‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 500 sur 503 · PAYS-BAS · texte numérisé non relu

PAYS-BAS

Ces tourbières sont exploitées de diverses manières : des unes on extrait la tourbe, dans les autres, on la brûle afin d'obtenir des cendres fertiles au milieu desquelles pousse facilement le sarrasin. Mais ces incendies de tourbièrec durent pendant des semaines et des mois; une fumée acre et facilement reconnaissable s'en dégage, que les vents d'O. poussent souvent à travers toute l'Allemagne etjusqu'en Hongrie. Quant aux landes, les bruyères et les ajoncs qui les couvrent sont coupés, arracbés; ils sont utilisés comme litière et, après avoir passé par l'étable, ils sont mis en tas et servent d'engrais. C'est ainsi que, par un lent mais continuel progrès, l'étendue des terrains incultes diminue d'année en année, et que le bien-être, sinon la fortune, récompense le travail et la persévérance du cultivateur hollandais. Le climat de la Hollande rappelle beaucoup celui de l'Angleterre, bien que le caractère maritime y soit moins accusé et qu'en raison de l'abondance de ses eaux et de ses canaux, il soit plus humide. Des brouillards épais lui viennent de la mer du Nord, et, pendant l'hiver, il n'est pas rare de voir le pays disparaître sous la neige; les rivières et les canaux profondément -gelés présentent une animation anormale, tous les habitants se rendant en patinant à leurs afiairesou au marché. Lecaractère delà population se ressent singulièrement et du pays et des difficultés que, depuis des siècles, il a eu à surmonter. Braves, actifs, économes, propres à l'excès, excellents marins et commerçants, tels sont les Hollandais. La vie de famille a longtemps, chez eux, été en honneur, et l'amour du home, de ses plaisirs discrets, de ses jouissances paisibles, est un des traits de leur caractère. Passionnés amateurs de bibelots, de livres, de peintures, on rencontre, en Hollande, d'étonnantes collections d'objets de tout genre rapportés au xvi" siècle de la Chine et du Japon; si les musées publics sont admirablement riches et particulièrement en tableaux de peintres du pays, les collections particulières, qu'il est si difficile de visiter, sont nombreuses, et certaines renferment des œuvres d'un prix inestimable. Le protestantisme est représenté en Hollande par 60 p. 100 de la population, les juifs par 2 p. 100, le reste est catholique. Sous le rapport de l'instruction, les Hollandais sont arriérés, car, parmi la population rurale adulte, le tiers des femmes et le quart des hommes ne savent ni lire ni écrire. L'eiseigneiuent supérieur possède cependant des universités renommées à Leyde, Groningue et Utrecht. L'élevage du bétail, la fabrication du beurre et du fromage sont les principales industries de la contrée, car les pâturages l'emportent en étendue sur les cultures. Quoi qu'il en soit, l'orge, le blé, le seigle, les pommes de terre, le chanvre, la betterave, la chicorée, le tabac et le houblon, sont les principales cultures. La pêche du hareng dans la mer du Nord, qui date du xn" siècle, est encore une des sources les plus puissantes des revenus du pays, la pêche des morues sur \eDogger-bank, ainsi que dans les mers de l'Islande, emploie un grand nombre de bateaux et une foule de marins. Les ports de Vlaardingen, de Maasluis et Scheveningeu sont les plus engages dans ce genre d'entreprise. Ou construit beaucoup en Hollande, non seulement dans les villes, mais en pleine campagne où le nombre des fermes a singulièrement augmenté, où l'on élève constamment des moulins à vent qui servent à moudre la farine ou à épuiser les eaux. Les canaux et les digues nécessitent aussi un entrelien continuel sans compter qu'on en édifie chaque jour de nouvelles et|

