‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 114 sur 568 · OMM · texte numérisé non relu

OMM

COMM

lui. Elle fui remplacée par douze (aujourd'hui vingt! municipalités. — 111. Tentative révolutionnaire ayant pour but d'établir à Paris le sel;-govei'neinenl municipal absolu (1871). L'iiis'.iri'ectiuu de 1871 et la sanglante réaction qui en fui la suite, présentent une physionomie toute particulière dans l'histoire contemporaine; elles donnent un corps aux opinions qui dominent depuis la révolution de 181S; elles dessinent les partis beaucoup mieux que ne le firent le coup d'Klat et le Seize Mai : d'un côté, les conservateurs de toute couleur; de l'autre, les révolutionnaires de toute nuance. Celle guerre civile fut donc une mêlée générale des partis. Pour bien en faire connaître l'origine, il faudrait entrer dans des développements qui nousenlraineraienl fort loin. iNous rappellerons seulement que la guerre de 1S70 avait été entreprise dans un but de politique intérieure, si bien que Bazaine put, sans aucun scrupule, oUVir aux Allemands de .s'associer à eux pour venir châtier les Parisiens. L'ennemi avéré, c'était Paris. Et c'està cet ennemi que iegcuvernemenl de laDéfense nationaledonna des armes (sept. 1870), elauquelM. Julei Favreeutl'impi'udence de les laisser « pour le maintien de l'ordre », lors de l'armistice; faute énorme dont il devait, peu de jours après, demander « pardon à Dieu et aux hommes ». Il suflisait d'une étincelle pour allumer la guerre civile, etl'Assemblée nationale sembla prendre à lâche de créer des causes de colère, par l'accueil qu'elle fit à Bordeaux, aux représentants de la capitale, de celte ville qui, après avoir supporté toutes les horreurs de la famine et du bombardement, se croyait humiliée parce quil était devenu nécessaire d'accepter la paix à de dures conditions. Les om- Irniiricrs. comme on appelait les gardes nationaux, parce que, disait-on. ils voulaient la guerre à outrance, apprenant que le l''''mars, les Allemands devaient entrer dans Paris, s'emparèrent de plusieurs canons qu'ils transportèrent à Montmartre et à Belleville, pour les empêcher de tomber entre les mains des ennemis. Ces canons allaient devenir le brandon de discorde, le prétexte cherché des deux côtés pour entrer en lutte. Jusque là, il ne s'agissailni de Commune, ni d'aucun autre mouvement insurrectionnel; mais bientôt un corps organisé parut à la tête de la garde nationale, dont le gouvernement, tout entier aux événements de Bordeaux, avait abandonné la direction; ce corps ûi-ganisé, c'était le Cumilé central de la garde nationale, composé en général de péroreurs des clubs, qui s'étaient, presque tous, tenus prudemment pendant le siège, au fond des boucheries et des autres magasins où l'on distribuait des vivres. Ces délégués, comme ils s'appelaient, n'auraient, dans toute autre circonstance, obtenu aucun crédit ; mais dans ce moment de nerveuse irritation, il leur fut facile de soulever les inconscients contre une Assemblée à laquelle on prêtait gratuitement l'intention de détruire la république et le suO'rage universel. Le maintien du général Vinoy au commandement des troupes de la Seine fut naturollemeut considéré comme un acte d'hostilité contre la population remuante de la capitale. L'un des premiers actes du gouvernement de Bordeaux avait été de nommer au commanaement de la garde nationale, M. d'Aurelle de Paladines. Ce général, sans doute plein des meilleures intentions, mais qui était dépaysé à Paris, annonça aux gardes nationaux que l'on allait les désarmer et retirer leur solde; il les invita en même temps, dans son premier ordre du jour, à rentrer à l'atelier; seulement, dans son ignorance des choses de Paris, il ne savait pas que nul atelier n'était ouvert; car s'il eût connu cette circonstance, il n'eût pas tenu un disrours qui sembla des plus cruels. A partir de ce moment

Dardello.

Hatté.

David.

Mutia.

Uutil.

Mari.

Floury.

Ostyn.

Fortuné (Henri;.

PiconeL

Frontier.

l'iiuly.

Gasteaud.

Pouchain.

Gritz.

Poulizac.

Haroud.

Pruillloiume.

Laccord.

Raniel.

Lagarde.

Tessier.

Laraque (Jean).

Varlin.

Lavalette.

Vcrl.'l (Henri).

Maljouraal.

ViarJ.

Massoa.

Wébert.

la garde nalionalfe^apparlint au comité central, qui était ainsi composé à la date du 5 mars :

,\lavoine (André ).

Arnold.

Audoyneau.

Badois.

De Bt-noil.

Bji jj'erot (Jules).

Boiâson.

Buuebarat.

Bouit.

Boursier,

Cadaze.

Castioni.

Chau\iêre,

Chouteau.

r.ourty.

