‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 73 sur 503 · BEJA · texte numérisé non relu

BEJA

de la grosseur à peu près d'une grive: la bécassine double, d'un tiers à peine plus grosse que la précédente; la sourde, à peine plus grosse qu'une alouette. La bécassine commune part toujours de loin, en criant, faisant de nombreux crochets en ne prenant le vol horizontal que bien sûrement hors de portée. S'il y en a deux, on peut être certain que, pendant que l'une s'élèvera, l'aute partira en rasant la terre. Enfin une bécassine, levée trop loin pour être tirée, est perdue pour le chasseur, en ce sens qu'elle ne s'arrêtera plus qu'au prochain marais. Le cri que pousse la bécassine au départ a été l'objet d'appréciations diverses; véritable, la juste appréciation est, croyons-nous, celle-ci : la bécassine prévient ses camarades qu'elles courent présentement le même danger auquel elle se dérobe, En voulez-vous la preuve? — Les autres bécassines, demeurées dans le voisinage, sont dès lors sur le qui-vive et tiennent peu l'arrêt. C'est en pareille circonstance, par exemple, qu'il importe d'avoir un bon chien, non seulement habile, mais soumis, qui ne s'emporte pas inutilement et ne fasse pas partir à grande distance le gibier alarmé. Toutes les espèces de chiens d'arrêt sont aptes à chasser la bécassine; mais il faut nécessairement qu'ils puissent au besoin se mettre à la nage pour aller chercher le gibier tombé à l'eau il faut doneque l'animal choisi soit dressé au rapport à l'eau. En outre, le fumet de la bécassine n'est pas moins fort ni moins désagréable au chien que celui de la bécasse; c'est encore un pointa prendre en considération. La bécassine double et la sourde sont plus défiantes que la bécassine commune. La première préfère des eaux claires aux régions vaseuses choisies par la bécassine commune; quant à la sourde, c'est dans les touffes d'herbes épaisses qu'elle se tapit et d'où elle part sous les pieds du chasseur, sans pousser de cris. Son vol est direct et jamais très long; elle remise toujours fort près du lieu où on la fait lever; avec un peu d'oeil, on peut donc aisément la rejoindre. En somme, elle échappe rarement au plomb du chasseur.

BÉCHAMEL. Cette sauce blanche s'obtient de la manière suivante : Hachez menu ensemble des échalotes, des petits oignons, persil, clous de girofle ; mettez dans une casserole avec un peu de beurre, un peu de farine ; mêlez bien ; mouillez avec de la crème en remuant ; sel et poivre ; faites bouillir jusqu'à ce que votre sauce épaississe; ajoutez un peu de muscade. Servez chaud. — Béchamel grasse. Mettez dans une casserole lard coupé en petits morceaux, une carotte, un navet, deux oignons, de la graisse de veau ; passez au beurre. Ajoutez deux cuillerées de farine ; mêlez, en mouillant de bouillon pour l'empêcher de prendre couleur. Ajoutez persil , girofle, thym, laurier, sel et poivre. Faites cuire une heure. Ajoutez un filet de vinaigre au moment de servir.

BEIGNETS de fruits. Pelez et coupez en rouelles on en tranches, vos fruits : pommes, poires, pêches, abricots, ananas, oranges, etc. Ûtez pépins ou noyaux ; trempez dans la pâte et faites frire. Saupoudrez de sucre avant de servir. On peut, avant de les tremper dans la pâte, faire mariner ses tranches de fruits dans i'eau-de-vie assaisonnée de sucre, citron et fleur d'oranger.

BÉJA ou BEDJA, ville de Tunisie, à 75 kil. 0. de Tunis, au milieu des montagnes et au centre d'un riche territoire, 4.000 hab. Important marché de grains. Béja est très ancienne, et Salluste la cite dans son histoire de Jugurtha. C'était une ville numide où se tenait le marché le plus important du royanme de Numidie. Métellusy mit une garnison que les habitants massacrèrent au milieu d'une fête. Ce lâche assassinat fut châtié d'une minière

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terrible par Métellus, qui voua cette opulente cité au glaive et au pillage.