que les travaux publics ont pris un développement qu'on ne voit à ce degré dans aucun autre pays. On ne peut pas dire que la Hollande soit un pays manufacturier, nous n'aurons à citer que les distilleries de gin à Schiedam, les manufactures de laine de Tilburg et de Leyde, et des manufactures de toile etde coton. Le commerce extérieur est considérable puisqu'il s'élève au tiers de celui de la France, à 3 milliards; nulle part on ne rencontre de pays où la proportion entre les chiffres de la population et du commerce soit aussi importante. Le mouvement le> ports accuse un total de 8 millions de tonneaux et le commerce avec la France seule dépasse 76 mi liions. Les villes principales sont :la Haye ou S'Gravenhage, qui compte 411,000 hab. et est la résidence de la cour de Hollande; Amsterdam, la Venise du Nord, dont toutes les maisons sont bâties sur pilotis, dont les canaux innombrablesservent de rues, dontles habitants se chiffrent par 310,000. C'était jadis le premier port du monde, alors que la Hollande faisait cinq fois plus de commerce que l'Angleterre, c'est encore aujourd'hui l'un des plus importants du globe. Rotterdam (147,000 âmes) est un port de commerce fort considérable. Le Helder, à l'embouchure d'un des détroits qui mettent en communication le Zuiderzée avec la mer, Berg-op-Zooru ; Bois-le-Duc, qui s'appelle en hollandais s'Hertzogenbosch, toutes trois villes fortifiées; Maestricht sur la Meuse, Nimègue sur le Waal, Utrecht (68,000 hab.), Deventer sur l'Yssel, Groningue, Leuwarden, Zwolle, Arnheim; Breda fameuse par le traité de 1667 entre l'Angleterre et la Hollande. Les facultés colonisatrices de la Hollande sont merveilleuses; son empire colonial pourtant encore si considérable, n'est rien en comparaison de ce qu'il aurait pu devenir si la fortune avait constamment favorisé ce petit peuple entreprenant. Ce sont les Hollandais qui jetèrent en 1621, dans l'Ile de Manhattan, les fondements de celte immense cité qu'ils baptisèrent du nom de Nouvelle Amsterdam et qui est devenue depuis cette ville de New-York dont les agrandissements successifs ne se comptent plus. On sait que les Hollandais s'établirent aussi au Brésil et qu'ils avaient presque entièrement conquis cet immense empire lorsqu'ils en furent définitivement chassés au xvie siècle par les habitants. Ils possèdent encore en Amérique, la Guyane dite hollandaise qu'ils conquirent en 16:67 sur les Anglais et dontla possession leurfut assuréepar la paix de Breda. Surinam, Berbice et Demarari étaient les principales localités de cette colonie de plantation avant que toute la partie connue aujourd'hui sous le nom de Guyane anglaise ait été arrachée aux Hollandais par les traités de 1815. Sur la Guyane hollandaise, le prince Roland Bonaparte a publié, il y a deux ans, un magnifique volume qui nous fournit nombre de renseignements curieux sur l'anthropologie et l'ethnographie des populations indiennes et nègres de ce pays. Dans les Antilles, la Hollande possède outre Curaçao, où l'on cultive la muscade, la canne à sucre et le mais, où l'on fabrique la liqueur connue sous le nom de Curaçao, les petites îles Aves, Saint-Eustache, Saba et partie de l'Ile Saint-Martin dont l'autre moitié est occupée parla France. Mais les possessions américaines de la Hollande ne sont pas, à beaucoup près, les plus importantes. En Afrique, elle possède Saint- George de la Mina; elle a été maîtresse de la colonie du Cap de Bonne-Espérance, et les Boers, ces rudes pasteurs, ces chercheurs d'or et de diamants, sont les descendants de colons néerlandais; ils parlent encore un hollandais légèrement corrompu, leurs mœurs se sont Imiiitemps ressenties de leur lieu t

d'origine. On n'a pour s'en convaincre qu'à lire les amusants récits de voyage du naturaliste français Levaillant qui parcourut ces contrées à la fin du xvin" siècle. Dans l'Inde, les Hollandais ont succédé aux Portugais; ils s'étaient établis à Ceylan en 1656 et. n'en furent chassés par les Anglais qu'en 1795. Au reste, si l'on veut être édifié sur l'importance des établissements hollandais en Asie, on n'a qu'à parcourir l'excellent ouvrage de Valentyn; comme on trouvera des voyages de Barentz à la Nouvelle-Zemble, de Lemaire au détroit qui porte son nom, de Schouten et de Tasman en Océanie, des récits détaillés dans la collection des Grands Voyages de Théodore de Bry. Aussitôt qu'ils s'étaient aperçus du déclin de la puissance portugaise en Asie et en Océanie , c'est-àdire à la fin du xvi" siècle, les Hollandais avaient multiplié dans ces régions , les voyages de reconnaissance, prenant les informations auprès des indigènes et tâtant le terrain. La fondation de leur grande compagnie des Indes orientales date de 1602, presque aussitôt commence une politique de modération envers les indigènes excessivement habile et qui concilie de suite aux nouveaux possesseurs la sympathie de populations qui avaient été indignement foulées par les Portugais. Ce ne sont pas en conquérants qu'ils se présentent, ils ne viennent pas faire sonner bien haut leur épée, ils ne sont que de simples commerçants tout occupés du développement à donner à leur trafic. Ils se gardent bien de semer partout des forteresses qui nécessitent de grosses garnisons ruineuses; ils ne s'installent solidement qu'aux débouchés des principales routes de commerce; mais là, ils ne négligent rien, car ils n'entendent pas être dépossédés. En respectant les. mœurs, la religion, le gouvernement des peuples chez lesquels ils s'établissent, ils ne les froissent pas; en ne se donnant pas comme des êtres supérieurs, ils ne blessent pas leur amourpropre, en ne cherchant à faire avec eux que des affaires, ils ne leur portent pas ombrage. Telle est la politique constamment suivie par les Hollandais dans l'établissement de leurs comptoirs. Ce n'est que progressivement et lorsqu'ils sont solidement assis dans le pays qu'ils se mêlent aux querelles intestines,' font sentir le poids de leurs armes et obtiennent rapidement la soumission de peuplades incapables de lutter contre des hommes aguerris et bien armés. Devenus les caboteurs et, comme on a dit longtemps, les rouliers des mers, entre l'Inde, la Chine, le Japon et l'Océanie, les Hollandais commirent cependant une faute, ce fut de concentrer entre les mains de la Compagnie tout le commerce des épices et de proscrire, sous peine de mort, l'exportation de tout plant, de toute bouture, de toute graine de ces précieuses denrées. C'est alors que s'est faite en grand l'exploitation des peuples de Java, de Sumatra et des autres îles de la Sonde; c'est alors que, d'accord avec les rajahs et les sultans qu'on avait intéressés aux allaires, on tira de ces îles prodigieusement fertiles, ces trésors inépuisables qui portèrent au dernier point la richesse et la puissance de la Hollande. C'est le nerf de la guerre qu'elle avait si abondamment récolté en Océanie qui lui permit de résister à Louis XIV. Les colonies néerlandaises sont aujourd'hui Java, Sumatra, Madoura, Banca, Billion, Bornéo méridional, Célèbes, Moluques, la Nouvelle-Guinée occidentale, la moitié de Timor, Bali, Lombock, etc., c'est-à-dire un empire colonial plus vaste que celui de la France, en y comprenant môme les pays sur lesquel» s'étend notre protectorat.