Obéissant aux injonctions de ce comité, la garde nationale s'empara des munitions conservées dans les postes des fortifications et occupa, comme position principale, les camps retranchés de Montmartre, et de Belleville, En quel(jues jours ces camps furent formidablement barricadés. 11 fut bien convenu que la garde nationale résisterait par la force à toute tentative de désarmement. — Le iO mars l'Assemblée nationale vota, par 461 voix contre 104, la résolulionde se retirera Versailles. M. Thiers, déterminé à employer la force, réunit rapidement 30,000 hommes de liuupes, dont il fit entrer une portion par détachements dans Paris. Pour mettre fin aux e.xcitations, le général Vinoy supprima le H mars cinq journaux parisiens avancés, dont le Vengeur. — Le 12, le gouvernement crut intimider les insurgés en annonçant que Blanqui, Flourens et plusieurs autres venaient d'être condamnés pour leur participation à l'insurrection du 31 octobre. — Le Ib mars le comité central de la fédération républicaine des gardes nationaux (surnommé 0 le gnuvernement des Bulles ») se réunit; il déposa Vinoy et nomma à sa place Garibakli. ce condottiere tellement surfait par les révolutionnaires. Mais Garibakli n'accepta [uis. — Dans la nuit du 17 au 18 mars, le gouvernement, se croyant assez fort, voulut agir et procéder au désarmement de la i;arde nalionale. 10,000 hommes de troupes rt'gulières, sous les ordres de Vinoy, commencèreni à gravir les hauteurs sur lesquelles les gardes nationaux avaient dressé leurs batteries; au jour naissant, ils s'étaient, par surprise, rendus maîtres de toutes les posilions. Mais loiii à coup l'alarme est répandue parles tambours des gardes nationaux; ceuxci descendent, par nuées, dans les rues^ Le soldats sont entourés; ils hésitent et finissent par fraterniser avec les insurgés. Les gt'néraux Lecomte et Clément Thomas, abandonnés par leurs hommes auxquels ils avaient voulu faire rétablir l'ordre, sont faits prisonniers et fusillés dans la journée même, a|U'èsnn simulacie de jugement, mais sans la participation du comité central, qui déclara que celte cxéculion était regrettable. Dès midi, le général Vinoy abandonna la partie, évacua Montmartre et Belleville. 11 donna lui-même l'exemple d'une faiblesse regrettable, au lieu de chercher à dégager Lecomte et Thomas iju'il avait lancés en avant. — A la fin de la journée, les gardes nationaux étaient maîtres de la rive droite de la Seine, et le général Vinoy, en compagnie de la gendarmerie, s'était retiré sur la rive gauche. Le Luxembourg était plein de soldats complètement démoralisés qui donnaient leurs armes aux gardes nationaux. .\ minuit, le comité central (lossédait l'Hôtel de Ville. Le lendemain, les troupes se retirèrent lentement à Versailles et le comité central régna sur Paris. 11 y avait en France deux gouvernements et la guerre était déclarée. — Maîtres de la situation, les bataillons nommèrent, dès le 19, des délégués à un nouveau comité central, qui décréta des élections nunicipales. Le gouvernement insurrectionnel publia plusieursproclamationspour annoncer le « triomphe du peuple » et pour

inviter la province à se joindre au mouvement. Il y eut à la suite de ces appels, plusieurs tentatives d'insurrection, à. Marseille, à Lyon, à Rouen, àToulouse etailleurs. .M. Thiers, de son côté, ne restait pas inactif. Il publiait, dès le 19 mars, une circulaire pour ordonner l'obéissance à l'Assemblée. — Le 20 mars, le comité central mil en liberté tous les prisonuierspoliliquesdétenusdans les prisons de Paris. 11 se procura les moyens de payer la solde de la garde nalionale, par un empiunl forcé fait à la Banque de France, On a prétendu que les gardes nationaux avaient voulu piller cet établissement public, et qu'il avait été sauvé par le citoyen Beslay. L'argent permit au comité de prendre des mesures militaires énergiques. Une ligne complète de b.irricades réunit les points stratégiques importants de la ville. L'Assemblée nationale nomma un comité pour soutenirle gouvernement. LeJowrnui des Débats et plusieurs autres feuil les se déclarèrent contre le comité central. — Le 21 mars, l'Assemblée fit unappelàlanationelàl'armée. L'armée et un grand nombre de \o!oiitaires amis de l'ordre répondirent aussitôl à cet . appel, bien résolus à réprimer la folle et I criminelle révolte de la populace pari- " sienne. Presque tous les officiers delà garde nationale ayant donné leur démission, le comité central fil procéder à leur remplacement, dans les i50 bataillons qui formaient alors son armée. Plus de 2,000 canons lui appartenaient, et il avait fait occuper tous les forts du sud et de l'ouest, à l'exception du mont Valérien qui refusa de se rendre aux iiisiirgés, bien que le gouvernement, par une incroyable incurie, eùl oubl.é ou négligé, pour lui comme pour les autres, de donner des ordres de défense.— Le 22 mars, cul lieu la démontralion désarmée des amis de l'ordre. .arrivés sur la place Vendôme, les démonstrants haranguèrent les gardes nationaux et gagnèrent peu à peu du terrain. Tout à coup une décharge de coups de f s'I les mit en fuite; ils laissèrent 10 tués et 20 blessés sur la place. — Le 23 mars, l'amiral Saissel, nommé par l'Assemblée commandant de la garde nationale, essaya de )jieuJi-e possession de son commandement. Le 69° régiment de ligne se retira à Versailles. — Le 24 mars, les délégués du comité central, ayant titre de généraux, se couvrirent de galons. Quelques-uns s'aliublèrenl de costumes étranges rappelant ceux que l'on portait au temps de la Convention. — Le 2.ï mars, les gardes nationaux ayant fini par s'emparer de tous les postes du centre de Paris, l'amiral Sa sset n'eut plus qu'à s'en retournera Versailles. Nul ne s'était occupé de son arrivée; nul ne parut s'apercevoir de son départ. La municipalité de Paris, ne voulant point prendre part à la guerre civile, et voyant qu'on ne pouvait l'éviter, à cause des sentiments de l'Assemblée et de la folie du bas peuple, avait donné sa démission. On la remplaça, le 26 mars, pour une nouvelle miinicip .lité qui se donna le titre de Commune. Ce fut le 28 que le résullal du scrutin fut proclamé à l'Hôtel de Ville; et ce fut le 29 que la Commune se réunit pour la première fois. Elle se déclara le seul gouvernement véritable et légitime de la ville; rétablit l'ancien calendrier révolutionnaire, le 29 mars devenant le 8 germinal aa 7lt; appela à sa défense tous les hommes valides, de 18 à 40 ans; décréta la remise d'une partie des termes des loyers dus par les locataires; abolit toute armée permanente autre que la garde nationale; ordonna la gratuité et la lai'cité de l'instruction primaire, etc. Parmi les mesures dues au comité central, nous ne devons pas oublier l'adoption du drapeau rouge, de ce drapeau qui, selon l'éloquente parole de Lamartine, n'avait « jamais fait que le tour du Champ Je Mars, traîné dans le sang du peuple. » (Voy. notre art. Bailly). La commune était ainsi composée :

COMM

1" arr. Ad.irn, Mcline, Rochart, Barré,

2* — Liii'Iny, Tirard, Chcron, Loiseau-

l'inson.

