‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 117 sur 568 · GESTE, SA CONTENANCE, SON VISAGE, SES ACTIONS · texte numérisé non relu

GESTE, SA CONTENANCE, SON VISAGE, SES ACTIONS

préparer, arranger sa mine, son geste, etc., selon l'état que l'on veut produire : ils n'avaient pas eu le temps de composer leur visat/e et leurmaintien. — Absol. Travaillera quelque ouvrage d'cspi'it, à des ouvrages d'esprit : (/ a besoin d'être seid quand il compose. — Se dit dans un sens rapproché, mais distinct en litlératuÈ-c, de la bonne disposition, de l'habile arrangement d'un discours, d'un poème : un livre bien composé. ■ — Faire un devoir donné par 11' professeur : les écoliers qui composent pour les places, qui composent pour les prix. — ■ Mu-!, l'roduire quelque air, quelque chant, soit qu'on ne crée que le sujet, suit qu'on fasse le sujet avec les parties : composer tin air, !(» chœur, une contredanse, une valse. — Absol. Il compose facilement; apprendre à composer. — Composer sur le piano, etc. Se servir du piano pour composer de la musique. — v. n. S'accommoder, s'accorder sur quoique différend, en traiter à l'amialilc : composer avec ses créanciers; composer d'une somme qui est due. — Fig. 0« ne compose point avec sa conscience. — Capituler, convenir que l'on se rendra, que l'on rendra une place, un poste sous de ccilaines conditions : le r/ouverneur se pressa trop de composer, de demander à composer. On ditplutôt : capî(u/fir.— Se composer v. pr Klre composé : l'édifice entier se compose de trois bâtiments principaux.

COMPOSEUSE s. f. Typogr. Machine à composer. L'Introduction dans l'industrie d'une lionne machine à composer serait un événement aussi important que l'invention de la composition elle-même. En raison de l'adoption des presses mécaniques mues par la vapeur, la composition à la main, restée stationnaire depuis Gutenberg, est dans un toi état d'infériorité relative, que l'on cherche aujourd'hui à produire des machines composant eldislribuanlavec rapidité et, parcouséquent, avec économie. Dans les dilïérents appareils essayés jusqu'à ce jour, les caractères ou lettres, au lieu d'être distribuées entre des cassetins, comme dans la casse du compositeui', sont alignées, tous les caractères de la même lettre formant une ligne et les lignes étant engagées dans des rainures, des tubes et des canau.N. Le premier effort tenté pour produire une machine à composer parait avoir été fait par William Church, de Connccticut (ISiO), qui prit un brevet en Angleterre en 1822. Son appareil n'a jamais été employé. Il comprenait une raachin'>pour fondre les caraclèresà mesure que lacoinposeuse lesemployaitclcette idée a clé reprise par Wescott, de iNcw-Yoïk, qui ciposaàPhiladelphieen I876une machine pour fondre et pour classer les caractères par une série simple de mouvements. L'appareil inventé en 18iÛ fiar l'anglaioJ.-H. Yuungcomposait, dit-on, 13,000 lettres en une lieurc; mais il fallait oocupcr trois personnes à la distribution et à la juslilicalion. Vers 184G, Timolhy Alden, de Massachusetts, établi olus

lard ,\ New-York, commença la construction d'une machine à distribuer et à composer simultanément; son appareil, plusieurs fois perfectionné, n'a pas clé admis. Charlcs-W. Feit, do Salem (Massacluisolts), est le premier qui ail essaye en lSo2 d'adapter i la coinposeusc ua appareil pour la justincation; car toutes les autres machines ([uo nous avons mentionnées réclament l'assistance d'un ouvrier occupé à faire ce travail à la main. La machine du Fcll ne put être siinplifiéo suffisamment pour entrer dans le domaine do la pratique. En I8H3, Williani-H. Mitchel, de New-York, ppoduisit une machine à composeï-, et di\ ilccc > ajiparoils roacLionnéieateii inèaio temps dans une seule imprimorieaméricaiuc. Ces appareils ressemblent a un piano. En frappaiii sur un clavier, on met on niouvomcnt des cordons sans fin, au moyen desquels les caractères placés dans 34 rainures presque verticales, sont enlevés un à un cl Lran?portés dans un canal récepteur. Plus tard, cet invenlciir créa un appareil à distribuer. .K l'exposition française de iSii.ï, un vit plusieurs machines, dont 1 une, inventée par Christian Stucrcnson, de Copenhaîruo, conipo-ail et distribuait sinuiltanément. Ués 'Isil, on employai l'imprimerie du Times (Londres), la composru>c d'Ale-xandi'e Mackie. Après "20 ans do Iravaux et de recherclies, un Améi-icain d'origine française, M. Uolcambre, trouva un nouveau type de coniposeuse (IS7o). Les caractères y sont établis, comme pour les autres machines, dans des canaux perpendiculaires, d'où on les fait sortir en frappant sur des louches Les lettres en devenant libres, lombenl sur un plan incliné en métal, dans lequel il y a une rainure distincte pour chaque sorte. El) suivant ces rainures, les lettres glissent jusqu'à un canal récepleur. La machine à distribuer, également munie d'un clavier, enlève les caractères de la page et les distribue à des coulisses destinées à la compuseuse. Deux machines distinctes ont été construites on 18vo sjus la direction de A. Richards : l'une distribue automatiquement; elle est basée sur le même principe que celle d'Âlden, elle se compose d'un cercle, qui, au moyen d'un cylindre conducteur toiirnanl horizontalement, dirige chaque caracteie vers la place qu'il doit occuper; 1 autre, ou coniposeuse proprement dite, consiste en rainures verticales contenant les lettres, et en une bande sans fin munie de rebords de chaque cùlé; cette bande conduit les caractères à l'embouchured'uncanal récepteur où ilssc placcnl verticalonienlen ligne continue. La « Clowes» composeusc (brevet Hooker)dans laquelle on emploie des électro-aimants, fui exhibée en juillet 1877, à l'exposition de Konsington (Londres). La niachine à composer cl à distribuer de l'Allemand Kaslenbein, employée dans l'imprimerie du Times (Londres), fut admirée à l'exposition internationale annuelle de Londres on J872.Cetélégant appareil, inventé en 186!i, est aujourd'hui admis dans les principales imprimeries de l'Europe et do l'Amérique; il présente de grands avantages sur les autres machines du même genre. La machine à composer do Kaslenbein, est mise en mouvement au moyen de Louches; elle se compose de 96 letlres'et n'a que b2 centimètres do large. Elle est construite de telle sorte que l'ouvrier ou l'ouvrière surveille cl dirige son travail sans avoir besoin de quitter sa place; le compositeur a toujours sa lettre sous les yeux, depuis le momenloù elle tombe du tube "qui la contient jusqu'à ce qu'elle arrive dans la galée de juslilicalion. Celte machine occupe au moins quatre personnes : 1" le compositeur, qui frappe sur les touches, pour fiire tomber les lettres; 2° le justilicaleur, assis à côté de la machine devant une espèce do pupitre tenant une galée mobile; 3» le distributeur, qui jelte les lettres dans les ouvertures de l'appareil à distribuer; ces let-

tres s'arrangent d'ollos-mêinc^ dans les (iibcs destinés à alimenter la machine à composer; 4" le fournisseur, qui est chargé de ie,ii,ilacer par des tubos pleins ceux do la machine, il mesure qu'ils se videnl; ces tiilics, longs de 65 centimètres, reçoivent le nom ihicomposloiirs. Lorsque le compositeur a acquis une grande habileté, il faut ordinairement doux machinos à distribuer pour entrelenir do tubes pleins la machine à composer. La moyenne de la composition est de 5,000 à 6,0'Ji) lettres îi l'heure; au Times, on attcinl 8,000 lettres. La machine Kastonbein a permis à {'Agence Hav'is do remplacer l'autograpliie par la lypograjdiie sans ralentir la rapidité de ses services. (V. S.)

•COMPOSITE adj.[koin-po-zi-lel(lal. compositns, composé). Ârchil. Se dil d'un ordre d'archil. qui est composé du corinthien cl de l'ionique: ordre composite; chapiteau composite. — Ordre composite, tout ordre qui est composé do plusieurs ordres suit dorique, corinthien, ou ionique; et, dans ce sons, on dit pareillement : chapiteau composite; base, corniche composite. — s. m. : le composite participe du corinthien et de l'ionique.

' COMPOSITEUR s. m. Celui qui compose en musique ; c'at un savant compositeur, un habile, un grand compositeur. — Jurisprud. Amiaiile compositeur, celui qui est chargé d'accominoderun diliérend, iinprocès, par les voies de la douceur el do la conciliation, sans être tenu de prendre la loi pour base de sa décision. — Typogr. Celui qui compose, c'est-àdire qui assemble, qui arrange les lettres pour on former dos mots, des lignes et des pages : compositeur au.v pièces; compositeur en conscience. On distingue le compositeur proprement dil ou paquelier (\m compose le tcxlo courant en groupes de lignes, appelés paquets, el lo metteur en pages, qui transforme on pages le travail du premier, qui y ajoute la pagination, les titres, les vignettes, les blancs, les notes, les additions cl qui exécute en un mol, toutes les opérations qui précèdent le tirage ou le clichage. »v Appareil destiné à opérer mécaniqucinenl la composition. Oudit

aussi COMPÛSEUSK.

• COMPOSITION [kon-po-zi-si-on]. Action de composer quelque chose : être occupé à la, coinposilion d'une machine. Chef-d'œuvre, inhabile, aujourd'hui, sont des mots formés par composition. Procéder à la composition des lots dans un partage. — Résultai de cette action do composer, assemblage de plusieurs parties qui ne font qu'un tout: la composition du corps humain est admirable. — Action de mélanger el d'unir cerUiues subslunces, et résultat do celte action ; ce pharmacien entend bien la composilion des remèdes. — Préparation faite pour imiter ccrlaines choses, principalement les pierreries, les perles, l'or ou l'argent: le stras est une composition qui imite le diamant; le chrysocale est une composition qui imite l'or. — Action de composer un ouvi'age d'espril : cet auteur est occupé à la composition d'un nouvel ouvrage. — Par anal. En parlant do musique, de peinture : un musicien qui exécute un morceau de sa composition. — Peint. CoMPOsiTiO.N d'un tableau, manière dont un peintre traite le sujet d'un tableau, c'està-dire, l'ordonnance générale, la disposition dos masses, dos combinaisons du clairobscur, ragcncemenl ol la pose des ligures : un tableau d'une savante composition. — Art d'unir les dillcrcnles parties do la musique, suivant les régies : il ne chante pas, mais il sait bien la composition. — Ouvrage d'un écrivain ou d'un artiste : «ne belle, une ingénieuse, une savante composition. — Devoir que fait un écolier sur le sujet ([ui lui est donné par son professeur : une composition sans faute. — Accommodement dans lequel l'une dos deus parties, ou toutes les deux ensemble, se relâchent plus ou muins do leur*

COMP

prétentions : par composition fuite, je lui dois tant. — C'est un iiommiî de composition, be

IIONNK, UK l'AClLE COMPOSITION, c"est Ull llOniIllO

d'accomiiiodcmciil, un lioniino ix qui il est aisé do faire faire ce (lu'on veut. Il est de difi-iciLK COMPOSITION, il SB tient Irop ferme, il esl malaisé de le réduire au point où l'un veut.

— C'est une tille, une kemme de uonne composition, DE FACILE COMPOSITION, fills OU femme qui accorde facilemenl ses faveurs. — Indemnité pécuniaire que l'auteur d'une oliense ou d'unaltcntatdevail payerftl'oli'ensé, ou en cas de mortiisafamille:/e meurtre chezles Francs se rachetait par une composition en argent. — Art milil. Convention qiir; fait une place qui se rend : celte place s'est rendue par composition. On dit plus ordinairement capitulation.

— Typogr. Action de ras-enibler des lettres dans le composteur; assemblage de lettres, de filets, de lignes quelconques, destiné à Cire reproduit sur le papier par l'impression.

— »* Lieu où s'exécute ce travail. — Pour assembler les caractères, le compositeur se tient ordinairement debout devant sa casse, supportée par des tréteaux dans une position inclinée. Il se met en face du cassclin au,\ espaces, le composteur dans la main gauche, et ayant à portée de la vue le manuscrit ou copie, qu'il dépose sur la casse ou qu'il a fixée iu visorium. Ayant jeté un coup d'œil sur la copie, pour en rclciiir le plus de mots possibles, il saisit de la main droite les lettres et les dépose rapidement, une à une, dans le composteur, on les retournant entre les doigts pour qu'elles arrivent à être posées le cran en dessous et la tôle en l'air. Il maintient avec le pouce gauche les lettres assemblées et a soin de relire chaque ligne pour corriger de suite les erreurs qu'il a commises; il espace également tous les mots, redresse les lettres ci jiistifio la ligne, c'est-à-dire qu'il augmente ou diminue les blancs entre les mots, pour que toutes les lignes soient rigoureusement qe la même longueur. Lorsque la ligne est juslilioe, il en compose une autre par-dessus, en la séparant de la première au moyen d'une interligne ou du filet nommé porte-Vujne ou filel leceur. Dés que le composteur est plein, il en extrait les lignes et les transporte dans la galée, espôci' d'ais à rebords que l'on |ilace or linuireincnt sur la partie inférieure du cùté droit du luiul de eusse et dans une position inclinée. 11 continue les mêmes opérations jusqu'à ce qu'il ait placé sur la galée le nombre de ligm.'s suffisant pour faire un paquet. Il ficelle solidement chaque paquet à mesure qu'il l'a terminé, l'enlève de dessus la galée, \p pose adioitemenlsur un morceau de- papier double, appelé porte-page, et le place sous le rang ou dans tout autre lieu déterminé, où le metteur en pages viendra le prendre quand les compositeurs dits paqueticrs auront produit assez de composition pour une feuille. Les autres opérations de la composition, si l'on prend ce mol dans son sens le plus large, portent les noms de correction, mise en pages, imposition et distributioti. Chacune d'elles reçoit, dans notre dictionnaire, des développements à sa place alphabétique. — Un compositeur habile peut assembler de 1,000 à 1,200 lettres à l'heure.

COMPOS SUI [kon-po3s-su-i]. Loc. lat. qui

signifie: uiinlre de soi.

COMPOST s. m. [kon-post] (lat. compositvm., composé). Agric. Mélange de terres avec diverses matières fertilisantes. C'est un engrais qui convient particulièrement aux prairies.

COMPOSTELLE (Saint - Jacques de), ville d'iîspagne. Voy. Santiago- de-Compostela.

COMPOSTER V. a. Agric. Améliorer une terre avec le compost.

■ COMPOSTEUR s. m. (rad. composer).

Typogr Instrument dans lequel le compositeur

CO.MP

arrange les lellres, pour former des lignes toiijouis égales, d'après une longueur délcriiiiiiée. 11 est formé de deux lames de métal assemblées d'équerre et terminées à une extrémité par un talon fixe. Une clavette mobile, que l'on peut fixer au moyen d'une vis de pression, glisse (oui le long de l'instrument et sert à établir la jvslificnlion ou lon- £.'uoiir des lignes à composer. Le composteur lient ordinairement de trois à dix lignes. Pour les grandes affiches, on se sert aussi de composteurs en bois, longs d'un mètre environ, très larges et très hauts. — Les Italiens se servent de composlciirs qui ne [icuveiil contenir qu'une seule ligne.

* COMPOTE s. f. (lat. compositus, composé). Confiture qu'on fait avec du fruit et peu de sucre, cl qui esl moins cuite que les confitures failcs pour être gardées : ttne compote de poires, île pommes, d'abricots, de cerises. — Manière d'accommoder des pigeons : une compote de jugeons; mi.ttre des pigeonneaux en compote. — Prov., fig. et pop. Avoin les yeux,

LA TÈTE, etc., A LA COMPOTE, EN COMPOTE, aVOir

la tête, les yeux, etc., tons meurtris, tout livides. — Viande en compote, viande trop cuite.