RUSSIE

Plus grand que la moitié de l'Europe, ayant dix fois l'étendue de la France, l'empire russe, si l'on ajoute à ses possessions européennes ses possessions asiatiques, embrasse presque le sixième de la terre. Ne nous occupant pour l'instant que de la Russie européenne, nous lui tracerons pour frontières à l'est depuis la mer de Kara, les monts Ourals, qu'elle franchit même en certains points pour couper, par une ligne conventionnelle, les affluents supérieurs du Tohol, rejoindre une chaîne parallèle à l'Oural et arriver à la Caspienne en suivant ce fleuve. Au sud, une frontière diplomatique la sépare de la Perse, en suivant un certain temps le cours de l'Arase, et de la Turquie d'Asie pour aboutira la mer Noire au sud de Batoum. A l'est, depuis l'embouchure du Danube, elle suit le cours du Pruth, devient limitrophe des provinces polonaises de l'Autriche, de la Silésie et de la Prusse proprement dite jusqu'au dessus de Memel sur la mer Baltique. Cette dernière nier et le golfe de Bothnie, la Tornea et la Tana jusqu'au golfe de Varanger sur l'océan Glacial forment les limites nord orientales de la Russie. Cette immense étendue de territoire offre à tous les points de vue un contraste frappant avec l'Europe occidentale. Au lieu de pays entrecoupés de plaines, de vallées et de montagnes, ce n'est de l'est à l'ouest et du nord au sud qu'une plaine immense, au lieu de celte masse de royaumes, d'empires et de républiques entre lesquelles toute l'Europe occidentale est partagée, ce n'est qu'un seul empire absolument autocratique. Il en est de même pour le climat exclusivement continental, pour les goûts artistiques et pour les mœurs qui rattachent étroitement la Russie à l'Asie. Comme montagnes, la Russie d'Europe ne peut compter que la chaîne de l'Oural qui ne la sépare pas de l'Asie et don fia cime la plus élevée ne dépasse pas 1,656 m. (montTeull). N'étant pas continu, mais formé de massifs isolés qui laissent une communication facile entre 1 Europe et l'Asie, l'Oural est célèbre par ses mines d'or, d'argent, de platine, de fer, de cuivre, de malachite et de pierres précieuses; il s'abaisse vers le nord et meurt au milieu de la région des toundras. Au sud se dresse la chaîne imposante et massive du Caucase qui s'étend de la mer Noire à la Caspienne. Large ici de 40 kil. et plus loin de 200, cette masse de montagnes occupeune superficie égale aux 4/5 de la France. Le pays qui l'avoisine au nord n'est qu'un steppe bas et sablonneux qu'ont de tout temps parcouru des tribus errantes et adonnées à la vie pastorale ; celui du sud est, au contraire, trèsfertile et très riche ; depuis une longue série de siècles, la civilisation y a fleuri et des empires puissants y ont vécu et y sont morts. Cette immense muraille se subdivise au centre en plusieurs chaines obliques ou parallèles enfermant entre elles des vallées, des bassins et des cratères. Au centre les montagnes sont granitiques, à l'est et à l'ouest de formation calcaire, c'esl aux extrémités que se rencontrent les sources thermales, les volcans et les sources de naphteet de pétrole. Les massifs les plus connus sont l'Elbrouz, au centre, dont les immenses glaciers et les pics coiiïés de neiges éternelles s'élèvent jusqu'à Ô.CSC m..

