GOND
COND
et qualité d'une chose ou d'une personne :
la condition des choses humaines est d'être périssables. — Qualité d'un objet par rapport à sa destination : cet ouvrage n'a pas les conditions requises, exigées, demandées. — Etat d'une personne considérée par rapport à sa naissance ; on l'emploie ordinairement avec la préposition de. : être de grande condition, de condition relevée, de médiocre condition, d'honnête condition, de basse condition, de condition servile. — Âhsol. Personne de condition, de naissance : il est homme de condition. — Profession, étal dont on est : chacun doit vivre selon sa condition. — Absol. Domesticité : ce domestique est hors de condition. — Etat, situalion où l'on se trouve : améliorer sa condition.
— Parti avantageux ou désavantageux que l'on fait à quelqu'un dans une atlaire : dans cette affaire votre condition est lameilleure, la mienne est la irire. — N'être pas de pire condition qu'un autre, être en droit de prétendre les mêmeschosesquelui, d'êlretrailé aussifavorablementque lui. — Clause, charge, obligation, moyennant laquelle on fait quelque chose : condition onéreuse, condition nécessaire, condition impossible. — Vendre une chose sous conuriioN, L.\ DONNER SOUS CONDITION, la garantir, s'engager à la reprendre, si elle n'est pas de la qualité qu'il faut. — Baptiser sous condition, administrer le baptême à un enfant d'une certaine manière, lorsqu'on doute s'il a été baptisé, s'il esl vivant, ou lorsquesa conformation est tellement monstrueuse, qu'on ne sait pas s'il est homme. — Il a été baptisé sous condition, se dit, par plaisant., d'un homme extrêmement laid, ou dépourvu d'esprit. — Condition sine qua non, condition sans laquelle rien ne se fera, ou ne sera considéré comme ayant été fait : c'est lacondition sine quâ non.
— w Argot. Vol avec elfraction : Apportez le rossignol, j'ai une condition à faire. — A condition que loc. conj. Pourvu que : je ferai ce voyage, à condition que vous viendrez avec moi.
— A condition de, loc. prép., avec l'infinitif :il a reçu cette somme à eonditionde partir demain.
•CONDITIONNÉ, ÉE part, passé de Conditionner.— Fi g. el l'am. 1 1. est bien conditionné, se dit d'un homme tout à fait ivre. — C'est une sottise.
UNE KTOURDERIE, etC, BIEN CONDITIONNÉE, c'cst
une grosse sottise, une grande étourderie.
* CONDITIONNEL, ELLE adj. Soumis à cer- (ainpN i-onditions, subordonné à quelque événement incertain : cette promesse n'est pas ■jiure et simple, elle est conditionnelle. — Gramm. et Logiq. Uni marque ou exprime une condition : proposition conditionnelle, conjonclibu conditionnelle. — Substantiv. Mode des verbes qui exprime ordinairement l'affirmation avec l'idée accessoire d'une condition :je sortirais, si... nous serions venus, si... — Le condilionnel présent se forme du futur en ajoutant une s : j'aimerai, j'aimerais.
' CONDITIONNELLEMENT adv. A certaines conditions, à la charge de : je ne vous ai promis cela, je ne me suis obligé à cela que conditionncllemcnt.
CONDITIONNEMENT s. m. Action de conditionner. — Techn. Opération que l'on fait subir à la soie, dans les établissements appelés conditions, pour l'amener à une dessiccation complète.
* CONDITIONNER v. a. Donner à une chose les qualités requises; s'emploie surtout dans le commerce et dans les arts mécaniques: bien conditionner une étoffe.
' CONDOLÉANCE s. f. (lat. cum, avec ; dolere, s'affliger). Usité dansces locutions : compliment
DECONDOLÉANCE, LETTRE DECONDOLÉANCE, Compliment qui se fait, lettre qui s'écrit pour témoigner la part qu'on prend à la douleur de ([uelqu'un : nous avons été lui faire nos compliments de condoléance.
CONDOM [kon-don], Condomum, ancienne capitale du Condomois, aujourd'hui ch.-l.
d'arr. (Gers), à 43 kil. N.-O. d'Auch, sur la Baise ; 7,045 hab. Manufactures de coton, po teries, distilleries, commerce considérable de céréales, de farines, de vins etde cuirs. Promenades sur l'emplacement des ancienneafortifications. Belle église gothique. Condom fut, pendant longtemps, lesièged'un évêché, érij;é en 1317, et dont Bossuet fut titulaire. Patrie de l'historiographe Sei|iion Dupleix. Lat. 43° :i7' 31" N. Long. 1» S7' 55" 0.— Baume de Condom, voy. Lectoure.
CONDOMINIUM s. m. fkon-do-mi-ni-omm]
(lat. i:z«7!, avec; dominiiim, possession). Possession simiillanée d'un même pays par deux puissances distinctes. Le condominium des duchés danois par les deux grandes puissances allemandes amena la mierreautro-prussienne de 1S06.
CONDOMOIS, OISE s. el adj. Du Condomois
ou de (jimdom.
CONDOMOIS, ancien pays de Gascogne, entre l'Agénois, la Lomagne, l'Armagnac el le Bazadais. Capitale Coiidom ; villes principales. Cabaret, Mont-de-Marsan, iNérac. Il esl aujourd'hui compris dans les départements du Gers, des Landes et de Lot-et-Garonne. Habité primitivement par les i^itiobriges, il lit partie de l'Aquitaine, eut des comteo dépendant des ducs de Gascogne el fut réuni a la couronne en I4o'l .
* CONDOR s. m.fKuntur, dans la langue des Incas). Oriiith. Grand vautour de rAmériipic du Sud. Sa longueur do la pointe du bec à l'eïtrémité de la queue, esl de I m. 15 et sa largeur, quand ses ailes sont étendues, n'est pas moindre de 3 à 4 mètres; quelques individus atteignent même 4 mètres et demi. Le
Condor (Sarcoramphus gryphus).
condor vit ordinairement perché sur les pics les plus escarpés; il plane à des hauteurs immenses. Son bec et ses gritïes, d'une grande force, sont employés à déchiqueter les charognes beaucoup plus qu'à tuer des animaux vivants. Le véritable condor appartient exclusivement à la chaîne dos Andes, depuis le détroit de Magellan, jusqu'à quelques degrés au nord de l'équateur. Les condors Tivent ordinairement par paires dans les localités les plus élevées et les plus solitaires, d'où ils descendent dans les vallées el dans les plaines, à la recherche de leur nourriture. Leur habitai ordinaire est à l'altitude de 3,000 à 5,000 m. Les plus gros paraissent habiter autour du volcan Cayambe, qui se trouve exaclement sous l'équateur.
CONDOR (Poule-); île de Cochinchine, dans la mer de Chine, au milieu d'un groupe de rochers, à75 kil. de l'embouchure du Mékong, comprise dans les possessions françaisesdp'Tlis tStiO. Lat. (au débart'adère de la baie du S -E.) 8» 40' N. Long. Wi" 12' 40" E.
CONDORCET ( Marie- Jean- Antoine - Nicolas
Caritat, marquis de), pliilosophe, mathématicien et homme politique, né à Ribemont (Picardie) en 1743, mort à Bourg-la-Reine
en 1794.11 devait son titre au château deCondorcet, près de Nyons (Dauphiné). Il devint se- |rrétaire de l'Académie des sciences en 1777, ! après la publication de son Calcul intégral, et il reçut un prix à Berlin pour sa théorie des comètes. Ses Eloges des académiciens morts depmis 1099, le liient entrer à l'Académie française. Il popularisa la science politique et économique danssaFeui7tei!j7/(i!7co!Se. dénonça la monarchie à l'Assemblée législative, dont il fut présidenlen 1792, composa l'adresse du peuple français aux nations de l'Europe, pour les engager à abolir la royauté, prit parti pour les Girondins à la Convention, fui mis hors la loi par les terroristes (3 octobre 1793), se cacha pendant plusieurs mois el fut arrêté dans un cabaret de Clamart, le 27 mars 1794. Le lendemain on le trouva mort dans le cachot où on l'avait enfermé à Bourg-la- Reine. On pense qu'il s'était empoisonné. Ses Œuvres, publiées en 1804, forment 22 vol. ; elle comprennent son célèbre Tableau des progrès de l'esprit humain, écrit pendant sa proscription, avec les seuls matériaux amassés dans sa mémoire. — Sa femme, Sophie DE Grouchy, née à Paris en 1758, morte diinslamème ville le 6 sept. 1822, était la sœur du général Grouchy et de M'"= Cabanis. Elle fut arrêtée parles terroristes el ne sortit de prison qu'après la chute de Robespierre. Elle réunit ensuite un petit cénacle de ceux des anciens amis de son mari qui avaient gardé leurs convictions, el pendant l'Empire sa maison fut le rendez-vous des hommesqueNapoléon appelaitlesii/îîo/ojuc'S. Elle alaissé une traduclion de la Théorie des sentiments moraux d'.Vdam Smith, el écrivit huit Lettres sur la sympathie.
CONDOTTIERE s. m. [ital. konn-dot-ti-è'-ré]
(ilal. condotia, louage). Soldat mercenaire, aventurier qui, principalement en Italie au . xiV^ siècle et au xV, vendait ses services à ipielque prince. — Plur. des Condottieri. — Pendant longtemps le nom des condottieri fut synunyinede soldatmercenaire. Quelques-uns sont devenus célèbres; et parmi eux, on cite (^aimagnola, Montone, etc. Mais en général ils ne hrillaient pas parla valeurelse livraient enlie eux des batailles simulées. Ainsi à Molinella, en 1467, les condottieri du pape comli.ittirenl ceux de iNaples sans qu'il y eut un seul mort de part ni d'autre.
* CONDOULOIR (Se), v. pr. (lat. condolere). Participer a la douleur de quelqu'un, témoigner qu'on prend part à son déplaisir isecondouloir avec quelqu'un. Ne s'emploie qu'à l'inlinitif (vieux).
CONDRIEU, ch.-l. decanl.,arr. et à44Uil. S. de Lvon (Khûne), sur la rive droite du liiliône ; 2,149 bab. Etotfes communes, broderies, excellent vin blanc. Patrie du maréchal de Viilars.
CONDRUSES, Condrusi, peuple germanique de la Gaule Belgique, entre les Eburones el les Treviri, district de Condros, sur la Meuse et l'Ourthe (aujourd'hui province de Namur).
•CONDUCTEUR, TRICE s. Celui, celle qui conduit : le conducteur d'une diligence; c'est la conductrice de lotîtes ces jeunes filles.— Phys. Se dit des divers corps de la nature, en tantqu'ils sont plus ou moins propres a transmettre le calorique ou le fluide électrique : on distingue les corps en bon s et mauvais conducteurs du ralorique, de l'électricité. — Ad^ecUv.Unfilconducteur; les substances conductrices de l'électricité. — Pièce de cuivre, ordinairement cylindrique et isolée qui, dans la machine électrique, attire et retient le fluide. — Ponts el chaussées. Agent chargé de la conduite des travaux, sous les ordres d'un ingénieur. — Typogr. Ouvrier chargé de mettre en train une presse mécanique et d'en surveiller le travail.
CONDUCTIBILITÉ s. f. Phys. Propriété dont
COND
CONF
CONF
jouissent certain? corps dp communiquer, soit la chaleur, soit l'électricité.
CONDUCTIBLE adj. Phys. Qui peut transmettre la chaleur ou l'électricité.
* CONDUCTION s. f. Droit rom. Action de prendre à loyer.
CONDUCTION s. f. Propriété que possèdent la ohalcur, l'électricité, etc., de se transmettre d'un corps à un autre.
* CONDUIRE,v. a. (lat. cum, avec; ducere, mener). Mener, guider, faire aller, se dit en parlant des personnes : conduire quelqu'un, conduire un aveugle, des voyageurs.
Ai-je mis dans ta main le timon de TEtut, Pour le conduire au gré du peuple et du Sénat ? RiCiHB. Britaiinicus , :icte I, se. i.
— Conduire les pasde quelqu'un, le conduire. — Se dit aussi en parlant des animaux : conduire des chevaux ; conduire un troupeau. — Se dit en parlant des choses inanimées : conduire des vivres ; conduire une charrette, une voiture. — Absol. Ce charretier conduit bien. — Conduire l'eau, la faire aller d'un endroit à un autre par des rigoles, par des canaux. — Conduire UNE LIGNE, la faire passer par dillerents points.
— C0NDL-mEL.\MAhNDE QUELQU'UN, A QUELQU'UN,
lui tenir la main pour lui faire mieux tracer des cai;actères, un dessin : conduire la main d'une personne qui écrit, d'un écolier qui apprend décrire. — Fip. Tant au sens jihysique qu'au sens moral : ses traces nous conduisirent jusqu'aii lieu oh il s'était caché. — Poétiq. Conduire une femme a l'autel, l'épouser. — Conduire quelque chose, un ouvrage a sa perfection, le rendre accompli, y mettre la dernière main. — Par anal. Conduire une chose A SA FIN, a son terme, etc, avoir inspection sur un ouvrage, en avoir la direction : conduire une construction ; conduire un travail, une tranchée. — Se dit en parlant des ouvrages d'esprit et des choses morales : conduire un dessein, une entreprise, une intrigue. — Commander et servir de chef, régir, gouverner: conduire une armée, une flotte, un vaisseau, une barque. — Se dit de la raison et des passions personnifiées : laraison le conduit ; ses puissions le conduisent. — Prov. et fig. Conduire la barque, conduire quelque entreprise, quelque affaire; et, CONDUIRE BIEN SA BARQUE, conduirc bien ses affaires. — Accompagner quelqu'un par honneur, par civilité, par occasion, ou pour sîlreté : cet ambassadeur fut conduit à l'audience par tel prince, par un. maréchal de France ; j'ai affaire dans ce quartier, je vous y conduirai, je vous conduirai jusque-là. Il est allé conduire une voiture d'argent ; conduire un convoi. — Se conduire v. pr. Se comporter, avoir telle ou telle conduite : il s'est conduit vaillamment; cette femme s'est toujours bien conduite.
* CONDUIT, UITE, part, passé de Conduire.
— L'nE pièce DE THEATRE, UNE INTRIGUE BIEN
CONDUITE, dont les incidents sont bien amenés.
' CONDUIT s. m. Tuyau, canal par lequel coule et passe quoique chose de liquide, de fluide, de leau, de l'air : conduit soulenain ; conduit de pierre ou de plomb.
' CONDUITE s. f. Action de conduire,- de mener, de guider : être chargé de la conduite d'un aveugle, d'un convoi, d'un troup>eau. — Être chargé de la conduite d'un ambassadeur, être chargé de l'aller recevoir sur la frontière, OU de l'y reconduire, en lui faisant fournir sur la route les voitures et les vivres nécessaires. — Direction d'un ouvraL'e, d'un projet, d'une affaire : avoir lac.onduile d'un bâtiment , d'un travail, d'une tranchée ; se charger de la conduite d'une affaire, d'un procès. — La conduite d'un poèmk épique, d'un poème dramatique, manière dont les événements, les imùdents y sont disposés et amenés. — Commandement sur les peuples ; gouvernement, soit politique, soit militaire, soit ecclésiastique : être chargé de la conduite d'un grand Etat. —
Inspection qu'on a sur les mœurs, sur les actions de quelqu'un : être chargé de la conduite d'un jeune prince. — Manière d'agir, façon dont chacun se gouverne : avoir une mauvaise conduite, une bonne conduite, une sage conduite.
— Avoir de la conduite, avoir une conduite sage et prudente ; et, au contraire, n'avoir point de conduite, n'avoir aucune conduite, être sans conduite, manquer de conduite, se conduire imprudemment en toutes choses. — Hydraul. Suite de tuyaux ou d'aqueducs qui portent d'un lieu à un autre les eaux d'une fontaine, d'un étang, d'une rivière : conduite de fer. de plomb. — v* Fairela conduite. Chasser avec voies de fait, reconduire. — Paire LA conduite de Grenoble, mettre quelqu'un à la porte ; accompagner un orateur, un homme politique en le huant. — Condurango. (V. S.)
