‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 499 sur 503 · PAYS-BAS · texte numérisé non relu

PAYS-BAS

La Hollande, ainsi qu'on désigne le plus souvent les Pays-Bas, n est pas, à proprement parler, le véritable nom moderne des Provinces-Unies. Ce n'est le nom que d'une seule province et l'appellation de Neerland ou Pays- Bas, serait la seule rationnelle si l'usage contraire n'avait prévalu. Nous ne savons guère, avant que les Romains en aient entendu parler, ce qu'étaient les Pays-Bas. Pour César, c'est une lie, l'Ile des Bataves; couverte par les flots d'une mer furieuse pendant six mois de l'année, l'Ile des Bataves était inabordable. César fut cependant heureux de conclure un traité d'alliance avec les Bataves qui formaient déjà une puissante confédération, lorsqu'il entreprit la conquête de la Gaule Belgique. Les Bataves, Frisons et Bructères recouvrèrent un moment leur indépendance nationale au moment où l'empire succomba sous les invasions répétées des barbares, mais ils n'en jouirent pas longtemps, car ils furent soumis par Charles Martel, christianisés par Charlemagne, après la mort duquel le pays fut divisé en petits Etats indépendants. La plus grande partie du pays passe par héritage, au xv* siècle, entre les mains de Philippe de Bourgogne, et, après la mort de Charles le Téméraire, arrive par le mariage de sa fille Marie avec Maximilien, entre les mains de la maison d'Autriche. C'est l'époque de splendeur pour les Pays-Bas, car au développement du commerce et de l'industrie va correspondre l'ère des grandes expéditions maritimes, l'établissement de ces puissantes colonies dans les lies aux Epices, qui devaient faire la fortune de la Hollande. La Réforme est accueillie avec faveur dans tout le pays, mais réprimée avec une cruauté impitoyable par le cardinal de Granvelle et le duc d'Albe. La ligue des Gueux se forme pour résister aux horribles massacres de l'Inquisition, et de cette opposition légale sort bientôt la révolte générale contre la domination espagnole et la déclaration d'indépendance des sept Provinces-Unies (1579). A partir de cette époque, l'histoire de la Hollande est trop connue pour que nous en rappelions autre chose que ses faits principaux : la lutte héroïque contre Louis XIV, l'avènement au trône d'Angleterre de Guillaume 111, l'abolition, puis le rétablissement du stathoudérat en faveur de Guillaume V, et, au milieu du xvuie siècle, la période de décadence que clôt la conquête du pays par les Français, la constitution de la république batave, l'établissement du royaume de Hollande en faveur de Louis Bonaparte et, en 1810, sa réunion à l'Empire français, dont elle forme les départements : Bouches de la Meuse, Bouches de l'Yssel,Ems occidental et oriental, Frise, Yssel supérieur et Zuyderzée. En 1814, les puissances sont d'accord pour réunir la Hollande à la Belgique et en former un royaume qu'on donne à Guillaume-Frédéric d'Orange. Cette union est dissoute en 1831, et les Pays-Bas forment depuis cette époque, un royaume indépendant. La Hollande, par sa situation toute particulière, a gardé jusqu'ici une physionomie spéciale; les marécages de l'embouchure de l'Ems et les marais de Bourtange, en l'isolant de l'Allemagne, l'ont soustraite à l'influence germanique; de l'autre côlé, elle