les Kasbek 5,044 m., dans le pays desOssèb s, le plateau d'Arménie et l'Anti-Caucase, le grand et le petit Ararat 5,160 et 3,913 m. Quant aux volcans éteints, ce sont la chaîne d'Akhalkalaki, avec ses cratères d'Aboul et de Samsar, le massif d'Alageuz, le Mainech, le Mourgous, le Kjambil et le Tali Dagh qui enferment et enserrent une belle nappe d'eau deux fois grande comme le lac de Genève, le lac de Goktcha ou Sevanga. Les principales populations du Caucase, qui sont toutes renommées pour leur force, leur élégance et leur beauté, chez qui les Turcs venaient chercher les femmes de leurs harems, sont lesTcherkesses, lesAbkhases, lesOssètes, les Khabardes, les Lazes, les Lesghiens et Circassiens qui pendant plus detrenteans ont opposé aux Russes, sous les ordres de leurchef populaire Shamyl, une résistance opiniâtre et meurtrière. Ajoutons à ces montagnes, le plateau granitique de la Finlande, dont les plus hauts sommets ne dépassent guère 700 m., mais où sont semés à profusion les moraines et un nombre incalculable de lacs dont les plus connus sont le Ladoga et le Païjanne, traces incontestées des immenses glaciers qui ont jadis occupé tout le pays. De plus, au centre delà grande plaine de la Russie, s'élève une bosse, un renflement, le plaleau de Valdaï qu'on nous représentaitautrefoissur les cartes comme une chaîne gigantesque, alors qu'elle ne s'élève pas au dessus de 351 m. Enfin, au sud de la Pologne nous avons le plaleau de Sandomir détaché des Karpathes et dans la Crimée une chaîne boisée qui vient de l'Oural. Comme on le voit, toutes ces chaines ou ramifications de montagnes sont placées dans des coins isolés de la Russie; seul le Valdaï domine l'immense plaine sans limites qu'arrosent quantité de fleuves et de rivières. Ce sont au nord la Kara, petit cours d'eau descendu des revers et des dernières pentes de l'Oural, et qui sert de limite à la Russie et à la Sibérie, la Petchora qui descend de l'Oural, décrit d'immenses circuits, reçoit à droite l'Oussa et se termine dans la mer Glaciale par un vaste délia au milieu des toundras glacées, le Mezen qui se jette dans un des golfes de la mer Blanche, la Dvina sortie d'un lac situé près de Vodolga, qui reçoit la Witschegda et la Pisega, l'Ouega émissaire de plusieurs lacs porte comme la Dvina du nord ses eaux à la mer Blanche. Sur la Baltique, nous rencontrons en allant du sud au nord la Vistule qui, venue de la Galicie autrichienne, traverse la Pologne russe et finit à Dantzig en Prusse. Le Niémen qui vient des environs de Minsk et est partout navigable ; la Duna ou Dwina du sud descendue du plateau de Valdaï qui se termine dans le golfe de Riga, la Neva, qui, sortie du lac Ladoga, reçoit par ses affluents les eaux des lacs llmen, Saîma , passe à Saint-Pétersbourg après avoir traversé le lac Ladoga et finit dans le golfe de Finlande juste en lace de la forteresse de Kronstadt. Ajoutons que dans le golfe de Bothnie un certain nombre de rivières portent les eaux de ce dédale des lacs de la Finlande si pittoresques et si étranges. Mais ce ne sont là, à vrai dire, que des fleuves secondaires; les principaux, coulent tous du nord au sud. qu ils se je!!cr.t dans la mer

Noire, la mer d'Azow ou la mer Caspienne.

On conçoit facilement quelle fut l'importance de ces cours d'eau qui pénètrent jusqu'au cœur du pays, alors que les chemins de fer n'existant pas encore, on ne pouvait parcourir autrement les immenses distances où les routes n'étaient point tracées. L'été, c'était en barque, l'hiver, en traîneau, qu'on remontait ces chemins naturels, car au prin' temps, l'inondation se répandait dans let campagnes, à l'automne, la baisse des eaux empêchait toute navigation fluviale. Encore aujourd'hui, malgré rétablissement des chemins de fer, le Volga est fréquenté par 22,000 bateaux, les fleuves jouent avec les innombrables canaux qui les unissent tous, un rôle prépondérantdans la vie commerciale de la Russie. Le Volga, qui n'a pas moins de 3,800 kil., prend sa source dans un petit lac situé au pied du plateau de Valdaï, il arrose Tver, Iaroslaw, Kostroma, Nijni-Novgorod, Kasan, Simbirsk, Samara, Saratow, Tsaritsin et se jette dans la Caspienne près d'Astrakan par un énorme delta, au milieu de plaine; immenses qui sont situées au dessous du niveau de la Caspienne. Certains de ses affluents, comme l'Oka, la Kama et la Samara, sont de longues et puissantes rivières, dont plusieurs ont un cours de près de 2,000 kil. Nul fleuve n'est aussi poissonneux que le Volga, ses harengs et les œufs de ses esturgeons, caviar, ont une réputation européenne. Large de 4 kil. a Tsaritsin, il se partage en deux branches parallèles, et à Astrakan il coule par 50 bras à travers un inextricable dédale de bancs de sables et d'îles à travers lesquels il est difficile de trouver le véritabl e chenal qui change d'ailleurs à chaque instant. Gelé pendant trois mois à Astrakan et pendant la moitié de l'année à Kazan, ce fleuve est profond de 12 m., dans sa partie inférieure. Quant à l'Oural, il est loin d'être aus-i important; long de 2,000 kil., il est peu profond, poissonneux, mais n'est guère utilisé par le commerce, la ville principale qu'il arrose est la forteresse d'Orenbourg, tête de ligne des chemins de fer qui sillonneront bientôt toute l'Asie centrale. Le Kouma et le Terek descendu de l'Elbrouz, la Koura qui arrose Tiilis etreçoit l'Araxe sont aussi des affluents russes de la Caspienne. Quant à la mer Noire, le Rion, ancien Phase qui finit à Poli, et l'Ingour qui, sorti lui aussi des glaciers du Caucase central, arrose la Mingrélie, sontfournis par le versant méridional de la grande chaîne; le revers septentrional envoie dans la mer d'Azow leKouban qui, s'il parait être en été une rivière insignifiante, sait joliment se rattrapper dans la saison des pluies, car il mesure alors un kil. de large etse déverse également dans la mer Noire, une embouchure ne lui suffisant plus. Navigable, le Kouban permet aux vapeurs de remonter jusqu'à \V ad îkavk as, c'est-à-dire jusqu'à la voie ferrée. L'ancien Tauaîs ou Don est un fleuve bizarre et qui parait véritablement ne savoir dans quel lit il doit se tenir. Après avoir reçu le Voroneje, il semble vouloir devenir un affluent du Volga, tant il songe à le rejoindre, puis, lorsqu'il n'en est plus qu'à 75 lieues, il fait un coude brusque et finit dans les terres noires, au fond vie la uicr d'Azow, après un cours de