* COMPOTIER s. m. Plat creux dans lequel on sert des compotes de fruits : compotier de porcelaine, de cristal.

COMPRÉHENSEUR s. m. (Int. comprehensor, qui saisit, qui cnjbrasse). 'l'Iiéol. Celui qui jouit de la vision béatitique.

COMPRÉHENSIBILITÉ s. f. Etat de ce qui est compréhensible ; aptitude à être compris.

* COMPRÉHENSIBLE adj. [ kon-pré-an-sible] (lat. eomprehensihUis ; de coinprehendere, comprendre). Concevable, intelligible, qui peut être compris, conçu, entendu : raisonnement qui n'est pas compréhensible.

' COMPRÉHENSIF, IVE adj. Qui embrasse, qui enferme ; idée nmipréhensive.

- COMPRÉHENSION s. f. Kaculté de comprendre, de concevoir : avoir la compréhension aisée, facile. — Didact. Connaissance entière et parfaite : la compréhension des mystères a-t réservée à l'autre vie. — Logiq. Totalité des idées renfermées sous un nom appellalif ou générique.

COMPRÉHENSIVITÉ s. f. Etendue de la faculté de concevoir, de comprendre.

* COMPRENDRE v. a. (lat. comprehendere). Se conjugue comme Piienuiie. Contenir en soi, renfermer en soi : l'univers comprend tout ce qui est. — Se dit également en parlant des choses morales : lu philosopltie comprend la logique, la morale, lu jihi/sique et la métaphysique. — Mentionner, faire entier dans une énuméralion : il a conijrris dmis sa quittance tout ce qui lui était dû. — Fig. Avoir l'intelligence d'une chose, en saisir, en pénétrer le sens : je comprends fort bien ce que vous me dites. — Avoir rintelligen'^e des langues, des mots, etc. ! comprenez-vous l'anglais'? Il comprend cette langue, mais il ne sait pas encore la parler. — Absol. Comprenez-voiisl .le commence à comprendre. — Concevoir, se l'aire une juste idée de quelque chose : les méchants ne peuuent comprendre la vertu.

M;iis cet aveu lui fil comprend] t 0 tnn fuil ce qu'où peut Li non |i;is ce (lu'oii veut.

KinoiLfcT, La Bergère exigrnnte, cIi.tus.

— 'Se comprendre v. pr. ICtre compris : cela se comprend f'ueiicincr,! . — Comprendre soi : il ne se comprend pas Ini-méme. — v. récip : ces deux amis se comprennent à merveille. — Se rendre raison d'une chose, en découvrir le motif : je ne comprends jms sa conduite. Dans ce sens, il est quelquefois suivi de la préposition à : je ne comprends rien à sa conduite; je ne comprends rien à ce langage. — Comphendre quelqu'un, conqjrcndre les explications, les

COMP

ri

ordres qu'il donne, la langue qu'il parle : vous faites tout de travers, il faut que vous ne m'ayez pus compris, que vous m'ayez mal compris. — Comphendiie quelqu'un, se rendre raison de sa conduite, de ses discours : il lient une conduite si bizarre cl si contraire à ses intérêts, que je ne le comprends pas.

• COMPRESSE s. (lat. compressus, serré). Chirur. Morceau de linge simple, ou plié en plusieurs doubles, qu'on applique sur l'ouverture de la veine, ou sur quelque partie blessée ou malade : appliquer une compresse; serrer la compresse; mouiller la comjiresse.

COMPRESSEUR adj. m. Qui sert !x comprimer : appareil compresseur.

• COMPRESSIBILITÉ s. f. Phvs. Propriété de la matière, en vertu de laquelle le volume des corps diminue lorsqu'on les comprime. Celle propriété est une conséquence aussi bien i|u'une preuve de la porosité. Quand on comprime des corps, il se développe toujours une chaleur sensible. Les gaz cl les va[ieurs sont les corps les plus compressibles cl, dans une certaine limite, leur compressib.lité est uniforme et en proportion de la force comprimante, ainsi que cela esl établi par la loi de Mariolte. La compressibilité des liquides a été prouvée par Canton, Oersled et plusieurs autres. Dos expériences plus récentes, par Colladon et Stnrm, ont montré qu'une [U'ession additionnelle, égale à celle de l'almospbrre, diminue le volume' du mercure de r.,.s;s;iTS; • '-''^'"' ^^ \'eati de s;;;^, et celui de l'é- 'l"'i' lie i-j^,-

' COMPRESSIBLE adj. (lat. compressus, comprimé). Phys. ijui ] eut être comprimé : l'air est compressible.

' COMPRESSIF, IVE adj. Chirur. Qui seil à comprimer : bandage compressif ; appareil conipressif.— »'« Polil. : mesures compressives.

• COMPRESSION s. f. [kon-prè-si-on] (lat. compressio). — Polil. Action d'un gouvernemenl qui empêche les manifestalionsdelapcnsée ou de la vie publique : compression des esprits;uvec l'instruction dupjcuple, la compression ne succédera plus àlalibcrté.— Phys Action de réduire mécaniquement le volume d'un corps en le comprimant. En 18K0, l'araday observa que deux morceaux de glace, fortement comprimés l'un contre l'autre, ne tardent (ms à se souder en un tout homogène. Faraday considéra celte soudure comme une propriété spéciale de la glace. Mais, plus lar.l, vers 1880, Spring reconnut que, soumis à dos pressions considérables, les corps les plus divers se coinportenl de la même manière. II [U'it des poudres fines, les soumit dans un moule d'acier, à des pressions variant de 2,000 à 7,000 atmosphères. Dans ces conditions, la limaille de plomb se transforme en un bloc solide ne montrant plus au microscope la moindre trace de granulation. A S, 000 atmosphères, le plomb prend la forme liquide. — Le zinc comprime donne des blocs à struclure cristallisée. Celte invention permettra, sans doute, de mouler le métal sans le réduire en fusion.

— La compression, associée a;i refroidi.-fsement, a permis de rendre liquides l'air et ses composants (voy. Am). — Macu.ne de compbession, machine propre à comprimer l'air.

— Pompe de compuession, pompe ù. l'aide dt laquelle on pont comprimer les gaz. . — Fontaine DE comi'Uession, appareil dans lequel on produit un jet ifi-au [>ai' la force d'expansion de l'air coniprinié.

COMPRÉTRE s. m. Collègue dans le sacerdoce.

COMPRIMABLE adj. Qui peut «ire comprimé.

COMPRIMANT, ANTE adj. Qui coinprime :

force conipriinunlc.

' COMPRIMÉ. ÉE part, passé de Comprimer.

— Adjecliv. llisL nat. Qui est aplati sur i^ •

COMP

côtés : le corps de Icuncoiip de poissons est comprhnt'.

' COMPRIMER V. a. (lat. comprimere). Presser avec force, serrer de manière ;\ réduire à un moindre volume : on comprime l'air dans un fusil à vent. — Fig. KnipéL-her d'apir, d'éclater : comprimer les factions, un jmrti.

COMPRIMEUR s. m. Mécan. Appareil dont on se sert dans certains moulins pour concasser le grain avant de le soumettre à l'action des meules.

* COMPRIS. ISE part, passé de Comprendre.

— y compris, en y comprenant; et, Non compris, sans y comprendre : il a dix mille francs de revenu, y compris les profils de sa place, tton compris la maison où il loge. Se dit également en faisant accorder : les profitsde saplace y compris; la maison où il loge non comprise.

•COMPROMETTANT. ANTE adj. Qui compromet, qui peut compronietlre : discours compromettiiut; femme compromettante.

' COMPROMETTRE v. n. {lOii. compromitlere). Se conjugue comme Mettre. Consentir réciproquement, par acte, de se rapporter sur les différends, les procès qu'on a ensemble, au jugement d'un ou de plusieurs arbitres : ils ont compromis de toutes leurs affaires entre les mains d'un tel.— v. a. Commettre quelqu'un, l'exposera se trouver dans quelque embarras, à recevoir quelque chagrin, quelque dégoût, soit en se servant de son nom sans son aveu, soit en l'embarrassant dans des démêlés, dans des affaires : n'ayez pas peur, je ménagerai si bien tes choses que je ne vous compromettrai pus. — Exposer k recevoir une diminution, un échec :

Bien ne peut compromettre,

Ilicn ne pt^ut alarmer un cœur honnête et pur Qui suit de la vcctu le sentier toujours siir.

DEsFoncBS. 7'om Jones, acte 11, se. v.

— Compromettre u.ne femme, donnera penser, par ses actes ou par ses paroles qu'on a une liaison avec elle. — Se compromettre v. pr. S'exposer à des périls, à des embarras : il s'est bien compromis dans cette affaire. — Mettre sa réputation en péril : cette femme se compromet dans celle affaire.

■ COMPROMIS, ISE part, passé de Compromettre. — Exposé à quelque dommage matériel ou moral.

* COMPROMIS s. m. Acte par lequel deux ou plusieurs personnes promettent de se rapporter de leurs différends au jugement d'un ou de plusieurs arbitres. (Voy. ARDiTRACEet Transaction).—Fig. Mettre EN compromis, commettre: mettre quelqu'un en compromis avec unautre. — llist. Compromis de Breda, voy. Dreda.

COMPROMISSION s. f. Action de compromettre quelqu'un ou do se compromettre soimême; étal qui en résulte : honteuses compromissions.

COMPROMISSOIRE adj. Jurispr. Qui concerne le compromis : clause compromissoire .

COMPS [kompss] cli.-l. de canl., arr. et à 32 lui. N. de Draguignan (Var); 613 hab. Hiiines d'un châieait des Templiers.

COMPTABILIAIRE adj. [kon-ta-] Qui concerne la complahilité ; eireur complubiliaire.

COMPTABILIAIREMENT adv. Dune manière com|itabi liane : comptabiliairement parlant.

' COMPTABILITÉS, f. [-kon-la-]. Obligation de rentiie compte; manière, action de rendre et d'établir des comjites : la comptabilité de celle place est immense ; la tenue des livres est une jjartie de ia comptabilité commerciale. — Législ. " Les règles de la comptabilité publique se trouvent inscrites, en grande partie, dans le décret réglementaire du :il mai 1862; elles sont en outre développées dans les instructions fiubliéc> par les diversdépartenients iiiinisléiiels el par les directions (:éuérales

COMP

des grands services publics. Ces règles s'appliquent, soit aux deniers de l'Etat, soit à ceux des départements, soit à ceux des communes, et des élablissements publics ou de bienfaisance. Nous énoncerons seulement quelques principes généraux. La comptabilité publique comprend l'assiette des revenus et des impôts, l'autorisation et l'ordonnancement des dépenses, les recouvrements, les paiements, etc. Les recettes et les dépenses ne peuvent être cU'octuées qu'en vertu d'un étal de prévision ou Budget (voy. ce mot) r.'gulièrement établi. Ce budget et le compte qui le règle sont faits par exercice, c'est-à-dire qu'ils comprennent les recettes et les dépenses concernant une année, même celles qui sont etfectuées après l'expiration delà dite année. Il n'en est pas ainsi en quelques pays, notamment en Angleterre et en Italie, où les comptes annuels comprennent les recettes réellement faites ainsi que les paiements effectués dans l'espace de douze mois. Les fonctions à'o7-donnateur des dépenses et celles de comptable sont essentiellement distinctes et ne jteuvent être confondues dans les mêmes mains. Les coinples de gestion des comptables sont établis par année, parce qu'ils donnent le relevé d'opérations journalières; maison y distingue les dites opérations, selon l'exercice auquel elles se rattachent. Les comptes administralifs , qui sont rendus far les fonctionnaires chargés d'établir les états de recette et d'ordonnaneerles dépenses, sont, au contraire, faits par exercice; mais ils concordent néanmoins avec les comptes de gestion parce que, dans ceux-ci, les exercices ne sont pas confondus. Les exercices financiers sont clos quelques mois après la fin de l'année dont ils portent le nom : savoir, le 31 mars, pour les communes et les établissements de bienfaisance; le 30 avril, pour les départements, elle 31 aotlt pour l'Etat. Lors delà clôture d'un exercice, le comptable dresse un état des rocellcs y afférentes et restant à recouvrer, el un état des resUs à payer; lorsque ces états sont réguliéremonl approuvés, ils constiluent en quelque sorte un renouvellement de budget, et l'on peut opéi'er les recettes et les dépenses qui y sont reportées, jusqu'à la clôture de l'exercice en cours, sauf à faire à ce moment de nouveaux reports, s'il y a lieu. En outre de la comptabilité en deniers, il existe, dans certaines alminislralions (guerre, marine, hospices, elc.) une complabililé-malièrcs, presque toujours confiée à des comptables spéciaux. Là, on ne tient compte des valeurs que d'une fa(;un secondaire ; ce sont les iTiatières elles-mêmes ijui figurent par quantités, en recette, en dépense et en restes; et les unités de diverses natures sont additionnées ensemble dans les totaux d'entrée et de sortie. Celte coniplabililé-matières, qui se raccorde nécessairement avec l'autre, a ses budgets particuliers el ses comptes distincts. Toutes deux sont soumises au jugement de la Cour des comptes, lorsqu'il s'agit des comptes de l'Etal et des départements, et aussi de ceux des communes et des établissements de bienfaisance ayant un i-evenu ordinaire de plus de 30,000 fr. Les conseils de préfecture sont chargés d'apurer les comptes des communes et des établissements de bienfaisance dont le revenu annuel ne dépasse pas ce chifl'rc et sauf appel dsvant la Cour des comptes. (Voy. Cour). Mais l'apurement s'applique seulement aux comptes de gestion rendus par les comptables. Les comptes administratifs dressés par les ordonnateurs sont, de leur côté, soumis au contiôle et à l'approbatimi des pouvoirs supérieurs: ainsi les comptes de l'Etat rendus par les ministres, doivent êtres a|iprouvrs par le Parlement; ceux du préfet sont réglés par décret, après avoir été soumis a l'examen de la commission déparleniciilale etdti conseil génér.al, ceux rendus par le maire sont approuvés par

COMP

le préfet, après avoir été soumis au conseil municipal; il en est de même du compte administratif et du compte moral que dresse, chaque année, l'ordonnateur d'un établissement de bienfaisance et qu'il soumet d'abord k la commission administrativede cet établissement. On nomme Comptabilité ccculle le maniement de deniers publics par toute autre personne que le comptable préposé spécialement à cet eff'et. Toute comptabilité occulte est interdite, el celui qui s'y livre se constitue comptable de fait. Inscription doit être prise immédiatement sur les immeubles lui appartenant, et le séquestre peut être mis sur ses biens (L. 28 pluviôse an Vlll). 11 est obligé à rendre des comptes soumis aux formes et aux vérifications réglementaires; et il peut, dans certains cas. être poursuivi comme coupable du délit d'usurpation de fonctions et puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans (C. pén. 2b8), ou être inculpé du crime de détournement de fonds (id. 160). »

(Ch. y.)