* CONDYLE s. m. (gr. condulos) Anat. Toutes les émiuences des articulations : les condyles du fémur, les condyles de la mâchoire.
CONDYLOME s. m. Excroissance de chair qui provient d'une maladie vénérienne.
CONE ou Gonne s. f. Argot. La mort.
* CÔNE s. m. (gr. kànos, pomme de pin). Mathém. Surface que décrit une ligne droite assujettie à passer toujours par un même point fixe, et obligée en outre de toucher toujours dans son mouvement une certaine courbe donnée, que l'on appelle directrice. Quand cette courbe est une circonférence de cercle, on dit que le cône est circulaire : c'est sa forme la plus commune dans les usages pratiques : les pains de sucre sont faits en cône. — Cône tronqué, celui dont la partie supérieure a été coupée par un plan. — Cône droit, cône circulaire dont l'axe estperpendiculaireàlabase. Cône oblique, celui dont l'axe est oblique sur la base. — Opt. Cône de lumière, faisceau de rayons lumineux qui partent d'un point quelconque en divergeant, et tombent sur une surface. — Astron. Cône d'ombre, l'ombre en forme de cône que projette une planète du côté où elle n'est pas éclairée par le soleil ; se dit principalement en parlant de la lune et de la terre : il y a éclipse de soleil quand la terre passe dan^ le cône d'ombre formé par la lune.
— Moule de fer fondu, déforme conii[ue, dans lequel on verse des métaux en fusion, pour séparer la ]iartie métaUique des scories. — Bot. Fruit des pins, des sapins, lequel consiste en un assemblage ovoïde d'écaillés ligneuses, appliquées les unes sur les autres, et fixées parleur base autour d'un axe commun ; se nomme aussi Strobilf ; on appelle conifères les arbres dont le fruit est un cône. — Conchyliol. Genre de coquille univalve qui renferme un très grand nombre d'espèces, remarquables par leur élégance et par l'éclat de leurs couleurs. — Cône-ancre s. m. Aérostat. .Appareil qui diminue les chances de naufrage pendant les ascensions au-dessus de la mer, et qui fut inventé par Sivel. (Voy. Aérostation.) — Plur,
des CÔNES-ANCRES.
CdNEGLIANO ville d'Italie, à 44 kil. N. de Venise ; o.ir i:> .53' S" lat. N. et 9" 37' 21" long.E.; 9,355 hab. Le général Moucey devint duc de Couegliano en 1806.
CONESTOGAS ou Gandastogués , tribii
d'Indiens autrefois établie sur les rives de la Susquehanna. Les Conestogas étaient appelés Andastes par les Français, Susquehannas par les Anglais, Minquas par les Hollandais et les Suédois. Us appartenaient à la famille des Iroquois et des Hurons. Plusieurs iiuerrcs malheureuses amenèrent leur anéantissement vers le milieu du xviii° siècle.
CONEY, langue de sable à l'extrémité S.-O. de Loiitr-lsland (Amérique du Nord).
CONFABULATEUR s. m. Celui qui prend part à une lunlahulalion.
* CONFAÊULATION s. L Entretien familier : Ui étaient en con fabulation.
* CONFAEULER v. n. (lat. confihulari). S'entretenir familièrement : ils confabulaient ensemble.
CONFARRÉATION s. f. (lat. confarreatio: de cum, avec; fir, farris, farine). La plus solennelle des trois cérémonies du mariage chezles anciens Romains. Elle était accomphe par le pontifex maximus ou flamen dialis, en présence d'au moins dix témoins; l'homme et la femme partageaient un gâteau de pain salé nommé farreum.
* CONFECTION s. f. [kon-fèk-si-on] (lat. conficio, confectum. j'achève). Action par laquelle on fait, on exécute quelque chose : la confection d'un canal, d'unbâtiment, d'un chemin, etc.
— Achèvement : jusqu'à parfaite et entière confection. — Prat. La confection d'un papier
TERRIER, LA CONFECTION d'uN INVENTAIRE, aCtion
de faire, de composer un papier terrier, un inventaire : travailler à la confection d'un papier terrier; après la confection de l'inventaire.
— Administ. : la con fectioyi des listes électorales, etc. — Pharm. Médicament composé d'un . certain nombre de poudres tirées ordinairement du règne végétal, et de sirop ou de miel : confection d'hyacinthe; confection alkcrmés. — Manuf. etcomm. Fabrication en grand de vêtements qui ne sont point faits sur mesure : atelier, 7nagasin de confection. — w Vêtements fabriqués k la confection : acheter une confection, des confections.
* CONFECTIONNER v. a. (lat. conficere, faire). Se dit principalement dans les arts et métiers : cet homine s'est chargé de faire confectionner l'habillement des troupes.
CONFECTIONNEUR, EUSE s. Celui, celle qui confectionne des effets d'habillement.
CONFÉDÉRATEUR, TRICE adj. et s. Qui organise, qui établit, qui forme une confédération : puissances confédératrices .
' CONFÉDÉRATIF, IVE adj. Qui concerne une confédération ; où il y a confédération: goucerncmcnt confédéraiif.
* CONFÉDÉRATION s. f. (lat. cum, avec; fœdus, alliance). Ligue, alliance entre dos Etats indépendants : il y a confédération entre ces trois Etats, entre ces trois souverains ; la confédération des Etats-Unis d'Amérique. — Ligue que font entre eux, dans quelques Etats, les sujets mécontents : laconfcdfration de l'armée de Lithuanie; la confrdcnition de Bar est célèbre dans l'histoire de la Pologne.
' CONFÉDÉRÉ, ÉE part, passé de Se confédérer. — Substanliv. : les confédérés de Bar. — ■ Etats confédérés d'Amérique, confédération formée par les onze états méridioniiaux esclavagistes qui se séparèrent des Etats Unis en 186P-'6t et organisèrent un gouvernement dont l'existence finit en 186b.
*CONFÉDÉRER(Se) v. pr. (lat. confcederare). Se liguer, ensemble, s'unirpar confédération : les nobles polonais se coji fédérèrent.
* CONFÉRENCE s. f. Comparaison que l'on fait de deux choses, pour voir en quoi elles s'accordent, et en quoi elles différent : la conférence des ordonnances, des coutumes ; conférence des temps. — Entretien que deux ou plusieurs personnes ont enseinide sur quelque aU'aire ou matière sérieuse : grande, docte conférence ; ils eurent de longues conférences ensemble. — Réunion de di[jlomates, pour conférer ensemble : la conférence de Londres.
— Discours prononcé en chaire, dans lequel on examine quelque point de doctrine, de morale religieuse, ou de discipline ecclésiastique : les conférences de Massillon. — Réunion déjeunes avocats et d'étudiants, dans laquelle on discute des questions de droit, pour s'exercera la plaidoirie : formerune conférence; faire partie d'une conférence. — Leçon diui née dans une, école ou dans un lieu publie : conférences de l'Ecole normale; cohférsme publique.
CONF
CONFÉRENCIER s. m. Celui qiii préside à la foi une coiit'érence ecclésiastique et indique les questions à débattre. — Personne qui se fait entendre dans les conférences publiques.
'CONFÉRER V. a. (lai. cow/'crre). Comparer deux choses pour juger en quoi elles s'accordent, et en quoi elles diffèrent. Se dit particulièrement des lois, ordonnances, couLumes, matières de littérature, arts libéraux : conférer les lois grecques avec les lois romaines. — Donner, accorder : conférer des honneurs, des di'jnités, des charges, des privilèges; conférer le bijjjtéme. — Conférer un bénéfice, pourvoir à un bénéfice vacant ; conférersur la nomination d'un patroti ecclésiaslique, d'un patron laïque.
— V. n. Pai'ler ensemble, raisonner de quelque alfaire, de quelque point de doctrine : l'affaire est importante, elle mérite que nous en conférions à loisir.
CONFERVACÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte aux conferves. — s. f. pi. Tribu d'algues ayant pour type le genre conferve.
CONFERVE s.f. (lat. ■:onferva: de confervere, souder, parce que, suivant Pline, cette plante passait pour cicatriser les plaies). Bot. Genre d'algues, type de la tribu des confervacées, comprenant environ 150 espèces décrites. Les conferves sont composées de lilaraents libres, généralement simples, tubuleux, cylindriques, articulés et présentant des espèces de valvules à chaque articulation. La reproduction se fait au moyen de globules d'une matière colorante verte, dont la plante est pénétrée et qui se développent et formentuneplante nouvelle après la rupture du tube où ils se sont formés. Dans quelques espèces ces globules ont la singulière propriété de se mouvoir, ce qui les fait considérer comme des êtres intermédiaires entre l'animal et le végétal.
CONFÉS, ESSE adj. (lat. confessus). Qui s'est confessé : mourir confès.
' CONFESSE s. Confession qu'on fait nu prêtre. N'a point de genre, et ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions à ou de : aller à confesse; être à confesse.
* CONFESSÉ, ÉE part, passé de Confesser.
— Piiiv. Uni: faute confessée est a demi p.\r- DONNÉE, une faute qu'on avoue en devient plus pardonnable.
* CONFESSER v. a. (lat. confiteor, confessum, j'avuucj. .Vvouer, demeurer d'accord : confiiser la vérité. — Confesser J.-C, confesser LA FOI DE J.-C, avouer que l'on est chrétien, faire profession publique de la foi de J.-C, jusqu'à s'exposer aux persécutions. — Absol. confesser de cœur et de bouche, de cœur comme de bouche. — Par ex t. Dire hautement sa croyance, son opinion : il osa confesser sa foi politique en face des bourreaux. — Déclarer ses péchés, soit au prêtre danslesacrementde pénitence, soit à Dieu seul dans quelque prière particulière : confesser ses péchés, ses fautes. — v. a. Ouïr un pénitent en confession : le prêtre qui l'a confessé ; un prêtre qui confesse un grand nombre de pénitents. — Prov. etlig. C'estle diable A CONFESSER, c'est un aveu difficile à obtenir; c'est une chose difficile à faire. — Se confesser V. pr. Avouer ses fautes : se confesser à Dieu. Quand on dit simplement. Se confesser, cela désigne toujours la confession sacramentelle que l'on failau prêtre : il estallé se confes-
CONF
Prêtre qui a pouvoir d'ouïr en confession, et d'absoudre : bon, discret, sage confesseur.
* CONFESSION s. f. (lat. confessio). Aveu, déclarai ion ijue l'on fait de quelque chose : confession sincère, franche, ingénue. — La confession u'uN CUIMINEL, 06 qu'il confesse devant le juge. — Droit. Diviser la confession, prendre une partie de ce qu'un homme confesse, et rejeter l'autre : on ne doit pas diviser la confession. — Confession de foi, ou absol. confession, déclaration, exposition faite de bouche ou par écrit, de la foi que l'on professe : la confession d'Augsbourg. — Au plur. Titre donné par différents auteurs, à des mémoires où ils font l'aveu des erreurs de leur vie : les Confessions de saint Augustin ; les Confessions de J.-J. Rousseau. — Déclaration que le pénitent fait de ses péchés, soit publiquement, .soit à un prêtre, soit à Dieu seul : confession publique, sacramentelle, auriculaire. (Voy. Auriculaire.) — Prov. Un lui donnerait Lt; BON Dieu sans confession, se dit d'une personne dont l'extérieur annonce beaucoup de douceur, de simplicité, mais qui n'a que de l'hypocrisie. — Kig. Confier quelque chose a quelqu'un sous le sceau de LA confession, à condition que le secret en sera inviolable. — Billet de confession, attestation par laquelle un prêtre certifie qu'il a entendu quelqu'un en confession.
* CONFESSIONNAL s. m. Siège ou espèce de niche de boiserie où le prêtre se met pour entendre eu confession le pénitent qui est à genoux à l'un des deux côtés, sur un prie- Dieu : on a fait plusieurs confessionnaux dans cette église.
CONFESSIONNEL. ELLE adj. Qui a rapport à la colJl'e^slllIl de foi ; symbole confessionnel.
CONFESSIONNISTE s. m. Luthérien de la confession d'Augsbourg.
CONFETTI s. m. (V. S.)
* CONFIANCE s. f. (lat. confidcntia). Espérance ferme en quelqu'un, en quelque chose : avoir confiance, prendre confiance, une grande confiance, une ferme confiance, une extrême confiance en quelqu'un. — Assurance qu'on prend sur la probile, sur la discrétion de quelqu'un : la confiance est l'âme du commerce. — Homme DE confiance, celui qu'on emploie ordinairement dans les affaires les plus délicates et les plus secrètes : c'est son homme de confiance. — Personne de confiance, personne en qui on se confie : encoycr une personne de confiance. - Place de confiance, place où l'on ne met que les personnes en qui l'on se confie. — Liberté honnête qu'on prend en certaines occasions : aborder quelqu'un uuec confiance. — Sécurité, hardiesse : parler en public avec une grande confiance. — Présomption : avoir, se donner des airs de confiance.
' CONFIANT, ANTE adj. Disposé à la confiance : cet homme n'est pas assez confiant; caractère confiant. — Présomptueux : c'est un homme bien confiant.
' CONFIDEMMENT adv. [kon-fi-da-man]. En confidence : je cous dis cela confidcmment.
' CONFIDENCE (lat. confidcntia). Communication d'un secret : faire une confidence, des confidences à quelqu'un. — Faire une fausse confidence a quelqu'un, lui dire en secret quelque chose de faux, dans le dessein de le
CONF
ser. — Prov. et fig. Se confesser au renard, I tromper. — Confiance qui porte quelqu'un à
découvrir son secret à un homme qui est intéressé à en tirer avantage contre nous.
* CONFESSEUR s. m. (lat. confessai-). Dans l'usage de la primitive Eglise il signifiait, celui qui avait confessé constamment la foi de J.-C, jusqu'à soutfrir des tourments, mais sans mourir. Depuis, l'Église a honoré de ce nom tous les saints qui n'ont point été martyrs : la fête d'un confesseur ; ce n'est pas un martyr, c'eit «n confesseur; les confesseurs de
faire part de tous ses secrets à un autre : être bien avant dans la confidence de quelqu'un. — — En confidence, secrètement, sous le sceau du secret : je vous dis cela en confidence. — Convention secrète et illicite, par laquelle une personne donne ou fait donner un bénéfice à une autre, à la charge que le titulaire lui en donnera ou lui en laissera la disposition ou le revenu : tenir un bénéfice en confidence, par confidence.
' CONFIDENT. ENTE s. Celui, celle a qui l'on confie ses plus secrètes pensées : c'est son confident; Achate était le confident d'F.née. — Fig. Dans le style poétique, en parlant d'objets inanimés : rochers, confidents de mes peines. — Théât. Personnage subalterne dans les tra-
fédies, auquel le poète donne plus ou moins e part à l'action et au dialogue, et qui communément est chargé des récits : Corasmin est un confident dans la tragédie de Zaïre ; Céphise une confidente dans la tragédie d'Andromnque, etc.; les rôles de confidents; elle joue les confidentes
* CONFIDENTIAIRE s. m. Celui qui tient un bénéfice par confidence : c'était un confidentiaire.
* CONFIDENTIEL. ELLE adj. Qui se dit, qui
se fait eu eonlidence; par oppos. à officiel : avis confidentiel; note '-onfidentielle.
* CONFIDENTIELLEMENT adv. D'une manière confidentielle, en confidence.
* CONFIER V. a. (lat. confidere.) Commettre queUiue chose à la fidélité, au soin, à l'habileté de quelqu'un : confier un dépôt. — Dire en confidence : confier son secret à un ami. — Fig. Se dit en parlant des choses physiques ou morales, considérées comme dépositaires, agents, ou confidents : confier des semences à la terre ; confier sa destinée au hasard. — Se confier V. pr. Avoir confiance, s'assurer : je me confie à vous; il se confiait dans la bonté de sa cause.