ai

RUSSIE

2,(50 kil. Ses principal! affluents sont le Donetz àdroile qui traverse un bassin houil- 1er des plus riches, et le M inytch qui, en temps de crue, verse indifféremment ses eaux dan» la Caspienne ou dans la mer Noire. Quant au Boryslhène qui porte le nom moderne el moins euphonique de Dnieper, il naît au S. du plateau de Valdaî et reçoit nombre d'affluents qui traversent la Volbyi.ie et les marais de Minsk ; il passe à Smolunsk, à Kiew et fini! à la merNoire dans un golfe où tombe égale ment le Boug. Comme tous les fleuves d< ces régions, il n'est navigable qu'une partie de l'année, soit à cause de la gelée en hiver, soit en raison delà baisse des eaux en été, qu: ne permet pas de franchir les chutes, gra dins o < rampes qui s'étagent sur 60 verstes de son cours. Quant au Dniester ou Tyras, il vient de Galicie; étroit, profond, rapide, ii n'a que 1,500 kil. de cours. Il est inutile de s'arrêter sur cet alfluent du Danube, le Prulb qui sépare la Bessarabie de la Moldavie. Telle est la Kussie physique; quelques mots de son histoire nous expliqueront son avenir, son éiat actuel et ses destinées futures. Le pays était, depuis un temps indéfini, entre les mains des tribus slaves, lorsque des Varègues, de race Scandinave, l'envahirent, ayant à leur tête Rurik et parvinrent à s'établir dans les environs de Novgorod. Les successeurs de Rurik parvinrent à soumettre à leurs armes une grande partie de la Russie actuelle et établirent a Kietl' le siège de leur empire. Ces tribus furent violemment converties au christianisme par leur chef Vladimir au x° siècle. Son fils Jaroslav fut le Charlemagne de la Russie, il réunit sous son sceptre la plupart des tribus qui l'habitaient ; mais, après sa mort, l'anarchie reprit courage, le désordre fut bientôt à son comble, et l'empire divisé, déchiré, fut envahi ut morcelé par les Lithuaniens, lesJagellons et les Mongols. L'espace nous faisant défaut, nous ne pouvons rien dire ici des luttes des successeurs de Jaroslav. Qu'il nous suffise de dire qu'avec Ivan le Terrible, l'œuvre de la réunion sous un même chef se trouva parachevée, car celui-ci sut briser toutes les résistances de la noblesse, mais il n'en fut pas de même de ses successeurs qui compromi reot gravement son œuvre. Michel Romanof sut conclure la paix avec la Suède et la Pologne et ouvrir son empire à l'influence occidentale; mais il n'est aucun souverain qui ait laissé dans I histoire de la Russie trace plus lumineuse que Pierre le Grand. Un connaît sa lutte héroïque avec Charles XII, lutte qui se termina par la défaite et la mort de cet aventurier consommé; on sait quelles réformes ce prince lit en Russie, ne s'attachant a aucune considération pour faire triompher ses idées. Passant sur les règnes plus ou moins éphémères, plus ou moins glorieux de ses successeurs qui intervinrent habilement dans les affaires intérieures de l'Allemagne, nous arrivons à Catherine II, qui, sans préjuges et sans mœurs, sut cependant faire entrer la Russie dans le concert des grandes puissances et par ses victoires augmenter en core l'étendue des immenses territoiies qu'elle possédait; Ses qualités de souveraine astucieuse, cruelle, mais éminemment politique, contribuèrent à la grandeur de la Russie qui ne sut pas garder la prépondérance si chèrement acquise. Paul 1", brouillon et bizarre, n'eut guère de suite dans les idées; il rêvait de détruire la puissance anglaise aux Indes, lor qu'il fut assassiné bien à propos. Son fils Alexandre 1" suivit une