3' — Deniay, Arnaud, Piiidy, Cléray, Du-

poiil.

i' — Lclrançais, Arthur Arnould, Clémence, Aniouroux, Gérardin.

b° — Jourde, Hégère, Tridon, nianchot,

Ledroit.

6° — Leray, Goupil, Robinet, Beslay, Var-

IJn.

7» — Parisel, Lcfèvre, Urbain, Rrienet. 8» — Raoul Rii,'ault, Vaillant, Allix, Arthur Arnould, 9' — Rnnc, Ulysse Parent, Desmarest,

Emile Ferry, Na?t.

10" — Félix Pyal, Henri Fortuné, Gambon,

Champy, Babiek.

11° — Assi, Avrial, Delescluze, Mortier,

liudes, Protot, Verdure.

12° — • V.Tiiin, Fresncau, Geresme, Theisz. 13" — Léo Meillat, Durand, Chardon, Franc-

kcl.

Il" — Billioray, Martelet, Decamp.

i'.')" — Victor Clément, Jules Vallès, Lan-

iievin.

10° — D' Mormoltan, Bouteillor, \1« — Vailin, Emile Cléinent, Gérardin,

Chalin, Malon.

18» — Blanqui, Theisz, Dereure, J.-B. Clément, Ferré, Vermorel, Paschal

Gruusset.

19° — Oude, Pugel, Cournet, Delescluze,

Ûstyn, Miot.

20" — Rouvior, Bergeret, Flourcns, Blan-

qui.

Plusieu:s membres avaient été nommés dans deux arrondissements; d'autrcs,comme Blanqui, étaient absents; quelques-uns n'allaient pas tardrr à donner leur démission. Beaucoup d'élus du reste n'avaient pas obtenu le nombre légal de voix nécessaires à leur nomination ; mais que leur importait : leur folie des grandeurs se trouvait momentanément satisfaite. Gustave Flourens, et Félix Pyat, qui s'étaient mis à la tête du mouvejuenl, [)ro[ios6rent de faire revivre le système dos répul)liques italiennes au moyen âge. M li les municipalités de plusieurs villes (]'•. provuice s'étanl rendues à Versailles, M. 'lliiers leur donna l'assurance positive et [ilusieurs fois répétée qu'il était décidé à maintenir la république. Cette affirmation arrêta presque partout le mouvement communalisle; ut la commune de Paris resta isolée. — L'opposition faite à la Commune par plusieui-s juui'naux devint de plusenplusvive. C'est ainsi que leSo»', dans son numéro dul"' avril, déclare que : « Le règne de la terreur vient de recommencer et qu'il n'y a plus à Paris ni liberté de la presse, ni liberté de réunion, ni liberté de conscience, ni liberté individuelle ». — Les opérations militaires commencèrent le 2 avril, ci 9 heures du matin. Une colonne d'environ 2,000 fédérés, sans artillerie, sortit, sous les ordres de Flourens, et voulut marcher sur Versailles en passant par Rueil. Elle fut repoussée par le c;Mion du général Gallifet et rentra précipitamment dans Paris, après une assez vigoui'cuse résistance, qui coûta aux troupes régulières huit tués et une trentaine de blessés. LaCommiiic annonça àlapopulationque «les conspirateurs royalistes avaient attaqué ». Dans l'aprèsmidi, on fit afficher une dépêche dans laquelle on rassurait les gardes nationaux en leur apprenant que Bergeret lui-même était à Neuilly. Le même jour, \e Journal officiel contenait un décret de la Commune séparant l'Eglise de l'Etat et déclarant propriété nationale les biens demain morlequiappartenaient ttux congrégations. Une proclamation, contenue dans le Journal officiel, donna le prograrnnie de la Commune. Il y est dit que 1 Assemblée a épuisé son mandat, que Paris doit défendre son existence, la République,lesdioits

de l'homme et du citoyo'n.,Des journaux populaires soutenaient les' idées conimunalisles, quelquefois avec excentricité; c'étaient le Vetige^ir, le Cri du peuple, le PèrcDuchéne, etc.

— Le 3 avril, l'action devint générale. Les gardes nationaux, au nombre de 7!), 000, et sans artillerie, se mirent en marche sur Versailles. Us étaient divisés en trois corps de 2;i,00') hommes chacun. A droite, sur le plateau de Clultillon, se trouvait le corps d'armée du général Duval, qui s'avança jusqu'à la Villa Coubl.iy et y fut mis en déroute par une poignée de soldats, après un engagement de quelques heures; au centre Bergeret, établi au rond-point do Neuilly, fut tenu en échec par l'artillerie du mont 'Valéi'ien; à droite le corps du général Eudes se dispersa après avoir essuyé les décharges du mont Valérien.

— Le 4 avril, au matin, les troupes du général Vinoy s'emparèrent du plateau de Châtillon , après une canonnade de quelques heures; elles y firent 400 prisonniers, auxquels vinrent se joindre, presque aussitôt, deux bataillons de la garde nationale sédentaire, qui accouraient au secours de la redoute ; une battue dans les environs amena l'arrestation de 200 individus suspects, ce qui porta ii 1,600 le nombre des prisonniers. Les vainqueurs en fusillèrent, séance tenante, une soixantaine; ils emmenaient les autres à Versailles, lorsque le général Vinoy, survenant, fit arrêter la colonne et fusiller le général Duval, ainsi que son voisin de gauche et son voisin de droite. Flourens, fa t prisonnier à Chatou, fut reconnu par des gendarmes qui le tuèrent, et traînèrent son cadavre dépouillé dans les rues de Versailles. En annonçant à l'Assemblée la prise de la redoute de Chàtillon, M. Thiors fit savoir, en même temps, que le mouvement communaliste de Marseille venait d'être énergi(iiiement réprimé, à coups de fusil. Le général Clusercl, nommé dclrfjué pour la guerre, prit lo commandement en chef des troupes fédérées.