•CONFIGURATION s. f. (lat. cum, ave;; figura, ligure;. Didact. Forme extérieure d'un corps, ensemble des surfaces qui le bornent et lui donnent une figure particulière : les cristaux des différents sels ont, affectent diverses configurations.
* CONFIGURER v. a. (lat. configurarc). Figurer rensemlile, donner une forme : la cristallisatio7i confii/iire les sels de diverses manières.
* CONFINEMENT s. m. Action de confiner : confinement d'un prisonnier dans un lieu déterminé.
* CONFINER V. n. (lat. cim, avec ; finis, fin). Toucher aux confins d'un pays, d'une terre : /(( France confine avec l'Espagne. — v. a. Reléguer dans un certain lieu : on l'a confiné dans w»e ile : "" l'a confinée dans un monastère. — Se confiner v. pr. S'isoler, se retirer : se confiner dans une solitude.
CONFINITÉs. f. (rad. con^ns). Communauté de limite • cnnfinité de deux provinces.
' CONFINS s. m. pi. [kon-fin] (lat. confinis, ayant la même limite). Limites, exiréiiiilés d'un pays, d'un territoire : confins d'une province, d'un diocèse, d'un département. — Fig. Aux confins de la terre, dans les lieux de la terre les plus éloignés à,e celui où l'on se trouve.
* CONFIRE V. a. (lat. conficere, achever). Je confis, tu confis, il confit, nous confisons, vous confisez, ils confident. Je confisais. Je confis. J'ai confit. Je confirai. Confis. Que je confise. Confisant. Faire cuire des Iruits, des fleurs ou des légumes, dans certain suc, dans certaine liqueur, qui pénètre leur substance, et qui s'y incorpore ; confire au sucre, au miel, à l'eau-devie. — Se confire v. pr. Etre confit : les câpres se confisent au vinaigre.
CONFIRMATEUR s. m. Individu qui confirme.
* CONFIRMATIF, IVE adj. Qui confirme :
arrêt confmnalif.
* CONFIRMATION (lat. confirmatio). Ce qui rend une chose ferme et stable : la confirmation d'un jugement, d'un arrêt. — Certitude qu'on acquiert d'une chose qui avait déjà été donnée pour vraie : entière confirmation ; pour plus grande confirmation. — Rhét. Partie du discours oratoire qui suit la narration, et pai laquelle on prouve ce qu'on vient d'avancer.
CONF
CONF
CONF
• — Rolifr. Sacrement par lequel les chrétiens sont confirmés dans la i.'râce reçue au baptême : l'évéïjue seul peut donner la confirmation.
CONFIRMATOIRE adj. Propre à confirmer:
déclaration lonfirmatoire.
' CONFIRMER v. a. (lat. confirmare). Rendre plus ferme, plus stable. Ne s'emploie qu'au figuré: les persécutions ne servirent qu'à confirmer l'Eglise naissante. — Faire persister quelqu'un dans une opinion, dans une résolution, l'affermir dans cette opinion, dans cette résolution ; cela m'a confirmé dans mon opinion. — Approuver, sanctionner, ratifier : confirmerune loi, un décret; le pape confirma les décisions du concile. — Se dit en parlant des droits, privilèges et concessions que les Etats, princes et seigneurs continuent à leurs sujets par de nouveaux actes : le roi confirma les droits et les priviléyes de cette ville, de cette communauté. — Prouver plus forttmenl quelque chose, l'appuyer de quelque preuve décisive : pour confirmer ce sentiment, il cite d'imposantes autorités. — Assurer la vérité d'une chose, donner une plus grande certitude à une chose qui avait déjà été donnée ou reçue pour viaie : j'avais déjà ouï dire cela, on vient de me le confinner. — Relig. Conférer le sacrement qui fortifie dans la grâce reçue au baptême : il n'appartient qu'aux évéques de confirmer. — Théol. Etue coNFiRaÉ EN GRACE, rcccvoir de Dieu une surabondance de grâce qui met en état de persévérer dans la justice. On dit de même : Dieu confirme en (jrdce. — Fig. et pop. Con- FiRMEK quelqu'un, lui donner un soulUet, par allusion à la cérémonie religieuse de la confirmation. — Se confirmer v. pr. Confirmer soi : je me confirme dans celte résolution. — Etre confirmé, être reconnu exact : ce bruit se confirme.
CONFISABLE adj. Qui est propre à être confit.
• CONFISCABLE adj. Qui est sujet k confiscation : toute marchandise de contrebande est confiscablc.
' CONFISCANT adj. Jurispr. féod. Sur qui il pouvait échoir confiscation : une communauté qui possédait une terre sayis avoir payé les droits d'amortissement au roi, et ceux d'indemnité au seigneur, devait donner au seigneur un homme vivant, mourant et confiscant.
' CONFISCATION s. f. Action de confisquer, adjudication au lise : la peine de la confiscation des biens a été abolie, en France, par la charte const'dutionnelle ; le bannissement perpétuel et la condamnation à mort emportaient autrefois la confiscation des biens. — Biens confisqués : te roi lui donna la confiscation d'un tel. — Législ. « La confiscation de tout ou partie des biens d'un condamné ne figure plus dans nos lois. Cette peine barbare était autrefois appliquée très fréquemment, surtout pour le crime d'hél'ésie; la Révolution ne la conserva que pour les crimes commis contre la sûreté de l'Etat, et pour celui de fabrication de fausse monnaie; et elle fut définitivement abolie par la charte de 1814. La confiscation spéciale des objets du délit et des instruments qui ont servi à le commettre, est appliquée dans un grand nombre d ■ cas, par le Code pénal, par la loi du 3 mai 1 844 sur la police de la chasse, etc. » (Ch. y.)
• CONFISERIE s. f. Art du confiseur, son
atelier, suu magasin.
• CONFISEUR, EUSE s. Celui, celle qui fait et vend des confitures, des conserves, des dragées, el toutes sortes de sucreries : un excellent confiseur.
• CONFISQUÉ. ÉE part, passé de CoNFisQUEn. — Fig. et lum. C est un nosiiiE confisqué, se dit d'un liominc dont la santé est désespérée, ou dont \u fortune est détruite.
' CONFISQUER v. a. (lat. cum, avec; fUeus,
le fisc). ,\djuger au fisc pour o;!';^c de ciinie ou de contravention aux lois, aux ordonnances : on confisqua tous ses biens. ■ — Ane. dr. crim. Qui co.nfisque le coups, com-isque LES biens, la condamnation à mort empintfe confiscation des biens; on disait de même : confisquer corps et biens. — Jurispr. conim. Se dit en parlant des choses saisies à un particulier, pour être adjugées à un autre : les marchandises qu'il aiait embarquées pour son compte particulier, furent confisquées au profit de ses coïntéressés. — Retirer aux élèves certains objets, parce que l'usage leur en est interdit : on confisqua à cet élève plusieurs volumes de romans.
* CONFIT, ITE part, passé de Confire. — Par ext. Frl-its confits sur l'.\rbre, fruits extrêmement mûrs el cuits par le soleil. — Etre tout confit en dévotion, être dans les grandes pratiques de la dévotion.
CONFIT s. m. Techn. Bain d'eau contenant un jicu de son ou de farine d'orge, dans lequel les luégissiers, les chamoiseurs et les maroquiniei's mettent les peaux pour les faire fermenter.
* CONFITEOR s. m. [kon-fi-té-orl (mot lat. qui sigiiilie je confesse). Prière que l'ont les catholiques avant que de se cont'esseï', à la messe, et en d'autres occasions : dire son confiteor. — Au plur. Des Confiteor.
■ CONFITURE s. f. Fruits confits, racines confites au sucre ou au miel. — Au plur. Cohfitures de Gènes, de liouen. — Confitures SECUES, mélange de fruits et de sucre réduits en pâte el cuit» jusqu'à dessiccation. — Confitures liquides, mélange que l'on a seulement fait cuire, mais non dessécher. On distingue les confitures proprement dites, celles dont les l'ruits sont confits dans un sirop liquide el transparent; \es gelées, faites avec le jus de diilérents fruits dans lequel on fait dissoudre du sucre et que l'on .-ouniet ensuite à l'évaporatioii jusqu'à ce que cejus ressemble, en se refroidissant, à de la gelée tremblante; elles marmelade, pâtes à demi solides, faites de fruits écasés et de sucre.
CONFITURERIE s. î. Art de préparer les confitures.
* CONFITURIER, 1ÈRE s. Celui, colle qui vend des coiiiilures : c'est un confiturier, un marchand confUu-ier.
' CONFLAGRATION s. f. (lat. cum, avec; flagrare, brûler). Didacl. Embrasciiient général : la conflagration d'une planète, du globe terrestre; il annonça que le monde finirait par une lonflagration universelle. — Fig. Grande révolution qui remue tous les esprits : au miliLU de celle cuiijlagration générale, il prit le parti de ta modération.
CONFLANS, ch.-l. dccant., arr. et à 13 kil. de Brit-y ^.\|eurthe-et-.Vloseile); 021 hab.
CONFLANS-L'ARCHEVEQUE, hameau de la commune de Cliaicntou -le-Pont (Seine); 650 hab. Ancien château des archevêques de Paris. — Traité de (.onflans, traité qui mit fin à la Ligue du bienpubtic (I4G.S). Louis XI dut céder à son frère Charles la iNorniandie, au duc de Bourgogne la Picardie, au duc de Bretagne le comté d'Etampes, au comte de Saint- Pol l'épée de connétable ; à chacun des confédérés, enfin, une charge ou des pensions. Mais le roi n'acceptait ces conditions qu'avec la volonté de ne jamais les exécuter.
'CONFLIT s. m. (lat. conflielus; de confligcre, heurter). Choc, combat : l'ude conflit, sanglant conflit ; le conflit de deux aimées; le conflit des intérêts, des passions. — S'emploie plus ordinairement dans les locutions suivantes : Conflit de juridiction, contestation entre deux ou ()lu^icurs triliunaux dont chacun veut s'attribuer la connaissance d'une affaire; Conflit d'attribution, contestation
soiilil.'ililo entre un tribunal et une autorité administrative. — Absol. élever iin conflit. — Conflit négatif, celui qui a lieu lorsque deux tribunaux se déclarent respectivement incompétents pour connaître d'une même affaire. — Législ. « Dans le langage du droit, il y a deux sortes de conflits. — Lorsque deux fonctionnaires ou deux tribu- naux , appartenant tous les deux , soit à l'ordre administratif, soit à l'ordre judiciaire, prétendent connaître d'une même affaire ou s'y refusent , il y a conflit de juridiction. Si ce conflit s'élève entre des fonctionnaires, il il est réglé hiérarchiquement par l'autorité supérieure (L. 7-14 octobre 1790); s'il existe entre des tribunaux de l'ordre judiciaire, il y a lieu à règlement déjuges (C. proc. .363 et s. : C. inst. crim. 'à'i.'o et s.). (Voy. Règlement.) Mais si le conflit s'élève entre l'autorité administrative et l'autorité judiciaire, il y a alors conflit d'attributions. Ce dernier conflit est dit positif, lorsque les deux pouvoirs prétendent en même temps être saisis d'un litige ; il est négatif lorsqu'ils se déclarent incompétents. Le cas le plus fréquent est le conflit pos'dif d'attributions, celui dans lequel un tribunal de l'ordre judiciaire se déclare compétent pour statuer sur une question que la loi réserve aux tribunaux administratifs. On a souvent rencontré, chez des magistrats de l'ordre judiciaire, une tendance à faire revivre les prétentions des anciens parlements, lesquels ont fait parfois échec au pouvoir royal, en s'arrogeant des droits que les constitutions modernes ont prudemment réservés au pouvoir exécutif ou à l'autorité législative. La loi des 16-21 août 1790 (titre 11), et la loi du 16 fructidor an 111, ont tracé des limites précises au pouvoir judiciaire; le Code pénal (art. 127 et s.) déclare coupables de forfaiture el punit de la dégradation civique, les juges et les autres magistrats qui s'immiscent dans les attributions législatives ou administratives. Mais le règlement des conflits, réservé pendant longtemps au pouvoir exécutif, était soumis à des formes trop arbitraires, ce qui donnait lieu à de nombreux abus. L'ordonnance du 1" juin IS'iS établit quelques formalités restrictives; puis la constitution de 1848 (art. 89) décida que les conflits d'attributions entre l'autorité administrative cl l'autorité judiciaire seraient réglés par un tribunal spécial, composé de membres de la Cour de cassation el de conseillers d'Etat, désignés en nombre égal par leurs corps respectifs, et qui serait présidé par le ministre de la justice. Le règlement d'administration du 26 octobre 1849 et la lui du 4 février ISoO, fixèrent les détails d'organisation et la procédure relatifs à cette suprême juridiction, à laquelle on donna le nom de tribunal des conflits. Mais le décret-loi du 2.ï mars lSo2 supprima ce tribunal et transporta les attributions dont il était investi au Conseil d'Elal. La loi du 24 mai 4 872 l'a rétabli, en faisant revivre celle du 4 février 18,ï0, ainsi que le règlement de 1849, et elle porte que le tribunal des conflits est composé ; l» du garde des sceaux, président; 2° de trois conseillers d'Etat en service ordinaire, nommés par leurs collègues ; 3o de trois conseillers de la Cour de cassation, nommés par leurs collègues; 4° de deux membres nommés, ainsi que deux suppléants, par la majorité des autres juges. 11 faut, pour qu'il y ait conflit, que l'autorité judiciaire refuse de reconnaître son incompétence ; alors le préfet, au nom de l'administration, ou sur la demande d'une partie intéressée, adresse, sous forme de mémoire, un déclinatoire au procureur de la République, lequel communique ce document au tribunal. Celui-ci rend alors un jugement sur cette réclamation, et s'il refuse de se dessaisir de l'aflaire, le préfet, dans la
3uin/,aine qui suit l'envoi à lui fait de la copie u jugement rejetant le déclinatoire, prend un arrêté de conflit qu'il fait déposer au greffe.
CONF
I.e tribunal est alors oblip-é à surseoir et à allendre l;i décision du tribunal des conllils. Le conflit doit être jugé dans le délai de deux mois, à compter du jour de la réception des pièces an ministère de la justice, auquel elles sont adressées par le ministère public, et si un mois après l'expiration de ce délai, le tribunal n'a pas reçu notificatinn de la décision, il peut passer oulre au jugement de l'allaire (Ord. li mars 1831, art. 7). Lorsque le conilit d'i'ttributions est négatif, c'est-à-dire lorsque l'autorité administralive et les tribunaux judiciaires se déclarent également incompétents, le recours devant le tribunal des conflits, pour l'aire régler la compétence, est exercé directement par les parties intéressées et par le moyen d'une requête signée d'un avocat au Conseil d'Etal et à la Cour de cassation (Rbl'I. de 1819, art. 17). En matière criminelle, l'administralion ne peut jamais être conipétenle, et, par suite, le contlit ne peut jamais être élevé (Oïd. f'juin 1S:'8, art. {<"); en matière correctionnelle, le conilit ne peut avoir lieu que si la répression d'un délit est attribuée par la loi à l'autorité administrative, ou si le jugement à rendre dépend d'une question préjudicielle que cette autorité doit résoudre (id., art. 2). Le contlit ne peut non plus être élevé contre un jugement ou un arrêt ayant force de chose jugée, mais il peut l'être en appel. S'il s'agit d'un excès de pouvoirs commis par une aulorilé administi'ative, le tribunal des conllits ne peut être saisi ; c'est le Conseil d'Etat qui statue alors souverainement sur la réclamation de la partie intéressée. (L. 24 mai 187i, art. 9). » (Ch. V.)
CONFLUENCE s. f. Pathol. Caractère des maladies éruplives, qui consiste en ce que les pustules sont conlluentes.
* CONFLUENT s. m. Endroit où se jcignenl deux l'ivières : celte ville est hdtie an conlliiciH de deux rivières ; le conjlucnt de la Seine et de la Marne.