politique radicalement opposée, et loin de se I montrer l'allié de Napoléon I" il essaya d'ameuter contre lui tous les peuples de l'Europe, et malgré les défaites successives qui lui furent infligées, il laissa en mourant l'empire russe singulièrement agrandi : la Finlande, la Galicie orientale, la Bessarabie et nombre de provinces arrachées à la Perse. Mais si son gouvernement avait inauguré une ère libérale et réformatrice, les derniers temps de sa vie furent attristés par une politique de réaction et un retour à l'absolutisme. Son frère Nicolas, qui lui succéda, continua sa politique d'agrandissement et porta principalementses efforts dansl'E. et le S.-E., il conquit toute la Caucasie, arracha quelques nouvelles provinces à la Perse et poussa une pointe hardie dans la Turkménie où il contraignit le khan de Khiva à reconnaître sa suzeraineté. La politique réactionnaire d'Alexandre 1er fut soutenue avec un acharnement incroyable par Nicolas, pendant les trente années de son règne. Il étouffa, en 1S3I, une formidable insurrection des Polonais et se montra l'adversaire résolu de toute politique libérale. Les hommes de notre génération n'ont pas oublié la guerre de 1835 contre la Turquie et lesiège de Sébastopol où, Anglais, Français, Sardes et Turcs marchèrent côte àcôte contre les Russes. Son fils Alexandre 11 dut inaugurer son règne par la cession de la Bessarabie et des Bouches du Danube; mais il reprit bientôt la marche séculaire de l'empire russe contre Constantinople ; seulement il se heurta celte fois à la jalousie de l'Autriche dont l'influence sur la Serbie et la Bosnie fit plus d'une fois échec aux protégés de la Russie. Ce n'est pas d'ailleurs seulement de ce côté qu'Alexandre cherchait à s'agrandir; s'il importait à la Russie de liquider au plus tôt la succession du vieil homme malade, il n'était pas moins important de faire de nouveaux progrès dans l'Asie centrale et de se rapprocher des Indes anglaises, cet objectif alléchant qui n'est pas encore atteint. On se souvient et de la conquête par les Russes du Turkestan et de leurs agrandissements successifs au détriment de la Perse, à laquelle ils viennent d'arracher Saracks. La guerre a failli l'an dernier éclater après l'annexion de l'oasis de Merv et la rectification des frontières entre les possessions russes et l'Afghanistan protégé par l'Angleterre, a donné lieu à des incidents diplomatiques et belliqueux qne personne n'a oubliés. Coupée de l'Europe centrale, enfermée par des mers, la Russie ne peut plus s'agrandir qu'en Asie, et encore ce n'est plus qu'autour de la mer Noire qu'elle peut trouver de nouveaux territoires à s'annexer. Elle a cependant agrandi la Sibérie et plus d'une fois elle a essayé d'arracher à la Chine quelques provinces. Asiatique par son origine, la Russie, après s'être faite européenne, est aujourd'hui obligée de tourner encore les yeux sur les régions d'où ses habitants sont partis. Si sa capitale est Saint-Pétersbourg, son centre est placé bien plus loin dans l'E. Son antique capitale Moscou, Varsovie, la capitale découronnée de la Pologne, Odessa, la métropole du commerce des blés, Nijni-Novgofod el Kharkov, célèbres par leurs foires que fréquentent les Allemands comme les peuples de l'Asie centrale, Kiev qui compte tant d'établissements d'instruction, Sébastopol, port militaire sur la mer Noire, Bakou centre d'exploitation du pétrole sur la Caspienne, Riga, port de commerce de la Baltique, et Arkhangel sur la mer Blanche, i >t avec les villes que nous avons

déjà citées les centres les plus importants o\ la Russie d'Europe. Nous avons énuméré déjà les productions minérales si abondintes de l'Oural; le zinc de la Pologne, l'étain, le soufre, l'arsenic delà Finlande, la houille de la Pologne, le lignite dans les environs de Moscou, le sel en Bessarabie et à Ilesk , telles sont les principales ressources minérales de la Russie. L'immense plaine de la Russie est favorable à l'agriculture, aussi y rencontret-on en quantité des céréales et des pâturages, tandis que les forêts couvrent encore les deux cinquièmes de la superficie. L'industrie pastorale est florissante et l'on compte par millions les bœufs, vaches, buffles, chevaux, moutons, porcs et rennes de la Russie. Quant à l'industrie proprement dite, elle consiste principalement en métallurgie, fabriques da lainage, de toiles, produits chimiques, cuirs et bois découpés. On estime à près de 5 milliards le commerce extérieur de la Russie et le mouvement de ses nombreux ports à 25,000 entrées et sorties de navires. Depuis une vingtaine d'années, les voies de communication ont pris une extension considérable, les routes s'étendent sur un réseau de 120,000 kil.; nous avons longuement parlé des artères fluviales que réunissent 632 kil. de canaux artificiels, il nous reste à donner la longueur des chemins de fer, 24,475 kil. sans compter ceux de la Finlande, qui, presque tous, ont élé construits depuis la guerre de Crimée. Ajoutons que si les chemins de fer dans leur route vers l'Asie s'arrêtent aujourd'hui à Orenbourg, si une petite ligne relie Perm à lekaterinenbourg et Kamischlolf de l'autre côté de l'Oural, ligne qui sera prolongée jusqu'à Tobolsk, les Russes ont commencé sur les bords de la Caspienne un chemin de fer stratégique qui longe la frontière de Perse et se dirige vers Saraks. Déjà le service est ouvert ju qu'à Askhabad, la voie est prête jusqu'à Merv, et de ce point jusqu'à l'Amour-Daria les éludes sont terminées. Cette ligne, si importante au double point de vue stratégique et commercial, n'aura pas moins de 1,065 kil. Quant aux races qui peuplent cet immense empire, elles peuvent se décomposer en Slaves, Russes et Polonais, en Français, Finlandais, Lapons et Permiens, Roumains, Allemands et Juifs. La plupart des Russes pratiquent la religion grecque orthodoxe, mais le nombre des sectes est incalculable et il en naît tous les jours quelque nouvelle. Le gouvernement russe est obligé de pratiquer une politique de conquête, parce qu'il lui faut distraire l'opinion publique. Ne voulant accomplir aucune réforme inférieure, il a pour adversaire la secte des nihilistes et cependant, entre ces deux opinions extrêmes, il existe plus d'un terrain de conciliation. Le plus grand danger que puisse aujourd'hui courir l'empire des czars ne lui vient pas des aventures où peut l'entraîner son appétit de conquêtes et son désir de supplanter l'Angleterre dans l'Asie centrale. C'est dans son organisation même, dans son régime autocratique qui ne veut faire aucune concession à 1 espritnouveau, n'apporter aucune modification aux errements séculaires, qui se refuse, en un mot, à tout progrès, que résident les plus imminents, les plus immédiats périls. Les revendications sont d'aulaut plus âpres que la résistance est le plus achar née, et la lutte entre ces deux partis, l'un qu refuse tout, l'autre qui demande tout, a pri: un caractère sauvage et excessif bien fai'. pour étonner les peuples occidentaux.