Delescluze, Cournet et Vermorel remplacèrent Bergeret, Eudes et Duval à la commission executive, et Bergeret eut le titre de commandant des forces de Paris. — Le o avril, le peuple de Paris, informé de l'insuccès de la tentative sur Versailles, apprit en même temps, que la population officielle de Versailles avait infiigé d'indignes traitements aux prisonniers. La colère ne fit qu'augmenter lorsque l'on eut connaissance du discours de M. Thiers, dans lequel il avait dit, pour expliquer la conduite des vainqueurs envers les vaincus : « Jamais la basse démagogie n'avait offert aux regards affligés des honnêtes gens, de visages plusignobles ». Aussitôt, la Commune rendit son fameux décret sur les otages, dans lequel il est dit que toute personne prévenue de complicité avec le gouvernement de Versailles sera arrêtée, jugée dansles vingt-quatre heures, et relâchée ou déclarée otage. Toute exécution d'un partisan -'■} la Commune

CO.M.M

IGl

devait être suivie de

.cution de trois

otages. Mais ce paragraphe ne fut pas exécuté. Au milieu de l'eliervcscence générale, l'archevêque de Paris fut arrêté; il devait être l'une des plus tristes victimes de cette guerre sauvage. La Commune fit inutilement proposer à M. Thiers de l'échanger contre Blanqui, arrêté dans le Midi. — Le 6 avril, le général Clusercl ayant pris les mesures les plus énergiques pour assurer l'exécution d'un décret de la Commune, qui ordonnait la levée en masse de tous les hommes valides jusqu'à l'âge de 40 ans, les opérations militaires prirent une certaine activité; la lutte s'étendit jusqu'à Neuilly et à Courbcvoie ; des décrets d'une grande sévérité furent rendus contre les personnes convaincues d'entretenir des relations avec le gouvernement de Versailles et pour l'arrestation des otages; la guillotine fut brûlée sur la place Voltaire; Dombrowski succéda à Bergeret comme coiaïuaudaul de

Paris. A Versailles, l'activité n'était pas moins grande. Les troupes françaises prisonnières en Allemagne, libérées par la paix, arrivaient en toute hâte et formaient une armée de ■IliO.OOO hommes, sous les ordres de Mac- Mahon. Dès lors, les troupes de Versailles prirent l'olfensive. Le général Ladmirault commandait l'aile gauche, du côté du mont Valérien; le général de Cissey se trouvait sur le plateau de Chàtillon. La Commune publia un décret pour le désarmement des réfractaires. — Le 8 avril, les fédérés furent forcés d'abandonner Neuilly; la résistance commença à faiblir et l'on put prévoir que les troupes régulières parviendraient à franchir les fortifications; ce n'était plus qu'une question de temps. Une commission des barricades fut créée et présidée par Gaillard père. Les hommes valides, voyant bien que la chute de la Commune était prochaine, quittèrent la ville, malgré les décrets qui avaient la prétention de les y retenir. Cette défection, suite inévitable de la défaite militaire, ne fit qu'exaspérer ceux des gardes nationaux qui, n'ayant que leurs trente sous pour vivre, ne pouvaient songer à fuir Paris; aussi faisaientils bonne garde et dénonçaient-ils les réfractaires, sans empêcher néanmoins la diminution du nombre des défenseurs de la Commune. — Le 9 avril, les fédérés firent une attaque désespérée du côté du plateau de Chàtillon; ils furent repoussés. Les forts de Vaiives cl de Montrouge furent complètement désemparés par le feu des assiégeants. Le mont Valérien couvrit de projectiles l'avenue des Ternes. Bergeret fut arrêté par ordre de la Commune. La porte Maillot était rendue intenable par les obus des assiégeants. Pendant les journées du 9 et du 10, il y ei'l une sorte d'accalmie. La désorganisation : i^,jandait dans les bataillons fédérés; la désertion y faisait des vides énormes, et chaque jour les gardes nationaux devaient procéder au remplacement de quelqu'un de leurs chefs. Pendant ce temps, le maréch;il reçut de nouveaux renforts d'Allemagne et commença l'investissement du fort d'issy. — Dans la nuit du II, il voulut prendre ce fort de vive force; mais il fut repoussé avec de grandes pertes. — Le 12, de formidables batteries d'artillerie furent établies sur le plateau de Chàtillon et battirent le sud des fortifications. Le chemin de fer d'Orléans et le télégraphe furent coupés, afin d'intercepter toute communication entre Paris et le Midi. La Commune décréta la chute de la colonne Vendôme. On remarquera que ce décret fut rendu avant que Courbet fit partie de la Commune. (Voy. Courbet.)— Le 13, eut lieu la publication du compte-rendu des séances de la Commune. — Le 14, les troupes régulières s'emparèrent de la redoute de Gennevilliers et s'avancèrent jusqu'au château de Bécon, position importante qui domine Courbevoie et Asnières. Assi fut appelé à la barre de la Commune. — Le 1(3, eurent lieu les élections complémentaires de la Commune. Le-; nouveaux élus furent :

l°''arr. Vésinier, Cluseret, Pillot, Andrieu.

2" — - Pothier, Serailler, Durand, Johannard.

Courbet, Rogeard.

Sicard.

Briosne.

Philippe, Longuet.

Dupont.

Cluseret,

Lonclas.

Arnold.

Menotti Garibaldi.

Viard, Trinquet.

Une cour martiale fut organisée sous la présidence de Rossel, chef de l'état-major. — Le 17, les troupes de Versailles s'emparèrent du château de Bécon et s'y fortifièrent.— Le 18, elles prirent la station et les maisons d'Asnières, ainsi que le village de Bois-Colombes.