' CONFLUENT, ENTE adj. Méd. Se dit d'une éruption de boutons, de taches, de pustules, etc., qui se touchent et se confondent : pclile vérole con/luenle, dont les boulons sont confluents.
CONFLUENTES, nom lat. de Coblentz, de Conllaiis et de Confolens.
* CONFLUER v. II. (lat. conftuere). Se dit en
^ parlant de la réunion de deux grands cours d'eau : la Dordogne conflue avec la Garonne.
CONFOLENS, Conflucntcs, ch.-l. d'arr. (Charente), à 00 kil. N.-E. d'Angoulême, au confluent de la Vienne et du Goire; 3,123 hab. Tanneries, brasseries, fabriques de gants; commerce de châtaignes, de porcs, de cuirs. Ville triste et mal bâtie. Lat. (à la tour Saint- Michel, 13 m. au-dessus de la mer) 41)0 0' 41" IS.; long. 1° 39' 43" 0.
* CONFONDRE v. a. (lat. cum, avec; fundere,
fondre). Réunir, mêler, brouiller plusieurs choses ensemble ; se dit tant au sens phys. qu'au sens moral : dans le chaos, tous les éléments étaient confondus; deux fleuves qui confondent leurs eaux ; la mort égale et confond tous les rangs. — Ne pas faire distinction entre 'i> des personnes et des choses différentes, prendre une personne ou une chose poiu" une autre : ces deux choses, ces deux personnes se ressemblent tellement, qu'il m'arrive souvent de les confondre, de confondre l'une avec l'autre. — Mettre en désordre, déconcerter, humilier: Dieu se plait à confondre les vains projets des hommes. — Par civilité. Vos louanges me confondent , se dit lorsqu'on reçoit quelque louange excessive, et qu'on veut s'en défendre; on dit de même : vos politesses, vos égards me confondent; et, vous me confondez par vos louanges. — Convaincre en causant de la honte, réduire à ne savoir que rcoondre : voilà un raisonnement propre à le confondre. —
CONF
Confondre on calomniatecu. le démasquer, montrer qu'il en a imposé. — Causer un giand étonnemcnt, une sorte d'efi'roi, de stupeur : ce que vous me dites là me confond ; une telle insolence doit vous confondre. — Se confondre v. pr. Etre confondu, assimilé; s'embrouiller, se troubler : CCS deux nuances se confond: ni; les détails de cette affaire sont très mulliidiés, il y a de quoi s'y confondre. — Fam. Se confondre EN EXCUSES, en RESPECTS, EN REMERCi-
MENTs, niulliplicr les cérémonies, les excuses,
les respei'ls, etc.
CONFORMATEUR s. m. Techn. Instrument qui sert i donner aux chapeaux la forme de la têle.
* CONFORMATION s. f. (lat. conformatio). Manière dont nue clio>e est conformée. Se dit plus particulièreniciit des corps organisés : la conformation des parties d'un corps; ime bonne conformation. — Vice de conformation
DANS UNE l'EIISONNK, DANS UN ANIMAL, CC qu'il V
a de défectueux dans la disposition des parties de son corps, dans son organisation : celle maladie provient d'un vice de conformation.
* CONFORME adj. (lat. conformis; de cum, avec; formn, forme). Qui a fa même forme, qui est semblable : la copie est conforme à l'original; son humeur est conforme à la vôtre.
— Pour copie conforme, formule par laquelle celui qui délivre une copie assure qu'elle est conforme â l'original. — Qui convient, qui s'accorde : mener tine vie conforme à sa profession ; son hahil n'est pus conforme à son état.
* CONFORMÉ, ÉE part, passé de Conformer.
— Adjectiv. Se dit de la manière dont les parties d'une chose sont disposées entre elles, et plus particulièrement des corps organisés : corps bien conformé ; animal bizarrement conformé.
* CONFORMÉMENT adv. D'une manièreconl'orme : il faut procéder conformément à telle loi, à telle ordonnance.
' CONFORMER v. a. (lat. conformare).
Rendre conkirnic : confo''mer ses senlimenls d ceux de quelqu'un. — Se conformer v. pr. obéir, s'assujettir : je me suis conformé à vos ordres.
•CONFORMISTE s. C.-lni ou celle qui fait protession de la religion dominante en Angleterre ; se dit par opposition à non-conformiste, nom de ceux qui sont d'une autre communion.
* CONFORMITÉ s. f. Rapport entre les choses qui sont coiifornies : eoiiforndté de Sentiments, d'Iiumcurs. — I.a conformité a la volonté de Dieu, soumission de sa propre volonté à celle de Dieu. — En conformité de, loc. prép. Conformément a : il agit en conformité des ordres qu'il a reçus.
* CONFORT s. m. [kon-for] (préf. con ; et fort ; angl. com/'or/). Secours, assistance : rfon- 7ier aide et confort. — Tout ce qui contribue au bien-être matériel, à la commodité delà vie : amour du confort.
' CONFORTABLE adj. Ce qui constitue le confoi'l ; un logement confortable. — Substantiv. : aimer le confortable. — v* Jargon. Fauteuil rembourré : drcidément, pas plus tard que demain, je m'offre un petit confortable. (Grévin. Au théâtre.)
' CONFORTABLEMENT adv. D'une manière conl'oilable : il est confortablement logé.
* CONFORTANT, ANTE ou Confortatif .
ive. adj. Méd. Synonymes de fortifiant, qui est plus usité :un remède con fartant ou conforlatif. — Substantiv. : un confortant, des confortants ; un confortatif, des confortatifs.
' CONFORTATION s. f. Corroboralion, action de fortifier, état de ce qui est fortifié : un estomac affaibli a besoin de confortaiion ; cela est bon pour la conforlution des nerfs. N'est guère usité que dansées phrases.
CONF
* CONFORTER v. a. Fortifier, corroborer : cela conforte l'estomac, conforte le cerveau. — Encourager, consoler : conforter les affligés, conforter les mourants. — Se conforter v. pr. Prendre des forces.
CONFRATERNEL, ELLE adj. Relatif aux conlrères; qui a rapport à la confraternité.
* CONFRATERNITÉ s. f. Relation, rapport qu'il y a entre les personnes d'une même compagnie, d'un même corps : à cause de la confraternité ; en considération de la confraternité.
' CONFRÈRE s. m. Chacun de ceux qui composent une confrérie, une compagnie de personnes associées pour quelque exercice de piété : les confrères du Saint-Sacrement. — Se dit aussi de ceux qui sont d'une même compagnie, d'un même corps, ou qui exercent une même profession : ils sont Inus deux conseillers à la Cour d'appel, tous deux de l'Académie, ils sont confrères. — w Jargon. Confrère de la Lune, mari trompé avant, pendant et après.
* CONFRÉRIE s. f. Compagnie de personnes associées pour quelques exercices de piété : la confrérie du Saint-Sacrement. — Fig. et fam. : il est entré dans la confrérie des maris ; il est enrôlé dans la grande confrérie. On dit do même : la confrérie des poètes.
CONFRICATION s. f. (lat. confricatio). Réduction en i)oudif |iar le frottement.
* CONFRONTATION s. f Action de confronter des personnes les unes aux autres; ne se dit qu'en matière criminelle, en parlant on des témoins que l'on confronte à un accusé, ou des accusés que l'on confronte ensemble : confrontation de témoins; la confrontation de l'accusé avetles témoins. — Fig. Examen qu'on fait ou de deux écritures en les comparant ensemble, ou de différents passages en les conférant l'un avec l'autre : la confrontation des écritures; par la confrontation des passages, il s'assura que...
' CONFRONTER v. a. (préf. con; et front). Mettre des personnes en présence les unes des antres, pourvoir si elles conviendront de quelque faitdont il s'agit: confronter deux personnes ensemble.— Jurispr. Se dit en parlant des témoins et des accusésqu'on taitcomparaitre les uns devant les autres pour les interroger : confronter les témoins à l'accusé, avec l'accusé. — Fig. Conférer une chose avec une autre, examiner deux choses en même temps, pour les comparer ensemble : confronter deux écritures, confronter deux étoffes l'une avec l'autre. — V. II. Pral. Conliner : le bois confronte, du côté du levant, au pré d'un tei.
CONFUCIANISME s. m. [AeConfucius n.pr.).
Religion d'Etat de la Chine.
CONFUCIANISTE s. et adj. Qui professe la religion de Confucius.
CONFUCIEN, lENNE adj. Qui appartient, qui a ra|i|)ortau confucianisme : la religion confucicnne.
CONFUCIUS [kon-fu^si-uss], nom latinisé du
philosophe chinois Koung-fou-tsé (Révérend niaitre Koungi, né (suivant les meilleures autorités chinoises) en iiof av. J.-C, dans le royaume de Lou, aujourd'hui province de Shan-toung, mort en 479. Professeur à l'âge de 30 ans, il se fit une réputation par l'excellence de son enseignement. Dans le but de propager ses doctrines, il visita les contrées voisines, en prêchant et en enseignant. Il rentra dans son pays natal vers l'an b06. De son petit-fils Taé-tsé naquit une nombreuse lignée, et en 1671 après J.-C, on comptait en Chine 11,0110 individus du sexe masculin, portant le nom de l'illustre philosophe, plusieurs appartenant à la 74" génération. Ces descendants forment une classe distincte dans la société chinoise. Nul fondateur de religion n'a obtenu plus de succès que Confucius ; mais il ne créa pas une croyance religieuse. Bien
CONF
CONG
CONG
qu'il s'efforçât d'introduire un rituel plus minutieux que celui de Moïse, il rejeta toute révélation divine et érigea un système de philosophie morale basé sur les besoins et sur les tendances de la nature humaine. Les livres contenant sa doctrine, écrits en partie par lui-même, en partie par ses disciples, sont, dans le monde chinois, ce qu'est laBibie dans le monde chrétien.
* CONFUS, USE adj. [kon-fû](]at. cnnfmris). Confondu l'un avec l'autre, brouillé, mêlé ensemble sans ordre : le chaos n'itiiit qu'un assemblage confus des éléments. — Se dit particulièrement des sons, des bruits qui se confondent etque l'onn'entendpasdistinctement:
on entendit un cri, des cris confus ; un bruit confus s'éleva dans l'assemtlée. — Fig. Bruit CONFUS, bruit incertain sur une chose, sur un fait dont on ne sait aucune particularité bien distincte : il court un bruit confus. — Jurispr. Tels et tels droits son't confus et réunis en sa PERSONNE, se diten parlant d'une personne qui réunit des droits actifs et passifs concernant un même objet; dans cette phrase il sifrnifie Confondu. — En parlant d'esprit, d'ouvrages d'esprit, signifie, obscur, embrouillé : esprit confus. — Honteux, embarrassé, soit que la honte eU'embarras viennent d'une faute commise, soit qu'ils viennent seulement de modestie : il a été tout confus quand il a vu qu'on l'avait pris sur le fait.
•CONFUSÉMENT adv. D'une manière confuse : des meubles entassés confusément; j'en ai entendu parler confusément.
• CONFUSION s. f. [kon-fu-zi-on]. Désordre, mélang-e confus, embrouillement; se dit des choses physiques et des choses morales : il a tout brouillé, il a mis tout en 'xmfusion. — Se dit particulièrement des désoidres d'un Etat, des troubles politiques : il y rèjne un esprit de désordre et de confusion. — Défaut d'ordre, de méthode, de clarté dans les choses qui tiennent aux opéi'ations de l'esprit, de l'entendement : la confusion des idées. — Action de confondre une chose avec une autre, et résultat de cette action : cette confusion de noms a fait commettre aux historiens de graves erreurs . — Jurispr. Confusion de droits, ou simplement Confusion, réunion qui se fait en une même pcrsonue des droits actifs et passifs concernant un même objet : il y a confusion de droits quand le créancier devient héritier du débiteur. — Confusion de part, se dit lor-;qu'une femme se remariant sur la fin du troisième mois de sa viduité, accouche six mois et un jour après le second mariage; en sorte qu'on ne peut décider lequel du premier ou du sei-ond mari est le père de l'enfant. — Grande abondance de choses, grande multitude de personnes : il y avait à ce repas une grande confusion de mets; il y a une grande confusion de monde sur la place. — Honte, humiliation, embarras : on lui a fuit éprouver une grande confusion, en lui reprochant sa lâcheté..— En confusion, loc. adv. Confusément, sans ordre, d'une manière confuse : marcher en confusion. — En abondance : vous y trouverez de tout en confusion. — Législ. » La confusion est l'extinction d'une obligation, s'opérant de plein droit par la réunion dans la même personne des qualités de créancier et de débiteur de cette obligation. La réunion de ces deux qualités se présente généralement lorsque le débiteur devient l'héritier ou le légataire de son créancier, ou lorsque le créancier succède à son débiteur; à la condition, dans les deux cas, que la succession soit acceptée purement et simplement. La confusion peut proiluire l'extinction d'une obligation secondaire, telle qu'une garantie, tout en laissant subsister fobligation princi|jale et directe; mais si l'obligation principale est éteinte, les cautions sont libérées de plein droit (C. civ. 1300, 1301j. La confusion se uouime consoltdaiion, lorsqu elle éteint un
droit réel, en joignant sur la même tête les deux qualités de propriétaire et d'usufruitier (id. 617), ou en réunissant ainsi les droits et les obligations relatifs à une servitude due à un immeuble par un autre immeuble (id. 701)). .. (Ch. y.)
CONFUTATION s. f. (lat. confutatio). Vny. KéfutatioN.
CONGAREE, rivière de la Caroline du Sud, formée, à Coluinhia, de la réunion de la Broad et de la Saluda. Après un cours de SO kil., elle reçoit le Waleree et prend le nom de Santee.
CONGE s. m. [kon-je] (lat. conjius). Mesure de capacité pour les liquides chez les Grecs et les Romains. Le congé valait trois litres vingttrois centilitres.