* COMPTABLE adj. [kon-ta-] (rad. compter). Assujetti à rendre compte : officier, agent comptable. — Quittance comptable, quittance revêtue des formes nécessaires pour être allouée par qui il appartient. — Fig. Nous sommes comptables de nos talents à la pati-ie. — Substantiv. Employé dans unj ad:::inistralion, une maison de commerce, etc. : c'est un boncomplable. - Législ. « Les biens meubles gu immeubles de tous les comptables de deniers publics, percepteurs et receveurs de l'Etat, des communes et des établissements publics, sont frappés d'hypothèque légale; et en outre un privilège spécial existe sur les fonds de leur cautionnement (voy. ce mot) et sur les immeubles acquis à titre onéreux par eux ou par leurs femmes depuis le jour où ils sont en fonctions. (C. civ. 2098, 2121 , 2I.Ï3; L. .S sept. 1807). Ces droits garantissent au Trésor ou à d'autres les créances résultant de la gestion. Les comptables qui ont, détourné des deniers publics ou privés, des titres, actes, pièces ou effets mobiliers qui étaient entre leurs mains en vertu de leurs fonctions, sont punis des travaux forcés à temps, lorsque la valeur des choses détournées est au-dessus de 3,000 fr., ou qu'elle excède le chiffre du cautionnement et, s'il n'y a pas de cautionnement, lorsque cette valeur excède le tiers de la recette ordinaire d'un mois. Si l'objet du détournement a une valeur moindre que ces chiffres, la peine est seulement un emprisonnemcul de deux à cinq ans. Le condamné doit en outre subir une amende égale au douzième au moins el au quart au plus des restilulions et indemnités à payer; et, de plus, il est déclaré à jamais incapable d'exercer aucune fonction publique (C. pén. 169 à 172). .. (Cu. Y.).

COMPTAGE s. m. Action de compter.

•COMPTANT adj. [kon-tan-]. N'est guère usité que dans ces locutions : argent comptant, deniers comptants, argent en espèces, argent compté sur-le-champ : il a tant en urgent comptant; payer argent comptant, en beaux deniers comptants. — Fig. et fam. C'est de l'argent comptant, c'est une chose promise, et qui ne peut manquer. — Prendre quelque chose pour argent comptant, croire trop facilement à ce qu'on nous dit; faire trop de fond sur de simples apparences. — Avoir de l'esprit argent comptant, avoir la repartie prompte, briller dans la conversalion. — Substantiv. Argent comptant, avoir du comptant; voilà tout mon comptant. — Vente au comptant (famil.). — Petit comptant, se disait, au Trésor royal, du bureau où l'on payait les sommes au-dessous de mille livres; et, Grand comptant, du bureau où l'on payaii toutes les sommes au-dessus do mille livres. — Adverbial, l'aycr une somme comptant; payer comptant; vendre, acheter compilant. — Payer comptant, rendre sur-le-champ les

COMP

bons ou les mauvais offices qu'on a reçus ; s'emploie plus souvent en mauvaise part : Ha pri'tendu me iii<iucr parce discours, mais je l'ai payt' comiitant,

• COMPTE s. m. [kon-te]. (rad. compter). Calcul, nombre : il sait le compte de son argent. — Dois de compte, bois qui se vend à tant de biiches par corde. — Monnaie de compte. (Voy. MoniNaik). — Fani. Cela n'est pas DE COMPTE, ne doit pas conipler. — Compte uoND, nombre composé de dizaines de cenluinesou de iiiilliers sans fraction : dix, vingt, trente, cent, deux cents, mille, sont des comptes ronds. Vingt et un n'est pas un compte rond, Quiiid on compte par espèces, compte rond, se dit d'un nombre do ces espèces sans fraclion : dix centimes /'ont un compte rond; douze centimes ne font jms un compte rond. — Fig. et fani. Compte dougne, compte dont les articles ne sont pas clairs. Par opposit. àcompterond : trois francs trcnte-hiiit centimes sont un compte borgne; on dit dans ce sens, cela fait un mauvais compte. — -De compte fait, en complanl liicn : de co}npte fait, ils Haioit quarantecinq. — De compte i-ait, tout considéré : (7 a de l'esprit, mais il en a dix fois moins, de compte fait, qu'il croit en avoir. — Prov. A TOUT DON COMPTE KEVENin, Ôtro pcçu à recommencer le calcul fait avec le plus de soin, et à s'assurer s'il est exact. — Prov. Erreurn'kst PAS COMPTE, revenir sur une erreur de calcul.

— FAnUC LE COMPTEA UN DOMESTIQUE, LUI DONNER

SON COMPTE, lui payer, en le renvoyani, ce qui lui est dii de ses ga,i;cs. Donner à iinouvricr son compte, lui paycrcoqui lui est dû; le renvoyer.

— Fig. et fara. Donmoha quixqu'un son compte, le Iraitcr d'action ou de paroles comme il le mérite; ne se prend qu'en mauvaise part. — De bon compte, en comptant bien au moins : sa terre lui rapporte en bon compte six mille francs par an. — Avom a don compte, faiue BON compte, avoir à bon marché, faire bon marché : il a eu cela à bon compte. — Vivre a BON compte, vivre à bon marché : c'est une ville où l'on vit à bon compte. — Prov. et fig. Manger a bon compte, manger toujours a bon compte, boire a bon compte, manger et boire sans se mettre en peine de savoir ce qu'il en coûtera, et qui le payera. — Boire, manger,

RIRE, SE DIVERTIR A BON COMPTE, SaUS s'ombar-

rasser de ce ([ui se passe, ni de ce qui peut arriver.— Faiue son compte, trouver son compte, trouver du profit, di' l'avantage : il abien fait son compte dans celte recette. — Faire son compte, se proposer ou s'attendre à, espérer que, etc. : il fait son compte de partir demain. Un dit mieux aujourd'hui : Compter. — Fig. Avoir son compte, avoir ce qu'on désire, ou être bien dans ses aft'aires : savoir bien, entendre bien son cowp(e, entendre bien ses intérêts, et n'être pas facile à tromper, à surprendre.— Etre loin décompte, loin de son compte, se tromper dans son raisonnement, dans son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances. — Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit de deux personnes qui sont en traité, en marché de ipielque chose, et qui ne peuvent tomber d'accord : nous sommes loin de compte ensemble. — A CE COMPTE-LA, sclou Cette supposition ; d ce compte-là, je vois qu'il n'a pas tort; on dit de même : à votre compte, à son compte. — Petit nombre que l'on jette de la main, et qui, étant plusieurs fois réitéré, fait la somme, le nombre que l'on demande : à compter quatre à quatre, il faut vingt-cinq comptes pour faire cent. — Etalon écrit contenant le calcul, la supputation de ce qui a été reçu, dépensé, avancé ou fourni : bon compte; compte fidèle ; compte exact. — Compte de retour, état des frais et intérêts occasionnés par le non-paiement d'un effet de commerce proleste. — Avoir une chose en comptes, l'administrer, en disposer, à la charge d'en rendre compte àqu: de droit. — Cour des comptes, cour supérieure établie pour examiner et juger les comptes

COMP

de ceux qui ont manié les deniers de l'Etat :

elle a remplacé la. Chambre des comptes, qui avait les mêmes attriluitions. — Ktue de BON COMPTE, être fidèle daiis les compti-s que l'on rend. — Fig. et fani. Etre de bon compte, parlersans feinte, sansancune dissimulation : soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette aubaine. — Son compte est don, on lui fera un mauvais parti. Par anal. Son compte sera bientôt léglé. — A compte et A-compte (voy. Acompte.) — Etre de compte a demi AVEC quelqu'un, être en société d'intérêt avec quelqu'un, et partager par moitié les bénéfices et les portes. — Cela est sun le compte, AU compte d'un tel, c'est à lui à le payer : les étoffes qu'un tel prend seront sur votre compte.

— Laisser de la marchandise pour compte ou EN compte, la laisser au compte de l'expéditeur. — Pour le compte de quelqu'un, en vertu de la commission (jue l'on a reçue de lui : vendre, ni'gocier, acheter, vXc,.,pour le compte de çîfe/çu'wn.Paropposit. 'Vendre né(jocier,e.ic., pour son propre compte, pour son compteparticulier, pour son compte.— Fig. et l'am. Il en a POUR SON COMPTE, Se dit d'un homme à qui il arrive quelque malheur, comme d'être blessé, d'êtrenialtraité ou défaire queliiuc perted'argcnt considérable : tien a reçu, on lui en adonné pour son compte. — • C'est pouit son compte, pour mon COMPTE, etc., c'est tant pis pour lui, pour moi, etc. — Les applaudissements étaient pour son

COMPTE, ET LES SIFFLETS POUR CELUI DE l' ACTEUR,

les applaudissements étaient pour lui, et les sifflets pour l'acteur. — Pouii mon compte, pour ce qui me regarde, quant à moi : je n'ai pour mon compte, rien à leur reprocher. — Fig. Sur LK compte uequelqu'un, sur ce qui le concerne. Se dit surtout en parlant delà conduite et des actions d'une personne : on m'a donné sur son compte des renseignements qui ne lin sont guère favorables. — Mettre une histoire, un livre,

UNE FAUTE, etc, SUR LE COMPTE DEQUELQU'UN, le

donner pour en être l'auteur [mettre une aventure, faire courir unehistoire , etc., sur le compte de quelqu'un, faire croire qu'elle luiestarrivée. — Fig. Prendre sun son compte, se chargerde quelque chose, s'en rendre responsable : ne vous mettez point en peine de lui faire des excuses, je le prends sur mon compte. — Teniu COMPTE A quelqu'un d'une CHOSE, lui cu savoir gré : je lui tiens compte de sa bonne volonté. — Fam. Mettre, faire entrer en ligne de compte.

— Faire compte, tenir compte de quelqu'un, DE quelque chose, l'estimer, l'avoir en quelque considération : il ne fait, il ne tient aucun compte de ce qu'on lui dit. — Cette femme ne tient pas compte d'elle, elle néglige sa figure, son ajustement. Se dit aussi d'une femme qui a peu do soin de sa réputation. — Fig. Au BOUT DU compte, locution dont on se sert en terminant un discours, un raisonnement, tout considéré, après tout : au bout du compte, que m'en peut-il arriver? — Fig. Action de rapporter ce qu'on a fait, ce qu'on a vu, d'enrendre raison, do l'expliquer; dans ce sens, il s'emploie ordinairement avec les verbes Rendre, devoir, demander : je vous rendrai compte de cette affaire.

— Passersurlecompïede, être attribué à : cela passa sur le compte de sa distraction. — Se RENDRE compte DE QUELQUE CHOSE, Se l'expliquer, s'en rendre raison : j'éprouvais un sentiment dont favais peine à me rendre compte. — Rendre bon compte de sa conduite, faire connaître qu'on a tenu une conduite à laquelle il n'y a rien à reprendre : je rendrai bon compte de votre conduite, je ferai connaître exactement la conduite que vous avez tenue.

— Fam. et par menace. Vous me rendrez BON compte d'une TELLE CONDUITE, je Saurai bien vous en faire repentir. — Compte rendu, voy. plus loin. — »% Jargon, .-^voir soncompte, mourir, (finir le compte de ses jours : j'ai mon compte pour ce monde-ci, c'est soldé. — Compte decaruche, geôlier. — Compte de gastu, infirmier. , ,

* COMPTE, EE part, passé de Compter. —

COMP

Ses jours sont comptés, le terme de sa vie est proche; il n'a plus que quelques jours à vivre.

— Prov. et fig. Brebis comptées, le loup les MANGE, les précautions ne garantissent pas toujours d'être trompé ; l'excès de précaution est dangereux. — Prov. Tout compté, tout

RABATTU, ou ToUT BIEN COMPTÉ ET RABATTU, tOut

bien examiné.

COMPTE-FILS s. m. Techn. Loupe dont on se sert pourcompter les fils de la chaîne ou de la trame d'un tissu. — Plur. des Compte-fils.

COMPTE-GOUTTES s. m. Pharin. Instrument qui sert à mesurer régulièrement les goutles des liquides.

' COMPTE PAS s. m. Voy. Odomètre.

' COMPTER v. a. (lat. computare). Nombrer, calculer : compter de l'argent ; compte- combien il y a de personnes là. — Fig. Compter les jours, LES heures, les MOMENTS, trouver Ics jours li'ès longs : je compte les moments passés lo'm de toi. — Compter une somme a quelqu'un, la lui payer. — Compter une chose a quelqu'un, lui en tenir compte : Dieu nous comptera un verre d'eau et un soupir donnés en son nom. — Fig. et fam. Compter les morceaux de quelqu'un, tenir compte de ce qu'il mange ; par ext., tenir com|ite de ce qu'il dépense, pour quelque chose que ce soit. — Compter les morceaux a quelqu'un, ne lui donner que le juste nécessaire. — Compter ses pas, marcher lentement. — Compter TOUS les pas de quelqu'un, l'observer de fort près, le surveiller attentivement. — Compter tant d'anni'.es de service, d'exercice, etc., avoir servi, avoir été dans un emploi pendant tant d'années : il comptait dix années de service ; ce prince comptait déjà vingt années de règne. — En parlant des monuments, des institutions, des peuples : compter tant d'années, de siècles, d'existence. — Absol. et poéliq. Compter tant d'années, de printemps, d'hivers, etc., être âgé de tant d'années : elle comptait à peine seize printemps ; il comptait déjà soixante hivers. — A compter de, à partir, à dater de : à compter de demain, le prix des places sera augmenté. — Fig. Dans le style élevé. Marquer, signaler ; et alors il est toujours suivi de la préposition par : compter ses jours par des bienfaits. — Comprendre dans un compte, dans une énumération : nous étions douze, en comptant les femmes, sans compter les enfants. — Compter parmi ses aïeux, PARMI SES ancêtres, etc, avoir au nombre de ses aïeux, de ses ancêtres, etc. On dit compter UNEPERSONNE, UNE CHOSE PARMI d'aUTRES, OU

parlant d'une personne, d'une chose qui est ou que l'on range parmi d'autres : on comptait parmi les coupables tels et tels. On dit aussi : Compter au nombre, je crois pouvoir vous compter au nombre de mes amis. — Se prend quelquefois dans le sens passif d'être compté : cela ne compte pas, ne peut pas compter, ne doit pas compter. — Calculer, suni utcr, venir à compte : voyons ce que vous avez reçu, ce que vous aoez dépensé, il faut compter.

— Rendre compte ; et alors il se met avec la préposition de ; j'ai compté de la dépense et de la recette. — Savoir compter, être fort attentif à ses intérêts : c'est un excellent homme, mais il sait compter. — Recevoir, prendre, donner sans compter, recevoir, prendre, donner à pleines mains. — Compter avec quelqu'un, régler le compte que l'on a avec lui. — Compter avec quelqu'un, tenir compte do ce qu'il veut, de ce qu'il peut, de ce qu'on lui dit ; ce personnage a de l'autorité, il faut compter avec lui. En parlant des choses : il faut compter avec l'opinion publique. — Fig. Compter avec soimême : régler les comptes que l'on a avec sa conscience. — Compter par tète, compter par PIÈCE, se dit dans les hôtelleries et les autres lieux où l'on donne fi manger, et où la dépense de bouche se compte selon le nombre des personnes qui ont mangé, ouselon le nombre des pièces qu'on leur a fournies. — Prov. et fig. Qui

COMPTE SANS SON HÔTE, COMPTE DEUX FOIS, On !>a

COMP

trompe ordinairement quand on compte sans celui qui a iiiléiêl à l'affaire, quand on espère ou qu'on promet une chose qui ne dépend pas absolument de nous. On dit ausbi : j7a comiité sans son hôte. — Se proposer, croire : «7 compte jHirtir demain; comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir. — CoMi'TER Sun OLELOii'i'N, faire fond sur lui, comme sur un homme donl on est assuré. On dit dans le même sens : compter sur quelque chose, sur ses forces, sur son droit, etc. — Répuler, estimer; el alors il se construit avec la préposition pol'u : il faut le compter pour mort; il compte pour rien tous les sercices qu'on lui rend. — Se compter v. pr. Compter soi : jwnsez-vous qu'il se coniptc pour rien; voyez combien noris sommes et n'ouhliez pas de vous compter. — titre digne d'alleiilioii : un million de soldais, case compte.

* COMPTE RENDU ou »x Compte-rendu s. m. Rapport fait à une assemblée sur un fait qui l'iiiléresse. — .analyse d'un livre, d'une pièce de tliéàtie. — Au plur. : des comptes 7-endus.