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Le 49, la ComnuKie publia un appel à la j cluiil à all''iuinr la '^ravilé de la si'in'îon. L

nalioii. Les fédérés furenl t'm'eés de repasser la Seine. Les dissensions dans le sein de la Commune devenaient à cliaque inslaul plus graves. Les révolutionnaires se distinsuaienL en deux partis bien tranchés : les socialistes et les cDiiinninalistes ; ces derniers voulant Beulement fonder l'autonomie de la Commune, les premiers espérant essayer l'application de leurs utopies sociales. — Le 20, Bac-neux fut occupé par les Vorsaillais. La niisère des assiégés diminuait le nombre des jiarlisansde laCommune. Beaucoup de Parisiens s'enfuyaient par les lignes prussiennes. La Commune perdait continuellement du terrain; mais elle se raidissait. Les commissions furent réorg-anisées. Eudes, nomme inspecteur général des forts du Sud, transféra ses quartiers de Montrouge au palais ds la Légion-dllonneur. — Le 2o, M. Thiers, bien sur de la victoire, déclara que le gouvernement était satisfait de rinutilité des tentatives da conciliation et qu'il élait déterminé à reprendre possession de la ville par la force. l,es hatleries de Brctcuil, Brimborion, Meudon et Moulin-de-Pierro ouvrirent aussitôt un feu terrible sur le fort d'Issy, tandis que la batterie iiishillée entre Bagnoiix et Châtillon, tirait sur le fort de Vanves'. Le feu cessa de part et d'autre à Neuilly, depuis 9 heures du matin insqn'iK 5 heures du soir; les habitants de iNeuiUy entrèrent à Paris par la porte des Ternes. Les Monlineaux, poste avancé des fédérés, furent pris, le 26 avril, par les troupes, qui s'y fortiiiérent dans les journées des 27 et i», et qui s'emparèrent du cimetière et d'une partie du pare d'Issy dans la nuit du 29. Le maréchal do .Mac-Mahon concentra son feu sur le fort d'Issy, qui, dès lors, devint intenable et fut ruiné de fond en comble. C'est dans la journée du 29, qu'eut lieu la fameuse tentative de conciliation des francs-maçons. M. Thiers reçut trois délégués de la franc-maçonnerie parisienne, mais repoussa toute idée de s'enlendie avec Paris. La Commune exigea une somme de deux raillions des compagnies de chemins de fer. — Le 30 , un parlementaire fut envoyé au fort d'Issv.pourle sommer de se rendre; mais le généialICudesy fit entrer des troupes fraîches et en prit le commandement. CUiseret fut jeté à Mazas par ordre de la Commune et Hossel nommé délégué provisoire de la guerre. — Le i"' mai. les Vcrsaillais prirent la station (le Clamarl et le château d'Issy. La fureur des fédérés n'eut plus de bornes lorsqu'on leur appi'il que les troupes régulières décimaient svstémaliqucment leur.s prisonniers. La Commune décréta la création d'un comité de salut public. Turent nommés membres de ce comité : .\nloine Arnauld, Léo Meillet, Ranvier, Féli.\ Pyat, Charles Gérardin. — Le ."î mai, Lacretelle emporta la redoute de Moulin -Saquet. — Le ."i, le colonel Rossel, nommé à la direction des affaires militaires, détermina quels devaieul être les quartiers de Donibrowski, LaCécilia, Wroblewski, Berperet et Eudes. Le comité central de la garde nationale fut chargé de l'administration de la guerre. La cliapelle expiatoire fut condamnée à la destruction, ses matériaux devant être vendus aux enchères. — Le 6, eut lieu aux Tuileries un concert au profit des ambulances. Plusieurs journaux furent supprimés. — Le 8 mai, la batterie de Montretoiit (70 canons de marine) ouvrit son fou. M. ïhiers exhorta les Parisiens à se soulever contre la Commune; et, en effet, la défection devenait générale autour d'elle. — Le 10 mai, les gardes nationaux évacuèrent le fort d'Issy. Le comité de salut pufili'; f^t lenoffvelé ; ses membres furenl : llanvier, Antoine Arnauld, Gambon, EudM el 1).;!-: .luze. La perle du fort d'Issy décidait du r r,\ de Paris; il n'y avait plus de

onel Rossel, successeur de Cluseret, se sentant impuissant à maintenir la discipline dans ses troupes démoralisées et se voyant déborder par les mauvaises dispositions des derniers soldats de la Commune, donna sa démission. Les fédérés étaient alors enfermés dans Paris, sans autres positions à l'extérieur que Vanves et Vincennes; il ne leur restait plus qu'à se défendre comme des désespérés. Le Polonais Dombrowski fut nommé commandant en chef et se chargea d'organiser la résistance du côté des fortifications et au besoin dans Paris. Le comité de salut public eut la direction des affaires civiles. — Le 10, les canons pris à Issy firent une enlrée triomphale à Versailles. La Commune décréta la démolition de la maison de M. Thiers. Delescluze fut nommé délégué de la guerre. — Le 11, M. Thiers, déjà en butte au mauvais vouloir de la droite, refusa de répondre à une question qui lui était adressée au sujet de prétendues tentatives de conciliation : « Encore quelques jours, s'écria-t-il, et la situation sera à la hauteur de vos courages. >> Il offrit sa démission; mais il obtint un vote de confiance (495 voix contre 10). — Le 12, les troupes prirent possession du couvent des Oiseaux à Issy et du Ij'cée de Vanves; le lendemain, elles firent leur entrée triomphale à Versailles en portant les drapeaux et les canons pris au couvent des Oiseaux. Pendant ce temps les fédérés évacuaient le fort de Vanves, où les soldats entrèrent le surlendemain. Le fort de Montrouge fut, presque eu même temp-, abandonné et les sapeurs de l'armée nationale poussèrent leurs travaux jusqu'au glacis des fortifications. — Le 14, les batteries de Courbevoie, Bécon et Asnières couvrirent de projectiles Levallois et Clichy, qui furent aussitôt évacués. Les fédérés commencèrent la démolition de la maison de M. Thiers. Le 15, Montmartre se couvrit de barricades;onprenait des dispositions pour se défendre jusqu'à la dernière extrémité, car l'issue de la lutte n'était plus douteuse. — Le 16, la colonne Vendôme fui abattue. — Le 17, une scission définitive se déclara entre les membres de la Commune; il y avait déjà longtemps que le gouvernement de