* CONGÉ s. m. [kon-jé], (lat. commeare, s'en aller). Permission d'aller, de venir, de s'absenter, de se retirer : donner congé àun soldat, lui donner un congé absolu; l'ambassadeur a demandé un congé. — Milit. Durée légale du service : son congé finit dajis six mois. — Se dit particulièrement en parlant d'un domestique q:ii demande à se retirer tout à fait, ou que son maître renvoie; et, dans ce sens, on l'emploie assez ordinairement avec l'adjectif possessif: j'ai demandé mon congé; un domestique qui demande son rongé. — Permission, autorisation : se marier sans le congé de "es parents. — Exemption qu'on accorde aux écoliers d'aller en classe : le proviseur a donné congé pour cette aprés-dinée, pour deux jours. — Prov. Pour boire de l'eau et coucher dehors, on ne demande congé a personne. — Fig. et fam. Donner A quelqu'un son congé, lui donner congé, lui déclarer ou lui faire connaître qu'il doit se retirer pour ne plus revenir, qu'il doit se désister de quelque chose : il allait librcniint dans cette'maison ,maisdepuispeu onlui a donné son congé. — On ditau contraire, Prendre son congé, prendre congé, se retirer, se désister de son propre mouvement : j'ai pris mon congé, sans attendre qu'on me le donnât. — Prendre congé, alleT, avant de partir, saluer les personnes à qui l'on doit beaucoup de respect, et prendre leurs ordres ; il part pour l'armée, et il a déjà pris congé du roi, duministre; ou simplement : il a pris congé. Se dit également en parlant des adieux que l'on fait à ses amis, aux personnes desa connaissance, quand on s'éloigne d'elles pour quelque temps : il part dans deux jours, et il est (dlé prendre congé de ses amis. — Audience de congé, la dernière audience publique qu'un ambassadeur obtient avant son départ : cet ambassadeur a eu, a pris son audience de congé. — Acte, écrit ou verbal, par lequel le propriétaire ou le principal locataire d'ur.e maison, d'une l'ernio, etc., signifie à un locataire ou fermier qu'il ait a vider les lieux dans un certain temps : ce propriétaire adonné congé d son fermier, à son locataire. He dit également d'un locataire à l'égard du propriétaire ou du locataire principal : il ne veut plus loger Id, il a donné congé asonhôte. — Periuission de transporter la marchandise dont les droits ont été acquittés : on peut expédier ce vin, voici le congé. — Prat. Congé faute de plaider, défaut que le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas pour soutenir sa cause. — Archit. Adoucissement en portion de cercle, comme celui qui jainl le fût d'une colonne à la ceinture. Moulure en forme de petit cavet, qui réunit le lût de la colonne à la base et au chapiteau. On dit aussi apophyge, scape ou escu}ie. — Législ. « Le bail écrit, ce qui signifie, selon le sens donné à cette expression par le Code civil, le bail fait pourune durée expressément déterminée parla convention, cesse au terme lixé, sans qu'il suit nécessaire qu'un coihjé soit donné, et il nepeut y avoir à cemom.-ut tacite reconduction, faute de congé, c'est-a-dire qu'une nouvelle période de location ne re-
commence pas de plein droit. Mais lorsque le
bail est sans écrit, fait sans durée déterminée et selon l'usage des lieux, la période habituelle de jouissance se renouvelle sans cesse, tant que cette jouissance n'est pas interrompue et que l'une des parties n'a pas fait connaître à l'autre, par un congé, sa volonté de faire cesser la location. Ce congé doit être signifié dans les délais qui sont fixés par l'usage et qui diffèrent selon les lieux, selon la nature de l'immeuble, le mode de culture etc. (C. civ. 17.36 et s.; 1748, 1762, 1774 et s.). A Paris, le congé doit être donné dans la première moitié du trimestre à la fin duquel on entend faire cesser la jouissance, lorsqu'il s'agit de locations verbales dont le prix annuel n'atteint pas 400 fr. : pour les locations d'un prix plus élevé, le congé doit être donné trois mois à l'avance ; le délai est de six mois lorsqu'il s'agit d'une maison, d'un corps de logis entier, d'une boutique, d'un chantier, etc. En outre, l'usage de Paris accorde un délai de faveur de huit jours au locataire qui paie moins de 400 fr. de loyer et de quinze jours aux autres, pour le paiement des termes et pour la restitution des lieux. Les congés peuvent être donnés verbalement, par acte sous seings prives ou par exploit d'huisscr. Le juge de paix connaît sans appel de tout ce qui est relatif aux congés, lorsque la location ne dépasse pas cent francs, et à charge d'appel lorsque la location annuelle n'excède pas quatre
18,1.5, art. 3)... (Ch. Y.)
cents francs (L. 2
* CONGÉABLE adj. (de congécr). Jurispr, S'est dit autrefois d'un domaine dan? lequel le seigneur pouvait toujours rentrer. — Par ext. Domaine affermé pour un temps indéfini et dont le propriétaire peut toujours reprendre la jouissance •.doma'inecongéable.
CONGEDIABLE adj. Qui peut ou qui doit recevoii' Sun l'unt-'é.
CONGÉDIEMENTS, m. Action de congédier.
* CONGÉDIER v. a. Renvoyer quchiu un, lui donner ordre de se retirer : il a congédié ses domestiques ; il recherchait telle fdle en mariage, mais on l'a congédié.
CONGÉER V. a. Donner congé à : congéer des soIjIoIs (vieuxl.
CONGÉLABILITÉ s. f. Etat, caractère de ce qui est ronirlable.
* CONGELABLE adj. Susceptible de congélatio-n : ce liquide n'est conjelu'jk qu'à une très basse, tiiiijii'ralure.
CONGÉLATEUR s. m. Appareil pour congeler; on dil oi'dinairement (//acw/r.
* CONGÉLATIONS, f. Action par laquelle le froid durcit les liquides : la congélation de i l'eau est plus ou moins prompte suivant le de- \ gré du froid. — Etat où sont les liquides par l'effet de la congélation : l'eau est plus dibitée dans l'état de congélation que lorsqu'elle ••■>t jluide. — Concrétion d'albâtre calcaire ou gypseux, qui se forme en couches planes ou ondulées sur les parois des grottes, des cavernes. — Méd. Phénomène morbide déterminé par un abaissement subit et excessif de
la température. La congélation est générale, lorsque le froid agit sans interruption sur toute l'économie et détermine un engourdissement particulier avec une propension presque irrésistible a un sommeil dont on ne se réveille plus. Le meilleur traitement consiste dans les frictions avec la neige ou l'eau glacée, puis avec des spiritueux. On évite de passer rapidement du froid au chaud. La congélation est locale lorsque le froid agit seulement sur une partie du corps, particulièrement sur les extrémités, comme les doigts, les mains, les orteils, le nez, les oreilles, les talons, etc. Il y a trois degrés de congélation locale : i" tuméfaction et coloration rouge ou violette des téguments provenant de la stase sanguine dans les cafiillaires, puis fourmillements et élancements douloureux : c'eslVengelure; 2» soulèvement de la peau en phlyctènes, taches
CONG
CONG
CONG
livides, iilci'rations plus ou moins profondfs; 3° niorl de la partie gelée ; aanf-'rène. Le meilleur traitement consiste en frictions prolonf-'ées avec la neise, en se gardant bien d'exposer les parties à la chaleur, cequi amènerait la suppuration et le sphacèle. — Congi'.laïion ARTIFICIELLE, réduction de la température des Uuides jusqu'au def-'ré où ils deviennent solides. Il y a deux méthodes générales pour effectuer la congélation artificielle, savoir : par liquéfaction et par vaporisation et expansion. La première consiste à faire des mrlanges réfrigérants, tels que celui de la neige ou de la glacepulvériséeavec du sel commun pour faire descendre la température de + 10° à - ■ 17° et celui de la glace avec le chlorure cristallisé de calcium, qui réduit la température de O^à — 4iî°. La mélhode de congélation par vaporisation et expansion est basée sur les prmcipes expliqués dans nos art. Point d'ébulli- TioN, EvAPùRATiON, Chalf.ur, etc. La glace fut produite en plein été, au moyen de mélanges, par Walker en 1783. Le mercure fut congelé sans glace ni neige en 1787. En ISIO, Leslie fit geler de l'eau au moyen de la machine pneumatique, en plaçant de l'acide sulfurique sous la clochedecelle-ci. Depuis cette époque, on a découvert de nombreux mélanges réfrigérants. En 18o7, Harrisson prit un brevet pour une machine à fabriquer des blocs de glace au moyen d'éther et d'eau salée. En I SGO, le Français Carré trouva moyen d'obtenir un froid très intense au moyen de l'absorption de la chaleur latente par la vapoi is.ition de l'ammoniaque liquide.— Congélations s. f. pi. Archit. Ornements qui imitent une couche raboteuse de glaçons formés le long d'un mur ou d'un rocher : orner une fontaine de congélations.
* CONGELER (lat. cnngelare). Se dit de l'action par laquelle le froid durcit les liquides : le ijrand froid conç/èle l'eau. — Abusiv. Eiger, coaguler : on a cru longtemps que certains poisons congelaient te sang. — Se congeler v. pr. Etre congelé : le mercure se congèle à 31 degrés.
' CONGÉNÈRE adj. (lat. cnm, avec; gemis, espèce). Hi^l. nat. Qui est du même genre qu'un autre : plantes congénères ; animau.c congénères — Anat. Muscles CONGÉNÈRES, ceux qui concourent à un même mouvement ; par opposition aux Muscles antagonisies, quiont des mouvemenis contraires.
CONGÉNIAL, ALE, AUX adj. (lat.c?m. avec;geniiis, génie). Qui s'accorde avec le génie de: les plaisirs congéniaux à son âge. — Abusiv. Est souvent employé comme synon. de con-
GK.MTAL.
* CONGÉNITAL, ALE, AUX adj. (lat. cum.
avec; gcnilns, engendré). Méd. Se dit de\ maladies qu'on apporte en naissant : affections congénitales. — Or) dit quelquefois abusivement : hernie congcnialc.
C0N6ESTIF, IVE adj. Relatif à la congestion : jindi>.i'Osition congestive.
' CONGESTION s. f. (lat. congestio; àecum, avec ; gerere, porter). Pathol. Attlux de sang ou d'un autre liquide dans une partie circonscrite du corps. On dit aussi hypérémie. pléthore locale ou fluxion. — Congestion cérébrale, afflux de sang dans les vaisseaux de la pie-mère et du cerveau, mais sans épanchement de ce liquide, avec atteinte plus ou moins marquée du sentiment et du mouvement.
C'est le coup de sang ou congestion apoplectique. Les causes prédisposantes de cette maladie sont : l'âge avancé, un tempérament sanguin, la pléthore, des travaux d'esprit longs et opiniâtres, un cou bref, l'endocardite rhumatismale. Les principales causes déterminantes sont : l'insolation, l'élévation brusque de la température, un repas trop copieux, l'ingestion de boissons alcooliques, des émotions. Le malade a la face colorée ; il éprouve de la pesanteur de tête, de l'inapti-
tude au travail, de la tendance au sommeil, des bourdonnements d'oreilles, des étourdisseinents, des vertiges, des troublesde la vue, de l'embarras dans l.i parole et dans les mouvements, des fouriiiillemenls <lans les membres. Quelquefois l'alfcction s'arrête à ces symptômes ; mais lorsqu'elle est forte, le malade perd tout à coup la connaissance et le mouvement, soit d'une manière complète, soit d'une manière incomplète : sa respiration est stertoreuse ; ses meuilires sont dans la résolution ; il est ordinairement atteint d'hémiplégie ou paralysie de l'une des moitiés du corps. La congestion se dissipe en quelques heures ou en deux jours au plus ; c'e.st ce qui la dislingue de l'hémorrhagie cérébrale. Le traitement consiste à desserrer les habits du malade, à l'exposer à l'air frais, la tête nue, à promener de larges sinapismes du haut en bas de la colonne vertébrale et sur les membres inférieurs, à prati([uer une saignée lorsque le pouls est suflisainmenl développé ; à donner des bains de pieds siuapisés, des lavements au sel, au savon ou au séné, des purgatifs, des boissons tempérantes (2 gr. de nitre par litre de tisane de chiendent). On prévient le retour de l'accident par un régime doux, peu substantiel et en entretenant la liberté du ventre par les grains de santé.
CONGESTIONNER v. a. Déterminer une congestion. — Se congestionner v. pr. Devenir
le siège ou la matu-rc^ d'une congestion.
* CONGIAIRE s. m. (lat. congiarium). Antiq. Distribution extraordinaire que les empereurs faisaient faire au peuple loniain, en argent ou en denrées.
CONGLETON [kôgn'-g'l-l'n], bourg du Cheshire (Angleterre), à (10 kil. S. de Manchester, dans une profonde vallée qu'arrose la rivière Dane ; 10,744 hab. .Manufactures de coton, de cuir et surtout de soieries.
* CONGLOBATION s. f. (lat. conglobatio). Rhét. Accumulation de plusieurs preuves, de plusieurs arguments, pour démontrer une même proposition.
* C0N6L0BÉ, ÉE adj. Anat. Se dit de plusieurs glandes reunies qui n'en font qu'une, dont la surface est unie : glandes conglobées ; on dit maintenant : ganijlions lymphatiques. — Bot. Se dit des feuilles ou fleurs assemblées en boule.
CONGLOBER v. a. (lat. conglobare ; de cum, avec ; globus, boule). Entasser, accumuler.
* CONGLOMÉRAT s. m. Miner. Agrégation de substances diverses. — Géol. Roche composée de cailloux roulés ou de fragments d'autres roches, cimentés ensemble par une pâte calcaire, siliceuse ou argileuse.
CONGLOMÉRATION s. f. Action de conglomérer ; résultat de cette action.
* CONGLOMÉRÉ, ÉE part, passé de Conglomérer. — Adjectiv. Anat. Se dit des glandes amassées en peloton et reunies sous une même enveloppe : glandes conglomérées.
' CONGLOMÉRER v. a. (lat. congîomerare ; de cum, avec ; glomiis, pelote). Phys. Mettre ensemble, amasser. — Se conglomérer v. pr. Se réunir en une masse.
CONGLUTINANT,ANTEouConglutinatif,ive adj. Qui a la viriu de conglutiner.
' CONGLUTINATION s. f. Didact. Action par laquelle une chose est rendue gluante et visqueuse, ou résultat de cette action : la cûnglutination du sang, des humeurs. — Action de conglutiner ; résultai de celte action : conglutinationde deux fragments d'os.
'CONGLUTINER V. a. (lat. cum, a.vec; gluten. glu). Didact. Rendre une liqueur gluante et visqueuse : on a prétendu que certains poisons conglutinaient le sang. — Se conglutiner v. pr. Devenir cOnglutiné.
CONGLUTINEUX, EUSE adj. Oluant, visqueux (vieux).
CONGO, nom générique de l'immense région de l'Afrique équatoriale comprise dans |i-s limites du ba:-sin du fleuve Congo. Sol fertile produisant une immense variété de plantes et de fruits tropicaux. On cultive le riz et le maïs. Cours d'eau principaux : Congo, Oubanghi, Kassa'ï. Exportation d'ivoire, de pelleterie et de caoutchouc. Autrefois très peuplé, le Conso à vu sa population diminuer d'une manière effrayante lorsque les blancs y faisaient la traite des nègres. 11 est actuellement réparti entre les diverses colonies suivantes : l'Etat indépendant du Congo, sous la souveraineté personnelle du roi des Belges; — le Congo français; — le Congo portugais, constitué par la petite enclave de Calimda, entre l'Etal libre et le Congo français. Les naturels sont d'une taille ordinaire ; leur couleur et leurs traits sont moins fortement accentués que chez la plupart des autres nègres. Ils adorent des fétiches et tolèrent la polygamie ; mais ils punissent sévèrement l'adultère. Découvert en 17S4 par le navigateur portugais Diogo Cam. ce pays fut l'un des premiers à fournir la triste marchandise que les négriers appellent « bois d'ébène. » La traite s'y fait encore clandestinement pour le renouvellement continuel des esclaves de Cuba. En 1875, quelques actes de piraterie motivèrent une expédition anglaise sous les ordres du Commodore Hewetl. Plusieurs villes du littoral furent brûlées {3-11 sept.). (V. S.)
CONGO ou Zaïre, grand fleuve de l'Afrique occidentale. Sa source est le Lualaba; il se ietle dans l'Atlantique par 6" lat. S. et H" 10' long. E. 11 est large de 10 à 15 kil., profond de ico brasses et d'une rapidité de 4 àâ nœuds à l'heure. Les Européens l'ont entièrement exploré. On évalue son bassin à 2 millions dekil.carr..etrûn pense qu'il mène à l'Océan une masse d'eau supérieuie à celle du Mississipi. Le bassin conventionnel du Congo, établi par les traités, est un peu plus étendu.
CONGOLAIS, AISE adj. et s. Habitant du
Congo, qui appartient à ce pays ou à ses habitants.
CONGRATULATEUR, TRICE s. Celui, celle qui congralule, ([ui aime à congratuler.
• CONGRATULATION s. f. Action de ongratuler : compliment de congratulation. Ne se dit plus guère qu'en plaisantant. On se sert ordinairement du mot Félieitation.
CONGRATULATOIRE adj. Qui a rapport à la congratulation : épitre congratulatoire .
' CONGRATULER v. a. (lat. congratulari; de cum, avec; gratus, agréable). Féliciter quelqu'un, se réjouir avec lui de quelque bonheur, de quelque avantage qui lui est arrivé, lui en faire comphment : il l'a congratulé sur la naissance de son fils, sur son mariage. Ne se dit plus guère qu'en plaisantant. On se sert ordinairement du mot Féliciter.
* CONGRE s. m. [kon-gre] (lat. conger, congri). Icht. Genre de poissons anguilliloinies, voisin de l'anguille, mais dont la nageoire dorsale nait près de la têle et dont la mâchoire
Congre commun (Conger occidentalis).
supérieure est plus longue que l'inférieure. Le congre commun ou anguille de mer atteint iusqu'à 2 et même 4 mètres de long; il est
GONG
GONG
GONG
trouve dans toutes nos mers: sa chair n'est pas si recherchée que celle de l'ansuille. Le congre noir, vit dans la Méditeiranée , aux environs de Nice; sa chair est meilleure que celle du précédent.