BELGIQUE. Depuis la publication de notre article Belgique, dans le Dictionnaire, il est survenu des événements qui ont modifié sensiblement la politique intérieure de ce royaume. Le cabinet Frère Orban, porté au pouvoir en 1878, fit voter, en juillet de l'année suivante, une loi prohibant l'ingérence du clergé dans la direction des écoles primaires, dans le choix des livres, etc., mais établissant qu'il y aurait dans chaque école une salle mise à la disposition des ministres de la religion. Cette loi ne put être appliquée, en raison de l'opposition que lui firent les prêtres catholiques ; beaucoup de parents et d'instituteurs ne s'y soumirent pas, parce que les prêtres menaçaient de leur refuser les sacrements. Cette lutte prit un caractère suraigu lorsque le nonce du pape à Bruxelles eutreçu ses passeports, et quand l'ambassadeur belge près du Vatican eut quitté Rome (1880). Le pays semblait pencher de plus en plus vers les libéraux, dont chaque élection partielle augmenta le nombre dans le Parlement; le ministre, réalisant un vœu populaire, fit voter, en 1883, une nouvelle loi destinée à augmenter le nombre des électeurs. En vertu de cette loi, tout citoyen belge âgé de vingt et un ans au moins, qui a passé un examen élémentaire, qui exerce une profession libérale ou qui paie annuellement un impôt direct de 42 fr. est déclaré élrcleur. Le nombre de ces derniers fut ainsi augmenté de 50,000 ; mais l'accroissement ne fut pas également proportionné dans les villes et dans les campagnes, et l'on calcula que le nombre des électeurs campagnards fut augmenté de plus de 44 p. 100, ce qui allait donner de nouvelles forces au parti catholique. Les élections du 8 juin 1884 s'effectuèrent dans les conditions les plus défavorables pour les libéraux. Le budget était annuellement en déficit de 2a millions de francs en raison des dépenses faites aux docks d'Anvers et du déficit des chemins de fer de l'Etat ; il avait donc fallu créer de nouveaux impôts. Le mécontentement se traduisit par une écrasante majorité donnée aux candidats catholiques ; un nouveau ministère, ayant à sa tête M. Malou, fut installé, prononça la dissolution du Sénat, où les libéraux possédaient encore la majorité, procéda à de nouvelles élections sénatoriales, qui produisirent une forte majorité catholique, et fit rappeler la loi 1879 sur l'instruction primaire. Une nouvelle loi, relalive aux instituteurs, fut votée dans ce moment d'exaltalion réactionnaire, au milieu de l'effervescence populaire qui se manifestait par des troubles fréquents. Le 8 août 1884, les libéraux firent une grande manifestation devant la Chambre des députés, et le 10, les manifestations en faveur du maintien des écoles laïques eurent lieu dans toutes les villes du royaume ; enfin, aux élections du 19 octobre 1884, les libéraux obtinrent une victoire, ce qui montra jusqu'à quel point le peuple était mécontent de la nouvelle loi. Il fallut la modifier; ceux des ministres qui en étaient les auteurs donnèrent leur démission le 22 octobre et il en résulta une crise ministérielle. L'année suivante, l'attention publique fut un peu distraite par la création du nouvel Etat libre du Congo, placé sous la souveraineté du roi des Belges. (Voy. Congo, dans nos Suppléments.) Mais en mars 1880, des émeutes d'une grande violence éclatèrent parmi les ouvriers de Liège, de Mons, de Charleroi et de plusieurs autres villes industrielles des pays wallons, où le peuple réclame l'établissement du suffrage universelles troubles, qui se continuèrent jusqu'au mois de juin, prirent un caractère assez inquiétant pour que le roi, en y faisant allusion, lors de l'ouverture des Chambres, au mois de novembre, promît de bâter certaines mesures de réforme. — La poou-