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nvnienl T'iê f a~=és par les armes, séance tenante. Les défenseurs delaCommune, dontle nombre était tombé à 40,000 à peine, fortifièrent leurs barricades et se pré|.iarèrent à une résistance désespérée. — Le mardi, 23, dès la matinée, l'attaque générale commença. Les troupes étaient divisées en o colonnes destinées à agir simultanément et à former, autour des insurgés, un cordon qui irait en se resserrant sans cesse. Le plateau de Montmartre, attaqué par les généraux Uouay et Ladmirault, fut pris le premier, après une lutte sanglante, pendant b^iuelle péril Dombrowski, et qui fut suivie des exécutions ordinaires. Sur la rive gauche de la Seine, les barricades furent enlevées une à une. Partout la résistance fut désespérée; mais les troupes avancèrent graduellement et repoussèrent les insurgés dans leurs dernières forteresses importantes, parmi lesquelles on remarquait l'Hôtel de Ville et le Château d'Eau. C'est en ce moment que les mesures incendiaires, prises sans doute à l'avance, furent mises à oxérulion dans chaque quartier. Les fédérés fusillèrent plusieurs gendarmes el Gustave Cliaudey à la prison de Sainte-Pélagie. Dans la soirée, le feu fut mis aux Tuileries. Delescluze et le comité de salut public s'établirent en permanence à rHûlel dû Ville. — Dans la matinée du 24, le Palais-Royal, le Ministère des Finances, l'Hùlcl de Ville commencent à brûler, ainsi que lout le côlé de la rue Royale. Une panique s'empara des habitants, lé bruit se répandit que Paris était mine et qu'il allait sauter. A 1 heure do l'après-midi, le magasin à poudre du palais du Luxembourg fit explosion. On disait que le comilé de salut public avait organisé des délachements d'hommes armés do fusées incendiaires, et que l'on projetail, à l'aide dt pompes, du pétrole sur les édifices en feu. C'est sous cette impression que par une réaction bien justifiée par les excès de la Commune commeu(j-a une répression rigoureuse, impitoyable, de tous ceux qui étaient convaincusou même simplement soupçonnés d'avoir prispart àl'insurreclion. D'ailleurs, les véritables coupables se cachaient lâchement ou, portant au bras un brassard tricolore, ils

désaccord régnait dans le | criaient plus fort que les autres « Vive la H- Paris, aussi bien que dansjgne.' » et dénonçaient souvent des innocents pour détourner les soupçons. Officiers et soldats, exaspérés de voir des hommes qui n'avaient pas su se servir de leurs armes contre les assiégeants, profiter justement de la présence de l'ennemi pour les tourner contre des Français, en firent un massacre que riiistoire excuse et absout, car il servira de leçon pour l'avenir et arrêtera dans l'œuf toute tentative d'insurrection future. Il est d'ailleurs déplorable que des innocents aient payé pour les véritables coupables et que tous ceux qui avaient fomenté les désordres de la Commune, aient pu, grâce à une bénévole amnistie, rentrer en France, s'y refaire une virginité, des rentes, et y conquérir des emplois. Dans l'aprèsmidi, Raoul Ripault fut tué par des soldats; quelques heures plus tard, les fédérés fusillèrent, dans la prison de la Roquette, l'archevêque de Paris, l'abbé Deguerry, le président Bonjean et 04 autres otages. Paris était en feu. De tous côtés, les flammes s'élevaient des maisons particulières, des édifices déjà cités, du palais de Justice, de la Préfecture de police, du palais de la Légiond'IIonneur, du théâtre de la Porte-Saint- Marlin, du Grenier d'Abondance, de plusieurs églises, de nombreux magasins. — Le 25, ie fort de Ricêtre fut évacué par les insurgés, qui concentrèrent leur résisautre but que de vendre chèet d'échapper au châtiment qu Ils avaient mérité. Delescluze fut tué

celui de Versailles. Mais à Paris, on sent que la crise finale approche; jl y a de la fièvre. On forme un club central. On saisit les ornements d'église. L'explosion d'une cartoucherie près du Champ-de-Mars tua près de 100 personnes. Les fédérés organisèrent un bataillon de femmes; les perquisitions se mulliplièrent pour retrouver les réfractaires el les forcer à prendre les armes ; ceux qui refusèrent furent mis à mort. Le 21, Rochefort fut amené prisonnier à Versailles; il avait, ainsi qu'une foule d'autres, essayé de fuir par les lignes prussiennes. Les Allemands l'avaient arrêté el livré avec son secrétaire Mourut, déguisé en prêtre. Ni l'un ni l'autre n'avait participé à la Commune, qu'ils avaient, au contraire, combattue. Le dernier compte rendu des séances delaCommune fut publié ce jour-là, A midi, le magasin à poudre du manège d'Etat-major fit explosion. Les otages furent transférés de Mazas à la Roquette Les agents du gouvernement étaient tellement nombreux au milieu des fédérés, qu'ils arrêtèrent Assi en plein Paris et en plein jour. L'Assemblée vota le rétablissement de la colonne Vendôme. M. Ducatel fit signe aux assiét.'eants que l'enceinte était abandonnée du côté du S.-O.; les troupes entrèrent dans Paris par les portes de Saint-Cloud et de Montrouge, à deux heures de l'après-midi. — Le lundi 22 mai, commença la semaine horrible. A la fin de lajtance, sans journée, les troupes s'étaient rendues mai- !j.e,jj(;,ii leur vie e tresses du sud et de l'ouest de Paris; elles 'fnç„( qu-jis avaient i

ré istance posible, et c'était en \siiii que la avaient fait, après quelques engagements assez gyp ui,g barricade. Les pères dominicains Commune, pour reteuir ses défenseurs, cher- ' sérieux, environ 10,000 prisonniers, dont 500 d'Arcueil furent fusillés sur l'avenue d'Italie.