SUÈDE et NORVÈGE

La péninsule Scandinave la plus grande de l'Europe est bornée au >i. par la mer Polaire, à l'E. par l'Atlantique, à l'O. par la Baltique et son extrémité septentrionale le golfe de Bothnie; enlîn, elle n'est séparée que par des bras de mers étroits, le Skagi r- Rack, le Caltegat et le Sund, du Danemark, auquel elle était vraisemblablement unie i /anl que la mer n'eût ouvert ces passages. Quant a sa frontière terrestre, elle est formée par une ligne qui part de l'embouchure de la Torneâ au fond du golfe de Bothnie, traverse la région inhospitalière et lacustre de la Finlande septentrionale, et après avoir tracé d'importants méandres, aboutit au golfe de Varanger, séparant ainsi la Russie septentrionale de la Suède et de la Norvège. Très particulière est la constitution du sol de la péninsule Scandinave. Sur l'Atlantique c'est un plateau coupé perpendiculairement au-dessus de la mer, longé presque partout par des archipels d'iles innombrables, miettes arrachées au sol de la Norvège, et découpé par une multitude de (iords, couloirs quelquefois longs de plus de 100 kilomètres dont les murailles à pic, parfois hautes de 300 mètres, ne sont éloignées le plus souvent que d'une centaine de mètres. Les liords si profonds avec leurs eaux si limpides qu'on en peut voir le fond à une profondeur de 30 mètres, avec leurs murs verticaux, avec leurs cascades gigantesques, avec leurs glaciers qui descendent jusqu'au bord de l'eau, avec leur sombre bordure des forêts de pins,avec leurs centaines d'îlots rocheux, aux formes pittoresques, comme semés sur la mer prochaine, forment un merveilleux spectacle. L'un des plus larges etdespms profonds est, par ;>i° de latitude, leSognefiurd, dont la cascade deWâttisfos attire de nombreux touristes. Sur le plateau norvégien qui domine si bien l'Athcû tique, cesont d'immensesforêlsde pins et des champs de glace à n'en plus finir. Aucun pays de montagnes en Europe n'égale la Norvège en sauvage et horrifique grandeur. La péninsule Scandinave est cinq fois aussi grande que l'Angleterre et plus de dixhuit fois que la Suisse. Eu partant du sud, les principaux archipels sontceux de Bergen, l'île HiUeren, les Vigten et ces Lofoden qui, comme une longue presqu'île découpée par une série de détroits, fontsaillie dans l'Atlantique. Les plus importantes sont Hindoe et Langœ. C'est à l'extrémité méridionale de ce groupe qu'est placé le Mael Strom, ce gouffre tourbillonnant, l'ellroi des antiques navigateurs. Puis au nord on trouve l'île Senjen, l'archipel de Tromsœ, l'Ile Serol et ces Magerœ, habitées par quelques familles laponnes, et qui sont les terres les plus septentrionales de l'Europe. Le plateau norvégien, ji abrupt à l'ouest, s'adoucit et descend par une longue pente jusqu'au rivage de la Baltique. Ce dernier est bas et plat, sablonneux ou formé des détritus qu'apportentles innombrables cours d'eau descendus de la chaîne de partage, qu'on l'appelle monts Dofrines ou Alpes de Norvège ; parfois il est coupé de falaises rocheuses ou bordé d'Iles pour la plupart fort petites. On doit faire eiception cependant pour Gottland, haute terre et terrasse dor' 'es parois sont verticales et pour