• COMPTEUR s. m. [kon-teur]. Mécan. Instrument qui indique combien une machine accomplit de mouvements dans un temps donné. — Appareil qui sert à déterminer la quantité de yaz d'éclairage brûlée dans un certain temps. Il y a aussi des compteurs à eau. A électricité, etc. (V. S.)

• COMPTOIR s m. Bureau ou t;ible lonjîue et étroite sur laquelle on étale la marchandise que l'acheteur demande, et où il y a communément un tiroir foi'mant à clef, pour serrer l'argent : demoiselle de comptoir. — Dans les maisons de commerce et do banque, lieu où tra vai lient lescom mis, où se font el se reçoivent les payements: le comptoir d'un négociant. On dit plus ordinairement bureau. — Désigne quelquefois une sorte de banque : le Comptoir d'escompte. — Succursale de la Banque de France : la banque a de nombreux comptoirs. ■ — Fig. Bureau général de commerce d'une nation en pays étranper : les comptoirs français au Gabon; les comptoirs appartiennent aux nations et les factoreries aux marchands.

' COMPULSER V. a. Prat. Prendre communication des registres, des minutes d'un ofllcior public, en vertu de l'ordonii.mcedu juge. — K.';aminer des papiers, dus livres ; compulser des registres.

COMPULSEUR, s. m. Celui qui compulse.

COMPULSIF, IVE, adj. (lat. compello, compulsum. je pousse^. Qui pousse, qui contraint, qui oblige : force compulsive.

■ COMPULSOIRE s. m. Prat. Action de prendre communication des registres, des minutes d'un oflicier public, en vertu de l'ordonnance du juge. — Législ. « En principe, on n'a le droit de prendre communication d'un acte dressé par un officier ministériel, ou un fonctionnaire public et de s'en faire délivrer expédition ou extrait, que si l'on a été partie à cet acte ou si l'on représente l'une des parties comme héritier ou ayant droit. (!>. 2.5 venlôse an XI, art. ^^'^). Cependant celui qui a un intérêt à produire un acte en justice peut obtenir du tribunal l'autorisation de compulser ce document, d'en collalionner des copies et d'en obtenir des e.xpéditions. Cette autorisation se nomme compulsoire et s'obtient par une procédure très sommaire, sur requête signilléè avoué à avoué, et portée à l'audience sur un simple acte (G. pr. 846). Le juge de paix peut ordonneraux recc- c.i ulel'enregistrement de délivrer des extra. ts de leurs registresà d'autres qu'aux parties contractantes ou à leurs ayants cause (L.22 frim. an Vil, art. 8;. .. (Ou. Y.)

* COMPUT s. ra. [kou-putt] (lat. comjjularc, compléter). Chronol. Supputation de tcmpsqui sert à régler le calendrier ecclésiastique : te

, eompul ecclésiasii'jue.

COMT

COMPUTATION s. f. Action de compter.

COMPUTER V. a. (rad. comput). Supputer, compter, supputer le temps.

• COMPUTISTE s. m. Celui qui travaille au compul, h la composition du calendrier.

COMTADIN, INE s. et adj. Du Comtat; qui appartient au Comtat ou à ses habitants.

COMTAL, ALE adj. Qui appartient aux comtes ou à uu comte : couronne comlale; ville comlale.

' COMTAT s. m. [kon-ta] Se dit pour comté en parlant des pays suivants : I. Comtat d'Avignon, ancien pays comprenant la ville d'Avignon et son territoire. — 11. Comtat Venaissinousimplement le Comt.\t, ancien territoire compris entre le comtat d'Avignon, le Dauphiné, la l'rovence et le Languedoc, donl il est séparé parle Rhône. Son nom provient de Venasque, qui en fut la capitale avant Carpentras. Les comtats appartinrent aux papes depuis 127:! jusqu'en 1791. Réunisàla France, ils ont formé le département de Vaucluse.

'COMTE s. m. (lat. comei, compagnon; ital. conte; esp. coude). Anl. rom. Sénateur choisi pour conseiller au temps des premiers empereurs. Dignitaire du palais, pendant le lias- Empire. — Féod. Fut d'abord le titre d'un dignitaire qui gouvernail une certaine étendue de pays a|ipeléecomté,elcstdevenu un titre de noblesse intermédiaire entre ceux de marquis el de baron. Sous les Francs, les comtes apparurenl comme gouverneurs de villes ou do districts; leur rang était après celui des durs. Les comtes francs avaient aussi dos déjiutés ou vicaires {vicc-co)nes, vicomtes). Sous les derniers carlovingiens, la dignité do comte devint héréditaire. Le terme allemand .'yî'a/ (probablement dérivé de grau, vénérable), parut d'abord dans la loi salique sous la lorme de gi-iifio. Nous voyons plus tard les comtes palatins {comes pabdii, palalinus, pfalzgrafj, présider le tribunal suprême; les comtes de districts ((7aî((/r(//); les députés comtes [sendgraf), surveillants des précédents; les comtes des frontières, margraves {marligrufi ou marquis, chaigés de la défense des marches; les landgraves, les burgraves, etc. Le titre de comte fut admis dans toute l'Europe. Guillaume le Conquérant divisa r.A.ngleterro entre ses aventuriers devenus comtes, el chaque partie du territoire ainsi divisé reçut le nom de comté {county) qui subsiste encore. Le terme allemand a été adopté par les Polonais [krabia), par les Russes (jm/'i, par les Hongrois [grof), etc. En .\ngleterre, le titre de comte (count) est depuis longtemps remplacé par celui de t,'(ir/, qui est anglo-saxon; mais la femme d'un earl est encore appelée countcss.

COMTE (Isidore - Auguste - Marie- François- Xavier), philosophe, créateur du positicisine, né à Montpellier, le 19 janv. 1798, mort a Paris le '■'> sept. 1837. Fervent disciple de Saint-Simon jusqu'en I82,ï, il abandonna alors le saint-simonisme et fonda une école à part. De 1832 à 1844, il enseigna les mathématiques à l'Ecole polytechnique. Dès 18.30, il commença la publication de son ouvrage principal, Cours de jthilosophie positive, qui ne fui jias terminé avant 1842. En 1843, il donna un Traité élémentaire de Géométrie anali/tiijue et, en 18rJ4, un Traité d'astronomie populaire, l'un el l'autre purement scientifiques. SonSystème de ridlosophie positive ou Traité de Sociologie instituant la religion de l'Humanité; l'amour pour principe, l'ordre pour base et le progrés pour but (4 vol., 18ol-'4), fait connaître sa ! doctrine, dont son Calhéchisme jwsiliviste (18.Ï2) eslle sommaire. (Voy. Positivisme).

' COMTÉ s. m. Titre d'une lerre, en vertu duquel celui qui est seigneur de la terre porte la qualité de comte : il y amil autrefois un

CONG

cnmié de Champagne ; un comté d'Artois; Chdlons était comlé-pairie. — Division territoriale anglaise qui correspond ù peu près â notre département (voy. Comte). La division par comtés a été admise aux Etats-Unis, excepté dans la Louisiane, où l'on dit une paroisse. Le mot comté (county) est quelquefois remplacé, en Angleterre, par le suflixe shire, et au lieu de A'irc'comté de BerliS on dit Berkshire.

— Le mol comté était jadis du féminin; et l'on disait : la comté de Blois. Ou dit encore :

la Fn.\N'CHE-C0MTÉ.

COMTE ORY (Le), opéra en 2 actes, représenté à Paris (Opéra), le 20 avril 1828; paroles de Scribe el Deleslre-Poirson; musique de Rossini.

• COMTESSE s. f. La femme d'un comte, ou celle qui par elle-même ou de son chef possède un comté.

COMTIFIER V. a. Faire comte.

COMTOIS, OISE s. et adj. De la Franche- Comté ; qui appartient à ce pays ou à ses habitants.— Jargon. Niais, on celui qui lait le niais pour mieux tromper. — B.vrrun co.urois, voy. Battre.

COMUM (Comensis : Como), ville de la Galba Cisalpina (auj. Côme), sur le lacus Larius, Pairie de Pline le Jeune.

COMUS [Uo-muss], dieu de la joie et des festins, dans la mythologie grecque la moins ancienne. On le représente sous les traits d'un jeune homme vêtu de blanc, la face pourprée de vin, la têle couronnée de roses, tenant à la main droite un flambeau, et à la gauche un bâton sur lequel il s'appuie. — Poét. Les enfants de Cûuus, les amis des plaisiiS de la table.

Les enfants de Cornus, sujets aux mcrtics lois, N'Oitl l'icit qui les diïlingiic el sout e^Muv en droils.

BEitcuoi;x. La Gastronomie, cli.ilit Ul, lâÛ3.

CON prép. [konn] (mot ital.) Mus. Avec. Est usité dans les expressions : con anima, avec âme; con brio, avec éclat; con esmiessione, aveu expression ; con moto, avec plus de mouvement.— CunaLvy. (V. S.)

CONAN, nom de plusieurs Bretons célèbres.

— I (Mériadec), chef qui conduisit \\n& colonie de Bretons en Armorique (383). Ses descendants régnèrent sur ce dernier pays. — II, Conan !'='■, dit le Tons, comte de Rennes, descendant de iNoménoé, voulut se faire nommer roi de Bretagne et fut tué en 992. — 111. Conan II, né en 1040, duc de Bretagne en 1017, mort en 1066, fut, dit-on, empoisonné par Guillaume le Bâtard, de Normandie. — IV. Conan III, le Ghos, duc de Bretagne, de 1112 à 1148' essaya vainement de supprimer le droit de bris. — V. Conan IV, le Petit, duc de Bretagne, petit-fils du précédent, né vers 1137, mort vers 1 171 ; abandonna presque tous ses Etals aux An;.'lai>.

CONAXA, personnage légendaire, qui parait dater du xiii" siècle. Cunaxa, rudoyé par ses enfants auxquels il a distriliué tous ses biens, fait semblant d'avoir conservé uu trésor dans une cassette; il est alors choyé par ses enlanls ingrats qui, après sa mort, ne trouvent qu'un énorme pavé dansia cassette. Ce conte, autrefois très populaire, inspira un jésuite dont le nom est demeuré inconnu, el celui-ci en m une pièce de collège : Conaxa ou tes Gendres dupés, qui fut jouée par les écolier.'î, mais rrsta manusrrite. Cette pièce a lourni le sujet de la charmante comédie les Deux Gendres, par Etienne (1811). Voy. Genurk.

CONCAN (Méridional et Septentrional), teriildire maritime de l'Inde ani,'laise, autour de Bombay; 30,000 klLcarr.-" l.:iUU,000 liab. Cédé à la Grande-Bretagne en 1817.

CONCARNEAU, Vorganium, ch.,1. de cant., arr. cl âi'3 kil. S.-E. de Quimper (Finistère), avec un petit port sur la baie de Foucsuant;

CONC

CONC

CONC

O^iiOO halj. Coiicaincau so compose de deux p,irl;?s : la Ville Close eiilourco par la nier a chai|uem.iréo et défend lie par un épais rem pari ll.uiiiiio de Idiii's ù créncriiix el à mai- liicoulis; le faubourg Sainte-Croix, relié à la Ville-Close par un ponl-lcvis. Pèche, salaison cl fabrique de conserves de sardines; expoi'Lalion annuelle (le 18,000 barils de sardines.

CONCASSAGE s. m. Action de concasser.

CONCASSEMENT s. m. Concassaye excessi!.

* CONCASSERv. a. (prcf. con; franc, casser). Briser et réduire en petites parties, avec le marteau ou Je pilon, quelque matière dure comme le sucre, le poivre : concasser du sucre, de la cannelle.

CONCASSEUR s. m. A^ric. Instrument qui sert à diviser les substances dures destinées à la nourriture du bétail.

CONCATÉNATION s. f. (lat. cum. avec; catcnalio, ciicliainemcnt ). Métapliys. et Philos. Encbainement, liaison des idées. — Rhélor. Figure qui se rapporte à la gradation, et qui consislo à reprondie dans une péi'iode quelques mots du premier inemlire pour commencer le second, et à lier de la même façon, tous les membres entre eu.x jusqu'au dcrnici'.

CONCAVATION s. f. Gibbosilé antérieure de la poili'ino.

"CONCAVEadj. (lat.cun», avec; muîis, creux). Se dit, pai- opposit. à Convexe, d'une surface creusée spliéi-uiuenienl : surface concave ; veiTCS concaves. — Par anal. Le côté concaie d'une Ihjnc courbe. — s. m. : le concave d'un ylobe.

*C0NCA'7ITÉ s. f. Côté concave; creux, cavité d'un corps : la concavité d'un Cflobe: les concavités du cerveau, du crdne, — Par anal. La concaiilé d'une lir/ne courbe, son côté concave.

* CONCÉDER V. a. (lat. conccdere'). Accorder, octroyer : ce droit lui fut concédé. — Fig. Céder sur un point, dans une discussion; accorder une chose contestée : je vous concède sur ea point; concédez-moi cela. — Concédez une

LIGNE [)K CUEMIN DE FKIt, UNE LIGNE d'ù.MNIBUS,

se dit du gouverneineiil qui accorde à une compagnie, sous certaines conditions, de construire un chemin do for cl de l'exploiter.

CONCEDO [kon-sé-do] (lat. f accorde). Terme de loi,', qui sij^iiilic, je l'accorde, je l'admets.

CONCENTAINA, ville d'Espagne, province de Valence, à 4") kil. N. d'Alicante; 6,750 liab. Foire aniiuello tiés importante.

CONCENTRABLE adj. Qui peut être concentré.

CONCENTRATEUR s. m. Tccbn. Appareil de concentration pour les s;rops.

* CONCENTRATION s. f. Pliys. Action de concentrer; élat de ce qui est concentré : concentration des rayons solaires au foyer d'une lentille. — Fig. La concentration du pouvoir dans les mains d'un setil. — Cliim. Opération par laquelle on rapproche sous un moindre volume les parties d'un corps qui claient étendues dans un lluide.

* CONCENTRÉ, ÉE part, passé do ConcenïKEii. — Méd. Pouls co.ncentué, poul? dont les battements se font peu sentir. — Chim. Acide CONCENTRÉ, acide très fort. — Etre concentré,

CONCENTRÉ EN SOI-MÊME, TOUJOURS CONCENTRÉ, lYC

point se communiquer, ne laisser rien apercevoir de ce qu'on a dans l'âme.

* CONCENTRER v. a. (préf. con; franc, çm- Ire). IMiys. Réunir en un ccnUe : concentrer les rayons solaires. — Chim. Concentrer un liquide, le dépouiller des parties d'eau qui l'all'aiblissenl. — Fig. Concentrer tontes ses affections sar quelqu'un, dans un seul objet: concentrer dans ses maina toute l'autorité. — Concentrer sa fureur, sa liaine, contenii-, dissimuler sa fureur, sa haine. — Guerre. Con centrer ses forces, rassembler, réunir

divers corps de troupes sur un mùme point. — Se concentrer v. pr. Etre concentré : les riii/ons du soleil se- concentrent dans le foyer d'un miroir ardent; toutes mes idées se concentrent sur un soiil point.

' CONCENTRIQUE adj. Didacl. Se dit des cercles ou des cuurlies qui ont un môme centre : ces deux cercles sont concentriques.

CONCENTRIQUEMENT adv. D'une manière concentrique.

CONCEPCION. 1. Province méridionale du Chili, bornée par les Andes, le Pacilique el les rivières Itata et liidbio; 0,15t kib cai'r.; S.'ÎO.SOOhab. Climat déUcieux, sol fertile. Céréales, fruits, botes à cornes, bois de construction el charbon de terre. — II. Capitale de cette province, sur le Biobio, à 12 kil. de sou embouchure, et à 320 S.-S.-O. de Santiago; 39,27) liab. Ville bien bâtie, avec des rues lariics qui se coupent a angle droit. Son port, Talcahuana, à environ 18 kil., sur la iiaie de la Concepcion, est l'un des meilleurs du Chili.