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Iation du royaume d .-• Belgique; qui s'accroit avec une grande rapidité, est aujourd'hui de 5 millions 900,000hab. Chaque fe.il. carré de ce pays nourrit donc 200 hab., ce qui semblerait presque incroyable si l'on ne réûécbissait à l'immense richesse du sol belge et à l'incomparable activité agricole et industrielle de ses habitants. — Dès le commencement de l'année 1887, la Belgique, subissantle contre-coup des bruits de guerre qui planaient sur toute l'Europe, résolut de se mettre en mesure pour faire respecter sa neutralité en créant de nouvelles forteresses sursi-s frontières, particulièrement du côté de l'Allemagne, parce que le gouvernement belge avait été secrètement prévenu qu'en cas de guerre entre la France et l'Allemagne, cette dernière puissance avait résolu de se frayer un passage à travers la Belgique, afin d'éviter les forteresses de l'Est de la France. Ces travaux n'interrompirent pas ceux que l'on terminait à Anvers, classé aujourd'hui parmi les plus grands entrepôts du monde et dont l'importance va sans cesse grandissant, depuis qu'il enlève à Hambourg, la partie du commerce du nord de l'Europe que décourage la politique protectionniste de l'Allemagne. — Les importations de la Belgique se montèrent a 2,512,700,000 francs, et les exportations à 2,062,100,000 francs. — En différents moments de l'année, la placide tranquillité du peuple belge fut troublée, comme toujours, par des manifestations relatives à l'établissement du suffrage universel ; mais le ministère Beernaert refusa absolument de soutenir aucun projet de loi accordant le droit de suffrage à une partie de la population presque exclusivement composée de socialistes et d'anticléricaux. — Vers la fin de l'année, il y eut, à Liège, différents mouvements et des manifestations de Wallons pour protester contre l'obligation de connaître la langue flamande, qui est imposée aux officiers de l'armée. — L'année 1888 a été l'année des expositions. Outre l'Exposition internationale de Bruxelles (juin), il y eut une grande exhibition de chevaux, à laquelle la France et l'Angleterre concoururent tout particulièrement ; ensuite une intéressante exposition d'hygiène et d'appareils de sauvetage, à Ostende, un important concours d'oiseaux et un congrès d'horticulture, à Gand. De grandes fêtes eurent lieu à Anvers pour célébrer le 25e anniversaire de la suppression des barrières de l'Escaut, suppression à laquelle Anvers — qui est aujourd'hui le premier port commercial du continent — doit son rapide développement. Le tonnage des vaisseaux reçus dans ce port, s'est élevé de 230.000 tonnes en 1851, à 3 millions de tonnes en 1887. — Des élections à la chambre des députés eurent lieu au mois de juin 1888; elles donnèrent la victoire au parti catholique. — Vers la fin de l'année, le tribunal civil de Bruxelles eut à trancher une importante question de loiinternationale. Unecompagniede Bruxelles avait entrepris de fournir au gouvernement bulgare plusieurs millions de cartouches. N'étant pas payée, elle poursuivit son débiteur devant les tribunaux belges. Les juges de Bruxelles se déclarèrent compétents, malgré l'opposition du gouvernement bulgare.

Us établirent une distinction entre le cas où le gouvernement étranger agit comme puissance souveraine indépendante et celui dans lequel il fait un contrat particulier. Néanmoins ils déboutèrent les demandeurs, parce que, dans le contrat, ils avaientformellement déclaré accepter la juridiction des tribunaux bulgares. — Le 16 août 1889, le procureur du roi à Bruxelles, envoya à Paris une commission chargée de savoir comment Mme Adam s'était procurée les documents soustraits au ministère belge de l'intérieur et publiés dans la Nouvelle Revue. Il fut découvert que M. Foucard ou de Mondion, à qui le général Boulanger avait payé 32,000 francs de fouds

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