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A l!uUe\ille, (6prètreset38 gendurmp.sfiirnnl passés par les annos, et l'on s'ûtonne (|Uo ces baiuli-s d'assassins aient été soraniairenieiil exéc;ulécs par les troupes. — Le 28, les trun|ies occniièicnt les bulles Cliauniont et le ciiiielière du l'cro-Lachaise; les marins s'empan rent de la prison de la Uoqueltc et délivrèrent IG'J otages. A 5 heures et demie du soir, la lutte cessa lorsque Mac-Mahon eut pris les positions des insurgés sur les hauteursdolielleville. Ladernière forteresse de la Comnunii', Vincennes, se rendit à discrétion le lendemain. La ville présentait un aspect alTreu.x. Partout les maisons portaient les traces île la lutte ou de l'incendie ; les rues étaient couvertes do cadavres; le sang coulait dans les ruisseaux ; les hôpilaux ne pouvaient plus recevoir de blessés. De temps en temps le lugubre silence était interrompu par le bruit des feux de peloton. On exécutait au Luxembourg, à l'Ecole-Militaire et dans vingt autres lieux. Des liles de prisonniers marchaient piteusement h. la mort; d'autres se dirigeaient vers Satory, pour y attendre la conséquence logique de leurs actes. Versailles, étant plein de prisonniers jusqu'aux caves, on entassait les derniers venus ;\ Satory, sous une pluie diluvienne ; tous ceux qui furent convaincus d'avoir pris plus ou moins part à l'insurrection furent exécutés. — Les sept Jours de bataille dans les rues de Paris avaient coûté à l'armée 877 tués, 645 blessés et 183 disparus. Du côté des gardes nationaux, les pertes auraient été à peu près les mêmes, si l'on n'avait eu à y ajouter les prisonniers mitraillés sommairement pendant et après la lutte (journées des 28, 29, 30 et 31 mai, et jusqu'au 8 juin). Le marquis de Gallifet ne lit quartier à aucun de ses prisonniers, dont on ne connaît pas au ju^te le nombre. On évalue à 800 millions les perles matérielles causées par les incendies et par le bombardement. Quant au chiffre des insurgés châtiés pour leur révolte, M. Thiers déclara que l!),000 Parisiens avaient été tués pendant la lutte et que 33,OliO avaient subi la déportation sur les pontons ou dans les forts maritimes. D'autres cliifl'res fantaisistes ont été publiés. Ils ne prouvent rien de ce qu'ils veulent prouver. Pins la répression a été énergique et meurtrière, plus elle était nécessaire, et il faut se féliciter qu'elle ait été prompte et efficace, quel que soit le nombre des victimes. — Le 29 mai, M. Thiers décréta le désarmement de Paris et l'abolition de la garde nationale de la Seine. — Le 30 mai, sur les réclamations de M. Jules Favre, le ministère catholique de Belgique à la suite d'une émeute survenue à Bruxelles, dut expulser Victor Hugo et les autres réfugiés. A la suite de cette guerre civile elfroyable et des massacres impitoyables qui en étaient la conséquence, quoique les pires éléments révolutionnaires eussent été délinitivement écrasés, ni le Gouvernement ni l'Assemblée n'en profitèrent, comme on leur en a attribué gratuitement l'intention, pour détruire la République. Au contraire, M. Thiers, dans son discours du 8 juin, déclara que nulle autre forme de gouvernement ne lui semblait possible. Le gouvernement légal, bien loin d'abuser de la situation, fit preuve de sentiments conciliants en installant une commission des grâces, ce qui indique bien l'intention de ne pas condamner quand même.

On fixa à quinze, par la loi du 7 août, le nombre des conseils de guerre de la \'^ division militaire; maisie nombre de ces conseils atteignit vingt-deux. Les vaincus, coupables de tous les crimes, ne pouvaient échapper aux condamnations, variant depuis les trav.iux forcés, la déportation dans une enceinte fortifiée, et la déportation simple, jusqu'à quelques mois et même quelques

JOUIS de pn.s,.n. I.i-, nombre ih's condamnai ions à mort fut do 110; mais i9 condamnations seulement furent exécutées.