"CONCEPT s. m. [kon-sèptt] (lat. conceptus, conçu). Didact. Idée, simple vue de l'esprit. — Conceptaclc. (V. S.)

CONCEPTIBILITÉ s. f. Philos. Propriété de ce ([ui est cunreptible.

CONCEPTIBLE adj. (lai. concipio, conceptum. je cunçoib). l'iiilos. Qui peut être conçu.

CONCEPTIF, IVE adj. Philos. Apte à concevoir.

* CONCEPTION s. f. (lat. conceptio). Action par laquelle un enfant est conçu dans le sein de sa mère : depuis la conception jusqu'il l'enfantement.— Se dilé^'alemenl en parlant des femelles des animaux.— Fig. Faculté de comprendre el de concevoir les choses : il a la conception vive, facile, dure; cet enfant n'a jms de conception. — ■ Pensée que l'esprit enfante, ce que l'intelligence crée, produit : la conception de cet ouvrage annonce une grande force de tête. — L.\ Conception ou Conception de la sainte Vierge, C^oy. Immaculée concei'tion). — Législ. «Lelégislateurayantreoonnuquelaconception d'un enfant a généralement lieu entre le trois centième et le ccnl quatre vingtième jour avant la naissance, a déclaré en conséquence que le père peut désavouer l'enfant, s'il prouve que pendant cet intervalle, il a été, soit par suite d'éloignement, soil par l'ellel de quelqu'accident, dans l'impossibilité absolue de cohabiter avec sa femme. (C. civ. 312). Voy. Désaveu. La légitimité de l'enfant né trois cents jours après la dissolution du mariage peut être aussi contestée par toute personne yayant intérêt (id 31o), el l'e.'ifant qui nait api es ce délai peut être déclaré incapable de succéder (id. 72.i). Une donation ou un legs ne peut être fait valablement au profit d'un enfant qui n'est pas conçu au moment de la donation ou du testament, ou qui ne naîtrait pas viable (id. 900). Dans tous ces cas, la présomption légale peut être contredite par un jugement, à la suite d'une enquête el d'une expertise de médecin, car la loi dilbeiiloment que la légitimité pourra être contObtée. De même, et bien que la recherche de la paternité soit interdite en principe, lorsqu'il y a eu enlèvement el que l'époque de cet enlèvement se rapporte a celle de la conception, le ravisseur peut être, sur la demande des puirties intéressées, déclaré père de l'enfant (id. 3i0). » (Cu. Y.)

CONCEPTUALISME s. m. (lat.^ concipio, conceptum, ^a conçois). Doctrine d'Abélard; elle consiste à n'admettre ni la valeur des choses ni la force des mots selon ce qu'ils paraissent exprimer, mais selon la manière dont on peut les concevoir.

CONCEPTUS.-. m. [kon-sè-pluss] (lat ■ ■' ■ ni d

U'.ceilus, conçu), l'bysiol. Hudimer

CWi-

fœlus.

* CONCERNANT part. prés, de Concerneu, employé cmnine une sorte de préposition, dans le sens do Touchant, bilativement a. Se rapporte toujours à un subst. qui précède : /((( à vous dire quelque chose concernant cette affaire-là ; une loi concernant telle chose.

' CONCERNÉ, EE pari, passé de Concerner.

— Ne s'emploie jamais passivement; mais, dans les temps composés de l'actif, il s'accorde en genre et en nombre avec le régime, quand ce régime est un pronom. Ainsi des femmes diront : cette affaire nous aurait concernées, s'il n'était pas venu.

' CONCERNER v. a. (lai. concernere). Regarder, appartenir, avoir rapporta: cete tOHcenje vos intérêts; ce qui concerne son art.

* CONCERT s. m, [kon-sèr](lat. coRce)î(t(s,de çoncincre, chanter). Harmonie formée par plusieurs voix ou par plusieurs instruments, ou par une réunion de voix el d'instruments :progrnmme d'un concert; salle deconcert. — Par ext. Plusieurs sons ou bruits qui se font entendre à la fois : le Lrint desvents et celui deseaux formaient un sauvage concertqui flattait mon oreille.

— Un CONCERT DE LOUANGES, louanges données en même temps par plusieurs personnes. — • Fig. Accord, union de plusieurs personnes qui conspirent, qui tendent à une même fin : cohcert d'opAnions. — Le concert européen, accord des grandes puissances européennes. — Poétiq. Concerts s. m. pi. Les vers, les chants d'un poète : prêtez l'oreille à mes concerts. — De concert loc. adv. D'intelligence : de concert aeec quelqu'un. — Législ. » Les concerts pubtirs sont soumis aux règlements de la police liirale. Le droit à percevoir par les bureaux do bienfaisance, en faveur des indigents, est d'un dixième en sus du prix d'entrée, pour les concerts quotidiens (L. 7 frimaire an V. L. 10 janvier ÎS40); il est du quart de la recette brute pour les concerts non quotidiens, (L. 8 thermidor an V). Sont soumis aux mômes prélèvements, les billets d'entrée qui donnent droit à des objets de 'onsommation (Décis. min. Int. 26 fructidor an X). » (Cu. Y.)

* CONCERTANT, ANTE s. Celui, celle qui chaule im joue sa partie dans un concert : il y avait douze concertants. — Âdjecliv. Mus. Symphonie concertante, celle dans laquelle deux ou liois instruments, ou même davant.'igo, exécutent des parties principales avec de simples accompagnements. — Duo concertant, celui dans lequel un des deux instruments répète les passages que l'autre vient d'exécuter.

* CONCERTÉ, ÉE part, passé de Concerteb.

— Ajusté, composé, trop étudié, alfecté : elle est trop concertée dans ses manières, dans ses

discours.

* CONCERTER V. a. Répéter ensemble une pièce de musique, pour la bienexéculerquand il en sera temps : c'est une pièce de musique qu'ils ont concertée ensemble. — v. n. Faire un concert ; on concerte souvent chez un tel. — Fig. Conférer ensemble pour préparer l'exécution d'un dessein, pourconvenir des moyens de faire réussir une affaire, une intrigue : ils avaient bien concerté leurs mesures. — Se concerter v. pr. Se mettre d'accord pour l'exé&uliun d'une entreprise : nous nous concerterons nnr les moyens à prendre; ils se concertèrent longtemps avant que d'en venir à l'exécution.

CONCERTINA s. m. (rad. concert). Mus. Instrument (jui tient le milieu entre l'acordéon el l'harmoniflùlr.

CONCERTINO s. m. (diminut. de concerto) Mus. Petit coiuei to.

CONCERTISTE s. m. Musicien qui prend part à un concert.

* CONCERTO s. m. Mus. Pièce de syniphpiiie faite pour être exéculée par tout un orchestre, el dans laquelle un instrument joue seul de temps en temps avec un simple accoin-

CONC

pagncmcnl: (7fs conccrlos. — »v Quelques personnes écrivent au plur. : desconcerti.

CONCESSEUR adj. Qui concède.

CONCESSIBLE adj. Qui peut être concédé.

* CONCESSION s. f. (lai. concessio). Don d'octroi qu'un souveiain ou un seigneur fait de de quelque privilège, de quelque droit, de quelque grâce : ce privilège est une concession de tel roi. — Terres que l'Etat donne aux particuliers dans une nouvelle colonie, à condition de les défricher et cultiver : on lui donna une concession dans l'île de Saint-Domingue. — Cession : on lui a fait la concession de ce terrain, à la charge par lui de...; concession d'un chemin de fer. — Fig. Ce que l'on accorde à quelqu'un dans une constcstation, dans un débat : faire des concessions à son adversaire. — Rliét. Figure par laquelle on accorde à son adversaire ce qu'on pourrait lui disputer : je vouspasse qu'Usait honnête homme; mais celale rend- il plus hahilc?

' CONCESSIONNAIRE s. Celui ou celle qui a obtenu LHio concession.

* CONCETTI s. m. pi. [kon tché-ti] (mol ilal). Pensées brillantes et sans justesse : ouvrage rempli de concetti. — Abusiv. au singulier. Cette pensée n'est qu'un concetti — «-v Quelques personnes disent avec raison : un concetto, des conceili.

' CONCEVABLE adj. Qui se peut concevoir, comprendre : je ne sais comment cela se peut faire, cela n'est pas concevable.

' CONCEVOIR V. a. (lat. coneiperc). Devenir enceinte, en parlant d'une femme : le sein qui vous a conçu. S'emploie très souvent sans régime : dés l'instant qu'une femme a conçu. — Se dit également des femelles des animaux, en parlant de l'espèce en général : les brebis, les juments, etc., conçoivent plus ordinairement au printemps qu'en automne. — Fig. Créer, inventer, imaginer : concevoir une idée, un projet, une entreprise, unplan. — Se dit en parlant des sentiments, des mouvements de l'àme : concevoir de l'espérance, des espérances, de iliorreur, du dépit, de la haine, de l'aversion. — Comprendre, entendre bien quelque cbose, en avoir une juste idée : je conçois bien ce ijtie vous me dites. — Absol. Il a l'esprit vif, il conçoit facilement. ■ — Exprimer en certains termes II fallait concevoir cette clause, cette condition en termes plus précis.

CONCHA (Manuel de la) [konn'-tcha], marquis del Duero, général espagnol, né en 1808, mort le 29 juin Ï874. En 184-), il commanda les troupes contre Espartero et, peu après, fut nommé capitaine général de Catalogne. En 1847, pendant les complications avec le Portugal, il fut misa la tête de 6,000 hommes cl prit possession d'Oporto. Presque aussilôt, il reprit son siège aux cortès, où il était l'un des chefs du parti ultra-conservateur. En 1S74, il commandait l'armée du nord, contre les carlistes, lorsqu'il fut mortellement blessé à Estella, le 27 juin. 11 a publié un ouvrage sur la tactique de l'infanterie cl de la cavalerie.

CONCHAS. Voy. Concuos.

CONCHE s. r. [kon-clio] (gr. hogché, coquille). Conque. — Mar. Baie, anse ; la couche de Pontaillac. — Métrol. Mesure de capacité pour les liquides, chez les anciens Athéniens. La.grande conche valait 0 litre 069; la petite conche contenait 0 litre 023.

CONCHÉE (La), rocher qui commande la rade de Saint-Malo, et qui fut fortifié par Vauban.

CONGRES, Conches en Ouche.Co))c/(fl»,ch.-I. de cunt., arr. et à IS kil. S -0. d Fvrcux (Euic) ;2.157 hab. liai nés d'un ancien, château sur un mamelon isolé; restes d'une abbaye de bciiOdiclins. Eglise (mou. hist).

CONCHES (Feuillet de), écrivain françai.^. (V. S.)

CONC

CONCHIS s. m. Archil. Assemblage de planches qu'on place horizontalement dans une tranchée de fondation. — Madrier qu'on pose sur les fermes d'un cintre pour supporter une voûte pendant sa construction. — Pièce de bois sur laquelle on pose le pied d'un chevalement, d'un étai.

• CONCHITE s. f. [kon-ki-te] (gr. kogchilès, qui porte des empreintes de coquilles). Pétrification qui ressemljlo à une coquille.

CONCHOÏDAL, ALE adj. Qui a delà ressemblance avec une coquille.

• CONCHOÏDE s. f. [kon-ko-i-de] (gr. kogché, coquille; eidos, aspect). Goom. Espèce particulière de ligne courbe, qui est propre à résoudre le problème de la duplication du cube.

CONCHOS ouConchas, rivière de Chihuahiia (Mexique). Le Couchos nait dans la Sierra Madro et se jcltc dans le Uio Grande, près de Presidio dcl Norte, après un cours do 07.') kil.

CONCHYFÈREadj. [-ki-] {\al. concha, conque ; fera, je porte). Zool. Muni d'une coquille bivalve. On dit aufsi CoNCHYLiFÈ;nE. — s. m. pi. Nom donné par Lamarck à la classe de mollusques acéphales qui sont contenus entre deux valves.

CONCHYFORME adj. [-ki-] (lat. concha, conque). Zool. Qui a la forme d'une conque.

CONCHYLIEN, lENNE adj. (gr. kogehos, coquille). Qui contient des coquilles : terrain conchylicn.

• CONCHYLIOLOGIE s. f. [kon-ki-li-o-lo-gie] (gr. kogrhulion, petite coquille; logos, discours). Partie de l'histoire naturelle qui traite des coquillages de mer, d'eau douce et de terre. CV'oy. Mollusque.)

CONCHYLIOLOGISTE s. m. [-ki-]. Celui qui s'occupe de conchyliologie, qui est savant en conchyliologie.

' CONCIERGE s. (lat. conservarc, conserver). Celui, celle qui a la garde d'un hôtel, d'une maison, d'un château, d'un palais, ou d'une prison : le concierge, la eoncierge du château de...

' CONCIERGERIE s. f. Charge et commission de garder un cliâteau, un palais, une maison, un hôtel : il a la conciergerie, on lui a donné la conciergerie de tel château, de telle maison, etc.

— Demeure, logement d'un concierge : la conciergerie de Fontainebleau. — Prisons oir les parlements tenaient leurs prisonniers : il fut mené à la Conciergerie; la Conciergerie de Paris.

'CONCILE s. m. (lat. conciliitm, assemblée). Assemblée légitimement convoquée de plusieurs évê<iiies de l'Eglise catholique, pour délibérer cl décider sur des questions de doctrine et de discipline : concile de l'Eglise orientale ou de l'Eglise grecque; de l'Eglise occidentale ou de l'Eglise latine; de l'Eglise gallicane.

— Décrets, canons faits dans un concile : le concile de Trente n'est pas reçu en France pour les choses dépure discipline. — Concile œcuménique ou général, assemblée des évêques de tous les Etats cl royaumes de la chrétienté.

— Concile national, assemblée des évêques de toutes les métropoles d'une nation. — Concile provincial, assemblée des évêques d'une métropole.

" CONCILIABLE adj. Se dit des choses qui peuvent se concilier : ce sentiment n'est pus eonciliable avec tel autre.

' CONCILIABULE s. m. (lat. conciliabulum). Assemblée de |u-élats hérétiques, schisiiialiques, ou illégilimemonl convoqués : ce n'était pas un concile, c'était un conciliabide. — Par cxt. Réunion secrète de gens qui ont ou à qui l'on suppose de mauvais desseins : il se trouva à ce conciliabule; ils tinrent plusieurs eonciliabulcs.

CONC

CONCILIAIRE adj. Qui appartient au concile.

CONCILIAIREMENT adv. En concile.

• CONCILIANT, ANTE adj. Qui est disposé, qui est propre à concilier les esprits, les geo'* d'intérêts opposés : c'est un homme fort conciliant.

• CONCILIATEUR, TRICE s. (lat. conciliator). Celui, celle qui concilie, ou qui s'efforce d^î concilier, de mettre d'accord des personnes divisées d'intérêt ou d'opinion : faire office de conciliateur entre des personnes gui sont mal ensemble. — Jurispr. Conciliateur des antinomies, jurisconsulte qui a travaillé pour accorder ensemble les lois qui paraissent contraires les unes aux autres : Pacius est un des grands conciliateurs des antinomies. — Adjectiv. : esprit conciliateur.