ne pouvait guère se sentir attirée vers la France dont la séparent les populations flamandes, la race française ne dépassant guère les collines de l'Artois et les montagnes des Ardennes. Cette situation privilégiée a d'ailleurs été favorisée par l'Angleterre qui ne se souciait en aucune façon de voir entre les mains d'une puissance comme la France les bouches de la Meuse, du Rhin et de l'Escaut, c'est ce qui l'avait déterminée à insister pour la création d'un royaume neutre en 1814. Nous avons indiqué ailleurs les causes de la rupture entre la Belgique et la Hollande; les différences de mœurs, d'aptitudes autant que d'intérêts y avaient contribué puissamment. Presque toute la contrée est plate et basse, les parties les plus voisines des côtes sont mêmeabsolumentau-dessous de la mer, etl'eau doit être pompée, épuisée au moyen de moulins à vent qui la rejetlent dans des canaux qui l'emportent à la mer. A la place du Zuyderzée s'étendait un grand lac séparé de la mer par une dune de sable. En 1225, l'Océan enflé, passa par dessus cette digue naturelle, pénétra dans le lac, et, en se retirant, emporta la barrière qu'il avait si facilement franchie; le lac. était devenu un golfe, la mer du Sud. Cinq ans plus tard, nouvelle irruption de l'Océan qui, du coup, ne noie pas moins de cent mille hommes; à la fin du siée le, les bords du Zuyderzée sont envahis, et lorsque, le flot se retire, il emporte, avec des débris de toutes sortes, plus de 80, 000 individus. Une pareille situation était intolérable, on ne pouvait rien entreprendre, on était à la merci quotidienne d'un élément furieux; il fallait faire des travaux gigantesques pour empêcher le retour d'événements aussi désastreux. A cette tâche si rude, si coûteuse, qui exige une surveillance continuelle, les Hollandais n'y ont jamais failli et c'est à leur persévérance qu ils doivent non seulement d'avoir pu conserver le sol qui les porte, mais d'en avoirmêmereculéles limitesaux dépens de la mer. Sur plus de 50 milles, la côte est défendue par une triple muraille de pilotis enfoncés à travers la tourbe jusqu'au sable, l'intervalle qui les sépare est garni d'énormes blocs de granit importés à grands frais de Norvège. Si le pays n'était pas découpé par une série de canaux, les uns ne servant qu'à l'écoulement des eaux et au drainage des terres, les autres plus profonds, transformés en routes intérieures que parcourent des bâtiments d'un fort tonnage, plus des deux cinquièmes du pays seraie nt sous l'eau. Toute la par tieau S. du Zuyderzée, ce golfe de 300,000 hectares, est constituée parles alluvions séculaires du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut. A peine a-l-il pénétré en Hollande, que le Rhin se dédouble, la branchede droile ou Leck se subdivise encore et, sous le nom de Vieux Rhin, n'emporte à la mer qu'une très faible partie des eaux du fleuve. Encore ce courant fut-il trop faible au commencement du siècle pour se frayer un passage à travers les sables amoncelés sur le rivage par les vents et les courants et dut-on lui creuser un lit qui lui permit de gagner la mer. Le second bras, le plus au S., a pris le nom de Waal; c'est lui qui emporte à la mèr les sept dixièmes du cours du Rhin, et qui recevant dans sa partie tout à fait infé-

rieure la Meuse, voit son embouchure sa partagerenplusieurs branches, dunteertaines mêmes rejoignent le delta de l'Escaut. C'est ce qu'on appellelesembouchuresde la Meuse, bien que cette rivière ne soit, à proprement parler, qu'un affluentdu Rhin. Entre toutes ces branches, ces estuaires, s'alignent un nombre considérabled'lles de dimensions et de fermes diverses, dont Walcheren, Beveland, Schouwen, Tholen, Over, Flakkee, Voorne, Beyerland sontles plus importantes et les plusconnues. Derrièrece preraierrempartd'llesquine sont que des fragments arrachés à la grande lerreetqui sont, par conséquent, des dunes ou des marais, s'étend la muraille des digues qui protège l'intérieur du pays. Une fois drainées, les terres basses ou polders sont défrichées et se couvrent bientôt de riches moissons, car le sol est riche et humide. Ainsi, parlout c'est le même spectacle : un damier dont les cases sont verdoyantes ou dorées suivant la saison, dont les raies séparatives sont formées par les canaux que sillonnent à toutmomentde simples voiliersou de rapides steamers. C'est un spectacle bien curieux, que la rencontre de ces bateaux aux voiles éployées qui voguent au milieu delà campagne, dont les ailes blanches font un singulier contraste au milieu de la verdure des champs de houblon, de tabac, de chanvre ou de lin. Quant aux routes pavées de briques, elles sont gaies avec leur bordure de grands arbres au milieu desquels émerge le clocher de quelque église ou le toit de quelque ferme. Puis ce sont des vergers et des jardins admirablement cultivés où le flegmatiqueHollandais, la pipe à la bouche, admire ses légendaires tulipes, ses jacinthes ou ses jonquilles. Un des canaux les plus importants et les plus récemment construits est celui de la Hollande septentrionale. Il permet le passage à de gros navires et, depuis le Helder, s'enfonce pendant plus de quarante milles dans les terres et met Amsterdam en communication directe avec la mer du Nord. Un travail non moins considérable a été le drainage de la merde Harlem, accompli de ISiO à 1853, etdontles 180kilom.carréssont occupés aujourd'hui par de gras pâturages et des champs couverts de riches moissons.

Mais il est une autre entreprise bien plus gigantesque, qui a reçu dernièrement la sanction du gouvernement, c'est le dessèchement de toute la partie méridionale du Zuyderzée, œuvre colossale à la veille d'être entreprise. Il ne faudrait pas croire cependant que la Hollande revête parlout le même caractère, que partout sa population soitaussi dense. Sur 33,000 kil. carr. de superficie vivent près de 4,000,000 d'hab., soit 125 par kil. carr. Dans toute sa partie orientale qui confine à l'Allemagne comme dans les provinces, qui touchent à la Campine belge, c'esl-à-dire de la Frise, de Gioningue, de la Drenthe, du l'Over-Yssel, de la Gueldie,du Brabantetdu Limbourg hollandais, il existe de larges espaces sablonneux etd'immenses tourbières. Sous une autre forme, l'industrie etl'activite hollandaises se sont révélées dans l'exploitation de ces terrains misérables. Les tourbières ou hooge veenen existent particu- 'ièrement sur la trontière de Hanovre et Je tarais de Bourtanee n'est pas autre chost»

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