Parmi celles qui lurent commuées par la coinrnis,-ion dite des grâces, nous rappellerons la condamnation d'Elisée Heclus, dont le crime était d'avoir servi la Commune, pendant une quinzaine de jours en qualili'de sim|de garde national. — Le 2 sepli'iabre, Ferré et Lullier furent condamnes à mort (ce dernier fut gracié). — Le ij. le conseil de guerre condamna à mort troifemmes; des pétroleuses. Ilossel fut condamné à mort le 13 septembre; Uocliefort à la déportation dans une enceinte forlifiéc, le 21 septembre; huit des meurti'iers des généraux Lecomte et Thomas le 18 novembre Rossel, Ferré et liourgeois furent fusillés à Satory en présenc(! de 3,000 soldats, le 28 novembre, Gaston Grémii^ux fut exécuté à Marseille le 30. Plusieurs individus, accusés d'avoir assassiné l'archevêque Darboy et les autres otages, le 24 mai, passèrent en jugement le 23 janvier; l'un d'entre eux fut condamné à mort. Cinq des meurtriers des dominicains furent condamnés à la même [leine le 17 février. Le même jour, on condamna Blani(ui à la transportai ion dans une enceinte i'ortil'iée. Les assassins des généraux Lecomte et Clément Thomas furent exécutés le 22 février. — Le Si) mai 1872, anniversaire de la lutte dans les rues de Paris, on fusilla trois communeux ; le 25 juillet, trois autres, et le 15 septembre trois encore. Quelques républicains ayant timidement parlé de clémence, de grâce et mémi! d'amnistie, à l'occasion du !>'■' janvier 1873, la question fut débattue, ei on leur répondit en faisant fusiller trois communeux à Satory, le 2i janvier. Ces exécutions et plusieurs milliers de condamnations à la prison ou à la déportation n'étaient pas de nature à attirer vers le président de la liépublique les .50,000 Comninneux que les pontons n'avaient pu conserver plus longtemps el qui rentraient par centaines chaque nuit dans Paris. M. Thieis avait agi avec si peu de ménagement, que le journal le Figaro, irrité un jour de sa paicimonie à payer quelque service secret qu'il lui avait rendu, l'accusa hautement d'avoir voulu et d'avoir fait la Commune; mais on sait ce que valent les imputations des journaux. M. Thiers tàla l'opinion de la capitale en patronant officiellement la candidature de M. de .Réinusat, qui échoua le 27 avril. Condamné par les électeurs, il voulut changer de |iolitiquo et fut renversé par la majorité de l'Assemblée, le 24 mai 1S';3. Son successeur, le maréchal de Mac-Mahon, reprit avec plus d'énergie le régime de répression (^u'il avait essayé d'abandonner. Les arrestations se multiplièrent au point qu'une foule d'anciens Communeux allèrent chercher la sécurité à l'étranger. Le 19 juin, l'Assemblée autorisa les poursuites contre le député Ranc, qui fut condamné à mort par contumace, le 13 octobre. — Le 30 mars 1874, Rochefort, sacrifié à la rancune des bonapartistes et condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée , s'enfuit de la Nouvelle- Calédonie. De nouvelles arrestations, l'exécution de Bonnard (6 juin) furent les dernières conséquences de l'insurrection révolutionnaire dite Commnnaliste. — Le 21 mars 1876, Victor Hugo soumit au Sénat un projet d'amnistie; le même jour, ce projet fut présenté à l'Assemblée. Les débats commencèrent à la Chambre le 14 mai, et se con tinuèrent jusqu'au 17, avec une grande passion. Le 17, M. Dufaure, adversaire de l'amnistie, recommença le procès de la Commune et alRrma que la révolution du 18 mars avait été accomplie par environ 7.000 communistes et 1,500 étrangers. D'après lui, 40,000 personnes avaient été inculpées, 10,000

jugées et 25,000 relâc'iées. Quant aux condamnés et aux fugitifs dont on demandait l'amnistie, ce n'étaient que des repris de juslice de la pire espèce. Cette affirmation, vraie poiir la graiidc majorité des Communeux, enleva le vote de l'Assemblée, qui rejeta le projet, par 394 voix contre 52. Au Sénat, l'amnistie fut repoussce presque unanimement (22 mai). Néanmoins, il fut convenu que le sort des communeux serait confié à la large clémence du maréchal. En efl'el, le â8 juin, les journaux annoncèrent quele-présidentde la l'ii^publique venait d'en gracier 87, mais on neilonnaitpasienomde ces favorisés. Le 17 août, on annonça 08 nouvelles grâces, accordées égniemontàdesgens quel'onne nommait pas. L'opinion dominante fut que la |iluparl de ces graciés n'avaient aucun rapport avec la Commune. Le 2 décembre, anniversaire du coup d'Etat, le maréchal gracia jilusieurs condamnés et commua diverses peines. Le lriom|)lic du parti républicain, après le Seize JI;ii, semblait devoir être accompagné d'une amnistie générale ; il n'enfui rien. Le 17 janvier 1879, beaucoup trop tôt assurément, les crimes ne se prescrivant que par dix ans, on arracha à la Chambre un vole d'amnistie en faveur de 2,24'i déportés. Toute uneclassedecondamnésétail exclue. Mais le 28 du même mois, deux jours a van lia de: mission de M, de Mac-Mahon, une demande d'amnistie générale fut déposée au Sénat par Victor Hugo et à la Chambre par Louis lil.inc. Une nouvelle demande déposée <à la Chambre le 1 1 février et discutée le 21, M- Gambetta étant Président, fut repoussée sous sa forme générale et admise avec des moditîcaiions, après un discours de M. .\ndrieux. Le 5 avril, le Sén.at vota un secouis de 300.000 fi-ancs en faveur des amnistiés rentrant en France. La question n'elait pas vidée, comme on l'avait prétendu. M. Gambetta s'en aperçut dans une visite à ses électeurs de Bellevillc. et il fil voter parla Chambre une amnistie générale. Le Sénat, opposé à celle mesure populaire, mais n'osant la repousser, abandonna à M. Grévy, président do la République, le droit de trancher la question, elil le fil d'un Irait de plume, de la façon la plus gijnérense à l'occasion de la fête du li juillet l>i79. Pour tous les détails relatifs aux événements de la Commune il n'y a pas d'ouvrage mieux documenté et plus édifiant (juo les Convulsions de Paris, par Maxime Du Camp.

' COMMUi^ÉMENT a.lv. Ordinairement, généralement : cela se pratique communément. —

A l'AULER COMMU.NKMENT. CO.MMUNÉ.MRNT PAIU,..\.\T,

selon l'opinion commune, ou selon la façon de parler ordinaire.

COMMUNÉRO s', m. [komm-mou-né-ro].

Membre du parti démocratique en Espagne.

COMMUNEUX, EUSE adj. et s. Synon. de

COMMIMMU).

•COMMUNIANT s. m. Celui qui communie :

il !/ a eu tant de romuiuuianls à Pciqurs daiix telle paroisse. — Ceux qui sont capables de communier, en âge de pouvoir communier : il y a tel nombre de communiants dans cette paroisse. — PitEsiiEns co.mmu.niants, ceux qui vont faire ou qui viennent de faire leur première communion. Au fém. : premiéies communiantes.

COMMUNICABILITÈ s. f. Qualité de ce qui est communicable, faculté de se comtnuniquer.

•COMMUNICABLE adj. Qui se peut communiquer, dont on peut faire part : il est de la nature du bien d'être communicable. — Ces deu.r n'uiéresso/itcom»M«iic«6/e.î, elles peu vent (Hre Jointes par un canal , — Ce.i deux nj/partemi nl^ sont communicables, on peut faire une communication de l'un à l'autre.

COMMUNICANT, ANTE adj. Qui commu-

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