' CONCILIATION s. f. [kon-si-Ii-a-si-on](lal. conci/mtio). Action de concilier, rapprochement de personnes qui étaient divisées : travailler â la conciliation des esprits.— Comparution devant un juge de paix, pour essayer de se coucilic, avant de commencer un procès : appeler, citer en conciliation ; tenter la voie de la conciliation. — Action de faire concorder dos textes ou des lois qui paraissent en opposition : la conciliation des passages d'un auteur. — Législ. « Le préliminaire de conciliation est l'obligation imposée aux parties, avant toute instance en juslice, de comparaître devant un juge de paix dont la mission est de chercher à les concilier. Ce préliminaire a été institue par la loi des 16-2i août I7<J0, et il fait l'objet des articles 4Sà5Sdu Code de procédure civile. Le demandeur doit, avant toute demande iutroductive d'instance devant un tribunal civil, faire citer (voy. Citation) le défendeur en conciliation devant le juge de paix, à moins que les deux parties ne comparaissent volontairement. Il faut que les parties qui comparaissent en conciliation soient capables do transiger; aussi la loi dispense de ce préliminaire toutes les demandes qui intéressent l'Etat, les communes, les établissements publics, les mineurs, lesinterdits et lescurateurs aux successions vacantes. En sont également dispensées : les demandes en intervention ou en garantie; celles formées contre plus de deux personnes; celles qui ne peuvent pas faire l'objet d'une transaction ; celles eu prise ù partie ; celles qui sont de la compétence dos tribunaux de commerce, dos justices de paix ou do toute autre juridiction que des tribunaux do première instance; celles qui requièrent célérité, telles que les actions çn mainlevée de saisie ou d'opposilion, en paiement de loyers ou fermages, etc. Les parties doivent comparaître en personne ou pur un fondé de pouvoirs, lequel ne peut être un huissier. La conciliation ou la non-conciliation des parties est constatée par un procès-verbal que rédige le greffier; mais le juge de paix ne peut rendre aucun jugement à cette audience. Le procès-verbal de conciliation est signé parles parties ou par leurs mandataires, et les conventionsquiy sont insérées ont seulement force d'obligation privée. Si l'une des parties ne comparait pas, elle est condamnée à une amende de dix francs, et toute audience lui est refusée jusqu'à ce qu'elle ait justifié du paiement do celle amende. Le préliminaire de conciliation a pour effets : 1° de permettre au demandeur de poursuivre l'action devant le tribunal de première instance; 2° d'interrompre la prescription, à compter de la citation, pourvu que la demande en juslice soit formée dans le mois du jour de l'audience de conciliation; 3° de faire courir les intérêts de la créance, sous cette même condition que la demande en justice soit formée dans^ le délai d'un moi-. » (Ch. Y.)

* CONGILIATOIRE adj. Qui a pour but de concilier : démarche concilialoire.

CONC

* CONCILIER T. a. (lat. coucillare). Aroordor ensemble des personnes divisées d'opinion, d'intérêt, ou des choses qui sont ou qui semblent être contraires : lu juge de paix s'est vainement efforcé de concilier les parties. - Attirer, acquérir; ne se dit qu'en parlant de la disposition favorable des esprits •.illui noncilia la faveur, les bonnes grâces du pririne. — Se concilier v. pr. Se mettre d'accord : ces genslà ne pourront jamais se concilier. — S'attirer, s'acquérir : se concilier les bonnes grâces de quelqu'un.

CONCINI (Concino de') [ital. konn'-lchi'-nodé-kunn-lclii'-ni], |ilus connu sous le nom de maréchal d'Ancre, aventurier llorenlin qui, après s'être ruiné par sa débauche, entra au service de Marie de Médicis,accompag'na cotte princesse à Paris en 1600 et conquit ses bonnes grâces en épousant sa favorite, Eléonora Dori, dite Galiga'i, fille de sa nourrice. Après la mort du roi Henri IV, à l'assassinat duquel on l'accusait injustement de n'avoir pas été étranger, son influence et sa fortune augmentèrent d'une façon scandaleuse. Il obtint les gouvernements de Montdidier, de Roye et de Péronne, puis celui de Normandie; il acheta le marquisat d'Ancre et reçut le titre de maréchal, bien qu'il n'eût jaziiais tenu une épée. Bien plus, il devint ministre. Enflé de tant de faveurs, il se rendit odieux par son orgueil. Il éloigna du jeune Louis XIII les princes, et tous ceux qui, à la cour, lui portaient ombrage ; il s'assura du roi en l'empêchant de sortir des Tuileries où il le tint emprisonné. Mais de Luynes, qu'il avait filacé auprès du monarque pour lui tenir lieu, eu quelque sorte, de gardien, fil comprendre à Louis ce que sa situation avait d'Iuiinilianl et obtint de lui l'ordre de faire arrêter l'Italien. Le baron de Vitry, cafiitaine des gardes du corps, chargé d'exécuter cet ordre, s'avança à sa rencontre, au niomeot où il entrait au château du Louvre, le 24 avril 1(317. Il lui porta la main sur le bras droit et sur un geste de résistance que fit Concini, les soldats lâchèrent leurs pistolets et le blessèrent mortellement; Vitryi'étendit par terre d'un coup de pied. On l'enterra secrètement dans l'église de Saint-Gcrmâin-l'Auxerrois; mais la populace le déterra le lendemain et se livra aux plus ignobles excès sur son cadavre, On avait trouvé dans sespoches pour 1,985, OOOlivres de valeurs, et danssapetitemaisonpour2,200,00'i livres d'autres valeurs; sa femme l'ut, peu après, condamnée à être brûlée vive comme convaincue de sortilège et de judaïsme. Son tils se retira à Florence, ainsi que le frère de Galigaï, archevêque de Tours et abbé deMarmoutiers. De Luynes fut mis en possession de l'opulente succession delà victime et Vitry devint maréchal de France.

•CONCIS, ISE adj. (lat. concisus, coupé). Qui est court, resserré, qui fait entendre beaucoup de choses en peu demots; ne se dilqu'en parlant du style : style concis.

' CONCISIONS. f.[kon-si-zi-onj(lal. concisio). Qualité de ce qui est concis • Tacitcet .Moyitesquieu sont des modèles de concision.

* CONCITOYEN, ENNE s. Citoyen de la même ville, du même Etat qu'un autre :élre concitoyen de q..etqu'un.

CONCITOYENNETÉ s. f. Relation entre des personnes du même pays, de la même ville.

'CONCLAVES, m. (lat. cum, avec; clavis, clef). Lieu où s'assemblent les cardinaux pour l'élection d'un pape : dès que les cardinaux furent entrés dans le conclave.— Prov. Qui entre i'.\PE AU CONCLAVE, EN SORT CARDINAL, le Cardinal qui paraitd'abord le pluspapableestraremenl élu pape. — Assemblée des cardinaux qui s'occupent de l'électioft d'un pape : il y eut bien des brigues dans te conclave. — Le conclave DE tel PAPE, le conclave où tel pape a été élu. — Le souverain pontife fut d'abord

CONC

élu par Ica prêtres elpar le peuple du diocèse do Rome. Pourmettrotin a'ux scandaleuses contentions qui accompagnaienlces élections, Nicolas II décréta, on lOii!). qu'à l'avenir la nomination du souverain ponlifcetradministration do son siège pendant la v.icance appartiendraient exclusivementauxcardinaux. En \\19, .•Vlexandre III prescrivit que les deux tiers des votes seraient nécessaires à l'élu. GrégoireXV, en 'l62l,ordonna l'étroite réclusion des cardinaux réunis en conclave; cette réclusion avait jusqu'alors été pratiquée, mais elle devint une condition indispensable de la validité de l'élection. Immcdiatcmonl après les obsèques du pontife décédé, et le dixième jour (|iii suit son décès, le Sucré Collège {voy. Collège) se réunit au Vatican, dans les appartements qui joignent et qui comprennent les cha|ielles Sixtine et Pauline. Le serment de lidclité ayant été prêté, et la seule porte qui communique à l'extérieur ayant été fermée à double tour, en dedans et en dehors, le conclave entre en fonctions. Chaque cardinal est confiné dans une cellule, où on l'enferme. Il y observe les règles admises tant pour ses repas que pour ses exercices, ses dévotionsct ses votes. On distribue aux cardinaux des papiers d'une grandeur, d'une couleur et d'une texture uniformes, et plies de telle sorte que la partie sur laquelle chaque électeur inscrit son nom ne puisse être ouverte, tandis qu'au contraire, celle sur laquelle il met le nom de son candidat peut l'être facilement. Ce billet est ensuite fermé et scellé. L'électeur, à genoux, fait le serment prescrit et dépose son vole dans un calice posé sur l'autel. Quand tous ont voté, un membre du conclave enlève les bulletins, les lit à haute voix et on les enregistre. Aussitôt que l'un des candidats a atteint les deux tiers des voix, ou lui deniande s'il accepte la tiare; il indique le nom qu'il veut prendre, et il reçoit aussitôt les hommages de tous ceux qui suntpréseiits, pendant que son nom est pruilamé du haut d'un balcon du Vatican. (Voy. Adoratio.n).

* CONCLAVISTE s. m. Ecclésiastique qui s'enferme dans le conclave avec un cardinal : les conclavistes ont certains privilèges eri cour de Rome.

' CONCLUANT, ANTE adj. Qui conclut, qui prouve bien ce qu'un veut prouver : raison concluante; argument concluant.

* CONCLURE v. a. (lat. concludere, fermer). Je conr.lus, tu conclus, il conclut; nous concluons, vousconcluez, ils concluent. Je concluais . Je conclus. J'ai conclu. Je conclurai. Je conclurais. Qu'il conclue. Que je conclusse, i{u''d conclitt. Achever, arrêter déliintivenient : conclure une affaire, un traité; conclure la paix, une alliance. — Terminer, en parlant d'un discours, d'un récit; c'est ainsi qu'il a conclu son discours. — Absol.. dans l'une et l'autre acception ; c'est assez délibéré, il faut conclure.

— Conxlure un mariage, convenir d'un mariage, en arrêter les conditions. — Tirer une conséquence, et inférer une chose d'une autre : il conclut de là que... — Cela ne conclut rien, cela ne prouve rien : ce fait ne conclut rien en faveur de son système. — Absol. Cet

ARGUMENT CONCLUT, CO.NCLUT BIEN, il est en

bonne forme, la conclusion suit nécessairement des propositions précédentes. — Procéd. civ. Procéd. crimin. Proposer les fins de sa demande, après avoir déduit le fait et les raisons : l'avocat conclut à ce que... ; le procureur général a conclu à la peine de mort, à la mort.

— Juger, donner son avis : plusieurs desjuges ont conclu à la peine de mort.

' CONCLUSIF, IVE adj. Gramm. Qui marque induction, conclusion. Donc est une conjonction coriclusivc.

* CONCLUSION s. f. [kon-klu-zi-on]. Fin d'une atlaire, d'une délibération : la conclusion d'un traûé, d'une affaire; la conclusion

CONC

d'un mariage — Ce qui termine un discours, un récit : la combision de son discours fit beaucoup d'impression sur l'auditoire. — Fam. Cet

HOMME EST ENNEMI Dli LA CONCLUSION, il est

diflicilc de finir une all'airc avec lui. — Conséquence que l'on t:re de quelque raisonnement, et surtout d'un argument en forme : cette conclusion est bonne. — Prat. Ce que les parties demandent par des requêtes, suit écrites, soit verbales, ou par d'autres actes : on m'a donné tout ce que je demandais par mes conclusions. - Conclusion du mini'^térepcblic, avis et réquisitions du ministère public dans les affaires qui ne peuvent être jugées sans son intervention, telles que les causes criminelles, les causes des mineurs : l'avocat général a pris ses conclusions; le procureur de la République a donné ses conclusions. — Adverbial., dans le discours fam. Enfin, bref: conclusion, je n'en ferai rien. — LégisI << Les conclusions sont un exposé sommaire des prétentions des parties en instance ; elles sont une partie importante de la procédure civile ou criminelle. Elles sont écrites ou verbales; les premières sont contenues dans les exploits d'assignation, ou sont, encours d'instance, signifiées d'avoué à avoué; elles doivent être écrites sur papier timbré; lesconclusions verbales sont prises à l'audience; les unes et les autres ne peuvent être présentées que par un avoué. Les conclusions motivées sont celles qui sont signifiées dans le cours d'une instance et qui sont accompagnées de moyens sommaires (C. proc. 406, ifi.S). On nomme simplescontlusions celles qui sont signifiées dans les denianiles incidentes et dans les afiaires sommaires (id. 337). Les conclusions définitives doivent êtres signifiées trois jours au moins avant l'audience dans laquelle l'afi'aire doit être plaidée (Décr. 30 mars tSOS, art. 70); mais elles peuvent être modifiées en tout état de cause, même après les plaidoiries (id. art. "/"2). Les conclusions prises au nom des parties sont rappoitées dans le jugement et le Iribunal ne peut statuer sur d'autres points (juc ceux qui sont contenus, au moins implicitement, dans les conclusions. Lorsque le défendeur fait défaut, les conclusions du demandeur lui sont adjugées par le jugement, si elle» sont reconnues justes et bien vérifiées (C. proc. l.'iO). Le procureur de la République doit poser des conclusions à l'audience, dans toutes les causes concernant l'ordre public, l'Elat, le domaine, les communes, les établissements [lublics, les absents, les faux, les ordres etc. (id. S3, II:', r.il, 7U2), et dans toute all'aire correctionnelle (G. inst. crim. I9J). » Cniic'i,.<in„ (V. S.)

•CONCOCTION s. f. Méd. Digestion des aliments. Plus oïdinairement, Coc<ioi!.

■ CONCOMBRE s. m. (lat. cucumis). Bot.

Genre de cucurbitacées, tribu des cucumidécs

Concombre commun. (Cucumis satlvuft).

comprenant des plantes annuelles, à tiges couchées et munies de vrilles. L'espèce coinmv.ne [cucumis sativus) produit des fruits a!»

CONC

loneé?, presque cylindriques, dont la chair est ferme et succulente : le melon est une espèce du genre concombre. — Fruit de cette plante : potage aux concombres: les cornichons sont de petits concombres. — Encycl. Le concombre commun est originaire de l'Asie tropicale. On le cultive dans une terre profonde, il exige une humidité continuelle et une grande chaleur. Il a produit plusieurs variétés : concombre jaune, très productif; concombres hâtifs (jaune et blanc), propres aux cultures sous verre; concombre blanc de Bonneuil, très gros; concombre blanc de Hollande, propre aux cultures sous châssis ; petit concombre vert ou cornichon, toujours vert; concombre de Bvssie, petit, hâtif, propre aux serres; concombre sei-pent, très long; etc. —Les semences dei concombre font partie des quatre semences froides. — Le concombre jaune ou blanc sert à composer la pommade de concombre.

' CONCOMITANCE s. f. (lat. cum. avec; comitari, accompagner). Didact. Coexistence, concours de deux ou plusieurs choses : la concomitancedeces deux symptômes, dans une pareille maladie, est bien fâcheuse. — Théol. l.oc. adv. : le sang de J.-C. dans l'eucharistie, est sous l'espèce du pain par concomitance.

* CONCOMITANT. ANTE adj. Didact. Se dit d'une chose qui en accompagne une autre, considérée comme principale : symptômes, signes concomitants. — Théol. La grâce concomitante, celle que Dieu nous donne pendant le cours de nos actions, pour les rendre méritoii'es.

CONCORD [kôgn'-kcurd]. I. Capitale du New- Hampshire (Etats-Unis), sur le .Mfrrimack, à 123 kil. iN.-iN.-O. de Boston; 17,004 hab. Rues plantées d'ormes et d'érables. Maison d'Etat, prison, asile d'aliénés, etc. Carrières de granit, fonderies. Ville fondée en '17 2.H, sous le nom de Rumford et appelée Concorden 176-5.