* CONGRÉGANISTE s. Celui ou celle qui est d'une congrégation laïque, dirigée par des ecclésiastiques réguliers ou séculiers. — Adjecliv. les écoles congréganistes, les écoles dirigées par les frères de la doctrine chrétienne, ou par les sœurs de diverses obédiences.
•CONGRÉGATION s. f. (lat. congregatio; de congrcgare, assembler). Compagnie, corps de plusieurs personnes religieuses ou séculières, vivant sous une même règle : congrégation régulière; congrégation séculière. — Confrérie de dévotion sous l'invocatioa de la sainte Vierge : être de la congrégation de la Vierge; les jésuites avaient des congrégations dans ta plupart de leurs collèges. — La congrégation DES FIDÈLES, se dit de tous ceux qui appartiennent a l'Eglise romaine. — Assemblée de cardinaux et de prélats, soit permanente, soit nommée d'office pour quelque cas particulier, et chargée d'examiner certaines affaires qui leur sont attribuées : il se tint sur ce sujet une congrégation de cardinaux. — Division ecclésiastique dans les pays protestants : les ministres sont élus par chaque congrégation. — LégisL M Une congrégation est une association catholique, perpétuelle, dont les membres sont soumis au célibat, à un noviciat, à des vœux, à la vie en commun, et dont les diverses maisons ou communautés, régies par les mêmes statuts, sont soumises à la direction d'un supérieur général, sous la suprématie du pape. .Suivant les décrets de réformation rendus par le concile de Trente (i'A' session), le régulier de l'un ou de l'autre sexe doit obéir exclusivenier.t à son supérieur et ne rien faire sans sa permission, sous peine d'être châtié à discrétion : il ne peut posséder en propre aucun bien meuble ou immeuble, ni même avoir sini|ilenient l'usufruit, l'usage ou l'administration de biens-fonds; mais, en revanche, il a été permis à toute communauté de posséder des immeubles, excepté aux maisons de capucins et de franciscains mineurs de l'observance. De tout temps, les congrégations ont cherché avec ardeur à se rendre indépendantes du pouvoir civil, tout en réclamant de lui des privilèges, puis à le dominer et à accroître mdéfiiùmeut leur influence et leurs richesses; de tout temps aussi, l'Etat, quel que fût son nom, a essayé, lorsqu'il n'était pas entièrement maîtrisé, de repousser les empiétements commis sur son domaine. En France, depuis l'ordonnance rendue par Philippe III en t27a, jusqu'en 1789, les rois et les parlements ont soutenu la lutte, continuée jusqu'à nos jours, pour restreindre dans de justes bornes l'extension des communautés religieuses. Nous rappellerons notamment : l'édit rendu par Louis XIV, en Î666 {Ane. Lois fr., t. XVllI, p. 94), qui dissout les communautés constituées sans une autorisation expressément donnée par lettres patentes; et l'édit rendu par Louis XV, en août I74'l, sur la proposition du chancelier d'Aguesseau (id., t. XXII, p. 226) et qui dans le but d'arrêter la multiplication des établissements de main morte et l'absorption des biens-fonds du royaume par ces établissements, lenouvelle les défenses antérieurement faites à cet égard. La résistance à l'envahissement des congrégations est une question vitale pour toute société politique. « Puisci que, dit l'urgoi (Encyclopédie), les fondations « absorberaient à la longue tous les fonds et « toutes les propriétés particulièies, il faut « bien qu'on puisse à la fin les détrun-e. Si e tous les hommes qui ont vécu avaient chao cun un tombeau, il aurait bien fallu, pour « trouver des terres à cultiver, renverser ces <i monuments siérilcs cl ifinuer la cc:i.,.c do.-- K morts pour nourrir les vivants. » La loi du
13 février 1790 abolit les vœux monastiques, et celle du 18 août 1792 supprima toute-; les congrégations. L'article 11 du concordat promulgué le 18 germinal an X, et l'article correspondant de la loi organique du môme jour ne reconnaissent comme établissements ecclésiastiques que les chapitres cathedraux et les séminaires, tous autres étant supprimés; mais les communautés peuvent, même sans reconnaissance légale, exister de fait, car l'article 291 du Code pénal, qui interdit les associations de plus de vingt personnes se réunissant tous le.s jours ou à des jours marqués, sans l'autorisation du gouvernement, ajoute que l'on ne doit pas comprendre dans ce nombre limitatif les personnes domiciliées dans la maison où l'association se réunit. Le premier consul, en décidant, aux termes d'un déci'et du 3 messidor an XII, que les lois sur les associations religieuses seraient exécutées dans leur rigueur, déclara que ces associalions pourraient être autorisées par décret. La Restauration se monlra plus sage dans la loi du 2 janvier IS17, en réservant au pouvoir législatif les autorisations concernant les congrégations d'hommes; c'est pourquoi il n'existe en France que cinq congrégations proprement dites, qui soient légalement reconnues. Ce sont : 1" ùi congrégation de la mission de Saint-Lazare, dont les membres sont connus sous le nom de Lazariates et dont la maison mère est à Paris, rue de Sèvres, 9o; elle a été autorisée par lettres patentes de mai 1027, du lij février 1(330, du 16 mai 1642 et du I'''' avril 1733; puis par décret du 7 prairial an XII et par ordonnance du 3 février I8IB, Cette congrégation possède, en France ou aux colonies, outre sa maison mère, 19 gi-ands séminaires, 10 petits séminaires, et de plus, 63 écoles ou missions situées à l'étranger. 2° La congrégation du séminaire des Missions étrangères, dont la maison mère est à Paris, rue du Bac, 128, et qui a été autorisée par lettres patentes de 1663 et de mai 177b, par un décret du 2 germinal an XIII, et par les ordonnances du 2 mars ISlo et du i'à octobre 1823. Cette congrégation comprend 24 missions à l'étranger. 3° La compagnie des prêtres de Sainl-Sutpice, autorisée par lettres patentes de juin 1713 et par l'ordonnance du 3 avril 1816. Cette compagnie, en dehors des deux grands séminaires de Paris et d'Issy, dirige 21 grands séminaires dans les défiartements. 4" La congrégation du Saint 'E.'<prit et du Saint-Cœur-de-Marie, dont la maison mère est à Paris, 30, rue Lhomond, et qui a été autorisée par lettres patentes de mai 1726 et de mai 1775, par décret du
2 germinal an XIII, par l'ordonnance du
3 février 1816, et enfin par le décret du '20 février 1874. Cette congrégation est à la tête de •'i petits séminaires, de 20 établissements particuliers situés en France ou dans les colonies, et de 22 séminaires, écoles ou missions à l'étranger. Et ji" la congrégation des missionnaires de Saint-François-de-Sules, dont la maison mère est à Annecy (Haute-Savoie), et qui a été reconnue par lettres patentes du roi Charles-Albert, du 29 septembre 1838. En dehors de ces cinq congrégations, quatre communautés d'hommes sont reconnues. Ce sont les communautés des religieux capucins de Chambéry, de Yenne '(Savoie), d'IIautecombe (Savoie) et des cisterciens d'Albertville (Savoie). Ces quatre communautés avaient été reconnues, ainsi que la cinquième congrégation que nous avons citée plus haut, par la maison de Savoie, et ont été reconnues de fait, en France, au moment de l'annexion de la Savoie. Il existe, en outre, d'autres associations d'hommes qui sont légalement reconnues, comme l'institut des frères des écoles chrétiennes. Mais il importe de remarquer qu'elles n'ont pas été autorisées comme congrégations religieuses ; elles l'ont été seulement coi. une associations chaiitables, destinées à l'iiistruclioa primaire, et comme établisse-
ments d'utilité publique (art. 31 de la loi du la mars 1830); elles dépendent à ce titre de l'administration de l'insiruclion publique, tandis que les congrégations religieuses d'hommes rentrent dans les attributions de l'administration des cultes. Ces associations autorisées sont au nombre de vingt-lrois. Ce sont : 1" les frères dos écoles chrétiennes, dits de Saint- Yoa, rue Oudinot, 17, à Paris, autorisés le 17 mars 1808, et qui comptent 9,818 membres, 1,449 écoles, dont 1,064 jiul)liques et 383 libres; 2° les frères de l'instruction chrétienne, dits de Lamennais, à Ploërmel (Morbihan), autorisés le l'^'' mai 1822, et qui comptent 1,5.39 membres, 372 écoles, dont 319 publiques et 53 libres; 3° les frères de la doctrine chrétienne, dits de Sion-Vaudémont, à Nancy, autorisés le 17 juillet 1822, qui comptent 209 membres, 28 écoles, dont 18 publicjues et 10 libres ; 4° les frères de l'instruction chrétienne, à Saint-Paul-Trois-Châlcaux (Drûme), autorisés le 11 juin 1823, et qui sont aujourd'hui réunis à l'institut des Petits frères de Marie, à Saint-Genis (Hhùne); ■')<> les frères de Saint-Antoine, boulevard de L'HOpital, 70, à Paris, autorisés le 23 juin 1823, qui comptent 13 membres, 3 écoles, dont 2 publiques et 1 libre; 6" les frères de Sainte-Croix, dits de Saint-Joseph, avenue du Roule, 22, àNeuilly, autorisés le 23 juin 1823, qui comptent 137 membres, 43 écoles, dont 35 publiques et 8 libres ; 7» les frères de l'instruction chrétienne du Saint-Esprit, dits de Saint-Gabriel, à Saint- La urenl-sur-Sèvre( Vendée), autorisés le 1 1 septembre 1823 et le 3 mars 1853, qui comptent 778 membres, 122 écoles, dont 85 publiques et 37 libres; 8" les frères de Saint-Josepli, à Saint-Fuscien (Somme), autorisés le 3 décembre 1823, et qui comptent 14 membres et 1 école libre; 9° les frères de l'instruction chrétienne, dits du Sacré-Cœur, à Paradis, près le Puy (Haute-Loire), autorisés le 10 mars 1825, et qui comptent 1,037 membres, 154 écoles, dont 139puliliques et ISlibres ; 10" les frères de la société de Marie, rue Montparnasse, 28, à Paris, autorisés le 16 novembre 1825 et le 18 août 1860, et qui comptent 1,200 membres, 86 écoles, dont 38 publiques et 48 libres; 11° les frères du Saint-Viateur, aux Ternes (Cantal), autorisés le 10 janvier 1830. et qui comptent 150 membres, 48 écoles, dont 4i publiques et o libres; 12" les frères du Sainl-Viateur, à Vouries (Rhône), autorisés le
10 juin 1830, et qui comptent 400 membres, 125 écoles, dont 110 publiques et 15 libres; 13° les Petits frères de Marie, à Saint-Genis- Laval (Rhône), autorisés le 20 juin IS'il et le 12 novembre 1868, el qui comptent 3.600 membres, 504 écoles, dont 396 publiques et 108 libres; 14» les frères de Notre-Dame-de-Ron- Secours, àMisserghin (province d'Oran), autorisés le 16 avril 185m, qui comptent 40 membres et 1 école libre: 15° les frères de Saint- Joseph à Oullins (Rhône), autorisés le 6 mai 1 853, et qui comptent 1 24 membres et 3 écoles libres; 16° les frères de Saint-François d'Assise, dits frères agiiculteurs, à Saint-Antuinedes-Bois (Charente -Inférieure), autorisés le 4 mai 1854, et qui comptent 27 membres et 2 écoles libres; 17° les frères de la Croix-de- Jésus, à Menestruel (Ain), autorisés le 4 mai 1 854 et qui comptent 131 membres, 29 écoles, dont 24 publiques et 5 libres; 18° les frères de Sainl-François-Régis, à la Roche-Arnaud, près le Puy (Haute-Loire), autorisés le 19 août 1856, et qui comptent 34 membres et 4 écoles libres; 19° les frères des écoles chrétiennes de la Miséricorde, à Monlebourg (Manche), autorisés le 4 septembre 1856, el qui comptent 114 membres, 21 écoles, dont 10 publiques et
11 libres; '20° les frères delà Sainte-Famille, à Belley (Ain), autorisés le 10 janvier I87i, el qui comptent 248 membres, 53 écoles, dont 44 [lubliqiies el 9 libres; 21° les frères du Sainl-Es[>rit et du Sainl-Cœur-de-Marie, rue Lhomond, 30, à Paris, aatorisés le 20 lévrier
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< 874, et qui comptent 524 membres, .13 écoles, dont 1 publique et 32 libres; "22» l'association des frères laïques de la congrégation de la Mission, dite de Saint- Lazare, 9i), rue de Sèvres, à Paris, autorisée le 27 janvier 187(i, et qui compte 67 membres el 3 écoles libres; 23° enfin , l'association de iNotre-Danie-d'Afrique, à Alger, autorisée le 31 août 1878, qui compte 117 membres et M écoles libres. Ces 23 associa lions légalement autorisées comprennent ensemble "2,328 écoles publiques, 7(i8 écoles libres, et comptent 20,341 membres.
STAÏISTIOUE DES nELIGIRUX EXPULSÉS OU DISI-EUSÉS .1 la dule du 31 décembi-e 1880
BN EXÉCUTION DES DGCnETS DD 29 MARS t88û.