OEland plus rapprochée de la côte, qui alfecte aussi la forme tabulaire. A me qu'on s'approche de la grande plaine de la Scanie, les côtes rocheuses disparaissent, [es Iles n'existent plus, le rivage est sablonneux et bas. (Juand on a doublé le cap Falsterbo, au sud de la Suède, qu'on pénètre dans le Catfégat et le Skager-Rack et jusqu'au beau lit. id au fond duquel est bâtie Christiania, les îles rocheuses, les eûtes élevées et rompues apparaissent de nouveau. La plus importante rivière de la Norvège est le Glomrnen qui sort du lac jfirésund et, après un cours d'environ 450 kilomètres, tombe dans le Skager-Rack à Frederickshald. En Suéde, non loin du bassin du Glomrnen, nous rencontrons celui du Klar Elfqui tombe dans le lac Wcner, la plus grande nappe d'eau intérieure du pays; son émissaire, qui porte le nom de Gœla, est. célèbre par ses rapides pittoresques et ses belles chutes de Rannuru et Trôlhatta. Le canal Trôlhatta, creusé en plein granit pour éviter ces chutes, forme par le Wener une voie de communication qui relie entre eux les grands lacs de la Suède méridionale avec le Skager-Rack et la Baltique. Parmi les cours d'eau, qui descendent de la chaîne de partage vers le golfe de Bothnie, nous citerons le Dal formé de deux rivières, le Dal oriental et le Dal occidental, le Liusne, lTndals qui traverse le grand lac Stor, l'Angerman, une des rivières les plus considérables de la Suède, qui a donné son nom à la province d'Angermanie et qui débouche dans le golfe de Bothnie près de la ville d'Hei nôsaud, 1 Umea avec deux belleschutes prés de son embouchure, la Skelleftea, la Pili a qui descend du Sulitelma, l'une des plus hautes montagnes de la chaîne de partage (1,883 m. de haut), la Lulea et laTornea. La seule rivière importante qui débouche dans l'océan Glacial est la Tana qui forme sur une partie de son cours la frontière de Russie, et qui tombe au fond du Tana liord. Toutes les rivières de la Scandinavie sont remarquables par leur volume énorme, comparativement à leur longueur et à l'area qu'elles drainent; cela est dû en partie à la quantité de pluie, mais surtout à la nature de leur litqui, étant rocheux le plus souvent, ne laisse rien perdre par l'absorption et enfin, parce qu'il n'eiiste pour ainsi dire pas d'évaporation. Le nombre des lacs de la Suède est considérable et presque tous sont traversés par des rivières; les plus importants sont le Wener, dont nous avons déjà eu occasion de parler, nappe d'eau profondément découpée de près de 3,000 kilomètres carrés, bordé en certains endroits d'une haie d'îlots; peu profond par places, il est balayé par des vents violents qui rendent sa navigation très difficile; le Wetter situé au sud du Wener à plus de 100 lieues de long, ses eaux sont d'un vert admirable et il est profondément encaissé; quant au lac Mselar il est en communication avec la Baltique et Stockholm est construite sur ces bords. Tous ces grands lacs sont réunis entre eux par quantité de canaux extrêmement animés par une navigation d'autant plus active que la Suède ne compte encore que 650 kilomètres de chemins de fer. Le sud de la péninsule

plus favorisé à ce point de vue, cui la température y étant un peu munis rude que dans le nord, la population y est plus dense. II faut dire aussi que tous les Ueuves de la péninsule sont barrés par des rapides et des cataractes, obstacles qui les rendent pour la plupart impropres à la navigation. Il semblerait a coniidcrer l'orographie aussi bien que l'hydrographie de la péninsule Scandinave, qu'elle vient à peine de sortir de la période glaciaire; elle en conserve, du moins, tous les caractères. C'est ainsi que la Baltique gèle presque tous les hivers, et que toute navigation y est interrompue; à Christiania même, le port est fermé par les glaces pendant quatre mois de l'année. 11 en serait de même des (iords et des ports de la côte occidentale, si une branche duGulf Stream ne venait réchautl'er la mer voisine des rivages et faire de ces localités semées d'iles, de rochers, de bancs de sable, le refuge d'une quantité de poissons qui forment une des ressources les plus importantes du budget norvégien. Il n'en est pas cependant de plus abondantes que les richesses minérales, presque toutes situées en Suède, ce sont des minerais de fer magnétique et hémalique, qui, lorsqu'il est mêlé au charbon, fournit un fer excellent pour être converti en acier. Ce sont aussi des minerais de cuivre, de zinc, d'argent, de plomb, de nikel, des pyrites, de manganèse, du cobalt et du graphite. L'aire sur laquelle tous ces métaux sont répandus est loin d'être aussi considérable qu'on pourrait le croire. Il y a deux districts miniers, l'un au nord, l'autre au sud de la Suède, celui-ci, qui s'étend entre le lac Wener et le golfe de Bothnie est sans contredit le plus riche, il a 5,000 milles carrés. Là, se trouvent les mines de fer de Norberg, de Dannemora, de Perseberg.les mines de cuivre de Falum, les mines de plomb argentifèrede Sala, les mines de zincd'Ammeberg, au N.du Weller. Le second district minier est situé dans la Bothnie septentrionale; on y exploite les mines de fer de Kircurnavara, de Luossavara et Svappavara, mais la plupart de ces mines sont situées dans des contrées où la difficulté d'accès et le manque de voies de communication apportent de grands obstacles à leur exploitation. Dans la province de Jemtland, près la frontière de la Norvège, on a rencontré des mines de cuivre. Le charbon se trouve près d'Helsingborg en Scanie. où l'on connaît les raines d'Hegauas, deRoddinge et de Strabbarp. Les ressources minéral s propres à la Norvège ne sont pas considérables, Outre les mines d'argent de Kongsberg, exploitées sans interruption di 1623, époque de leur découverte, les mines de cuivre de Bratoberg, on n'aurait plus rien à citer si l'on n'avait récemment découvert de l'or dans les détritus alluvionnaires de la Tana et d'autres cours d'eau du Finmark. Ou tire des mines de Suède 800,000 tonnes annuelles, presque toutes extraites des mines de la Dalècarlie. Nous avons dit que jamais les fiords de la côte occidentale ne gelaient à cause de l'inllucnce du courant du golfe, ainsi à Fruholm, la station météorologiqut la plus septentrionale, 71° de lat , U tempo

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