Maison d'Etat à Concord (New-Hampshij e)

— II. "V^lle de Massachusetts (Etats-Unis), sur la ri lière Concord, à 30 kil. .N.-O. de Bnslnn; 2,67.ï hab. Le congrès provincial de Massachusetts s'y réunit en 1774-'7o. Les patriotes yayant accumulé des provisions militaires, le général anglais Gage y envoya pour les détruire, un détachement qui atteignit Concord dans la matinée du 19 avr. I77;j. Un obélisque de granit, élevé en 1837, rappelle le combat qui fut livré ce jour-là entre les troupes anglaises cl la milice de Concord.

* CONCORDANCE s. f. Convenance, accord : la concordance des divers témoignages ne laisse plus de doute sur la vérité du fait ; la concordance des Ecritures. — Livres qui sont faits pour montrer la concordance des Ecritures, des lois, des coutumes : la concordance des évangiles. — La concordance de la Bible, index alphabétique qui contient tous les mots de la RMe, et marque les endroits où ils sont :

CONC

chercher un passage, un mot dans la concordance. — Gramm. Accord des mots les uns avec les autres, suivant les règles de la langue : la concordance du substantif et de l'adjectif.

" CONCORDANT, ANTE adj. Qui concorde, qui s'accorde -.pour entraîner la conviction, les témoignages doivent être concordants.

* CONCORDANT s. m. Mus. Espèce de voix qui est entre la taille et la basse-taille, et qui peut chanter l'une et l'autre : m beau concordant (vieux). On dit aujourd'hui. Baryton.

CONCORDANTIEL, ELLE adj. Qui établit la

concordance : table concorduntielle.

' CONCORDAT s. m. Transaction, accord, convention; accord fait entre le pape et un souverain, concernant les affaires religieuses de l'Etat que ce souverain gouverne : passer un concordat ; le concordat passé entre Léon X et François I"; le concordat de 1801. — Concordat GERMANIQUE, celui qui fut fait entre la cour de Rome et l'empire, sous le règne de l'empereur Frédéric lU. — Comm. Acte d'accommodement, d'atermoiejnent passé entre un failli et ses créanciers : consentir, s'opposer à un concordat. — LégisL » On donne le nom de concordats à des conventions diplomatiques conclues entre les gouvernements et le pape, réglant les rapports entre l'Etat et l'Eglise de Rome, et rendues exécutoires dans la forme des lois. Ces conventions ont toujours pour but de mettre un terme aux empiétements réciproques des deux pouvoirs contra'dants. Le premier concordat concernant la France fut signé en 1516, entre Léon X et François P'; et l'on ne peut donner ce nom à la pragmatique sanction édictée par Louis l.\. Le concordat actuellement en vigueur a été signé à Paris le 26 messidor an IX, et promulgué le 18 germinal an X (8 avril 1802), en même temps que les articles organiques, qui règlent la police du culte catholique et qui ont été ) ""-r-;'^ dictésen confoniiilr de .;,- %U% ?^ l'article 1'='' du concor- ^^,'4'^^ J^': dat. Ce concordat de *'"''" '5- X*^ 1802, qui est principa- '3 lement un traité de paix conclu entre deux puissances en état de guerre, a eu surtout poureh'ets ; d'attribuer au chef de l'Etat la nomination des évêques, tout en réservant au pape l'institution canonique; d'obliger les évêques à prêter sernientde fidélité au gouvernement de la Rèpug blique; et de mettre à la charge du budget de l'Etat le traitement des évêques et des curés. Un autre concordat, signé à Fontainebleau par le pape Pie "VU, alors en captivité, fut publié comme loi de l'Etat le 13 février 1813; mais cet acte, dont le pape renia la validité aussitôt qu'il fut libre, est considéré comme étant sans valeur. Louis XVIII consentit, en 1817, à signer un concordat qui abrogeait la convention de l'an I.X et faisait revivre celle de lbl6; en outre, cet acte stipulait le rétablissement de quarante-deux sièges épiscopaux supprimés. L'opposition de la France à la mise en vigueur de ce concordat fut si manifeste, qu'il ne fui pas rendu exécutoire ; néanmoins, trente sièges épiscopaux furent rétablis par la loi du 4 juillet 1821. — Le concordat est, en droit commercial, le traité conclu entre le débiteur failli et ses créanciers, et aux termes du(piel ceux-ci consentent à faire remise au failli d'une quote-part du passif et accordent des délais pour le paiement de ç§ qui leur est dû.

GONG

Ce traité ne peut s'établir que par le consentement d'un nombre de créanciers formant la majorité et représentant en outre les trois quarts de la somme des dettes (C. comm. cl07). Le concordat doit, pour être valable, être homologué par le tribunal de commerce (id. 516 et s.); il peut être annulé pour vol ou à la suite d'une condamnation pour banqueroute frauduleuse; et il peut être résolu pour inexécution des conditions arrêtées (id. S20 et s.)...(Ch. Y.)(Voy. Faillite).

* CONCORDATAIRE adj. Ne s'emploie guère que dans cette expression ; Failli concordataire, failli qui a obtenu un concordat.

* CONCORDE s. f. (lat. concordia). Union de cœurs et de volontés, bonne intelligence entre des personnes. — Pont de la Concorde, l'un des plus beaux ponts de Paris, en face du Corps législatif. 11 fut commencé en 1787 et terminé en 1793. — Place de la Concorde, ancienne place Louis XV, l'une des plus grandioses qu'il y ait au monde, entre les Champs- Elysées, le pont de la Concorde et la rue Royale.

CONCORDE. Mythol. Fille de Jupiter et de Théniis. Elle avait des temples à Rome. On la représentait sous les traits d'une matrone tenant dans sa main droite une branche d'olivier, et dans la main gauche une corne d'abondance.

* CONCORDER v. n. Vivre en bonne intelligence : ces deux hommes ne pourront jamais concorder. — Fig. Avoir du rapport, de la convenance : leurs témoignages ne concordent guère.

' CONCORDI.a; FORMUL.®, formide de con corde, septième et dernier livre symbolique de l'Eglise luthérienne, dans lequel est établi le développement doctrinal de cette église, relativement à la Cène et à la personne du Christ. Ce livre fut écrit en lo77 parAndreae, Chemnitz etSelnecker, sur l'instance de l'électeur Auguste de Saxe, dans le but de réconcilier les diverses écoles de la théologie luthérienne.

CONCOURANT, ANTE adj. Qui concourt. — Géom. LiG.NEs concourantes, lignes qui tendent a se rencontrer.

* CONCOURIR v. n. (lat. cum, avec; currcre. couiii). Se conjugue comme Courir. Coopérer, produire un eil'et conjointement avec quelque cause, quelque agent : vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire.— Phys. et géom. Se rencontrer : deux lignes qid rojtcourcnt en un point. — Fig. Entrer ou être en concurrence pour obtenir un prix, un emploi, un titre, promis au plus capable, au plus digne ; concourir pour le prix d'éloquence, de peinture. — Se dit des ouvrages mêmes faits par les concurrents : les ouvrages envoyés après telle époque ne pourront concourir. — Avoir les mêmes droits, pouvoir prétendre à la même situation : tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement. — Droit. Un dit ([ue des créanciers concourent, quand leur hypothèque est de même date.

•CONCOURS s. m. [kon-kour] (lat. concursvs). Action de concourir, de coopérer : l'humidité ne favorise la végétation que par le concours de la chaleur. — Réunion, rencontre ; selon le système d'Epicure. l'univers aurait été formé par le concours fortuit des atomes. — Aftluence de monde en quelque endroit : grand concours de peuple; grand concoiirs de monde. — Se dit également en parl.mt de plusieurs personnes qui disputent do talent, de mérite, etc., pour un prix, une place : mettre ait concours une chaire de droit, de médecine. — Concuurs général, grand concours, luttes par classes respectives entre l'élite des élèves dos lioées de Paris et de Versailles : il obtint le prix d'honneur ou concours de 1 880.

CONCRÉFIER v. a. Rendre concret.

CONC

CONCRESCIËILITÉ s. f. Qualité de ce qui esL coni-Te.'~rilili\

CONCRESCIBLE adj. Qui peut devenir concret.

' CONCRET, ETE adj. (lat. concrescere, se condenser). Log. S'emploie principalement, dans celte locution, Tkume concrkt, terme qui désigne une quantité considérée dans un sujet; par opposition à Terme abstrait, qui se dit d'un terme désignant une qualité considérée toute seule, et séparée du sujet: pinux, savant, rond, unis à des substantifs, comme dans : femme pieuse, homme savant, chapeau rond, sont des termes concrets; et, piété, science, rondeur, sont des termes abstraits. — Subslantiv. L'abstrait et le concret. — Arithm. Nombre CONCRET , se dit par opposition à Nombre ABSTRAIT, d'un nombre qu'on exprime en indiquant l'espèce de ses unités : dix hommes, cent chevaux, trente livres, sont des nombres concrets; et, dix. cent, trente, sont des nombres abstraits. — Cliim. Epaissi, solidifié : le camphre est une huile concrète; l'acide benzoique est un acide concret.

CONCRÉTER v. a. Rendre concret.

* CONCRÉTION s. f. Didact. Action de s'épaissir ; /(( Cûnirétion du lait, de l'huile. — Réunion de plusieurs parties en un corps solide : concrétion saline; concrétion pierreuse. — Méd. Production qui se forme dans f épaisseur des tissus, dans les articulations, dans les conduits : concnUion arthrilique, biliaire.

CONCRÉTIONNAIRE adj. Miner. Disposé par masses ou ro^'nons.

CONCRÉTIONNER (Se) v. pron. Se mettre à l'étal do concrétion.

* CONÇU, UE part. pass. de Concevoir.

Formé dans le sein d'une femme.

Celui par qui l'homme est conçu.

Lamartine.

CONCUBIN s. m. (lat. cum, avec; cubare, coui'lier;. Jargon. Celui qui vil avec une femme sans être marié. — • Adjectiv. Qui a rapport au concubinage : amour concubin.

' CONCUBINAGE s. m. Commerce d'un homme oL d'une femme qui ne sont point mariés, et qui vivent ensemble comme s'ils l'étaient.

* CONCUBINAIRE s. m. Celui qui entretient une concubine : c'est un concubinaire.

CONCUBINAIREMENT adv. En concubinage.

CONCUBINAT s. m. Etat de deux personnes qui vivent maritalement, sans être mariées.

* CONCUBINE s. f. Celle qui, n'étant point mariée avec un homme, vit avec lui comme si elle était sa femme : ce n'est pas sa femme, c'est sa concubine.

' CONCUPISCENCE s. f. [kon-ku-piss-san-se] (lat. conrupiseentia). Inclination aux plaisirs illicites et sensuels : la concupiscence de la chair ; la concupiscence des yeux.

CONCUPISCENT, ENTE adj. Qui a de la concupiscence.

* CONCUPISCIBLE adj. Philos, scolastique. N'est guère usité que dans cette locution : appétit concupiscible, faculté par laquelle l'âme se porte vers ce qu'elle considère comme un bien ; par opposition à Appétit irascible : l'amour, la joie, etc. , appartiennent à l'appétit concupiscible.

•CONCURREMMENTadv. [kon-kur-ra-man].

Par concurrence : ils briguaient concurremment cette charge. — Conjointement, ensemble : il faut que vous agissiez concurremment iW!<;e cette homme-là. — Prat. Ces créanciers viennent en ordre concurremment, ils sont en même rang.

'CONCURRENCE s. f. [kon-kur-ran-»e] (lat. eoncurrere, concourir). Prétention de plusieurs

COND

personues a lanièmc chose : ils briijwiicnt le mémeemploi, et leur concurrence ^i...— Coinm. Rivalité qui s'établit entre les fabricants, les marchands, etc., soit relativement à la quantité de leurs produits, de leurs marchandises, etc.. soit relativement au prix -.ily a une concurrence, une grande concurrence. — Par anal. Se 'dit en parlant des entreprises, des marchandises, etc. : cette entreprise ne pourra point soutenir la concurrence avec telle autre. — Jurisp. Egalité de droit, de privilège, d'hypothèque entre plusieurs personnes, sur une même chose : exercer une hypothèque en concurrence. — Jusqu'à concurrence, jusqu'à la CONCURRENCE DE, jusqu'à 00 qu'une certaine somme soit remplie, soit entièrement acquittée : il sera obligé de lui fournir en deniers, en terres ou en meubles, jusqu'à la concurrence de ce qui hd est dû pour sa dot, pour sa part. — Absol., dans le même sens -.jusqu'à due concurrence.

' CONCURRENT, ENTE s. Compétiteur qui poursuit une même chose, et en même temps qu'un autre : ils aspirent au même emploi, ils sont concurrents. — »x Adjccliv. Qui concourt au même but : actions harmoniques et concurrentes. — Qui fait concurrence : commerce concurrent. — Typogr. Tirage concurrent (Voy. Tirage.)— Chronol. Jours concurrents, jours qui excèdent, chaque année, le nombre entier des semaines : le nombre des jours concurrents est d'un ou deux, selon que l'année est commune ou bissextile.

* CONCUSSION s. f (lat. concussio). Exaction et malversation qui ont lieu dans l'administration ou la inaiiutriition des deniers publics : accusé, convaincu de concussion. — Législ. « La loi déclare coupables de concussion les fonctionnaires ou officiers publics, les percepteurs de deniers publics ou communaux et leurs préposés, lorsqu'ils ont ordonné de percevoir ou perçu ce qu'il» savaient n'être pas dû ou excéder ce qui était dû. Lorsqu'il s'agit de sommes dépassant trois cents francs, la peine est celle de la réclusion pour les fonctionnaires ou officiers publics, et celle de deux à cinq ans d'emprisoiiiiement pour leurs préposés. Lorsque la totalité des sommes indûment perçues ne dépasse pas trois cents francs, les fonctionnaires ou officiers publics sont punis d'un empiisonnemenl de deux à cinq ans, et leurs préposés d'un emprisonnement d'un à quatre ans. Les coupi^bles peuvent êlre privés de leurs droits civiques pendant une durée de cinq à dix ans, et être placés pendant un temps égal sous la surveillance de la haute police. Us sont en outre condamnés à une amende dont le minimum est le douzième, et dont le maximun est le quart des restitutions et dommages intérêts prononcés contre eux. La tentative de concussion est punie comme le l'ail lui-même (C. pén. 174). Les juj;es peuvent être pris a

fiartie pourcause deconcussion.(C. proc. oO.S). Voy. Pkise a partie.) » (fia. Y.)

* CONCUSSIONNAIRE s. m. Celui qui fait des concussions : c'tsi !ire concussionnaire. — Adjectiv. : ministre concussionnaire.

CONDAMINE (La).Voy. La Condauink.

* CONDAMNABLE adj. [kon-da-na-ble]. Qui mérite d'être condamné : action condamnable.

' CONDAMNATION [kon-da-na-si-on] (lat.

condemnatio). Jugement par lequel on condamne, ou par lequel on est condamné : condamnation à une peine infamante; condamnation par défaut. — Passer condamnation, consentirquela partie adverse obtienne jugement à son avantage. — Subir condamnation, acquiescer à un jugement dont on pourrait appeler. — Subih sa condamnation, en matière criminelle, subir la peine à laquelle on a été condamné. — Fig. Passer condamnation, avouer qu'on a tort : je passe condamnation.

CÔND

— Fi;:, la comluHe dece ministre eslla condamnation de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs.

— Au plur. Choses mêmes auxquelles on est condamné, comme une somme d'argent, des dommages et intérêts : payer le montant des condamnations.

CONDAMNATOIRE adj. Qui porte condamnation : sentence condamnaioire.

*CONDAMNÉ,ÉEparl. passé de Condamner.— Subslantiv., en matière criminelle, celui contre lequel une peine afflictive ou infamante a été prononcée : le condamné s'est pourvu en cassation ; un condamné à mort.