2,464 jésuites, 32 barnabites, 40G capucins, 4 camaidules, 176 carmes, 239 bénédictins, NO basiliens, 18 bernardins, 27 chanoines de l.alran, "j cisterciens, 91 pères de Saint-Berlin, 28 pères réguliers de Saint-Sauveur, 12 pères de la congrégation de Saint-Thomas, lii pores des Enfants de Marie, lo3 eudistes, 168 frères de Saint-Jean-de-Dieu, 30 pères du refuge de Saint-Joseph, 41 frères de Saint- Pierre-ès-liens, b3 pères dos hospices des Missions, iiS pères missionnaires, 240 oblats, 68 pères de l'Assomption, 170 pères de la compagnie do Marie, 20 de Saint-Iiénée, 20 maristes, 20 de Notre-Dame-de-Sioii, 3 prêtres dits de la Sainte-Face, 51 de l'Immaculée- Conception, 2o religieux de Saint-Edem, I,i'i0 trappistes (on ne les a pas expulsés), S missionnaires de Saint- François-de-Sales, 126 rédemptorisles, 204 dominicains, 400 franciscains, 4 pères minimes, 31 passionnisles, 10 camilliens, 9 pères de la doctrine chrétienne, 14 pères somasques et 1 1 trinitaircs. — En ce qui concerne les communautés religieuses de femmes chezlesquelles l'esprit dirigeant est le même que celui des autres, mais dont quelques-unes ont rendu et rendent encore d'inconleslables services dans les hôpitaux, la plupart de ces communautés sont autorisées et comprennent environ 120,000 religieuses. Le décret du 18 février 1809, permit aux communautés hospitalières de femmes des'établir en France, sous certaines conditions ; puis la loi du 24 mai lS2o, a donné au gouvernement la faculté d'accorder l'existence légale aux associations religieuses de fenmies, après que le <>onseil d'Etat en a approuvé les statuts; enfin le décret-loi du 31 janvier 1852 a établi à ce sujetquelques conditions restrictives. Une congrégation proprenio-il dite, si elle n'a pas été fondée antérieurement au i" janvier 1825, ne peut, aux termes de la loi du 24 mai suivant, être autorisée que par une loi. Les communautés religieuses autorisées, bien qu'elles aient une existence légale, ne sont pas soumises, pour l'administration de leurs biens, à toutes les formalités que la loi impose aux communes, aux hospices et aux autres établissements publics; mais elles ne peuvent, sans une autorisation du chef de l'Etat, faire aucune acquisition ou aliénation d'immeubles, de rentes sur l'Etal ou sur particuliers, consentir aucune transaction, ni recevoir aucune libéralité. En outre, toute libéralité, faite a leur profit doit l'être à titre particulier et sans réserve d'usufruit (Ord. I4janv. 1831). ' Aucun membre d'une communauté reconnue na peut disposer au profit de cette communauté ou en faveur d'un de ses membres, au delà du quart de ses biens, à moins que la valeur de ce qui est donné n'excède pas 10,000 fr. Les biens immeubles qui appartiennent à des communautés religieuses reconnues sont assujettis à une taxe dite de main morte, qui frappe également surles biens productifs de revenu appartenant aux communes el aux établissements publics, et qui s'élève à 87 cent. 1/2 par franc du principal de la contribution foncière (L. 20 févr. 1849; 30 mars 1872 ; 30 déc. 1873). Les associations reconnues et celles qui n'cNislenl que de fait
sont soumises à la taxe annuelle de 3 p. 100 qui frappe les revenus de toutes les sociétés civiles ou commerciales, en vertu de la loi du 29 juin 1872; et, dans le cas de reversion, au profil des membres restants, de la part de ceux qui cessent de faire partie de l'association, il y a lieu, suivant les cin-onstancos, à la perception du droit de mutation par décès ou du droit de donation (L. 28 déc. 1880). Les associations religieuses non autorisées n'existent pas à l'égard de la loi civile qui ne reconnaît en elles que des individus; mais le gouvernement a le droit de les dissoudre par mesure administrative el de procéder à leur dispersion (L. de 1790 et 1792; Décr. 3 messidor an .\ll ; 18 février 1809; 26 déc. 1810; 26 mars 1880). Malgré tous ces moyens employés par le législateur dans le but de s'opposer au développement excessif des communautés religieuses, tout en rospectanl autant que possible la liberté individuelle, ces associations n'ont pas cessé, surtout depuis 185!), d'accroître leur personnel et leurs richesses. Au moment où la taxe de mainmorte fut établie, les congrégations possédaient en France 6,858 hectares; en 1867, leur domaine était de 17,342 hectares ; et en 1880,11 élait de 40,520 hectares, d'après les résultats de l'enquête parlementaire qui fut faile àcette dernière date. La valeur vénale de ces biensélait estimée à plus de 712 millions; mais si l'on ajoute à cette estimation, celle des immeubles que les associations reconnues ou non possèdent sous le nom de leurs membres ou sous le nom d'étrangers, et la valeurdes titres nominatifs ou au porteur et des ellets mobiliers qui s'accumulent dans leurs mains, on sera justement elfrayé à la vue de cette marée montante qui menace de nouveau de couvrir et de stériliser le sol français. Plusieurs projets de loi, dont l'un des plus complets a été présenté le 11 février 18S2 par un grand nombre de députés, proposent la sécularisalion des biens appaiienanlaux congrégations religieuses, el l'on a dit que cette mesure serait un acte de spoliation ; mais l'histoire du passé et les témoignages si abondamment fournis dans les enquêtes judiciaires ont montré jusqu'à l'évidence de quel côté esl véritablement la spoliation. La plupart des pays catholiques ont dû prendre à ce sujetetà diverses époques, des mesures de salut public : l'Espagne, iePortugal, la Suisse, rAllemagne, plusieurs états de lagrande république américaine, etc., ont mis des bornes a ^envahi^^emenldes congrégations. Dansles élatsde Massachussets.du Verinoul, du .Maine, etc., lescoipoiations religieuses ne peuventposséderchacune plusde 100,000 dollars i500,000fr.); dans l'état deiNew-York, le maximum, qui était de 15,000 fr., de revenu, a été élevé par une loi du 1 1 avril 1876 à 125,000 fr. pour toute convention diocésaine, congrégation ou autre associaliun religieuse;enfin, dans certainsElats, les congrégations ne peuvent occuper par dons, legs ou achats une étendue de lorrain excédant dix acres; mais il faut ajouter que leurs immeubles sont exemptés de l'impôt foncier. En Italie, les corporations religieuses, ont été supprimées, el leurs biens dévolus a l'Etat, par les lois du 7 juillet 1866 et du 15 août 1867; mais on constate que, grâce à la liberté d'association qui existe dans ce pays, les congrégations se reconstituent sous une autre forme et amassent de nouvelles richesses aux dépens despopulationsignorantes et crédules. La loi qui, dans tout pays, veille à la conservation des biens des mineurs et des femmes mariées, ne devrait-elle pas s'opposer aussi à ce que le patrimoine des familles ne devienne trop facilement la proie d'associations religieuses dont les plus importantes ne sont pas françaises. Les vœux ou serments par lesquels se lient entre eux les membres des congrégations religieuses, onlélé prohibéspar laloi du 13 février 1790 ; néanmoins le décret
du 18 février 1809, permet d'autoriser dansles statuts les vœux dont la durée ne dépasse pas cinq années ; de même que le Code civil (art. 815) permet do stipuler l'indivision des biens pendant un même espace de temps. Dans les congrégations de femmes, les novicespeuvcnt, dès l'âge de seize ans . contracter dos vœux pour une année, mais seulement avec les consenlemenls exigés pour le mariage. Les vœux de cinq années ne peuvent être contractés qu'a l'âge de 21 ans, en présence de l'évêque ou de son déléguéet do l'officier del'étal civil. Celui-ci dresse l'acte sur un registre spécial dont un double reste entre les mains de la supérieure (Décr. 18 févr. 1809). Les religieuses ne peuvent se dessai:-ir de l'usufruit de leurs biens au profit de leur communauté, et elles doivent en conserver l'administration (id., art. 9. C. civ. art. 578: Avis Cons. d'Etat 31 mars 1846). L'autorisation donnée à une congrégation ne peut être révoquée que par une loi ; celle donnée à une comnmnauté de femmes dépendant d'une congrégation peut être retirée par décret. En cas d'extinction d'une congrégation ou maison religieuse de femmes, ou de révocation de l'autorisation accordée, la liquidation des biens se fait de la manière suivanle. Les biens acquis par donation outestamentfontrelour aux donateurs ou à leurs héritiers au degré successible; les biens qui ne feraienlpasretour ouquiauraient été acquis à titre onéreux sontaltribués, moitié aux établissements ecclésiastiques, moitié aux hospices du département. Siladissolution a lieu par révocation, les membres do la communauté ont droit à une pensionalimenlaire prélevée sur les biens acquis à titre onéreux et subsidiairement sur ceux aiquis à titre gratuit (L. 24 mai 1825, art. 7). Les congrégaliiins ne figurent plus dans le budget du ministère des cultes (exercice 1883), que pour une subvention de 7,100 fr.; mais le budget du ministère des affaires étrangères contient un crédit de 500,000 fr., pour allocations a divers établissements françaisen Orient, écoles et églises, tenus par des congrégations dont les membres sont presque tous Belges, Allemands ou Italiens. — Sous la Restauration, on nommait la Congréijation. une association séculière, dirigée par les jésuites, et avant un but exclusivement politique. Cette association dont les membres, se soutenant mutuellement, cherchaient à accaparer tous les eni[iluis et à en exclure les pei sonnes qui ne faisaient pas partie de la congrégdtion, avait étendu sur toute la France son inUuence néfaste et sa domination; son but était l'oppression des consciences et le développement du rumanisme, el elle était devenue toute puissante lors de l'avènement de Charles X; les missions que cette société organisa en France causèrent, en plusieurs endroits, des soulèvements populaires; la magistrature, dont une partie seulement était dévouée à la société, résista souvent a son infiuence el la congrégation fut dénoncée à la cour royale de Paris, en 1826, par M. de Montlosier, lequel publia alors son célèbreJI/^moi)'eàco/î,sH/<c)'.CharlesX ayant été obligé par l'opinion publique à décréterrexpulsiondesjésuites(0rd.l6juin 1828], la congrégation disparut avec eux ; mais on peut dire qu'elle n'a jamais cessé d'exister d'une manière latente. >•
CONGRLGATIONALISME s. m. Forme de la police de l'Eglise chez les protestants. Le congrégalionalisme se rapproche du presbytérianisme et de l'épiscopacie ; sa particularité essentielle est qu'il maintient l'indépendance de chaque congrégation et sa compétence à accomplir tous les actes ecclésiastiques. Le créateur de cette secte est, suivant l'opinion générale, John Robinson qui, en 1608, quitta l'Angleterre else fil pasteur de l'Eglise browniste en Hollande. H modifia le brownisme. Ses adeptes, nommés d'abord les Indépendants, émigrèrent en Amérique vers 1020. Ih
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ont aujourd'hui dans l'empire Britannique . 3.500 églises et plus de 3,000 pasteurs ; ;uix Elats-L'nisde l'Amérique du Nord, 3,1100 éplisi-s et plusieurs séminaires; ils formenlplusieurs églises en France ; et on considère comme congrécationalistes les églises libres évangéliques de Suisse.
CONGRÉGATIONALISTEadj. Qui appartient, qui a rapport au congrégationalisnie : doctrines congréijationalistes. — Subslantiv. : un congrt'yutionaliste .
' CONGRÈS s. m. [kon-grè] (lai. congressns]. Assemblée de plusieurs ministres de dillérentes puissances, qui se sont rendus dans un même lieu, pour y conclure la paix, ou pour y concilier les intérêts de leurs gouvernements : le congrès deRadstudt ; le congrès de Vienne, de Vérone.— En parlant des gouvernements républicains de l'Amérique , l'assemblée législative : le congrès américain ou des Etats-Unis se compose d'un sénat et d'une ckainbre de représentants. — En Espagne, on dit aussi Congrès en parlant des Cortés. — Assemblée de plusieurs personnes, appartenant à divers pays ou plusieurs provinces, qui se réunissent pour se communiquer les résultats de leurs études et échanger leurs idées sur des points de science, de littérature, depolitiqiie : congrès scientifique., archéologique, etc. — Hist. Principaux congrès de l'histoire européenne : de Munster H643-'48) ; des Pyrénées ri(i49) ; de Bi-éda (1637); d'Aix-la-Chapelle (166S) . de iNimègue ('1676-'78);de Ratisbonne (1682) ; de Ryswick (1697) ; d'Utrecht (1713) ; de Hanovre (1723); de Soissons (17-28) ; d'Aix-la- Chapelle (1748) ; de Versailles (1783) ; d'Anvers(8avriH793);deRadstadt(9déc. 1797-'y9); d'Amiens (1802) ; d'Erfurth (1808) ; de Dresde (1812); de Prague (1813); de Châtillon (b lëv. 1814) ; de Vienne (.t nov. 1S14-'lo) ; d'Aix-la- Chapelle (9 oct. 1818) ; de Carlsbad (1" août 1819, ; de Troppau (20 oct. 1820); de Laybach (6 mai 1S21); de Vérone (25 août 1822) ; de Paris (16janv.-22 avril 1856) ; de Francfort (16-31 août 1863) ; de Constanlinople (23 déc. 1 876-20 janv. 1878); de Berlin(l3 juin- 13 juillet 1878). En 1863, l'empereur Napoléon invita les souverains de l'Europe à former un congrès; otïrequifut déclinée (25 nov.) par l'Angleterre et ne fut acceptée que condilionncllement par les autres puissances. En uov. 1867, il proposa, sans plus de succès, de réunir un congrès pour régler les affaires d'ilalie.
• CONGRES s. m. Epreuve de la puissance ou de l'impuissance des gens mariés, que l'on faisait, dans certaines occasions, par ordie de justice, en présence de chirurgiens et de matrones : le congrès était une preuve fort incertaine.
CONGREVE(siR Williaml, ingénieur anglais (1772-IS2S). En 1804, il inventa les fusées dites o la congréve. 11 fut nommé général d'artillerie, surintendant du laboratoire royal de Wooiwich et membre du parlement.il trouva de nouveaux procédés pour la fabrication de la poudre, pour amalgamer les métaux, pour imprimer les banknoles. Il a publié un Traité sur le montage de l'artillerie de manne.
CONGRÉVE (À la) loc. adv. S'emploie seulement dans la locution : fusée a la congrkve, fusée explosive et meurtrière, inventée par William Congréve, et employée d'abord par les Anglais, pendant les guerres du premier Empire.
" CONGRD, UE adj. (lat. congruus, qui convient,. Suflisant, convenable. -N'est guère usité que dans cette locution du langage dogmatique : grâce congrue, et dans les suivantes : — Portion congrue, pension annuelle que les gros décimaleurs étaient tenus de payer aux curés pour leur subsistance : la portion congrue était comme la légitime des curés. — Fig. et fani. Traitement, rente peu considérable :
on a mis tons ces employés à la portion congrue. — Réponsecongrue. réponseprécise. — Phhase CONGRUE, phrase correcte.
CONGRUENCEs. f. Accord, convenance.
CONGRUENT. ENTE adj. (lat. congruens; de congruff , convenir). Convenable.
CONGRUISME s. m. Théol. Doctriue d'après laquelle Dieu accorde à l'homme la grâce congrue.
CONGRUISTE s. m. Partisan du congruisme.
• — Adji'ctiv. ; doctrines congruistes.
' CONGRUITÉ s. f. (lat. congi-u'das). Convenance.— Theol. Efficacité de la grâce de Dieu qui agit sans détruire la liberté de l'homme.
* CONGRÙMENT adv. D'une manière correcte ; (7 m: parle point élégamment, mais il parle congrùment (Vieux). — Fig. Parler con- GRUME.NT d'une CHOSE, d'une AFFAIRE, en parler pertinemment.
CONGUET (Ile de), petite île de l'Atlantique, sur les eûtes du .Morbihan, près de l'exirémilé de la presqu'île de Qiiiberon.
CONHYDRINE s. f. (gr. kôneion, ciguë ; udor, eau). lUuni. .Vicalo'ide que l'on extrait de la ciguë : C* H" AzO.
CONI. Voy. CuNEO.
CONIGINE s. f. (gr. kôneion, ciguë). Chim. Principe toxique de la ciguë : C H" Az. C'est un alcaloïde découvert en 1827 par Giesecke. On dit aussi Conine.
CONICIQUE adj. Se dit d'un acide qu'on trouve dans la ciguë : acide coniciqiie. — Se dit des sels où entre l'acide conicique : sel conicique.
CONICITÉs. f. (lat. conus, coni, cône). Chir. Foriiic l'unique.
* CONIFÈRE adj. (lat. cotius, cône ; fera, je porte). Bot. Se dit des végétaux dont le fruit est un cône : le pin et le sapin sont des arbres conifères. — s. f. pi. Famille d'arbres dicotylédones,appelés aussi ar6res<0!y'oi/r6!;frii. Cette famille comprend les quatre tribus des abiétinées, des cupressiuées, des taxinées et des gnétacées.
* CONIQUE adj. ( gr. konikos ; de kônos, cône). Qui a la ligure d'un cône : miroir conique, cadran conique. — Qui appartient au cône : sections coniques, les courbes qui résultent des diverses sections du cône par un plan. — La section du cône droit par un plan se nomme cercle, quand elle est parallèle à la base ; parabole, quand elle est parallèle à un côté , hyperbole, quand l'angle entre le plan secteur et la base est plus grand que l'angle entre le côté et la base; ellipse, si cet angle est moindre ou s'il coupe seulement la surface conique. Les propriétés des sections coniques étaient connues des Grecs dès une époque reculée, et leur étude était cultivée au temps de Platon (390 av. J.-C). Le plus ancien traité les concernant fut écrit par Aristée vers 330 av. J.-C. Les huit livres d'Apollonius datent de 240 av. J.-C. La parabole fut appliquée par Galilée à la marche des projectiles ; l'ellipse à l'orbe des planètes par Kepler, et à celui des comètes par Newton.
CONIROSTRE adj. (lat. conus, coni, cône; rostruiH, beij. Ornith. Qui a le bec conique. — s. m. pi. Tribu de passereaux, comprenant ceux qui ont le bec conique : alouettes, mésanges, bruants, moineaux, corbeaux, oiseaux de paradis, etc.
CONIUM s. m. [ko-ni-omm] (gr. kôneion).
Nom .Ncicntilique de la ciguë.
