an dernier l'Allemagne est venue planter son drapeau sur la partie orientale ainsi que sur les archipels voisins. Si au point de vue de l'histoire naturelle et de i'etnographie, la Nouvelle-Guinée est mieux connue depuis les explorations d'Albertis, de Beccari et de Mikluko-Macklay, au point de vue physique elle réserve plus d'une surprise à ses découvreurs. Déjà les Anglais ont remonté une assez grande rivière, la Fly, qui se jette dans le détroit de Torrès et vu une chaîne de hautes montagnes dont la cime la plus élevée, le mont Owen, n'aurait pas moins de 4,000 m., mais il reste encore terriblement à faire. Nous regrettons de voir entre les mains de l' Allemagne l'archipel de la Nouvelle-Irlande et les Lusiades; ce sont des terres maintes fois explorées par nos marins, mais nous croyons que le climat excessivement humide et malsain de ces localités no rendra pas facile la tâche des Allemands. Quant à l'archipel des Nouvelles-Hébrides, il est à la fois convoité par les Anglais et les Français; ces derniers y ont créé des plantations considérables et l'on regretterait de voir des terres fécondées par nos compatriotes passer en des mains étrangères. Les Anglais possèdent encore l'archipel Fidji que Dumonl d Urville, qui l'explora, appelle les îles Viti, et un certain nombre d'îlots épars sur lesquels ils ont créé des dépôts de charbon et des établissements sans importance. Quant aux Américains des Etats-Unis, ils se sont installés dans l'archipel Samoa ; les Français possèdent enfin les Marquises et l'archipel de Tnïti, qui se trouve sur la route directe de Panama en Australie. Déjà le nombre des lignes de paquebots qui parcourent le Pacifique s'est singulièrement augmenté ; la plus importante jusqu'ici est celle de San-Francisco, qui fait escale aux Sandwich, petit royaume indépendant, chrétien, sur lequel M. de Varigny nous a fourni un volume plein de renseignements curieux et intéressants. Que si maintenant on comparait une carte de l'Océanie avec celles que les Brué , les Mentelle et autres géographes du commencement du siècle ont publiées, on serait étonné de voir les différences considérables qu'elles comportent. D'une part, un grand nombre d'Iles, d'Ilots et d'écueils sont sur les premières fort mal placés ou existent dans des positions où nos navigateurs ne rencontrent qu'une mer sans limite; sur les secondes figurent des archipels entiers dont on ignorait l'existence ou dont la position était mal connue. Sur ces dernières, enfin, sont indiquées des villes considérables comme Wellington, Dunedin, Auckland, dans la Nouvelle-Zélande, comme Melbourne, qui a 300,000 hab.; Adélaïde, qui en compte 40,000; Sydney, qui en possède 250,000, etc. Il existe une locution qui dit : « Les morts vont vile »; nous pouvons dire aujourd'hui : Les vivants vont vite, et l'on ne saurait trop admirer la transformation, ou plutôt la création, de tant de villes, d'établissements industriels, de mines, de docks, do ports, travaux qui ont nourri des milliers d'individus et qui exercent la plus salutaire influence sur le développement matériel et mural de la race humaine.