* CONDAMNER v. a. (lat. condemnare). Prononcer un jugement contre quelqu'un : condamner un criminel, condamner quelqu'un à mort, à la mort, aux travaux forcés, à la réclusion, au bannissement. — Fig. Voilà des preuves qui vous condamnent; les grands sont condamnés à tous les ennuis de l'étiquette. — Condamner un malade, déclarer qu'il ne guérira point, que sa maladie est mortelle : c'est un homme perdu, il a été condamné par tous les médecins qui l'ont vu. — Condamner une PORTE, UNE FENÊTRE, fermer une porte, une fenêtre, de telle sorte qu'elle ne puisse plus s'ouvrir; en empêcher, en interdire l'usage. -- Blâmer, désapprouver, rejeter : il condamne tout ce que les autres font; il ne faut pas le condamner sans l'entendre. — Se condamner V. pr. Se sentir coupable.— S'astreindre à une chose : se condamner à des travaux pénibles.

CONDAT, Condatc, bourg du canl. et à 9 kil. de Marcenat (Cantal); 2.596 hab. Ruines de l'abbaye de Feniers (ordre deCiteaux), fondée dans le xii* siècle.

CONDATE, nom de plusieurs villes celtiques.

D'aprésquelques linguistes, Condate signifiait cuntluent. L'archéologue Caslaigne a vu dans ce mot l'étyniologie de Cognac. Condate a formé Condat et Condé.

CONDE (José -Antonio) [konn'-dé], historien espagnol, ne vers \~nl\, mort en IS20. Bibliothécaire de l'Escurial pendant l'occupation française, ilfut exilé en 1814. lia traduit de l'arahe et annoté un ouvrage intitulé : Descripciondc Espaiia; et a écrit : Historiade ladorninaeion de los Arabes en EspunaÇi vol. in-fol.); tr.id. franc, de Mariés (18io, 3 vol. in-8").

CONDE s. m. Jargon. Jeu autorisé sur la

voie publique; l'autorisation elle-même : il a obtenu le condé de s'installer sur la place Vendôme.

CONDE, nom d'une branche cadette des Bourbons. La baronnie de Condé (aujourd'hui Vieux-Condé, près de Condé-sur-Escaut\, appartenait, au commencement du xni° siècle, à un nommé Godefroi; elle passa successivement aux seigneurs d'Avesnes, à la maison de Luxembourg et à la famille de Bourbon (13:i,S). Les principaux membres de la maison de Condé furent : 1. Louis I" de Bourbon, prince de Condé, né le 7 mai 1330, assassiné le 13 mai 'IK69. II était le plus jeune des frères d'Anloine de Bourbon et l'oncle du futur Henri IV. Chef des huguenots et rival des Guises, il prit part à la conspiration d'Amboise en 1560, et fut condamné à mort ; mais l'accession de Charles IX lui sauva la vie. En 1.t62, il appela les calvinistes à la révolte, fut pris à Dreux par les troupes de François de Guise, redevint libre après le traité d'Amboise (19 mars 1.-163), recommença plusieurs fois les hostilités, fut vaincu, blessé et fait prisonnier à Jarnac, où il déploya un rare courage personnel. On était en train de panser ses blessures lorsque Montesquiou, commandant de la garde suisse, le tua par derrière d'un coup de feu. Son cadavre fut promené sur une ânesse. — IL Henri I" de Bourbon, prince deCondé,(\\ià\x précédent, néalaFerté- I sous-Jouarre en 1.ÏS2, se joignit à l'armée 'protestante, après la mort de sou père, et fit

COND

ses premières armes sous Coligny. Il échappa au massacre de la Saint-li;irlliêlcmy en piomeltant d'abjurer plus lard le pi'ote>lanlisme; mais il prit aussitôt les armes. H fut empoisonné, le 5 mars l.SSS, par sa femme, Catherine de la Trérnouille. — Henri II de Bourbon, prince de Condé, fils du précédent, né à Saint-Jeand'Anpéiy, le 1" sept. l.ïSS, mort le M déc. )6J0. 11 fut élevé à la cour dans la religion catholique. Henri IV lui fil épouser Charlotte de Montmorency, en 1609, et il quitta le royaume avec elle pour ne pus jouer, vis-à-vis du roi, le i ôle de mari complaisant. Sous Louis Xlll, il sejoifrnit aux mécontents, fut emprisonné pendant quelques années et prit ensuite le comraandemenl d'une armée qui comhallit les protestants dans le midi. A la morl de Loui*, il fut admis au conseil de régence — IV. Louis II de Courbon, surnommé'le Grand Condé, lils du précédent, né à Paris le 8 sept. I()21, mort à Fontainebleau le H déc. 16S6. Richelieu, qui prophétisa sa ploire, lui fil épouser une de ses nièces, par ordre exprès du roi. On l'appelait alors le duc d'Enghien, et c'est sous ce nom qu'il prit, à 22 ans, le coniniandement d'une armée française dans les Flandres, et qu'il vainquit les Espagnols à Rocruy, le 19 mai 16lo. Il combattit pendant trois jours contre le général bavarois Mercy, à Fribourg, en 1644, remporta l'avantage, envahit le territoire ennemi et triompha à Nœrdiingen, où tomba Mercy. Sa victoire à Lens sur les Espagnols, le "20 août 1648, amena la paix de W'estphalie. Pendant la guerre de la Fronde, Condé se mit d'abord du côté de la cour; mais il ne tarda pas à se brouiller avec iMazaiin, fut jeté à Vincennes (janvier 16b0), en sortit l'année suivante, voulut se tailler un gouvernement indépendant au milieu de la France, qu'il rêvait de démembrer, mais fut battu par plusieurs généraux royalistes, particulièrement par l'illustre Turenne. Etant entré à Paris, après le combat du faubourg Saint-Antoine, il dut aussilôl s'enfuir, passa à l'étranger, prit du service dans les armées espagnoles et fil, pendant huit ans, une guerre honteuse à sa pairie, l.a guerre étant terminée, il humilia son immense orgueil jusqu'à venir se jeter aux genoux du roi, qui lui pardonna avec hauteur et le laissa sauscomman- Jement. Mais en 1608, Louvois, jaloux de Turenne, le chargea de la conquête de la Franche-Comté. Malj;ré l'éclat de ses victoires, Louis XIV ne l'aima jamais et ne voulut pas soutenir sa candidature au trône de Pologne, après l'abdiciition de Jean-Casimir. En 1672, il commanda l'une des armées qui envahirent la Hollande; il battit Guillaume d'Orange à Seuef, le 11 août I67i, et, l'année suivante, rejeta Monlécuculli de l'autre côté du Rhin. Sesinfirmilés l'obligèrent à la retraile. Comme général, il fut invincible tant qu'il commanda des troupes françaises; mais comme patriote, sa conduite lai.ssa fort à désirer. Il donna un criminel exemple d'émigration milila-re que ses descendants devaient suivre. — V. Henri- Jules DE Bourbon, prince de Condé, fils du précédent {{Gi'i-i'O'J). Sa sordide avarice l'ut proverbiale et le rendit la risée de la cour. — VI. Louis III DE Bourbon, duc de Bourbon- Condé, ûls du précédent (1668-1710). Fut grand-maitre de la maison du roi et gouverneur de Bourgogne. — VIL Louis-Henri de Bourbon, duc de Bourbon et d'Enyhien, prince de Condé. fils du précédent. (Voy. Bourbon.) - VIIL Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condd, lils du précédent, né à Chantilly le 9 mars 1736, morl en ISIS. Il émigra de suite après la prise de la Bislille cl, avec le comte d'Artois, plus tard Ch.irics X. organisa, sur les bords du Rhin, l'armée d'émigrants appelée tirmée du Condé. De même que son ancêtre, le gr.'ind Conde, il coinbattit la France avec les étrangers et, comme lui, le fil sans gloire. Les Allemands, qu'il avait trompés sur les

COND

moyens de défense des Français, le traitèrent avec mépris. Il se fit officier russe après la paix de 1 ^97, et ensuite soldat anglais en 1800. Louis XVIIl le nomma colonel général de l'infunterie et grand-inaitre de la maison royale. Il a laissé un Essai svr la vie du grand Condé. — IX. Louis-Henri-Joseph de Bourbon, dtic de Bourbon et le dernier jrince de Condé, fils du précédent, né en I7.S6, mort le Î7 août 1830. 11 émigra, lui aussi, et combattit la France. Ayant recouvré sa fortune après 1815, et n'ayant pas de descendants, il se laissa per>uader par sa maîtresse, la baronne de Feuchères, de faire un lestaraenl en faveur du duc d'Aumale. La révolution de Juillet cl le couronnement de Louis - Philippe l'ayant irrité contre l-'S d'Orléans, il allait fiiire un nouveau testament en faveur de Charles X, lorsqu'on le trouva pendu à une espacnolette de la fenêtre de sa chambre à coucher, dans le château il'Ecouen : il s'était suicidé. — X. Louise-Adélaïde de Bourbon, sœur du précèdent, connue par sa piété (1757-1824). Elle émigra. prit le voile en 1797 et vécut dans plusieurs pays. Lors de la Restauration, elle s'établit à Paris. Louis XVIIl lui donna la Maison du Temple, où elle établit l'ordre religieux de l'Adoration perpétuelle, dont elle avait été membre à Varsovie. - Bibliogr. Voy. Hii't. des princes de Condé, par le duc d'Aumale fParis, 2 vol., 1869).

CONDÉ-EN-BRIE, Condale Sucssionum, ch.-l.

de cant., arr. et à 15 kil. S.-E. de Clifitrau- Thierry (Aisne), au confluent de la Dliuys et du Surmelin; 708 hab. Autrefois principauté appartenant aux princes de Condé.

CONDÉ-SUR-ESCAUT, Nord-Libre pendant la Révolution, place forte el ch.-l. de cant., arr. et a" 12 kil. iN.-E. de Valencienncs (iNord), au confluent de la Hayne et de l'Escaut; 4,481 hab. Brasseries, laiinenes, clouteries, consLruction de bateaux. Commerce de grains, de bétail et de charbon de teire. Canal qui relie Condé a Mons. Hôtel de ville, arsenal; écluse remarquable qui permet d'inonder le territoire environnant. Cette ville frontière fut piiso pur les Auti'iehiins en 1794, après une résislauce désespérée. Elle fui vaillamment défendue p.ir le général Bonnaire en 1815. - Sur la rive droite de l'Escaut, se' trouve le Vieux-Condé, qui a donné son nom à une br;inche cadette des Bourbons. (Voy. Vikux-Condé.)

CONDÉ-SUR-ITON, bourg de l'arr. d'Evreux

(Eure); 770 hab.

CONDÉ SUR NOIREAU, ch.-l. de cant., arr.

et à 25 kil. E. de Vire (Calvados), au ccn- UuenlduiNoireau elde la Druuance; 6,063 hab. Industrie très développée, comprenant 70 filatures hydrauliques (25,000 broches et 5,000 ouvriers). Les habitants de Condé adoptèrent de bonne heure la réforme, et leur ville devint un point de ralliement pour les protestants. Pallie de Dumont d'UrviUe, auquel une statue a été élevée.

CONDENSABILITÉ s. f. Phys. Propriété des corps coiideusables.

CONDENSABLE adj. Qui peut être condensé.

* CONDENSATEUR s. m. Phys. Instrument dispr^sé de manière que i'électricité s'y accumule el s'y condense beaucoup plus qu'elle ne le ferait, dans le même espace et sous la même pression de l'air extérieur, si elle était libre : te condensateur électrique sert à rendre sensibles de très petites quantités d'élev.tririié. — Mécan.CoNDENs.^TEURDE FORCES, appureilqui accumule les ell'orts successifs d'un nioleur, pour les dépenser ensuite selon le besoin. — .Machine qui sert à condenser les gaz.

' CONDENSATION s. f. Phys. Par opposit. à RARÉF.xcTiON.— Acliou par laquelle un corps qui occupe acLuellemenl un certain e-puce, est réduit à un espace moindre : to condensation de l'cUr s'opère par la pression.

COND

* CONDENSER V. a. (lat. condensare). Resserrer dans un moindre espace : le chaitd raréfie tes corps, le froid les condense; condenser sa pensée. — Se condenser v. pr. Etre resserré: l'air se condense aisément: l'eau ne salirait se condenser que sous l'effort d'une grande j^ression.

•CONDENSEURS, m. Mécan. Récipient dans lequel se rend la vapeur, après avoir agi sur le piston de la machine, el où elle est ramenée à l'étal liquide par un jet d'eau froide.

* CONDESCENDANCE s, f. Complaisance qui fait qu'on se rend aux sentiments, aux volontés de quelqu'un : il faut de la condescendance dans le commerce du monde.

* CONDESCENDANT, ANTE adj. Qui condescend aux volontés de quelqu'un : caractère condescendant.

' CONDESCENDRE v. n.(Lat. cwm, avec ; t/escendere, descendre). Se rendre, céder complaisammenl aux sentiments, à la volonté de quelqu'un : je ne puis condescendre à ce que vous iouhaitei de moi ; c'est une chose à laquelle il ne condescendra jamais. - Condescendre aux

FAIBLESSES, AUX BESOINS DE QUELQU'UN, aCCOCder

quelque chose à ses faible-ses, à ses beso ns : une mère tendre condescend quelquefois aux fantaisies de ses enfants.^ Par anal. Condescendre auxgoùts, aux désiis de quelqu'un.

CONDILLAC [// mil.], station minérale, arr. et à 15 k i\. de Monlelimar (Urôme), sur un rocher escarpé ; 900 htib. 2 sources froides, bicarbonatées, calciques, produisant chaque jour 30,000 litres d'une eau de table estimée, salutaire pour les estomacs faibles et prédisposés aux embarras gastriques ; on l'emploie dans la convalescence des fièvres typho'ides. Expédition ; pas d'établissement.

CONDILLAC (Etienne bonnoi de), abbé do Mureaux, célèbre métaphysicien, né à Grenoble en 1715, mort en KsO. Après avoir fait l'éducalion du prince de Parme, neveu de Louis .XV, il vécut à Paris el se relira ensuite à Beaugency. Il créa l'école dile sensualisle. Sun svstèjne philosophique est né des idées de Gassendi el de Hobbes el des recherches psycholoiiiques de l.ocke ; mais il les élargit elles modifie à un tel degré qu'on peut le considérer comme formant une école à part. Ses Ihéor.es ont obtenu l'estime par leur clarté el leur simplicité, et furent propagées par les encyclopédistes. Dans son Trailé des systèmes (1749, 2 vol. in-r2), il essaie de démontrer que tous les systèmes métaphysiques sont basés sur des abstractions vides, sur des conséquences arbitraires, sur de frivoles subtilités. Les « idées innées " de Descaries, les « idées de Dieu » de Malebranche, les « monades » de Leibnitz, la » substance infinie » de Spinoza, n'obtiennent aucune merci sous la plume de Condillac. Son Traité des sensations (1754, 2 vol. in-12) est une ingénieuse démonstration du procédé psychologique par lequel les sensations se transforment en idées et en sentiments intérieurs. Les Œuvres complètes de Condillac ont été publiées à Paris, 1798, 23 vol. in-8°. Elles comprennent son Essaisur l'origine des connaissances humaines (171 6, 2 vol. in-12), etc.

* CONDIMENTS, m. (laLcondimentum). Assaisonnement, usité en termes d'hygiène : le poivre, le sel, l'ail, sont des condiments.

CONDIMENTAIRE adj. Qui est propre aux conlimenls : propriétés condimentaires de la cannelle.

CONDIMENTEUX. EUSE adj. Qui tient de la nature dis condiinents.

• CONDISCIPLE s. m. (lat. condiscipulus). Compagnon d'étude, celui avec qui on étudie dans la même école, dans la même classe : il a été mon condisciple; nous étions condisciples, votre père et moi.

' CONDITION s. f. (lai. conditio). Nature, état

COND

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