CONIVALVE adj. (lat. cunus, coni, cône; franc, lalce). .Moll.Quia une coquille conique.
* CONJECTURAL, ALE, AUX adj. Fondé sur des conjectures : la médecine est une science conjecturale, un art conjectural.
' CONJECTURALEMENT adv. Par conj.^c-
lui'l".
* CONJECTURE s. f. (lat. conjectura; de cum. avec; jacio, je jette). Jugement probable, opinion que l'on fonde sur quelques apparences touchant une chose obscure et incertaine : faible, légère, vaitie conjecture.
' CONJECTURER v. a. Inférer, juger sur des probabilités, par conjecture : on m'a dit tell' chose, et de là je conjecture sa perte ; un médecin ne fait souvent que conjecturer.
•CONJOINDRE V. a. (lat. conj'îinj/ere). Joindre ensemble. Ne se dit guère qu'en parlant de mariage : cotijoindre par mariage.
' CONJOINT, OINTE part, passé de Conjoin- DRE. — Adjectiv. Bot. Se dit des parties semblables qui sont comme soudées ensemble : feuilles conjointes; pétales conjoints; étainincs conjointes. — Mus. Marche par degrés conjoints, la marche d'une note à celle qui la suit immédiatement dans la gamine, soit eu montant, soit en descendant. — Substantiv. Jurisp. Personne jointe à une autre par le mariage : le conjoint survivant; les futurs conjoints.
* CONJOINTEMENT adv. Ensemble, l'un avec l'autre, de cuiicert : agissons conjointement dans cette affaire.
•CONJONCTIF, IVE adj. Gramm. Se dit de certaines particulesqui servent à lier un mot, un sens à un autre. Et, ni, sont des part'icules conjonctives. Le que est quelquefois conjonctif. — Locution conjonctive, réunion de plusieurs mots ayant la valeur d'une conjonction, comme : c'est pourquoi, bien que. — Pronom ou adjectif conjonctif, pronom ou adjectif quijoue le rôle de conjonction comme : qui, que, dont, lequel.
' CONJONCTION s. f. (lat, conjunctio). Union de riiumme et de la femme : conjonction par mariage; conjonction illicite. — Gramm. Partie du discours qui sert à lier un mot, un sens a un autre : il y a plusieurs sortes de conjonctions. Et est une conjonction copulatioe. Ou est une conjonction disjonctive. Mais est une conjonction udversative. — Astron. Rencontre app.irente de deux planètes dans un même point de quelque signe : Saturne et Vénus étaient en conjonction ; la conjonction du soleil et de Mercure. — AbsoJ. La conjonction de la lune, la rencontre de la lune avec le soleil dans un même point du zodiaque ; quand la lune est en conjonction, elle n'est pas visible.
' CONJONCTIVE s. f. Anat. Membrane muqueuse qui unit le globe de l'œil aux paupières, ettapissela face antérieure duglobeoculaire et la face interne des paupières. La conjonctive recouvre la sclérotique jusqu'à la circonférence de la cornée.
CONJONCTIVITES. f.Méd. Intlammation de la conjonctive.
* CONJONCTURE s. f. (lat. cum, avec ; junctura, liaison). Occasion, rencontre de circonstances; état, disposition où se trouvent diverses choses en même temps : heureuse, triste, fatale conjoncture.
' CONJOUIR (Se) v.| pr. (lat. cum, avec; gaudere, se réjouir). Se réjouir avec quelqu'un de quelque chose d'agréable, d'avantageux qui lui est arrivé ; aller se conjouir avec un père du mariage de son fils ; se conjouir avec quelqu'un d'une grâce qu'il a reçue du roi.
* CONJOUISSANCE s. f. Marque que Ton donne à quelqu'un de la joie qu'on a d'un bonheur qui lui est arrivé : compliinent de coujouissance; lettre de conjouissance.
CONJUGABLE adj. Gramm. Qui peut être conjugué.
* CONJUGAISON S. f. Gramm. Manièrede conjuguer; assemblage des ditférentes terminaisons d'un verbe, distribuées en voix, modes,
CONJ
CONN
CONN
temps et personnes : les règles de la conjugaison grecque 07it été fort simplifiées ; on divise ordinairisment les verbes latins en quatre C07ijugaisons. —Anai. Conjugaison des nerfs, conjonction de certaines paires de nerfs. — Trous DE CONJUGAISON, ouverlures situées sur les côtés de la colonne verli''brale, qui doiint'nt passape aux nerfs de la moelle épinière et à certains vaisseaux.
* CONJUGAL, ALE, AUX adj. (lat. cum., avec; juniiin, joli:.'). (Jiii l'onccnie l'union entre le mari et la femme : le lien, le nœud conjugal; devoirs conjugaux.
' CONJUGALEMENT adv. Selon l'union qui doil iMi'c cnli-e le mari et la femme.
CONJUGALITÉ s. f. Etat conjugal.
' CONJUGUÉ, ÉE part, passé de Conjuguer. — Anat. uni.— iNerfs CONJUGUÉS, nerfs doubles, qui concourent à la même fonction. — Géom. Hyperboles conjuguées, hyperboles à axe commun. — Bot. Feuilles conjuguées, feuilles ailées à deux folioles. — Mécan. Machines conjuguées, machines qui sont installées pour concourir au même but par leur action simultanée. - Grav. Pierre conjuguée, pierre sur laquelle on a pravé des têtes presque superposées et ayant leurs profils parallèles. — Conjuguées "s. f. pi. Tribu d'algues d'eau douce, l'iii'z lesquelles deux filaments développés parallèlement s'unissent par des mamelons ou tubes transversaux.
* CONJUGUER V. a. (lat. conjugare). Assembler ou réciter les différentes lullexions et terminaisons que reçoit un verbe selon les voix, les modes, les temps et les personnes : conjuguer un verbe : ce verbe est difficile à conjuguer. — Se conjuguer v. pr. Etre conjugué : ce verbe se coïijugue par tous ses temps, se conjugue avec l'ai(.rili.aire être.
CONJUNGO s. m. [kon-jun-go] (lat. j'unis). iM;iruise ; vfnis vous tancez dans le conjungo avec la fille d'une cabotine.
' CONJURATEUR s. m. Celui qui forme, qui conduit une conjuration : dangereux conjuratrar. — Prélendu magicien qui se servait de certaines paroles, soit pour conjurer les démons, suit pour conjurer une tempête : conjuratciir ilrs (lànnns : conjurateur des tempêtes.
' CONJURATION s. f. (lat. conjuratio). Conspiration, complot contre l'Etat, contre le prince : horrible conjuration; la conjuration de Catilina; la conjuration d'Amloise. — Parolrs, cérémonies par lesquelles de soi-disant magiciens prélendent conjurer les démons, la peste, l'orage : après avoir tracé un cercle autour de lui, il commença ses conjurations : dans ce sens et dans les deux suivants, il s'emploie presque toujours au pluriel. — Exorcisme, jiiiére pour éloigner le démon : on fit des conjurations avec pompe. — Par ext. Instante prière : ses sanglots et ses conjurations ne purent le fléchir. — (joncours de plusienrs personnes à une action commune : la conjuration des honnêtes gens. — Fig. Se dit aussi en parlant des choses : la conjuration des éléments.
* CONJURÉ, ÉE part, passé de Conjurer. — Suh.laiiliv. Celui qui est entré dans une conjuration : et alors il s'emploie le plus ordinairement au pluriel : on se saisit des conjurés.
' CONJURER v. a. (lat. cum, avec; jurare, jurer). Prier instamment : je DOZfS conjure de faire cela; faites cela, je vous en conjure, je vous conjure. On y ajoute souvent la considération des choses saintes, ou de celles qui sont les plus chères à celui que l'on prie : je vous conjure au nom de Dieu. — Exorciser, se servir de certaines prières pour chasser les démons : conjurer le diable. — Se dilaussi des paroles, cérémonies par lesquelles de soi-disant magiciens prétendent chasser les démons, détourner les maladies, la tempête, les animaux
nuisibles : conjurer les démons, tes esprits malins. — Fig. Conjurer la tempête, conjurer l'orage, détourner par prudence, par adresse, un malheur dont on est menacé : ce prince, voyant une armée de cent mille hommes prête à fondre sur ses Etats, chercha les moyens de conjurer la tempête. — Fis. Se dit dans un sens analogue à celui qui précède, en parlant des choses morales : conjurer la colère céleste. — Décider, résoudre une chose, avec une ferme détermination de l'exécuter, de l'accomplir : ils conjurèrent la ruine de leur patrie. — v. u. Former un complot avec une ou plusieurs personnes, contre l'Etat, contre le prince : Catilina conjura contre la république; Cinna conjura contre Auguste. — Par ext. Conjurer GONTHE quelqu'un, agir de concert avec d'autres contre les intérêts de quelqu'un.
CONJUREUR s. m. Celui qui fait des exor-
cismes, des sortilèges.
CONLIE, ch.-l. de cant., arr. et à 22 kil. N.-U. du Mans (Sarthe); 1.728 hab. Fabrique de toiles et canevas. — Camp de Conlie, établi par M. de Kèratry, sur le mamelon de la Jaunelière, en nov. 1IS70, et évacué au commencement de janv. 1871.
CONLIÈGE, ch.-l. de cant., arr. et à 4 kil. S.-E. de Lons-le-Saunier (Jurai ; 879 hab. Carrières de pierres, sablières, fromagerie, fabrique de liqueurs.
CONNAISSABLE adj Qui est facile à connaître : le Messie sera connaissable aux bons.
* CONNAISSANCE s. f. Exercice de cette faculté par laquelle l'âme connaît et distingue les objets : perdre toute connaissance ; elle s'est trouvée mal, mais sans perdre connaissance. — Etre en âge de connaissance, avoir atteint l'âge où l'on agit avec discernement. — Idée, notion qu'on a de quelque chose, de quelque personne : la connaissance du bien et du mal; la connaissance de cette langue est nécessaire aux commerçants. — Prendre connaissance d'une chose, d'une affaire, s'en informer, l'examiner, ou s'en faire rendre compte : il a voulu prendre connaissance de cette affaire. — Parler, agir en connaissance de cause, avec CONNAISSANCE DE CAUSE, parler, agir avec une entière connaissance de ce que l'on dit, de ce que l'on fait. — Avoir une grande connaissance DES AFFAIRES, s'cntondre très bien en all'aires.— Mar. Avoir connaissanced'un navire, AVOIR connaissance DE TERRE, apercevoir un navire, la terre. — Jurispr. Droit de connaître certaines affaires : la connaissance de ce crime appartient a tel tribunal. — .\u plur. et absol. Savoir, instruction, lumières acquises : cet homme a bien des connaissances, de vastes connaissances. — Vén. Au plur. Certaines marques imprimées par le pied de la bête qu'on chasse, et auxquelles on reconnaît l'âge et la grosseur de celte bête. — Habitudes, liaisons, relations qu'on a avec quelqu'un : cet homme est-il de votre connaissance'! — Faire connaissance, se lier, entrer en relation : nous fîmes connaissance au bal de Monsieur N. On dit aussi : Faire la connaissance de quelqu'un ; il A fait l\ connaissance d'une femme très aimable. On dit également : Renouveler connaissance : il renouvela connaissance avec lui. — Se dit également des personnes avec lesquelles on a des liaisons ou des relations : je vois toujours avec plaisir mes anciennes connaissances. — Connaissance des temps, almanach nautique publié par Picard, de 1679 a 1(583, et ensuite par notre Bureau des loni;itudes. Son succès fut d'abord très vif; mais le Nautical Ahnanach, publié en Angleterre, règne aujourd'hui sur toutes les mers et dans tous les observatoires. — Il n'y avait personne
DE connaissance A LA PROMENADE, AU SPECTACLE,
etc., il n'y avait aucune de ces personnes qui sont généralement connues dans le monde. — Fam. Une figure de coNNAiss.iNCE, une personne que l'on connaît. — Prov. Etre, se trou-
ver EN PATS DE coNNAiss.vNCE, Se tfouver parmi des gens de sa connaissance; s'applique aussi, en général, à toutes les choses que l'on connaît : «OMS êtes ici en pays de connaissance. — Jargon. Amant, maîtresse; fiancé, fiancée. Se dit dans le jargon des ouvriers, des luilitaires et des bonnes d'enfants :
J'avais, iorque j'étais garçon.
Une gentille cnnnaissant^e.
' CONNAISSANT adj. m. Qui se connaît à quelque chose. Ne s'emploie qu'au pluriel et dans cette phrase de pratique : gens à ce connaissants. .Aujourd'hui, on dit Connaisseur.
* CONNAISSEMENT s. m. Comm. marit.
Déclaration contenant un état des marchandises chargées sur un navire, le nom de ceux à qui elles appartiennent, l'indication des lieux où on les porte, et le prix du fret : tous les connaissements sont signés par le capitaine et par le chargeur. — Législ. « Le connaissement est la reconnaissance écrite, qui contient le détail des marchandises que le capitaine, maître ou patron d'un navire se charge de transporter pour le compte d'un expéditeur (C. comm. '222). Cet acte doit indiquer la nature et la quantité, ainsi que les espèces ou qualités des objets à transporter, le nom du chargeur, le nom et l'adresse du destiiialairc, le nom et le domicile du capitaine, le nom et le tonnage du navire, le lieu de départ, celui de la destination, et le prix du fret. U présente, en marge, les marques et numéros des objets. 11 peut être à ordre, au porteur où a personne dénommée (id. iS\). Les connaissements sont encore aujourd'nui très souvent rédigés suivant la formule et dans le style que l'on employait il y a deux siècles. Cliaque connaissement doit être fait en quatre oi'i,i;inaux au moins : un pour le chargeur, un pour le destinataire, un pour le capitaine et un pour l'armateur du bâtiment. Ces quatre originaux sont signés par le capitaine et par le chargeur, dans les i't heures du chargement (id. 282). Le connaissement, rédigé dans les formes prescrites, tait foi entre toutes les parties intéressées au chargement, et entre elles et les assureurs (id. "283). En cas de diversité entre les connaissements d'un même chargement, celui qui est entre les mains du capitaine fait foi, s'il est écrit de la main du chargeur ou de son commissionnaire; et celui qui est présenté par le chargeur ou le coiisignataire fait foi, s'il est rempli de la main du capitaine (id. 284). Le capitaine est tenu d'avoir à son bord tous les connaissements des marchandises dont il a charge (id. 220). Les connaissements doivent être faits sur papier timbré (Décr. 26 prairial an VII, et 3 janvier 1809); ils sont assujettis à un droit fixe d'enregistrement de 3 fr. 7.t par chaque personne destinataire (L. 28 avril 1816, art. 44); mais l'endossement n'est soumis à aucun droit (L. 2-2 frimaire an VII). On appelle aussi connaissement l'état que le capitaine doit fournir aux assureurs en cas de perte, lorsqu'il s'agit de marchandises qu'il a chargées [lour son compte sur le navire qu'il commande. Cet état doil être signé par deux des principaux de l'équipage (C. comm. 344). » (Ch. Y.)
* CONNAISSEUR. EUSE. s. Celui, celle qui se connaît à ([uelque chose : si vous dites que' ce diamant est d'une belle eau, vous n'êtes pas connaisseur; c'est une bonne connaisseuse en fait de toilette. — Adjectiv. : il porte un œil connaisseur sur ce tableau.
' CONNAÎTRE v. a. (lat. cognoscere). Avoir l'idée, la notion d'une personne ou d une chose : je ne connais cette personne que de nom, de réputation, de vue. — Se dit également des animaux : ce chien connaît bien son maître ; ce cheval connaît le chemin.— Fam. iN'e connaître NI Dieu NI diable, n'avoir point de religion. — Fam. Je ne connais autre, se dit en parlant d'une personne que l'on connaît beaucoup. —
Prov. et fig.jENE LECONNAIS NI d'.\uAM NI d'EvE,
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se dit en parlant d'un honiiueque l'on ne connaît pas du tout. — Fig. Me point coNNAîinb;,